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shako, sabre et tam-tam

  • CR361 : Broadway - Fabrice Caro

    fabricecaro.jpgJe ne vais pas faire de résumé, ça ne sert à rien et on le trouve partout. Ce roman de Fabrice Caro paru cet été dans la collection "sYgne" de Gallimard est un véritable coup de cœur. 

    Axel, le narrateur fait partie de la classe moyenne supérieure (je ne sais plus comment on appelle ça en sociologie, CSP+, non ?). Il est le "chef" d'une famille normale avec deux enfants en pleine crise d'adolescence. Le fil rouge du roman constitue la réception d'un courrier de la CPAM lui demandant de se soumettre à un dépistage cœlioscopique afin de détecter un éventuel cancer de la prostate (ou du colon, je sais plus). Mais il est surpris car il n'a que 46 ans et logiquement, c'est envoyé aux hommes de plus de 50 ans. Moi, en tout cas, j'ai 47 et j'ai rien reçu. (Je n'envisage même pas d'avoir 50 ans un jour). Axel se pose des questions existentielles à propos de ce courrier comme il s'en pose à propos de tout. Tout le gonfle dans cette vie faite de convenances où il faut toujours faire bonne figure. Il habite dans une cité pavillonnaire cossue et ses voisins sont envahissants, notamment ceux de droite qui décrètent des choses sans demander l'accord d'Axel et sa femme Anna, genre, on se fait un apéro une fois par trimestre chez l'un et chez l'autre et il va de soit qu'Axel aime le whisky alors qu'il déteste alors il doit à chaque fois en boire et même quand il invite chez lui, il doit en acheter aussi. Et ces voisins envahissants ont décrété qu'on irait cet été en vacances ensemble à Biarritz pour faire du paddle, idée qui horrifie Axel. On n'ose pas dire non. Tout est comme ça dans la vie sociale. On ne peut pas sortir des sentiers battus. 

    Je me suis retrouvé un peu dans Axel qui se demande par exemple pourquoi les caissières portent un badge avec leur prénom. Personnellement, j'en ai fait mon parti. Quand je passe en caisse, je dis "bonjour Nadine" ou "bonjour Albertine". Parfois elles sont surprises ! Mais il faut bien que ce foutu badge serve à quelque chose. Le gala de danse de sa fille qui revient tous les ans est également une corvée parce que c'est à chaque fois un peu bâclé mais il ne faut pas le dire. J'ai connu ça aussi. Et son fils qui fait des dessins érotiques dans lequel il met en scène ses professeurs. Et évidemment, ça tombe sous la main d'un prof. Axel doit s'expliquer et s'excuser au nom de son fils. Peut-être faudrait-il qu'il voit un pédiatre...évidemment...couru d'avance. 

    Roman totalement délirant, l'auteur se moque et pilonne cette vie sans aspérités. Ça m'a fait penser à une chanson en duo de Souchon et Voulzy intitulé "il roule, les fleurs du bal" (vidéo ci dessous). Surtout la fin que je vais évidemment pas vous divulguer. Partir dans la nuit, Partir comme ça, Cette envie,Tout le monde l'a....

    Perso, malgré moi, j'ai connu cette vie pendant dix huit ans...que j'ai quitté quand même à regret. Je ne suis sans doute pas aussi sévère qu'Axel parce que je réalise ce que j'ai perdu. Je mets un bémol quand même. Rien ne trouve grâce aux yeux d'Axel. Ça fait un peu too much. Mais à lire ! Fou rire garanti toutes les trois pages. 

    lecture septembre 2020, kindle

    date de sortie : août 2020, Gallimard.

    note 4.5/5

    Shako. 

