Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

roman policier

  • CR277 : territoires - Olivier Norek

    compte rendu de lecture, kindle, polar, roman, roman policier, olivier norek, banlieue, Si je ne m’abuse, c’est la première fois que je commente un roman paru chez Michel Lafon,  maison qui en général ne fait pas dans la dentelle. Avec territoires, Olivier Norek n’en fait pas non plus mais une chronique lue je ne sais plus où m’avait mis l’eau à la bouche. Au départ j’avais peur du syndrome James Ellroy (qui conduit à ne déjà plus rien comprendre au bout de quelques minutes de lecture) mais la crainte s’est vite dissipée, territoires faisant partie des romans qui vous happent dès le début. Point de fioritures, point de blabla et de descriptions inutiles, l’auteur n’est pas un fan du nouveau roman ! De l’action avant toute chose, des chapitres courts, un rythme soutenu pour une histoire  tout à fait crédible. Il faut dire qu’en sa qualité de flic (en disponibilité), Olivier Norek connaît son sujet, en particulier ici la mainmise d’un gang sur une ville de la banlieue parisienne. Il y a bien quelques clichés, comme par exemple la personnalité du capitaine Coste trop genre Belmondo dans le solitaire ou la rivalité un peut trop exagérée pour être honnête entre la brigade des stup  et la BAC, encore que sur ce dernier point, il y a sans doute du vrai.

    Olivier Norek nous plonge donc dans le quotidien de la police dans une cité gangrenée par la violence et dont la drogue est la seule planche de salut pour les dealers et pour les consommateurs. Si ce ne sont les flics qui font ce qu’ils peuvent, c’est à dire la plupart du temps pas grand chose, l’Etat est aux abonnés absents, la maire est de mèche avec les caïds vers qui elle détourne des subventions afin de maintenir un semblant de paix. Ce qui met le feu aux poudres dans la bonne ville de Malceny ( ou de braves  retraités sont forcés de cacher des pains de cocaïne et des liasses de billets dans leurs appartements), c’est qu’un nouveau caïd a décidé de remplacer le précédent en le dézinguant ainsi que toute son équipe. Victor Coste qui devait prendre quelques jours de congés avec son amie ( cliché polar aussi) doit reporter le départ et prendre les choses en main, aidé par une équipe d’attachants gais lurons. Mais cette tentative de reprise en main dans ces zones de non-droit ne se fait pas sans dommages. Sur l'ordre de la maire , la police municipale provoque les jeunes pour faire éclater des émeutes afin que la ville de Malceny soit sous le feu des projecteurs et  pour que la maire qui n’avait déjà pas les cuisses propres puisse obtenir du ministère de la ville des subventions supplémentaires afin de satisfaire le nouveau chef de gang (dont le lieutenant est un gosse de 12 ans) . Mais l’équipe de Coste assure et le tout finit à la fin du roman (je sais, c'est pas drôle).

    En plus d’être un bon polar, ce roman nous montre le quotidien d’une ville de banlieue (dont la dernière quincaillerie a fermé depuis longtemps si tant est qu’il y en a déjà eu une et où le terme de ‘vandalisés’ semble bien faible pour décrire ce qu’il advient des cabines téléphoniques), la misère sociale, la violence, le trafic de drogues et montre l’impuissance des politiciens qui en sont réduits à devoir partager leur maigre pouvoir avec des malfrats. Je ne pense pas que ce soit exagéré même si pour pimenter le roman l’auteur a condensé le pire de ce que peut subir ce type de ville.

    Evidemment, ce n’est pas de la littérature mais ce n’était pas l’intention de l’auteur qui a rempli son cahier des charges et qui avec ce genre de roman réaliste n'a pas dû se faire que des amis.

     

    Interview de l'auteur sur le site de Marianne

     

    éditions Michel Lafon, parution : 09/2014, lecture mars 2015, 394 pages, kindle. 4/5

     

    Loïc LT

  • CR261 : juste une ombre : Karine Giebel

    compte rendu de lecture,polar,roman policier,livre,lectureUn soir, je m'apprêtais à partir faire mon footing et j’étais dans la chambre en train de me mettre en tenue quand je tombe sur ce livre dans la bibliothèque de ma femme. On le lui avait offert à noël. Son titre et sa couverture ne me donnent pas envie...mais par curiosité comme ça, je le prends et commence à le lire histoire de voir vite fait de quoi il en retourne. Je lis le premier chapitre rapidement et file.

