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l'espèce de blog

  • Henri Thomas sur la photo

    "Bonjour, je suis chargé de communication au CDN Orléans / Centre-Val de Loire. Cette saison, en mai prochain, nous accueillerons le spectacle La Recherche d'Yves Noël Genod consacrée à l'œuvre de Marcel Proust. Tout au long de la saison, nous proposerons à nos publics des rencontres gratuites avec des lecteurs de Proust. Le premier sera Piotr Gruszczynski, dramaturge du spectacle Les Français. Le principe est de faire parler des lecteurs de cette œuvre. Pensez-vous pouvoir relayer cette information ? Je vous remercie pour votre retour. Julien Leclerc 02 38 62 08 98 --"

    Email : leclerc@cdn-orleans.com

     

    Je reçois souvent de genre de message et je ne relaie jamais car il ne sait pas trop si c'est du lard ou du cochon. En l’occurrence (2r, 2l), ici, c'est du Proust. Donc, tous dans au CDNO de Orléans dans le Loiret le 30 novembre à 19:00 pour parler de Parcel Moust ! Départ de Baud dans le Morbihan à 18:00.

    Portrait de quelqu'un d'autre :

    Thomas.jpg

    Voilà, ça c'est fait. 

  • le vent nous emportera - Forough Farrokhzad (1935-1967)

    Dans ma nuit, si brève, hélas
    Le vent a rendez-vous avec les feuilles.
    Ma nuit si brève est remplie de l'angoisse dévastatrice
    Ecoute !   Entends-tu le souffle des ténèbres ?
    De ce bonheur, je me sens étranger.
    Au désespoir je suis accoutumée.
    Ecoute !   Entends-tu le souffle des ténèbres ?
    Là, dans la nuit, quelque chose se passe
    La lune est rouge et angoissée.
    Et accrochée à ce toit
    Qui risque de s'effondrer à tout moment,
    Les nuages, comme une foule de pleureuses,
    Attendent l'accouchement de la pluie,
    Un instant, et puis rien.
    Derrière cette fenêtre,
    C'est la nuit qui tremble
    Et c'est la terre qui s'arrête de tourner.
    Derrière cette fenêtre, un inconnu s'inquiète pour moi et toi.
    Toi, toute verdoyante,
    Pose tes mains - ces souvenirs ardents -
    Sur mes mains amoureuses
    Et confie tes lèvres, repues de la chaleur de la vie,
    Aux caresses de mes lèvres amoureuses
    Le vent nous emportera !
    Le vent nous emportera !

  • Ce que j'aimerais, c'est

    Exister 


  • recensement des cabines # 86 - Pessac (Gironde)

    Dans la série hors-zone et sans-ma-présence, voici la cabine de Pessac en Gironde. Grand merci à Carla pour avoir dégoté l'édicule (elle qui m'affirmait depuis des années qu'il n'y avait plus de cabine dans sa ville, mais il faut avouer que celle-ci est tellement bien planquée...qu'on a même oublié de l'enlever). C'est un modèle que j'ai déjà vu à Plescop dans le Morbihan (dont je n'ai toujours pas fait la note d'ailleurs, comme quoi il me reste du taf). On dirait qu'elles sont toutes neuves. Je pense que ce sont les dernières à avoir été installées fin des années 90 ou début de ce siècle.  Carla dans le texte :

    Coucou Loïc ! Je t'envoie les photos que j'ai prises à la gare, d'ailleurs appelée gare mais en fait il n'y a pas de bâtiment "gare", car historiquement ce n'était qu'un passage à niveau où s'arrêtaient les trains mais qui n'a pas dû être jugé assez important pour qu'on y construise une gare. Ce n'est donc pas la gare de Pessac (centre) mais une des petites haltes sur la ligne Bordeaux/Arcachon ou Bordeaux/Dax, Pau... Elle est située sur la limite (floue) de deux quartiers, celui de France et celui de l'Alouette (appelé Alouette Sauvage sur une vieille carte postale). Bref, il y a la gare et quand on se retourne, il y a une belle maison "Le Castel Normand" le nom est assez étonnant, et sur le côté, perdue dans les bambous, la cabine. 

    cabinePessac1.jpg

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    Le bambou est un phyllostachys mais lequel...les cannes sont jaunes donc je pencherais pour un vivax...mais je ne mettrais pas un combiné à décrocher sur cette affaire-là.