      


                                                           

    Morne est son cœur
    Et sans raison
    Vers cinq heure
    Il quitte la maison
     
    Il démarre
    Sans raison
    Comme aspiré par
    L'horizon
     
    Peut être l'amour
    Peut être la vie
    La tombe du jour
    Ou simplement l'ennui

    Partir dans la nuit
    Partir comme ça
    Cette envie
    Tout le monde l'a
     
    Larmor-Baden
    Guingamp
    Dehors le noir de la plaine
    Et puis le noir dedans
     
    Il part, il part
    Comme s'il allait quelque part
    Laissant là, dans la salle
    Sur le sol éparpillées
    Les fleurs du bal
     
    Dans l'axe est son moteur
    Il décolle
    Son accélérateur
    Le console
     
    Les guitares qui jouent fort
    Dans son cockpit
    Lui sont d'un réconfort
    Amniotique
     
    Il roule, il roule
    Comme les larmes…
    Qui coulent
    Laissant là, dans la salle
    Sur le sol éparpillées
    Les fleurs du bal
  • Union Européenne : Kafka, sors de ce corps.

    ursula.jpgLa présidente de l'Union Européenne s'appelle Ursula von der Leyen. Il y a deux jours, elle a prononcé un discours sur l'état de l'Union, passé complètement inaperçu. Aucune des quatre chaines info n'a diffusé ce discours, pas même France Info, télé info du service public. 
    J'avoue que moi même ne savais pas son nom et je ne sais même pas comment ce président est élu. Recherche faite, le président de l'union est nommé par le conseil européen et ensuite approuvé par le parlement. Le problème est que je sais pas ce qu'est le conseil européen. L'équivalent du gouvernement en France par exemple ? J'en parlerai dans une future note. 
    Bon, autrement, présidente peut-être mais wikipedia m'informe que le président "ne correspond à aucune fonction existante" et que 4 personnes peuvent être considérées comme président de l'Europe : le président du conseil européen, le président de la commission européenne (Ursula von der Leyen), le président du parlement européen et le président du conseil de l'union européenne.
     
    - président du conseil européen : nommé pour un mandat de deux ans et demi, renouvelable une fois : depuis le premier décembre 2019, il s'agit de Charles Michel
    - président de la commission européenne : nommé par le Conseil européen à la majorité qualifiée et approuvée par un vote du Parlement, pour un mandat de cinq ans. Depuis le 1er décembre 2019, il s'agie de Ursula Von der Leyen.
    - président du parlement européen :  élu pour un mandat d'une durée de deux ans et demi, renouvelable une fois. Depuis le 3 juillet 2019, il s'agit de Davis Sassoli. 
    - président du conseil de l'Union Européenne : assurée pour 6 mois par un pays et ses représentants (depuis le , la présidence est assurée par l'Allemagne).
     
    Avec un tel bordel, comment voulez-vous que les citoyens européens s'y retrouvent ? Perso, je pense qu'il faut supprimer la présidence tournante et avoir un vrai président européen élu au suffrage universel. Il faut prendre exemple sur les USA malgré le barrage de la langue. C'est pas compliqué, ça, si ?
     
    Shako (en mode, on se fait chier)

  • le concert virtuel de Françoiz Breut

    Hier soir, Françoiz était en concert virtuel à Bruxelles dans le cadre d'une manifestation intitulée "les résidences du Botanique". Ça n'a duré que 45 mns et elle a alterné chansons de son répertoire et quelques titres de son album à venir. Sans Stéphane Daubersy et accompagnée d'une orchestration feutrée (clavier, bassiste,batteur), ce qui permet de ne pas être noyé dans un déluge de son et donc de mettre sa voix en avant. Sans public donc, ce fut un moment de douceur et de grâce. Elle m'a fait un clin d’œil en chantant ma chanson préférée "la conquête" (humour, je précise !). 

    Hein, et n'ayez pas peur de le l'ombre !

    Shako !


                                     

  • CR360 : histoire du fils - Marie-Hélène Lafon

    mhl.jpgCe roman m'a un peu dérouté et j'étais tellement à la ramasse au bout de trois lectures (ça se lit vite, hein, une heure environ) que j'avais demandé à ma sœur Louise Vanaem de Voringhem de faire ce compte rendu à ma place. Mais ça aurait été stupide alors je m'y colle avec les moyens du bord. Marie Hélène Lafon c'est quand même pas Claude Simon. Et puis, c'est moi qui cherche midi à quatorze heures, ce roman n'est pas compliqué.

