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inventaire des cabines

  • recensement des cabines # 30 Paimpont (Ille et Vilaine 35)

    Le sept mai 2015, j’ai pris le TGV n° 4321 à Auray afin de me rendre à Rennes où je devais récupérer notre bagnole familiale qui après être restée en rade sur le périphérique de la ville le week-end précédent avait état réparée par un garagiste malhonnête (pléonasme) et donc elle était prête à repartir sur les routes de France et de Navarre. Dans sa grande bonté, notre assureur m'a payé le train et le taxi pour que j'aille la récupérer. Je précise pour l’anecdote que j’étais placé en 1ère classe ; après on se demande pourquoi les primes d’assurances ne baissent pas ? Quel intérêt de me foutre en première classe ? Toujours est-il que nous étions en semaine et que j’avais dû poser ma matinée. Je n’étais pas mécontent de prendre le train en ce jour de printemps lumineux. C’était un peu comme une cassure dans la routine du boulot. Ma partenaire m’a emmené à Auray, on s’est fait un bisou de cinéma sur le quai de la gare et je suis parti. J’ai regardé les paysages, j’ai lu, bu un ou deux cafés et à Rennes, le taxi m’attendait et m’a conduit chez le garagiste d’où je suis parti très vite.

    Comme j’avais posé la matinée, qu’il n’était même pas 10 heures et qu’il ne fallait qu’une heure pour rentrer, j’ai très vite décidé de sortir de l’autoroute au niveau de Brocéliande afin de visiter quelques bourgs mythiques, mythologiques devrais-je même dire. C’était l’époque où j’étais accaparé par mes recensements de cabines téléphoniques et donc je voulais voir si le pays du roi Arthur en avait gardé quelques-unes. J’ai traversé quatre bourgs, Beignon, Campénéac, Paimpont et Plélan-le-Grand et seul ce dernier malgré qu’il soit le plus peuplé (3600 habitants) ne possède pas de cabine mais l’expérience m’a appris que le nombre d’habitants n'est pas synonyme de cabine ou pas. Pour peu qu’un bourg ait été complètement réagencé et que l’édicule se situait au mauvais endroit, au mauvais moment, et bien, les maîtres d’oeuvre n’ont pas trop de scrupules à bazarder le machin.

    Commençons donc par Paimpont, bourg brétillien qui se situe en lisière de la forêt. C’est un des bourgs de France que je préfère évidemment avant tout pour la légende mais aussi pour son architecture et sa tranquillité. Si aujourd’hui, je devais repartir à zéro, avec mon paletot sans manches et mon sac à dos sans bretelles, je m’en irai à Paimpont les poings dans mes poches crevées. Je m’installerai sur le muret au bord de l'étang de Paimpont et je vérifierais s’il y a du réseau.

    Même si je ne suis pas parti en voiture de Camors, on ne change pas les habitudes, voici le trajet que j'aurais dû faire, un peu moins d'une heure de route pour se rendre dans ce bourg du pays gallo (car je rappelle qu'à partir d'une ligne verticale qui se situe au niveau de Ploërmel c'est à dire un peu avant Paimpont, non seulement, on ne parle plus le breton - déjà qu'on ne le parle plus en pays breton - mais en pays gallo on ne l'a jamais parlé) : 

    paimpont, recensement des cabines

    Mais nous n’y sommes pas. En ce 7 mai 2015, il faisait beau et je suis arrivé à Paimpont sans tuba ni clavecin. J’ai fait un créneau sur un parking désert et j’ai très vite trouvé la cabine. Elle se situe près d'un abribus le long de l'axe principal qui traverse le bourg.

    paimpont, recensement des cabines

    A l'époque, je n'affinais pas mes recensements comme je l'ai fait après et je ne crois pas avoir vérifié si elle fonctionnait ou pas. J'ai juste pu constater que c'était une cabine standard, plutôt bien conservée et tout porte à croire qu'elle est en état de marche. Mais je ne voulais pas rester dans ce coin qui n'est pas le plus intéressant du village. Voyez par exemple le spectacle de l'autre côté de la route. Remarquez qu'on peut apprécier l'architecture de cet ancien garage qui fait un peu penser aux cinémas d'antan. 

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    C'est en descendant que la féerie commence. Cet endroit de la Bretagne se caractérise par la rougeur des pierres de construction. Ce n'est certes pas Collonges-la-Rouge mais le fait est que le sous-sol est composé d'un minerai de fer qui donne au schiste sa couleur rouge. Voici la vue lorsqu'on descend vers le bas du bourg. 

