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2016 - Page 7

  • recensement des cabines # 50 Corlay (22)

    dimanche 07 février 2016 (11ème bourg du périple)

    Voilà, c'est Corlay qui a l'honneur d'être le cinquantième bourg bénéficiant d'une note sur l'espèce de blog ! C'est le hasard et ses habitants verront à quel point ça ne changera pas leur quotidien. Je voulais descendre vers le sud mais je ne sais pas pourquoi le nom Corlay me tentait bien. Les bourgs a deux syllabes ont souvent un supplément d'âme. Donc, j'ai pris la parallèle de l'équateur et je suis arrivé à Corlay à 10:00.

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    J'arrive à Corlay le portefeuille vide mais le coeur vaillant. A ce moment, j'ignorais évidemment le drame qui venait de se dérouler à Saint-Nicolas-du-Pélem. Attention, je ne dis pas que je ne suis pas le coupable, je vous donne une version, comme je l'ai fait à l'inspecteur Monamour mais qui vous dis que je dis la vérité ? En tout cas, ce n'est pas le décès de Beauchamp (que j'ignorais ou pas en arrivant à Corlay) qui allait changer mon programme. Je ne souhaite pas la mort des gens mais pour ainsi dire je ne connaissais pas Beauchamp ; pour moi c'était juste le type qui m'avait volé ma mallette. 

    A Corlay, la cabine téléphonique se situe près de la poste, un horrible bâtiment dans le genre de ce qui se faisait à une époque et en plus avec des barreaux aux fenêtres puisque jadis les PTT détenaient beaucoup d'argent liquide. 

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    (A propos des PTT, j'ai remarqué quelque chose d'amusant ces derniers jours. Alors que les le sigle PTT n'existe plus depuis 1991, on voit le long des départementales où l'on enterre des lignes des petites pancartes jaunes avec indiqués dessus eau, edf et PTT. Donc, depuis 25 ans, ils n'ont pas changé leurs petites pancartes, à quoi bon après tout...il suffit de se comprendre. Le fonctionnaire d'EDF ne va pas se poser de questions en voyant un panneau PTT. Mais amusant quand même que ces choses immuables.)

    Quelqu'un m'a pris en photo mais qui je ne sais plus, un quidam sans doute puisque je ne vois pas qui d'autre qu'un quidam pouvait passer à cet endroit à cette heure matinale. Heureusement qu'il existe encore des quidams qui errent dans les rues sans trop savoir où aller. 

    “Il y a des êtres mystérieux, toujours les mêmes, qui se tiennent en sentinelles à chaque carrefour de notre vie.” Patrick Modiano ( villa triste)

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    Mais jamais je ne croise d'originaux ou de curieux qui ont envie de discuter, de me détrousser ou si c'est une fille de me rouler une pelle. Ainsi va la vie du recenseur, qui en l'occurence ici n'a pas bien fait son boulot puisque je ne suis pas rentré dans l'habitacle pour vérifier tout ce qu'il y avait à vérifier. Au bout d'un moment, on se lasse. 

    Euh, je raconte des conneries en fait, il n'y a plus de mobiphone dans cette cabine comme l'atteste cette photo prise par le même quidam Lambda.

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    J'atteste que Corlay est un joli petit bourg. Mirez par exemple cet institut de beauté intitulé discrètement Swan, endroit accueillant et d'où l'on doit sortir  belle comme une princesse pour aller à vêpres.

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    Un jour, ce bar fermera et puis, tombera en ruine et alors on décidera de le démolir. Cent ans plus tard, sur de vieilles photos, les habitants regretteront qu'on ait démoli les symboles d'une époque. Il en va de même de la Poste. Il faudrait avant de tout détruire penser l'avenir très lointain au lieu de crier 'mon dieu que c'est moche'.

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     En dehors de ces bâtiments, un peu en marge du centre-ville, Corlay vaut bien un petit détour. 

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    Le bourg costarmoricain compte son lot de commerces abandonnés. C'est dur de choisir l'élu, celui qui pourrait être potentiellement vu par toute la planète. Allez tranchons pour cette droguerie. 

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    Mais j'aurais pu tout aussi bien pu choisir cette chose. Sur la porte, c'est marqué Jacquard Français, indication qui mérite qu'on s'y arrête. Moi, quand j'entends ou lis Jacquard, je pense aux pulls moches qui étaient revenus un peu à la mode dans les années 90. Alors figurez-vous que Jacquard Français existe encore, dispose d'un site internet et qu'on y vend presque tout pour la maison...sauf des pulls. Je crains pour les corlaysiens qui y croyaient encore que ce magasin ne sera jamais repris et je ne vais même pas prendre la peine d'expliquer pourquoi. Qu'EDF fasse déjà son boulot et on pourra en reparler mais bon, ce serait perdre notre temps. 

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    Ce café intitulé Carpé Diem (qu'on doit y être bien près de l'âtre le soir quand il fait froid dehors et que le pot-au-feu est presque prêt)  qui ose le rose occupe un bâtiment érigé en 1615. Il fait café, tabac, presse et je suis sûr qu'on peut y faire dormir son cheval. Je ne vois point de boucle d'attache pour la plus noble conquête de l'homme (quoi qu'en zoomant j'ai quelques doutes à certains endroits) mais j'imagine bien des écuries à l'arrière. 

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    Quand on sort du Carpé Diem, des vieux panneaux de signalisation nous mettent dans l'embarras. Où aller et pour que faire ? Moi, ça ne m'impressionne pas, je ne vais dans aucune de ces deux directions. Je ne suis pas influençable. 

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    Voici une autre vue du bar et plus loin, on croit deviner l'enseigne d'un apothicaire et tout au fond, il m'est d'avis que c'est la mairie. Il y a encore plein d'endroits sympas à Corlay mais je ne peux pas tout mettre. Je garde les photos en stock, pour moi, bien au chaud. 

     

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    La preuve que Corlay vit encore  : on y fait même de l'exportation (juste de jeunes bovins mais il faut un début à tout). 

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    Corlay, (22320), Côtes-d'Armor , maire : Pierre-Yvon Corbel ( liste : -ensemble, réouvrons Jacquard Français-) , 980 corlaysiens. reportage le 07 février 2016 ( arrivée à 10:00, départ à 10:49)  météo : se couvrant. direction : Sainte-Tréphine

    Loïc LT

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    J'ai pas trouvé les piles ! Pourtant, j'avais besoin, je commençais déjà à manquer d'énergie. 

