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l'espèce de blog - Page 5

  • nouvel album - Vincent Delerm répond présent.

    album "à présent". Vincent Delerm. octobre 2016

     

    chanson française,musique,variété française,vincent delermJ’allais intituler cette note en attendant Doré mais je me suis ravisé, ça aurait rabaissé Vincent Delerm. Bien sûr qu’on attend avec impatience la livraison finale du nouvel album de Doré (mais je pense que les quatre titres qu’il a déjà sortis sont les meilleurs) mais le nouvel opus de Vincent Delerm ne mérite pas cette soumission.

    Je n’ai lu aucun papier concernant à présent (genre dans Télérama, Libé ou la Gazette du Centre Morbihan) par peur d’être influencé. J’ai juste lu un gros titre je ne sais plus où sur l’air du temps que Vincent Delerm semble avoir capté et je suis obligé de reprendre cette expression tant elle colle bien à cet album aussi prévisible venant de Delerm que déroutant.

    Prévisible parce que ce chanteur  a, depuis le virage des piqûres d’araignée,  trouvé un filon et creusé un sillon qui peut toucher certains et laisser d’autres de marbre. Je fais partie des premiers. Grand fan du cinéaste Claude Sautet, je ne peux m’empêcher de retrouver dans les chansons de Delerm une façon de raconter son époque avec une sensibilité à fleur de peau qu’on retrouve chez le réalisateur. Et comme on gagne en sagesse avec l’âge (sauf moi), et que Delerm touche d’abord le public de sa génération, chaque nouvel album semble plus abouti et surtout parle encore plus au public en question, c’est à dire aujourd’hui aux jeunes quadras (dont je suis encore -).

    Déroutant, parce que pour enrober ses textes (qui ne sont pas travaillés façon Doré, Delerm préfèrant le style “parlé’, procédé qui peut donner du fil à retordre parfois, je sais de quoi je parle), il s’est entouré d’un orchestre symphonique où se succèdent cordes et cuivres et autres instruments. On notera également que le piano est mis en avant à tel point qu’on en perçoit toute la mécanique.

    Venons-en aux chansons. L’album compte 11 titres dont l’un un été, situé au milieu de l’album est une délicieuse symphonie comme pour reposer l’auditeur et le faire réfléchir sur ce qu’il a déjà écouté et le préparer à la suite.

    L’album parle d’amour, du couple (plus que jamais enclin à la monotonie lorsqu’on dépasse 40 ans - voir titre danser sur la table sur lequel je reviendrai-), du charme féminin (je ne veux pas mourir ce soir en écho à l'actualité), du bonheur présent (à présent), de la promesse de l’avenir (la vie devant soi), la nostalgie de l’enfance (le garçon, magnifique autobiographie)...

    Vincent Delerm maîtrise parfaitement l’art de la variété française et comme il sait que sa voix est un peu plaintive, des chœurs féminins l’accompagnent pour équilibrer le tout afin de donner sur le fond comme sur la forme à cet album une note plus optimiste qu’il n’y paraît.

    Cet album me touche profondément parce qu’il montre que l’homme même filant vers le quart de siècle est plein de failles, de doutes, empreint de nostalgie (et empreint d'emprunts), autant de raisons pour lesquelles il faut profiter du présent...

     

    Nous sommes les yeux, les larmes, en retrouvant trente ans après sur notre enfant les mêmes alarmes pour les choses qui nous alarmaient. Nous sommes la vie ce soir, nous sommes la vie à cet instant et je te suis sur le trottoir et je te regarde à présent...à présent. (titre à présent)

     

    Ma préférée est danser sur la table mais j’y reviendrai ; elle vaut une note à elle toute seule, voire une thèse. 

    Loïc LT 


  • CR305 : tropique de la violence - Natacha Appanah

    tropique de la violence.jpgLe souvenir de l'étranger m'habite. A chaque fois qu'un ado désoeuvré est livré à lui-même dans un pays exotique, je repense tout le temps à Meursault et tente de trouver des points communs. En plus, ici, Moïse, le héros de ce roman polyphonique voit sa mère adoptive s'écrouler sous ses yeux (sans doute victime d'une crise cardiaque) et au lieu d'appeler les secours, il reste de marbre, fait comme si de rien n'était, dort même dans la maison puis s'en va rejoindre le bidonville de Mayotte, portant sa casquette NY. Cette mère adoptive, c'était la Française qui l'avait adopté après qu'il ait été abandonné par une réfugiée arrivée illégalement des Comores via un bateau de fortune (appelé kwassa là-bas si je me souviens bien). La mère l'élève comme un enfant blanc, il fréquente les beaux quartiers, l'école française et puis après son décès brutal, comme poussé par un instinct primitif, il rejoint les lieux de ce qu'il est au fond : un enfant du pays. Il traîne alors dans l'immense bidonville de Mayotte qu'on appelle là-bas Gaza et fait la rencontre de Bruce, le chef de gang qui va précipiter sa perte.