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    Le facteur faisait sa tournée, des promeneurs se promenaient et de la vigne vierge envahissait la façade d'une vieille bâtisse. Quand on remonte un peu sur la gauche, on rentre au cœur de la cité par un porche, et nous nous retrouvons dans la rue commerçante, celle qui est dédiée aux touristes encore que le terme 'touriste' ne convient pas pour désigner les gens qui viennent se ressourcer à Brocéliande.  Il y a évidemment quelques commerces (souvent ésotériques)  mais la rue dédiée  compte plus de maisons d'habitation que de commerces. 

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    La place de l'église est sobre mais où sont les pierres rouges ? Pourtant, je ne disais pas des conneries mais Paimpont est peut-être une exception dans les environs ou alors est-ce la lumière du soleil qui pâlit les pierres ? 

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    Voici l'auberge le relais de Brocéliande, où j'aime toujours m'arrêter lorsque je vais à Paimpont. Je me souviens qu'il y a quelques années, nous y avons bu un café en matinée avec ma compagne à l'ombre des platanes et des ombrelles et j'ai un souvenir particulier de cette petite heure passée en terrasse. Nous écrivions des cartes postales (nous avons gardé cette vieille coutume) et l'on était bien ensemble à regarder le temps passer. Il y a quelque chose caché derrière chantait Laurent Voulzy à propos de cette forêt et c'est ce sentiment continu qui me submerge lorsque j'erre aux abords de la lande. Étrangement, j'ai perdu toutes les photos que j'avais pris (prises ?) lors de notre séjour en août 2011 (j'ai perdu tout août en fait, on ne sauvegarde jamais assez dirait mon ami Koumakeum) alors je n'ai pas grand chose à montrer car en ce 7 mai, j'étais assez pressé, je bossais l'après-midi. 

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    La plupart des commerces tourne autour de la légende évidemment.

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    Paimpont est un peu une porte d'entrée de la forêt. Conseil d'ennemi : avant d'aller visiter les sites légendaires (val sans retour, château de Comper, tombeau de Merlin..), arrêtez vous d'abord à Paimpont même si vous n'avez pas besoin d'utiliser la cabine téléphonique des PTT (une chose qui me faire rire : en ce moment, sur une route pas loin de mon boulot, France Telecom-Orange est en train de faire des travaux, je ne sais trop quoi, peut-être qu'ils enterrent les lignes et partout où il y a un poteau téléphonique, ils ont mis au sol des petits drapeaux jaunes avec marqués dessus PTT (afin d'indiquer aux employés les endroits où il y a un truc à faire..il y a en des centaines sur plusieurs kilomètres, c'est amusant de penser qu'ils n'ont pas changé leurs matériels car il faut quand même savoir que la dénomination PTT n'existe plus depuis 1991). 

    Mais revenons au sujet. Une légende connue mondialement avec sa forêt qui s'est auto-proclamée forêt de Brocéliande (le nom officiel étant forêt de Paimpont et il faut savoir que les amateurs de la légende ne se sont toujours pas mis d'accord quant à la situation exacte de la forêt où de preux chevaliers partirent à l'assaut du Graal...certains la voient même en Sarthe et d'autres à Compiègne, faut arrêter les conneries merde), un bourg charmant disposant d'une cabine téléphonique et qui est un peu la capitale de Brocéliande, une abbaye et un étang dont je n'ai aucune photo et un pauvre type qui doit partir car il n'a pas que ça à faire. 

    Pour finir, je déroge à la règle et publie une photo qui n'est pas de moi (mais on voit le nom du pingouin qui l'a pris en bas à gauche, enfin non, on a juste son prénom...). Il s'agit d'un cliché de l'étang pris au coucher de soleil avec au fond un peu cachée par la brume, l'abbaye de Paimpont. 

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    Paimpont, Ille et Vilaine, reportage réalisé le 7 mai 2015.  temps de saison. 