    Plus tard en rentrant, je prends ma douche et tout et en rentrant dans la chambre, je revoir le livre et je me dis ‘tiens j’aimerais quand même bien savoir si cette Cloé sans h est une folle dingue ou quoi'.

    J’ai dévoré le livre en quelques jours.

    Si vous êtes une femme, que vous vivez seule, que vous avez peur dans le noir et que vous avez même de loin un petit côté paranoïaque, je vous déconseille cette lecture.

    Pour le reste, amateurs de sensations fortes et de films d’Hitchcock, allez l’acheter et lisez-le. Offrez-le à des amis. Karine Giebel gagne à êtres connue.

    C’est donc l’histoire de Cloé sans h après le C, belle et intelligente cadre haut placée dans une agence de pub, qui a tout pour elle et qui à partir d’un soir où elle regagne seule sa voiture, se croit poursuivie et harcelée par un type en cagoule avec une capuche. Personne ne la croit, on la prend pour une paranoïaque sauf un flic un peu barjot et désœuvré (un des rares lieux communs de ce polar). Mais l’homme a la capuche qu’elle appelle l’ombre se fait de plus en plus menaçant. Cloé perd pied.

    Ce polar est une longue descente en enfer.

    Ce que j’ai crains pendant la lecture, c’est que ça se termine par un  happy end avec le sauveur qui arrive juste au bon moment. Je ne vais pas vous dire que qu’il advient de Cloé mais le final n’est pas celui que je craignais.

    Un bon polar qui vous fait vérifier deux fois si vous avez bien verrouillé vos portes avant de vous coucher...à bon entendeur, salut.

     

    Pocket puis kindle, lecture : juin 2014, note : 4.5/5 

  • CR259 : la mystérieuse affaire de Styles - Agatha Christie

    8603497_1.jpgJe n'avais pas lu un Agatha Christie depuis au moins 25 ans. Je me souviens qu'abonné à la bibliothèque de Languidic, je m'y rendais régulièrement à vélocipède, j'empruntais 2 ou 3 Agatha que je dévorais dans les bois et les champs environnant Berloch, puis je les rendais et en reprenais d'autres. Cela a duré jusqu'à épuisement. Après, je ne me souviens plus ce que je me suis mis à lire ; il y a eut les Maurice Leblanc, les Gaston Leroux, puis les Stephen King je crois puis Zola aussi à cette période-là. C'était vraiment bien. C'était tout un monde qui s'ouvrait à moi. Paradoxalement, en ces temps  collégiens, je détestais le français, j'étais même un des pires éléments de la classe. En quatrième, j'avais une prof qui m'avait pris en grippe. Je ne m'explique pas trop tout cela. 

    Pendant cette période faste, j'avais donc lu la mystérieuse affaire de Styles. D'ailleurs, au bout de quelques pages de cette relecture, certains noms me sont revenus à l'esprit sauf heureusement l'identité de l'assassin. 

    L’atmosphère des romans de Christie m'est toujours aussi agréable même s'il faut mettre de côté l'agacement que peut procurer ces meurtres perpétrés dans la haute aristocratie anglaise pour des raisons d'argent la plupart du temps. Dans celui-ci, cerise sur le gâteau, les faits se déroulent pendant la première guerre mondiale. Le château de Styles Court se situe dans la campagne anglaise profonde et la guerre de tranchées n'est qu'un événement lointain dont les nobles ne se sentent pas concernés. Même si , c'est 'grâce' à la guerre qu'Hercule Poirot se situe dans les parages (de toute façon, partout où Poirot va, un meurtre est commis) puisqu'il a dû fuir la Belgique que les allemands ont annexée. 

