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2015

  • voyage en Eire (octobre 2015), registre des notes.

    . carnet d'un voyage en Eire # jour 1 ( vendredi 23 octobre 2015)

    . carnet d'un voyage en Eire # jour 2 ( samedi 24 octobre 2015)

    . carnet d'un voyage en Eire # jour 3 (dimanche 25 octobre 2015)

    . carnet d'un voyage en Eire # jour 4 (lundi 26 octobre 2015)

    . carnet d'un voyage en Eire # jour 4 suite

    . carnet d'un voyage en Eire # jour 5 (mardi 27 octobre 2015)

    . carnet d'un voyage en Eire # jour 5 suite

    . carnet d'un voyage en Eire # jour 6 (mercredi 28 octobre 2015)

    . carnet d'un voyage en Eire # jour 7 (jeudi 29 octobre 2015)

    . carnet d'un voyage en Eire # jour 7 suite

    . carnet d'un voyage en Eire # jour 8 (vendredi 30 octobre 2015)

    . carnet d'un voyage en Eire # jour 9 (samedi 31 octobre 2015)

  • démantèlement des cabines # 1 Baud (Morbihan 56)

    Le premier recensement de cabine fut réalisé à Baud, une petite ville qui se situe à 2 kms de chez moi. Baud a inauguré ce projet absurde et j'ai même dû faire un édit car j'en ai trouvé une autre quelques temps plus tard. Il est étonnant de constater que ce sont ces deux cabines qui ont été retirées alors que comme par hasard elles inauguraient mon inventaire idiot. Donc, cela s'est passé la semaine dernière. Ils ont profité de mon absence pour les bazarder. C'est la première chose que j'ai vu quand je suis arrivé dans la ville. 

    Avant :

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    Après :

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    L'autre cabine, avant :

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    Après :

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    Demande sera faîte en mairie pour pose d'une plaque de souvenir. 

    Loïc LT

  • CR290 : panique à Bamako - Gérard de Villiers

    2015, gérard de Villiers, compte rendu de lecture, roman, roman d'espionnage, mali, littérature, littérature françaiseIl était temps que je termine ce bouquin car j'en avais marre de voir sa couverture indigne d'un blog de si bonne tenue que le mien -). Non, mais sérieux, je suis quelqu'un de curieux, Gérard de Villiers a sa place dans l'édition française, on voit ses bouquins un peu partout et puis il dispose d'une caution imparable : Hubert Védrine, ancien ministre socialiste des affaires étrangères, spécialiste en géo-politique, érudit et mesuré dans ses propos a affirmé qu'il ne se rendait jamais dans un pays en guerre sans avoir lu le SAS qui lui est consacré (si SAS il y a).

    Le sous-titre de ce roman sorti en 2012 dit tout 'Qui stoppera les Islamistes en route pour Bamako ?'. Le héros de ce roman est Malko Linge, un héros récurrent des SAS, une espèce de mercenaire qui bosse pour la CIA dans les endroits sensibles. Il se retrouve ici à Bamako en pleine panique (dont l'actualité s'est largement fait l'écho) puisque des islamistes de tous poils (au sens propre comme au figuré), AQMI, MUJAO, Ansar-Dine ont pris contrôle du nord du territoire et je ne sais plus lequel tient des algériens en otage que Malko a pour mission de libérer. Mais Malko n'est pas qu'un va-t-en guerre et c'est ce qui fait que les romans de Villiers ont un tel succès : Malko aime le sexe, les beautés noires ou blanches et plus généralement, un quart du livre est consacré a des parties de baise trash. On peut trouver ça un peu racoleur mais quand on commence un SAS, on sait à quoi s'en tenir, la couverture est sans ambiguïté. Les SAS réussissent donc la prouesse de mêler sexe et géo-politique car sur ce dernier point, reconnaissons que l'auteur maîtrise bien son sujet et j'admets que j'ai beaucoup appris sur le Mali en dévorant les 312 pages qui composent ce roman. Peut-être Gérard de Villiers veut-il compenser la violence de certaines scènes de guerre par des parties de plaisir, laissant au bout du compte le lecteur (ou la lectrice) indulgent. 

    Je ne vais pas raconter l'histoire. On est plongé au cœur de Bamako avec des excursions risquées vers le nord, des mallettes remplies d'argent se trimbalent, des gens meurent,  des femmes (toutes nymphomanes) affriolantes ne sont pas ce qu'elles prétendent être. Les rebondissement se succèdent aux accouplements. C'est du roman de gare et pourquoi pas d'aéroport, il n'y a pas de raison qu'on ne les lise pas en avion et pourquoi pas en bateau. 

