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  • CR277 : territoires - Olivier Norek

    compte rendu de lecture, kindle, polar, roman, roman policier, olivier norek, banlieue, Si je ne m’abuse, c’est la première fois que je commente un roman paru chez Michel Lafon,  maison qui en général ne fait pas dans la dentelle. Avec territoires, Olivier Norek n’en fait pas non plus mais une chronique lue je ne sais plus où m’avait mis l’eau à la bouche. Au départ j’avais peur du syndrome James Ellroy (qui conduit à ne déjà plus rien comprendre au bout de quelques minutes de lecture) mais la crainte s’est vite dissipée, territoires faisant partie des romans qui vous happent dès le début. Point de fioritures, point de blabla et de descriptions inutiles, l’auteur n’est pas un fan du nouveau roman ! De l’action avant toute chose, des chapitres courts, un rythme soutenu pour une histoire  tout à fait crédible. Il faut dire qu’en sa qualité de flic (en disponibilité), Olivier Norek connaît son sujet, en particulier ici la mainmise d’un gang sur une ville de la banlieue parisienne. Il y a bien quelques clichés, comme par exemple la personnalité du capitaine Coste trop genre Belmondo dans le solitaire ou la rivalité un peut trop exagérée pour être honnête entre la brigade des stup  et la BAC, encore que sur ce dernier point, il y a sans doute du vrai.

    Olivier Norek nous plonge donc dans le quotidien de la police dans une cité gangrenée par la violence et dont la drogue est la seule planche de salut pour les dealers et pour les consommateurs. Si ce ne sont les flics qui font ce qu’ils peuvent, c’est à dire la plupart du temps pas grand chose, l’Etat est aux abonnés absents, la maire est de mèche avec les caïds vers qui elle détourne des subventions afin de maintenir un semblant de paix. Ce qui met le feu aux poudres dans la bonne ville de Malceny ( ou de braves  retraités sont forcés de cacher des pains de cocaïne et des liasses de billets dans leurs appartements), c’est qu’un nouveau caïd a décidé de remplacer le précédent en le dézinguant ainsi que toute son équipe. Victor Coste qui devait prendre quelques jours de congés avec son amie ( cliché polar aussi) doit reporter le départ et prendre les choses en main, aidé par une équipe d’attachants gais lurons. Mais cette tentative de reprise en main dans ces zones de non-droit ne se fait pas sans dommages. Sur l'ordre de la maire , la police municipale provoque les jeunes pour faire éclater des émeutes afin que la ville de Malceny soit sous le feu des projecteurs et  pour que la maire qui n’avait déjà pas les cuisses propres puisse obtenir du ministère de la ville des subventions supplémentaires afin de satisfaire le nouveau chef de gang (dont le lieutenant est un gosse de 12 ans) . Mais l’équipe de Coste assure et le tout finit à la fin du roman (je sais, c'est pas drôle).

    En plus d’être un bon polar, ce roman nous montre le quotidien d’une ville de banlieue (dont la dernière quincaillerie a fermé depuis longtemps si tant est qu’il y en a déjà eu une et où le terme de ‘vandalisés’ semble bien faible pour décrire ce qu’il advient des cabines téléphoniques), la misère sociale, la violence, le trafic de drogues et montre l’impuissance des politiciens qui en sont réduits à devoir partager leur maigre pouvoir avec des malfrats. Je ne pense pas que ce soit exagéré même si pour pimenter le roman l’auteur a condensé le pire de ce que peut subir ce type de ville.

    Evidemment, ce n’est pas de la littérature mais ce n’était pas l’intention de l’auteur qui a rempli son cahier des charges et qui avec ce genre de roman réaliste n'a pas dû se faire que des amis.

     

    Interview de l'auteur sur le site de Marianne

     

    éditions Michel Lafon, parution : 09/2014, lecture mars 2015, 394 pages, kindle. 4/5

     

    Loïc LT

  • l'affaire du pochon

    Depuis quelques mois, il y avait un pochon bleu et rouge dans le fossé au bord de la route à cent mètres sur la droite, côté forêt au dessus de chez moi. Ce pochon m’agaçait le matin en allant au boulot et le soir en rentrant. En cette fin d’hiver où la végétation est encore moribonde, on ne voyait que lui. Je suis sans doute moins écolo que la moyenne de mes compatriotes mais je suis persuadé que dans notre village, peuplé d’une vingtaine de contribuables (je ne sais pas s’il faut compter les voisins d’en face qu’on n’a pas vus depuis des lampadaires), peu avaient remarqué ce pochon ou alors s’en foutaient.

    Et puis, c’est vrai, il aurait été facile qu’un soir en arrivant, j’aille le chercher mais je voulais voir si quelqu’un d’autre allait le faire (tout en sachant qu’au bout de quelques temps, j’y serais allé) mais personne. Les gens qui passent en auto ou à vélocipède, je dis pas mais on voit régulièrement des promeneurs polonais, des quincailliers en retraite et j’avais encore un peu d’espoir en l’humanité, même le dimanche où l’on a goût à rien sauf à traîner ses guêtres et sa misère sociale sur les chemins de nulle part.