    Ça déroule sur un siècle (le XXème) et ça raconte l'histoire d'une famille du Cantal ou du Lot ( toujours chez Marie Hélène Lafon) notamment la fratrie, Paul et Armand, jumeaux et Georges qui sont élevés par leur mère apparemment jamais nommée, le père, la tante Antoinette qui partira  une fois l'amour trouvée mais il reste la tante Marguerite "qui n'a ni mari, ni maison, ni enfants", Amélie. Nous sommes en 1908. Paul et Armand ont six ans et les parents tiennent un hôtel-restaurant à Chanterelle. En 1919, Paul va faire ses études à Aurillac. Il a 15 ans. Son frère Armand est mort très jeune après avoir été ébouillanté dans un lac. Un jour, à l'école, Paul Lachalme (à priori, nom de sa famille) qui est l'internat se sent très mal. Il a la gorge en feu, il tousse et suffoque, le covid19 sans doute.  Emmené à la pharmacie, il fait la connaissance de l'infirmière Mademoiselle G.Léoty de son prénom Gabrielle et de 16 ans son aîné. Le couple secret "monte" à Paris et fonde un enfant, André, le fameux fils que Gabrielle confie à sa sœur Hélène, étant devenue parisienne. 

    Je n'irais pas plus dans la résumé mais il aidera peut-être ceux qui par le fait, d'une narration non chronologique s'y sont un peu perdus. Personnellement, n'ayant plus toutes mes neurones et ayant coincé à la première lecture, j'ai décidé de tout le relire mais de façon chronologique. D'ailleurs, me suis-je dit, quel intérêt de ne pas respecter la chronologie si ce n'est pour Marie-Hélène Lafon de faire un effet de style comme aiment bien le faire les écrivains français ?

    Ensuite, le XXe siècle se déroule, avec ses deux guerres. André "Léoty" cherche son père, devenu notaire à Paris et qui doit aller se planquer dans un trou perdu pour avoir collaboré avec l'ennemi. Est-ce bien ça, Louise Vanaem de Voringhem ? Bon, comme je disais, je ne vais pas rentrer dans les détails. André est "un secret de famille" comme on dit et MHL, auteure discrète est publiée chez la non moins discrète maison Buchet°Chastel pour être sûre de ne pas avoir le prix Goncourt. Dans l'Express, elle n'est pas dans le top20 des ventes mais elle a son public et notamment Louise Vanaem de Voringhem. Il y a quelques années, je suis allé la voir lors d'une rencontre avec ses lecteurs à Larmor-Plage et je crois lui avoir posé une ou deux questions. Mais quand est-ce que vous allez enfin quitter le Cantal bon sang de bonsoir !

    Pour le reste, j'ai trouvé le roman trop court (103 pages) surtout pour raconter l'histoire d'une famille sur un siècle. C'est pour ça d'ailleurs que l'écriture est ramassée, comme pressée d'en finir. Bah oui, pourquoi faire 400 pages quand on arrive à tout dire en 100 pages ?

    lecture,septembre 2020 sur kindle

    Buchet°Chastel, sorti le 20 août 2020

    Shako

  • Tenir (3)

    Ça fait 51 jours que j'ai quitté la clinique, 51 jours d’abstinence et je me félicite parce que personne ne le fera pour moi. Parfois, j'ai des envies mais je me dis que j'aurais trop à perdre. On m'a renouvelé mon arrêt de travail jusque début octobre et donc j'en profite pour suivre l'actualité, lire, faire du sport. Je me fixe des objectifs chaque jour, des choses que j'ai pas envie de faire. Aujourd'hui samedi. Je me suis réveillé vers les 8h00, je n'avais pas de crise d'angoisse mais je me sentais déprimé. Je me suis levé quand même, je suis resté traîner, j'ai pas ouvert les volets et je suis retourné au lit jusque 11h30. Là, ça va mieux, je me suis occupé du linge, de la vaisselle. J'ai bu du café et tout à l'heure, ce sera steak et riz pour faire le plein d'énergie avant d'aller à la salle de sport. Mon frigo est vide, il va falloir aussi que je fasse quelques courses. 

