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2017

  • # poésie contemporaine : extrait - Yves Bonnefoy

    DSC00634.JPGJ'avais installé ma liseuse subrepticement à côté des deux plateaux sur lesquels étaient disposés des mets quelconques. En face de moi Prisca, trop occupée à me parler d'anecdotes diverses et variées comme seules les femmes ont le secret ne s'était rendue compte de rien. J'aurais bouffé un prospectus en face d'elle qu'elle n'en n'aurait rien vu. Oh, j'exagère ! Nous déjeunions en périphérie de Vannes dans une boulangerie-snack bien située par rapport à nos bureaux respectifs. J'ai remarqué que lorsqu'on se retrouve à deux en dehors du quotidien, le vrai, la maison, les enfants, la bouffe à préparer, et bien, c'est comme une parenthèse. On se dit qu'on est vraiment con de se prendre la tête pour des conneries. Le quotidien et la monotonie qui l'accompagne sont un tue-l'amour.  

    A la limite, je n'avais pas besoin de sortir ma liseuse. La poésie, ce n'est pas que de la littérature, c'est vivre et profiter de l'instant présent et réaliser le bonheur de vivre ensemble, de construire une histoire à deux. 

    Elle m'a parlé d'une amie qui n'allait pas très bien. Alors, j'ai tourné la tête et je lui ai dit : " Mais a-t-elle gardé claire son antique liberté ?". 

    Je n'avais pas sorti cette phrase tirée du poème de Bonnefoy au hasard car je connaissais un peu cette amie et son antique liberté. Mais Prisca, la surprise passée ( encore que je l'avais sortie de façon si naturelle que dans un premier temps elle a pensé que c'était de moi, ce qui aurait été possible mais pas à cet instant, dans ce court espace-temps entre nos activités professionnelles, je n'étais pas inspiré). Bref, elle a vu la liseuse. Et je ne sais plus après si je lui ai proposé de lui lire le texte. Non en fait, je crois qu'elle n'était pas disposée. On a commandé un café et oublié Bonnefoy, une bonne fois pour toutes. Que c'est drôle !

    Mais dans l'après-midi, j'ai copié le poème sur mon sous-main. J'ai réfléchi à la question. L'homme est plus fort que le cosmos car il a conscience de lui-même. Des planètes ou des galaxies sont entrées en collision, des comètes ont fait vaciller la Terre et malgré leurs puissances astronomiques, la fracture totale ne s'est pas produite et la vie est advenue. 

    La femme est la création ultime d'un dessein dont nul ne sait le pourquoi du comment. Elle est dépendante des éléments (astreinte) mais elle est libre, plus libre que la flore (les vents les plus hauts) qu'une tempête peut abattre. Et cette puissance humaine est innée, elle naît dès la naissance et est déjà plus forte que les étoiles qui sont tributaires des aléas du chaos de l'univers. 

    Loïc LT

    Poème de Yves Bonnefoy extrait du recueil Hier régnant désert ( 1958)

     

    Combien d'astres auront franchi
    La terre toujours niable,
    Mais toi tu as gardé claire
    Une antique liberté.

    Es-tu végétale, tu
    As de grands arbres la force
    D'être ici astreinte, mais libre
    parmi les vents les plus hauts.

    Et comme naître impatient
    Fissure la terre sèche,
    de ton regard tu dénies
    Le poids des glaises d'étoiles.

  • En attendant Maryse...


    course à pied,sport,trail maryse le gallo,trail,fractionnéParmi tous les circuits que je possède autour de chez moi, il y a le circuit de Saint-Quidy (je leur donne tous un petit nom). C'est un circuit de 22,1 kms, à 85% sur route, qui part de chez moi, qui longe la rivière Le Tarun. Pendant quelques kilomètres, je cours sur la commune de La Chapelle-Neuve et puis ensuite sur celle de Plumelin et puis je bifurque à droite pour revenir à Camors en passant par le charmant village de Saint-Quidy (qui fait partie de Plumelin je pense). Saint-Quidy se mérite, il faut se farcir une grosse bosse pour atteindre la chapelle. Avant et après Saint-Quidy, c'est la partie la plus difficile du circuit (voir printscreen à gauche, on se croirait en montagne) . Les côtes sont raides. Ensuite, en revenant vers Camors, ça redescend mais il y a quelques faux plats qui font mal surtout quand on a déjà 15 kilomètres dans les jambes. Un moment, en traversant la forêt, j'envie à chaque fois les gens qui habitent  une petite maison en bois. La lumière est tamisée à l'intérieur et de la fumée sort de la cheminée. Cette maison respire le bonheur. Mais sans doute que j'idéalise. 