    Mais non, le pochon a tenu tout l’hiver, encerclé par une ronce. Des employés communaux ont fait des travaux dans le périmètre mais aucun d’entre eux n’a eu le courage d’extraire du fossé ce que d’aucuns appellent un sac plastique, sac dont une légende affirme qu’il lui faut 1000 mille ans pour redevenir poussière. ( récemment, un promeneur turc a trouvé sur une plage bretonne l’emballage d’un Raider, barre chocolatée qui n’existe plus depuis 1991. Ouest-France s’en est fait l’écho montrant un emballage presque pas abîmé, en tout cas, encore loin d’être éliminé, bien que soumis aux vagues, au sable et aux tempêtes de joie.)

    Globalement, je suis agacé par la pollution des fossés et je suis bien placé pour en parler parce qu'effectuant mon footing tous les quatre matins, je n’ai de cesse de voir des canettes de bière, des boites de chez McDo, des cd de Nolwenn Leroy (que les gens balancent par agacement parce que l’autoradio ne veut plus les lire ou plus probablement parce que dans un moment de lucidité ils se sont rendus compte que c’était de la daube)  et autres saloperies jetées sans vergogne par dessus bord (je l’ai fait une fois il y a quelques années et je l’ai payé cher puisqu’une collègue de boulot me suivait, a vu la bouteille voler et ne s’est pas privée pour le rapporter ensuite au bureau).

    Mais revenons à notre pochon. Il a donc passé l’hiver armoricain tranquillement, a subi les pluies et les vents, les gelées, les rosées et les gaz d’échappement. Il y a un mois, je me suis remis à courir après une longue pause mais comme mon circuit partait dans l’autre sens, je ne passais pas devant ledit pochon. Mais un jour, je suis parti dans sa direction avec la ferme intention de l’extraire de là. Je suis donc allé me défouler dans les bois de Camors et au retour, j’ai accompli ma bonne action : je me suis arrêté, j’ai récupéré la chose et il s’est avéré que plus qu’un pochon, il s’agissait en fait d’un sac poubelle rempli de détritus (j’ai cru deviner des couches et différents consommables pour bébés). J’ai fini mon footing avec ce trophée dans la main droite. J’aurais aimé que des voisins me croisent pour que cet acte héroïque soit pris à témoin mais personne. Il faut dire que c’était l’heure où tf1 diffuse des jeux intéressants. Pas grave, j’ai ma conscience pour moi, j’ai débarrassé la douve (synonyme très approximatif de fossé pour changer un peu)  de cet intrus et mes départs et arrivées quotidiens au village d’une contrariété.

    Toute cette histoire ne valait sans doute pas une note mais je  voulais dire que l’environnement  avant d’être un programme politique, c’est avant tout ces petits gestes en bas de chez soi, qui additionnés, finissent par peut-être ne plus n’être qu’une goutte d’eau. Vive la République, vive la France.

    Loïc LT, politiquement correct à ses heures perdues

  • les calendes grecques

    Ce qui se passe en Grèce m'intéresse au plus haut point. Lorsque j'ouvre mon OuestFrance le matin, je cherche en premier un article consacré à cette histoire. Car pour la première fois, au sein de l'Union Européenne et cerise sur le gâteau, au sein de la zone euro, un peuple a envoyé au pouvoir des dirigeants antilibéraux fort sympathiques ceci dit, doux rêveurs mais antilibéraux.  Mais ce pays, comme chacun sait n'est pas n'importe quel pays : c'est un pays surendetté (pour des raisons que j'ai déjà évoqué dans une précédente note) et qui est sous perfusion via des prêts accordés par divers organismes internationaux en contrepartie desquels il est demandé au grecs de mettre en place une politique d'austérité. On peut discuter de savoir si c'était la bonne solution mais le fait est que des engagements ont été pris par les gouvernements précédents, des parapheurs ont été signés et que ces engagements sont totalement à l'opposé de ce que le parti de Tsípras avait promis dans son programme. Or, promis, juré, croix de bois, croix de fer, si je mens, je vais en enferTsípras affirme dans un premier temps qu'il mettra son programme en oeuvre coûte que coûte. Saluons la témérité de cet homme qui change un peu avec des quincailliers européens qui mangent leur chapeau dès leur arrivée au pouvoir.

    Sauf que là,  deux mois après son arrivée au pouvoir, Tsípras et son fidèle compagnon Varoufákis sont en train de préparer les Grecs à un retournement de veste si prévisible vu de l'extérieur qu'on est presque triste pour ces utopistes qui n'ont qu'une ambition : sortir la Grèce de ce merdier et améliorer la condition de vie des habitants. C'est noble, qui pourrait le leur reprocher ? N'empêche qu'après moult réunions et rencontres avec les responsables européens et en particulier avec Schäuble, l'irascible ministre des finances allemand,  Tsípras a déjà dû annoncer qu'une partie des promesses sont remises aux calendes grecques ( ce qui signifie en langage politique qu'elles ne seront jamais mises en oeuvre) et le en partie signifie l'essentiel des promesses...

