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arthur rimbaud

  • le bateau ivre (Arthur Rimbaud), 14 04 2021, huitième tentative

    C'est de la récitation brute. Maintenant que le poème est acquis ou presque, il ne s'agit plus de réciter mais de jouer. 


                                   

     

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  • revenir au monde (6)

    Je mets un point d'honneur à écrire une note tous les jours pour essayer de garder un style parce que j'ai le projet d'écrire un roman qui marquera le XXIe siècle. Déjà, dans un premier temps, il faut que je fasse mieux que Philippe Djian ou  Eric Reinhardt (pas évident déjà), par contre faire mieux que Guillaume Mussot ou  Joël Dicker et pour ce dernier , ce ne sera pas  difficile (mais il a reçu pour une de ses bouses le prix de l'Académie Française, ce qui me semble complètement insensé et qui démontre sans doute que cette institution est composée de vieillards séniles qui ont perdu le sens de la raison). Il paraît que le dernier Goncourt ne vaut pas un coup de cidre non plus.

    Bon, pour l'instant, je suis lucide, je suis incapable d'écrire un roman. Trouver une histoire....faire un plan et puis ne pas se répéter....et ce dernier point pour moi est très important car avec tout ce que j'ai bouffé de psychotropes, j'ai des fusibles qui ont sauté (figurez vous qu'en quinze jours, j'ai oublié par trois fois le code de ma carte bancaire qui se faisait avaler au bout de trois essais et la troisième fois, le banquier du Crédit Agricole s'est un peu fâché) mais j'ai encore quelques facultés mentales. Il y a quatre ans, j'ai été contacté par Gallimard ( ou une de ses collections de second plan.....) pour écrire un récit sur mes pérégrinations téléphoniques bretonnes. J'y ai réfléchi un peu et j'ai pris la décision que j'en étais incapable. Ma partenaire (ou "femme" si vous préférez) m'y poussait beaucoup mais je connaissais mes limites et je les connais encore. Pourtant, en quatre ans, j'ai bouffé pas mal de romans mais je suis à peu près certain que ce n'est pas le fait de beaucoup lire qui permet d'ambitionner d'écrire un roman. On est écrivain ou on ne l'est pas. 

    La mort de Joseph Ponthus m'a beaucoup marqué parce que j'avais adoré son récit, il avait même presque inventé un nouveau style et j'ai conseillé son "à la ligne" à plein de monde. J'ai pas lu son wikipedia mais je pense que c'était l'écrivain d'un seul livre, à moins que je le sous-estime mais je l'imaginais mal écrire un roman de facture classique.

    tds.JPGMa table de salon est mon bureau. Je peux vous la présenter maintenant qu'elle est débarrassée des bouteilles de whisky et d'absinthes. C'est rempli de bouquins, de cahiers (au cas où un poème germe dans mon pauvre cerveau qui est parcouru parfois de quelques fulgurances ), d'une machine à écrire, d'une tasse et plein d'autres trucs. C'est très rare qu'il n'y ait pas un Rimbaud sur cette table, ce meuble que j'ai acheté en 1997 et si comme dit De Nerval "un mystère d'amour dans le métal repose" ou "crains, dans le mur aveugle, un regard qui t'épie", cette table est plus que les hommes, la particule élémentaire qui me connait le plus au monde. 

    En ce moment, j'ai du mal avec les êtres humains. Je suis bien obligé de les côtoyer, de leur parler, accessoirement de les étrangler mais je me sens très bien dans le célibat...pour l'instant en tout cas. Mes filles font figure d'exception mais il ne faut pas que je les idolâtre trop...je ne suis évidemment pas objectif. 

    Comme j'ai décidé de passer du coq à l'âne, je voulais évoquer le télétravail. Combien de millions de travailleuses et de travailleurs le pratiquent et c'est quoi ce monde (le monde a changé de toute façon, il s'est déplacé quelques vertèbres) où l'économie tourne parce que tant de gens sont assis à califourchon devant un écran d'ordinateur ? C'est quand même fou non ? Qu'est ce que ce sera quand l'ordinateur quantique sera vulgarisé ? L'informatique est la clé de voute de l'économie mondiale et pendant ce temps quelques paysans eux, sont debout et nourrissent tous ces employés qui sont attirés par l'écran à tel point que leurs pupilles sont prêtes à se faire la malle. Non mais sérieusement, James Cameron et son Skynet était peut-être un visionnaire. 