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    Selon la Pessacaise, quand on appelle la cabine, le numéro n'est plus attribué. Elle a essayé d'appeler. J'aurais bien envie d'essayer pour savoir ce que ça dit aujourd'hui quand on appelle vers un numéro non attribué mais je n'arrive pas à le relire...05 57 26... 95. Me manque l'avant-dernier numéro. En tout cas, comme le montre la photo, si vu de loin, la cabine semble rutilante, à y regarder de près, c'est un peu le bordel là-dedans. Là-dedans, encore que ce n'est pas véritablement là-dedans parce que le tout n'est pas fermé, c'est plutôt un abri.

    Le logo de FT ayant été remplacé en 2000, ça prouve que la cabine a été conçue et installée fin des années 90. Entre 1993 et 1999. Pour le reste, le combiné a été volé par un brocanteur qui l'a utilisé pour retaper un vieux téléphone du type de celui-ci qui se vend à 30€ :

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    Dire qu'on a jeté le vieux de téléphone gris de Berloch comme une vieille chaussette.

    Je n'ai trouvé aucune trace du "Castel Normand" de Pessac sur le net.

    Patrick Modiano sort un nouveau roman le 26 octobre 2017. Il s'intitule *Souvenirs dormants*.

    Loïc LT

  • recensement des cabines # 85 - Baslieux (Moselle-et-Meurthe)

    Ce soir, je vais vous faire voyager un peu. Fini la Bretagne, la Normandie, la Charente-Maritime et autres contrées de l'ouest, je vous emmène à l'est, près de la frontière avec le Luxembourg. Ce serait malhonnète de ma part de vous dire que j'y suis allé physiquement, non, ce sont des amis qui m'ont envoyé des photos. Je suis obligé de déroger à la règle de la présence physique car il n'y a plus de cabines en Bretagne (encore que j'ai encore plein de notes à faire de bourgs bretons visités). 

    Baslieux se situe en Meurthe-et-Moselle, soit dans la région Grand-Est, ex Lorraine. Sans vouloir faire mon vieux réac et comme je vais devoir broder car je ne connais pas grand chose de ce bourg, je trouve que le nom "Lorraine" est si agréable à attendre que je trouve dommage que cette région ait été administrativement supprimée. La Lorraine fait partie de notre patrimoine historique et culturel...vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine...etc...et gastronomique aussi avec la fameuse quiche. On va l’appeler comment maintenant ? La quiche du Grand Est. Non mais sérieux quoi !!! Voici sur la carte où se situe ce bourg de 600 habitants :

    baslieuxcarte.jpg

    On distingue donc au Nord-Est la frontière avec le Luxembourg qui se situe donc à peu près à 10 km de Baslieux. Je crois savoir que beaucoup de gens de Baslieux travaillent d'ailleurs dans le Grand-Duché. Pour rester honnête, je ne vais poster que les photos envoyés par mes amis Isabelle et José. Commençons par la cabine, une cabine 'modèle de Paris', bien pourrie comme je les aime. Un transformateur quasiment collée à sa droite donne la possibilité d'escalader l'édicule afin peut-être d'avoir plus de réseaux pour ceux qui utilisent désormais des téléphones cellulaires sans fil. Et devant, pour donner un cachet à ce petit coin un brin repoussant, la commune a cru bon de recycler une vieille machine (qui a sans doute servie sur la commune dans une ferme ou une usine ou une mine, qu'en sais-je). Le bâtiment derrière ressemble à une école ou du moins une ancienne école car selon mes sources, c'est désormais une maison d'habitation. 

