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l'espèce de blog

  • recensement des cabines # 68 - Coutainville (Manche 50)

    Je vais régulièrement à Coutainville (qu'on appelle aussi Agon-Coutainville du fait de la fusion de deux bourgs mais comme il y a une cabine dans les deux, je préfère faire comme si c'étaient deux communes différentes). Bon, mais concernant Coutainville, j'étais déçu jusqu'il y a quelques jours car j'avais pris plein de photos de cette magnifique station balnéaire qui se situe dans l'ouest du Cotentin et je n'avais pas repéré de cabine téléphonique. Et bien, depuis le 21 juillet, c'est chose faite. Alors que je ne la cherchais plus et qu'on se baladait en bord de mer, on est tombé dessus et grand soulagement : 'Coutainville aura le droit à sa note ! '. J'en avais rêvé, Coutainville l'a fait ! Fou de joie, j'ai couru sur la plage bondée de 4 personnes  et j'ai crié ' Coutainville bientôt sur l'espèce de blog !' et j'ai senti les gens heureux et soulagés. 

    Donc, ne changeons pas nos habitudes. Voici avant tout une petite carte de la Manche à balai, avec Coutainville marqué dessus. 

    Manche, coutainville

    A Coutainville, la promenade le long de la mer est assez longue et la cabine téléphonique ne se situe pas au coeur de la ville mais bien plus loin, en direction de la pointe d'Agon. C'est un endroit où ne va jamais et cette fois-ci on a eu la bonne idée d'y traîner nos guêtres. Donc voici, la cabine est standard, reçoit les appels (par contre, je ne m'amuse plus à appeler depuis une cabine car ça coûte les deux doigts de l'orteil). Son numéro est le 02 33 29 47 68. 

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    Attention paragraphe people : Coutainville est une ville chère à mon cœur parce que c'est là-bas que ma future femme et moi, nous sommes donné notre premier rendez-vous. C'était en mai 2001 et on est resté une heure à regarder la mer assis sur un rocher de la digue. fin de paragraphe. C'est important de raconter la petite histoire en même temps que la grande (si tant est que la recherche des cabines est la grande...l'amour est plus grand qu'une cabine, non ?). 

    Petite pose en compagnie de ma collaboratrice (qui est aussi ma reporter pour l'Italie)

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    J'ai tellement de choses à dire sur Coutainville et des tonnes de photos que je vais devoir faire le tri et aller à l'essentiel. L'architecture de cette station balnéaire a le charme des stations normandes et quelques ressemblances sur le front de mer avec Larmor-Plage. Se situant sur la côte ouest du Contentin, Coutainville n'a pas subi de dégâts lors du débarquement de 1978 et elle a gardé un petit côté année 30. 

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    En plus de disposer d'une cabine téléphonique, Coutainville possède sa quincaillerie. Il en reste beaucoup en Normandie. La quincaillerie du centre est tenue d'une main gauche par Martine Dubosq et il reste encore de la place pour mettre des trucs dedans dans le rayon du fond entre deux savonnettes en carton et une passoire à un trou. La logique du rangement m'a échappé mais en vacances, beaucoup de choses m'échappent, je suis encore plus fainéant que d'habitude à tel point que j'ai remarqué que plutôt que de trouver des mots, j'utilise trois fois le mot "truc" par phrase : "Tiens, t'as vu le truc qui est près du truc, on dirait l'autre truc qu'on a vu l'autre jour je sais plus où". 

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    Coutainville centre (à quelques mètres de la mer) :

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    Voici la ville appelée "Villa Sans-Gêne", de type mauresque dans laquelle nous avons passé notre séjour. Elle donne sur la promenade. 

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     Et la mer quand même ! (photo prise de l'intérieur de la villa) : 

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    Coutaintown , (50230), Manche , maire  : Christian Dutertre (depuis 2014),  2800 veinards (et combien en été ?), cabine téléphonique, modèle de Paris. reportage réalisé en plusieurs fois mais dernières photos prises le 21 juillet 2016. Eau humide généralement fraîche mais 2 jours de grosses chaleurs en juillet 2016 l'ont fait remonter à 16°. 

    Loïc LT21 07 2016 COUTAINVILLE (144).JPG

  • la cale (souvenir de hier soir)

           la cale

     

    Allongés sur le sable aux abords de la cale,

    On devinait la mer et le phare isophase.