    Je suis en train de relire "le procès" de Kafka et ça m'ennuie autant que ça me fait rire. C'est Michel Onfray qui a inventé (ou relancé) le concept de l'état profond...mais c'est clairement ce système qui se dégage des romans de Kafka. Ce sont des subalternes qui décident de tout (et de rien souvent) mais qui font tout pour ralentir la justice et qui cachent aux prévenus la cause même de leur arrestation. 

    Demain matin, je vais faire trois heures de gym dans une structure dépendant d'un établissement dont nul ne sait la fonction exacte et pour les quelques uns qui arrivent presque à la trouver, des fonctionnaires, sans trop savoir pourquoi, les foutent au placard au sens propre comme au figuré.

    Voilà, chers humains ! Mais si, je vous aime bien quand même !...mais j'ai une préférence pour les morts comme Rimbaud, Stendhal ou Proust. J'aurais bien aimé citer une femme mais honnêtement parmi les défuntes, je n'en trouve pas...ah si Catherine Demongeot.

    Ma sœur affirme que je suis pathétique et un menteur compulsif. Quelqu'un me l'a rappelé il y a deux jours alors parmi tout ce que je viens de vous dire, je vous laisse trier le bon grain de l'ivraie. 

    Loïc @Shako

  • Baud, séquence 1

    mediab.jpgHier, j'avais rendez vous avec ma banquière du Crédit Agricole de Baud. Physiquement, elle ressemble un peu à Jakie Quartz mais pas du tout à Françoiz Breut. Lors de cet entretien informel (je suis rentré par une porte débordée comme on dit), on a fait le point sur mes dépenses et Julie (décidemment, encore une Julie) était étonnée du nombre de livres que j'achetais que ce soit en physique ou en digital. Elle me rappelle alors  qu'il y a une grande médiathèque dans sa commune (intitulée le Quatro) et je lui réponds que certes,  d'un point de vue architectural, il n'y a pas mieux  en France (c'est moi qui ai écrit l'article pour Ouest France sur le sujet) mais à l'intérieur aussi lounge soit l'affaire dans le genre fauteuil 2001, a space odissey, le fonds littéraire est décevant. Lors des rentrées littéraires, la marchandise met un mois à arriver alors qu'avec la kindle, en trois secondes, c'es bâché. Youtube et Deezer obligent, l'espace musique du Quatro est au bord dépôt de bilan. 

    Exemple : comment expliquez vous qu'il n'y ait qu'aucun volume de Proust et rien sur Robert (heu, sur Rimbaud, je veux faire mon malin) ?

    Donc, Julie Picaud, boursicoteuse à l'agence Crédit Agricole de Baud, non<<<<<<<<<<<...je ne trouve rien d'intéressant dans ces rayonnages globalement dédiés aux personnes d'un certain âge.

    Donc, je suis obligé d'acheter.

    qutromou.jpgPar contre, si je n'y emprunte aucun bouquin, j'aime y flâner  et m'installer dans le salon vintage. C'est coloré, bien éclairé et silencieux. Mais je n'y trouve globalement pas mon compte. Je suis en train de (re)lire le procès de Kafka et je doute qu'il soit présent dans ce troisième lieu (je doute car il y a des mois que c'est fermé), terme que m'a appris la bourgmestre en question (Pascale Gilet Guyader). Le premier lieu est le domicile conjugal, le second, le travail, c''est la santé  et donc le troisième, c'est endroit dévoué à la culture. 

    A partir de là, j'ai dit à madame le maire  que j'avais l'intention d'ouvrir une librairie bio bien achalandée et pour  appâter le chaland une section maison de la presse avec comme seul quotidien à  vendre L'HUMANITE. 

     

    Cela  se situe quelque part
    Au sein d'une ville quelconque
    Là où jadis à défaut d'art,
    On ignorait le mot Joconde.