    Loïc LT, 18/12/2015

  • recensement des cabines # 12 Landaul

    Quand j'étais petit (oui, je sais, je commence souvent mes notes par cette formule), on allait rarement au bord de la mer avec mes soeurs, mon père et ma belle-mère pour ne pas voir les autres gens comme ils dépensaient leur argent) mais cela arrivait de temps en temps quand même. Nous partions de Languidic donc, passions Brandérion et puis Nostang...ensuite, Sainte-Hélène sur Mer et Plouhinec et ses plages pas belles . Dans mon souvenir, Nostang représentait comme une frontière entre la Terre et la Mer. Passé Nostang et son joli pont en pierre, j'avais l'impression de rentrer dans un autre pays.

    Aujourd'hui que je n'habite plus Languidic, ce n'est plus Nostang qui marque le début du littoral, c'est Landaul. Il y a notamment une maison qui est bâtie au bord d'un carrefour et quand je la vois, il me semble sentir déjà la vase et le goémon. 

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    J'ignore si cette maison bleue est habitée mais le fait est qu'elle me fait penser à ces demeures de Larmor Plage qui font face à l'océan. Ceci étant dit, ne perdons pas notre temps et reprenons nos bonne vieilles habitudes. 

    24 avril, je suis en vacances, il fait beau, direction Landaul. Départ de Camors ( 18 km,20 mn).

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    Un collègue de boulot habitant les environs m'avait affirmé que le bourg disposait d'une cabine donc c'est mal peigné mais l'esprit libéré (mais peu confiant dans l'idée de trouver Beauchamp)  que je rentre dans Landaul. Je  gare ma Talbot 206 sur la place. Dans un premier temps, je ne vois pas de cabine mais je prends déjà des photos de tout et de rien comme d'habitude, ce qui n'échappa pas au patron d'un bar (le Triskel, le bar de l'autre côté de la route de la maison bleue). Il me demande sans aménité si je cherche quelque chose. Je ne sais plus trop ce que je lui réponds, que je fais du tourisme local, que je suis à la recherche d'un dénommé Beauchamp, un pauvre type qui croit qu'il me doit de l'argent alors que non, un truc comme ça et que je cherche aussi le lieu où se trouve la cabine. Et là, un client qui l'avait rejoint répond que la cabine a été démontée il y a une quinzaine de jours. Le type en question n'avait pas bu que de la limonade mais évidemment je l'ai cru. Stupeur ! 

    Qu'est-ce que je fais ? Je décanille (la règle voulant que pas de cabine = pas de reportage) ou j'erre dans le bourg comme une âme en peine ?  Il me revient alors à l'esprit que le bourg possède une gare qui vaut le détour. Allons donc voir cette fameuse gare et au diable les cabines ! Je rejoins les lieux et me gare. Ce qui fait le charme de ce lieu, ce n'est pas la gare proprement dite (qui en plus a été entièrement rénovée et qui ne ressemble plus à ce qu'elle fut, c'est à dire, une vieille gare avec un misérable quai et un modeste abri pour les voyageurs.)

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    Par contre, ce qui n'a pas changé, c'est le bar de la gare (chez Renée) , le genre de bar qui semble être resté figé dans les années 70.

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    A côté du bar, il y a un hangar avec au fond un écriteau sur lequel est inscrit 'parking, bar de la gare', sauf que je ne vois pas comment des voitures peuvent s'y garer, un rang de parpaings séparant l'extérieur de l'intérieur.

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    Il faudrait une note complète pour vous parler de ce troquet dans lequel j'ai pris une bière et discuter avec la patronne (qui m'a fait visiter l'arrière-boutique et son boulodrome abrité ) Trois photos, l'une du bar, l'autre du boulodrome valent mieux que bavardages.

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    Je suis reparti avec l'idée de rentrer directement au bercail. Pour cela, il me fallait repasser par Landaul. Et alors, à l'entrée du bourg, après avoir passé ce garage rutilant, 

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    Devinez sur quoi je tombe :

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    Le type du bar m'avait donc raconté n'importe quoi et pourtant il m'avait affirmé avoir vu un camion de France télécom extirper la cabine de son emplacement...enfin bref. Ce qu'il y a d'étonnant avec cette cabine, c'est qu'elle se situe dans un quartier rénové et j'ai du mal à comprendre qu'elle soit restée dans les plans. Le téléphone fonctionne et on peut joindre la cabine au 0297246053. A 30 mètres, des nouveaux propriétaires ont flairé le bon coup  : une cabine si près de chez soi, ça n'a pas de prix.

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    La présence de la cabine nécessita donc que je visite le bourg que j'avais abandonné tout à l'heure en criant 'gare'. Rien d'extraordinaire si ce n'est cet if qui a connu les guerres napoléoniennes (4.10 mètres de circonférence). 