    Le roman polyphonique n'est pas trop ma tasse de thé. Je préfère qu'il n'y ait qu'un seul narrateur et j'ai déjà expliqué la raison plein de fois sur ce blog et je n'ai pas envie de redire pourquoi. Nonobstant ce dispositif, tropique de la violence tient la route et vaut surtout pour sa valeur documentaire. On imagine mal que la république française (dont Mayotte est le 101ème département mais politiquement l’affaire pose toujours problème) compte un territoire où règne une telle violence, à part évidemment dans des quartiers bien délimités où les français  vivent comme dans des ghettos de luxe.

    En dehors de cela, la personnalité de Moïse est attachante en même tant qu’agaçante. Le parallèle avec Meursault n'est donc pas dénué de fondement. Moïse souffle le chaud et le froid, relit sans cesse le même livre (l'enfant et la rivière de Henri Bosco) mais est attiré par le danger.

    Les services sociaux de l’Etat Français ou des ONG  en prennent pour leur grade (il ne servent à rien sauf à se faire vandaliser leurs locaux) et Mayotte non plus n'en sort pas grandi malgré des descriptions époustouflantes des plages et de la nature luxuriante (faut que je fasse gaffe à ce que je raconte parce que je connais quelqu'un - très bien même - qui connaît quelqu'un qui y est en ce moment).

    Tropique de la violence vaut le détour et Mayotte aussi paraît-il ! C’est une destination touristique peu prisée mais pour ceux qui souhaitent s’y rendre en partant de Pleugriffet via le Canal de Nantes à Brest, on peut débuter son voyage en partant de  l’écluse de Cadoret en navigant sur l’Oust et puis une fois arrivé à Nantes, couler son bateau d’une manière ou d’une autre (perceuse avec gros forêt, masse, dynamites…) et se rendre à l’aéroport, prendre le  premier avion pour Paris et à Paris trouver une hypothétique correspondance pour Mayotte. Il faut arrêter de voir des difficultés là où il n’y en a pas. Les choses sont souvent plus simples qu’elles en ont l’air.

    lecture octobre 2016, sur livre papier (emprunt médiathèque Quatro à Baud), 175 pages, éditions Gallimard, parution août 2016, note : 3/5. 

    Loïc LT

  • D'une publicité dans la Gazette (du Centre Morbihan)

    Elle est présente en première page et puis deux ou trois fois à l'intérieur de cet hebdomadaire local qui ratisse comme l'indique son nom tout le centre Morbihan ( mais Pleugriffet surtout). Ma femme est tombée dessus (mais elle ne s'est pas fait mal, je vous rassure)  pendant le petit dèj et m'a demandé si rien ne me choquait.

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    Je ne sais pas si j'ai trouvé la réponse de suite. J'étais moi-même en train de me poser des questions sur le bon sens de certains journalistes (un article avec ce titre : y-a-t-il trop d'étrangers sur Terre ? m'avait interpellé ce matin-là. Pour moi, ce titre ne veut rien dire à part qu'il y a trop d'extraterrestres sur notre planète mais ce n'est évidemment pas ce que voulait dire le sociologue Augustin Barbara dans son point de vue). 

    Cette publicité - dans la Gazette n°1885 dont une page est consacrée à un artiste de Pleugriffet nommé Tahar Ichalalen (et non Ichalen comme l'écrit la Gazette) qui travaille le bois d'arbre ( son site : skuldhurtaar.jimdo.com ou cliquez directement ici ) et qui est arrivé à Pleugriffet en bateau en 2008 mais n'a pas acheté de moulin - présente deux défauts.

    Le premier est qu'on ne sait pas ce que vend la boutique. A première vue (pardon du jeu de mots), on penserait à des lunettes. Et bien non, ce sont des chaussures.

    Le deuxième défaut est le nom de la boutique : de toute les façons. Ma femme m'a dit qu'il manquait un S à toute, ce que j'ai confirmé. J'ai regardé sur GoogleMap comment se présentait la vitrine, hélas, le cliché date de 2008 et le magasin n'existait pas. De toute façon (pas de S ici -) , il n'y a pas photo, que Google le veuille ou non,  ( car il y a à boire et à manger dans les réponses...même les pages jaunes ne mettent pas de S mais la page de Locminé Commerce en met), il y a un S à toute. A la limite, on pourrait considérer que le nom d'un magasin constituant un nom propre, on peut l'orthographier comme on veut. Mais c'est un argument léger comme 10kgs de plumes. 