    Je n'avais pas fait ce circuit depuis le 22 octobre 2016. Je l'avais parcouru en 01h46, ce qui constituait mon record. Ce matin, j'ai hésité avant de partir tant le temps était pourri mais je suis quand même parti et j'ai explosé mon record de 10 minutes : 01:36. Pourtant, le retour fut une vraie galère. Le vent de face était terrible et pourtant j'avais les jambes pour aller vite. Je passe sur les averses de grêle ayant émaillé cette sortie. Le seul point positif est que sur les 10 premiers kilomètres, j'avais le vent dans le dos. 

    Je n'ai pas du tout regardé ma montre GPS (Garmin) pendant la course par peur de me démoraliser...alors quand je suis arrivé à Kerniel (après avoir donc avalé la grosse côte du village (voir printscreen)....comme si j'avais besoin de ça après 22 kms)) et que j'ai vu le chrono, j'ai halluciné. Encore que, j'avais remarqué que j'étais en forme et que j'avais une belle foulée mais j'ignorais dans quelle mesure les conditions météorologiques m'avaient ralenti. Donc, elles m'ont sans doute ralenti mais pas au point d'effacer les efforts réalisés depuis octobre 2016. C'est bien simple, depuis que je fais du fractionné en côte, je note à quel point c'est LA SOLUTION pour progresser. Je n'ose même pas imaginer quel chrono j'aurais fait si la météo avait été idéale. Une chose est claire en tout cas, je vaux désormais moins de 01h30 sur semi. 

    Je fais le fractionné en côte sur une butte de 600 mètres près de chez moi. Je la monte 5 fois à fond les ballons, je reprends mon souffle en redescendant et remonte. C'est dur, ça fait mal aux jambes, on en veut à la terre entière, à la topographie et à Gérard Larcher. C'est violent mais ce n'est que dans la douleur qu'on peut progresser.

    Donc, 01:36 pour 22 kms (soit 1 km de plus qu'un semi-marathon) sur un terrain accidenté et avec une météo pourrie est un résultat exceptionnel surtout lorsqu'on a fait 01:45 à Auray-Vannes qui est plus facile que mon circuit de Saint-Quidy.

    Donc, je suis en confiance pour dimanche prochain, jour où a lieu le trail Maryse Le Gallo. 3 distances sont proposées ( 8, 15 et 30 kms). J'ai hésité entre le 15 et le 30 mais comme jusque là, je n'ai fait que le 15 et comme je n'ai jamais fait mieux que 01:14, je me dit que c'est la chance de ma vie d'exploser mon record. Je pense que sur un malentendu, je peux flirter avec l'heure de course. 

    Loïc LT

  • Un 28 février, 13 heures

    Hier dans l'après-midi, j'avais le moral dans les chaussettes et je n'avais qu'une idée en tête : aller courir le soir pour évacuer tout ce sentiment d'injustice qu'on a quand on l'impression de se donner à fond dans tous les compartiments de sa vie et de quand même se prendre une soufflante comme je n'en ai jamais reçue. La surprise passée, j'ai accusé le coup, prostré, anéanti, je n'ai parlé à personne pendant une heure comme si j'étais devenu muet. Puis, je me suis ressaisi. Quand on a la conscience pour soi et la confiance aussi, qu'on arrive à prendre un peu de recul et qu'on est rassuré par sa femme et un vieil ami, on se ressaisit. 

    J'ai bossé comme un dingue dans l'après-midi, c'était le dernier jour du mois et c'est toujours compliqué le dernier jour, j'me comprends mais avec mon collègue, on a bien assuré et surtout on a rigolé. Quand t'es submergé de boulot, que le téléphone sonne sans arrêt, que tous les services te sollicitent, il arrive un moment où la saturation est telle que l'humour l'emporte sur l'énervement. 

    Mais j'avais quand même cette boule dans le ventre et à la moindre accalmie, le coup de massue de 13 heures me tapait à nouveau sur le système. Alors oui, seul un footing de la mort pouvait évacuer cette rage.

    Même si je me sentais fort, presque indestructible, un excès de confiance n'est jamais salutaire. Donc, j'ai appelé à gauche et à droite pour avoir l'avis de gens en qui j'ai confiance et qui envisageaient les choses de loin. Alors, évidemment, j'ai essayé d'être le plus objectif possible, en n'occultant rien.