    C'est le dernier que je lirai à moins qu'il nous sorte un "embrouilles à Lorient" ou un "mourir pour Vannes'. 

    lecture en décembre 2015 sur papier, le livre de poche, parution en 2012, , 312 pages, éditions Gérard de Villiers 14 rue Léonce Reynaud 75116 Paris, ISBN 978-2-360-530-533, impression réalisée par Brodard &TAUPIN à La Flèche (Sarthe) le 20/09/2012. note 3/5

    Loïc LT

  • recensement des cabines # 31 Quibou (Manche 50)

    Ce matin frais comme un gardon, je me décide à faire un petit circuit 'cabine-express' dans le Cotentin (c'est le nom que je donne quand je ne reste pas une heure à traîner dans les bourgs) où je passe quelques jours. Cela ne signifie pas que ce sont des sous-reportages mais je suis obligé d'accélérer le mouvement. Un exemple : ce soir, quand on est rentrés de Normandie, on est passé par le bourg de Baud (dont j'avais fait un reportage), qui se situe près de chez moi et j'ai constaté sans amertume (car tel est le destin des cabines) que les deux cabines du bourg avaient été enlevées par des extraterrestres ou alors des employés communaux, je ne sais pas encore.

    Donc, ce matin voici le circuit que je m'étais concocté. Je dois dire que je l'ai choisi un peu au hasard, un peu aussi pour le nom si charmant de certains villages...mais en tout cas pas pour faire du tourisme puisqu'on m'avait averti que je n'allais pas visiter les plus beaux villages de France. 

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    Je vais commencer par le village de Quibou, peuplé de 929 quibois, qui fut en fin de compte le dernier village visité. A 500 mètres du village, une pancarte m'informe que je suis sur la bonne voie et qu'on a l'intention d'augmenter le nombre de quibois, au moins de 4 foyers fiscaux dont l'un aura le bonheur de profiter d'un jardin de 1117 m2. 

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    Bonjour Quibou

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    Avec l'expérience que j'ai acquis, je ne mets pas longtemps à trouver la cabine (en plus, là, y'avait un peu de stress, je n'avais pas regardé sur google map street si le village en était pourvu) mais j'ai le flaire pour ça. Je trouverais même une cabine enterrée dans un champ. Donc Quibou dispose d'une cabine standard, située près de ce qui doit être une salle de fêtes. L'écran digital informe que le téléphone est hors service. Je communique quand même le numéro : 02 33 56 04 53.

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    Je ne suis donc pas resté faire la danse de Saint-Guy devant cet édicule promis à un démantèlement imminent dans l'indifférence des quiboises et des quibois. J'ai donc visité  le bourg qui possède une belle mairie. Qu'il doit être agréable pour un couple fraîchement enchaîné par Christelle Lebedel de descendre cet escalier court mais majestueux. 

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    Voici à quoi ressemble les rues de Quibou. Rien d'original dans le Saint-Lois. Si Quibou a été bombardé en 1944 (nous sommes à quelques kilomètres de Saint-Lô), on a vu pire en matière de reconstruction. 

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    Tous les commerces sont réunis dans un seul pâté de maison, et quand je dis 'tout', je crois pour être entré dans le bar que l'Epi-service et le bar-tabac ne font qu'un, d'ailleurs le tout s'appelle l'escale quiboise. Au comptoir, des quibois buvaient  uniquement de la bière (mais un client qui boit n'est pas forcément un quibois), ce qui m'a surpris d'ailleurs car c'était juste l'heure de l'apéro. Moi j'ai pris un café vanillé, discuté trente secondes avec la patronne et dit au revoir.

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    En sortant, je ne suis pas passé à côté de cet écriteau placé au dessus de l'enseigne du bistrot mais je ne suis pas rerentré pour demander le pourquoi de la chose.

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    Des petites ruelles sympathiques, des longères interminables, quelques maisons contemporaines ici ou là, telle est la configuration de Quibou. Je n'ai pas pris l'église qui ne présente aucun intérêt, pas même la crèche extérieure que j'ai trouvée décevante. 

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    Par ailleurs, j'ai trouvé horrible ces inscriptions autour de l'église (il y en 2 ou 3). Si encore, c'était du végétal, je dis pas, mais là, ça a l'air d'être de la mosaïque posée sur une bâche qui part en vrille, ça n'a aucun intérêt, sauf à se convaincre qu'on est bien à Quibou.