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    Pour l'instant, la seule chose dont se vante Tsípras est d'avoir débaptisé la Troïka en institutions. La belle affaire. Comme de fait, on assiste de part et d'autres à un jeu de dupes à coup d'échanges de phrases creuses afin de ne pas rompre les négociations. Mais il va arriver un moment, où quoi qu'en dise Tsípras, la Grèce va encore avoir besoin de plusieurs milliards d'euros et qu'une chose est sûre, l'Europe ne va pas lui faire de chèques en blanc. Donc, comme le dit OF, pour l'instant le principal soucis de Tsípras est  la difficulté d'annoncer au peuple grec que les promesses électorales qu l'ont porté au pouvoir ne pourront pas toutes êtres tenue, ce qui veut dire aucune si ce ne sont des promesses non financières. 

    Comme je le disais dans un commentaire chez un confrère de Blogspirit également très intéressé par la question, nous nous retrouvons donc devant un cas d'école : un parti d'extrême gauche peut-il tenir ses promesses dans un pays surendetté et dans le contexte de la mondialisation ? J'irais même plus loin,  je ne suis même pas sûr qu'il les aurait tenues s'il était arrivé au pouvoir dans un pays non surendetté. C'est dire la difficulté de sa tâche. Pour l'instant, il essaie de gagner du temps en bon communicant qu'il est mais il arrive un moment où l'action doit prendre le pas sur la communication. 

    Parlons un peu maintenant de l'Hexagone. Je ne crois pas du tout que le Front National arrive au pouvoir..mais admettons. Et bien, étant donné que le programme économique du FN est un programme plutôt antilibéral du même tonneau que celui de Syriza (augmentation des retraites, du smic etc...), sur ces points-là les extrêmes se rejoignent, et bien, Mme Le Pen ne ferait pas mieux que Tsípras. Elle ferait pire même parce que connaissant l'esprit révolutionnaire de mes compatriotes, elle aurait à faire face à des manifestations et des révoltes de toutes parts, contrairement à Tsípras qui bénéficie pour l'instant du soutien d'une majorité de grecs. 

    Me concernant, je préfère, je vous rassure,  avoir comme gouvernant un parti comme Syriza que le FN. Quand on en arrive à se demander quel parti d'extrême on préfère, c'est qu'il y a quelque chose qui cloche quand même. 

    Loïc LT, membre émérite du MDQ et recenseur de cabines téléphoniques

  • radiocassette : Eléor - Dominique A

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    Coup de coeur pour :

    - Central Otago

    - Cap Farvel

    - au revoir mon amour

    et quasiment toutes les autres...

     

    J'aurai sans doute envie d'éplucher Central Otago en détail sur ce blog. Cette chanson m'intrigue au plus haut point, encore que pas surprenante venant de ce chanteur à l'univers si particulier. 

     

    dominique a,chanson française,variété française

    Dans un tout autre registre paroissial, le festival dans lequel j'ai le plus traîner mes guêtres annonce sa programmation mercredi. 

    dominique a,chanson française,variété française

     

     

  • recensement des cabines # 7 Conteville (Eure)

    Cette septième édition de l'inventaire des cabines est un peu spéciale (puisque pas écrite par moi mais par Appoline), exotique aussi puisque nous sommes invités à découvrir la cabine de Conteville, village peuplé de 940 contribuables situé en Haute-Normandie, non loin de la Seine, c'est à dire à près de 400 kms de Camors.

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    Je laisse donc Appoline aux commandes, texte et photos à l'appui. 

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    Voici les clichés tant attendus pris ce matin vers 9h30 en ce dimanche humide, pétri de froideur brumeuse. Munie du Panasonic et d'un paletot chaud (pléonasme ?), j'ai donc rejoint mon bourg, avec comme unique mission, celle que tu m'avais donnée : en savoir plus sur ce service mis à la disposition des habitants et itinérants  passant sur la route de l'estuaire, route touristique reliant Pont-Audemer à Honfleur.
    Comme déjà dit, cette cabine peut passer inaperçue, coincée qu'elle est entre un abribus immonde et un petit parking offrant quelques places au téléphoneur potentiel. Plus loin, une fontaine sèche. Tu observes l'architecture normande du pignon de l'épicerie, ce colombage auquel tu n'es pas insensible, je le sais. Couleur locale donc donnant un cachet à l'endroit, permettant la mise en valeur de l'aménagement PTT.  Aménagement par ailleurs classique, et surtout, cela fonctionne puisque tonalité il y a !  Par contre, je n'ai vu aucun utilisateur, je n'ai interrogé personne, par contre, quelques passants m'ont observée, d'un air interrogateur, m'intéresser à ce monument d'un autre temps.

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    En face, de l'autre côté de la route, il y a un restaurant  "La margotine", fermé depuis au moins deux ans et demi. Enfin, je crois que c'était encore ouvert lors de notre arrivée à Conteville l'été 2012, mais je me souviens qu'il n'y avait jamais personne...Raison de l'insuccès mal connue, j'ai demandé une fois ce qu'il en était, on m'a répondu je ne sais trop quoi d'un air gêné.

