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poésie - Page 2

  • l'orée du bois

    l'orée du bois
     
    Dans mon immeuble au numéro un forestière
    Nous sommes à peu près dix huit à y crécher.
    La forêt de Camors qui nous fait face est fière
    De ses conifères et de ses peupliers.
     
    Les humains qui peuplent cet ancien restaurant
    Sont souvent fragiles alors les fins de mois
    S’il est hors de question de se faire abstinent
    Il s’agit alors de se priver d’un repas.
     
    Et si globalement, l’entente est de vigueur
    Il arrive souvent que pour des pacotilles
    On se fâche et très vite autour d’une liqueur
    On refait le monde ou bien l’on parle des filles.
     
    Trop souvent des couples se déclarent la guerre
    Réveillant le palier dans les bras de Morphée
    Mais à bout de force, les tourtereaux font taire
    Les différents de rien ayant forcé l’acmé.
     
    Mon meilleur ami loge au numéro dix sept
    Et le matin lorsqu’on voit que le soleil donne
    Nous allons dans les bois et faisons trouble-fêtes
    Au cuicui des oiseaux et au vent qu’on bâillonne.
     
    Et puis nous rentrons gais dans nos appartements
    Et je retrouve alors les amis qu’il me reste,
    Rimbaud, Verlaine, Stendhal et Proust au firmament,
    Un jour vient de passer loin des bruits indigestes.
     
    Loïc LT, le 07.04.2021

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  • une histoire simple

    On attendait que les derniers
    Collègues aient quitté les murs
    Mais nous deux, nous restions rivés
    Finissant quelques écritures.
     
    Et puis alors je me levais
    Et mon cœur battait la chamade,
    A pas lents je me dirigeais
    Là où était ton ambassade.
     
    On discutait, de tout de rien
    Et de calculs analytiques
    Et je faisais mine de rien
    Des allers retours pathétiques
     
    Et donc alors il fallait bien
    Que j'en vienne à ma raison d'être
    Et tu faisais semblant que rien
    N'arrêterait ta calculette.
     
    Tes cheveux étant attachés
    Je caressais tout doucement
    Ta nuque et puis non empêché
    Tes joues, tes deux seins fermement.
     
    En riant tu disais arrête,
    Et tu calculais encore quoi
    Mais je savais que t'étais prête
    A faire un peu n'importe quoi.
     
    Et sur le sol, l'on se jeta
    Sans dire un mot et les dossiers
    Se souviennent de nos ébats
    De nos cris, de nos râles lancés.
     
    Vingt ans plus tard, nous sommes les
    Parents de deux adolescentes
    Mais notre amour a pris l'arrêt
    Au quai des choses finissantes.
     
    Je suis tout seul dans mon deux pièces
    Et me souviens donc du Faouët
    Je pleure un peu, mon cœur s'affaisse
    Et je n'attends que tout s'arrête.
     
    Loïc LT, le 05.04.2021
     

  • Saint-Donatien, in memoriam

     

     

    Dans notre école de campagne
    Tous étions enfants de paysans.
    Certains s’y rendaient en bécane
    Et puis d’autres en claudiquant.
     
    Tout autour c’étaient des prairies
    Où broutaient quelques charolaises
    Et les tracteurs faisaient du bruit
    Pendant le cour de catéchèse.
     
    Nous n’étions que quatre par classe
    Peut être plus (mais rarement)
    Et l’on se faisait des grimaces
    Mais jamais à notre enseignant.
     
    La cantine jouxtait l’école
    Et l’on déjeunait  en silence,
    Nous étions tous en connivence
    Sauf parfois pour quelques bricoles.
     
    Et par un jour pluvieux et doux
    Caché derrière des genêts
    Je reçus ce premier bisou
    Que tout homme n’oublie jamais
     
    Mais un jour ce havre de paix
    Dut se munir d’un canevas
    Et depuis c'est à l'imparfait 
    Qu’il faut parler de cet endroit.
     