    Comme en état de stase, on écoutait le jazz

    Qu’un trio de Belval donnait dans une salle.

     

    “ Mais c’est le véritable orchestre de Belval !”

    Proféra la Vénus sur le ton de l’oukase,

    Et je fus si surpris dans la nuit par l’emphase

    Que je courus très loin de mon occidentale.

     

    Nu comme Adam parmi les oyats de Roland,

    Je poursuivis ma course au coeur du havre avant

    De tomber ventre à plat sur un chardon des mers,

     

    Cependant que toujours le saxo envoyait

    Sa complainte triste comme un vent de juillet

    Jusque Blainville et ses dramatiques polders.


                     Loïc LT, Blainville/Mer, le 19.07.16

  • recensement des cabines # 67 - Calan (Morbihan 56)

    reportage le 11.06.2016

    En me rendant quelque part d'autres, j'ai fait un détour par Calan, un bourg si discret qu'il avait échappé à mon recensement et pourtant je croyais avoir bouclé le nord-ouest du département mais en fait non. Calan se situe là. 

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    C'était la fête au village.

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    Mais je n'étais pas venu pour pour ça, moi, même le samedi je travaille, j'ai des obligations. Etre recenseur officieux de cabines téléphoniques peut être considéré comme une contrainte, sauf quand c'est la passion qui te guide, n'est-il pas ?  Donc, venons-en au sujet, parce que cette note ne va pas traîner, je suis mode "été". Voici l'objet. 

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    Cabine et compagnies...

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    Un plaisantin (pas moi) a écrit sur le cabine "affichage interdit sous peine de poursuite". N'empêche que ça marche, la cabine n'est pas polluée par des publicités pour des discothèques vantant la venue de pseudos stars dont personne ne connait l'existence. L'intérieur est propre mais l'appareil est hors service. Numéro d'appel : 02 97 33 34 53. 

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    Les murs quand ils sont hauts,

    Surtout ceux qui n'ont pas de fenêtres et rideaux,

    Qui ont traînées parfois de gris jaune et de noir

    Dessous les cheminées,

     

    Sont bons pour être écrans aux visions des passants

    Qui n'y trouverait pas forme ni leçon

    Mais soupirail... (Guillevic) 

     

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    Le soleil brûle les rues désertes. Derrière les volets clos toutes les femmes sont nues. Mais il est inutile que je m'arrête : elles se vêtiront aussitôt, feindront d'ouvrir un livre, d'épousseter un bibelot ou de faire de la broderie. Déjà celle qui m'a promis les jardins sous la mer a retrouvé ses mains. La voici qui s'avance, écartant les façades... (Paul Alexis Robic)

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    Signe de vie

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    Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée...Dans ce trou noir ou lumineux vit la vie, rêve la vie, souffre la vie... (Charles Baudelaire)

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    Marco a bien fait de sortir son panneau 'ouvert' car on en aurait douté. 

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    Calan , (56240), Morbihan , maire  : Pascal Le Doussal (depuis 2008),  1087 calanais (contre 848 en 2008 !), cabine téléphonique, modèle de Paris. reportage réalisé le 11 juin 2016 entre 17:00 et 17:25. Pas inspiré pour cette note. Merci les poètes. 

    Loïc LT, le 03.07.2016 

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  • CR300 : le Rapport de Brodeck - Philippe Claudel

    lerapportdebrodeck.jpgDans ce roman qui se situe pendant la guerre 39-45 dans un petit village au cœur des montagnes situées aux confins de l’Allemagne (ou de l’Autriche), Philippe Claudel prend le parti de ne rien dire. Jamais le nom de la guerre n’est cité, ni le nom du pays, ni les juifs, ni la période. Ce roman se lit comme un conte aussi triste que sa couverture mais on comprend très vite de quoi il en retourne.