    cabinebaslieux.jpg

    Je n'ai malheureusement pas encore le numéro de téléphone pour appeler vers cette cabine, je ne sais pas non plus si elle fonctionne et je ne peux pas affirmer qu'en ce 30 septembre 2017, elle existe encore car le démantèlement va très vite et ces photos m'ont été envoyé fin le 27 août 2017 à 11:27 quelques jours après que nous nous vînmes à Pirou en Normandie et que José et moi prîmes un bain de minuit sous haute surveillance car nous bûmes beaucoup ce soir-là et les vagues étaient énormes. 

    Je fais du regroupage de photos, cela va plus vite. Gros plan sur l'intérieur de la cabine avec ce téléphone dont le combiné plutôt moderne me fait dire qu'il doit s'agir d'un appareil à carte et photo de l'entrée du bourg de Baslieux, jumelée à Baslieux-sous-Châtillon en Champagne. L'idée est original, j'avoue, j'avoue, j'avoue. J'AV !!!!

    baslieuxpanneau.jpg

    La photo suivante vaut son pesant de cacachnouille quand même. Le bar est-il ouvert ou fermé ? Je penche pour la fermeture éclair. Ah non, Isabelle m'a mis en légende "café du village, toujours existant". Bon. Il faut quand même une sacrée dose de courage pour s'aventurer là-dedans.  En tout cas, c'est laid comme un nez au milieu de la figure. 

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    Mairie et école, le tout sans grand intérêt. Notons cependant cette drôle d'inscription sur le mur de l'école primaire : maison d'école. Bizarre que la mairie ne soit pas maison de la mairie. Moi, je m'en fous, l'essentiel est que j'ai la photo de la maison de l'appareil téléphonique des PTT.

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    Baslieux s'élève à 244m au dessus du niveau de le mer du Nord au minimum et à 392m au maximum, ce qui en fait quand même une commune assez haute contrairement à ce que pourrait laisser penser son nom. Il y fait froid l'hiver. Lionel Boudart est le bourgmestre de ce village qui peut toujours essayer de concourir au concours du plus beau village de France..mais bon...bourgmestre depuis 2008. Mes respects à monsieur le maire.  Nom des habitants : les baslieusards. quantité d'habitants : 589 contribuables au recensement de 2014. 

    Loïc LT

  • CR317: l'archipel du Goulag - Alexandre Soljenitsyne

    l'archipel du goulag.jpgIl y a des monuments littéraires qu'il faut avoir lu pour mourir moins con qu'on est né...à la recherche du temps perdu, la montagne magique, pastorale américaine, sur la route...j'en passe et puis donc l'archipel du Goulag de Alexandre Soljenitsyne. Ce dernier manquait à mon palmarès. La seule chose positive que je peux en tirer sera justement de pouvoir me dire "bon, celui-là, c'est fait", parce que cet essai en lui-même est littéralement imbuvable. Comme tout le monde sait de quoi il traite, je ne vais pas épiloguer...et comme tout le monde sait les ravages du communisme dans les pays de l'Est pendant le XXème siècle, lire ce pavé, c'est enfoncer des portes ouvertes. Mais bon, je me disais, à défaut d'apprendre quelque chose, voyons sa valeur littéraire. Et bien, c'est très moyen. Pour être honnête, c'est aussi rédhibitoire à lire que ne l'était l'absurdité de l'administration soviétique. Il s'agit ni plus ni moins d'un inventaire comme autant d'exemples de gens ayant été arrêtés arbitrairement essentiellement sous Staline, ayant subi les tortures lors d’interrogatoires avant d'être jetés en prison et envoyés dans le fameux archipel. Quand un ou deux exemples aurait suffi, l'écrivain russe nous en livre une centaine, tous plus ou moins identiques. Pour être clair et honnête, c'est barbant.