    Parfois, j’y repasse en songeant
    A ce baiser de Catherine
    Et ce passé adoucissant
    Me met d’une humeur enfantine.
     
    Loïc LT @ Shako, le 27.03.2021
     

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  • Caroline écrit des poèmes

     

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    Caroline est une ancienne petite amie. Elle a 26 ans et habite près de Lorient. Elle écrit des poèmes sombres à l'image de sa personne. 

     

    Ce soir, je me mets minable, pourquoi

    jme fais si mal, je fais des rêves bizarres

    Tout est devenu étrange, ça cache

    quelque chose, j'entends plus

    mon nom

    Un lion m'a bouffé et il a trouvé ça meilleur

    Je vais prendre la pause, attends toi

    à des distorsions

    Un araignée vient tisser sa toile,

    Quand elles trois, je serai plus

    que moi, qu'est ce que tu veux que j'y fasse.

    Non pas ce soir

    Je fais peur à mes voisins, je dois

    me surveiller

    J'oublie pas la monnaie

    J'ai rien vu, je veux rien dire

     

     

  • Shako, 19.12.1996

    Shako, Ardennes 19.12.1996

     

    Je perds mon précieux en futiles discours

    Qui telle la fumée sont plus légers que l'air

    Et dans cette bêtise à jalouser les sourds

    Mon cerveau de génie très vite dégénère.

     

    Au hasard de ma vie, il arrive pourtant

    Que quelques rencontres ravissent mon esprit

    Et avec ces amis d'un instant confidents

    Nous refaisons le monde à coup de théories.

     

    On parle politique et de philosophie

    Mécanique quantique ou bien astronomie

    Et je rentre le soir ivre de certitudes

     

    Heureux d'avoir un temps vaincu la solitude,

    Cependant que j'entends les odieux commérages

    Des concierges bêtes comme des coquillages.

     

  • Berloch

    Berloch
     
    Le village de Berloch
    Se situe quelque part
    Très loin du Languedoc
    Et du Madagascar.
     
    Des fermes délabrées
    Ou restent quelques bouses
    Feraient fuir une armée
    De quatorze barbouzes
     
    Je me souviens jadis
    De vingt vaches frisonnes
    Qui peuplaient cet abri
    Comme des pharaonnes.
     
    Et la rouille aujourd’hui
    Achève ce qui tient
    Des taules et de conduits
    Et bien d'autres machins. 
     
     
    Loïc LT, 24.11.20

  • Shako, sabre et poème forçant l'admiration

    Ma grand-mère du côté de mon père s'appelait Elisa mais elle se faisant appeler Marie. C'était une femme de la vieille école qui ne faisait pas beaucoup dans le sentimentalisme. Mais chose extraordinaire. En vidant sa maison après son décès, on est tombé sur un book où elle raconte sa vie d'agricultrice. Elle avait cinq enfants mais dans son récit, jamais il n'en est fait mention.

    Ma grand-mère faisait un far breton excellent. Mais ce n'est pas de ça que je voulais parler aujourd'hui mais de son café. Non seulement, il avait un goût unique mais en plus à sa surface, il y avait une fine couche de nappe blanche que personnellement je n'ai jamais réussi à reproduire. Cela m'a inspiré ce sonnet. 

    L'émulsion 

    Souvent à la surface du café de mémé

    Il y avait comme une nappe que lorsqu'on

    Faisait tournoyer à coups de pelletées

    Provoquait quelque chose comme un tourbillon.



    Et je me faisais dans l'idée que cela

    Gravitait comme au sein des galaxies lointaines

    Et c'est avec regret qu'en buvant le caoua

    S'en allait ce nuage avec son ciel de traîne.



    Un jour que je parlais pour ne rien dire avec

    Un drôle de type portant un vieux shako

    Nous vînmes à parler de ce curieux dépôt.