    Après la guerre, Brodeck qui a réussi à survivre au camp de concentration revient au village et le maire lui donne la mission d’écrire un rapport sur les causes ayant poussé une partie de la population  à tuer un étranger qui s’était installé dans l’auberge de Schloss. Cet étranger, appelé l’Anderer qui avait débarqué dans le village après la guerre avec un cheval et un âne avait provoqué la surprise puisque personne ne venait s’installer ici et il eut le droit à une réception organisée par le maire. Mais l’Anderer n’était pas comme tout le monde, portait un drôle d'accoutrement et se fondait très peu à la population. Brodeck, le narrateur fait des aller retour entre le passé et le présent, évoquant la façon dont lui et un autre habitant du village furent livrés aux nazis par des habitants du village, le transport vers le camp et la honte qui le hantera toute sa vie : dans un wagon si chargé que l’on ne pouvait s’allonger, avoir volé une bouteille d’eau à une maman qui dormait avec son enfant. Et puis, on revient dans le présent, l’Anderer convoque le village à un vernissage dans l’auberge où les toiles qui ont l’air anodines en disent plus qu’il y parait. L'exposition part en cacahuète et les toiles sont détruites.  L’Anderer devient le bouc émissaire, celui qui doit disparaître pour laver la honte que les habitants portent en eux.

    Le rapport de Brodeck est plus qu’un énième roman sur la guerre et l’holocauste, c’est un roman sur la culpabilité et les atrocités dont sont capables les hommes les plus normaux, c’est un roman sur les effets de masse et la xénophobie.

    On entend souvent que même dans les démocraties les plus apaisées, rien n’est jamais gagné et que les démons que tout homme porte en lui peuvent resurgir. C’est un peu la moralité de ce roman plus que jamais d’actualité, et en France notamment où même quand on manifeste pour une juste cause, on finit par commettre le pire.

    lecture juin 2016, sur livre papier, 401 pages, éditions Stock parution : août 2007, note : 4/5 

    livre de Philippe Claudel déjà commenté : Meuse l'oubli

    Loïc LT

  • esquisse d'une cabine (par Lola)

    Voici la bonne cabine française dans toute sa simplicité et son insignifiance dessinée par ma fille Lola, sans décor autour. Donc, peut-être à compléter, en tout cas c'est un bon début même si les perspectives ne sont pas parfaites. Je l'ai déjà dit, je n'aime pas la cabine anglaise, la cabine irlandaise, la cabine américaine (au fait hier soir, il y avait une série américaine récente dans laquelle les gens appelaient de cabines, étonnant, non ?), la cabine coréenne...J'aime la cabine française parce qu'on ne la remarque pas, elle n'est pas clinquante et ne mange pas de pain. 

    cabine téléphonique, lola , dessin

    Loïc LT

  • le bateau ivre, Arthur Rimbaud # tentative première

    J'ai un projet encore diffus dans ma tête basé sur le poème 'le bateau ivre' de Rimbaud. Il s'agirait de le réciter dans les endroits les plus insolites, qu'il y ait des gens ou pas. On pourrait presque appeler ça du Street art mais ne nous prenons pas le chou. Mais dans un premier temps, il faut le connaître par cœur, que les strophes sortent de façon mécanique sans qu'il est l'ombre d'un doute. Je n'y suis pas encore. Je récite le texte par cœur dans ma voiture, dans ma tête mais dès qu'il y a quelqu'un qui m'écoute, je bloque...mais je m'améliore. Il faut que travaille la forme et pense aux endroits. C'est un projet qui a des chances de n'intéresser personne sauf moi, et c'est bien l'essentiel ! 

    En attendant, tentative première dans mon jardin :


     

    Loïc LT

  • bilan "positif" des nouveaux rythmes scolaires

    Le changement des rythmes scolaires en primaire date de deux ans et  heureusement, ma benjamine qui est en CM2 entre au collège et ne va plus avoir à se farcir ces fameux TAP (travaux d'activités périsclaires) qu'elle n'appréciait pas vraiment, d'ailleurs, on n'a jamais trop su ce qu'elle y faisait et le peu que j'ai discuté avec les instits ils me disent tous que c'est le bordel le plus total...à tel point que ma fille n'y participe plus et le printemps venu, elle préfère rentrer en vélo après les cours à 15 heures (vélo que je lui emmène le matin puisqu'elle va à l'école en autobus) plutôt que de se farcir pour la nième fois les mêmes activités de poterie ou de coloriage. A la limite, si certains enfants restent alors qu'ils ont la possibilité de rentrer, c'est pour s'amuser entre copains et non se concentrer sur les activités dont ils n'ont que faire (et qui sont en plus payantes dans certaines communes). Donc, en cette fin d'année la maison de l'enfance (ou je ne sais plus qui) a fait le bilan des TAP 2015-2016 et il s'avère que les avis sont unanimement négatifs (fatigue des enfants -surtout des tout-petits qui se tapent 4 temps scolaires dans l'après-midi- , désorganisation, rigidité du système) et conclusion de la personne qui a fait le bilan : "bilan globalement positif", nostalgique peut-être de George Marchais qui jugeait de la sorte l'URSS. 