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    Par contre, de ce même côté de la rue, il y a un restaurant gastronomique "L'auberge du vieux logis". C'est bon, mais c'est cher. Ambiance feutrée, c'est moquetté. Accueil bienséant. Longue description théâtrale du contenu de l'assiette. C'est d'un chic ! On y allait, mais l'addition a fini par nous dégoûter, alors, on n'y va plus. Des amateurs de bonne chère viennent des environs, des gens friqués, plutôt des anciens. On a failli y faire notre repas de mariage, mais, on nous laissait peu de choix et c'était onéreux au possible, on sortit avec une mauvaise impression du RDV de présentation, alors on a rappelé pour dire non.

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    Entre ces 2 services, le salon de coiffure, la poste, la boulangerie, un bar-tabac, un cabinet infirmier (depuis peu).  
    Et puis, trônant au fond de la grande place, la fameuse épicerie (ndlr : quelle fameuse épicerie ?, photo ? ) 
    zoom sur la boulangerie : en ce dimanche matin, à 9h30, la clientèle est composée exclusivement d'hommes, l'intérieur exigu est plein à craquer,  bientôt ce sera un défilé de "paquets de gâteaux du dimanche matin" (cf. Delerm encore). Je rencontre l'entrepreneur qui a taillé notre haie il y a quelques mois, on parle des fourmis rouges, il semble que notre haie soit condamnée...

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    L'autre centre d'attraction, le bar Le Pressoir car on est pressés de s'y retrouver. On y a mis les pieds une fois ou l'autre, histoire d'aller à la découverte des autochtones. Rien de mirobolant. Je ne me souviens que du succès des jeux de grattage et des paquets de cigarettes. C'est un lieu très froid, les patrons ne créent pas la convivialité qui ferait qu'on a envie d'y retourner. Cynisme tous azimuts. Alors, on n'y va plus. Service gaz aussi, vois-je.
     
    Le cabinet infirmier jouxte le bar, cela peut être utile, c'est un beau raccourci : les excès pardonnent rarement ici-bas.
     

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    Merci Appoline.  Je reprends la parole pour vous dire que le salon de coiffure fait -10% sur les coupes homme pendant tout le mois de mars...au cas où vous passeriez dans le coin, ce serait dommage de ne pas en profiter...

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    Spécificité normande ou quoi : les joggers courent en tenue de ville ou bien alors le type est un voleur  qui se rue vers le client sortant de la boulangerie pour lui arracher son pain de 2 livres. L'insécurité est partout. 

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    Quelle est est cette enseigne Gam qui a le privilège d'être située  à quelques mètres de la dite cabine téléphonique ? On croit deviner à l'intérieur des magazines...Je distingue juste sur l'enseigne 'érette'...supérette sans doute ? Il semblerait selon les pages jaunes que ce soit effectivement une supérette, tenue par Odile Morin. Je demande confirmation quand même parce que le bottin n'évoque pas le terme GAM. 

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    Et la confirmation, je l'ai de suite via Google Map, il s'agit bien d'une supérette, une belle supérette à colombage devant laquelle trône un distributeur de boissons...et à sa droite, nous retrouvons ce hideux abribus ainsi que notre cabine (qui m'a tout l'air d'être en cours d'utilisation..en tout cas, on devine une ombre...)

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    Ce type au froc informe (je ne supporte pas l'assemblage bluejean-baskets) semble utiliser un de ces appareils modernes sans fil à la mode actuellement. Service de gaz il y a, certes, mais il manque les cubes qui sont quand même plus pratiques. 

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    Cet inventaire des cabines pose plus de questions qu'il ne donne de réponses et demande une suite...

    Merci encore Appoline. La prochaine édition sera consacrée à Brandivy, patelin situé à 10 kms de Camors. Vous verrez que ce bourg qui n'a l'air de rien nous réserve quelques belles surprises. 

    Appoline, Loïc LT. 

  • CR276 : dans son propre rôle - Fanny Chiarello

    dans son propre rôle.jpgLors de la promotion de son précédent roman en 2013, je me souviens avoir été subjugué par son passage à l'émission la Grande Librairie sur France 5. Vêtue de rouge et rayonnante de beauté, elle illuminait le plateau et puis quand elle a pris la parole, il s'est avéré qu'en plus la dame, pourtant sans doute peu habituée de ces grands-messes télévisuelles savait trouver les mots et le ton pour vendre son roman une faiblesse de Carlotta Delmont (un roman au montage particulier qui ne me tentait pas)...mais je vais arrêter là sur le sujet de Fanny Chiarello (née à Béthune en 1974, c'est à dire comme moi, sous Pompidou) ma femme en deviendrait jalouse. Et je me suis juré de lire le suivant quoi qu'il advienne fut-il un éloge de la vie monastique ou une critique de la permaculture. 

    Depuis, l'auteur a écrit quelques romans pour l'Ecole des loisirs (maison que je connais très bien, mes filles y ont été abonnées via l'école..et il est loin d'être impossible que l'une d'elles a lu du Fanny Chiarello) et puis elle est revenue à la littérature proprement dite avec la sortie de dans son propre rôle en 2015. 

