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littérature française

  • CR364 : la famille Martin - David Foenkinos

    famille martin.jpgDavid Foenkinos est un auteur qui a trouvé sa place dans la littérature française comme Françoiz Breut dans la variété mais c'est la première fois que je le lisais. C'était pas prévu mais quand j'ai lu la présentation sur Amazon, je l'ai téléchargé direct sur ma Kindle, ma Kindle qui me suis partout, qui se glisse aisément dans ma poche droite (autant que dans ma poche gauche) et qui doit contenir plus de 500 romans que ce soit des classiques ou des romans contemporains.

    Donc une fois le bouquin dans l'engin, j'ai lu cette histoire de la famille Martin avec beaucoup de délectation. Je vous indique quand même vite fait de quoi il s'agit. L'auteur en mal d'inspiration décide d'aborder la première personne qu'il croise dans la rue et lui demander si elle veut bien qu'il lui consacre un roman. Il tombe sur Madeleine, une vieille dame rentrant de ses courses. Surprise évidemment par la proposition et un peu inquiète quand même, elle l'invite quand même à venir chez elle pour boire un café ou je ne sais quoi. Au fil des jours, une réelle complicité se noue entre les deux contribuables et de fil en aiguille, l'auteur fait la connaissance de toute la famille Martin, c'est à dire des deux filles de Madeleine, Valérie et Stéphanie. Ceci dit, Stéphanie expatriée aux Etats-Unis (qui cherche encore son clown) est juste mentionnée. Valérie est mariée et a deux enfants et c'est le couple Valérie/Patrick qui devient le centre névralgique du roman. 

    A la base, l'auteur ne voulait être qu'un observateur. Tous les soirs, il note ce qu'il a appris dans la journée et le roman prend tranquillement forme. Mais les choses ne se passent pas tout à fait comme prévu. Son intrusion dans la famille Martin la bouscule un peu et provoque des changements ou précipite certaines décisions qui restaient en plan. 

    Donc voilà. Ce roman m'a fait un peu penser aux "gens dans l'enveloppe" de Isabelle Monnin qui m'avait été conseillé par Julie Schittly et que j'avais lu il y a quelques années (si vous voulez lire le compte rendu, tapez : doelan/blogspirit/les gens dans l'enveloppe. J'avais eu un véritable coup de cœur pour ce roman ( mais c'est pas vraiment un roman en fait). 

    Concernant la famille Martin, une question me taraude. Est-ce que David Foenkinos a vraiment fait cette démarche en vrai ou tout n'est-il que fiction ?  Je penche quand même pour la fiction car l'enchainement des événements ne ressemble pas vraiment à ce qui se passe normalement dans la vraie vie. Il y a trop de rebondissements. Comme je le fais parfois, je vais essayer de rentrer en contact avec l'auteur (il est sur Facebook) afin d'éclaircir cette affaire.

    En tout cas, c'est un roman facile à lire. Il figure en ce moment dans les meilleures ventes (mais l'auteur est coutumier du fait). Mais ce n'est pas parce que c'est un bestseller qu'il est mauvais. Tous les Français ne lisent pas les bouses de Marc Levy et Guillaume Musso.

    Lecture sur Kindle, parution le 1er octobre 2020 chez Gallimard. Note : 4/5

    Shako. 