  • la cabine ivre (ébauche d'un pastiche)

     

    Comme j’étais fixé sur un socle infrangible

    Je ne pouvais quitter ce quartier de malheur

    Et des jeunes branleurs me prenaient pour cible

    taguant sur mes vitraux de sordides horreurs.

     

    J’étais un peu soucieux que mon appareillage

    Ne serve plus que deux ou trois fois dans l’année

    Alors quand un Génie m’a offert un voyage

    J’ai quitté sans douleur ce trottoir malfamé.  

     

    Et j’ai quitté la ville munie de trois bottines

    Empruntant dans la nuit de petites ruelles

    Et j’ai croisé des gens voyant une cabine

    Courir et ne croyant que cela soit réel.

     

    J”ai traversé des bois et des chemins de terre

    Des champs avec du blé ou bien du triticale

    Et j’ai même failli surpris par une pierre

    Faire tomber au sol mon caisson de métal.

     

    Or moi, cabine libre tout comme un troubadour

    J’ignorais le destin de ce vagabondage

    Et j’avais même un peu le regret de ces jours

    Où je servais de lieu pour de longs bavardages.

     

    Et il advint que Max cherchant de la ferraille

    Croisa médusé ma carcasse d’acier

    Et il n’eut aucun mal avec son attirail

    A me mettre en pièces et puis à m’embarquer.   

    Loïc LT/Arthur R 

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    (dessin original de Marcel Marlier - Martine fait de la Bicyclette - (Casterman)

     

  • recensement des cabines # 49 Saint-Nicolas-du-Pélem (22)

    dimanche 07 février 2016 (10ème bourg du périple)

     

    Commissariat de Rostrenen, lundi 08 février 2016, 08:00. Je suis convoqué par l’inspecteur Monamour,

    • bonjour, veuillez vous asseoir Monsieur Le Tortorec.
    • bonjour, Mr l’inspecteur Monamour
    • Connaissez-vous la raison de cette convocation ?
    • Je lis la presse, donc oui, je la connais. Un cadavre a été retrouvé hier après-midi dans une cabine du bourg de Saint-Nicolas-du-Pélem et il se trouve que je suis passé dans ce bourg hier.
    • Je vois que vous habitez Camors dans le Morbihan. Que faisiez-vous à Saint-Nicolas-du-Pélem un dimanche matin à 09:00 ?
    • Je suis recenseur de cabines amateur et pendant tout ce weekend, j’ai fait un périple dans le sud des Côtes-d’Armor, qui m’a amené entre autres dans ce bourg.
    • Recenseur de cabines, dîtes-vous ?
    • Certes
    • Je ne connaissais pas cette profession.
    • Ce n’est pas ma profession, c’est juste un passe-temps.
    • Curieux passe-temps
    • Certes
    • Bref, passons. Un dénommé Beauchamp a été retrouvé mort par strangulation dans une cabine de ce bourg. Les médecins légistes affirment qu’il a été tué dimanche matin entre 8h00 et 10h00, c’est à dire au moment où vous êtes passé dans ce bourg. Connaissiez-vous ce Beauchamp ?
    • Je crains que oui. Mais je sais peu de choses sur lui, juste qu'il est né dans l'Oklahoma en 1932, qu'il s'est installé en France où qu'il a exercé le métier de faussaire et qu'il rêvait de vivre une autre vie, de rejoindre la Russie par le Canada après avoir traversé l'océan. Par ailleurs, je crois qu'il a vécu longtemps avec une certaine Semana Santa.
    • L’avez-vous tué ?
    • Non, il ne faut souhaiter pas la mort des gens.
    • En dehors de vos considérations morales, aviez-vous un intérêt à le tuer ?
    • Non
    • On a retrouvé sur lui des lettres qui vous étaient destinées ainsi que d’autres papiers où vous êtes souvent cité. Il apparaît à la lecture de tous ces papiers que ce Beauchamp vous craignait.
    • Il avait effectivement toutes les raisons de me craindre
    • Quelles raisons ?
    • Il m’a volé à l’arraché, il y a quelques mois à Hennebont, alors que je me promenais dans le quartier de Saint-Caradec, une mallette qui m’était très précieuse
    • Et que contenait cette mallette ?
    • Elle contenait un registre inventoriant toutes les cabines encore présentes en Bretagne avec tous les détails techniques leur correspondant, à savoir leur numéro d’appel, leur type, leur état de fonctionnement etc etc. Un mine d’or pour un recenseur. Le mot de passe pour ouvrir cette mallette est Cap Farvel
    • Merci de ce précieux renseignement Parce qu’il était lui-même recenseur ?
    • Non, à chaque fois qu'il me téléphonait, il ne me donnait que des nouvelles vagues et me conduisait à de fausses pistes. 
    • Alors, pourquoi vous-a-t-il volé cette mallette ?
    • Cela reste un mystère. En tout cas, il ne l’a pas volée par hasard et si ce fut le cas, en voyant son contenu, il l’aurait abandonnée, ce qu’il n’a pas fait.
    • Comment savez-vous qu’il ne l’a pas abandonnée ?
    • Parce qu’un jour, je suis tombé sur lui dans le  bourg de Persquen. Il tenait la mallette dans ses mains, je l’ai clairement reconnu et quand il m’a vu, il est parti en courant et je n'ai pas pu le rattraper. Il s'est réfugié dans un ancien dancing où j'aurais eu un mal fou à le retrouver puisqu'il faisait nuit et que le bâtiment n'a pas d'électricité. 
    • Bien, on va reprendre tout du début.
    • Si vous voulez
    • A quelle heure êtes-vous arrivé à St-Nicolas-du Pelem ?
    • Sachant que je suis parti de Lanrivain à 08:30 et qu’il fallait un quart d'heure pour se rendre à St-Nicolas-du-Pélem, mais que je me suis arrêté pour admirer un paysage, j’ai dû arriver avec celle qui ne me quittera jamais, je veux dire ma Talbot, vers les 9h.