    Si on ajoute à cela que sur le fond, j'ai été gêné quand à plusieurs reprises, il se permet de dire à peine à mots couverts que le nazisme était moins mauvais que le stalinisme, on n'en peut plus quoi. Il évoque parfois le capitalisme dont il n'est pas fan non plus...et heureusement qu'il lui arrive de louer quand même le monde libre que constituait les pays occidentaux. 

    Mais parfois, la description du  culte de la personnalité provoque des fous rires :

    Voici un petit tableau datant de ces années-là. Une conférence du parti dans la région de Moscou. Elle est présidée par le nouveau secrétaire du Comité de rayon, remplaçant celui qui vient d'être coffré. A la fin de la conférence, adoption d'une motion de fidèle dévouement au camarade Staline. Bien entendu, tous se lèvent ( de même que, tout au long de la conférence, tout le monde a bondi de son siège à chaque mention de son nom). Une "tempête d'applaudissements se transformant en ovation" éclate dans la petite salle. Pendant trois, quatre, cinq minutes, elle continue à faire rage et à se transformer en ovation. Mais déjà les paumes commencent à être douloureuses. Déjà les bras levés s'engourdissent. Déjà les hommes d'un certain âge s'essoufflent. Et même ceux qui adulent sincèrement Staline commencent à trouver cela d'une insupportable stupidité. Cependant, qui osera s'arrêter le premier ? Le secrétaire du Comité de rayon, qui est debout à la tribune et vient de lire la motion, pourrait le faire, lui. Mais il est tout récent, il remplace un coffré, il a peur lui aussi ! Car, entre ces murs, parmi ces gens tous debout et qui applaudissent, il y a des membres du NKVD, l'oeil aux aguets : voyons voir que cessera le premier !... Et dans cette petite salle perdue, perdus pour le Chef, les applaudissements se prolongent pendant six minutes, sept minutes, huit minutes!...Ils sont flambés : Ils sont fichus ! Maintenant, il ne peuvent plus s'arrêter, ils doivent continuer jusque la crise cardiaque ! Au fond de la salle, perdu dans la foule, on peut encore un peu tricher, frapper moins souvent, moins fort, moins frénétiquement : mais sur l'estrade, au vu de tout le monde ?!...

    Voilà, j'arrête là, parce que la scène dure un moment, je ne sais plus comment ça finit mais bon, c'est drôle et d'un autre côté, ça ne surprend personne. Ce genre de scène existe encore en Corée du Nord malheureusement.

    Donc, au final, on a peu de descriptions du Goulag. C'est surtout un enchaînement de transfèrements d'une prison à l'autre et au final aussi, on ne sait même pas comment et pourquoi Soljenitsyne est libéré. En fait, là où le récit aurait pu avoir un intérêt et bien, on n'a pas la réponse. 

    Point final. 

    lecture sur liseuse Kindle en septembre 2017, parution en France le 1er juillet 1974 aux éditions Seuil, 446 pages. note : 1.5/5

    Loïc LT

  • CR316 : la chambre des époux - Eric Reinhardt

    la chambre des époux.jpgJ'adore Eric Reinhardt autant qu'il m'agace mais l'éblouissant Cendrillon sorti en 2007 (à propos duquel il dit qu'il ne pourra jamais rien écrire de mieux) fait que je lui excuse beaucoup de choses. Et avouons que cet écrivain secoue un peu le doux ronronnement de la littérature française d'aujourd'hui de part l'ambition de ses romans, leurs constructions et les thèmes toujours très proches de l'actualité qu'il y développe. 