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    Voici le Triskel où l'on me raconta des bêtises à mon arrivée sur zone. 

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    Landaul ne ressemble pas à Quistinic. On sent que l'océan n'est pas loin. Les maisons sont blanches et l'architecture de certaines bâtisses fait assez années 30. 

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    En errant dans la ville, je ne sais pas pourquoi je me suis souvenu de ce poème qu'une prof de français de lycée nous avait affirmé qu'il était considéré comme le plus beau de la langue française. 

    Orléans, Beaugency,

    Notre-Dame de Cléry,

    Vendôme, Vendôme !

     

    Je me suis amusé à le compléter :

     

    Orléans, Beaugency,

    Notre-Dame de Cléry,

    Vendôme, Vendôme !

     

    Landévant, Brandivy

    Vénus de Quinipily 

    Camors, Landaul !

     

    La Vénus de Quinipily est une statue qui se situe à 2 kms de chez moi, que je n'ai jamais été voir et qui a, il faut le savoir, reçu la visite de Prosper Mérimée (dans les années 1830) et qui lui a inspiré sa célèbre nouvelle la Vénus d'Ille (que j'ai étudié au collège). Fallait-il que je m'ennuie à Landaul pour inventer des comptines idiotes ! Je commençais à avoir faim, j'aurais bien manger un morceau de sauciflard mais ce n'est pas ici que j'allais le trouver :

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    reportage réalisé le 24.04.2015. 

    Loïc LT 

  • recensement des cabines # 6bis Guénin

    Tout à l'heure, l'esprit serein, je m'en allais tranquillement par la campagne  (posey comme disent  les jeunes), j'écoutais une compilation de Plastic Bertrand et il y avait dans le coffre de ma Talbot tout un fratras ( que la décence m'empêche d’inventorier ici) destiné à la déchetterie. Je contemplais le spectacle de la nature printanière, les pruniers et les cerisiers en fleurs et l'herbe des champs verte et luisante, les pissenlits agrémentant quelques pâtures et dans les jardins, les forsythias et les magnolias finissant de fleurir...lorsque tout à coup, sans crier gare saint lazare, au bord de la route, au milieu de nulle part, j'aperçois que se dresse une cabine téléphonique. Pris au dépourvu, je fis crisser mes pneumatiques rechapés Durandal pour faire demi-tour afin de me garer sur les lieux du drame. 

    Situons un peu les choses. Je suis parti de chez moi, de Camors donc, j'ai traversé Baud et ensuite pris la route vers le nord qui mène à la déchetterie intercommunale. Cette déchetterie fait partie de  la commune de Pluméliau mais le lieu où se dresse la cabine (lieu-dit Kerchassic m'informe l'écriteau sur l'abribus) se situe sur la commune de Guénin où j'avais déjà fait un reportage. Il s'agit donc d'un avenant de l'inventaire # 6 qui ne fit pas couler beaucoup d'encre. Il faudra s'y habituer, je ne suis pas à l'abri d'un oubli surtout si lesdites cabines se situent en d'improbables endroits. 

     

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    Mais l'endroit n'est pas si improbable en fin de compte car à quelques mètres un restaurant ouvrier qui marche bien (j'y ai mangé une fois avec un type qui me devait de l'argent...un certain Beauchamp de mémoire) fait le bonheur de ventres creux. Donc, j'imagine qu'à une époque pas si ancienne ( 15-20 ans), la cabine devait servir aux routiers et artisans s'y sustentant. 

    Aujourd'hui, ladite cabine ne sert plus d'autant qu'elle ne fonctionne pas. Comme ça, c'est réglé. Elle ne sera jamais réparée (j'ai arrêté d'être naïf). Elle sera démontée un jour, peut-être...car les ptt semblent plus pressés de raccorder la fibre optique dans les villes que de démonter lesdites cabines. 

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    Je suis rentré dedans après avoir réussi à ouvrir la porte dont des herbes sauvages avaient envahi le pied pour faire l'état des lieux et j'ai eu l'impression que personne n'y avait mis les pieds depuis la chute du mur de Berlin. Les araignées y ont fait leur domaine. J'ai même vu dans un coin une fougère tenter de s'y développer.  Je peux quand même donner son numéro de téléphone pour le principe....mais à quoi bon ; si ça se trouve le numéro a été réattribué. 