    Tout ça paraît dérisoire. Un peu "l'homme qui dort" de Pérec. Mais que voulez vous que je vous dise ? Voici donc une note qui ne sert à rien, qui s'enfonce sur elle même. Je cherche un livre à lire, peut-être un Kundera dont j'ai tout lu l'oeuvre il y a vingt ans ou pour me détendre un Agatha Christie. On dit que son roman policier le plus abouti et exigeant est "le vallon" alors pourquoi pas.

    Concernant, "les dix petits nègres" que j'ai évidement lu au moins deux fois, plus je réfléchis, plus je le trouve mal léché. Les dix invités ont chacun une chambre et voient chacun d'entre eux mourir les uns après les autres. La logique voudrait que ce faisant, les invités restants restent soudés ensemble dans le salon au lieu de retourner individuellement dans leur chambre. Mais non, ça leur traverse pas l'esprit. Bon mais en dehors de ça, ça reste le must du roman policier. 

    Shako. 

  • Françoiz Breut - silhouette minuscule

    Il y a quelques temps, j'ai fait une note à propos de ce titre et j'ai raconté un peu n'importe quoi. Où ai-je vu que c'était une chanson de Jérôme Minière et que c'était lui le chanteur ? En fait, j'ai le vinyle près de moi et ce n'est pas du tout le cas.  Il s'agit d'un disque sorti en 2015 à l'occasion des dix ans de son sans doute meilleur album "une saison volée". Donc, il y a un disque qui reprend celui sorti en 2005 et un autre avec des reprises et des inédits. Parmi les inédits, il y a "silhouette minuscule". 

    Dans les crédits, il est écrit MIELE : silhouette minuscule, Stéphane Daubersy, Voix, Catherine Debiaso, Voix, Franck Baya, mixé par Franck Baya. Point de Françoiz Breut. Le duo au chant, c'est Daubersy et Debiaso. Le seul point commun avec elle, c'est Stéphane Daubersy qui est son fidèle acolyte. J'ai fait des recherches sur Miele mais que dalle. Mais c'est qui ce type qui a écrit cette chanson exceptionnelle que je repose ici ?

                                                 

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  • Philippe Sarde - Vincent, François, Paul et les autres

    En 1974, sortait Vincent, François, Paul et les autres de Claude Sautet. Je préfère largement ce film aux choses de la vie. La musique donc est signée Philippe Sarde, le compositeur attitré de Claude Sautet. J'ai extrait le titre phare de mon cd car on ne le trouve pas sur le net.

    Michel Piccoli est mort dans l'indifférence générale il y a peu. Pourtant, c'est un grand acteur qui a joué pour Godard, Demy, Sautet et tant d'autres. Son seul défaut est d'avoir quasiment toute sa vie été encarté PS !

    Le seul vivant qui reste des quatre est celui qui est coupé sur la photo, c'est Gérard Depardieu. Il faut dire aussi que c'était le plus jeune. Quatre grands acteurs et magnifiques seconds rôles. 

                                               

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  • affaires de divorce, épisode 4

    J'ai rencontré Mathilde de Bouillebec sur mon lieu de travail en 2000 ou 2001, je ne rappelle  plus trop. Elle faisait partie à l'époque des trois ou quatre comptables volants, c'est à dire des gens qui venaient en renfort dans une agence pour remplacer des comptables absents pour diverses raisons. Quand je l'ai vue pour la première fois, j'ai eu tout de suite le coup de foudre. N'en déplaise à Kundera, le coup de foudre existe. 