    Figurez-vous la chambre des époux. Il évoque dès le début un roman qu'il aimerait écrire qui s’appellerait une seule fleur mais qu'il ne va pas écrire car il a d'autres projets. Faute de l'écrire, il nous en explique la trame...qui constitue quasiment tout le roman la chambre des époux ! Plutôt cocasse comme "dispositif" comme il dirait. ER s'amuse volontairement avec les codes romanesques et avec ses lecteurs. C'est un fait que l'écrivain n'est pas un amateur du récit banalement chronologique et qu'il profite des libertés qu'offre l'art romanesque quitte à dérouter et à provoquer des mises en abyme vertigineuses (et pardon si c'est un pléonasme). L'autre  caractéristique des romans de ER est toujours se mettre en scène (à part peut-être dans le système Victoria, j'ai un doute), faisant donc de l'autofiction dans ce qu'elle a de plus noble. Il y a donc une base de vrai et ensuite on ne sait plus trop. Ce qui est vrai dans ce récit, c'est que l'écrivain a appris le cancer du sein de sa femme Margot alors qu'il était loin d'en avoir fini avec Cendrillon, que Margot a survécu à ce cancer. Après ce ne sont que conjectures mais ce qui fait 80% de la chambre des époux, c'est à dire une période de la vie de son fils (ou pas) Nicolas (compositeur et chef d'orchestre de génie...) constitue de la pure fiction, c'est justement ce une seule fleur qu'il ne veut pas écrire. Donc, il écrit un roman qu'il n'écrira jamais !

    Le cancer est omniprésent dans ce roman mais il est narré comme un drame autant que comme une bénédiction. C'est la cancer qui donne à l'auteur la force de finir Cendrillon  et c'est le cancer de Marie qui va pousser Nicolas  à se rapprocher d'elle et lui écrire un requiem ( évidemment plus beau que celui de Fauré ou de Dvořák...mais pas celui de Mozart) au risque de briser son propre couple mais il joue franc jeu annonçant à sa femme Mathilde qu'il va la quitter provisoirement pour aller au chevet d'une mourante. 

    J'ai le sentiment que Eric Reinhardt a voulu exorciser par l'écrit ce drame qui l'a touché de près. Alors sans doute, il en fait trop, trop de superlatifs, trop de tout mais en dehors de cet aspect, on ne lui enlèvera pas cette énergie romanesque qu'il parvient à insuffler à ses romans. 

    Des citations, je pourrais vous en mettre plein mais moi qui adore le pot-au-feu, je veux juste vous restituer ce passage parce que je veux parler du pot-au-feu (que ma femme m'a promis de refaire très vite, je regarderai comment elle fait cette fois-ci et je l'aiderai) :

    La savoureuse odeur d'un pot-au-feu cuisiné par Mathilde et mijotant doucement dans sa marmite voluptueuse et argentée embaume l'appartement. C'est plat préféré de Nicolas [...] et c'est lui-même qui le matin, au marché, a fait part  à Mathilde de son envie de pot-au-feu. 

    lecture sur liseuse Kindle en septembre 2017,  Editions Gallimard , parution août 2017. note : 4 / 5

    Loïc LT

  • CR315 : sur les chemins noirs - Sylvain Tesson

    sur les chemins noirs.jpgTout le monde s'imagine seul avec son baluchon tel Rimbaud sur les routes ardennaises (Mon unique culotte avait un large trou. - Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course, Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse. - Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou... ), avec quoi dedans,en tout cas sans thunes et personne qui ne t'attend nulle part. Et bien, si c'était le cas pour moi, je ferais le trajet ouest-est en longeant la Loire et en rejoignant Paris à la confluence de la Seine et de la Marne et je rejoindrai l'est, sans forcément suivre le cours de la Marne comme JP Kauffmann mais en prenant des chemins noirs ainsi que les appelle Sylvain Tesson qui dans se récit relate sa marche initiatique des Alpes vers le Cotentin. 