  • CR363 : l'autre Rimbaud - David Le Bailly

    Je viens de finir *l'autre Rimbaud* de David Le Bailly. Il y est question de Frédéric Rimbaud, le frère de l'autre con. Fallait y penser. Gros travail de recherche de la part de l'auteur (le travail de recherche et d'écriture est décrit en italique). Évidemment, il a dû broder car il reste peu de traces du frangin. Frédéric était chauffeur d'omnibus à Attigny dans les Ardennes. C'est le mal aimé de la famille pourtant il est sensible et touchant. Mais pas facile de s'imposer face à la figure jupitérienne de l'auteur du bateau ivre, la mère Vitalie n'ayant d'yeux que pour ce dernier. En toile de fond, on apprend beaucoup sur la vie dans les Ardennes au 19e. J'ai beaucoup aimé. 
    De tout de façon, on a tellement tout dit sur Arthur alors si on veut encore écrire quelque chose, il faut trouver un concept original, un autre angle d'attaque ou une autre ligne de front si vous préférez ! A moins que Françoiz Breut ou Julie Schittly ait une autre idée. 
    Je projette personnellement donc d'écrire un essai fleuve sur Vitalie, la mère de Arthur, Frédéric et Isabelle.
    Je suis certain que ce bouquin plairait à Françoiz Breut et même à Julie Schittly !
    A lire. Surtout pour les rimbaldiens. Et puis les autres aussi ! Y'a pas de raison. 
     
    lecture sur Kindle, octobre 2020
    note : 5/5

  • CR362 : le chat bleu - Sébastien Monod

    lechatbleu.jpgIl y a des livres qu'on ne devrait jamais lire, ceux sur lesquels on ne tombe pas dans les librairies ou chez l'épicier du coin, ceux qui ne sont pas mis en avant sur les sites de vente. Vous me direz, avec 500 livres sortis à la rentrée littéraire, difficile de faire autrement. Donc, j'ai lu celui ci parce que je connais (virtuellement) l'auteur qui est le modérateur d'un groupe Facebook consacré à Etienne Daho. J'avais déjà lu un de ses romans, "rue des deux anges", dont vous pouvez sans doute trouver le compte rendu dans les limbes de ce blog (mais évitez quand même car je n'aimais pas ma façon d'écrire il y a 15 ans - car oui, ce blog a 15 ans).

    Donc ce n'est pas parce que je connais l'auteur que je vais lui envoyer des fleurs. C'est pas le genre de la maison (et je crois qu'il doit le savoir !) Mais objectivement, ce roman est très bon. Le style est limpide, sans effet de style, les phrases sont propres et soignées. L'auteur maîtrise parfaitement l'art du roman. 

    L'action de se déroule en 2045 et comme dans tout roman d'anticipation, la dictature règne (1984, de George Orwell, 2084 de Boualem Sansal, Ravage de Barjavel - plutôt apocalyptique ce dernier - et peut être un peu aussi Soumission de Michel Houellebecq). Des robots ressemblant à des humains assurent la sécurité ou sont utilisés à des tâches subalternes. Des milices contrôlent tous les lieux de passages importants. 

    Trois histoires différentes vont finir par s'imbriquer. Celle des Franciscains d'un couvent de Saorge en Italie  (ou moins j'aurais appris que contrairement à ce qu'on croit, les couvents ne sont pas dédiés qu'aux femmes) où recherche faîte il existe bien un monastère. On y fait la connaissance de Frère Jordan et du jeune frère Émeric. Celle de Elian habitant en Italie et désireux de se rendre en France à Marseille à la recherche de son frère qu'il ne connait pas. Pour ce faire, il s'octroie les services d'un passeur intitulé Vittore. Enfin, nous suivons l'histoire de Lou Baker, une chanteuse de cabaret (le chat bleu) dont le vrai nom est Louise (pas Julie Schittly) et qui dispose d'un fils qui s'appelle Neil. 

    Sur fond de dictature donc (mais l'auteur n'y joue pas de trop), Sébastien Monod tisse sa toile et l'on devine évidemment où il veut en venir mais sans trop savoir comment. C'est agréable à lire. L'auteur m'a dit qu'il avait dû opérer un important travail de documentation qui lui a demandé plus de temps même que l'écriture, l'écriture qui doit être récente car il est question du Covid44 ! Merde alors, on n'en a pas fini avec ce bordel. Étonnamment, il écrit sur son site : "ce roman, je l’ai commencé lors d’une résidence d’écriture au Monastère de Saorge dans l’arrière-pays mentonnais en 2016 et achevé lors d’une autre résidence d’écriture, cette fois en Camargue en octobre 2018". A-t-il opéré des modifications après ?