     

    A Baud, chacun sait que les siècles
    ont façonné cette bourgade
    Que ce soit Messire Outslake
    ou le Meliot de Sainte Barbe.

     

    Je sais un trou d'eau misérable

    Tout près du complexe sportif

    Où l'on a posé bancs et tables

    Pour de quelconques motifs.

     

    Hier le Lorrain dit le sauvage
    But cul sec la puanteur
    Avant d'aller vers les rivages
    Vaincre les prédicateurs.

     

    Les Baudais ou les Baldiviens
    Du nord ou de Quinipily
    Se promènent sous le crachin
    N'ayant cure du parapluie.

     

    Milon des plaines et d'Arradon
    Ont leur squelette sous Adrien
    Georges Cadoudal lui dort où, 
    Peut-être ici ou bien plus loin.

     

    Aujourd'hui Baud, de ses ancêtres
    Se fiche un peu et fait bombance
    Le Blavet coule que rien n'arrête
    Vive le far, vive la France.

     

    Loïc LT, le 20 mars 2021

     

     

     

  • CR363 : l'autre Rimbaud - David Le Bailly

    Je viens de finir *l'autre Rimbaud* de David Le Bailly. Il y est question de Frédéric Rimbaud, le frère de l'autre con. Fallait y penser. Gros travail de recherche de la part de l'auteur (le travail de recherche et d'écriture est décrit en italique). Évidemment, il a dû broder car il reste peu de traces du frangin. Frédéric était chauffeur d'omnibus à Attigny dans les Ardennes. C'est le mal aimé de la famille pourtant il est sensible et touchant. Mais pas facile de s'imposer face à la figure jupitérienne de l'auteur du bateau ivre, la mère Vitalie n'ayant d'yeux que pour ce dernier. En toile de fond, on apprend beaucoup sur la vie dans les Ardennes au 19e. J'ai beaucoup aimé. 
    De tout de façon, on a tellement tout dit sur Arthur alors si on veut encore écrire quelque chose, il faut trouver un concept original, un autre angle d'attaque ou une autre ligne de front si vous préférez ! A moins que Françoiz Breut ou Julie Schittly ait une autre idée. 
    Je projette personnellement donc d'écrire un essai fleuve sur Vitalie, la mère de Arthur, Frédéric et Isabelle.
    Je suis certain que ce bouquin plairait à Françoiz Breut et même à Julie Schittly !
    A lire. Surtout pour les rimbaldiens. Et puis les autres aussi ! Y'a pas de raison. 
     
    lecture sur Kindle, octobre 2020
    note : 5/5

  • Brouillon de culture, Shako sabre la bouteille d'eau !

    Voilà, il est arrivé ce qui devait arriver. Votre serviteur, Shako au grand cœur reprend du service et notamment ses vidéos qui ont fait la non-notoriété de son blog ! Du coup, ça laisse plus de place à l'amusement. Il ne faut rien prendre au sérieux de ce qui se passe sur le net. Par contre si une jolie fille que tu ne connais pas te fout une claque dans la rue, t'es en droit de te demander qu'elle est le sens de ta vie.

    Dans cette vidéo douce comme le câlin d'un bisounours, je convoque au rapport les vivants et les morts à savoir Marcel Proust, Honoré de Balzac, Dominique A, Eric Reinhardt et mon pauvre ami Sébastien Monod qui se retrouve bien entouré dans ce festin culturel !

    Evidemment, tous les commentaires sont les bienvenus mais je préfère les commentaires désobligeants voire agressifs et même de mauvaise foi tiens, c'est plus drôle ! Ceci dit, je serais remettre à leur place les proustiens et les rimbaldiens s'ils en venaient aux mains ou aux sabres et tam-tam

    Shako ô grand cœur !


  • lecture du bateau ivre (par Shako)

    Il n'y a pas si longtemps, je pouvais réciter le bateau ivre mais faute d'avoir poursuivi l'entrainement, j'ai lâché un peu. J'en connais une bonne partie parce que c'est un peu comme la natation. Une fois qu'on a appris à nager, on peut nager toute notre vie même si on arrête pendant dix ans. Ce long poème, c'est un peu pareil. Il y a une mécanique que je n'ai pas oublié. Je sais réciter chaque strophe indépendamment mais j'ai plus de mal à les faire suivre surtout vers la fin.