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    Quibou (50750), Manche, reportage réalisé le 27 décembre 2015. temps de saison. site internet (récent) : ici

    Loïc LT 

  • recensement des cabines # 30 Paimpont (Ille et Vilaine 35)

    Le sept mai 2015, j’ai pris le TGV n° 4321 à Auray afin de me rendre à Rennes où je devais récupérer notre bagnole familiale qui après être restée en rade sur le périphérique de la ville le week-end précédent avait état réparée par un garagiste malhonnête (pléonasme) et donc elle était prête à repartir sur les routes de France et de Navarre. Dans sa grande bonté, notre assureur m'a payé le train et le taxi pour que j'aille la récupérer. Je précise pour l’anecdote que j’étais placé en 1ère classe ; après on se demande pourquoi les primes d’assurances ne baissent pas ? Quel intérêt de me foutre en première classe ? Toujours est-il que nous étions en semaine et que j’avais dû poser ma matinée. Je n’étais pas mécontent de prendre le train en ce jour de printemps lumineux. C’était un peu comme une cassure dans la routine du boulot. Ma partenaire m’a emmené à Auray, on s’est fait un bisou de cinéma sur le quai de la gare et je suis parti. J’ai regardé les paysages, j’ai lu, bu un ou deux cafés et à Rennes, le taxi m’attendait et m’a conduit chez le garagiste d’où je suis parti très vite.

    Comme j’avais posé la matinée, qu’il n’était même pas 10 heures et qu’il ne fallait qu’une heure pour rentrer, j’ai très vite décidé de sortir de l’autoroute au niveau de Brocéliande afin de visiter quelques bourgs mythiques, mythologiques devrais-je même dire. C’était l’époque où j’étais accaparé par mes recensements de cabines téléphoniques et donc je voulais voir si le pays du roi Arthur en avait gardé quelques-unes. J’ai traversé quatre bourgs, Beignon, Campénéac, Paimpont et Plélan-le-Grand et seul ce dernier malgré qu’il soit le plus peuplé (3600 habitants) ne possède pas de cabine mais l’expérience m’a appris que le nombre d’habitants n'est pas synonyme de cabine ou pas. Pour peu qu’un bourg ait été complètement réagencé et que l’édicule se situait au mauvais endroit, au mauvais moment, et bien, les maîtres d’oeuvre n’ont pas trop de scrupules à bazarder le machin.

    Commençons donc par Paimpont, bourg brétillien qui se situe en lisière de la forêt. C’est un des bourgs de France que je préfère évidemment avant tout pour la légende mais aussi pour son architecture et sa tranquillité. Si aujourd’hui, je devais repartir à zéro, avec mon paletot sans manches et mon sac à dos sans bretelles, je m’en irai à Paimpont les poings dans mes poches crevées. Je m’installerai sur le muret au bord de l'étang de Paimpont et je vérifierais s’il y a du réseau.

    Même si je ne suis pas parti en voiture de Camors, on ne change pas les habitudes, voici le trajet que j'aurais dû faire, un peu moins d'une heure de route pour se rendre dans ce bourg du pays gallo (car je rappelle qu'à partir d'une ligne verticale qui se situe au niveau de Ploërmel c'est à dire un peu avant Paimpont, non seulement, on ne parle plus le breton - déjà qu'on ne le parle plus en pays breton - mais en pays gallo on ne l'a jamais parlé) : 

    paimpont, recensement des cabines

    Mais nous n’y sommes pas. En ce 7 mai 2015, il faisait beau et je suis arrivé à Paimpont sans tuba ni clavecin. J’ai fait un créneau sur un parking désert et j’ai très vite trouvé la cabine. Elle se situe près d'un abribus le long de l'axe principal qui traverse le bourg.

    paimpont, recensement des cabines

    A l'époque, je n'affinais pas mes recensements comme je l'ai fait après et je ne crois pas avoir vérifié si elle fonctionnait ou pas. J'ai juste pu constater que c'était une cabine standard, plutôt bien conservée et tout porte à croire qu'elle est en état de marche. Mais je ne voulais pas rester dans ce coin qui n'est pas le plus intéressant du village. Voyez par exemple le spectacle de l'autre côté de la route. Remarquez qu'on peut apprécier l'architecture de cet ancien garage qui fait un peu penser aux cinémas d'antan. 