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    Vous pouvez essayer d'appeler pour rigoler mais ce serait perdre son temps. Déjà quand j'essaie d'appeler dans les cabines en service, ça ne répond jamais...alors là..

     Voici le restaurant le dauphin (buffet à volonté, CB et chq non acceptés). Vers le fond, sous l'espèce de jolie terrasse suspendue, c'est l'endroit vers lequel s'est enfuit Beauchamp à la fin du repas lorsque je lui ai rappelé ce qu'il ne me devait pas. On n'a jamais retrouvé sa trace sauf dans un roman de Modiano. 

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    Aujourd'hui les cabines servent avant tout de supports publicitaires. Le CAP3000 dont les affiches peu engageantes placardent ladite cabine est un dancing où je suis allé quelques fois  (j'y ai même vu en 'spectacle' Patrick Hernandez et Plastic Bertrand).  C'est un night-club plutôt branché qui se situe entre Languidic et Hennebont et qui attirait dans les années 90 (aujourd'hui, je ne sais pas mais vu les affiches, ça doit être encore chébran comme disait François Mitterrand) surtout de jeunes lorientais de souche et des languidiciens de tronc (et quelques hennebontais 'branchés -)

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    Voici la campagne environnante et on devine derrière les trois jolis poteaux d'Electricité De France, la voie express D768 (oui, tout à fait, il existe des départementales à 2X2 voies) qui relie Baud à Pontivy car il faut savoir qu'aujourd'hui on peut faire Baud-Pontivy en un quart d'heure à peine, épatant, non ? : 

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    reportage réalisé le 18.04.2015. Moyens techniques : véhicule talbot 2006 et APN Sony Cybershot. météo : gris, 15°. travail de mise en page réalisé directement sur la plateforme BlogSpirit (parfois j'écris d'abord sur le traitement de texte de OpenOffice 4.0.1). GPS : 47.7889830, -3.2498820

    Loïc LT

  • recensement des cabines # 6 Guénin

    Aujourd'hui, c'est Guénin qui s'y colle. Située au nord de Baud de l'autre côté de la mythique route nationale 24, cette route à 2X2 voies gratuite (grâce Anne de Bretagne dit la légende) et que j'évoquais dans l'inventaire consacré à Languidic, sépare, selon moi, les bourgs littoraux des bourgs de l'intérieur des terres, c'est à dire l'Argoat, c'est à dire aussi le début de la fin puisque plus on s'engage vers l'intérieur de la Bretagne, plus on se demande où on va. L' exode rural et la désindustrialisation ont fait fuir les populations vers le sud de la Bretagne ou vers d'autres horizons. Mais j'aime beaucoup ces endroits reculés où les gens doivent faire avec les moyens du bord ce qui fait qu'on n'est pas à l'abri de quelques belles surprises.

    Mais Guénin est encore trop près de Vannes et de Languidic pour qu'on puisse se permettre de déclarer ce bourg sinistré. D'ailleurs, le bled est ceinturé de cités pavillonnaires (qui ne m'intéressent pas). 

    Dès qu'on arrive devant l'église, on ne peut pas la louper, elle est là, terne, discrète et sans cachet, comme se doit être toute cabine. Elle est à ranger dans la catégorie hors service (ça me fait penser qu'il faudrait que je fasse un récap sous forme de tableau des cabines en fonction ou pas, cela pourrait peut-être intéresser des touristes en recherche de villégiature et ne possédant pas de téléphone cellulaire itinéris). 

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    Sous un autre angle

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    De l'autre côté de la rue, on aura une pensée pour ce guéninois qui a du se coltiner la première guerre mondiale (et être mutilé) puis sans doute résistant pendant la seconde, se faire fusiller en 1944. 

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    Guénin possède quand même un certain charme (mais il ne faudrait pas que je le dise à chaque fois, on va finir par croire que j'aime la Bretagne) avec toutes ces maisons en pierre et ses fresques murales un peu défraîchies.

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    Une enseigne a retenu mon attention. J'ai cru d'abord qu'il s'agissait d'un restaurant mais il se trouve qu'une dame sortant de la boulangerie d'à côté (dont je reparle plus bas)  s'y dirige et je lui demande courtoisement quel est ce commerce. Gentiment, elle me répond que c'était un magasin de fringues, qu'il est fermé depuis 6 ans et puis elle m'explique aussi pourquoi les trois moineaux. Je vous épargne les explications. Je ne sais pas comment font les guéninois pour s'habiller maintenant mais on ne doute pas que ce magasin devait vendre de très belles blouses ainsi que des jupons affriolants. 