    Mais moi, je m'en fous, je n'ai pas besoin de lunettes et quand bien même j'en aurais besoin, je n'irais pas en acheter dans un magasin qui vend des chaussures 1, rue du Fil à Locminé.

    Enfin, pour illustrer cette note triste comme ce dimanche matin brumeux, voici un exemple du travail de Tahar, artiste polyvalent qui a le bonheur d'exercer ses talents à Pleugriffet (mais je ne suis plus très sûr qu'il soit arrivé en bateau en fait). 

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    Loïc LT

  • recensement des cabines # 76 - Pleugriffet (56)

    En ce samedi 26 mars 2016, alors qu'il pleuvait des hallebardes, personne à Pleugriffet ne s'attendait à voir débarquer le recenseur de cabines et pourtant, c'est bien lui qui a garé sa R11 électrique rutilante un peu n'importe comment sur un trottoir. 

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    Le recenseur a fait une visite rapide puisqu'il avait par ailleurs dans la journée déjà visité Bieuzy, Crédin, Guern, Kerfourn, Malguenac et qu'il lui restait encore à faire Réguiny et Rohan. C'est donc incognito et affublé d'un bonnet ridicule qu'il a arpenté les rues du bourg de Pleugriffet. Les habitants calfeutrés dans leur demeure ne pouvaient s'empêcher de regarder par les fenêtres cet hurluberlu prenant des photos de tout et n'importe quoi. 

    Le recenseur qui courait dans tous les sens et marchait à reculons a fait un état des lieux architectural du bourg constatant avec indifférence une certaine hétérogénéité (néo-bretonnes, chaumières, années 30..), donnant au tout un charme suranné propre à ces villages qui ne doivent leur survie qu'à l'obstination de certains à ne pas déguerpir par le premier bus Macron passant dans le coin. 

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    Mars étant les jonquilles (ou les narcisses, c'est pareil) donnaient un peu de couleur à la vie.

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    La boulangerie de Anne et Fabrice Legeai était ouverte et le recenseur a eu l'indélicatesse de noter la faute d'orthographe sur le panneau annonçant les spécialités maison. Il y a des choses qui ne se font pas surtout quand on n'est pas soi-même exemplaire en la matière. 

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    Allez, je reprends la main, j'en ai marre de la 3ème personne du singulier. Ba oui, j'assume et je l'ai déjà dit. Je tolère les fautes dans les mails ou autres mais pas sur les vitrines. Quand on installe sa vitrine, la moindre des choses est de vérifier autant que faire se peut si tout est en ordre. Bon, je ne vais pas me faire d'amis sur cette affaire-là....l'essentiel est que le pain est bon (et que le far soit sans pruneaux). 

    Cette maison avec des beaux rideaux doit être un ancien bar qui s'appelait le Nemrod qui, si mes recherches s'avèrent correctes signifie le chasseur en français. Beaucoup de troquets portent ce sobriquet en Bretagne. 

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    Voici ce qu'on pourrait appeler l'artère principale de Pleugriffet. Le bar s'intitule le Bistroquet et c'est le seul qui reste avec le café de la Place qui se situe quelque part mais où, sur la place sans doute. 

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    L'église Sainte Ernestine de Louvois est de style moderne et demanderait un ravalement de façade dans les coins. Le recteur Père Michel Gautier (qui a aussi en charge Radenac, pauvre de lui) est secondé par Raymond Pasco, diacre de son état. Cette note est trop sérieuse, presque trop grave. Est-ce la monotonie des lieux qui m'a ôté mon second degré Celsius ? On fera avec. Une note ne fait pas une autre. 

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    Venons-en désormais à l'objet de la note : la cabine téléphonique. L'autre jour, Beauchamp me l'a envoyée par texto en me laissant deviner où elle se situait et je ne l'ai pas reconnue. Lorsqu'il m'a dit qu'elle posait à Pleugriffet, je lui ai même répondu que je n'avais pas visité ce bourg, preuve en est qu'il m'a marqué !

    Pas plus que l'édicule, le ridicule ne tue pas ! J'étais accompagné de Cabino ! C'était avant son décès et j'ai une pensée émue pour lui. Il m'a accompagné dans beaucoup de  périples et s'est retrouvé dans bien des positions ! Merci pour tout Cabino et que le dieu des peluches te garde !