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    • Et que faisiez-vous à Lanrivain ?
    • Mr l’inspecteur, je peux vous proposer quelque chose qui fera gagner du temps à tout le monde ?
    • Je vous écoute.
    • Je tiens un blog où je raconte toutes mes pérégrinations et vous y trouverez tous les détails et notamment mon passage à Lanrivain et mon départ.
    • Vous me donnerez l’adresse de votre site et j’irai voir. Nous possédons un ordinateur Bull, modèle Eleor 1986 au commissariat. 
    • On dit plutôt un blog mais je ne veux pas sous-estimer vos connaissances informatiques.
    • Donc, quand vous êtes arrivé à St-Nicolas, qu’avez-vous fait ?
    • En fait, je suis très vite tombé sur la cabine où a eu lieu ce crime affreux .Je suis arrivé par la départementale 5 et je crois que cette cabine se situe rue Louis et Marie Bertrand.

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    • C’est exact. Et qu’avez-vous fait ?
    • Dès que j’ai vu la cabine, je me suis arrêté, je l’ai prise en photo, je me suis pris en photo devant, faute de promeneurs pour me prendre, j’ai fait mon travail quoi.

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    • Vous êtes rentré à l’intérieur
    • Bien sûr
    • Avez-vous vu quelque chose de suspect ?
    • Non, en tout cas, pas un cadavre. Si ça avait été le cas, vous pensez bien que j’aurais appelé la police.
    • Vous n’avez rien remarqué de suspect autour ? Des gens qui traînaient ou autres.
    • Non, la rue était tranquille.
    • Vous êtes resté longtemps sur les lieux ?
    • Je dirais 10 minutes maximum
    • Vous avez fait quoi après ?
    • Je suis descendu vers le bourg que j’ai visité vite fait. J'avais encore un programme chargé pour la journée
    • Combien de temps êtes-vous resté à Saint-Nicolas-du-Pélem ?
    • Trois quart d’heures à peu près.

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    • Et ensuite, qu’avez-vous fait ?
    • Je m’apprêtais à quitter ce joli village lorsque je suis tombé sur une autre cabine, rue des Martyrs de l’occupation.

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    • Il y avait une sorte d'épouvantail à côté et j’ai discuté avec un type portant un tee shirt Central Otago, qui nettoyait le trottoir et qui a eu la gentillesse de me prendre en photo.

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    • Quand vous êtes rentré dans la cabine, vous n’avez rien remarqué d’anormal
    • non
    • Pourtant, savez-vous ce qu’on a retrouvé dans cette seconde cabine ?
    • Pas le moindre du monde
    • la fameuse mallette que Beauchamp vous avait volé
    • La mallette ?
    • Pensez-vous que vous l’auriez vu si elle y était lorsque vous êtes entré dans cette cabine ?
    • Je ne regarde pas forcément les sols des cabines en détail mais je pense que je l’aurais vu quand même.
    • Donc, vous affirmez n’avoir vu ni le cadavre, ni la mallette ?
    • Non, et j’en tombe sur le cul.
    • Nous allons arrêter cet interrogatoire pour aujourd’hui mais évidemment, vous serez recontacté, Mr Le Tortorec sachant que vous êtes étroitement lié à l’affaire, je dirais même soudé. Maintenant, je ne pense pas que vous soyez le meurtrier mais je  ne pense pas non plus qu’on le trouvera sans votre aide. En tout cas, si quelque chose vous revient, n'hésitez pas à passer nous voir.
    • Merci. Au revoir Monamour, inspecteur Monamour pardon. 

    J'ai préféré retranscrire l'interrogatoire plutôt que de faire un reportage normal, quitte à ce qu'il y ait moins de photos mais c'est une façon aussi de montrer à mes lecteurs que je n'ai rien à cacher et que si je cherchais bien Beauchamp, je n'avais évidemment nullement l'intention de le tuer, je voulais juste récupérer ma mallette, sans même lui effleurer le paletot. Pauvre Beauchamp, tu es parti, pour qui, pour quoi ? Que voulais-tu donc faire de cette mallette ? En fin de compte, elle t'a mené à la mort. Quant à moi, il faut à tout prix que je demande à l'inspecteur qu'il me la rende, elle m'appartient. Evidemment, ayant été convoqué le lundi matin, j'ai continué mon périple le dimanche sans connaissance du drame. 

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    Saint-Nicolas-du-Pélem, (22480), Côtes-d'Armor ,maire : Daniel Le Caër ( liste : liste 'vaincre le crime à STDP' ) , 1700 Pélémois. reportage le 07 février 2016 ( arrivée à 09:05, départ à 09:52)  météo : beau. direction Corlay

    beauchamp, saint-nicolas-du-Pélem, recensement des cabines, cabine, cabine téléphonique, meurtre, meurtre de beauchamp, côtes d'armor

  • recensement des cabines # 48 Lanrivain (22)

    samedi 06 février 2016 (9ème bourg)

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    Trémargat m'avait laissé sur ma faim au sens propre comme au figuré et je suis arrivé à Lanrivain lessivé, au sens propre comme au figuré également. Au point où j'en étais, n'ayons pas peur de répéter la même expression dans une même phrase. Il y a seulement 6 kilomètres entre les deux bourgs mais question mentalités, un océan les sépare à ce que j'ai cru entendre lors d'une discussion de comptoir.  J'avais atterri dans un bar où j'étais un peu l'attraction terrestre et lorsque j'ai évoqué Trémargat, j'ai le souvenir d'un consensus sur le fait que ce bourg de bobos ne tenait debout que grâce à de généreuses subventions versées au détriment des bourgs alentours. Trémargat ne serait qu'une vitrine pour attirer les gogos de mon espèce. Je me passerais de tout commentaire, je n'étais pas là pour faire de la politique.

    Préalablement, j'avais trouvé la cabine très facilement, elle m'était tombée dessus alors que j'avais presque oublié qu'elle était l'objet de ma venue. J'ai fait le service minimum, mes besoins primaires primant sur ces maudits habitacles métalliques. 

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    La supérette Epi était encore ouverte et j'y ai acheté de quoi me sustenter et puis donc, après avoir vaguement constaté la misère des lieux...

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    j'ai pris la direction du bar dont je parlais,  bondé de monde (un repas de la communauté britannique des environs apparemment),  avec la ferme attention de me renseigner sur la possibilité de trouver une écurie ou une grange pour allonger mon corps exténué.

