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terrorisme

  • Coup de gueule contre les médias et ceux qui se prétendent spécialistes

    J'en ai marre d'entendre les médias dire que tel ou tel attentat aurait pu être évité. Je donne un exemple tout bête : mes filles sont dans un collège à Baud où il y a 500 élèves ou plus je ne sais plus. Bref. A l'entrée, y'a bien des grilles mais qui peut empêcher un commando de 10 malades djihadistes de rentrer armés de kalachnikov et faire un carnage ? Qui ? Y'a pas de flics à l'entrée et quand bien même, ils se feraient exécuter sur le champ. Des plots de bétons ? Inutile, il ne s'agit pas là de foncer dans l'école avec des véhicules...et des exemples, comme ça, j'en ai des tonnes (autre : entrer dans une église un dimanche matin ou entrer dans un supermarché...). L'Etat ne peut rien faire ou alors demander aux gens de ne plus sortir de chez eux....et la France est trop vaste pour mettre des flics partout (qui de toute façon se font dézinguer avant d'avoir le temps de dire merde). Les pays européens sont en guerre contre des gens qui n'ont pas peur de mourir. Et moi, je pense qu'on est dans la merde et qu'on n'a pas fini d'en chier. Je ne suis pas expert, je n'ai pas la solution mais je constate que pour l'instant il n'y en a aucune...et que je ne vois pas comment il pourrait y en avoir.

    Je donne un autre exemple tout con : l'autre jour, j'errais dans un marché du Contentin. Bon, il y avait bien des plots de bétons aux 3 entrées du marché sauf que... entre le dernier plot et le premier stand, il y avait largement de quoi faire passer un camion (et 2 fourgons)...et au pire, les terroristes ne sont pas obligés ne prendre les entrées officielles. Partout il y a des trous où il n'y a que des stands...donc il passent pas là à 90 kmh et rien ne peut leur résister jusque arriver vers la foule. Faut être réaliste un moment. L'Etat d'Urgence, c'est de la foutaise...à moins d'annuler tout rassemblement..et encore...imaginer un immeuble avec 90 habitants. Qui peut empêcher ces fous d'y entrer et de tuer tout le monde. Les politiques ont-ils une réponse à ça ?

    LLT

  • CR310 : l'insouciance - Karine Tuil

    41zBmpIu7WL._SX339_BO1,204,203,200_.jpgFrançois Vély est un riche entrepreneur en communication  et s’apprête à fusionner avec une société américaine. Tout roule en apparence pour lui mais sa vie publique cache une vie privée chaotique. Deux fois divorcé, sa seconde épouse s’est défenestrée. Il vit actuellement avec Marion Decker, une journaliste free-lance qui couvre les zones de conflit. Et puis, surtout, il met un point d’honneur à cacher ses origines juives, ce que son père avait déjà fait en changeant le nom Lévy et Vély. Pour couronner le tout, Thibault, un des enfants de François se radicalise et reproche à son père de renier sa judéité.

    Sa vie amoureuse avec Marion est complexe mais cette dernière apprécie le luxe et l’insouciance que lui procurent la richesse de son mari. Ce qui ne l’empêche pas de tomber amoureuse de Romain Roller, un soldat qui revient d'Afghanistan et qui doit rester quelques jours dans le ‘sas de décompression” de Chypre. Romain est meurtri par la violence à laquelle il a assisté sur le terrain mais le couple est fusionnel, sexuellement avant tout.

    Parallèlement, on suit l’histoire de Osman Diboula, un black des quartiers chauds de Paris, porte-parole des insurgés lors des émeutes de 2005. Cette mise en lumière lui permet d’intégrer l’Elysée où l’on cherche à faire dans la diversité. Osman vit avec Sonia, la plume du président. Le couple est beau, noir, on les appelle les “Obama” de l’Elysée. Mais Osman ne supporte pas que ses origines soient la raison de son succès. Il est évincé par l’Elysée après que le président ait décidé de droitiser son discours et de se lancer sur le thème de l’identité nationale.

    Il est clair que les personnages de ce roman “documentaire” (je sais, je le dis souvent) et très bien renseigné sont les avatars de Nicolas Sarkozy, Patrick Buisson, Xavier Niel etc.