    Pour recommencer, je vous propose une petite lecture que j'ai faite hier soir ainsi qu'un court extrait du roman de Proust dont je suis en train de me régaler. Alors je ne suis pas un acteur, hein ! Merci de votre indulgence. 

    Shako. 


  • Éloge de Saint-John Perse (Éloges !)

    J’ai appris l’existence de Saint-John Perse au lycée Dupuy-de-Lôme à Lorient grâce à un camarade qui était fan du film les Bronzés...Vous me direz “quel rapport ?” Et bien, dans le premier épisode des Bronzés, Jérôme (Christian Clavier) récite du SJP (on va faire court) à genoux au bord d’un lac et Nathalie (Josiane Balasko) lui dit un truc du genre “ ça t’arrive souvent de réciter du SJP à poil au bord d’un lac ?”. Maintenant que ça me vient, c’est étonnant d’ailleurs, c’est même inconcevable qu’elle ait pu reconnaître que c’était du SJP qu’il récitait, car qui connait ce poète ? quasiment personne. Alors, Nathalie, qui est un peu cruche dans son genre quand même; non seulement, elle connaît le nom de ce poète mais en plus elle est capable de reconnaître par quelques vers récités que c’est du SJP ! Ne cherchons pas midi à quatorze heures, c’est une comédie et elle n’a pas vocation à être cohérente.

    Donc voici ce que récite Jérôme :

     Azur ! nos bêtes sont bondées d’un cri !

    Je m’éveille, songeant au fruit noir de l’Anibe dans sa cupule verruqueuse et tronquée…

    C’est le début d’un poème du recueil Éloges...que mon camarade de classe avait acheté que pour ces deux vers ! Depuis, je l’ai un peu perdu de vue (on s’est appelé il y a 3 ou 4 ans je crois) mais grâce à lui, non seulement, je n’ai jamais oublié ces vers mais en plus, je connais Saint-John Perse...qui est un poète littéralement imbuvable.

    Enfin non, je me suis rappelé après coup qu’en première, au lycée Notre-Dame-du-Vœu à Hennebont, une prof d’histoire sachant mon grand amour de la poésie (que la responsable du CDI lui avait soufflé car j'empruntais plein de recueils de poésie), m’avait demandé après un cours ce que j’aimais comme poètes...et comme je n’en connaissais pas beaucoup, j'avais dû citer Baudelaire, Rimbaud, Verlaine et elle m’avait demandé si je connaissais SJP. Je lui avais répondu que non et je crois que ça l’avait déçue.

    N’empêche que ces deux vers dont on ne comprend rien sont tellement beaux que je ne les ai jamais oubliés...à tel point que j’ai réussi à les faire rentrer dans la famille. Mon beau-frère par exemple récite les premiers mots parfois mais je crois qu’il remplace Azur par Amour en s'adressant à ma sœur et Prisca lui a emboîté le pas et m’appelle parfois Amour sur le même ton que Christian Clavier dans les Bronzés

    Non mais quelle histoire !

    S’il y a une vie après la mort et qu’on peut voir ce qui se passe sur Terre, quelle tristesse cela doit être pour SJP de se dire qu’il est passé à la postérité grâce à un nanar.

    A la base, je voulais m’amuser à tenter une explication d’un texte de SJP mais j’ai déjà trop écrit, j’ai la flemme...et surtout SJP, c’est vraiment chiant ! Alors, une autre fois !

    Si un jour, j’ai le courage de le faire, ce sera sur celui-là... que j’ai pris en prenant une page au hasard dans Éloges (page 61)

     

    Silencieusement va la sève et débouche aux rives minces de la feuille.

    Voici d'un ciel de paille où lancer où lancer, ô lancer  ! à tour de bras la torche !

    Pour moi, j’ai retiré mes pieds.