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    C'est en descendant que la féerie commence. Cet endroit de la Bretagne se caractérise par la rougeur des pierres de construction. Ce n'est certes pas Collonges-la-Rouge mais le fait est que le sous-sol est composé d'un minerai de fer qui donne au schiste sa couleur rouge. Voici la vue lorsqu'on descend vers le bas du bourg. 

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    Le facteur faisait sa tournée, des promeneurs se promenaient et de la vigne vierge envahissait la façade d'une vieille bâtisse. Quand on remonte un peu sur la gauche, on rentre au cœur de la cité par un porche, et nous nous retrouvons dans la rue commerçante, celle qui est dédiée aux touristes encore que le terme 'touriste' ne convient pas pour désigner les gens qui viennent se ressourcer à Brocéliande.  Il y a évidemment quelques commerces (souvent ésotériques)  mais la rue dédiée  compte plus de maisons d'habitation que de commerces. 

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    La place de l'église est sobre mais où sont les pierres rouges ? Pourtant, je ne disais pas des conneries mais Paimpont est peut-être une exception dans les environs ou alors est-ce la lumière du soleil qui pâlit les pierres ? 

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    Voici l'auberge le relais de Brocéliande, où j'aime toujours m'arrêter lorsque je vais à Paimpont. Je me souviens qu'il y a quelques années, nous y avons bu un café en matinée avec ma compagne à l'ombre des platanes et des ombrelles et j'ai un souvenir particulier de cette petite heure passée en terrasse. Nous écrivions des cartes postales (nous avons gardé cette vieille coutume) et l'on était bien ensemble à regarder le temps passer. Il y a quelque chose caché derrière chantait Laurent Voulzy à propos de cette forêt et c'est ce sentiment continu qui me submerge lorsque j'erre aux abords de la lande. Étrangement, j'ai perdu toutes les photos que j'avais pris (prises ?) lors de notre séjour en août 2011 (j'ai perdu tout août en fait, on ne sauvegarde jamais assez dirait mon ami Koumakeum) alors je n'ai pas grand chose à montrer car en ce 7 mai, j'étais assez pressé, je bossais l'après-midi. 

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    La plupart des commerces tourne autour de la légende évidemment.

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    Paimpont est un peu une porte d'entrée de la forêt. Conseil d'ennemi : avant d'aller visiter les sites légendaires (val sans retour, château de Comper, tombeau de Merlin..), arrêtez vous d'abord à Paimpont même si vous n'avez pas besoin d'utiliser la cabine téléphonique des PTT (une chose qui me faire rire : en ce moment, sur une route pas loin de mon boulot, France Telecom-Orange est en train de faire des travaux, je ne sais trop quoi, peut-être qu'ils enterrent les lignes et partout où il y a un poteau téléphonique, ils ont mis au sol des petits drapeaux jaunes avec marqués dessus PTT (afin d'indiquer aux employés les endroits où il y a un truc à faire..il y a en des centaines sur plusieurs kilomètres, c'est amusant de penser qu'ils n'ont pas changé leurs matériels car il faut quand même savoir que la dénomination PTT n'existe plus depuis 1991). 

    Mais revenons au sujet. Une légende connue mondialement avec sa forêt qui s'est auto-proclamée forêt de Brocéliande (le nom officiel étant forêt de Paimpont et il faut savoir que les amateurs de la légende ne se sont toujours pas mis d'accord quant à la situation exacte de la forêt où de preux chevaliers partirent à l'assaut du Graal...certains la voient même en Sarthe et d'autres à Compiègne, faut arrêter les conneries merde), un bourg charmant disposant d'une cabine téléphonique et qui est un peu la capitale de Brocéliande, une abbaye et un étang dont je n'ai aucune photo et un pauvre type qui doit partir car il n'a pas que ça à faire. 

    Pour finir, je déroge à la règle et publie une photo qui n'est pas de moi (mais on voit le nom du pingouin qui l'a pris en bas à gauche, enfin non, on a juste son prénom...). Il s'agit d'un cliché de l'étang pris au coucher de soleil avec au fond un peu cachée par la brume, l'abbaye de Paimpont. 

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    Paimpont, Ille et Vilaine, reportage réalisé le 7 mai 2015.  temps de saison. 