    On parle volontiers de coups de foudre; je ne suis que trop conscient de ce que l'amour tend à créer une légende de soi-même, à mythifier après coup ses commencements." (la plaisanterie)

    Moi j'ai eu un coup de foudre pour elle mais elle non. Au fur et à mesure des jours, elle m'a dit après qu'elle me prenait pour un flambeur, un branleur etc...Mais ce que je ne savais pas c'est qu'elle était aussi intimidé par moi que je ne l'étais pour elle. Parfois, pour des raisons professionnelles,  j'étais amené à aller dans son bureau et j'avais le cœur qui palpitait et tranquillement, j'ai commencé à discuter avec elle et je me suis rendu compte que malgré sa beauté éclatante, c'était une femme réservée, timide. Elle se livrait très peu. En fait, tout à fait le type de femme que je voulais, la beauté physique en plus. Un jour, une grosse imprimante est arrivée dans son bureau. Je lui ai demandé si c'était pour elle. Elle m'a dit que non, que c'était pour Robert de Chaussepierre, son petit ami. 20 ans ont passé, je ne me rappelle pas de tout. Savais-je avant l'imprimante qu'elle avait cet ami, peut-être. En tout cas, au fil du temps, on est devenu très proche et le soir, on restait très tard dans l'agence pour être tous les deux.

    Un soir, je suis allé dans son bureau comme je le faisais chaque soir que nous n'étions plus que tous les deux et je suis, excusez moi l'expression, passé à l'action. Elle était devant moi mais de dos et elle avait sa nuque dégagée. Il faut savoir que j'adore les nuques surtout quand elle sont dégagées et que donc, les cheveux sont attachés par un chouchou ou autre. Et il y quelque chose qui m'impressionne encore plus c'est la facilité et la vitesse avec laquelle les femmes s'attachent les cheveux. En tout cas, attachés avec une épingle ou un chouchou, l'effet est le même, ça dégage la nuque. Donc, comme je disais, je suis rentré dans son bureau, j'ai dû faire un effort monumental en posant ma main sur sa nuque. Elle ne s'est pas défendue et faisant semblant de continuer son travail alors au fond je sais qu'elle ne pensait qu'à ma main sur sa nuque que je ne cessais de caresser. Point positif, elle n'a rien fait pour la retirer. Je ne sais pas et dans quelle mesure mais soir après soir c'était le même cérémonial mais un peu plus à chaque fois et je me disais qu'on allait finir par vivre ensemble.

    Mais il y avait deux complications.

    Elle vivait à Choufleury avec Robert de Chaussepierre, un type que je connaissais fort bien car il bossait aussi dans la boîte ! C'était même un ami à moi car nous avions quelques passions communes pour le cinéma mais lui plus spécifiquement les musiques de film. 

    Robert de Chaussepierre vivait chez elle à Choufleury et un weekend, je ne sais plus pourquoi, il était totalement absent alors j'ai demandé à Mathilde de Bouillebec de venir chez moi. J'habitais un immeuble qui ressemblait à un hangar dans une zone industrielle à cinquante mètres du Blavet. Sur la gauche, il y avait un impressionnant viaduc (photo ci-dessous). Quand elle est arrivée chez moi, les choses se sont précipitées. C'était au mois de juin 2000 ou 2001 et nous nous sommes embrassés sur la bouche pour la première fois et on a fait l'amour autant que l'on pouvait. Nous étions jeunes et beaux, elle avait des cheveux sublimes et un visage d'ange. C'était torride dans les deux acceptations du terme et surtout pour nos peaux. Je crois que j'ai passé le plus beau weekend de ma vie. Il y a en une d'autres comme ça ou bien juste des après midi...je me souviens qu'un soir Robert de Chaussepierre devait venir chez moi pour me donner un cd et voici que Mathilde de Chaussepierre débarque. Je ne sais plus pourquoi, pour faire l'amour sans doute mais je savais aussi que Robert de Chaussepierre pouvait débarquer à tout moment. Quand j'ai dit ça à Mathilde, elle a pris panique et est partie. Ça s'est joué à peu de choses puisque quelques minutes plus tard Robert de Chaussepierre que je faisais cocu débarquait. Je n'ose même pas imaginé quelle aurait été sa réaction si elle l'avait croisée dans l'escalier !

