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famille

  • Frère et soeur ( Michel Leiris )

    Pour faire descendre l'audience de son blog (que, sans fausse modestie, je trouve trop élevée ce ce moment), quoi de plus facile que de faire dans la poésie contemporaine ! 

    Mais cette note est une note à part entière et je la dédie à ma sœur. 

     

    Frère et sœur

    comme l'aiguille et le fil

    comme la larme et l'œil

    comme l'aile et le vent

     

    Frère et sœur

    comme la flèche et l'arc

    comme la foudre et le nuage

    comme les veines et le sang

     

    Un vent dur soufflera

    qui tarira la langue habile des sources

    fendillera les poteries d'argile noire

    dans la cave des gosiers

     

    Retournerons-nous jamais

    à nos moiteurs sacrées

    néfastes seulement pour ce qui craint la rouille

    nous qui sommes du fond de la mer?

     

    Il vous faut une explication ou vous êtes grands maintenant ? Michel Leiris est quand même plus abordable que Saint-John Perse ( dont je reparlerai).

    Les deux premières strophes se passent de commentaire. Ensuite, il faut comprendre que la complicité qui unit le frère et la sœur peut être mise à mal par le temps qui passe (métaphore du vent dur) et qui efface les joies de l'enfance et ce qui reste de l'enfance...au fond de la cave où sont entassés les vieilles bouteilles de cidre frelaté que faisait notre père. Je me souviens qu'on piétinait les pommes mélangées avec de la paille. Moi, je l'ai fait toujours, enfin, je crois. Pour bien écraser les pommes et faire couler le jus. Son cidre était imbuvable d'ailleurs, on n'en buvait jamais. Enfance ! On ne buvait jamais sauf quand on avait des invités. Notre père supportait peu l'alcool. 

    Dernière strophe. Cela se complique. Une question est posée qui sous-entend une réponse négative. On ne retournera évidemment pas à cette forme de "sacré" qui entoure l'enfance. Ma patrie, c'est l'enfance écrivait Marthe Bibesco. La patrie est un mot que je déteste mais si on lui retire sa connotation patriotique, il peut retrouver une certaine saveur et s'il s'agit de l'enfance, et bien, cette patrie a quelque chose de sacrée. 

    Un jour, il n'y a pas si longtemps, ma sœur avait scandé à des gens proches réunis autour d'elle "vous êtes mon terreau" et ça a fait son effet. Ce fut le clou de la soirée où étaient réunis des gens qui avaient partagés son enfance. Retournerons-nous jamais à nos moiteurs sacrées néfastes seulement pour ce qui craint la rouille nous qui sommes du fond de la mer ? Mon enfance ne fut pas un long fleuve tranquille - je ne vais pas m'étendre - mais je n'en garde pas un mauvais souvenir et je ne crains donc pas la rouille dont le temps la couvre inexorablement.

    Le fond de la mer ? Oui, l'homme est né dans l'océan...la soupe primitive dont le hasard a fait naître une cellule vivante... ou bien le poète n'a-t-il pas voulu parler de cette même matrice dont sont tous les deux issus le frère et la sœur ?

    Loic LT

  • CR304 : les gens dans l'enveloppe - Isabelle Monnin

    les gens dans l'enveloppe.jpgQuelques personnes parfois me demandent d’écrire un livre (roman ou autres). Ecrire, c’est chouette, mais il faut avant tout avoir le talent pour ça et je suis le mieux placé pour savoir que je ne l’ai pas et par ailleurs il faut une idée. Et l’idée, je ne l’ai pas. Je parle de ça parce que les gens dans l’enveloppe, c’est avant tout une idée géniale ! Sur Internet, l’auteure achète sans trop savoir pourquoi une enveloppe contenant des photos défraîchies d’une famille quelconque. Ensuite, passée l’interrogation sur la raison pour laquelle une famille se débarrasse de ses photos, une idée lui vient. A partir de ces clichés (rarement légendés), elle va écrire un roman. C’est la première partie du livre. Dans ce roman, en s’appuyant évidemment sur les photos et en attribuant des prénoms aux gens (sauf ceux dont la photo donne le nom), elle imagine l’histoire de cette famille dont elle ne sait rien, pas même l’endroit où elle habite. Le personnage central est une jeune fille très belle qui s’appelle Laurence et qui attend désespérément le retour de sa maman qui a fui avec son amant en Argentine. Plus tard, elle part d'ailleurs en Argentine à sa recherche (j'espère qu'elle n'est pas tombée sur les rustres du CR303 -)...pour ceux qui suivent ce blog...