    Je l'ai déjà dit ici, j'aurais préféré qu'on en reste aux 4 jours, la pause du mercredi me semblant importante (même si je sais, tous les enfants ne pouvaient pas rester couchés). De mon temps (je n'aime même cette expression que hélas j'utilise de plus en plus -) , on travaillait 4 jours plus une demi journée et on n'avait pas besoin de se farcir d'activités périscolaires. On bossait plus et puis c'est tout. Pourquoi on n'a pas fait la même chose (si à priori, c'est mieux pour l'enfant de travailler 5 matins plutôt que 4), c'est à dire 4 jours et demi mais classe tout le temps ?  On n'aurait pas eu toutes ces embrouilles, ces enfants fatigués et déboussolés, le prix à payer pour les communes (qui n'avaient pas besoin de ça alors que l'Etat baisse sa dotation). Mais non, Monsieur Peillon (où il se cache d'ailleurs ? ) s'est trituré le cerveau pour inventer une usine à gaz  que les responsables des académies  sont obligés aujourd'hui de dire du bout des lèvres que c'est un succès.  Certaines écoles privées qui avaient la possibilité de faire la réforme ou pas et qui l'ont fait  font marche arrière. En tout cas, parmi celles qui n'y sont pas passés (toutes celles de Vannes par exemple), il n'y en a pas une qui a envie de s'y mettre poussée par l'enthousiasme des autres ! Je ne sais pas qui gagnera l'élection 2017 (je parie sur Hollande) mais quel que soit le nouveau gouvernement, il faut vraiment annuler cette mesure. Il a va de l'intérêt de l'enfant, des finances des communes et du désarroi des  parents. Il ne faut pas avoir honte de revenir sur ce qui ne marche pas. 

    En tout cas, même si je n'ai plus d'enfants en primaire, je garde un œil sur ce dossier aberrant que seul un apparatchik socialiste pouvait inventer. 

    Loïc LT

  • CR299 : Poète et paysan - Jean-Louis Fournier

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    Il s'agit d'un tout petit ouvrage d'un auteur que je ne connaissais pas, un si petit roman que je n'ai pas envie d'en faire des longueurs. Pour résumer, un jeune parisien cultivé et côtoyant les milieux artistiques tombe amoureux d'une étudiante, fille de fermier du Pas-de-Calais. Il est si amoureux qu'il accepte d'aller travailler à la ferme avec comme objectif de devenir le patron quand son beau-père prendra sa retraite. Sauf qu'on se fait une idée de la campagne et le Nooord, c'est vraiment pas beau, c'est plat, c'est gris et la vie de fermier est difficile ce qui nous donne le droit à des situations cocasses. En attendant donc, le parisien est juste ouvrier agricole et voit sa future femme que lorsqu'elle rentre de Paris le week-end. Elle retrouve son futur mari qui est devenu son fiancé mais ce n'est plus le bellâtre bien sapé et qui sentait bon qu'elle avait connu à Paris. Entre temps, elle a trouvé un autre type plus fréquentable et le pauvre fermier qui n'arrive pas à se débarrasser d'une odeur de purin même après trois douches et qui accumule les bourdes sur l'exploitation se retrouve comme un con. Alors, il décide de partir. Il trouve un métier à la télévision lilloise et du coup intéresse à nouveau son ex-fiancée.
    Une fois de plus, le nord en prend pour son grade (il n’y a pas encore longtemps avec Eddy Bellegueule) et on va finir par croire que les clichés qu’on se fait des Hauts-de-France (puisque tel est le nouveau nom de cette région) sont vrais. Mais méfiance quand même. Ce petit roman est amusant et parsemé de passages poético-écologiques :