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    Sinon, Guénin est un bourg comme un autre, avec son bar, sa boulangerie, sa crèmerie, sa quincaillerie, sa cabine téléphonique donc, sa mairie, ses maisons à vendre depuis 1963, sa salle polyvalente...

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    Il y a eu un moment dans les années 60 ou 70 ou pour moderniser leur habitat, les habitants en même temps qu'ils achetaient de beaux meubles en formica, faisaient enduire leur maison de pierre d'un revêtement en béton ou que sais-je. Aujourd'hui, retour en arrière, certains s'amusent à enlever cet enduit inutile pour redonner aux murs leur cachet d'antan. Il en est de même dans les champs : la mode est au retour des talus alors qu'on les avait quasiment tous détruits dans les années 50 (remembrement). 

    Voici le genre de baraque hideuse avec son enduit immonde. 

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    Les grands boulevards (sans âme qui vive) :

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    S'il ne doit rester qu'un commerce dans ce genre de bourg (en dehors du ou des bars), c'est la boulangerie et celle de Guénin tenue par Sylvie et Alain Thomassette (aucune réponse sur google concernant ces deux commerçants) dispose d'une belle vitrine qui détonne à côté de celle du bar le Rallye qui ne doit se remplir qu'à la sortie de la messe du dimanche (on notera la présence d'un phormium en face du bar tout comme à côté de la cabine, la mode est au phormium dans ce petit village fantôme, faut dire que le phormium est une vivace résistante et persistante). 

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    Une vieille photo trouvée sur le site de la commune nous apprend que jadis le Rallye faisait aussi restaurant (fermé depuis pas longtemps sans doute pour que la photo soit toujours sur le site). On pouvait donc il y a quelques années s'acheter des paletots neufs, se sustenter et téléphoner sur zone  :

     

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    Loïc LT 

  • recensement des cabines # 4 Languidic

    La tournée des cabines devait indéniablement passée par Languidic, bourg où j’ai passé ma jeunesse (1973-1998). J’ai un doute sur un point : depuis quelle ville ai-je passé le plus d’appels en cabines ? J’hésite entre Languidic et Rennes (1991-1993) où j’ai étudié deux ans en fac d'économie. En tout cas, si j’ai passé des appels à Languidic, c’était forcément en payant avec des pièces, à Rennes aussi sans doute. Je ne sais plus et ça me fait mal au ventre. J’ai passé des appels à Hennebont aussi pendant mes années lycée puis lorsque j’y ai habité après avoir quitté Languidic. Peut-être qu’en fin de compte c’est à Hennebont que j’ai passé le plus d’appels. 

    C’est ainsi que vient la mort et qu’on reste sans réponses à  certaines questions.

    Languidic donc. bourg de 7.000 habitants mais bien disséminés dans sa vaste campagne. Le centre-ville doit compter dans les 3000 pèlerins et deux cabines, l’une près de la poste (un grand classique) et l’autre place Guillerme, une pauvre place secondaire qui eut son heure de gloire et qui n’est plus aujourd’hui que la place de délestage de la place principale située en face de l’église. Cette place qui tient son nom d’un ancien maire (1919-1953 quand même) étiqueté UDR est triste et ne compte d’enseignes que Groupama, fort mal située il faut le reconnaître. Jadis, il y avait une droguerie (voire une quincaillerie) au fond qui fut remplacée par une auto-école..sinon, c’est le désert et tout est d’autant plus sinistre que la place n’a pas subi d’aménagements depuis le front populaire . C’est peut-être pour cette raison qu’elle dispose toujours d’une cabine téléphonique, bien en évidence au bord de la route qui traverse le bourg.

    La cabine est en très mauvais état mais fonctionne si je me souviens bien.

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    On ne devrait pas traiter les cabines de cette façon. Moi, je veux bien qu'on colle des affiches dessus (cela signifie que les gens portent un regard vers les cabines) mais pour le reste, c'est tout simplement déplorable. Quand on dispose d'un outil de communication moderne qui fonctionne, on le respecte. Je compte sur les services des PTT pour rendre à cette cabine son lustre d'antan. 