    Ensuite, une idée géniale appelant une idée lumineuse, elle se décide à aller à la rencontre de cette famille, sans être trop certaine de pouvoir la retrouver. Les photos datent et elle n’a que très peu d’éléments à part que les gens habitent en Bourgogne. A partir d’un petit indice (un rectangle blanc sous l’horloge du clocher), elle parvient à trouver le lieu. Il s’agit du bourg de Clerval dans le Doubs. Elle se rend sur place et aidée par des clervalois férus d’histoire locale, elle retrouve la trace de la famille. Elle prend contact. Ceux qui étaient âgés sur les photos sont morts et les plus jeunes ont vieilli (comment parler pour ne rien dire) . La famille se prête au jeu. Et évidemment, leur histoire n’a rien à avoir avec celle inventée par l’auteure.

    Donc le livre se divise en deux parties : le roman et l’enquête. Le roman m’a laissé sur ma faim. J’ai trouvé qu’il manquait de souffle et d’ambition. Quand on a une si belle idée, on l’exploite au maximum. L’enquête par contre m’a complètement chamboulé. A force de s'immiscer dans la famille, Isabelle Monnin a fini par s’attacher à elle. Son projet est devenu une obsession. Son but était de retrouver une jeune fille qu’on voit sur la photo (Laurence) dont les parents se sont séparés  mais c’est Michel, le père de Laurence qui s’avère être le personnage central. Il est le lien entre les grands-parents décédés et sa fille Laurence qui vit dans une villa moderne de Clerval. Michel a 67 ans au moment de l’enquête, sa vie est derrière lui mais l’arrivée d’Isabelle Monnin avec son enquête aussi étrange qu’incongrue va lui donner un second souffle et il va se nouer un lien très fort entre lui et Isabelle (même si à la base, c’était mal parti car elle a voulu faire croire qu’elle voulait acheter la maison de famille ce que Michel a mal pris). J’abrège bien sûr, toute la famille est de la partie et l’enquête est l’occasion aussi d’évoquer Clerval ( à défaut de Persquen) , bourg de 1000 habitants assez industrialisé et les mutations qu’il a connues. La famille M (évidemment, l’auteure a la délicatesse de ne pas dévoiler le vrai nom), ses déboires, ses joies, ses peines, Clerval, l’histoire de France, c’est tout cela qui est convoqué dans ce récit. C'est une famille banale, tout comme Clerval et avec si peu de matière (ou avec ce trop plein de matière, tout dépend comment on conçoit la littérature) Isabelle Monnin nous livre un objet littéraire non identifié plus modianesque que les romans de Modiano. Au milieu du bouquin, entre le roman et l’enquête, le livre contient quelques photos trouvées dans l’enveloppe (j’ai mis celle de Laurence en bas de la note). 

    Il y a beaucoup d’émotion sur la fin, quand l’enquête se termine. Le compositeur et chanteur Alex Beaupain (que j’adore par ailleurs) met le tout en musique et certains membres de la famille acceptent de chanter (et Michel, lui, il parle dans le titre -Clerval, Serge - du brocanteur qui est venu vider la maison de famille en prenant entre autres les photos que l’auteure retrouvera plus tard sur le net). J’ai terminé le roman à l’aube et je me suis surpris à pleurer...pour Michel et puis je ne sais pas. Pour le temps qui passe et qui laisse quoi de nos vies à part des photos qui vieillissent mal...peut-être aussi parce qu'on a tous quelque chose de cette famille M.

    Et moi, si j’avais trouvé une enveloppe avec les photos d’une famille inconnue qu’en aurais-je fait ?