    Le titre l’insouciance peut surprendre. Est-ce une antiphrase tant le monde dans lequel vivent tous ces gens est violent (dans les mots et parce que la guerre ) ou bien peut-être, c’est vrai, calfeutrés l’un, dans sa cour d’ivoire et d’autres dans le palais de l’Elysée n’ont pas réalisé que le pire était à venir et que le terrorisme islamiste ne serait pas vaincu par quelques actions armées.

    Dans ce roman brutal et sans fioriture, l’auteure n’a pas oublié l’intimité des protagonistes, directement touchés par les éléments extérieurs. Les couples se déchirent emportés par la violence du monde dont ils sont à leurs façons des acteurs. Soldat, journaliste, chef d’entreprise...plus on avance dans la lecture, plus on pressent le pire, le pire que peut-être donc tous ces gens n'avaient pas pressenti...l'insouciance

    On n’apprend rien de ce qu’on sait déjà du terrorisme mais ce roman permet de voir les choses de l’intérieur et non de façons superficielles et spectaculaires tels que traitées par les journalistes de BFMTV.

    Je pourrais reprocher son manque de valeur littéraire. Mais il est évident que l’auteure ne pouvait traiter ce roman d’actualité autrement. Sinon, je lui trouve des accointances dans le style et dans les "obsessions" (sexe, étude du couple, mondialisation) avec Eric Reinhardt, l'un de mes écrivains français préféré. 

    Il faut saluer la force de ce roman qui décrit le monde d'aujourd'hui et son impact sur la vie de ceux qui en sont les acteurs. Il n’y a pas de manichéisme, les choses sont dites telles qu’elles sont. Un roman comme celui-là vaut plus que mille article de presse. Mon rêve : que Karine Tuil m'accorde un petit entretien pour l'espèce de blog ( mais très fréquenté depuis quelques semaines !)

    lecture : janvier 2017 (liseuse kindle). édition papier : 528 pages, éditeur : Gallimard. parution le  18 août 2016.

    ma note 4/5

    Loïc LT 

    (corrections ortho à venir)

  • notre beau pays

    Les français aiment s'auto-flageller mais ils ne voient pas leur bonheur. Voici ce que l'honorable New York Times vient d'écrire à propos de l'hexagone, moi qui ne suis pas particulièrement patriote, j'avoue que ça fait chaud au cœur :

    france.jpg

     

  • CR281 : Qui est Charlie ? - Emmanuel Todd

    9782021279092.jpgJe ne sais pas comment ce livre a atterri sur ma liseuse. Je soupçonne une infiltration orchestrée par Beauchamp. Mais bon, comme il y était, je me suis dit que c'était l'occasion qui faisait le larron et bien que cette histoire de Charlie m'a gonflé dès le premier jour (les attentats m'ont bouleversé et j'ai participé à un rassemblement le 11 janvier à Baud, donc de ce côté, j'ai les cuisses propres), alors avoir le point de vue d'un sociologue me tentait un peu mais sans plus. Il me semble en effet que les rassemblements historiques du 11 janvier 2015 (quoi qu'on verra ce que l'histoire en garde)  étaient si spontanés et si portés par l'émotion suscitée par ces attentats horribles que cela ne valait peut-être pas la peine de chercher midi à quatorze heures et encore moins un djihadiste pendant la révolution française. Mais bon, l'auteur s'est quand même attelé à la tâche en bon sociologue qu'il est, ce qui signifie et je tiens à vous prévenir tout de suite que cet essai contient son lot de termes techniques propres à la discipline sociologique qui m'ont posé quelques difficultés (n'ayant suivi que quelques heures de cours de sociologie en fac de droit). 