    Je le dis de suite : je n'aurais pas lu ce roman s'il avait été écrit par quelqu'un d'autre que cet auteur. La quatrième de couverture m'aurait laissé indifférent (et on ne peut pas tout lire) :

    Une farandole silencieuse au clair de lune accueille Fennella pour son arrivée à Wannock Manor, cette vaste demeure aristocratique où elle débutera dès le lendemain matin, à six heures, comme domestique.
    Pendant ce temps, Jeanette pleure rageusement sur le cadavre d'une mouche dans une suite du Grand Hôtel de Brighton, où elle est femme de chambre.
    Deux scènes de la vie quotidienne, en Angleterre, en 1947. Deux existences que tout semble séparer, dans ce pays où les différences de classe sont encore un obstacle infranchissable entre les êtres.
    Fennella a perdu la parole à la suite d'un traumatisme. Jeanette est une jeune veuve de guerre qui a perdu tout espoir dans la vie. Une lettre mal adressée et une passion commune pour l'opéra vont provoquer leur rencontre et bouleverser leurs destins.
    Le cheminement intérieur de deux femmes en quête d'absolu et d'émancipation, c'est ce que raconte ce roman sombre comme le monde dans lequel elles semblent enfermées, et lumineux comme l'amour qui les pousse à s'en libérer.

    Je rassure ceux qui ne sont pas attirés par ce genre (dont je fais partie), la passion pour l'opéra de ces deux domestiques sert juste de prétexte à leur rencontre. L'essentiel est ailleurs. Ce roman à l'écriture très riche mais sans afféterie est avant tout l'histoire de deux femmes aux tempéraments différents mais que les soubresauts de l'histoire additionné à une erreur d'adresse postale vont faire se rencontrer. On plonge au cœur des années d'après guerre et si l'Angleterre se reconstruit (en gardant évidemment son modèle aristocratique aujourd'hui encore loin d'être enterré), la population garde encore les stigmates du conflit, Fennella et Jeanette sont deux veuves parmi des milliers d'autres (encore que concernant Fennella, on ne peut pas parler de veuvage). Elle sont toutes les deux domestiques dans deux villes différentes et Fennella, muette depuis un traumatisme de guerre décide de rencontrer Jeanette parce qu'elle pense que cette dernière de par sa passion pour l'opéra (et pour Kathleen Ferrier en particulier) a quelque chose à lui apporter et parce que Fennella sans trop en avoir conscience est lasse de sa condition de domestique, tout comme Jeanette qui n'a que faire de ses collègues mais dont le chagrin est plus fort que l'ambition.

    Je serais trop macho en affirmant que ce roman est plutôt écrit pour les femmes...que la plume de Fanny Chiarello est d'une sensibilité avant tout féminine..mais dans son propre rôle est tout sauf un roman féministe. Il  nous rappelle avant tout la difficulté de faire le deuil de celui avec qui on voulait lier sa vie, l'aberration aristocratique anglaise et le déterminisme qu'elle induit. 

    Le petit reproche que je ferais (et que je fais souvent notamment concernant les liaisons dangereuses) est que les discussions entre les deux domestiques (Fennella s'exprimant via un carnet) sont trop raffinées pour être crédibles, l'auteur ne parvenant pas à prêter sa plume à ses personnages. 

    Pour le reste, c'est bien construit, Fanny Chiarello possède sans conteste l'art du roman et elle a ce génie, ce talent de tous les gens nés sous Pompidou -).

    Loïc LT

    éditions de l'Olivier, parution : janvier 2015, lecture : mars 2015, kindle, 236 pages. note : 4/5

  • recensement des cabines # 6 Guénin

    Aujourd'hui, c'est Guénin qui s'y colle. Située au nord de Baud de l'autre côté de la mythique route nationale 24, cette route à 2X2 voies gratuite (grâce Anne de Bretagne dit la légende) et que j'évoquais dans l'inventaire consacré à Languidic, sépare, selon moi, les bourgs littoraux des bourgs de l'intérieur des terres, c'est à dire l'Argoat, c'est à dire aussi le début de la fin puisque plus on s'engage vers l'intérieur de la Bretagne, plus on se demande où on va. L' exode rural et la désindustrialisation ont fait fuir les populations vers le sud de la Bretagne ou vers d'autres horizons. Mais j'aime beaucoup ces endroits reculés où les gens doivent faire avec les moyens du bord ce qui fait qu'on n'est pas à l'abri de quelques belles surprises.

    Mais Guénin est encore trop près de Vannes et de Languidic pour qu'on puisse se permettre de déclarer ce bourg sinistré. D'ailleurs, le bled est ceinturé de cités pavillonnaires (qui ne m'intéressent pas). 

    Dès qu'on arrive devant l'église, on ne peut pas la louper, elle est là, terne, discrète et sans cachet, comme se doit être toute cabine. Elle est à ranger dans la catégorie hors service (ça me fait penser qu'il faudrait que je fasse un récap sous forme de tableau des cabines en fonction ou pas, cela pourrait peut-être intéresser des touristes en recherche de villégiature et ne possédant pas de téléphone cellulaire itinéris). 

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    Sous un autre angle

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    De l'autre côté de la rue, on aura une pensée pour ce guéninois qui a du se coltiner la première guerre mondiale (et être mutilé) puis sans doute résistant pendant la seconde, se faire fusiller en 1944. 