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    La patronne m'a dirigé vers un autre bar plus tranquille où pensait-elle le patron pourrait peut-être me rendre service. Comme de fait, dans cet autre troquet douillet, le patron m'a proposé un gîte situé dans le bourg. Je l'ai suivi en voiture, il m'a vite fait faire le tour du propriétaire et je me suis vite couché et me suis endormi comme une masse. 

    J'ai très bien dormi et me suis levé de bonne heure, requinqué, frais comme un gardon et désireux de partir vers de nouvelles aventures. Le jour s'était levé et comme j'avais débarqué de nuit, j'ai pu voir à quoi ressemblait Lanrivain mais je ne me suis pas attardé car il me tardait de redescendre vers le sud. Après avoir discuté vers 8 heures avec le sympathique propriétaire qui m'attendait devant la porte depuis pas mal de temps apparemment (bizarre quand même), j'ai quitté le gîte entouré d'un joli petit muret et d'une petite barrière pittoresque. 

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    La Talbot a démarré au quart de tour et je suis parti, pas malheureux de quitter Lanrivain, pas que j'avais quelque chose contre ce bourg mais je n'étais pas très fier de ne pas avoir accompli comme il se doit mon devoir de recenseur. Peu après avoir quitté les lieux, je suis tombé sur ces étranges rochers empilés, qui sauvent un peu cette note triste comme un jour sans pain mais j'avais le cœur joyeux et le GPS était réglé sur Saint-Nicolas-du-Pelem situé à 7 kilomètres au sud est. 

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    Lanrivain, (22480), Côtes-d'Armor ,maire : Mathieu Geffroy ( liste : liste 'en finir avec Trémargat' ) , 525 lanrivanais 11 lanrivanaises. reportage (si on peut appeler ça un reportage) réalisé les 06 et 07 février 2016 ( arrivée à 17:36 le 06, départ à 08:30 le 07)  météo : quelconque. direction Saint-Nicolas-du-Pélem. 

    Loïc LT

  • rencontre avec Marie-Hélène Lafon (Larmor-Plage)

    Marie-Hélène Lafon ne fait partie de ces écrivains connus du grand public et elle ne fait pas partie non plus des goncourisables mais la dame, originaire du Cantal a fait son trou dans la littérature française, elle a trouvé une niche comme on dit et du coup a trouvé son public comme on dit aussi. J'ai lu deux romans d'elle : l'annonce (adapté au cinéma) et Joseph. La particularité de cette auteure est de décrire la campagne profonde, en l’occurrence ici le Cantal, ce que ne font pas beaucoup les autres écrivains français. A sa façon, elle est un peu la Annie Ernaux de la ruralité, même si, elle est romancière et non biographe. 

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    Elle était invitée ce soir par la médiathèque de Larmor-Plage (ma station balnéaire préférée), chose peu courante par ici et j'ai décidé d'y aller pour l'écouter évidemment mais avec la secrète intention de discuter avec elle après. On était à peu près 90 groupies dans la salle...dont 4 hommes ! On a compté. Elle est arrivée un peu en retard, plus coquette en vrai que sur les photos et n'a pas perdu de temps. J'ai moi-même posé deux questions que je retranscris à peu près ici :

    - Vous décrivez fort bien les petites fermes du Cantal qui fonctionnent à l'ancienne mais seriez-vous capable d'écrire un roman dont l'environnement serait celui d'une grosse exploitation laitière ou céréalière et par là-même décrire le malaise agricole (1 suicide tous les 2 jours) ? Elle m'a répondu que non, qu'elle ne pouvait écrire que sur ce qu'elle connaissait mais se souvenant de ma question, elle m'a interpellé quelques minutes plus tard pour lire un extrait d'un de ses essais où elle décrit avec poésie mais avec minutie le type de tracteurs-bolides qu'utilisent les cultivateurs de la Beauce. J'ai rebondi en lui répondant que si elle était capable d'écrire ça, elle était capable de faire un grand roman sur l'agriculture moderne. Elle m'a rétorqué qu'elle s'était beaucoup documentée sur les tracteurs (avait même appelé un ami je crois) mais qu'elle se voyait mal aller en immersion dans la ferme des mille vaches.

    - Votre livre l'annonce sorti en 2009 évoque le célibat des agriculteurs et le désir du fermier de trouver une femme via les petites annonces. Avez-vous même inconsciemment, été influencée par la célèbre émission de M6 ? L'assemblée a ri et elle a répondu que c'est une question qu'on lui pose souvent et que lorsqu'elle a écrit ce roman, elle ne connaissait pas cette émission (d'ailleurs, elle ne possède pas de télé).

    - Je lui ai fait une dernière petite remarque : avez-vous conscience que derrière le ton sérieux de vos romans, vous arrivez quand même à nous faire rire et presque plus qu'un auteur dont ce serait la marque de fabrique ? Je lui ai parlé des deux oncles muets qui regardent TF1 toute la journée dans l'annonce et de Joseph, qui, bourré comme un coing,  gare sa voiture au milieu du village, s'effondre sur le volant et met sans le vouloir en route le klaxon qui réveille toute la population, jusque ce qu'on vienne le sortir de cette mauvaise posture ? Elle acquiesce. 

    Elle a lu quelques passages (dont celui du tracteur qu'il faudrait que je retrouve), a répondu à d'autres questions et puis ensuite ce fut la traditionnelle séance de dédicaces. MH Lafon est plus déjantée qu'elle en a l'air. Il n'y a qu'à voir sa signature :

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    Je n'ai malheureusement pas pu discuter avec elle, parce qu'en bonne parisienne qu'elle est devenue, elle était pressée de rentrer (alors qu'elle venait juste d'arriver) et qu'il y avait trop de monde autour d'elle. C'était quand même une soirée sympathique et instructive. Excusez la médiocrité des photos, je n'avais que mon smartphone qui prend des photos pourries. 

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    On sent que ça bouillonne dans le cerveau de Marie-Hélène Lafon et qu'il faudra compter encore plus sur elle dans l'avenir ; elle a d'ailleurs laissé sous-entendre qu'elle n'allait pas forcément continuer à écrire sur la ruralité. 