    ô mes amis où êtes-vous que je ne connais pas ?. . . Ne verrez-vous cela aussi ?... des havres crépitants, de belles eaux de cuivre mol où midi émietteur de cymbales troue l'ardeur de son puits... Ô c’est l'heure

    où dans les villes surchauffées, au fond des cours gluantes, sous les treilles glacées, l'eau coule aux bassins clos violée

    des roses vertes de midi... et l'eau nue est pareille à la pulpe d'un songe, et le songeur est couché là, et il tient au plafond un œil d'or qui guerroie. . .

    Et l'enfant qui revient de l'école des Pères, affectueux longeant l'affection des Murs qui sentent le pain chaud, voit au bout de la rue où il tourne

    la mer déserte plus bruyante qu'une criée aux poissons. Et les boucauts de sucre coulent, aux Quais de marcassite peints, à grands ramages, de pétrole

    et des nègres porteurs de bêtes écorchées s'agenouillent aux faïences des Boucheries anglaises, déchargent un faix d'or et d’ahan

    et au rond-point de la Halle de bronze, haute demeure courroucée où pendent les poissons et qu'on entend chanter dans sa feuille de fer, un homme glabre, en cotonnade jaune, pousse un cri : je suis Dieu ! et d'autres : il est fou !

    et un autre envahi par le goût de tuer se met en marche vers le Château d'Eau avec trois billes de poison : rose, verte, indigo.

    Pour moi, j'ai retiré mes pieds .

     

    Je n'ai même pas réussi à trouver ce poème entièrement sur le net. Il m'a fallu faire des collages... et des corrections même !

    Mes amis, où êtes-vous que je ne connais pas ? Ce n'est même pas la peine que je vous demande de trouver une explication (mais le premier vers au moins est assez simple), vous n'avez même pas été capable de trouver le poète de Quistinic, Paul-Alexis Robic, que je suis le seul à évoquer sur le net. J'aime bien être le seul à m'occuper d'une figure disparue. 

    Et bon courage....comment une mer peut-elle être déserte (une plage encore, on comprendrait) mais déserte et  plus bruyante qu'une criée aux poissons ? Bon courage si vous voulez essayer et bon courage à moi. Je ne suis pas idiot, je sais qu'une criée est souvent bruyante mais une mer ne peut pas être déserte....ou alors elle s'est retirée très loin (comme elle le fait sur la côte ouest du Cotentin lorsqu'à marrée basse, elle se barre à des kilomètres si bien que si on veut aller la voir quand elle est au plus loin, plus on s'y approche plus on a l'impression de s'en éloigner si bien qu'on se croit en plein désert) mais si elle s'est retirée très loin, elle ne peut pas être bruyante !

    Il y a des accents rimbaldiens dans ce poème (oui, je sais, j'y reviens toujours) mais sans rien n'y comprendre on devine que l'action se situe dans un pays chaud....dans ces pays poivrés et détrempés comme écrivait Arthur et quand SJP écrit "je suis Dieu ! et d'autres : il est fou !", ça me rappelle un poème de Rimbaud mais je ne me souviens plus lequel.

    Mais, vous ne perdez rien pour attendre, je reviendrai dussé-je m'enfiler des boucauts d'absinthe ! 

    Loïc LT

  • un bon morceau de viande

    A 17 ans, Rimbaud pensait qu'on pouvait changer le monde par la poésie :

    Il s'agit d'arriver à l'inconnu par le dérèglement de tous les sens. Les souffrances sont énormes, mais il faut être fort, être né poète, et je me suis reconnu poète. Ce n'est pas du tout ma faute. C'est faux de dire : Je pense : on devrait dire : On me pense. − Pardon du jeu de mots. −
                                   Je est un autre. Tant pis pour le bois qui se trouve violon, et nargue aux inconscients, qui ergotent sur ce qu'ils ignorent tout à fait !