    (Sinon, avis aux célibataires, sachez qu’à Clerval sur le pavé, y’a des filles à marier, yen a des petites et des grandes, elles sont toutes à marier, mais personne ne les demande)...chansonnette écrite par un ancien curé de Clerval et qui sert de base à quatre chansons de Alex Beaupain. (Moi, à la maison, pour rigoler quand je la chante, je change les grandes en moches, c'est pas drôle hein ?)

    lecture sept/oct 2016, sur livre papier (et oui, encore !), 408 pages, éditions JC Lattès (livre de poche), parution septembre 2015, note : 4/5. Grand merci à celle qui me l'a conseillé

    Loïc LT

    Voici Laurence ( née en 1975 et fille de Michel et Suzanne), avec son beau pull rayé que sa grand-mère a dû lui tricoter, son regard fugueur et la belle tapisserie derrière. A quoi ressemble-t-elle aujourd'hui, mère de deux enfants et habitant une maison moderne de Clerval ?

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  • le bateau d'Émile

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    Émile, Mon grand-père maternel n'a jamais eu de bateau, n'en a sans doute jamais piloté non plus, d'où le nom de ce récit dont il est un peu le personnage central, ou le fil rouge pourrait-on dire. J'ai mis beaucoup de moi, passé beaucoup de temps, j'ai embêté des gens et je me suis battu avec un logiciel pourtant pas si compliqué. Il y a du texte, des photos, le tout fait 40 pages (je ne pouvais pas plus hélas) et j'ai commandé deux exemplaires pour ma pomme qui devraient arriver demain ou lundi. 

    Le parti pris fut de prendre des libertés avec la réalité, de partir en live, ce qui n'empêche pas que de longs chapitres sont purement biographiques. mais j'ai avant tout fait appel à mes impressions, à des souvenirs diffus, peu m'importe la réalité des faits. J'attends avec impatience donc l'arrivée de ce 'livre', avant tout pour vérifier qu'il est correct au niveau de la mise en page, qu'il soit lisible etc.

    Ensuite, peut-être ferai-je des modifications ou pas...et après, j'enverrai un exemplaire à ceux qui m'ont aidé d'une façon ou d'une autre (4 personnes en fait). 

    Et pour les autres, soit je prêterai mon exemplaire (tout en sachant qu'une statistique affirme que 70% des livres prêtés ne sont jamais rendus) soit ils passeront à la caisse !

    Sincèrement, je ne sais pas ce que vaut ce récit. Bien qu'adepte de la liseuse numérique, je crois que je ne pourrai m'en faire une idée claire que lorsque je l'aurai entre les mains et que je l'aurai lu. Ensuite, peut-être, vais-je regretter d'en avoir parlé ici. Je serai intransigeant (tout en sachant que je n'ai pas une plume d'enfer). Mais une chose est sûre, si le récit ne me convient pas, je ne le ferai lire à personne (sauf à ma femme). ..et enterrerai définitivement une carrière d'écrivain amateur. 

    Loïc LT

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  • séjour à Hauteville-sur-Mer # 1 soleil couchant et cabines de plages

    Avant de se rendre dans l'Otago Central, nous passons quelques jours à Hauteville-sur-Mer dans l'ouest du Cotentin où nous profitons d'un temps hideux. Mais nous gardons le moral, la Normandie sans la pluie, c'est pas vraiment la Normandie. 

    Mais hier soir, alors que j'étais en train de lire un roman du terroir sur la plage abandonnée (seuls quelques boulistes éméchés m'importunaient un peu au loin), un moment j'ai levé la tête et le spectacle qui s'est offert à moi était saisissant. Heureusement, j'avais eu la bonne idée d'emporter avec moi mon appareil numérique Sony Cyber-shot à visée électronique directe (sans oculaire) sur afficheur LCD et objectif fixe. J'ai réglé la luminosité juste comme il fallait. Préalablement, j'avais lâchement abandonné le Poulet sur le sable.

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    Ensuite, cliché à l'instant T, on peut rater une photo pour quelques secondes d’atermoiements.