    Loïc LT, 18/12/2015

  • CR289 : le mouchard - Liam O'Flaherty

    le mouchard O'Flaherty.jpgLorsque je me suis arrêté dans la capitale mondiale du livre qu'est Bécherel, je suis reparti avec quatre bouquins d'auteurs irlandais (dont celui-ci) volés dans la librairie l'autre sommeil. Il n'y avait pas beaucoup de choix alors j'ai pris ce qu'il y avait. J'ai lu le pornographe en premier et après boussole de Enard m'a pris beaucoup de temps et donc l'heure était venue de découvrir la prose de Liam O'Flaherty, auteur qui ne dit pas grand chose aux heureux contribuables français et que je vais avoir l'honneur de critiquer ici. Peu l'ont fait mais certains quand même

    L'action du Mouchard se déroule le temps d'une nuit de printemps aux alentours des années 20 à Dublin. Gypo le héros fait partie de l'Organisation Révolutionnaire, groupuscule géré par le commandant Gallagher. L'Organisation Révolutionnaire dont je n'ai pas besoin de vous expliquer le combat et que j’appellerai désormais l'OR (pour ne pas éveiller les soupçons) est en plein émoi depuis qu'un de ses membres, Frank Mac Phillip a tué le président de la section locale du syndicat des fermiers (qu'on imagine plus hommes d'affaire que fermiers) quelques mois auparavant. Comme Gypo était plus ou moins trempé dans l'affaire, lui et quelques uns de ses condisciples se sont enfuient dans les montagnes qui entourent Dublin. Mais un moment, ils reviennent, souffreteux, tuberculeux, recherchés et Gypo, abandonnant tous ses idéaux décide de dénoncer Franck à la police contre pas mal d'argent qu'il dépense sans se cacher en alcools et putins. Gypo s'enivre, mène grand train mais l'OR est aux aguets et cherche le traître. Ils retrouvent Gypo qui n'étant plus à une parjure près dénonce un camarade qui n'y est pour rien. Mais le camarade a un alibi et très vite Gallagher et ses sbires devinent que Gypo est le mouchard. Il est arrêté et conduit dans une cave dans laquelle se situe une petite cellule d'où il arrive à s’échapper en défonçant le plafond friable. Et je ne vous dirais pas ce qu'il advient de ce pauvre Gypo. 

    D'un point de vue moral, Gypo a-t-il bien fait de dénoncer un assassin à la police ou bien a-t-il trahi ses idéaux et fait du tort fait à l'OR ? C'est chacun qui voit. Moi je lui en veux de ne l'avoir fait que pour les thunes. Mais en fin de compte, après qu'il ait réussi à sortir de sa cellule, Gypo n'est pas allé se réfugier dans un poste de police où il aurait pu carrément dénoncer tous les dirigeants de l'OR. Il ne l'a pas fait car il le dit à un moment, qu'il reste un révolutionnaire et non un mouchard. Alors, j'aurais aimé que Gypo puisse s'enfuir dans les montagnes et vivre dans les grottes en tuant des moutons ou en  cueillant des oranges. 

    Stève Passeur qui a préfacé ce roman dit à son propos en 4ème de couverture : 'Liam O'Flaherty a tant de talent, une telle force dans l'introspection, un tel art dans la conduite du récit, une telle adresse pour suivre les soubresauts de son célèbre héros, à la  façon d'un manieur de projecteur dans un music-hall, que l'on en arrive dès la dixième page à souhaiter que son mouchard ne soit pris, ni chatié'. C'est son avis et je le partage un peu.

    Liam O'Flaherty est né et mort au XXème siècle. Il fut un indépendantiste convaincu ce qui l'obligea à s'exiler aux Etats-Unis et en France. Le mouchard a été adapté au cinéma par John Ford (à croire qu'il n'y avait qu'un réalisateur dans les années 20). Mais John Wayne n'est pas dans le casting ! 

    Pour l'anecdote, ayant acheté ce bouquin d'occasion (avec la bonne odeur qui va avec), j'aimerais bien savoir ce qu'une personne a écrit sur la première page à l'attention sans doute de celui à qui il a offert le roman :

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    Avec mon épouse, on a coincé sur un mot : "tu aurais pu te faire coller un autre '????' que celui du cochon"

    lecture en décembre 2015 sur papier, le livre de poche, parution en 1925, traduction par Louis Postif, 243 pages, BRODARD ET TAUPIN-IMPRIMEUR-RELIEUR, Paris-Coulommiers.-France. 05.058 III-6243 - Dépôt légal n°2383, 4e trimestre 1962, LE LIVRE DE POCHE, 4, rue de Galliéra, Paris. note : 4/5

    Loïc LT, 15/12/2015

  • radiocassette 2015 : bilan partiel des écoutes

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  • éloge du front....républicain

    Allez, tout blogueur étant un citoyen, une petite note politique s'impose de temps en temps. En cette période exceptionnelle que traverse la république française, je voulais tout d'abord vous faire part de mon optimisme. Je pense que le front national ne gagnera aucune région dimanche, sûr à 100% lorsqu'il n'y a que deux listes et sûr à 90% lorsqu'il y a 3 listes. Le front républicain que l'on disait mort existe toujours non seulement parce que les socialistes le pratiquent et je les en félicite (et je désapprouve totalement Sarkozy sur ce point)  et puis parce que les français eux-même le pratiquent. Donc, les scores du fn au premier tour sont un crève-cœur, une honte mais seul le résultat final compte. Donc zéro région pour le fn.