    Le soir, j'ai tout expliqué à Prisca. Elle m'a rassuré et les filles sans rien savoir aussi...par leurs présences et leurs soucis et rires d'adolescentes. Il tombait des cordes dehors. On a dîné et vers les 10:30, on n'entendait plus la pluie par dessus les toits. Je suis sorti. Le ciel était étoilé. Ni une ni deux, je me suis mis en tenue et suis allé courir à Baud. J'ai un circuit près du collège et j'ai explosé mon record précédent de 40 secondes. La boule dans le ventre a explosé aux alentours du huitième kilomètre. Splaasch ! Les dix kilomètres terminés, j'étais bien, en paix, avec moi-même. J'ai marché longtemps. Il était presque minuit. Je n'étais pas fatigué. Mais je n'allais pas errer toute la nuit dans la ville ! Et Prisca allait s'inquiéter. Je suis rentré, j'ai pris une douche, j'ai lu du Saint-John Perse (et oui, je fais une obsession en ce moment -) et me suis endormi en écoutant le dernier album de Benjamin Biolay qu'à chaque écoute, je trouve de mieux en mieux. 

    Je n'en veux pas au type à l'origine de tout ça. Je sais qu'il est au bord de la rupture, il me l'a dit. Il avait besoin d'un souffre-douleur et je suis le client idéal pour ça. Si au moins, ça a pu le servir, c'est déjà ça ! Je veux bien aider les aider en leur servant de défouloir...mais pas tous les jours hein ! Ma gentillesse a des limites -) Et ne me demandez-pas de détails en commentaires, vous n'en aurez pas, par respect pour cette personne et parce que c'est pas mon genre. Par cette note, je ne voulais pas parler de lui mais de moi et de mon ressenti. 

    Car ce fut du coup un jour particulier. Si l'expression "tout ce qui ne te tue pas te rend plus fort" n'était pas utilisée à tout va, je conclurais là-dessus...encore que je me sentais bien sans avoir besoin de penser à la mort. Je suis en vie ! j'ai 44 ans et je ne me suis jamais senti aussi fort. 

    Les meilleurs ennemis de l'injustice sont l'amour, la poésie, les amis, le sport et la confiance qu'on a en soi.  

    Aujourd’hui, 1er mars, tout est rentré dans l'ordre. C'est comme s'il ne s'était rien passé hier, comme si en fait, ça n'avait pas existé, comme lorsqu'on se réveille d'un cauchemar et qu'on se demande quelques secondes si on est dans la réalité ou pas. 

    Loïc LT

  • éloge de la crème anglaise

    Souvent les gâteaux au chocolat sont un peu secs alors pour relever le goût, on y ajoute un coulis de crème anglaise. Enfance ! On adorait la crème anglaise faîte maison. On peut évidemment l'acheter toute faîte mais comme on dit, "c'est pas pareil". 

    Alors, comme ma belle-mère (qui a tenu un restaurant à Villiers-Fossard ) nous fait une succulente crème anglaise, je vous propose donc, en ce dimanche triste qui préfigure un Demain que je déteste déjà (pour au moins trois raisons), un petit tuto "crème anglaise made in Normandie". Merci Mano

    Loïc LT


                             

     

  • Un moment, elle a attaché ses cheveux....

    Il est 03:56 matin,  mais

    Certainement subsiste une présence de Minuit. L’heure n’a pas disparu par un miroir, ne s’est pas enfouie en tentures, évoquant un ameublement par sa vacante sonorité. Je me rappelle que son or allait feindre en l’absence un joyau nul de rêverie, riche et inutile survivance, sinon que sur la complexité marine et stellaire d’une orfèvrerie se lisait le hasard infini des conjonctions.

    Mallarmé a raison, minuit comme les autres heures ne disparaissent pas. Nulle seconde ne disparaît. Le temps ne s'égrène pas, il s'entasse. Tout ce qu'on a vécu existe encore. Comme ce couple qui a déjeuné dans un restaurant un dimanche soir. Avant de partir elle a attaché ses cheveux. Cela est toujours concret. Les heures qui passent s'archivent, on ne sait pas où, c'est invisible pour l'homme mais le monde n'est qu'un empilement de scènes plus ou moins plaisantes. Le présent poursuit cet éternel travail d'empilement.

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    Comme cet homme que j'ai pris en photo dans la médiathèque d'une ville quelque part. On dirait qu'il est un peu dehors. Il est beau. Tout est bien pensé comme s'il avait créé cette scène (plaisante)  avant que j'arrive avec mon appareil photo. Je ne veux pas croire que ce n'est que du passé. Certainement subsiste une présence de ce dix-sept heure six. 

    Parfois je me demande à quoi sert ce blog. Je trouve que c'est un outil de communication égoïste et prétentieux. Je discute avec plein de gens qui ont des choses plus intéressantes que moi à dire et qui n'ont pas de blog.