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    Cette cabine fonctionne parfaitement mais qu'en direction de celle de Radenac. Son numéro est le 02 97 22 40 53. Les pleugriffétoises qui trompent leur mari sont donc tranquilles quand elles veulent discuter avec les radenacois qui trompent leur femme. Je ne sais pas si c'est drôle ça. Et pourtant, je ne peux pas toujours mettre mes blagues lourdes sur le compte de la fatigue.

    J'ai plein d'autres photos mais je suis las de ce monde ancien ! J'ai rejoint ma R11 et il pleuvait tellement que j'ai eu du mal à la reconnaître. 

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    Et quand je suis parti, je ne savais même plus quel bourg je quittais. 

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    Et ce soir, en écoutant le requiem de Gabriel Fauré, j'ai écrit ça. A prendre ou à laisser. J'assume. 

    Pleugriffet, rien n'y fait
    Plus j'y pense, moins j'avance.
    Toute idée sur le champ se défait
    Et il ne reste que béance.

    À moins que...

    Enchanté de te connaître,
    Pleugriffet.
    Caresse-moi de promesses
    Avant de disparaître.

    Attends de disparaître !
    Bourg breton,
    Car je voudrais te soumettre
    Des questions

    Dis-moi ce que tu caches
    Derrière ta triste mine
    Combien d'enfants dans tes flaches
    Ont trempé leur blue-jean

    Dis-moi ces couples cachés
    Tard le soir derrière l'if
    Si vieux que le clocher
    Le pense primitif.

    Parle moi des eaux calmes
    Du canal qui refoule
    Et des elfes qui se pâment
    Quand les hommes se saoulent

    Et puis surtout, raconte
    Ta cabine mal famée
    Si moche que j'ai honte
    Sur mon blog d'en parler...

    (Juste des pensées comme ça. À trier...le canal qui refoule...euh oui. À Pleugriffet, il refoule -)

    visite le samedi 26 mars 2016. Arrivé à 17:18, départ à 17:28 (10 minutes sur zone donc, tu m'étonnes que je l'avais zappé). Maire : René Jégat. 1200 habitants. Le bourg se situe dans un champ entre Pontivy et Josselin. Puisqu'on parlait de fautes, à signaler sur le site officiel du bourg qu'on a écrit "ballade" au lieu de "balade". Faute courante mais quand même -)

    Loïc LT  

     

  • CR304 : les gens dans l'enveloppe - Isabelle Monnin

    les gens dans l'enveloppe.jpgQuelques personnes parfois me demandent d’écrire un livre (roman ou autres). Ecrire, c’est chouette, mais il faut avant tout avoir le talent pour ça et je suis le mieux placé pour savoir que je ne l’ai pas et par ailleurs il faut une idée. Et l’idée, je ne l’ai pas. Je parle de ça parce que les gens dans l’enveloppe, c’est avant tout une idée géniale ! Sur Internet, l’auteure achète sans trop savoir pourquoi une enveloppe contenant des photos défraîchies d’une famille quelconque. Ensuite, passée l’interrogation sur la raison pour laquelle une famille se débarrasse de ses photos, une idée lui vient. A partir de ces clichés (rarement légendés), elle va écrire un roman. C’est la première partie du livre. Dans ce roman, en s’appuyant évidemment sur les photos et en attribuant des prénoms aux gens (sauf ceux dont la photo donne le nom), elle imagine l’histoire de cette famille dont elle ne sait rien, pas même l’endroit où elle habite. Le personnage central est une jeune fille très belle qui s’appelle Laurence et qui attend désespérément le retour de sa maman qui a fui avec son amant en Argentine. Plus tard, elle part d'ailleurs en Argentine à sa recherche (j'espère qu'elle n'est pas tombée sur les rustres du CR303 -)...pour ceux qui suivent ce blog...

    Ensuite, une idée géniale appelant une idée lumineuse, elle se décide à aller à la rencontre de cette famille, sans être trop certaine de pouvoir la retrouver. Les photos datent et elle n’a que très peu d’éléments à part que les gens habitent en Bourgogne. A partir d’un petit indice (un rectangle blanc sous l’horloge du clocher), elle parvient à trouver le lieu. Il s’agit du bourg de Clerval dans le Doubs. Elle se rend sur place et aidée par des clervalois férus d’histoire locale, elle retrouve la trace de la famille. Elle prend contact. Ceux qui étaient âgés sur les photos sont morts et les plus jeunes ont vieilli (comment parler pour ne rien dire) . La famille se prête au jeu. Et évidemment, leur histoire n’a rien à avoir avec celle inventée par l’auteure.