    Je ne comprends pas trop la couverture du livre qui représente une moto contre un mur défraîchi. Vittore et Elian se déplacent bien en moto mais en moto électrique, ce qui ne semble pas être le cas de celle sur la couverture. Mais qu'importe, je vous recommande ce roman qui vaut 16€ broché et que 4€ en numérique. Mais s'il vous plait, ne faîtes pas comme moi, achetez le en vrai. Vous pouvez le trouver directement sur son site et vous aurez une dédicace. Je vais peut être l'offrir à Louise Vanaem de Voringhem.  Je vous laisse, on frappe à ma porte, peut-être que c'est quelqu'un. 

    lecture: septembre 2020
    parution le 27 août 2020, édition des deux Anges
    note : 4/5

    Shako 

  • CR361 : Broadway - Fabrice Caro

    fabricecaro.jpgJe ne vais pas faire de résumé, ça ne sert à rien et on le trouve partout. Ce roman de Fabrice Caro paru cet été dans la collection "sYgne" de Gallimard est un véritable coup de cœur. 

    Axel, le narrateur fait partie de la classe moyenne supérieure (je ne sais plus comment on appelle ça en sociologie, CSP+, non ?). Il est le "chef" d'une famille normale avec deux enfants en pleine crise d'adolescence. Le fil rouge du roman constitue la réception d'un courrier de la CPAM lui demandant de se soumettre à un dépistage cœlioscopique afin de détecter un éventuel cancer de la prostate (ou du colon, je sais plus). Mais il est surpris car il n'a que 46 ans et logiquement, c'est envoyé aux hommes de plus de 50 ans. Moi, en tout cas, j'ai 47 et j'ai rien reçu. (Je n'envisage même pas d'avoir 50 ans un jour). Axel se pose des questions existentielles à propos de ce courrier comme il s'en pose à propos de tout. Tout le gonfle dans cette vie faite de convenances où il faut toujours faire bonne figure. Il habite dans une cité pavillonnaire cossue et ses voisins sont envahissants, notamment ceux de droite qui décrètent des choses sans demander l'accord d'Axel et sa femme Anna, genre, on se fait un apéro une fois par trimestre chez l'un et chez l'autre et il va de soit qu'Axel aime le whisky alors qu'il déteste alors il doit à chaque fois en boire et même quand il invite chez lui, il doit en acheter aussi. Et ces voisins envahissants ont décrété qu'on irait cet été en vacances ensemble à Biarritz pour faire du paddle, idée qui horrifie Axel. On n'ose pas dire non. Tout est comme ça dans la vie sociale. On ne peut pas sortir des sentiers battus. 

    Je me suis retrouvé un peu dans Axel qui se demande par exemple pourquoi les caissières portent un badge avec leur prénom. Personnellement, j'en ai fait mon parti. Quand je passe en caisse, je dis "bonjour Nadine" ou "bonjour Albertine". Parfois elles sont surprises ! Mais il faut bien que ce foutu badge serve à quelque chose. Le gala de danse de sa fille qui revient tous les ans est également une corvée parce que c'est à chaque fois un peu bâclé mais il ne faut pas le dire. J'ai connu ça aussi. Et son fils qui fait des dessins érotiques dans lequel il met en scène ses professeurs. Et évidemment, ça tombe sous la main d'un prof. Axel doit s'expliquer et s'excuser au nom de son fils. Peut-être faudrait-il qu'il voit un pédiatre...évidemment...couru d'avance. 

    Roman totalement délirant, l'auteur se moque et pilonne cette vie sans aspérités. Ça m'a fait penser à une chanson en duo de Souchon et Voulzy intitulé "il roule, les fleurs du bal" (vidéo ci dessous). Surtout la fin que je vais évidemment pas vous divulguer. Partir dans la nuit, Partir comme ça, Cette envie,Tout le monde l'a....