    Toujours est-il qu'Emmanuel Todd a trouvé le prétexte de cet historique 11 janvier pour nous refaire une analyse politique, religieuse et démographique de l'Hexagone depuis la révolution jusque 2015, tout ceci avec l'intention de cerner et catégoriser les gens du défilé. Il remonte donc très loin, chiffres à l'appui (études de l'IFOP essentiellement ainsi que quelques essais sociologiques). Il est beaucoup question de la famille ( le cheval de bataille de Todd en général), du catholicisme, des flux migratoires. Todd ne prend pas vraiment partie (d'où mon interrogation quant à la polémique qui suscite cet essai) mais il n'hésite pas à dire ce que le politiquement correct interdit de dire (genre : il y a une forte proportion d'immigrés dans les prisons françaises...et d'autres propos dans le genre). Après comme je le disais, il est question de famille nucléaire (dont je suis), de catholiques zombies (dont je suis aussi) et d'autres considérations typiquement sociologiques.  Le conclusion est globalement que le défilé du 11 janvier n'était composé que de gens de la classe supérieure et moyenne aisée. Todd fait une telle fixation sur le 11/01 qu'il en oublie les attentats (évoqués quand même mais succinctement). 

    Comme j'ai du mal à faire un résumé de cet essai, je retranscris ici quelques passages qui donnent une idée du propos (avec  commentaires) :

    Des millions de Français se sont précipités dans les rues pour définir comme besoin prioritaire de leur société le droit de cracher sur la religion des faibles. 

    Je ne suis pas d'accord avec l'analyse. C'est l'émotion qui a poussé les Français dans les rues, pas autre chose. 

    Le choix de la monnaie unique a donc suivi - de peu pour un historien de la longue durée - l'abandon du dieu unique. Ce n'est pas la religion qui a déterminé l'adhésion à un projet économique, c'est le reflux de la religion qui a conduit à son remplacement par une idéologie, en l'occurrence à la création d'une idole monétaire que l'on peut à ce stade de l'analyse appeler euro ou veau d'or.

    L'Euro aggrave bien entendu dans sa zone les effets du libre-échange. C'est une monnaie forte et stable, gérée avec pour seule priorité la lutte contre l'inflation.

    Je suis d'accord avec la deuxième partie, à savoir que l'Euro nous protège de l'inflation et je mets ce propos en corrélation avec l'idée populaire comme quoi l'Euro a fait grimper les prix. C'est un exemple du gouffre qui s'est creusé entre les élites et le peuple. Les gouvernants affirment à raison  que l'Euro est une monnaie forte qui empêche l'inflation pendant que les ouvriers pensent totalement le contraire. Je suis plus réservé sur le premier paragraphe. Je ne crois pas que dans l'esprit du peuple, l'Euro soit une nouvelle religion...En tout cas, la monnaie unique revient couramment dans cet essai et on se demande où est le rapport avec le 11 janvier. 

    Ici comme ailleurs, cependant, nous devons situer sociologiquement et statistiquement le phénomène : l'adhésion à l'islamophobie d'inspiration houellebecquo-zemmourienne est limitée, par nature, à ceux qui ont les moyens d'acheter des livres et le temps de les lire, des gens  d'un certain âge, donc, appartenant aux classes moyennes. Ni les milieux populaires qui votent pour le Front national, ni les jeunes diplômés dont les revenus baissent n'ont les moyens ou le temps de lire Zemmour ou Houellebecq dans le texte. 

    Je ne peux que confirmer : je connais plein de gens qui votent fn et qui ne savent même pas que Zemmour et Houellebecq existent . Par contre, je ne mettrais pas les deux hommes sur le même plan. L'un est un essayiste d'extrême droite (ou presque) et l'autre un romancier et dans un roman, on n'écrit pas forcément ce qu'on pense. Et Houellebecq n'est pas xénophobe. Sinon, pour l'anecdote, on peut aujourd'hui lire toutes les nouveautés littéraires sans dépenser un euro (comme je l'ai fait pour le livre de Todd). 

    L'analyse détaillée de la manifestation n'aboutit donc pas à la découverte d'un monde neuf, régénéré,refondé. Les déterminations de sa mise en marche sont, pour l'essentiel, les mêmes que celles du vote pour Maastricht. Les couches sociales motivées furent les classes moyennes, issues du secteur public et du secteur privé, enrichies dans les provinces d'une forte composante catholique zombie. 