    Mais si un jour, tu vois qu'une pierre te sourit, iras-tu le dire ? (Guillevic)

    Non, tu n'iras pas le dire parce qu'on ne te croira pas. Les gens qui ont plein de choses intéressantes à dire pensent également que leur savoir est inutile aux autres, que ça ne les intéressera pas.

    Au moins, le blog permet de redonner vie à des poètes. 

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    Ce poème par exemple. Tapez ces premières lignes sur Google et vous n'aurez aucune réponse (sauf dans trois jours). Il n'est présent sur aucune des milliards de pages que contient la toile. C'est injuste, il est tellement beau. Mais si je ne l'écris pas moi-même, personne ne le retrouvera parce qu'aussi doué soit-il, Google ne référence pas les textes sur une photo. Et l'écrire avec ton beau stylo plume qu'on t'a offert à Noël ne sert à rien non plus. Le moteur de recherches ne reconnait que ce qu'on écrit sur un clavier. Tout le reste n'existe pas pour lui. Il ne référence que ce qui est virtuel, c'est à dire, ce qui n'existe pas. 

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    Le soleil était heureux.

    On savait les noms des vagues, l’itinéraire des îles en partance, les secrets de la forêt, des landes et des bruyères.

    On pouvait escalader les montagnes neigeuses du ciel, saisir à pleines brassées de joie le vent bleu, rose ou vert.

    Tout était simple, facile. Le pain était sur la table. Les gens avaient les mains chaudes. Et quand le maître en classe élevait la voix et faisait trembler les vitres, on avait le choix pour disparaître entre un petit trou dans le plancher et la Cordillère des Andes.

     

    Je ne vous donnerai pas le nom de son auteur. ( Je l'emporte avec moi vous l'oublierez moi non, je l'aime). C'est triste que le plus beau vers de l'année ait été inventé et scandé sur TF1 ( Je vous emporte avec moivous m'oublierez, moi non, je vous aime...). Un jour peut-être, demain, dans deux ans, dans dix ans, une étudiante en lettres, un thésard, quelqu'un de sa famille... viendra ici divulguer son nom. Je t'attends, cher ami

    Ce poème en prose est empreint d'une nostalgie désuète mais il me touche. Sur la page d'avant, il y a cette citation qui donne un peu le ton. Il me touche exactement pour cette raison :

    Ma patrie, c'est l'enfance

    (Marthe Bibesco)

    Un moment, elle a attaché ses cheveux. Pris de surprise, fasciné,  l'homme en face d'elle a eu du mal à finir sa gorgée. Elle ne s'est pas aperçue du trouble. Ce n'est que plus tard qu'il lui a dit. Il était inconcevable qu'il lui dise de suite "j'ai aimé cette façon naturelle et gracieuse avec laquelle tu as attaché tes cheveux". Peut-être qu'il aurait dû lui dire tout de suite, ainsi, elle ne lui aurait sans doute pas dit quelques heures plus tard ou le lendemain, je ne sais pas ce que dit le roman qu'elle ne l'avait pas trouvé très à l'aise. 

    Loïc LT (04:37)  

  • #course à pied : 10 kms de Pluvigner / objectif atteint !

    Je fais de la course à pied depuis 2004, mais par intermittence. Il y a eu la période 2004/2005, la période 2007/2010 puis là, je suis dans une période commencée en 2016 et dont je ne sais pas l’échéance. Evidemment, depuis 2004, j’ai vieilli. J’avais 31 ans, j’en ai 44 et pourtant, je n’ai jamais atteint le niveau que j’ai aujourd’hui. Forcément, le fait de vieillir, pris isolément entraîne une baisse des performances mais d’autres facteurs entrent en jeu, heureusement. Parmi ceci, il y a la façon dont on s'entraîne, les sacrifices qu’on est près à faire, la diététique etc. Personnellement, il y a un autre point important. Mes filles étant devenues ados se gèrent toutes seules. Exemple : je peux partir m’entraîner et les laisser seules à la maison alors que c’était impossible avant.