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    Alors que le même jour en matinée, j'effectuais un footing (départ Blanville-sur-mer, ensuite passage à Saint-Malo-de-la-Lande, Tourville-sur-Sienne, Agon, Coutainville et retour à Blainville par la mer par les dunes, soit 22 kilomètres qui m'ont coûté une contraction au genou gauche qui me contraint à arrêter de courir après deux lièvres à la fois quelques jours), ma partenaire est allée faire un tour vers le nord pour voir ces fameuses cabines de pêcheurs que la mer va avaler dans quelques années. Regardez comme le ciel était bleu. C'était notre premier jour de vacances et sans doute le dernier jour de relatif beau temps (18° maxi quand même) mais la Normandie est agréable à visiter même par mauvais temps et qu'est ce que ça coûte d'enfiler un chandail marin et une polaire pour se protéger du froid ?

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    Le bonheur est en Normandie. Lola lève les bras au ciel. Je suis persuadé qu'elle rêverait de dormir dans une de ces cabines.

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    L’aînée ne sait plus où donner de la la tête. 

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    Le bonheur est d'être avec les gens qu'on aime. Au moment où j'écris (27/07/15, 15:03), il tombe des trombes mais je préfère l'authenticité normande à la chaleur étouffante et au bling bling sudiste. 

    Loïc LT, 27.07.2015

  • et les mésanges furent

    Que n'ai-je entendu "t'as mis ton nichoir trop bas", "il faut attendre des années avant de voir une mésange s'y engouffrer", "en plus, t'as des chats, ba mon pote, tu peux toujours attendre". Les gens sont plein de certitude mais il ne faut pas croire les gens, il n'y a que les animaux (et en l’occurrence, le chat qui l'autre jour ne restait pas prostré devant le nichoir pour admirer son architecture) et les politiciens qui sont dans le vrai.

    Donc, ce soir, nous avions dressé la table sur la terrasse et nous soupions allègrement tout en faisant le point sur nos folles journées scolaires et professionnelles. Il n'y avait pas un souffle de vent et Prisca se moquait de moi parce que j'avais trois épaisseurs sur le dos. J'y peux rien, j'aime bien être emmitouflé. A la fin du dîner, les filles se décident à faire une partie de badminton tandis que les époux poétisaient sur l'honnêteté ou pas des gens qui font du covoiturage quand ils remplissent leur déclaration de revenus. Un moment, je me suis permis de la contredire lorsque l'épouse affirma que des contrôleurs fiscaux s'amusaient à noter les plaques d'immatriculation sur les zones de covoiturage. Or un article dans Ouest-France et une chronique sur France Inter m'avaient informé qu'il s'agissait d'une rumeur populaire (tout comme facebook qui devait devenir payant, la rumeur du 9-3, rumeurs sur la dangerosité des vaccins...). Tout à coup, Chloé qui jouait toujours au badminton nous annonce qu'elle vient de voir un oiseau rentrer dans le nichoir. Dans un premier temps, je ne la crois pas, elle est tellement blagueuse mais là, on s'est vite rendu compte qu'elle ne mentait pas. Alors, on a suspendu nos conversations métaphysiques et avons rivé nos regards vers le nichoir et il ne nous a pas fallu longtemps pour voir des mésanges y entrer et y sortir. 

    Ensuite, pour réussir à prendre une photo, ce fut une autre paire de manche. Comme prendre une photo juste au bon moment s'est avéré impossible, je décide d'opter pour la vidéo, il suffira après de capturer le moment clé. Et j'ai réussi (bon les photos ne sont pas de qualité mais qu'importe)

    Que de bavardages pour dire que des mésanges entrent et sortent d'un nichoir dont c'est la fonction première. Il en faut peu pour être heureux, un peu d'eau fraîche et de verdure, quelques rayons de soleil et une mésange qui entre dans un nichoir...