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    Guénin possède quand même un certain charme (mais il ne faudrait pas que je le dise à chaque fois, on va finir par croire que j'aime la Bretagne) avec toutes ces maisons en pierre et ses fresques murales un peu défraîchies.

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    Une enseigne a retenu mon attention. J'ai cru d'abord qu'il s'agissait d'un restaurant mais il se trouve qu'une dame sortant de la boulangerie d'à côté (dont je reparle plus bas)  s'y dirige et je lui demande courtoisement quel est ce commerce. Gentiment, elle me répond que c'était un magasin de fringues, qu'il est fermé depuis 6 ans et puis elle m'explique aussi pourquoi les trois moineaux. Je vous épargne les explications. Je ne sais pas comment font les guéninois pour s'habiller maintenant mais on ne doute pas que ce magasin devait vendre de très belles blouses ainsi que des jupons affriolants. 

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    Sinon, Guénin est un bourg comme un autre, avec son bar, sa boulangerie, sa crèmerie, sa quincaillerie, sa cabine téléphonique donc, sa mairie, ses maisons à vendre depuis 1963, sa salle polyvalente...

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    Il y a eu un moment dans les années 60 ou 70 ou pour moderniser leur habitat, les habitants en même temps qu'ils achetaient de beaux meubles en formica, faisaient enduire leur maison de pierre d'un revêtement en béton ou que sais-je. Aujourd'hui, retour en arrière, certains s'amusent à enlever cet enduit inutile pour redonner aux murs leur cachet d'antan. Il en est de même dans les champs : la mode est au retour des talus alors qu'on les avait quasiment tous détruits dans les années 50 (remembrement). 

    Voici le genre de baraque hideuse avec son enduit immonde. 

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    Les grands boulevards (sans âme qui vive) :

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    S'il ne doit rester qu'un commerce dans ce genre de bourg (en dehors du ou des bars), c'est la boulangerie et celle de Guénin tenue par Sylvie et Alain Thomassette (aucune réponse sur google concernant ces deux commerçants) dispose d'une belle vitrine qui détonne à côté de celle du bar le Rallye qui ne doit se remplir qu'à la sortie de la messe du dimanche (on notera la présence d'un phormium en face du bar tout comme à côté de la cabine, la mode est au phormium dans ce petit village fantôme, faut dire que le phormium est une vivace résistante et persistante). 

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    Une vieille photo trouvée sur le site de la commune nous apprend que jadis le Rallye faisait aussi restaurant (fermé depuis pas longtemps sans doute pour que la photo soit toujours sur le site). On pouvait donc il y a quelques années s'acheter des paletots neufs, se sustenter et téléphoner sur zone  :

     

    guénin,morbihan,bretagne,cabine téléphonique,quincaillerie

    Loïc LT 

  • CR275 : Vernon Subutex - Virginie Despentes

    compte rendu de lecture,virginie despentes,littérature,littérature française,livre,kindle,roman,culture,rockPendant que je traînais ma misère dans ces tristes bourgs de la Bretagne intérieure disposant de cabines en piteux état, je lisais aussi surtout le soir et souvent la nuit le dernier opus de Virginie Despentes intitulé Vernon Subutex. Du même auteur, j’avais déjà lu apocalyspe bébé en 2010, et il m’avait beaucoup plu me rappelle mon médiocre compte rendu que je viens de relire. D’ailleurs en le relisant, je me suis fait la réflexion qu'avec Vernon Subutex, Virginie utilise toujours la même technique : un personnage central, en l'occurrence ici Vernon autour de qui gravitent des personnages secondaires qui rentrent et qui sortent du roman, et qui reviennent parfois ou pas. Cette multitude de protagonistes représente la principale difficulté pour le lecteur, surtout pour moi qui ai la mémoire défaillante (et le rythme de lecture aléatoire). La prochaine fois, je prendrai des notes dans le carnet de moleskine qui ma sœur m’a offert.

    Le roman raconte l’histoire d’un disquaire parisien d’une cinquantaine d’années qui se fait appeler Vernon Subutex (j'ai oublié son vrai nom) et qui, dans les années 90, doit déposer le bilan comme tout disquaire qui se respecte (et comme tout quincaillier). Dans un premier temps, il vit de la vente de son fond de commerce (affiches, vinyles collectors) mais très vite il se retrouve sans rien. Il se met alors à squatter chez différents amis chez qui il lui arrive différentes péripéties. Par l'intermédiaire d'un de ses amis, il croise lors d'une soirée le chemin d'un scénariste qui songe à réaliser un documentaire sur Alex Beach, un chanteur à succès, ami de Vernon, qui vient de mourir d’une overdose dans sa baignoire. Or il se trouve que Vernon dispose d’un enregistrement d’une interview que le chanteur lui a accordée. Beaucoup de gens sont intéressés par cette cassette et une certaine femme qui se fait appeler la Hyène (une sorte de Lisbeth Salender ) et spécialisée dans les recherches de ce genre entre en jeu, engagée par le scénariste afin de retrouver celui qui détient l'enregistrement.