    Toujours est-il qu’après une longue période d’interruption, je me suis remis poussivement à m'entraîner pendant l’été 2016 et pour démarrer, la météo ne m’avait pas trop aidé puisque bien qu’en camping en Normandie, il faisait 38° à l’ombre et j’ai un très mauvais souvenir de mes quelques sorties sur les bords de la Manche. Lorsqu’on est rentré en Bretagne, je m’y suis remis et pour ne pas me démotiver, je me suis inscrit au semi-marathon Auray-Vannes de septembre, un semi très dur….une longue ligne droite avec de longs faux plats et souvent sous la chaleur. Je me suis entraîné très dur en rentrant deux fois par semaine du boulot en courant (17 kms). Le semi est arrivé et j’ai fait un temps correct mais sans plus (1h45) et ensuite j’ai continué à m'entraîner et j’ai constaté que ça commençait à payer. Je perdais du poids et j’avais de bonnes sensations. J’alternais séances de fractionné et sorties longues distances. Et puis, en accord avec deux amis, on s’est inscrit au marathon de Vannes qui a lieu en octobre. Mon premier marathon. Une réussite. Ce fut le déclic. Je suis parti tranquillement et j’ai fini en boulet de canon et fais un temps de 3h40, ce qui n’est pas un temps extraordinaire mais pour un premier marathon, c’était pas mal d’autant que je visais juste les 4 heures. Mais ce que j’ai retenu de ce marathon, c’est que je n’ai pas souffert.

    Après le marathon, je me suis mis l’idée en tête de tenter de faire ce que je cherche à faire depuis 2004 : faire moins de 40 minutes sur un 10 kilomètres. Je m’en suis souvent approché, l’ai réussi à l'entraînement mais jamais en compétition.

    Un 10 kms peut sembler moins prestigieux qu’un marathon mais je tenais vraiment à passer sous les 40 mns aux 10 bornes en compétition, ce qui fait 15 kmh de moyenne. Le 10 kms, contrairement au semi ou au marathon demande un effort court mais violent. Il faut évidemment donc adapter son entraînement en conséquence, diminuer la longueur des sorties, changer la façon de fractionner. Alors, à partir de novembre, sans suivre les plans qu’on trouve à gauche et à droite et où il y a souvent à boire et à manger, j'en ai fait qu'à ma tête et j’ai tout donné. J’ai souffert sur la piste d’athlé de Baud et j’ai multiplié les sorties de 10-12 kms en me donnant à fond. Je voulais à tout prix atteindre l’objectif avant fin 2016 et pour ce, j’avais repéré 2 courses : les foulées de Guer et les foulées de Questembert. A Guer, je ne suis pas passé très loin (40.47) mais Questembert était trop dur pour faire un temps. Donc, 2016 est passé et je suis resté sur une désillusion.

    2017, je continue à m’entraîner férocement, trop sans doute car je perds beaucoup de poids. Mais je sens que je progresse encore et que le graal ne peut plus m’échapper d’autant que le 29 janvier, hier donc, avait lieu à Pluvigner un 10 kilomètres réputé plutôt facile.

    Le jour est arrivé, je me sentais bien mais pas trop rassuré car ayant eu des invités le weekend, on avait bien vécu (mais j’ai arrêté de penser qu’il faut forcément être clean au niveau alimentaire les jours d’avant). Le jour J, soit tu as les jambes, soit tu ne les as pas. Ça ne se commande pas. C’est un paramètre qui échappe à la raison. La course avait lieu à 15:15, j’ai pris un copieux petit dej à midi (œufs sur plat, biscuits aux céréales, bananes…) et un remontant effervescent avec toutes les vitamines qu'il faut et je me suis rendu sur zone. Un peu d’échauffement et c’est parti. Au début, j’essaie de suivre un ami qui est habitué à faire des super chronos sur 10 bornes, genre 36 mns. Je l’ai suivi le premier tour que j’ai bouclé en 3.35. Je prends donc 25 secs de marge pour la suite dès le départ. 2ème tour en 3.53, 3ème en 3.49...je file un bon train même si je me sens proche de l'apoplexie (pour exagérer). En dehors d’un passage à vide les 7èmes et 8èmes kilomètres (voir tableau en bas), tout se passe bien même si je rappelle que l’effort est violent et que je n’ai pas le temps de me réciter le bateau ivre. Résultat. Je franchis la ligne d’arrivée en 39.41 et bats mon record personnel. Pour l’anecdote, je suis classé 54e/305. Mais je suis heureux. C’est un bonheur personnel, égoïste. Je me suis assis sur un muret un peu à l’écart et j’ai repensé à tous les efforts consentis. Le travail paye. On arrive à rien sans effort, voire sans abnégation. C’est vrai pour le sport comme pour beaucoup d’autres domaines. Le sport est l’école de la vie.

    Au passage, j'ai constaté que la cabine téléphonique de Pluvigner avait été enlevée

    Par ailleurs, fâché avec Twitter où comme des moutons de Panurge, tout le monde hurle avec les loups ( mais bizarrement le fn est épargné, bravo), je ne mets pas de lien de cette note sur ce réseau, ce qui est, convenons-en purement anecdotique. 

    Loïc LT

    fouléesplu.jpg