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     Loïc LT, le 11.05.2015

  • éloge d'un homme bon

    Je suis un homme d'obsessions...par moments, c'est la littérature, d'autres moment le sport, en ce moment c'est le jardin. Je crois que c'est une façon d'oublier le quotidien, les pressions diverses et au final notre funeste destin . Un membre de ma famille est en train de lutter contre un cancer qui s'est emparé de tout son être. C'est un homme bon, qui a toujours vécu dans la mesure, un homme qui aimait les plaisirs simples de la vie...quelqu'un qui se réfugiait dans le bricolage et la pêche comme je me réfugie dans la recherche du temps perdu et le culture du bambou. Avec sa femme, ils partaient faire des balades en camping-car mais jamais trop loin puisque l'endroit qu'ils chérissaient le plus au monde (je suis hélas obligé de parler au passé de certains choses qu'il ne peut plus faire), c'était sa chère Normandie...des endroits comme Agon-Coutainville ou Port-en Bessin n'avaient aucun secret pour lui. C'est un vrai normand, également amateur de calembours et de jeux de mots. A côté de nos différences, nous avons je crois des points communs : nous sommes des hommes calmes, jamais pressés et têtus. Moi je suis breton, c'est normal mais lui c'est un vrai têtu. Quand il avait décidé de faire un truc, personne ne pouvait l'en empêcher. 

    Et puis, je ne peux pas oublier que lui et sa femme ne m'ont jamais laissé tomber lorsque j'ai traversé une sorte de dépression dans laquelle j'étais empêtré avec la certitude de ne pas pouvoir en sortir. Cette dépression qui date de 10 ans n'était pas tombée du ciel mais résultait de quelques années complètement folles pendant lesquelles, incapable d'assumer ce que j'étais devenu (c'est à dire, l'homme de ma femme et le père de mes enfants...avec cerise sur le gâteau, un boulot dans une boite de comptabilité très stressant), je me suis réfugié dans des substances diverses provoquant des dépendances dont il est difficile de se sortir. Aujourd'hui, je suis sorti d'affaire au prix d'un effort que ne peuvent imaginer ceux qui ne l'ont pas vécu. Et je le dois aussi à tous les gens qui m'ont soutenu à ces moments-là. 

    Cet homme, c'est le père de ma femme. Et je tiens ici (et une boule me monte à la gorge en écrivant ces lignes) à lui rendre hommage.

    Dans le film l'armée des ombres, il y a une phrase qui m'a marqué (cité par Gerbier (Lino Ventura) sur le point de se faire exécuter et qui s'en sort finalement)  et qui est facile à citer quand on est bien portant et qui en plus peut un peu réconforter ceux qui sont sur le point de rejoindre la nuit éternelle Cette phrase qui nous parle, à nous tous êtres vivants nous dit que nous ne mourons jamais :

    Je voudrais tout de même vivre, et je vais mourir, et je n'ai pas peur. C'est impossible de ne pas avoir peur quand on va mourir. C'est parce que je suis trop borné, trop animal pour y croire. Et si je n'y crois pas jusqu'au dernier instant, jusqu'à la plus fine limite, je ne mourrai jamais. Quelle découverte ! 

     

    Loïc LT

  • Du côté de chez Gambetti, suite...

    Supposons

    Supposons que l’arbre qui jouxte le théâtre de Pont-Audemer, un Ginkgo Biloba d’une belle élégance avec ses harpes antédiluviennes, supposons que de cet arbre qui a l’âge d’homme je prenne et j’ai pris un rameau, supposons qu’à la bonne époque, quand l’humidité grise le ciel et le froid fait devenir d’or puis tomber ses feuilles, supposons que je le plante et supposons également qu’arrosé de manière mesurée à l’abri dans mon jardin d’hiver il développe ses racines, supposons qu’il explose en vert au printemps et qu’alors il soit mis en pleine terre pour que mes enfants eux-mêmes jeunes pousses à peine écloses le regardent grandir, supposons que chaque génération orchestre ainsi le début de la suivante, supposons même que cette idée se propage, alors ces rameaux seront les relais vivants sans fin du souvenir.

    signé Gambetti (l'homme qui, décidément, voulait planter des arbres)

     

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    ginkgo biloba devant le théâtre l'éclat à Pont-Audemer. Combien de saisons encore avant que celui de Kerniel ressemble à celui-là ?