    Donc le livre se divise en deux parties : le roman et l’enquête. Le roman m’a laissé sur ma faim. J’ai trouvé qu’il manquait de souffle et d’ambition. Quand on a une si belle idée, on l’exploite au maximum. L’enquête par contre m’a complètement chamboulé. A force de s'immiscer dans la famille, Isabelle Monnin a fini par s’attacher à elle. Son projet est devenu une obsession. Son but était de retrouver une jeune fille qu’on voit sur la photo (Laurence) dont les parents se sont séparés  mais c’est Michel, le père de Laurence qui s’avère être le personnage central. Il est le lien entre les grands-parents décédés et sa fille Laurence qui vit dans une villa moderne de Clerval. Michel a 67 ans au moment de l’enquête, sa vie est derrière lui mais l’arrivée d’Isabelle Monnin avec son enquête aussi étrange qu’incongrue va lui donner un second souffle et il va se nouer un lien très fort entre lui et Isabelle (même si à la base, c’était mal parti car elle a voulu faire croire qu’elle voulait acheter la maison de famille ce que Michel a mal pris). J’abrège bien sûr, toute la famille est de la partie et l’enquête est l’occasion aussi d’évoquer Clerval ( à défaut de Persquen) , bourg de 1000 habitants assez industrialisé et les mutations qu’il a connues. La famille M (évidemment, l’auteure a la délicatesse de ne pas dévoiler le vrai nom), ses déboires, ses joies, ses peines, Clerval, l’histoire de France, c’est tout cela qui est convoqué dans ce récit. C'est une famille banale, tout comme Clerval et avec si peu de matière (ou avec ce trop plein de matière, tout dépend comment on conçoit la littérature) Isabelle Monnin nous livre un objet littéraire non identifié plus modianesque que les romans de Modiano. Au milieu du bouquin, entre le roman et l’enquête, le livre contient quelques photos trouvées dans l’enveloppe (j’ai mis celle de Laurence en bas de la note). 

    Il y a beaucoup d’émotion sur la fin, quand l’enquête se termine. Le compositeur et chanteur Alex Beaupain (que j’adore par ailleurs) met le tout en musique et certains membres de la famille acceptent de chanter (et Michel, lui, il parle dans le titre -Clerval, Serge - du brocanteur qui est venu vider la maison de famille en prenant entre autres les photos que l’auteure retrouvera plus tard sur le net). J’ai terminé le roman à l’aube et je me suis surpris à pleurer...pour Michel et puis je ne sais pas. Pour le temps qui passe et qui laisse quoi de nos vies à part des photos qui vieillissent mal...peut-être aussi parce qu'on a tous quelque chose de cette famille M.

    Et moi, si j’avais trouvé une enveloppe avec les photos d’une famille inconnue qu’en aurais-je fait ?

    (Sinon, avis aux célibataires, sachez qu’à Clerval sur le pavé, y’a des filles à marier, yen a des petites et des grandes, elles sont toutes à marier, mais personne ne les demande)...chansonnette écrite par un ancien curé de Clerval et qui sert de base à quatre chansons de Alex Beaupain. (Moi, à la maison, pour rigoler quand je la chante, je change les grandes en moches, c'est pas drôle hein ?)

    lecture sept/oct 2016, sur livre papier (et oui, encore !), 408 pages, éditions JC Lattès (livre de poche), parution septembre 2015, note : 4/5. Grand merci à celle qui me l'a conseillé

    Loïc LT

    Voici Laurence ( née en 1975 et fille de Michel et Suzanne), avec son beau pull rayé que sa grand-mère a dû lui tricoter, son regard fugueur et la belle tapisserie derrière. A quoi ressemble-t-elle aujourd'hui, mère de deux enfants et habitant une maison moderne de Clerval ?

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  • recensement des cabines # 75 - Coëtlogon (22)

    Petit poème naïf (imaginé ce matin sous la couette, levé en sursaut pour l'écrire) pour ce reportage dont je n'ai presque aucun souvenir. Heureusement, les photos sont là. Je me suis aidé pour le composer de la mélodie  de Clerval, Laurence de Alex Beaupain (qu'on peut écouter ici ). 

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    cabine téléphonique, Coëtlogon, Côtes d'Armor, 2016

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    Coëtlogon, (22210), Côtes du Nord , bourgmestre  : Annie Robert,  237 coëtlgonnaises  (et un petit garçon) , un téléphone situé dans l'abri qui sert de toilettes aussi. numéro d'appel 02 96 25 90 24.   reportage réalisé le 10 avril 2016.