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    Médiathèque de Larmor-Plage (Morbihan) , rencontre avec Marie-Hélène Lafon, 18h30/20h00, le 08 mars 2016

    Loïc LT

  • Un coin agréable dans les environs de Moscou (1972), Lucio Fanti

    A la page 425 de son roman (Naissance qui en compte 1601), Yann Moix évoque la figure d'un peintre en ces termes : 

    Pêche miraculeuse : mon père ne collectionnait pas les femmes, comme le faisaient des milliards de mâles torturés par l'instinct, mais ferait collection d'une seule, affrontant en propriétaire la monotonie, très consciencieux dans sa possessivité, polygame d'une épouse quasiment unique ( quelques "incartades" sans conséquences ni lendemain). Il venait de faire un trou dans ma mère, y passant un fil d'acier, la sanglant à son cou : il porterait cette femme, finirait par s'ennuyer avec, la poserait comme un canapé contre une fenêtre à double vitrage dans un salon aux baies blanches. Avec elle, peut-être et sans doute, il finirait par se noyer dans une grisaille à la Lucio Fanti (Un coin agréable dans les environs de Moscou, 1972, huile sur toile) : mais elle lui appartenait comme la mort appartient à l'éternité, le bruit au silence. Il pourrait faire fusiller ses propres enfants, à condition de la garder, même folle et refluante de baves, même ruine devenue, barbouillée de ses excréments - il avait soif de durée comme, dans cette métaphore indigne de moi, le vampire a soif de sang

    Voici la toile en question : 

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    Comme je mets du temps à lire ce roman, cette note est l'occasion de distiller un morceau de la prose de Yann Moix. Âmes sensibles s'abstenir ! C'est du brut de décoffrage mais en même temps, le narrateur (Yann Moix tout bébé) nous explique la fidélité sans faille de son père envers sa mère donc on l'excuse un peu de présenter la chose de façon un peu triviale. Et puis, il y a cette toile évoquée dans le passage.  Après une demi-heure de recherche, Lucio Fanti reste un mystère: pas de page wikipedia, très peu de réponses de google. Il dispose quand même d'un site internet mais sa biographie est très courte : Lucio Fanti, né à Bologne en 1945, vit et travaille à Paris. 

    Au début, quand je suis tombé sur cette toile, je me suis dit que le peintre était un communiste mettant son talent au service du pouvoir soviétique. On y voit une famille heureuse, la belle berline est garée derrière et l'on s'amuse dans les environs de Moscou donc. Lucio Fanti met quand même en évidence des nuages gris et menaçants mais en tout cas, prise comme ça, cette toile ressemble à une commande des autorités russes ou à une réelle envie du peintre de nous décrire la façon dont il voit le quotidien de l'URSS en 1972. On a vu plein de tableaux narratifs de ce genre ventant le bonheur de vivre en URSS et en tout cas, moi, je n'en voudrais pas dans mon salon, ni pour le fond ni pour la forme. Mais en fait, les choses sont plus compliquées car en poussant les recherches, je suis tombé sur ce site où l'on peut lire :

    Lucio Fanti naît en 1945 à Bologne. Il s’installe à Paris en 1965 et débute son activité plastique en 1967. Il expose dès 1968 au Salon de la Jeune Peinture avec les peintres de la Figuration Narrative réunis autour du critique Gérald Gassiot Talabot. Sa première manière, réalisée d’après des clichés photographiques russes, dénonce la dérive du régime communiste avec mélancolie. Comme Louis Althusser le faisait remarquer, « Lucio Fanti joue avec les clichés, non pour s’en jouer, mais pour les faire voir à nu. Il n’y a que les rois nus qui règnent ». Une mise en abyme mélancolique à l’image de Maïakovski, son double poétique, dont la figure et l’œuvre accompagne symboliquement la production du peintre.

    Je ne suis pas un grand spécialiste de peinture mais j'en conclue que par ce tableau, le peintre a voulu se moquer de l'art communiste et des artistes à la solde du pouvoir. Maintenant, il s'agit de trouver le rapport entre ce tableau et le propos de Yann Moix. Les choses sont assez claires. On peut comparer ce père russe jouant avec son enfant auprès de sa femme (belle et souriante comme la maman de Martine) au père du narrateur qui met la fidélité au dessus de tout. Mais quand même, on se demande pourquoi l'écrivain est allé chercher cette toile derrière les fagots. Comme il vit et travaille encore à Paris et que Yann Moix a des entrées un peu partout, peut-être se connaissent-ils et que l'écrivain a voulu rendre hommage à son ami italien. Mais ce ne sont que supputations. De toute façon, ce passage se noie dans cet océan romanesque mais il paraît évident que Naissance est le premier roman dans lequel Lucio Fanti est cité. 

    Je me coucherai moins bête ce soir, comme on dit et vous aussi, même si connaître cette toile ne sert à rien. Je continue à assister à la naissance du chroniqueur de Laurent Ruquier. Heureusement que l'accouchement de mes deux filles n'a pas duré aussi longtemps, d'ailleurs aucune naissance n'a connu une telle longévité. Yann, je ne sais pas si t'es un génie ou un mythomane  ( je trancherai plus tard), en tout cas, tu envoies du bois comme disent les canadiens et quand je vois tout ce qu'il me reste à ranger (les trois quarts), je me demande si j'aurai fini avant l'hiver prochain et si j'aurai de la place pour tout mettre. 

    Loïc LT

  • recensement des cabines # 47 Trémargat (22)

    samedi 6 février 2016, suite (8ème bourg),

    En ce début de soirée triste comme un bonnet de nuit, j'arrive enfin au terminus de ce périple, à savoir Trémargat, commune qui se situe à sept petits kilomètres au nord de Plounévez-Quintin. Comme de fait, je ne montrai pas plus vers le nord, l'avenir nous apprendra juste que je finirai la soirée et la nuit à Lanrivain qui se situe un chouye au nord-ouest de Trémargat. L'idée eut été de crécher à Trémargat mais dans ce bourg qui a déclaré son indépendance officieuse à l'état français, rien ne s'est vraiment passé comme prévu. 

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    Faut-il que j'évoque la spécificité de ce village de 200 habitants qui a eu l'honneur d'être maintes fois l'objet de reportages dans les médias nationaux ? Je vais te laisser, hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère, travailler un peu et aller chercher sur la toile de quoi il en retourne. 