    Moi, à 20 ans, je pensais que la techno allait changer le monde. Je ne le pense plus, je vous rassure mais j'écoute toujours autant ce qu'on appelle plus communément aujourd'hui de l'électro. Et il se trouve que les compositeurs français font partie des meilleurs du monde et que parmi eux, il y a Rone, un type qui ressemble à un étudiant et en tout cas pas à l'idée qu'on se fait d'un dj. Rone, de son vrai nom Erwan Castex est intelligent et curieux de tout (il vient d'ailleurs de faire un concert à la Philharmonie de Paris). Et hier soir, me laissant guider par le flow de deezer, je suis tombé sur un titre du bonhomme. Ce morceau s'appelle Vood(oo).  J'étais allongé et je me serais mis à danser sur le lit s'il n'y avait pas un risque que je casse une autre latte et alors j'ai voulu faire part de cette découverte à un ami des Côtes du Nord et pour une fois je ne voulais pas dire que c'était une "tuerie". Alors, j'ai cherché ce qu'il y avait comme synonyme à "tuerie" et je n'ai rien trouvé de probant. Le moins pire était "boucherie"....alors l'ami en question m'a répondu (il y a encore des gens qui répondent aux textos dans les 5 minutes...si si), qu'il n'avait pas encore "dégusté ce morceau de viande". Et j'ai été pris d'un fou rire dont j'ai fait part à ma femme quand elle est venue me rejoindre et que j'écoutais toujours Vood(oo) en boucle. 


                           

    Je l'ai écouté en voiture dans la journée et ce soir pendant que je cassais de la vaisselle, Chloé est passée par là et m'a dit que c'était pas mal. Rare qu'il y ait connivence entre elle et moi sur les questions musicales. Je me suis donc dit que ce morceau de viande n'était pas anodin...d'autant que passant dans le coin aussi (je n'ai pas le monopole de la cuisine), Prisca m'a demandé ce que c'était et je lui ai rappelé l'anecdote de la veille. Quand Prisca me demande le nom  d'un titre que j'écoute, c'est qu'elle n'y est pas indifférente, d'autant plus étonnant que ce morceau de viande (de sanglier ou de lièvre, en tout cas, une viande bien dure) est bien underground, limite agressif et en tout cas n'a rien pour plaire à quelqu'un qui est hermétique à l'électro. Ayant fini de casser la vaisselle, je me suis mis à danser comme Saint Guy et, effrayée, elle est partie. 

    Donc Vood(oo) que vous le vouliez ou non possède quelque chose de particulier, il dégage une énergie positive et oui, effectivement Olivier, tu ne le savais pas encore mais il se déguste comme une bonne entrecôte ( quand même pas du gibier, n'exagérons pas). 

    Je signale par ailleurs que Rone a travaillé avec Daho (remix raté de en surface par exemple), que je l'ai vu à Rennes aux Transmusicales où il m'a un peu déçu. Il n'a pas peur de porter des jeans informes, comme ceux qu'on trouve dans les coopératives agricoles à 20 balles pièce (il doit s'approvisionner dans le même magasin que Biolay).

    Ça ne veut pas rien dire. − RÉPONDEZ-MOI : chez M. Deverrière, pour LLT.

              Bonjour de cœur,
                                      Loïc LT

  • recensement des cabines # 71 - Sainte-Hélène-sur-Mer (56)

    Quand j'étais ado, nous n'avions pas l'habitude d'aller à la mer qui ne se situait pourtant qu'à une demi-heure de Languidic. Par ailleurs, je n'avais pas appris à nager en école primaire. Alors, lorsque tonton Michel m'a offert un vélo qui ressemblait un peu à celui-là,

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    je me suis mis à pédaler, j'allais souvent autour du Blavet et puis un jour je me suis dit "pourquoi ne pas aller à la mer ?". J'avais quoi 16 ans et demi, jouant rarement les tombeurs même si parfois je me retrouvais souvent groggy avec des larmes plein le coeur (après avoir été largué par Loraine ou Sophie, hein, je meuble ikea). 

    La plage la plus proche était Plouhinec et se situait à 28 kms de Languidic. Je me souviens très bien du trajet : Languidic (cabine) - Brandérion (Cabine) - Nostang (Cabine) - Sainte-Hélène (Cabine) puis Plouhinec (cabine ?). Je partais donc en début d'après-midi sans rien dire à personne, sans serviette ni maillot de bain et je me sentais bien !