    Deuxième complication. Même si je la voyais de moins en moins, je n'avais pas encore officiellement rompu avec Odette Legrandin, une parfaite blonde et bourgeoise vannetaise et je ne sais plus quand dans cette histoire  mais un jour que j'avais un peu de temps  à midi et que j'avais rendez vous à Vannes, je suis allé chez elle et très vite, elle a commencé à me déshabiller et tout mais je lui ai dit d'arrêter, que j'avais un truc à lui dire et je lui ai dit. Je crois qu'elle a pleuré. Mais elle savait déjà que j'avais le béguin pour une collègue de boulot car je lui en avais parlé. 

    Des deux bords donc, moi, Shako de Tam-Tam, elle Mathilde de Bouillebec, lui Robert de Chaussepierre et elle Odette Legrandin, le démarrage d'un couple qui allait durer 18 ans était très compliqué !

    Je raconterai la suite demain. Je n'aime pas les textes à rallonge.

    Shako.

    viaduc.jpg

    Le viaduc en question à cent mètres de chez moi

  • Eric Reinhardt vs Paul Auster

    auster-paul.jpgLa construction du roman 4321 de Paul Auster ressemble étrangement à celle de Cendrillon de Eric Reinhardt. Ceux qui ont eu la chance de lire Cendrillon comprendront. Cendrillon date de 2007 et 4321 de 2017. Je n'aime pas cette expression mais je dis ça je dis rien. A savoir en plus, Paul Auster parle très bien le français. 

    Pour l'anecdote, je suis le seul homme de droite à aimer Eric Reinhardt et, à ce titre, je me sens plus libre que Télérama, les inrocks, l'obs et Libération qui aiment ses romans avant même la sortie. Je dis ça, je dis rien !

    Résumé 4321

    l-ecrivain-eric-reinhardt-le-25-aout-2014-a-paris_5149539 (1).jpgÀ en croire la légende familiale, le grand-père nommé Isaac Reznikoff quitta un jour à pied sa ville natale de Minsk avec cent roubles cousus dans la doublure de sa veste, passa Varsovie puis Berlin, atteignit Ham- bourg et s’embarqua sur l’Impératrice de Chine qui franchit l’Atlantique en essuyant plusieurs tempêtes, puis jeta l’ancre dans le port de New York au tout premier jour du XXe siècle. À Ellis Island, par une de ces bifurcations du destin chères à l’auteur, le nouvel arrivant fut rebaptisé Ferguson. Dès lors, en quatre variations biographiques qui se conjuguent, Paul Auster décline les parcours des quatre possibilités du petit-fils de l’immigrant. Quatre trajectoires pour un seul personnage, quatre répliques de Ferguson qui traversent d’un même mouvement l’histoire américaine des fifties et des sixties. Quatre contemporains de Paul Auster lui-même, dont le “maître de Brooklyn” arpente les existences avec l’irrésistible plaisir de raconter qui fait de lui l’un des plus fameux romanciers de notre temps.

    Shako

  • CR359 : Comédies Françaises - Eric Reinhardt

    ERTEC.jpgJ'ai lu les critiques dithyrambiques de Télérama (dont il est un peu l'auteur-maison), du Libération d'aujourd'hui et de Lire Magazine et un autre mais je me souviens plus lequel alors, moi petit ouvrier de province, je me trouve bien mal pour apporter la contradiction. Commençons par les points positifs, les photos de l'écrivain de chaque magazine....et bien c'est celle de Lire avec son complet de chez Smalto qui me plait le plus. Dans les autres, on le voit entièrement avec sa chemise dans son pantalon et moi j'aime pas les chemises dans les pantalons, même lors de mon mariage avec Mathilde de Bouillebec, j'ai pas mis ! Je ne sais plus si Mathilde m'y a forcé...bref, on le voit sur les photos. Donc, celle là, j'aime beaucoup ce gros plan d'un type bien conservé pour ses 55 ans.