    J'avoue que je ne suis pas allé voter dimanche. J'y serais allé s'il y avait eu une menace fn en Bretagne mais il se trouve que ma région (d'où est issu la famille Le Pen rappelons-le) est celle où le fn fait les scores les plus faibles. Et comme entre Le Drian et Le Fur, c'est bonnet rouge et rouge bonnet (encore que je pense que Le Fur aurait été plus impliqué que Le Drian dans sa fonction de président), je n'ai pas jugé utile de trancher. Par ailleurs, il faut bien se mettre en tête que les budgets des régions ne sont pas énormes et surtout, la plupart des dépenses sont des dépenses structurelles (salaires...) reconductibles d'une année sur l'autre et ce quel que soit la couleur de la majorité régionale. Qu'aurait-fait Marine Le Pen si elle avait gagné dans le Nord ? Du bruit sans doute et surtout elle aurait déçu ses électeurs. C'est pour cette raison que j'écrivais sur un autre blog que je pense qu'au fond d'elle-même Marine Le Pen ne veut pas gagner ces élections. Elle veut se faire passer pour une victime du système et continuer à voir le fn progresser jusqu'en 2017, ce qui n'aurait sans doute pas été le cas s'ils avaient dû gérer plusieurs régions. On n'est jamais aussi bien dans l'opposition surtout pour un parti populiste.

    Maintenant, après ces élections qui vont donner une majorité des régions aux Républicains (mais pas par adhésion, on l'a bien compris), que va-t-il se passer ? Les élus frontistes seront nombreux dans les parlements régionaux, ils ne serviront à rien (mais se verront quand même grassement rémunérés). Dans les sondages, le fn restera à un niveau élevé, 'le premier parti de France' comme disent ses dirigeants, point sur lequel ils n'ont pas tort. Et une chose est déjà certaine et tout le monde est d'accord là-dessus : Marine Le Pen sera au second tour de l'élection présidentielle de 2017. L'inconnue est : contre qui ? Sarkozy, Juppé, Hollande ou Bayrou...un de ces quatre-là. Une autre chose est certaine. L'élection présidentielle sera pliée au soir du premier tour. Celui qui affrontera Madame Le Pen l'emportera parce qu'une majorité de français ne voudra jamais d'un président d'extrême-droite . Donc aujourd'hui, la stratégie des partis est de savoir comment faire pour être second au premier tour. Quelque part, les scores élevés du fn sont une chance pour François Hollande car je pense que devant le risque d'un second tour Le Pen-candidat LR, la gauche saura se réunir et donc permettre la réélection de Hollande. 

    Enfin, le plus important est quand même de se demander pourquoi un parti d'extrême-droite est devenu le premier parti de France. Alors, j'ai entendu les commentateurs, les politiques et c'est toujours le même baratin 'les français en ont marre des promesses non tenues, ils ont l'impression qu'on ne les écoute pas et que les élites politiques mènent grand train et font tout pour garder leurs postes etc etc'. Mais les commentateurs ont-ils vraiment discuté avec les électeurs du fn ?  Non, il se réfèrent à des sondages et ressortent toujours les mêmes lieux communs mais malgré tout, d'élections en élections le fn progresse. Moi, j'ai discuté avec des électeurs fn. Il n'y en a pas beaucoup en Bretagne (encore que le fn est majoritaire dans certaines petites communes) mais j'en connais quelques-uns. Il y a un fond raciste chez eux mais c'est un racisme par procuration. Comme ils ne vivent pas la proximité de "l'étranger" au quotidien, ils alimentent ce fond par le biais des médias. Mais je peux vous dire que ceux que je connais se jetteraient dans le Blavet pour porter secours à un arabe ou un noir en train de se noyer. Les électeurs frontistes que je côtoie ne sont pas de mauvais bougres, ils n'ont pas les cheveux rasés, ne portent pas de gros blousons noirs et ne sont pas chaussés de Rangers. Ce sont des gens comme vous et moi, le problème est qu'ils sont persuadés que la France est en déclin et que le milieu politique est pourri. Quand on les interroge plus en profondeur et qu'on évoque les avantages sociaux , le système éducatif, la sécurité sociale, et tout ce qui fait la force de notre pays, ils ne répondent pas, ils disent 'oui mais je m'en fous je vote Marine'. En poussant plus loin, on se rend compte qu'ils sont très influencés par le déclinisme véhiculé par les médias. Il n'est de pire sourd que celui qui ne veut entendre et quand on leur parle du RMI (devenu RSA), du mariage gay, de la politique familiale, il s'en foutent.