    L'idée est d'éviter autant que faire ce peut la civilisation (les routes, les métropoles...), ce qui l'appelle donc les chemins noirs, qui correspondent pour moi aux routes jaunes (c'est ainsi que jadis on nommait une route non bitumée située deux cent mètres devant la maison familiale et qui  servait juste à faire passer les tracteurs et les vaches, routes qu l'administration appelle des chemins d'exploitation). Son intention est de retrouver de l'authenticité deux ans après avoir fait l'imbécile en tentant d'escalader le mur de la maison d'un ami après avoir pris un coup de pied de barrique. Dans son périple, il dort soit à la belle étoile, soit sous sa tente Quechua, rencontre des paysans d'un autre temps et des âmes égarées, s'arrête dans des cafés de campagne pour boire de l'eau. 

    Entre deux bois, je lançais mes cris d'amour aux vaches et obtenais un parfois un long "meuh" en réponse. A Saint-Sévère, je lus la presse dans un soleil huileux. Les nouvelles du monde  n'étaient pas pire que d'habitude. Après tout, quand Attila avait débarqué avec des Huns sur les rives de la Loire, la situation n'avait pas dû être plus enviable qu'aujourd'hui.

    Et à Ardentes, au bord de l'Indre, il se demande :

    Les rivières ont-elles la nostalgie des sources ? 

    Alors qu'en même temps, Julien Doré surenchérit dans mon écho  " où vont le silence des rivières ? ", question que je ne comprends pas car une rivière est rarement silencieuse.

    Sylvain Tesson, le visage déformé par l'accident, prend plaisir à passer ses nuits à la belle étoile. " Le bivouac est un luxe qui rend difficilement supportables, plus tard les nuits dans les palaces". 

    A la fin du périple :

    Toute longue marche a ses airs de salut. On se met en route, on avance en cherchant des perspectives dans les ronces, on évite un village, on trouve un abri pour la nuit, on se rembourse en rêves des tristesses du jour. On élit domicile dans la forêt, on s'endort bercé par les chevêches, on repart un matin électrisé par la folie des herbes hautes, on croises des chevaux. On rencontre des paysans muets.

    Et pour finir

    La France changeait d'aspect, la campagne de visage, les villes de forme et la marée montait autour de notre tente, demain il s'agirait de ne pas traîner. Une seule chose était acquise, on pouvait encore partir droit devant soi et battre la nature. Il y avait encore des vallons où s'engouffrer le jour sans personne pour indiquer la direction à prendre et on pouvait couronner ces heures de plein vent des nuits dans des replis grandioses. 

    Il fallait les chercher, il existait des interstices.

    Il demeurait des chemins noirs.

    De quoi se plaindre ?

     

    Ce récit me fait penser un peu aux expériences de François Maspero ( les passagers de Roissy Express), aux travaux de Raymond Depardon et évidemment au périple de Jean-Paul Kauffmann le long de la Marne...et puis aussi à l'essai de Philippe Vasset cherchant à Paris des zones blanches, autant d'auteurs que j'ai évoqués sur ce blog pour le meilleur ou pour le pire (je parle de moi).

    lecture sur liseuse Kindle en septembre 2017,  Editions Gallimard , parution octobre 2016. note : 4 / 5

    Loïc LT

     

  • les flocons de l'été # Etienne Daho


     

    Le nouveau titre de daho est sorti le 1er septembre à 08h00 précise (quand on est fan, on sait ces choses-là, je me comprends) et il préfigure la sortie d'un album en novembre (Blitz). S'en suivra une tournée. J'irai le voir à Rennes, ça fait trop longtemps que je ne l'ai pas vu. Je n'ai pas entendu en live les titres de ces trois derniers albums, ce n'est pas normal quand même !