    Loïc LT

  • CR303 : il reste la poussière - Sandrine Collette

    Sandrine Collette, roman noir, littérature, prix Landerneau polarJe n'aurais jamais lu ce roman si je n'avais pas rencontré son auteure lors d'une séance de dédicace à Vannes alors que j'étais venu accompagner ma femme, fan du groupe Boulevard des Airs qui se donnait en showcase à l'espace culturel du Leclerc. Il y a avait tellement de monde dans la file d'attente que je m'en suis extirpé pour aller flâner dans la librairie et je suis donc tombé par hasard sur la table de Sandrine Collette et là, pour le coup, c'était un peu le boulevard désert (non, ce n'est pas tout à fait vrai mais j'avais vraiment envie de sortir ce jeu de mots - mais quand même c'était pas la foule - ). Sandrine Collette, que je ne connaissais pas est pourtant connue dans le milieu du polar et elle a même eu l'honneur d'être l'invitée de François Busnel dans la grande librairie.
    Je n'ai pas parlé beaucoup avec elle, je lui ai juste dit que le titre du roman  était beau, elle m'a évoqué un peu le cadre de l'action (la Patagonie en Argentine) et puis je suis reparti dans la file d'attente et je suis revenu pour le prendre. Elle l'a dédicacé (pour Loïc, je pense que c'est la première fois que ce livre sera ouvert dans la file d'attente d'un concert...mais il faut une première fois à tout ! Amicalement ) et j'ai effectivement commencé à le lire dans la file  qui avançait à reculons. 
    Voici le contexte dont j'aurais pu me passer mais qui ne me vaudra pas une convocation au commissariat de Guémené-sur-Scorff. 
    Parlons maintenant du roman. J'avais pas capté que le prix qu'avait obtenu l'auteure était le Landerneau Polar et non le Landerneau tout court. C'est après coup  que je m'en suis aperçu. Va pour un polar. Hervé Le Corre dont je viens d'encenser un roman avait obtenu le même prix il y a 2 ans...alors...
    L'action se passe donc en Patagonie, dans une région hostile où il pleut tous les 33 du mois mais suffisamment quand même pour qu'on puisse élever des bœufs et des moutons qui se contentent des herbes sauvages et des maigres récoltes de foin. Une famille, la mère (une sorte de Vitalie Rimbaud en pire) et ses quatre fils. Les 2 fils aînés sont jumeaux, le troisième Steban est un demeuré, c'est "le débile" et le quatrième est Rafael, celui qui n'a pas connu son père alcoolique que sa mère a tué plus ou moins volontairement avant de le couler dans un marais lointain. Les fils bossent dur, la mère (dont on ne saura jamais le prénom) gère l'exploitation d'une main de fer et les jumeaux sont la terreur des deux plus jeunes. Les sentiments humains sont réduits à la portion congrue, il y a juste peut-être un peu d'affection entre les deux jumeaux, mise en avant quand l'un deux doit partir car "la mère" après avoir perdu une fois de plus au poker (car elle se rend parfois en ville pour affaires, pour boire et pour jouer) et n'ayant plus de thunes a dû se résoudre mais sans état d'âme à payer sa dette en donnant un de ses fils jumeaux qui doit donc partir dans une autre exploitation. (je ne parierais pas ma collection de la Pléiade sur l'exactitude grammaticale de cette dernière phrase)
    Dans ce roman noir et sec comme un coup de trique, les humains et les bêtes sont traités de la même façon, les fils sont encore plus malheureux que les bêtes car ils ne connaissent même pas le plaisir sexuel. 
    Le héros est le petit Rafael, tête de turc des jumeaux, à qui il arrive une aventure. Il doit quitte l'estancia (c'est le nom qu'on donne aux grandes exploitations en Amérique du Sud) pour récupérer deux chevaux qu'il a négligemment laissés partir et il va faire une rencontre qui va changer sa vie et celle de cette "famille" uniquement liée par les liens du sang. 
    Plus qu'un polar (pas d'enquête et police inexistante et c'est bien pour ça que c'est là-bas que se cache Xavier Dupont de Ligonnès, hein -) , j’appellerais ça plutôt un "roman noir" car il s'agit avant tout d'un drame familial dans une famille rurale rustre (comme on peut en trouver en France sauf en Bretagne)  Le tout se déroule en quasi huis clos et on se doute qu'il ne va pas se terminer à cinq. Le style est splendide et la description des paysages saisissante (pourtant m'a dit l'auteure, elle n'est jamais allée en Patagonie). 
    C'est une belle découverte. Merci Boulevard des Airs !
     
    lecture sept 2016, sur livre papier (et oui !), 302 pages, éditions Denoël/Sueurs Froides, parution janvier 2016, prix Landerneau Polar 2016, note : 4/5 ( Télérama aime beaucoup)
     
    Loïc LT 

  • recensement des cabines # 74 - Auray (56)

    Dans la charte du recenseur que je me permets de modifier selon mon bon vouloir, il était stipulé de ne pas s'occuper des villes mais bon, je ne vais pas être convoqué au commissariat de Guéméné-sur-Scorff pour avoir enfreint cette contrainte que je me suis fixé tout seul ? Il faudrait que dans ce pays, les pouvoirs publics arrêtent de vouloir se mêler de tout. 