    Qui se forme par un procédé intrinsèque

    Et ce cruciverbiste habile du crayon

    Me fit part que la chose était une émulsion.

    Loïc LT, le 15 mai 2020

  • Shako, sabre et poème

    J'ai commis ce poème tôt ce matin. C'est une amie Facebook qui m'a passé commande...enfin, c'est beaucoup dire...disons que je lui ai demandé un sujet et elle m'a répondu "maison en ruine". Et c'est bizarre parce qu'à chaque fois que cette fille me donne un thème, ça m'inspire. Je sais comment faire maintenant pour écrire un poème par jour. 

    Les Verdurin

    Tout en bas de chez moi tout près d'un vieux lavoir
    Où jadis les dames venaient battre les draps
    Se situe quelque part au milieu d'un hectare
    Ce qui fut dans le temps un modeste habitat.

    Le toit s'est écroulé laissant tout le loisir
    Aux sureaux, même un îf de pousser à la place
    Du salon, de la chambre où tout devait frémir
    Lorsque l'hiver donnait en veux tu de la glace.

    Des ronces ont poussé et recouvert le mur
    En pierre de granit mais c'est encore ce
    Qui reste un peu debout dans cette architecture
    Très simple mais qui fut le théâtre dont ceux

    Qui sont les plus anciens s'enivrant à tel point
    Qu'après quelques verres d'un cidre dégueulasse
    Cherchent encore en vain comment les Verdurin
    Furent taillés en pièce à l'heure où pourtant passe

    Le facteur surpris par un silence malsain
    A l'heure où de coutume Anne donne du grain
    A ses dindons et des carottes aux lapins
    Pendant qu'Ernest charge une charrette à foin.

    Dans la chaumière deux enfants sages, rivés
    Sur leurs leçons à rendre le lundi suivant
    nourrissent le feu qui réchauffe le foyer
    Lorsque le vent rentre par quelques trous béants.

    En cinquante ans pas un n'a voulu se porter
    Acquéreur de ce tas de ruine et au village
    On rit quand des Anglais viennent se renseigner
    Sur cet ermitage qui sert pour les vêlages.

    Le touriste ennuyé par une balade en
    Ces lieux où le lavoir ne vaut pas un cliché
    Peut cependant se montrer un peu insistant
    Devant ce vestige entouré d'un champ de blé.

    Shako, le 11.05.2020

  • Shako, sabre et poème forçant l'admiration #2

    Hier, neuf mai, j'étais pas mal inspiré et ça m'a rassuré puisque je n'avais pas écrit depuis début avril. L'inspiration ne se décrète pas. On n'en connait pas les rouages. Je pense qu'il faut une accroche et puis après tout semble simple. Ainsi le thème de l'ascenseur m'a été donné par une Française qui habite au Portugal.

    Aujourd'hui, c'est plus sérieux. J'évoque les premiers jours de mon amour avec ma future femme qui m'a donné deux enfants. Mon appart un peu pourri se situait près d'un fleuve paisible qui s'appelle le Blavet et qui traverse le Morbihan du nord au sud et se jette dans l'Atlantique du côté de Lorient. 

     

    Le Blavet était paisible et l'imposant viaduc
    S'imposait fièrement lorsque de la fenêtre
    En s’enlaçant très fort on pensait à des trucs
    Comme notre avenir jusque la mort peut-être.

    Dans le petit appart on écoutait Daho
    Et l'on faisait l'amour sans tambours ni trompettes.
    Ensuite elle fumait deux ou trois Marlboro
    Et puis l'on reprenait nos tendres galipettes.

    On découvrait tout deux les choses de la vie.
    C'était juin et nos corps épuisés étaient moites
    Mais notre amour était plus fort qu'un fond de l'air.

    Aujourd'hui c'est fini et tous ces souvenirs
    Hantent mes nuits et chaque jour tous ces stigmates
    Me font mal au cœur comme un Blavet qui soupire.

    Shako, le 09.05.20