    Qu'attendais-je de ce village au crépuscule du soir et dans ce brouillard déprimant ? Peut-être un peu trop sans doute. La première entreprise fut, dans un petit bâtiment en pierre qui sert aussi à autre chose de trouver ce qui s’avérera être un simple combiné (numéro : 02 96 36 54 24).

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    Mais il ne s'agissait pas de faire la fine bouche. Je ne m'attendais pas à trouver ça (photo prise par ma fille aînée  lors de son récent voyage en Italie) :

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    Voici donc le mobiphone et force est de constater que ce n'est pas la première attraction du bourg. Je ne me souviens plus s'il fonctionne ou pas mais je m'en foutais un peu. Le fait même qu'il existe me permettait d'aller visiter le village. 

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    Mais je n'avais plus vraiment de force, j'étais comme anémié et je n'avais qu'une envie : aller me mettre à l'abri dans le mythique Trémargat Kafé où parait-il le soir des hippies de toutes générations refont le monde, rejoints par les paysans du coin barbus qui cultivent quelques pauvres lopins de terre , tout nus en chantant l'Internationale écologiste.

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    J'ai quand même fait un rapide tour du bourg, mais il pleuvait et mon paletot était tout trempé. Du coup, je n'ai quasiment pas pris de photos à part l'église Saint Ernestine de- Louvois, ce qui est un comble quand on devine ce qu' ont à foutre les écolos de Trémargat de ce lieu de culte où ils ne vont jamais à l'office ou à vêpres sauf pour l'entretien qu'ils sont tenus d'assurer puisque cette bande de gais lurons a pris les reines de la mairie en 1995. 

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    Si mon ennemi politique préféré (Momo -) était venu avec moi comme c'était prévu au début, sans doute, aurions-nous été plus téméraires. Nous serions allés dans la campagne voir de quel bois se chauffent ces paysans qui se prosternent tous les soirs devant le portrait de José Bové. Mais, là, tout seul, sous la pluie, je n'avais plus de courage à rien. Je me suis mis à courir tel un fou comme si j'avais l'ankou à mes trousses. Je suis passé devant ce genre d'habitat mais à trop tirer sur la corde, à la fin, elle se casse.  

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    J'aurais voulu parler avec des gens et pourquoi pas (puisqu’ici, on est semble-t-il ouvert et sur une planète verte et accueillante), trouver quelqu'un qui veuille bien me loger pour la nuit parce que je commençais un peu à me poser des questions sur le couchage. Rien à voir mais dans ma rapide visite du bourg, j'ai pu constater que paradoxalement, la plupart des véhicules était des 4X4 ou des pick-up. 

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    Comme je n'avais pas envie de frapper aux portes, je me suis rendu à celle où l'on peut rentrer sans frapper, c'est à dire, celle du fameux troquet. Je suis rentré, j'ai dit bonjour à la serveuse qui faisait du tricot, j'ai commandé une bière, et fait un petit tour du propriétaire. C'est donc ici que le soir, on tire des plans sur la comète à coup de kalachnikov en bois non traité, qu'on prend des nouvelles des copains qui sont perchés dans les arbres de Notre-Dame-des-Landes ou qu'on évoque la cueillette de gui à venir. Quel moqueur je fais ! C'est vrai que j'aurais bien aimé qu'il y ait du monde pour pouvoir échanger  mais il était inscrit que dans ce périple, l'être humain serait une espèce rare. Le bar était comme je l'imaginais mais la bibliothèque inaccessible. Il y avait des inscriptions et des affiches libertaires ou annonçant des concerts un peu partout mais aucun portait de Sarkozy. 

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    La dame a bien voulu me prendre en photo, dégustant une bière. Voici donc la preuve que je suis bien allé à Trémargat, ce que n'ont pas fait des milliards d'êtres humains. J'ai demandé à la serveuse si je pouvais la prendre (en photo hein -) en train de tricoter mais elle a gentiment refusé. Tant pis.  

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    Je suis sorti du café un peu désabusé quand même. Il pleuvait toujours et je ne savais que faire. Trémargat devait être le bourg le plus septentrional de ce périple qui ne marquera pas l'histoire de l'humanité mais il était hors de question que je retrouve la civilisation dès ce soir. Sur la carte des PTT, j'ai noté le bourg de Lanrivain qui se situe à 6 kms au nord ouest de Trémargat. J'opte pour cette solution. Il fallait bien que j'aille quelque part. 

    Trémargat, (22110), Côtes-d'Armor ,maire : Yvette Clément ( liste : Trémargat est un bourg ) , 200 huluberlus, reportage réalisé le 06 février 2016 ( arrivée à 16:11, départ à 17:24 -autant de temps quand même mais qu'est-ce que j'ai foutu ?) . temps : merdique. direction Lanrivain, 6 kilomètres au nord-ouest. 

    Loïc LT 

  • enquête rimbaldienne

    Avant de poursuivre le récit de ce périple de début février  qui tient quelques uns en haleine fétide, j'avais envie d'une petite pause rimbaldienne. Ce sera une pause photographique que l'on doit à Ernest-Pignon-Ernest-Pignon-Ernest, artiste plasticien, spécialiste de ce qu'on appelle aujourd'hui le street art,   qui dans les années 70 s'amusa à coller des portraits de Rimbaud sur les murs de Charleville (lieu de naissance du trafiquant d'armes) et de Paris. 

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    Que nous dit cette photo ? Pas de nom de rue, par contre, vous ne le voyez pas vous (je n'ai pas pris toute la photo, quel con) , deux concerts de Thiefaine sont annoncés pour les 13 et 14 mai ( la photo a donc sans doute été prise en début d'année), mais évidemment l'année n'est pas précisée puisque lorsqu'on colle une affiche, ce n'est pas pour annoncer un concert qui aura lieu dans deux ans. Donc, Hubert-Félix a donné deux concerts dans cette ville, tout comme Gilles Servat, qui est surtout  connu en Bretagne et là, j'apprends qu'il a donné des concerts en dehors des contrées armoricaines. Au-dessus de l'affiche, on voit clairement indiqué Angoulème donc tout porte à croire que la photo a été prise à Angoulême. 