    Les catholiques zombies sont des gens qui ne croient pas forcément en dieu mais dont la culture est influencée par le catholicisme. J'en fais partie et selon Todd François Hollande aussi. Why not. Ce passage se situe au premier tiers du roman et sonne un peu comme la conclusion de l'essai. Les classes populaires, les jeunes des banlieues et les musulmans étaient globalement absents de ces défilés. D'où la conclusion que ce défilé serait une imposture. On a déjà entendu ça avant le bouquin de Todd. C'est un fait. Moi je trouve que globalement, Emmanuel Todd ramène un peu trop  tous les problèmes de la société à la religion (ainsi qu'à l'Euro, nouvelle religion et à l'Union Européenne qu'il critique). 

    Cela ne nous dit pas qui est Beauchamp et encore moins où il est (en tout cas, pas à Landaul).

    Seuil, parution : mai 2015, 252 pages, lecture sur kindle en mai 2015. note : /

    Loïc LT 

  • Que dire de plus ?

    charlie hebdo,daesh,terrorismeQue dire de plus qui n'a déjà été dit ? Evidemment tout le monde condamne ce massacre, la droite, la gauche, les extrêmes (même si je devine que certains, à l'extrême droite ont des arrières pensées). Mais au delà de cet attentat, il y a longtemps que je m'interroge sur ce qui se passe dans ce monde. L'Etat Islamiste qui semble intouchable et qui n'a que faire des frappes aériennes, cet 'Etat' tellement fou qu'il considère Al Qaida comme trop modéré, cet 'Etat' qui oblige presque les nations occidentales à soutenir Bachar El Assad. 

    Aujourd'hui, l'ennemi commun c'est ce qu'un jour on s'est mis à appeler Daesh et dont les malades qui ont attaqué Charlie Hebdo sont les mercenaires en terre occidentale. C'est un ennemi maléfique tellement fort qu'il brûle toutes nos énergies. On n'entend plus les anti-libéraux critiquer le libéralisme, on n'entend plus les indignés critiquer l'Europe, les syndicats ne descendent plus dans la rue, les écologistes ne savent plus que dire.  Les Etats sont surendettés mais sont obligés de s'endetter encore plus pour aller combattre en vain les islamofascistes pour reprendre l'expression de mon confrère Nicolas. La France est intervenue au Mali...pour quel résultat...ces fous sont prêts à mourir, ils connaissent le terrain, tranchent les gorges de leurs otages sans état d'âme. 

    Sincèrement, je suis dépassé, je ne comprends pas comment ça fonctionne dans leur tête...comment des français qui ont reçu une bonne éducation et fréquenté l'école républicaine puissent être attirés par le terrorisme, comment un type peut entrer dans une école et abattre froidement une fillette parce qu'elle est juive ?

    Je ne comprends pas. 

    Et j'avoue, je ne crois pas avoir déjà eu entre les mains un exemplaire de Charlie Hebdo. Je n'ai rien contre cet hebdomadaire mais je suis plus intéressé par la presse qui traite l'actualité de façon 'sérieuse'. Et puis, sur France Inter, dans le débat du vendredi matin entre Dominique Seux et Bernard Maris, j'étais le plus souvent plus proche de Seux (qui lui a rendu un bel hommage aujourd'hui)...Mais qu'importe les idées...tous ces gens s'exprimaient librement et courtoisement, il n'y avait pas de méchanceté. 

    Je ne comprends pas. Et je suis trop petit pour comprendre. Mais je suis persuadé que ces fous au fond s'en foutent pas mal de dieu. Je crois qu'ils sont frustrés de la toute puissance de l'occident. Et que les Français qui se 'convertissent' en ont raz le bol de ne pas avoir d'avenir. Ils sont gavés de jeux vidéo et ont perdu tout sens moral. J'ai dit à mes filles qu'elles devront sans doute respecter une minute de silence demain à l'école..elles ne comprennent pas, elles voient des images à la télé et se rendent compte que c'est la réalité,  pas une série américaine. J'essaie de leur expliquer et je compte sur leurs enseignants pour en faire de même. 

    Alors que faire ? Que faire face à des loups solitaires prêts à mourir et qui sont capables de tout à tous moments ? C'est triste comme note, c'est pessimiste...mais c'est la réalité hélas. Et pourtant, en province, en campagne, tout est si calme, la cruauté du monde ne nous apparaît qu'à travers les écrans. 

    Loïc LT