    Est-il utile que je raconte l'histoire ? non. Est-ce un bon Christie (c'est d'ailleurs le premier et c'est amusant de voir Hastings, l'ami de Poirot de trouver qu'il est temps que ce dernier prenne sa retraite alors qu'il s'agit de la première enquête de l'Hercule) ? Je le pense. La Mystérieuse affaire de Styles préfigure tout ceux qui vont suivre, il pose les bases, on va dire : présentation de Hercule Poirot et de Arthur Hastings...et puis l'auteur met pour la première fois en oeuvre sa méthode qui consiste à tromper le lecteur jusqu'au troisième degré. Ce roman n'est peut-être pas aussi mémorable que les dix petits nègres ou le meurtre de John Biloot mais comme pilote, c'est déjà une belle  réussite. 

    lecture : avril 2014, kindle, 4/5

    Loïc LT

  • CR232 : le bouchon de Cristal - Maurice Leblanc

    45959_9814497.jpgAlors que j'avais aux alentours de quinze ans, je me rappelle clairement que m'étant mis subitement à lire, j'avais englouti tous les Agatha Christie que contenait la bibliothèque de Languidic, quelques autres auteurs britanniques (P.D James, Patricia Highsmith...), et ensuite, je m'étais replié sur des auteurs français dont Maurice Leblanc. J'ai découvert alors   les Arsène Lupin. Je me souviens d'une jubilation intense. Par contre, je ne me souviens plus vraiment des titres que j'ai lus. Peut-être le bouchon de Cristal en faisait-il partie. En tout cas, je n'en avais pas relu  depuis cette période. 

    Encouragé par le prix (tout Lupin pour deux euros sur liseuse) et peut-être inconsciemment par l'envie de retrouver un parfum d'adolesence, je me suis porté acquéreur des oeuvres complètes de Maurice Leblanc. Et j'ai choisi ce roman par hasard.

    C'est l'histoire d'un député qui pratique le chantage grâce à la possession d'une liste de noms de personnalités ayant trempés dans un scandale financier. Un peu par hasard  (un cambriolage qui tourne mal), Lupin se trouve impliqué dans l'affaire. Un peu par hasard aussi, la liste lui tombe sur le paletot...pour lui être subtilisée aussitôt. Arsène Lupin ne comprend rien, quelqu'un se moque de lui...pendant une bonne partie du roman, il est le dindon de la farce du député Daubrecq, le maître chanteur. Courses poursuites, espionnages, cambriolages se succèdent..le temps joue contre Lupin dont un ami est sur le point de se faire guillotiner. Et puis, alors qu'on croit Lupin vaincu, il l'emporte et tout finit bien. Évidemment. A quinze ans, ça m'amusait, ça me passionnait même...aujourd'hui, je trouve que c'est juste un peu divertissant..mais surtout prévisible et répétitif.  Mais ce qu'on recherche aussi en lisant Maurice Leblanc, c'est peut-être ce charme un peu désuet de la France de la belle époque, les moustaches qui frisent, le haut-de-forme, les décapotables et les magouilles de la IIIème république. A lire, en ce qui me concerne comme lecture intermédiaire. 

    lecture : mai/juin 2012, kindle, note : 2.5/5

  • CR228 : hypothermie : Arnaldur Indriðason

    hypothermie9782757822814.jpgJe ne vais pas vraiment faire de compte rendu de ce roman policier (mais globalement, mes comptes rendus en sont-ils vraiment ?). Juste dire qu’il remplit pleinement les conditions qui font un bon polar : une bonne histoire et du suspens. C’est le deuxième Arnaldur Indridason que je lis et ce ne sera pas donc pas le dernier. Il y en a quelques autres et cette idée me réjouit. J’avais découvert cet auteur lors de ma suite islandaise pendant l’été 2010 avec l’homme du lac. Il mettait en scène Erlendur Sveinsson, ce même flic qui apparait dans plusieurs romans d’Indridason dont hypothermie. C’est un flic attachant, teigneux, tourmenté par son enfance, par ses enfants, un type avec pas mal de failles, ce genre de flics qu’affectionnent les auteurs de polar (je pense à James Lee Burke par exemple ou Fred Vargas ).  