    Or (oui je suis de l'école Yann Moix),

    Angoulême se situe à 400 kilomètres de Rennes. Ce n'est pas impossible que le chanteur  ait donné un concert là-bas puisque dans les années 70, sous l'impulsion de Alan Stivell, la musique bretonne était à la mode donc pourquoi pas. Sauf que dans le livre où j'ai chopé cette photo il est indiqué que les sérigraphies d'Ernest ont été collées et exposées, en 1978, sur les murs de Paris, de la région parisienne et de Charleville. On n'annoncerait pas un événement qui a lieu a Angoulême sur un mur de Paris. Restons donc sur l'idée que la photo a été prise à Angoulême et qu'il s'agissait d'une exception temporaire. 

    Qu'apprend-on par ailleurs sur la photo ? Qu'une personne déclare son amour à une autre (oui, j'ai bouffé le je), mais ce type de déclaration est possible partout, même à Plounévez-Quintin. Sinon, on voit un petite affichette jaune (ou un panneau) sur lequel il est indiqué MONTRRON. Aucune réponse de Google. Pour le reste, on a des affiches déchirées que ne me sont d'aucune aide. Je vais taper Ernest-Pignon-Ernest Angoulême pour voir si à tout hasard quelqu'un signale quelque part que l'artiste à collé une sérigraphie à Angoulême, genre pour une exposition temporaire . Aucune réponse. Le mystère reste donc entier et ce n'est pas cette fille pressée et se foutant de Servat et de Rimbaud comme de son premier jupon qui pourrait me mettre sur une piste. 

    Mais j'ai peut-être trouvé la réponse. Dans ce bouquin préfacé par Jack Lang où les photos d'Ernest alternent avec des poèmes d'Arthur, il y a une photo où l'on voit une femme qui marche à l'angle de la rue Friedland. Il existe beaucoup de rues Friedland en France mais, merci encore à Google Map, la photo prise en 2015 nous montre un angle de ladite rue ressemblant parfaitement à celui de la photo. J'en conclue donc que cette photo aussi a été prise à Angoulême.  

    arthur rimbaud, Ernest Pignon-Ernest

    A gauche, nous avons la photo d'Ernest datant donc des années 1970 (c'est l'artiste qui prenait les photos) et à droite, une photo prise par l'automobile de Google en 2015 à Angoulême rue Friedland. A part les panneaux de signalisation qui ont changé et en 30 ans, cela se conçoit, il faut avouer que la ressemblance est frappante. Même angle, même type de pierre et surtout on retrouve la corniche sur les deux clichés. 

    Je décrète donc que Ernest Pignon-Ernest a exposé à Angoulême et ce sans doute après 1978. Après avoir enlevé ses affiches de Paris et de Charleville, il n'est pas impossible qu'il ait fait un petit tour de France. Ça aurait été dommage de tout ranger dans un grenier. 

    Voilà pour la petite enquête du samedi soir. Sur ce, je vais boire deux ou trois verres d'eau agrémentés de cacahuètes et d'autres petits amuses bouches.

    Loïc LT

  • recensement des cabines # 46 Plounévez-Quintin (22)

    samedi 6 février 2016, suite (7ème bourg), 

    Il était 15:28 lorsque je suis arrivé à Plounévez-Quintin (à 9 kms au nord de Gouarec).Le ciel était de plus en plus bas, il tombait un crachin, l'horizon était bouché et bien qu'on était encore en milieu d'après-midi, j'avais l'impression que la nuit tombait de sa chaise. A traverser des bourgs déserts et seul avec ma solitude et mon gps, mon moral baissait aussi vite que la jauge de gazole. Je commençais même à me demander si je ne devais pas faire demi-tour. Mais c'était dommage d'arriver si près du but et de faire demi-tour. 

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    J'ai très vite trouvé la cabine (située près d'un magasin de crêpes réalisées au feu de bois)  mais je n'ai trouvé personne pour me prendre en photo alors j'ai pris un selfie comme on dit mais tellement raté que je ne peux pas le poster ici. Vous vous contenterez donc de photos de la cabine sans le boloss devant. Je ne me souviens plus de rien de cette cabine, si elle fonctionne, si elle à pièce, à carte ou à chèque. Je peux juste donner son numéro : 02 96 24 50 68 et c'est bien là le plus important ! ( sauf que j'ai essayé d'appeler le numéro mais il a été réattribué car je tombe sur une boite qui vend des téléphones portables sans fil et j'ai dit à l'employé  ou au patron ou qui sais-je que c'était malhonnête et même indécent de s'être attribué le numéro d'une cabine téléphonique. La personne m'a pris pour un demeuré et a raccroché). 

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    Voici un autre angle de vue parce qu'il faut bien que je meuble ikea et parce que ce bourg ne m'a pas du tout marqué. En plus, il s'est mis à tomber des cordes, ce qui a juste provoqué des dégâts sur quelques toitures parce que les bûches n'étaient pas très épaisses. Quant à moi, j'ai réussi à les éviter en rentrant dans ma Talbot qui a été épargnée aussi puisqu'elle dispose d'un système de protection contre les chutes de bois. 

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    C'est vrai que je n'ai pas grand chose à dire de Plounévez-Quintin mais qui aurait quelque chose à en dire ? Un autre blogueur a-t-il déjà évoqué ce bourg ? Je réponds non. Donc, que les plounévéziens s'estiment heureux. A part la Google Car, personne n'avait encore visité votre bourg. Bon !

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    Dans ce trou noir de la vie, seul un bar était ouvert, le Kreisker (nom commun pour les bars en Bretagne), qui fait tabac, loterie nationale et tacotac. Je n'ai même pas regardé s'il y avait des buveurs d'eau au zinc car je vous avoue que je n'avais qu'une envie : partir. Si ce village s'était présenté au début du mon périple, peut-être y aurais-je prêté plus d'attention mais là je commençais à saturer comme lorsque je reste plus d'une demi-heure dans un supermarché ou 20 secs à regarder TF1 (comparaisons foireuses qui ont le mérite de ne pas être claires). 

    Les condors étaient de sortie, c'est vrai que ça sentait le danger voire l'émeute urbaine. Ils ont quand même dû repérer qu'une Talbot immatriculée 56 était garée n'importe comment et ont dû se demander ce qu'un morbihannais foutait là. 