    Perso, malgré moi, j'ai connu cette vie pendant dix huit ans...que j'ai quitté quand même à regret. Je ne suis sans doute pas aussi sévère qu'Axel parce que je réalise ce que j'ai perdu. Je mets un bémol quand même. Rien ne trouve grâce aux yeux d'Axel. Ça fait un peu too much. Mais à lire ! Fou rire garanti toutes les trois pages. 

    lecture septembre 2020, kindle

    date de sortie : août 2020, Gallimard.

    note 4.5/5

    Shako. 

      


                                                           

    Morne est son cœur
    Et sans raison
    Vers cinq heure
    Il quitte la maison
     
    Il démarre
    Sans raison
    Comme aspiré par
    L'horizon
     
    Peut être l'amour
    Peut être la vie
    La tombe du jour
    Ou simplement l'ennui

    Partir dans la nuit
    Partir comme ça
    Cette envie
    Tout le monde l'a
     
    Larmor-Baden
    Guingamp
    Dehors le noir de la plaine
    Et puis le noir dedans
     
    Il part, il part
    Comme s'il allait quelque part
    Laissant là, dans la salle
    Sur le sol éparpillées
    Les fleurs du bal
     
    Dans l'axe est son moteur
    Il décolle
    Son accélérateur
    Le console
     
    Les guitares qui jouent fort
    Dans son cockpit
    Lui sont d'un réconfort
    Amniotique
     
    Il roule, il roule
    Comme les larmes…
    Qui coulent
    Laissant là, dans la salle
    Sur le sol éparpillées
    Les fleurs du bal
  • CR360 : histoire du fils - Marie-Hélène Lafon

    mhl.jpgCe roman m'a un peu dérouté et j'étais tellement à la ramasse au bout de trois lectures (ça se lit vite, hein, une heure environ) que j'avais demandé à ma sœur Louise Vanaem de Voringhem de faire ce compte rendu à ma place. Mais ça aurait été stupide alors je m'y colle avec les moyens du bord. Marie Hélène Lafon c'est quand même pas Claude Simon. Et puis, c'est moi qui cherche midi à quatorze heures, ce roman n'est pas compliqué.

    Ça déroule sur un siècle (le XXème) et ça raconte l'histoire d'une famille du Cantal ou du Lot ( toujours chez Marie Hélène Lafon) notamment la fratrie, Paul et Armand, jumeaux et Georges qui sont élevés par leur mère apparemment jamais nommée, le père, la tante Antoinette qui partira  une fois l'amour trouvée mais il reste la tante Marguerite "qui n'a ni mari, ni maison, ni enfants", Amélie. Nous sommes en 1908. Paul et Armand ont six ans et les parents tiennent un hôtel-restaurant à Chanterelle. En 1919, Paul va faire ses études à Aurillac. Il a 15 ans. Son frère Armand est mort très jeune après avoir été ébouillanté dans un lac. Un jour, à l'école, Paul Lachalme (à priori, nom de sa famille) qui est l'internat se sent très mal. Il a la gorge en feu, il tousse et suffoque, le covid19 sans doute.  Emmené à la pharmacie, il fait la connaissance de l'infirmière Mademoiselle G.Léoty de son prénom Gabrielle et de 16 ans son aîné. Le couple secret "monte" à Paris et fonde un enfant, André, le fameux fils que Gabrielle confie à sa sœur Hélène, étant devenue parisienne. 

    Je n'irais pas plus dans la résumé mais il aidera peut-être ceux qui par le fait, d'une narration non chronologique s'y sont un peu perdus. Personnellement, n'ayant plus toutes mes neurones et ayant coincé à la première lecture, j'ai décidé de tout le relire mais de façon chronologique. D'ailleurs, me suis-je dit, quel intérêt de ne pas respecter la chronologie si ce n'est pour Marie-Hélène Lafon de faire un effet de style comme aiment bien le faire les écrivains français ?