    Hier soir, je me suis donc rendu à Auray, non pas pour aller à Vannes en courant, (ça j'ai déjà donné) mais pour assister à un mini-concert électro dans la chapelle du Saint-Esprit qui est le plus vieux bâtiment alréen. Cette chapelle sécularisée est aujourd'hui un lieu de culture et en l’occurrence, ce concert clôturait une exposition de Nastasja Duthois. J'ai toujours trouvé que la musique techno et une église allaient bien ensemble ( depuis une séquence de Basic Instinct peut-être) mais le concert en question n'était pas à la hauteur de ce que j'attendais (pas de jeux de lumière sur les grandes fenêtres de l'église démunis de vitraux). Mais j'ai quand même passé un bon moment. On sentait que le public n'était trop amateur d'électro et les gens allaient et venaient découvrant ou redécouvrant les fresques de Nastasja Duthois, comme celle-ci par exemple :

    Natasja Duthois

    Mais je reviendrai sur cette soirée dans quelques secondes, juste après vous avoir parlé de cette cabine, qui s'est offerte à moi telle Pamela Anderson sur le bord d'un lac et son cœur sur mon cœur qui respire et l'horizon qui soupire...). Elle se situe juste à côté de la chapelle, c'est peut-être la dernière d'Auray mais je ne peux pas le garantir. 

    cabine téléphonique, Auray

    Hors service, je ne peux même pas donner son numéro d'appel puisque quelqu'un d'intelligent s'est amusé à changer des chiffres et puis la même personne sans doute, à mettre un numéro de téléphone sur l'appareil...peut-être Nastasja (oui, avec un Jet un S devant le T) Duthois, allez savoir...ces artistes contemporains sont capables de tout -)

    cabine téléphonique, Auray

    Il y a bien un CRS pour surveiller l'édicule mais il est là depuis si longtemps qu'il n'a pas pris racine (difficile dans le bitume) mais il fait désormais corps avec le mur. Parfois, on se demande si les effectifs de police sont utilisés à bon escient, on a ici quand même une preuve flagrante que c'est pire que ce qu'on croyait (sur la première photo, on ne le voit pas, il était parti faire une ronde). 

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    De la cabine, on a une belle vue de la façade sud de  l'édifice. Le policier en faction m'a soufflé que cette chapelle est le dernier vestige de la commanderie d'Auray qui à partir du XIIème siècle s'était donnée comme mission de soulager les riches et les bien-portants. 

    chapelle du Saint-Esprit, Auray

    A l'intérieur, ce n'était pas véritablement la fête. Rémi Pommereuil  jouait (en première partie de Jumo) pourtant une électro assez emballante mais l'ambiance était studieuse et contemplative. 

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    Une chose est sûre, cet endroit est fait pour une vraie soirée électro. 

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    Bien que quelques fêtards ayant bu trop d'eau dansaient, le tout est quand même resté très sage. L'ennemi qui m'accompagnait s'est d'ailleurs barré très vite et je suis resté seul à errer dans cet espace tentant de comprendre le travail de Nastasja Duthois (dont la brochure précise qu'elle invite le visiteur à se perdre dans les interstices, à reconsidérer les attaches qui nous lient, nous soudent ou nous entravent)  et de la raison de construire un nouveau rond-point sur une route droite sans carrefour du côté de Pluneret. 

    Natasja Duthois

    Sur cette toile (technique du dessin au fil), on aperçoit un groupe de gens dont on ne voit que la silhouette. Certains discutent, l'un est allongé, comme mort, d'aucuns tiennent un parapluie, d'autres tendent les bras, l'un semble courir et quelques uns semblent danser. Difficile à interpréter, mais précise encore la brochure, l'artiste nous retrace  ses histoires au plus proche de l'humain, profile la solitude noyée par la foule, tisse des relations et fait naître des filiations. Ce tableau me semble aller dans ce sens. 

    Avant Jumo, Rémi Pommereuil a illustré de son électro acide et envoûtante cette exposition intitulée  sauvage ordinaire

    Jumo a joué ensuite une techno déroutante et imprévisible. 

    Jumo

    Et je suis sorti et j'ai erré dans les rues calmes d'Auray. Derrière moi, la chapelle dominait les lieux. Ma mémoire ne devrait pas sélectionner cette soirée dans mes souvenirs à venir mais une découverte artistique, qu'elle soit musicale ou plastique n'est jamais une perte de temps. 