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    Je n'avais pas faim et ça tombait bien, le restaurant Le Celtic a mis la clé sur la porte et le chien au dessus de la cabane. Le MacDo le plus près se situe à 125 kilomètres et ma maison à 75 kilomètres. Mais de toute façon, je n'avais pas faim, zut quoi. J'imagine très bien des centaines de syriens venir s'y installer, investir les lieux, ouvrir des magasins et redonner un peu de vie à ce village et à tant d'autres. Je suis sincère. A part la planète, les roues et les vinyls, rien ne tourne rond dans ce monde où des gens tuent d'autres gens. Ceci dit, de mémoire de plounévézien, aucun meurtre n'est à déplorer dans le village depuis Charles X. 

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    Plounévez-Quintin, (22110), Côtes-d'Armor , maire : Gwénaëlle Trubuilt ( liste : mourir à  Plounévez ) , 1080 plounévéziens, reportage réalisé le 06 février 2016 ( arrivée à 15:28, départ à 15:58 ) . temps : merdique. direction Trémargat, 7 kms au nord. 

    Loïc LT  

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  • recensement des cabines # 45 Gouarec (22)

    samedi 6 février, suite

    Poète baladeur, drôle d'oiseau etc....je veux bien mais quand je pars dans l'inconnu comme lors de ce weekend de début février, je tiens à être discipliné et rigoureux afin de ne pas, un mois plus tard, lorsque je rédige la note, me perdre en conjectures. Parti de Perret à 13h40, je suis arrivé à Gouarec à 13h50, ce qui signifie que je n'ai pas dévié de ma trajectoire car il aurait été tentant d'aller faire un détour par Sainte-Brigitte (à l'ouest) ou encore mieux à Lescouët à l'est ( bourg dans lequel la voiture de google  a photographié une cabine). Mais le temps était compté et je voulais à tout prix passer un peu de temps au fameux bourg de Trémargat. Un moment dans la vie, il faut faire des choix comme le perretois au carrefour près de la chapelle.  

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    Je suis arrivé à Gouarec (dont Hippolyte Le Moign fut maire de 1919 à 1935) à 13h50, et la cabine (numéro d'appel 02 96 24 99 42) s'est présentée à moi comme un vassal à son seigneur très rapidement. Elle est plantée au bord du canal de Nantes à Brest et j'ai profité du passage de Claude pour me faire prendre en photo. Claude est un routard et on a discuté un peu. Je ne me souviens plus de ce qu'il m'a raconté mais j'ai le souvenir d'un mec bien qui s'est amusé de ma quête improbable. J'aurais bien passé plus de temps avec lui mais il avait encore beaucoup de kilomètres à faire sur son vélocipède chargé comme un mulet et moi beaucoup de villages à visiter avant dimanche soir. Chacun sa route, chacun son chemin, merci Claude pour ce moment passé ensemble.

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    Je suis resté seul près de l'édicule. L'eau de canal était humide et franchement je me suis posé une question existentielle. Pourquoi les PTT ont-ils décidé de planter une cabine à cet endroit ? La photo semble tellement improbable qu'on dirait un montage mais non, il fut une époque où les fonctionnaires fermaient les yeux sur la carte d'un bourg, posait leur doigt au hasard et décidait d'y implanter la chose sans se poser de questions. 

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    Le bourg de Gouarec est fort charmant, tout en pierre grise, avec des halles au centre et quelques commerces coquets. 900 contribuables y usent leurs souliers. J'ai vidé une bouteille de vodka à la taverne des ducs qui dispose d'un téléphone dernière génération que la clientèle peut utiliser librement. C'est un appareil étrange et très pratique avec de grosses touches et un combiné cylindrique agréable à prendre en main.Il faut noter que ce type d'appareil peut se passer d'une box, ce qui signifie que l'on ne paie pas d'abonnement internet. Le téléphone fixe prend enfin sa revanche sur l'internet et il m'a fallu arriver à Gouarec pour prendre connaissance de cette innovation fondamentalement archaïque. J'ai appelé la cabine...en vain. Ensuite le patron a pris le combiné et appelé un individu et la conversation tournait autour du mécontentement de quelqu'un du fait d'un retard apporté au paiement d'un agent basé à Pontivy et le patron demandait l'intercession (je me souviens que ce mot m'avait marqué) dans une affaire avec M.Dumon parce qu'il s'agissait de réveiller la conscience du débiteur. Quand il a raccroché, il était tellement dégoûté que je n'avais pas envie d'engager la conversation.  

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    J'étais seul dans la taverne et le bourg de Gouarec était désert. Je me demandais juste si les habitants ne fuyaient pas avant mon arrivée ou bien même si je n'étais pas en train de rêver...parce qu'après Perret où je n'ai vu personne, ça commençait à bien faire. 

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    Il tombait des cordes de bois (une corde = 3 stères) et je n'avais pas envie de sortir. Mais il fallait pourtant. J'aurais bien volé la voiture de Oui Oui plutôt que reprendre ma Talbot mais le vol est puni par la loi et même si on ne se fait pas choper, on n'a pas pas la conscience tranquille quand on conduit un véhicule qui ne nous appartient pas. Et de nos jours, on ne peut plus voler de voitures aussi facilement que le faisait McGyver (m'enfin c'était pas un voleur, il volait la voiture de méchants ou il volait une voiture pour poursuivre des méchants). 

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    Il aurait fallu une journée pour visiter ce bourg et avoir la chance de débusquer un être humain pour le faire parler. Il y a bien quelqu'un qui a vu Beauchamp passer quelque part. Pourquoi pas ici, pas plus ici qu'ailleurs me direz-vous mais pourquoi pas ? Autant chercher une aiguille dans une botte de paille comme dit l'expression mais un moment il faut passer à l'action. Il y a quelques mois, quelqu'un a effectivement cherché une aiguille dans un round baller et il l'a trouvée, je ne sais plus au bout de combien de temps mais il l'a trouvée, je vous dis. 

     

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    Gouarec, (22570), Côtes-d'Armor , maire : Jean-Yves Le Guyader ( liste : fuir Gouarec ensemble ) , 891 gouarécains, reportage réalisé le 06 février 2016 ( arrivée à 13:50, départ à 15:19 ) . temps : pluvieux. direction Plounévez-Quintin, 9 kms au nord. Il a trouvé l'aiguille !

    Loïc LT