    Ensuite, le XXe siècle se déroule, avec ses deux guerres. André "Léoty" cherche son père, devenu notaire à Paris et qui doit aller se planquer dans un trou perdu pour avoir collaboré avec l'ennemi. Est-ce bien ça, Louise Vanaem de Voringhem ? Bon, comme je disais, je ne vais pas rentrer dans les détails. André est "un secret de famille" comme on dit et MHL, auteure discrète est publiée chez la non moins discrète maison Buchet°Chastel pour être sûre de ne pas avoir le prix Goncourt. Dans l'Express, elle n'est pas dans le top20 des ventes mais elle a son public et notamment Louise Vanaem de Voringhem. Il y a quelques années, je suis allé la voir lors d'une rencontre avec ses lecteurs à Larmor-Plage et je crois lui avoir posé une ou deux questions. Mais quand est-ce que vous allez enfin quitter le Cantal bon sang de bonsoir !

    Pour le reste, j'ai trouvé le roman trop court (103 pages) surtout pour raconter l'histoire d'une famille sur un siècle. C'est pour ça d'ailleurs que l'écriture est ramassée, comme pressée d'en finir. Bah oui, pourquoi faire 400 pages quand on arrive à tout dire en 100 pages ?

    lecture,septembre 2020 sur kindle

    Buchet°Chastel, sorti le 20 août 2020

    Shako

  • Eric Reinhardt vs Paul Auster

    auster-paul.jpgLa construction du roman 4321 de Paul Auster ressemble étrangement à celle de Cendrillon de Eric Reinhardt. Ceux qui ont eu la chance de lire Cendrillon comprendront. Cendrillon date de 2007 et 4321 de 2017. Je n'aime pas cette expression mais je dis ça je dis rien. A savoir en plus, Paul Auster parle très bien le français. 

    Pour l'anecdote, je suis le seul homme de droite à aimer Eric Reinhardt et, à ce titre, je me sens plus libre que Télérama, les inrocks, l'obs et Libération qui aiment ses romans avant même la sortie. Je dis ça, je dis rien !

    Résumé 4321

    l-ecrivain-eric-reinhardt-le-25-aout-2014-a-paris_5149539 (1).jpgÀ en croire la légende familiale, le grand-père nommé Isaac Reznikoff quitta un jour à pied sa ville natale de Minsk avec cent roubles cousus dans la doublure de sa veste, passa Varsovie puis Berlin, atteignit Ham- bourg et s’embarqua sur l’Impératrice de Chine qui franchit l’Atlantique en essuyant plusieurs tempêtes, puis jeta l’ancre dans le port de New York au tout premier jour du XXe siècle. À Ellis Island, par une de ces bifurcations du destin chères à l’auteur, le nouvel arrivant fut rebaptisé Ferguson. Dès lors, en quatre variations biographiques qui se conjuguent, Paul Auster décline les parcours des quatre possibilités du petit-fils de l’immigrant. Quatre trajectoires pour un seul personnage, quatre répliques de Ferguson qui traversent d’un même mouvement l’histoire américaine des fifties et des sixties. Quatre contemporains de Paul Auster lui-même, dont le “maître de Brooklyn” arpente les existences avec l’irrésistible plaisir de raconter qui fait de lui l’un des plus fameux romanciers de notre temps.

    Shako

  • CR359 : Comédies Françaises - Eric Reinhardt

    ERTEC.jpgJ'ai lu les critiques dithyrambiques de Télérama (dont il est un peu l'auteur-maison), du Libération d'aujourd'hui et de Lire Magazine et un autre mais je me souviens plus lequel alors, moi petit ouvrier de province, je me trouve bien mal pour apporter la contradiction. Commençons par les points positifs, les photos de l'écrivain de chaque magazine....et bien c'est celle de Lire avec son complet de chez Smalto qui me plait le plus. Dans les autres, on le voit entièrement avec sa chemise dans son pantalon et moi j'aime pas les chemises dans les pantalons, même lors de mon mariage avec Mathilde de Bouillebec, j'ai pas mis ! Je ne sais plus si Mathilde m'y a forcé...bref, on le voit sur les photos. Donc, celle là, j'aime beaucoup ce gros plan d'un type bien conservé pour ses 55 ans.