    A propos de saisons, en rentrant de l'école, dans la voiture, Lola m'a récité ce poème de Louisa Paulin. Innocence et candeur des poèmes pour enfants (souvenir qu'on a tous de Maurice Carême) !  J'aime le ton que ma fille utilise lorsqu'elle dit sa poésie. C'est mélodieux et elle y met tout son cœur et sa joie de vivre :

    Nouvelle année, année nouvelle,
    Dis-nous, qu’as-tu sous ton bonnet ?
    J’ai quatre demoiselles
    Toutes grandes et belles.
    La plus jeune est en dentelles.
    La seconde en épis.
    La cadette est en fruits,
    Et la dernière en neige.
    Voyez le beau cortège !
    Nous chantons, nous dansons
    La ronde des saisons.

    Louisa Paulin

     

  • Chic, c'était mercredi !

    Quand j'étais petit, tous les mercredis, il y avait dans le Ouest-France une page entière dédiée aux enfants intitulée 'chic c'est mercredi' (plus intéressante que la rubrique 'où sont nos navires ?' qui m'intriguait).  C'était ludique et coloré à l'image du mercredi. C'était chouette le mercredi. Et nos parents nous disaient qu'en leur temps, c'était le jeudi qu'il n'y avait pas d'école.

    C'était chouette le mercredi. En plus, c'était le jour où je recevais Perlin Pinpin, puis ensuite Fripounet. On bricolait, on jouait beaucoup dehors (car le mercredi il faisait souvent beau) et puis on regardait Tom Sawyer ou Maya l'abeille à la télévision.

    Aujourd'hui, je revis ce mercredi sans école avec me filles. Le mardi soir, quand elles rentrent, elles n'ont pas de devoirs à faire, elles peuvent enfin respirer, prendre le temps...elles trainent le soir...sans la menace du coucher à 9:00. On peut enfin discuter tous les quatre. La vie quoi. Le mercredi matin, quand je pars au boulot, elles ne sont pas encore levées...et le mercredi se déroule pour elles comme il se déroula pour moi. Jour de loisirs et de jeux dans la joie et le cocon familial. 

    Mais on veut leur supprimer ce jour chômé en les faisant bosser le matin...et il parait que c'est pour leur bien. Des 'chronobiologistes' l'affirment. Pourtant, cette coupure en milieu de semaine me semble essentielle. Obliger l'enfant à se lever 5 jours sur 7 à 7 heures, 6 heures pour certains, c'est trop. 

    Bon et ba je trouve ça dommage.

    Ma fille de 10 ans n'a pas d'école jeudi car son instit fait grêve. Je ne sais pas la raison mais je pense que c'est un mouvement contre cette réforme. Ah et puis tiens, pour une fois que je soutiens une grêve d'enseignants, ça valait bien une petite note.

    Loïc LT.

  • Protéger son enfant

    Aujourd'hui, Chloé a eu quelques petits soucis à l'école. Une copine lui a fait comprendre qu'elle ne l'aimait pas. C'est une histoire de filles, c'est compliqué. A la sortie de l'école, Prisca l'a récupérée  effondrée et en larmes...elle a essayé de recoler les morceaux sur place avec les protagonistes et une des mamans...Mais la blessure est restée et rentrée à la maison, Chloé n'a rien voulu manger alors que d'habitude, à l'heure du goûter, elle mangerait une brioche à elle toute seule. Lorsque je suis rentré, j'ai fait les bisous à tout le monde, suis sorti dans le jardin et Prisca m'a rejoint et elle m'a tout raconté, posément. Cela m'a fait mal au coeur, c'était comme un coup de poignard...je ne supporte pas que  mes filles soit malheureuses, qu'elles se sentent exclues, rejetées...J'ai vu Chloé naître, et c'était miraculeux...inespéré...c'était un bébé très expressif et en même temps très fragile. Elle porte en elle toute l'histoire compliquée de ses parents...toutes ces failles et ces secrets de famille...Je crois tout comprendre de l'intérieur de Chloé, ce qui la travaille, ses délires métaphysiques..elle est la bonté même, il n'y a aucune méchanceté en elle..parfois, si elle est incomprise, c'est parce qu'elle a une façon maladroite de se défendre...c'est Chloé. Je la comprends..je l'aime trop...je déteste ceux qui lui font du mal...c'est plus fort que moi. cela vient des tripes, ce soir, je voulais juste dire ça. 