    Bon, parlons de cette neige estivale. D'abord musicalement parlant, on sait que Daho est un touche-à-tout, qu'il ne se fixe aucun interdit. Dernièrement, il avait sorti un titre très rock (avec un super clip) intitulé 'Paris sens interdit' et aujourd'hui, il nous sort quelque chose de plus électronique, plus aérien, doux comme un flocon. La mélodie est superbe, sur ce point, il n'y a rien à dire. Quelques jours avant le 1er septembre, il avait mis en ligne 10 secondes de la chanson et j'avais adoré direct...par contre, j'étais loin de m'imaginer le texte qui allait suivre. Sur ce point, je suis désolé, ça manque cruellement d'inspiration. Etienne doit le savoir, je ne sais pas, il dit qu'il a écrit le texte très vite, ba je suis désolé mais ça se voit et pour se défausser il répond aux journalistes qu'il ne donnera pas d'explications au texte, que chacun en fera son interprétation. C'est l'argument facile quand on écrit un peu n'importe quoi...encore que là, ce n'est pas n'importe quoi, le texte est tellement simple et basique qu'on le comprend tout de suite : tout ce qui est blanc en été, comme une robe blanche, les étoiles, le soleil voilé, les nuits blanches évoquent pour le chanteur les flocons. La belle affaire. Après, il y a peut-être un message caché et que je me suis levé de ma jambe blanche, alors dans ce cas, je suis le dindon de la farce. Etienne dit que ce titre a des accointances avec "les heures hindoues" et bien, question musique et ambiance, je retrouve beaucoup des "les pluies chaudes de l'été" qui figure sur l'excellent album Eden

    En tout cas, le texte, à la limite, on s'en tamponne le coquillard. Globalement la chanson est belle, apaisante, onirique et je l'écoute en boucle depuis hier. Ce ne sera pas le succès de l'automne (de toute façon, ça fait longtemps que la roi de pop française se fout des hits parades, normal quand on veut faire de la qualité) mais pour les fans, c'est un joli cadeau pour cette rentrée qui s'annonce blanche et lumineuse. 

    Loïc LT

  • Coup de gueule contre les médias et ceux qui se prétendent spécialistes

    J'en ai marre d'entendre les médias dire que tel ou tel attentat aurait pu être évité. Je donne un exemple tout bête : mes filles sont dans un collège à Baud où il y a 500 élèves ou plus je ne sais plus. Bref. A l'entrée, y'a bien des grilles mais qui peut empêcher un commando de 10 malades djihadistes de rentrer armés de kalachnikov et faire un carnage ? Qui ? Y'a pas de flics à l'entrée et quand bien même, ils se feraient exécuter sur le champ. Des plots de bétons ? Inutile, il ne s'agit pas là de foncer dans l'école avec des véhicules...et des exemples, comme ça, j'en ai des tonnes (autre : entrer dans une église un dimanche matin ou entrer dans un supermarché...). L'Etat ne peut rien faire ou alors demander aux gens de ne plus sortir de chez eux....et la France est trop vaste pour mettre des flics partout (qui de toute façon se font dézinguer avant d'avoir le temps de dire merde). Les pays européens sont en guerre contre des gens qui n'ont pas peur de mourir. Et moi, je pense qu'on est dans la merde et qu'on n'a pas fini d'en chier. Je ne suis pas expert, je n'ai pas la solution mais je constate que pour l'instant il n'y en a aucune...et que je ne vois pas comment il pourrait y en avoir.

    Je donne un autre exemple tout con : l'autre jour, j'errais dans un marché du Contentin. Bon, il y avait bien des plots de bétons aux 3 entrées du marché sauf que... entre le dernier plot et le premier stand, il y avait largement de quoi faire passer un camion (et 2 fourgons)...et au pire, les terroristes ne sont pas obligés ne prendre les entrées officielles. Partout il y a des trous où il n'y a que des stands...donc il passent pas là à 90 kmh et rien ne peut leur résister jusque arriver vers la foule. Faut être réaliste un moment. L'Etat d'Urgence, c'est de la foutaise...à moins d'annuler tout rassemblement..et encore...imaginer un immeuble avec 90 habitants. Qui peut empêcher ces fous d'y entrer et de tuer tout le monde. Les politiques ont-ils une réponse à ça ?

    LLT