    Dans cette comédie française, le personnage principal est Dimitri, un type de 27 ans qui fait différents boulots pour finir à l'AFP. Il lui arrive quelque chose d'incroyable. En balade à Madrid, il croise une femme qui lui plait beaucoup...et il la croise à nouveau dans un théâtre à Paris et pour enfoncer le clou dans un café parisien je ne sais plus où. Pour lui, c'est impensable. Comme un coup de dé jamais n'abolira le hasard, Dimitri est persuadé que le hasard a bon dos, que ces trois rencontres ont un sens. C'est la partie du roman que j'ai le plus appréciée. 

    277138580.jpgA une moindre échelle, il m'est arrivé la même chose en Irlande dans la ville de Galway. Un matin, les rues étaient noires de monde et au loin je sélectionne une jolie fille, un peu trop fardée peut être mais avec un joli visage et une cicatrice sur le front très sensuelle. Je la prends en photo et malgré la foule, elle me voit et ça n'a pas l'air de lui plaire. Et dans l'après midi, dans une rue toute aussi noire de monde  mais assez loin de la première, je la recroise, et je la reprends en photo. J'étais bouleversé par ce hasard incroyable et pourtant c'était bien loin de celui vécu par Dimitri. Ce dernier un peu fouille merde après avoir étudié une histoire concernant deux artistes français et américains change de sujet et se décide à en savoir plus sur la naissance d'internet. Il a une longue discussion avec Louis Pouzin ( inventeur du datagramme et donc d'internet) pour savoir  pourquoi il a été bloqué dans son invention par le  puissant chef d'entreprise Antoine Roux qui met fin à ses recherches après la victoire de Valéry Giscard d'Estaing (qui est toujours vivant, je le rappelle). J'ai trouvé que cette longue discussion très technique ressemblait plutôt à un article de Wikipedia. Mais why not. Dimitri, homme de gauche (comme l'écrivain...qui n'a d'ailleurs pas encore signé l'appel de Laurent Joffrin -) et donc pas tendre avec le capitalisme à la Française où les politiques, lobbyistes, chefs d'entreprise sont de mèche pour décider si tel projet doit être abandonné ou pas, paradoxalement encense les Américains qui ne s'arrêtent pas à ces considérations et où le libéralisme est en roue libre et puis finalement s'approprient les travaux des experts Français pour s'attribuer la création d'internet.  Make America Great Again !

    3299260496.jpgIl y a du Michel Houellebecq et du Philippe Djian dans ce roman. J'aurais aimé que l'auteur s'arrête un peu sur le personnage de Dimitri, bisexuel passablement cinglé. Dès le début du roman se pose le faire part de son décès dans un accident de voiture en Bretagne où lui et sa compagne sont venus sur les traces de Antoine Roux, décédé et dont la fille habite la maison .Dans ce roman qui n'est pas à tiroir comme j'ai pu le lire, le romantisme s’accommode fort bien de la critique du capitalisme, un peu comme dans le système Victoria. Eric Reinhardt croit encore qu'il y  a une droite et une gauche mais ce concept est terminé.  Mais il n'est jamais aussi fort que lorsqu'il s'agit de défoncer le capitalisme. Je pense donc que Valeurs actuelles et le Figaro ont complètement zappé ce sympathique bobo de gauche. En tout cas, je le conseille fortement à mon amie Julie Schittly

    Voilà, je ne suis pas Nathalie Crom mais je suis un fidèle de cet écrivain. Je dis ce que je pense et je pense ce que je dis. Et n'oubliez pas : “On doit se ranger du côté des opprimés en toute circonstance, même quand ils ont tort, sans pourtant perdre de vue qu'ils sont pétris de la même boue que leurs oppresseurs.” (E.Cioran)