    llt

  • deux drôles chez la mère Poulard

    06052011 (193).JPGComme c’était la première fois que nous allions sur le Mont Saint-Michel et que lorsqu’on pense au Mont, on pense au restaurant la mère Poulard, je décidai en voiture, alors qu’au loin déjà se dessinait le fameux rocher que nous irions manger dans ce restaurant célèbre pour son omelette.
    On arrive sur place, on se gare et l’on constate qu’il y a déjà un monde fou pour un vendredi banal de basse saison. Beaucoup de japonais, qui, dociles suivent leur guide qu’ils écoutent avec des oreillettes (si bien qu’ils ne peuvent sans doute pas parler entre eux mais ça ne semble pas les gêner). Ensuite, on commence la montée..des commerces à perte de vue, vendant tous la même chose. Des objets kitchissimes à souhait. En passant devant la mère Poulard, je  note que le menu le moins cher est à 15€. Je réserve pour 4 à 13:30. On gravit la rue commerçante. Arrivé à l’abbaye, on rebrousse chemin (l’entrée de l’abbaye est payante). Les filles achètent des souvenirs.
    On va déjeuner. A l’accueil, on peut voir en direct l’omelette se faire mais lorsqu’on rentre en salle, on se rend compte aussitôt, que cet endroit que bêtement je pensais être un resto populaire (peut-être à cause de son nom) est en fait un restaurant très guindé. Et puis, une fois assis, la garçon habillé comme il faut qui vient prendre la commande nous apprend que le menu à 15€ est le menu pour enfants. Ah. Avec Prisca, on tergiverse. Déjà, il n’y aura pas d’alcool puisque la bouteille la moins chère est à 40€ (et le simple verre à 10). Et on prend le menu le moins cher possible (ce qui au final nous fera une addition de 130..).
    C’est sûr qu’on mange bien mais pour s’en sortir avec un petit 130, il faut prendre l’omelette simple avec rien dedans. Mais on rigole bien. Les filles, peu habituées à ce genre de restaurant ne savent pas se tenir. Lola fait une de ces têtes lorsque le garçon lui sert son poulet frites : l’assiette est étrangement  arrangée, les frites (au nombre de six) sont par deux et en croix et le poulet est bien répartie dans l’assiette. Lola nous sort un “oh” et commence à prendre une frite avec ses doigts ! “T’es pas au MacDo ici”. Comprenant qu’elle va devoir se tenir, elle mange sans rien dire mais pour exprimer sa révolte, met ses lunettes de soleil et sa capuche sur la tête. La loulou détonne dans le restaurant. On est pris d’un fou rire avec Prisca ! Quant à Chloé, elle n’aime pas la viande mais vu le prix est prié de tout ingurgiter. Elle est curieuse et regarde autour d’elle sans indiscrétion.
    Quant à nous deux, on se régale de l’omelette tout en se cherchant des excuses. “Ce n’est pas tous les jours qu’on va dans ce genre de restaurant”. “Au moins, on pourra dire qu’on a  fait la mère Poulard” ou “on paiera avec les chèques vacances, s’ils les prennent”.
    Alors que l’on a tous fini de déjeuner, la question est désormais de savoir comment on procède exactement pour le paiement ?  Faut-il demander l’addition ou aller directement à la réception ? On attend un peu pour voir comment les autres tables procèdent . Mais le fait est que ça procède avec discrétion, avec tellement de discrétion qu’on dirait que les gens sortent sans payer. Finalement, on s’occupe de nous et l’on sort gauchement, repus et indiscrets !
    On se souviendra de ce déjeuner chez la mère Poulard !

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