    Sans vouloir être condescendant mais les études le montrent, plus on est diplômé, moins on vote fn. C'est pour cette raison que les ouvriers votent majoritairement front national. Mais me direz-vous, il y avait des ouvriers aussi il y a 50 ans, or il n'y avait pas de vote frontiste. Certes mais il y avait un parti communiste très fort dans lequel se retrouvaient les ouvriers. Or aujourd'hui, le mur de Berlin est tombé et tout le monde a réalisé qu'aussi belle l'utopie communiste fut-elle, elle était une supercherie. Comme par hasard le front national s'est mis à grimper quand a commencé  la dégringolade du parti communiste. Le problème est qu'il est monté plus haut que ne l'était le PC à son apogée. Et pour moi, cette différence vient de la surinformation, voire de la désinformation que l'on subit...à la télé, sur le net, dans les magasines...La peur fait vendre (et dans ce domaine Pujadas est le meilleur). Il faut toujours appuyer où ça fait mal et il y aura suffisamment de crédules pour prendre tout pour argent comptant. Donc voilà, dans une démocratie comme la France, il y aura toujours un parti extrême, c'était le PC (qui était moins dangereux que le fn, convenons-en), c'est aujourd'hui le fn et en plus aujourd'hui, le déclinisme (mot qui n'existe pas apparemment) ambiant véhiculé par différents vecteurs en rajoute une couche. 

    Il faudrait maintenant se demander pourquoi l'extrême droite ne perce pas autant dans les autres pays européens (à part la Hongrie mais c'est une démocratie récente, ce n'est jamais simple les premières années). Avec le nazisme, l'Allemagne a été vaccinée à vie contre l'extrême droite. La Grande-Bretagne est une monarchie et puis fonctionne à l'américaine, c'est à dire qu'il faut beaucoup d'argent pour se présenter que seuls deux partis peuvent se procurer. L'Italie et l'Autriche ont joué avec le feu et s'y sont brûlés. Il ne restait plus que nous, le pays des lumières, la patrie des droits de l'homme. Si c'est un passage obligé et bien, regardons le monstre passer, nous faire peur et partir. 

    Mais heureusement, comme je le disais, je ne vois pas Marine Le Pen (putain, je ne supporte pas qu'elle porte un si beau prénom) remporter la présidentielle (déjà qu'elle n'arrivera pas à remporter sa région). 2002 est déjà loin mais pas tant que ça. Le front républicain existe et il n'est pas une décision d'appareil. Le front républicain est un mouvement de masse qui se met systématiquement en place dès lors que la république est menacée. Vous me trouvez peut-être un peu trop optimiste, l'avenir étant devant nous, il suffira de constater. 

    Loïc LT, 12/12/2015

    PS : pour finir 2 cartes de la France qui montrent la corrélation entre le vote fn et les fans de Secret Story (source : nordpresse.be) 

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  • carnet d'un voyage en Eire # jour 9 (et fin)

    samedi 31 octobre 2015

    Partir le matin de bonne heure se décide le soir, disait quelqu'un et c'est ce que nous avons fait. Passons sur les préparatifs et les quatre heures de route qui nous séparent de Cork. La traversée de l'Irlande intérieure ne présente pas beaucoup d'intérêt. Il y a sans doute de jolis coins mais les grands axes sont peu propices à l'émerveillement. Nous avons embarqué sous le Pont-Aven en fin d'après-midi. Il faisait beau, promesse d'un magnifique coucher de soleil. 

    Après le départ, c'est d'abord Cork qui attire l'attention. On dirait que tout a été pensé par un architecte et que la ville s'est construite selon un plan précis sans rien changer d'un iota. 

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    Petit à petit, on perd Cork de vue. On se tourne alors vers l'ouest où un autre spectacle nous attend. 