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    Ensuite, je me suis tout naturellement dirigé vers la Poste , une poste indigne d'un bourg de cette importance (du coup, je ne l'ai même pas pris en photo). Enclavée dans une rue qu'un touriste aurait bien du mal à trouver, elle dresse sa laideur non loin de la chapelle Notre-Dame des Fleurs. Par contre, une cabine téléphonique propre et en état de marche lui fait face. 

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    Avouez que l'endroit ne manque pas de charme et le revêtement du pignon de la chaumière n'y est pas étranger.  Il y a pire comme toilettes publiques (au design années 70 mais et  qui pourraient être repeintes cependant...), le lampadaire est moderne mais sobre et la maison de l'autre côté de la rue donne  un petit cachet breton pas désagréable à l'ensemble. C'est un endroit où il doit faire bon téléphoner. En plus, à 20 mètres, se dresse cette pittoresque masure qui ressemble aux maisons que dessinent les enfants. 

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    Comme toute mégalopole, Languidic comprend plusieurs arrondissements. Entre Camors où j'habite et Languidic (10kms), on traverse le bourg de Kergonan qui fait partie de Languidic mais il ne possède plus de cabines téléphoniques. Par contre, en y passant, j'ai eu la surprise de tomber sur un vendeur de légumes se déplaçant en charrette, poussé par un cheval de trait. Son étal n'est pas très achalandé (difficile en cette saison) mais plus qu'une cabine téléphonique, ces commerçants itinérants sont les témoins d'un temps révolu...ou des précurseurs, allez savoir !

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    son bourrin :

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    De l'autre côté de la route, la ruine d'une discothèque dans laquelle j'ai bu et dansé maintes fois :

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    Quittons donc Kergonan et son absence de cabine pour nous rendre à Lanveur, autre quartier de Languidic. Lanveur est collé à Languidic mais la voie express qui les sépare créée comme une frontière, un peu comme un cour d'eau séparant deux villages. Sur la petite place de Lanveur se dresse une cabine qui ne fonctionne plus. Opposé à la discrimination technique, je ne fais pas la différence entre les cabines qui fonctionnent et celles qui ne fonctionnent pas.

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    Pour faire plaisir à Fabienne, j'ai repeint ma 206 en rouge -) La cabine estampillée France Télécom (car tel est le nouveau nom des PTT) se situe à un mètre de l'entrée d'une propriété. Justement, le propriétaire des lieux me voyant prendre des photos est venu vers moi. Je lui ai expliqué le pourquoi de la chose et il m'a répondu que le téléphone de la cabine ne fonctionnait plus depuis de nombreuses années. Il ne comprend pas pourquoi France Télécom (soyons modernes, appelons les PTT par leur nouveau petit nom) n'a pas encore procédé à son démontage. 

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    En tout cas, des AntiCabinistes sont passés par là pour se défouler. Pendant que les djihadistes pillent des musées irakiens, les AntiCabinistes continuent leur travail de sape dans l'indifférence la plus totale. Il ne vaudrait mieux pas pour eux que je croise leur chemin. 

    Il est possible qu'il y ait d'autres cabines sur la commune. Il faudrait que j'aille voir à Tréauray (autre bourg de la commune) et ailleurs encore. Une vie ne suffirait pas pour faire le tour de Languidic.

    Loïc LT

  • recensement des cabines # 2 Camors

    Camors est le bourg où nous avons acheté notre maison en 2007. C'est tombé sur celui-là, ça aurait pu être un autre, on a visité d'autres maisons dans d'autres communes. 8 ans après, je n'ai pas d'attaches particulières à Camors...sauf celles liées à tout ce qui tourne autour de l'école, de la maison close rue de St-Anne et quelques collègues de boulot. Nous n'avons pas noué de sérieuses relations amicales ni conflictuelles. A part le MDQ, je ne fais partie d'aucune association. Nos relations sociales sont sommaires et nos rapports avec les voisins se limitent à la plus simple expression : un coucou en voiture quand on se croise, quelques discussions banales et quelques entraides mineures.  Si demain, nous devions  disparaître tous les quatre dans un cratère géant engloutissant notre maison du type de ceux qui se forment en Sibérie ou au Vénézuéla, les gens de la commune diraient de nous que nous étions une famille communiste discrète et sans histoires. 

    Pourtant, mon meilleur ami me dit souvent que j'ai un profil atypique. C'est peut-être justement parce que je ne suis pas dans la norme que les gens ne viennent pas facilement vers moi et vice versa. Ma femme est plus sociable bien qu'elle dise le contraire. Je me satisfais de cette vie. 