    Dans cette comédie française, le personnage principal est Dimitri, un type de 27 ans qui fait différents boulots pour finir à l'AFP. Il lui arrive quelque chose d'incroyable. En balade à Madrid, il croise une femme qui lui plait beaucoup...et il la croise à nouveau dans un théâtre à Paris et pour enfoncer le clou dans un café parisien je ne sais plus où. Pour lui, c'est impensable. Comme un coup de dé jamais n'abolira le hasard, Dimitri est persuadé que le hasard a bon dos, que ces trois rencontres ont un sens. C'est la partie du roman que j'ai le plus appréciée. 

    277138580.jpgA une moindre échelle, il m'est arrivé la même chose en Irlande dans la ville de Galway. Un matin, les rues étaient noires de monde et au loin je sélectionne une jolie fille, un peu trop fardée peut être mais avec un joli visage et une cicatrice sur le front très sensuelle. Je la prends en photo et malgré la foule, elle me voit et ça n'a pas l'air de lui plaire. Et dans l'après midi, dans une rue toute aussi noire de monde  mais assez loin de la première, je la recroise, et je la reprends en photo. J'étais bouleversé par ce hasard incroyable et pourtant c'était bien loin de celui vécu par Dimitri. Ce dernier un peu fouille merde après avoir étudié une histoire concernant deux artistes français et américains change de sujet et se décide à en savoir plus sur la naissance d'internet. Il a une longue discussion avec Louis Pouzin ( inventeur du datagramme et donc d'internet) pour savoir  pourquoi il a été bloqué dans son invention par le  puissant chef d'entreprise Antoine Roux qui met fin à ses recherches après la victoire de Valéry Giscard d'Estaing (qui est toujours vivant, je le rappelle). J'ai trouvé que cette longue discussion très technique ressemblait plutôt à un article de Wikipedia. Mais why not. Dimitri, homme de gauche (comme l'écrivain...qui n'a d'ailleurs pas encore signé l'appel de Laurent Joffrin -) et donc pas tendre avec le capitalisme à la Française où les politiques, lobbyistes, chefs d'entreprise sont de mèche pour décider si tel projet doit être abandonné ou pas, paradoxalement encense les Américains qui ne s'arrêtent pas à ces considérations et où le libéralisme est en roue libre et puis finalement s'approprient les travaux des experts Français pour s'attribuer la création d'internet.  Make America Great Again !

    3299260496.jpgIl y a du Michel Houellebecq et du Philippe Djian dans ce roman. J'aurais aimé que l'auteur s'arrête un peu sur le personnage de Dimitri, bisexuel passablement cinglé. Dès le début du roman se pose le faire part de son décès dans un accident de voiture en Bretagne où lui et sa compagne sont venus sur les traces de Antoine Roux, décédé et dont la fille habite la maison .Dans ce roman qui n'est pas à tiroir comme j'ai pu le lire, le romantisme s’accommode fort bien de la critique du capitalisme, un peu comme dans le système Victoria. Eric Reinhardt croit encore qu'il y  a une droite et une gauche mais ce concept est terminé.  Mais il n'est jamais aussi fort que lorsqu'il s'agit de défoncer le capitalisme. Je pense donc que Valeurs actuelles et le Figaro ont complètement zappé ce sympathique bobo de gauche.

    Voilà, je ne suis pas Nathalie Crom mais je suis un fidèle de cet écrivain. Je dis ce que je pense et je pense ce que je dis. Et n'oubliez pas : “On doit se ranger du côté des opprimés en toute circonstance, même quand ils ont tort, sans pourtant perdre de vue qu'ils sont pétris de la même boue que leurs oppresseurs.” (E.Cioran)

    Shako

    lecture sur kindle, août 2020

    Parution : 20 août 2020

    Gallimard
    note 3.5/5