    Loïc LT

  • dix romans sur un continent peuplé

    Un continent peuplé...au lieu d'une île déserte....qu'est-ce que je suis drôle -)

    Ça fait longtemps que je n'avais pas mis à jour le top dix de mes romans préférés. Je me souviens qu'au temps révolu des "forums" de discussion, nous nous amusions à ça. J'avais même fait une liste de cinquante romans. Donc ici, c'est une liste de dix. Je pense qu'il n'y a pas beaucoup de changements depuis la dernière à part peut-être "les gommes". Une seule règle : il ne peut pas y avoir deux romans d'un même auteur. Sinon, c'est dans le désordre. 

    Désolé pour les femmes...tous les auteurs sont des hommes. J'ai pourtant failli mettre le grand jeu de Céline Minard -)

    Loïc LT

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  • semi-marathon Auray-Vannes 2016 # compte rendu

    C'était mon 5ème Auray-Vannes (après 2009, 2013, 2014, 2015) dont j'étais en terrain connu mais terrain connu ne veut pas dire partie facile car lors des 4 autres, je ne me souviens que de souffrances (sauf peut-être 2014 me rappelle ce cr ). J'avais donc décidé de préparer 2016 de façon optimale. J'ai mis l'accent sur 3 points :

    - entrainement intensif dès début août

    - perte de poids (5 kgs en 3 mois)

    - hygiène de vie irréprochable la semaine précédent la course (zéro alcool, sucres lents, repas protéinés, cure de magnésium)

    Le 12 septembre au matin, j'étais donc au top et pressé d'en découdre avec l'intention de faire mieux qu'en 2015 (triste édition, crampes et au final un temps pitoyable de 01h52). On entend souvent que dans un semi-marathon exigeant comme Auray-Vannes (les côtes ne sont cependant pas insurmontables à côté de celles que je me tape à côté de chez moi), il s'agit de bien gérer sa course. Je mettrais un bémol. Le jour j, soit tu as les jambes, soit tu ne les as pas et quand tu les as, tu t'en rends compte assez vite (dès le 1er km) et donc, tu peux te permettre d'aller au-delà du timing prévu, tes jambes ne te lâcheront pas.

    Dimanche, j'avais les jambes (deux en tout) donc j'ai passé le 10e km plus vite que prévu (en 48 mns), comme il faisait chaud (mais sans plus), je me suis sans cesse désaltéré et aspergé d'eau. Je passe le 15ème en 01h14 et après la côte du Vincin que je monte sans problème, je finis le semi-marathon en boulet de canon, m'octroyant même un sprint acclamé par personne sur la piste de Kercado. Au final je fais un temps de 01h45:38, mon deuxième meilleur chrono sur ce semi (mais en 2009, j'étais particulièrement bien affûté), un temps qui ne défraiera pas la chronique républicaine du pays de Fougères mais c'est quand même 8 mns de mieux qu'en 2015. Et pas de crampe, pas de souffrance, contrat rempli. 

    Lorsqu'on met toutes les chances de son côté, on parvient à ses fins. En ce sens, le sport est l'école de la vie et en fin de compte je me dis que je devrais être aussi discipliné dans ma vie personnelle et professionnelle que je le suis lorsque je prépare une course. Mais non, mais non ! Le sport manque de fantaisie, car même si ça doit rester un plaisir, c’est un combat contre soi-même, des contraintes en plus qu’on se met dans un quotidien où il y en a déjà assez. Le running est un sport exigeant exercé essentiellement par des quadras et des quinqua (et plus)  qui n'ont plus leur place dans les sports collectifs et qui sont enclins à prendre du poids à force de barbacues et de pardons de Saint-Nicolas en Languidic trop arrosés. 

     données techniques

    . temps : 01.45.38 (2015 : 01:52:27, 2014 : 01:48:02, 2013 : 01:52:28, 2009 : 01:41:05)

                       passage au 10 kms en 48:39

                       passage au 15 kms en 01:14:41

                       vitesse moyenne : 12.1 kmh

                       km le plus rapide : 7ème en 04:37

                       km le plus lent : 15ème en 05:31 (au alentours du Moustoir, un faux plat interminable)

     

    profil de l'épreuve (exigeante mais sans grandes difficultés) :

    AURAYVANNES2016.jpg

    vidéo où j'apparais (à 3:29 le loustic un peu voûté qui lève les bras vers son fanclub)...et merci à ma femme pour la vidéo. 


     

    Loïc LT

    compte rendu 2015 ici

    compte rendu 2014 ici