    Il y a des coquelicots dans les champs de blé.
    Il y a des bleuets dans les champs de blé.
    C’est beau
    Mais il commence à y avoir du maïs, de plus en plus de maïs. Dans le maïs, il n’y a plus de coquelicots. De toute façon, s’il y en avait, on ne les verrait pas. C’est trop grand, le maïs. Quand il y a du maïs, on ne voit plus la campagne, on ne voit plus rien. Sauf le maïs
    Les champs de maïs me font peur. J’ai l’impression que je vais en voir sortir un Vietcong avec une mitraillette et qu’il va m’abattre sans sommation.
    En plus, il paraît que ça boit beaucoup d’eau le maïs. A cause de lui, je ne peux plus prendre de bain l’été.
    Si les paysans en cultivent, ce n’est pas par amour de la plante, c’est par amour des subventions.
    Pourquoi on ne donne pas plutôt les subventions à ceux qui n’en plantent pas ?
    Il va y avoir moins de fleurs dans les champs. Heureusement, il reste les tournesols, on les voit de loin, les grands tournesols, on pense à Van Gogh.
    Les coquelicots, on commence à les tuer avec de la chimie.
    Heureusement, il y a des coquelicots qu’on ne tuera jamais. Ceux qui poussent dans les tableaux de Monet.

    Au moins, dans le Nord, ils ont des coquelicots. Il n’y en a pas en Bretagne car la terre est trop acide (sauf que hier j'en ai vu plein dans le jardin en friche de mon père mais il y a une raison particulière...et j'ai voulu en cueillir et à chaque fois que je coupais une tige, les fleurs tombaient snif ). Et je me permets de rectifier l’auteur. Les paysans sèment du maïs avant tout pour nourrir les bêtes. Ils le faisaient avant la politique agricole commune et le feront après. 
    Et bien, dans une bibliothèque, ce serait peut-être à ranger à côté des romans de Marie-Hélène Lafon. La démarche est différente. Jean-Louis Fournier prend plus de légèreté et fait plus dans la poésie alors que MH Lafon fait de la littérature haut de gamme, avec des mots compliqués et puis des situations souvent plus dramatiques. Mais c’est très bien d’écrire sur la France “profonde” comme on dit.
    Moi aussi, et je le dis sans fausse modestie, un éditeur m’a demandé de le faire mais pour l’instant, je ne m’en sens pas capable et pourtant en lisant chaque court chapitre de ce roman, je me dis que j’aurais été capable de les écrire mais de là, à les aligner....même pour n'en faire que 150 pages (en fait, je me demande s'il faut prendre la littérature au sérieux, je me pose trop de questions). 

    lecture mai 2016, sur livre papier, 155 pages, éditions Stock parution : février 2010, note : 3/5 

    Loïc LT

  • parcours de ma tondeuse (le 28 mai 2016)

    Hier j'ai tondu. Rien de plus normal, c'est le printemps, ça pousse vite, c'était samedi et il faisait beau. Pour voir un peu le parcours, j'avais embarqué ma montre GPS, ce qui me permet d'avoir des données détaillées et de faire mieux question optimisation du parcours la prochaine fois. Parcours :

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    Vous aurez compris que la partie du milieu correspond à la maison et la terrasse dans laquelle je ne rentre pas avec la tondeuse. La tondeuse ne remplace pas un aspirateur. Par contre, je ne m'explique pas la partie grise au nord de la maison alors que je suis passé partout dans ce coin-là. Je laisse bien quelques mètres carré par endroit pour la bio-diversité et sauver quelques pâquerettes et pissenlits mais je ne l'ai pas fait à cet endroit qui correspond à la partie centrale de notre pelouse, celle où l'on joue au badminton ou autres. 

    Le terrain fait 1400 m2, maison comprise et j'ai parcouru 2.8 kms (en 01h08mn) à la vitesse  de 24 minutes au kilomètre. (je rappelle que je possède une tondeuse normale et non un tracteur). J'ai donc parcouru le double de la surface ce qui est logique vu qu'on fait des va-et-vient incessants. La vitesse moyenne fut de 3.5kmh et le record fut de 5.3 kmh (j'ai plus de détails et je sais que ce record s'est déroulé dans une descente panier vide). Je suis monté à une altitude maximale de 61 m et suis descendu à 59 m, ce qui fait un dénivelé de 2 mètres, ce qui est logique car nous nous situons dans un village en pente qui descend vers les rives d'une rivière qui s'appelle l'Evel. J'ai brûlé 168 calories et que dire de plus à part que je me prends la tête avec rien !!