    Ah ! cette vie de mon enfance, la grande route par tous les temps, sobre naturellement, plus désintéressé que le meilleur des mendiants, fier de n'avoir ni pays, ni amis, quelle sottise c'était - Et je m'en aperçois seulement ! (AR)

    A la différence de Rimbaud, je me complaisais dans ma solitude. Je n'étais pas forcément un être épanoui mais c'est avec un brin de nostalgie que je me souviens de cette époque où je découvrais la littérature, la natation (et n'ayant pas de maillot de bain, je me baignais nu sur la plage déserte)...et l'économie aussi parce que je me rappelle que je posais plein de question à mon père sur la bourse parce qu'il y avait ce fameux encart avec les cotations dans le Ouest-France dont je ne comprenais rien.

    Donc, j'enfourchais mon vélocipède et partais, libre comme le vent. Languidic, Brandérion, Nostang. A Nostang, les marécages commencent à  signaler que la mer n'est pas loin mais c'est en arrivant dans le bourg de Sainte-Hélène que je me sentais proche du littoral.

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    Il y avait l'avant Saint-Hélène et l'après. Aujourd'hui donc, après une introduction autobiographique longue et nostalgique, je vous fais visiter le bourg de Sainte-Hélène, qui s'appelle depuis peu officiellement Sainte-Hélène-sur-mer (raison du changement : trop de Sainte-Hélène en France). C'est une connaissance qui m'a informé de la présence d'une cabine dans ce joli bourg de caractère. Elle se situe à sa sortie direction Plouhinec au milieu d'un parking triste et près d'une cité pavillonnaire. 

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    Son numéro d'appel est le 36 60 35 (on est dans le Morbihan, est-il encore utile que je vous donne les 4 premiers chiffres ?). Quand on appelle, ça sonne et quand la sonnerie d'une cabine retentit on est surpris, on a l'impression de se retrouver 30 ans en arrière ou dans un téléfilm de Maigret. C'est une cabine à carte mais je ne me risque plus à tenter d'émettre d'appels. 

    Le centre bourg est caractéristique des bourgs côtiers du Morbihan. Les murs sont blancs ou en pierre, les routes bitumées et pour peu qu'il fasse beau (comme en ce 13 août 2016) il n'y a pas beaucoup de contribuables à traîner dans la place. 

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    Quelques-uns cependant prennent du bon temps sur la terrasse de l'un des deux cafés du village (le Napoléon), café qui se situe à côté de l'épicerie moderne. 

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    Sainte-Hélène-sur-mer apporte un soin particulier au fleurissement du bourg. De grandes vasques contiennent des hortensias, pétunias, heuchères et autres fleurs en plastique aux couleurs marquées. 

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    De l'autre côté du Napoléon, il y a cette maison devant laquelle nous nous sommes arrêtés quelques instants. On a discuté avec son habitant qui nous a pris pour des touristes. Je n'ai pas démenti. Je me sens toujours un peu touriste quand je visite des bourgs. 

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    photo parmi d'autres...

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    A la fin, j'étais las de ce monde ancien. Après avoir lu les messages laissés par des retraités dans l'abribus,

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    je me suis endormi dans cet abri sempiternellement parrainé par Groupama, je me souviens avoir rêvé la nuit verte aux neiges éblouies, baiser montant aux yeux des mers avec lenteur, la circulation des sèves inouïes et l'éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs :

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    Sainte-Hélène-sur-mer , (56700), Morbihan , bourgmestre  : Pierre Le Fur  (depuis 2014),  1156,3 hélénois, cabine téléphonique accessible handicapés et pouvant recevoir des appels d'offres. reportage réalisé le 13 août 2016. 

    Loïc LT

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  • le bateau ivre (version finale)

    Je n'aime pas trop l'idée de toujours se filmer, (d'autant que je n'aime ni me voir ni ma voix),  je préfère l'écriture mais pour le projet bateau ivre, il fallait que je me filme. Donc, c'est terminé. Le poème est acquis, il est dans la boite, la diction est loin d'être parfaite, la forme non plus mais je ne suis pas acteur. Le bateau ivre, c'est fini, il est coulé. Il resurgira dans ma vie en épave (mais vous savez, même les épaves ont la trempe des braves...). 

    Loïc LT