    Mais après avoir exégérément profité de la bonté de ses amis (tous anciens clients du disquaire et amateurs d’une musique aujourd'hui défunte qu’on appelait le rock - qui tient d’ailleurs une place prépondérante dans le roman -), Vernon qui a sa fierté se retrouve SDF et vit cette situation avec une certaine philosophie. Il fait des rencontres dans le milieu, des anciens amis essaient de le sortir de ce pétrin mais Vernon refuse. Ce premier tome se termine de la sorte. Il ne peut pas tomber plus bas.

    Tout comme dans apocalypse bébé, j’ai apprécié le style trash et brut de décoffrage de l’auteur qui ne s'embarrasse pas des tabous et du politiquement correct. Dans ce roman décoiffant, se côtoient, des lesbiennes, des transsexuels, des drogués, des fachos car c'est un fait que Despentes a un penchant pour les anticonformistes, genre de ceux qu’on ne risque pas de trouver au bar Le Celtic de La Chapelle-Neuve. C’est donc une vision lucide mais partielle de notre société que nous propose l’auteur. C’est son fil rouge et j’aime les auteurs qui gardent une certaine cohérence (comme Philip Roth ou Philippe Djian) dans leur oeuvre.

    Du coup, je vais être gentil et lui mettre une note supérieure à celle que j’ai mis sur Babelio: 3.5/5. Pas plus car je ne peux pas occulter le fait que j’ai été dans le dur au milieu du roman au point que je me suis demandé si je devais continuer..mais si vous avez le même soucis que moi, un conseil : ne le lâchez-pas.

    Le tome 2 est prévu pour mai 2015.

    Loïc LT

    éditeur : grasset, parution : janvier 2015, lecture : kindle, 400 pages (pour les 2 tomes ? ). lecture : février et mars 2015

  • recensement des cabines # 5 La Chapelle-Neuve (Morbihan)

    La Chapelle-Neuve est un bourg qui se situe à 3 kms à vol de drone de ma maison, donc pas très loin. Cependant, je ne m'y rends pour ainsi dire jamais puisque je n'y connais personne et puis il ne dispose que de très peu de commerces et donc pas de quincaillerie. A côté de Baud, Camors et surtout Languidic, c'est un tout petit bourg, un bourg annexe mais qui ne manque pas de charme. Il représente le type même du bourg de l'arrière pays breton (parce qu'il n'y a pas que l'arrière pays niçois dans la vie) avec son église de style gothique au centre à partir  de laquelle  partent en étoiles, toutes les rues pour finir sur le panneau de fin d'agglomération et la vue sur les champs voués à l'agriculture intensive.  

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     La cabine  se situe devant la mairie. Mais les Nouveaux-Chapelains ne peuvent s'en servir car elle ne fonctionne pas. Par contre, la boite à lettres située à côté fonctionne. J'ai mis une lettre dedans et elle est entrée sans problème. 

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    Plus ça va et plus je me dis que l'inventaire des cabines n'est qu'un prétexte pour évoquer un bourg à travers son architecture et ses commerces. Comme souvent dans ce type de villages, nombre de maisons sont inhabitées (qui sont souvent d'anciens commerces) et je trouve ça fort  dommage surtout quand on voit comment des cités grignotent la campagne en périphérie.

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    Pourquoi au lieu de construire des HLM aux abords du village, la commune ne rachèterait pas ses maisons (qui doivent posséder un jardin intérieur) pour les réhabiliter et les louer à des foyers modestes ou pas ? Ou inciter  des futurs propriétaires privés?  Plus généralement, je serais favorable à un grand plan national de repeuplement des centres historiques des villages de France. Profitons des excédents budgétaires actuels pour redonner à notre pays des villages vivants et accueillants ! Pourquoi ne pas y accueillir sur la base du volontariat des gens des banlieues ? (idée nauséabonde soi disant mais je vois pas en quoi).  Ils ne trouveront pas y ici plus de boulot que dans le 93 mais ils auront le calme, la tranquillité et des services publics à disposition (en dehors de la cabine mais les services des Postes, Télégraphes et Téléphone doivent mettre tout en oeuvre pour sa remise en marche). 

    Dans ce bourg de 800 habitants, quelques commerces subsistent :

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    Ah zut, c'est juste après avoir posté la photo que je me suis rendu compte que le commerce était en vente (des doutes par contre sur le bar à côté). Mais je vous assure, des commerces subsistent !

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    Pour finir, situons un peu les choses quand même :

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    Prochain village : Saint-Barthélémy ou Brandivy ou Plescop ou Bubry ou Génin ou Plumelin...les trous du cul du monde ne manquent pas par ici -)))...oh, on peut plaisanter un peu !

    Loïc LT

  • recensement des cabines # 4 Languidic

    La tournée des cabines devait indéniablement passée par Languidic, bourg où j’ai passé ma jeunesse (1973-1998). J’ai un doute sur un point : depuis quelle ville ai-je passé le plus d’appels en cabines ? J’hésite entre Languidic et Rennes (1991-1993) où j’ai étudié deux ans en fac d'économie. En tout cas, si j’ai passé des appels à Languidic, c’était forcément en payant avec des pièces, à Rennes aussi sans doute. Je ne sais plus et ça me fait mal au ventre. J’ai passé des appels à Hennebont aussi pendant mes années lycée puis lorsque j’y ai habité après avoir quitté Languidic. Peut-être qu’en fin de compte c’est à Hennebont que j’ai passé le plus d’appels. 