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    Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
    De la Mer, infusé d'astres, et lactescent,
    Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
    Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;

    Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
    Et rhythmes lents sous les rutilements du jour,
    Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,
    Fermentent les rousseurs amères de l'amour !

    Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
    Et les ressacs et les courants : je sais le soir,
    L'Aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,
    Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir !

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    Bon, je sais, c'est pas original de s'émerveiller d'un coucher de soleil. Alors, voilà, les derniers rayons :

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    Ensuite, après avoir perdu de vue mes condisciples, j'ai erré dans le bateau que je commence à bien connaître. J'ai profité d'une petite dégustation d'eau minérale.  Deux ou trois malins n'avaient pas compris le sens du mot 'dégustation' et sont partis chancelant tenter de rejoindre leur cabine à quelle étage déjà. 

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    Au piano bar, il n'y avait personne à part une fille qui s'éclatait toute seule. 

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    Moi-même et le pianiste évidemment.

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    Il me faisait de la peine quand même et sa musique était à l'image de sa déception. Triste et mélancolique. 

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    Un moment, il s'est arrêté, a rangé ses partitions dans une valise et s'en est allé. Dans la grande salle, les gens préféraient écouter une cruche qui chantait mal et qui faisait des manières. 

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    Je suis juste passé, j'avais l'impression de regarder The Voice en encore plus mauvais. J'ai continué à errer. Je n'arrivais pas à me concentrer sur mon livre et mes écrits. Brigitte ornait les vitrines du magasin. On ne se lassera donc jamais de ce visage.

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    Les gens ont rejoint leurs cabines et je me suis rendu dans la salle obscure réservé aux sans-cabines. J'ai assez bien dormi mais le matin, j'étais dans les vapes et à peine m'étais-je réveillé que j'étais déjà dans la voiture. Mes amis s'inquiétaient. Nous avons pris un petit dej à Roscoff et nous nous sommes séparés. C'est une note triste à l'image de ce pianiste jouant dans une salle vide. La routine va reprendre mais riche est le savoir qu'on tire du voyage !

    Loïc LT, 08/12/2015 

  • carnet d'un voyage en Eire # jour 7 (suite), un soir au pub

    jeudi 29 octobre 2015, soir. 

    La nuit tombe vite sur l'Irlande. De commerçante, Galway devient festoyante. Les magasins se désemplissent et ferment, les pubs ouvrent et s'emplissent. La Guiness est prête à couler à flots.

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    Je m'enquiers auprès des passantes (j'ai toujours préféré m'adresser aux passantes) des pubs valant le détour et plusieurs fois on m'indique le Taaffes. Faisons confiance aux gens, allons donc au Taaffes. 

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    Il est encore très tôt quand on y rentre et en plus, on a perdu les femmes qui ont dû rester enfermées dans un grand magasin. On boit une ou deux pintes, je ne sais plus. Je fais le tour des lieux encore un peu désert. Je note qu'on fait une pub éclatante pour mon whisky préféré : le Tullamore Dew (à ceux qui n'auraient pas d'idée pour noël, un Tullamore de 12 ans d'âge en coffret ne serait pas le mal venu). 

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    Tullamore est un whisky irlandais fabriqué quelque part dans le centre de l'Irlande, en tout cas, trop loin pour que nous allions visiter sa distillerie. Les femmes nous ayant rejoint et ne trouvant pas le lieu à leurs goûts, nous quittons le Taaffes où John Kenneky s'est pris plusieurs bitures.

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    Ensuite, alors que la nuit est bien tombée, nous nous rendons au Spanish Arch, un pub réputé qui a même le privilège d'être indiqué sur les panneaux de signalisation :

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    On a dîné au Spanish Arch qui s'emplissait tranquillement. Vers les 22 heures, un groupe de folk a installé son matos et ensuite il ont chanté, c'était sympa. il y avait beaucoup de reprises et les deux membres avaient beaucoup de talent. Ma femme est tombée amoureuse de celui-ci :

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    Heureusement que j'avais oublié mon kalachnikov au cottage, sinon, je lui aurais fait bouffer son harmonica avant de le butter -) Non bon, c'est la réponse de la bergère au berger, ça m'apprendra à reluquer les filles au joli minois portant des tops blancs à dentelle. C'était une bonne soirée, une soirée traditionnelle où on peut faire le pitre et faire rire les gens (alors qu'en France, on se moquerait ou tournerait la tête). 

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    Ensuite, on est rentré à Spiddal. Le séjour touchait à sa fin et il nous restait quelques bouteilles d'eau minérale à vider.

    Loïc LT, 05/12/2015