    Après cette lecture palpitante, j’ai ressenti le besoin de reprendre mes esprits et je me suis lancé sans trop y croire dans une relecture : à l’ombre des jeunes filles en fleurs de Proust. Au début donc, c’était juste comme ça, pour m’amuser avec ma liseuse kindle mais je me suis laissé embarquer. Quelques passages me font même rire aux éclats :

    ...de même qu'au moment où un inconnu, avec qui nous venions d'échanger agréablement des impressions que nous avions pu croire semblables sur des passants que nous nous accordions à trouver vulgaires, nous montre tout à coup l'abîme pathologique qui le sépare de nous en ajoutant négligemment tout en tâtant sa poche : « C'est malheureux que je n'aie pas mon revolver, il n'en serait pas resté un seul »...

    Ce qui nous éloigne du sujet de la note mais qu’importe.


    lecture du 19.01 au 28.01.2012
    Métailié, Noir,  294 pages
    année de parution : 2007
    traduit par Eric Boury (2010)
    note : 4/5

  • CR219 : le temps de la sorcière - Arni Thorarinsson

    tempss10.jpgComme dans le cadavre dans la voiture rouge, le roman commence par la mutation d’un type ayant des problèmes avec l’alcool dans le nord de l’Islande.  Einar, le type en question est journaliste au quotidien le journal du soir et doit donc couvrir l’actualité de la région d’Akureyri, un bled de 15.000 habitants. Il est flanqué de Joa une lesbienne avec qui il passe de bons moments et d’Asbjorn un mec avec qui il ne s’entend pas trop. Au début il s’ennuie et le lecteur aussi. Et puis un meurtre se produit et Einar mène sa propre enquête.
    L’intrigue est assez banale et cousue de fil blanc mais ce polar n’est pas inintéressant. C’est même le mieux écrit et le plus atmosphérique des trois polars de cette suite islandaise. Par contre, j’ai eu beaucoup de mal à m’y retrouver avec tous ces noms propres imprononçables, j’ai même failli me faire une fiche. Songez donc : Gunnhildur Bjargmundsdottir, Bjork Gudmunsdottir, Sigrun Thoroddsdottir, Asbjorg Sigrunardottir, Asgeir Eyvindarson, Kjartan Amarson, Runar Valgardsson sont quelques-uns des personnages principaux...et retenez ceci pour votre culture personnelle : en Islande, les noms des femmes finissent toujours par dottir (soit fille de) et celui des hommes par son (soit fils de). Le début du patronyme correspond au prénom. Ainsi par exemple, cela signifie que Gunnhildur Bjargmundsdottir est la fille d’un dénommé Bjargmund. Ce polar est par ailleurs peut-être celui qui m’a le plus appris sur la société islandaise contemporaine (ultra-libérale et corrompue).
    Le temps de la sorcière devait être le dernier roman de la suite islandaise mais on m’a prêté hypothermie de Arnaldur Indridason (fils de Indrid donc). Peut-être alors.

    lecture : 1ère quinzaine de septembre
    points P2016,  426 pages
    année de parution : 1995
    traduction par Eric Boury
    note : 3.75/5

    arni-thorarinsson-1.jpg

    Arni Thorarinsson

  • CR182 : Potsdamer platz - Pieke Biermann

    9782869305571.jpgJe débute une petite série polar allemand avant de retrouver Thomas Mann pour en finir peut-être avec la Germanie qui m’occupe depuis début juillet. Cette série dans la série commence de la pire des façons avec potsdamer platz de Pieke Biermann.
    Le cadre de ce polar est le Berlin-ouest du milieu des années 80, avant la chute du mur. Une critique de cinéma meurt alors qu’elle assiste à un concert de rock. De drôles d’enquêteurs enquêtent alors dans le milieu des médias, de la musique, des féministes et des prostitués. Une foultitude de personnages à peine présentés entrent alors en scène. Très vite, j’ai perdu pied et je n’ai pas non plus réussi à m’imprégner de l’atmosphère de l’époque et de l’endroit.
    Pénible à lire et mal boutiqué, dans quelques jours, il ne me restera rien de ce policier écrit selon la quatrième de couverture par “la révélation majeure du roman policier allemand des années 90”.

     

    roman , paru en 1987

    traduit de l’allemand par Michèle Valencia

    rivages/noir , 203 pages

    lecture du 19 au 22  septembre 2010

    note : 0.5/5