    Loïc LT

  • CR298 : le dernier ami - Tahar Ben Jelloun


    539813-gb.jpgParfois je me demande à quoi sert de commenter un roman lorsque la quatrième de couverture en plus d'être évidemment parfaite d'un point de vue critique reprend exactement ce qu'on a pensé du roman. C'est le cas pour celui-ci. En fait, je ne devrais pas lire les quatrièmes de couverture. Voilà encore un défaut des livres papier (parce que celui-là je l'ai lu en vrai), c'est cette foutue quatrième de couv qui en dit trop. Parfois, on peut ne pas être d'accord, alors pas de problème mais d'autres fois non. Il ne faudrait plus que je les lise. 

    Tahar Ben Jelloun ( que je n'avais jamais lu)  raconte l'histoire au long cours d'une amitié entre deux marocains s'étant rencontrés dans un lycée français de Tanger (ville portuaire  fantasmagorique pour les uns - Modiano- par exemple, ou affairiste pour les autres - Tanger fait tout pour attirer les entreprises étrangères-). Le tout se passe aux alentours de la guerre d'Algérie. L'un s'appelle Mohamed (mais tous ses amis l'appellent Mamed au grand désespoir du père) et l'autre s'appelle Ali. Le courant passe tout de suite entre les ados qui croquent la vie à pleines dents, additionnent les conquêtes et mènent des vies très libertines. L'un est repéré comme étant communiste et arrêté, l'autre est repéré comme étant son ami est arrêté également. 15 ans de galères commencent pour les deux compères, d'abord la prison, puis le redressement dans un camp militaire. Ensuite, remis en liberté, chacun s'installe et Mamed médecin de profession part exercer en Suède avec sa femme marocaine. Ali se sent seul, les courriers échangés ne suffisent pas et puis Mamed fait part de son désir de disposer d'un pied-à-terre au Maroc et le beau-père d'Ali se fait un plaisir de lui vendre un appartement beaucoup moins cher que le prix du marché. Ali s'occupe des travaux de rénovation et puis alors, j'abrège hein, Ali reçoit une lettre de Mamed dans laquelle celui-ci lui reproche de l'avoir trahi en ayant  survendu l'appartement et surfacturé les frais de rénovation. Ali ne comprend pas d'autant que c'est totalement faux. Mamed, en fait, atteint d'un cancer du poumon en phase terminale en veut à la Terre entière et c'est son ami de trente ans (les amitiés de 30 ans, ça finit toujours mal -) qui va prendre pour tout le monde. Il invente cette histoire d'arnaque qu'Ali apprend dans une lettre posthume de Mamed. 

    Bon, j'a été clair mais c'est un simple résumé. On dit souvent d'un auteur  que son écriture est limpide et je crois que cet adjectif ne peut pas coller mieux qu'à la prose  de Ben Jelloun tant elle  s'écoule comme une rivière indolente. Grâce au procédé (un peu démodé aujourd'hui) du roman à trois voix (Ali, Mamed et Ramon, un ami commun), l'auteur parvient à nous immiscer au cœur de cette amitié forte et en même temps tourmentée. Je ne vais pas faire une fois de plus le reproche que je fais souvent à savoir que bien qu'il y a trois narrateurs, il n'y a qu'un style, celui de l'auteur. (Il semble qu'il soit complexe pour un auteur de laisser sa plume à ses personnages). Parallèlement, ce roman nous permet de comprendre un peu mieux le Maroc et sa Monarchie autoritaire où la liberté n'est qu'apparence et où les sbires du pouvoir se mêlent subrepticement à la population. Je me suis toujours demandé pourquoi le Maroc avait échappé au printemps arabe (et avec le recul, quand on voit l'état des pays qui l'ont fait, on se dit que ce n'est peut-être pas plus mal) et bien, je crois que c'est cette liberté surveillée transparente et cette tolérance vis à vis des mœurs européennes qui ont permis à la Monarchie de ne pas trembler. 

    Le dernier ami convoque beaucoup de thèmes sur l'amour, l'amitié et le temps qui passe. Ce serait une histoire presque banale si elle n'avait pas subi un traitement littéraire de grande tenue. 

    lecture mai 2016, sur livre papier, 148 pages, éditions du Seuil, parution : février 2004, note : 4/5

    Loïc LT,19:30