    Ni elle ni moi, n'avons jamais utilisé les, je dis bien 'les' cabines téléphoniques placées devant la poste du bourg  et ce pour plusieurs raisons :

    . nous habitons à un km du bourg

    . arrivés à Camors en 2007, nous avons aussitôt ouvert une ligne de téléphone fixe pour la maison (mais même sans, je ne suis pas sûr que nous serions allé jusqu'au bourg pour passer un coup de fil)

    . personnellement, je possédais déjà un téléphone portable....pas ma femme je crois  mais elle n'a jamais eu le besoin de me téléphoner depuis le bourg où elle va rarement car elle n'y fait pas ses courses. 

    C'est dire si la présence de ces cabines ne fut pas un critère prépondérant quant au choix de cette commune comme lieu de résidence. N'empêche qu'elles existent et qu'elles ont l'avantage d'être deux (comme dirait Renaud) et de se situer devant la Poste (qui n'est plus qu'un bureau aux horaires défiant l'entendement)

     

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    Ce sont deux cabines mitoyennes. J'en ai essayé qu'une mais elle ne fonctionnait pas. Nul doute que les PTT mettent tout en oeuvre pour le rétablissement rapide du service. Sinon, je crois mais je n'en suis pas sûr qu'il y a un poste téléphonique à l'intérieur même de la Poste.  Par ailleurs, je m'interrogeais hier sur le devenir des cabines sans les télécartes mais je faisais un peu mon idiot pour avoir l'air plus bête que je ne suis. Car on peut en plus des télécartes utiliser sa CB et surtout grâce à un code et en composant son propre numéro de fixe téléphoner par l'intermédiaire de son abonnement personnel (par contre, quid de ceux qui comme moi n'ont plus d'abonnement mais juste un illimité lié à une box). Sinon, comme chacun sait, chaque cabine dispose de son propre numéro. Celui de cette cabine est le 02 97 39 29 35. Je me souviens d'un jeu radiophonique animé par Arthur dans lequel il appelait une cabine et la première personne qui répondait gagnait un lot. Vous pouvez essayer d'appeler le 0297392935 mais je suis pas sûr que quelqu'un y réponde...à moins d'insister des heures au point de susciter la curiosité d'un badaud promenant son chien et qui serait en mal de sensations fortes. 

     

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    Vue depuis la Poste avec mon auto derrière. 

     

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  • recensement des cabines # 1 Baud

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    Je n'ai trouvé qu'une cabine téléphonique à Baud. Elle se situe route de Pontivy et jouxte  le cimetière. Il y a encore quelques semaines, elle était recouverte de vieilles affiches du MDQ mais il semble que les employés de la commune, un jour où ils ne savaient pas que faire sans doute, se soient cassés le cul à les enlever. Le résultat final est mitigé. Un coup de Karcher arrangerait peut-être un peu les choses mais le jeu en vaut-il la chandelle ?

    Information technique : elle fonctionne. J'ai décroché le combiné et on me demande d'introduire ma carte (contrairement à la cabine de Camors qui ne répond plus de rien mais j'évoquerai celle-là demain)...mais quelle carte au fait ? Les télécartes ne sont plus en vente depuis avril 2014 et celles toujours en circulation seront inutilisables après 2016...Or, les PTT  se sont engagés à conserver au moins une cabine par ville de moins de 1000 contribuables et 2 cabines pour les villes de plus de 2000 contribuables. Comment pourront-ils donc utiliser les cabines ? Je fais une proposition aux PTT : rendre les appels en cabine gratuits. 

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    Rien à voir mais à vingt mètres de cette cabine, route de Saint Barthélémy, il y a cette maison qui m'a toujours intrigué. Je ne l'ai jamais vu habitée. A qui appartient-elle et comment on peut laisser des biens immobiliers péricliter à ce point ? C'est d'ailleurs une chose assez courante dans nos bourgs bretons. En tout cas, je suppose vu la forme de l'ouverture sur le pignon qu'il s'agissait jadis d'un commerce genre mercerie, crèmerie ou chapellerie. 

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    Aux confins de l'hiver, on s'occupe comme on peut. Quincailleries, cabines téléphoniques, et après ça va être quoi ? ...les vieilles boîtes à lettres jaunes des PTT qu'on trouve ici au là au détour d'une rue...va savoir...

    Loïc LT

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