    C’est ainsi que vient la mort et qu’on reste sans réponses à  certaines questions.

    Languidic donc. bourg de 7.000 habitants mais bien disséminés dans sa vaste campagne. Le centre-ville doit compter dans les 3000 pèlerins et deux cabines, l’une près de la poste (un grand classique) et l’autre place Guillerme, une pauvre place secondaire qui eut son heure de gloire et qui n’est plus aujourd’hui que la place de délestage de la place principale située en face de l’église. Cette place qui tient son nom d’un ancien maire (1919-1953 quand même) étiqueté UDR est triste et ne compte d’enseignes que Groupama, fort mal située il faut le reconnaître. Jadis, il y avait une droguerie (voire une quincaillerie) au fond qui fut remplacée par une auto-école..sinon, c’est le désert et tout est d’autant plus sinistre que la place n’a pas subi d’aménagements depuis le front populaire . C’est peut-être pour cette raison qu’elle dispose toujours d’une cabine téléphonique, bien en évidence au bord de la route qui traverse le bourg.

    La cabine est en très mauvais état mais fonctionne si je me souviens bien.

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    On ne devrait pas traiter les cabines de cette façon. Moi, je veux bien qu'on colle des affiches dessus (cela signifie que les gens portent un regard vers les cabines) mais pour le reste, c'est tout simplement déplorable. Quand on dispose d'un outil de communication moderne qui fonctionne, on le respecte. Je compte sur les services des PTT pour rendre à cette cabine son lustre d'antan. 

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    Ensuite, je me suis tout naturellement dirigé vers la Poste , une poste indigne d'un bourg de cette importance (du coup, je ne l'ai même pas pris en photo). Enclavée dans une rue qu'un touriste aurait bien du mal à trouver, elle dresse sa laideur non loin de la chapelle Notre-Dame des Fleurs. Par contre, une cabine téléphonique propre et en état de marche lui fait face. 

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    Avouez que l'endroit ne manque pas de charme et le revêtement du pignon de la chaumière n'y est pas étranger.  Il y a pire comme toilettes publiques (au design années 70 mais et  qui pourraient être repeintes cependant...), le lampadaire est moderne mais sobre et la maison de l'autre côté de la rue donne  un petit cachet breton pas désagréable à l'ensemble. C'est un endroit où il doit faire bon téléphoner. En plus, à 20 mètres, se dresse cette pittoresque masure qui ressemble aux maisons que dessinent les enfants. 

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    Comme toute mégalopole, Languidic comprend plusieurs arrondissements. Entre Camors où j'habite et Languidic (10kms), on traverse le bourg de Kergonan qui fait partie de Languidic mais il ne possède plus de cabines téléphoniques. Par contre, en y passant, j'ai eu la surprise de tomber sur un vendeur de légumes se déplaçant en charrette, poussé par un cheval de trait. Son étal n'est pas très achalandé (difficile en cette saison) mais plus qu'une cabine téléphonique, ces commerçants itinérants sont les témoins d'un temps révolu...ou des précurseurs, allez savoir !

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    son bourrin :

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    De l'autre côté de la route, la ruine d'une discothèque dans laquelle j'ai bu et dansé maintes fois :

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    Quittons donc Kergonan et son absence de cabine pour nous rendre à Lanveur, autre quartier de Languidic. Lanveur est collé à Languidic mais la voie express qui les sépare créée comme une frontière, un peu comme un cour d'eau séparant deux villages. Sur la petite place de Lanveur se dresse une cabine qui ne fonctionne plus. Opposé à la discrimination technique, je ne fais pas la différence entre les cabines qui fonctionnent et celles qui ne fonctionnent pas.

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    Pour faire plaisir à Fabienne, j'ai repeint ma 206 en rouge -) La cabine estampillée France Télécom (car tel est le nouveau nom des PTT) se situe à un mètre de l'entrée d'une propriété. Justement, le propriétaire des lieux me voyant prendre des photos est venu vers moi. Je lui ai expliqué le pourquoi de la chose et il m'a répondu que le téléphone de la cabine ne fonctionnait plus depuis de nombreuses années. Il ne comprend pas pourquoi France Télécom (soyons modernes, appelons les PTT par leur nouveau petit nom) n'a pas encore procédé à son démontage. 

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    En tout cas, des AntiCabinistes sont passés par là pour se défouler. Pendant que les djihadistes pillent des musées irakiens, les AntiCabinistes continuent leur travail de sape dans l'indifférence la plus totale. Il ne vaudrait mieux pas pour eux que je croise leur chemin. 

    Il est possible qu'il y ait d'autres cabines sur la commune. Il faudrait que j'aille voir à Tréauray (autre bourg de la commune) et ailleurs encore. Une vie ne suffirait pas pour faire le tour de Languidic.

    Loïc LT