    Shako

    lecture sur kindle, août 2020

    Parution : 20 août 2020

    Gallimard
    note 3.5/5

  • lecture en cours : comédies françaises - Eric Reinhardt

    Le premier fou rire arrive à 6% sur la liseuse. Dimitri tombe raide dingue d'une fille alors qu'il se balade dans les rues de Madrid. Quelques temps plus tard à Paris, il retombe sur cette fille lors d'un spectacle chorégraphique d'Anne Teresa De Keersmaeker (sur une musique de Brian Eno) ! Le hasard ne peut gère aller plus loin. Et puis finalement, il la perd de vue à nouveau dans la salle. 

     

    "Quelle insulte au destin ! Il venait de cracher à la face du hasard en estimant qu''il pouvait rester peinard sur son siège à attendre la suite des festivités - alors même que le hasard avait pris la peine de lui renvoyer son inconnue sur un plateau ! Qu'est ce qu'il s'était imaginé ?! Que le hasard, en plus, allait faire en sorte que la meuf aille l'attendre au bas de l'escalier, et vienne à sa rencontre ?!! Hey, salut Dimitri, c'est moi, ta passante madrilène, c'est le hasard qui m'envoie, tu vas bien ?

  • lecture en cours - comédies françaises - Eric Reinhardt

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    C'est bien, ça commence en Bretagne

    ER6 (2).JPG

     

  • CR338 - leurs enfants après eux : Nicolas Mathieu

    Quand j'ai suspendu ce blog, je mettais mes comptes rendus sur Facebook. Je vais tranquillement les rapatrier ici. Je remets en premier celui là que ma soeur qui veut connaître mon avis, vient de lire et que je vous conseille. Prix Goncourt  2018

     

    CR338 : leurs enfants après eux (2018) - Nicolas Mathieu
     
    leursenfantsaprèseux.jpgLe prix Goncourt est largement mérité pour ce roman fleuve qui raconte le quotidien de quelques protagonistes dans une petite ville de l'est de la France dont les derniers hauts fourneaux se sont arrêtés il y a peu et qui laisse des milliers de familles dans la précarité et l'obligation de se trouver un avenir. L'action se situe dans les années 90 et est rythmée en fonction des grands moments musicaux et sportifs de la décennie. On suit le quotidien d'une jeunesse plus ou moins défavorisée en manque de repères qui doit se battre par tous les moyens pour s'en sortir. Anthony est sans doute le plus souvent cité et le plus attachant lui dont le père a subi de plein fouet la fermeture de Metalor, qui sombre dans l'alcoolisme et qui divorce. Autour d'Antony qui a 14 ans au début de l'histoire, gravitent toute une jeunesse globalement dans la panade. Le cannabis, les filles, les bastons, l'alcool, les études ou pas, les petits boulots sont le quotidien de Hacine, Steph, Clem, Anthony et les autres, quotidien dont l'équilibre tient beaucoup à l'origine sociale des parents. Anthony-Stéphanie est un peu le couple charnière autour desquels gravitent tous les autres.
    C'est une splendide chronique des années 90 dans une ZUP en reconstruction. Le tout est assez sombrement banal mais la plume de l'auteur est directe, crue et ne passe pas par quatre chemins. C'est du Zola version 1990 sans les descriptions inutiles. Chez Nicolas Mathieu, tout est dit au bon moment et tombe sous le sceau de l'évidence. Ce roman social se termine avec la liesse de la coupe du monde de football 1998, comme une promesse de lendemains meilleurs. On quitte à regret tous ces personnages. Après la vie des parents, vient celle des enfants, leurs enfants après eux, enfants que l'on quitte jeunes adultes avec plein d'interrogations pour la suite…
     
    Lecture : janvier 2019
    sur papier, Actes Sud, 426 pages
    note : 4.5/5
     
    Loïc LT