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peinture

  • JeanPaul Tarasco - profession : artiste peintre

    terrasse d'hiver.jpgQuelqu'un m'a dit au téléphone que j'aurais pu être écrivain. Je ne me vante pas, je répète juste ce que cette personne m'a dit et qui d'ailleurs elle-même écrit très bien aussi. Cette fille est typiquement du genre la femme sans histoire. Alors, moi, je sais pas, je n'ai pas le recul, j'ai le nez dans le guidon mais peut-être que je suis meilleur en prose qu'en alexandrin. Il y a trois ans à peu près, Gallimard m'avait appelé pour me demander si je pouvais écrire un essai reprenant tout ce que j'avais écrit sur ce blog. Malgré l'insistance de ma femme, je n'y suis pas arrivé. J'ai 47 ans et je crois que je saurais si je pouvais faire aussi bien que Eric Reinhardt.  Tout le monde n'est pas Yvan Duvivier, Isabelle Sigoura, Julie Schittly ou Paul Gogo. Ceci dit, les journalistes qui ont une belle plume sont-ils capables d'écrire un roman ? Relater un fait divers, ce qui s'est dit lors d'un conseil municipal ou faire un papier sur l'inauguration d'une pissotière à Persquen est une chose, inventer une histoire en est une autre. Même écrire un essai n'est pas à la portée de tout le monde, genre une histoire qui se déroulerait à Tarifa.

    J et Q.jpgVous avez remarqué que souvent mon premier paragraphe n'a rien à voir avec le sujet de ma note....et même parfois le second, tiens. Aujourd'hui, j'ai fait un drive à Super U et j'avais commandé des bougies (j'aime bien allumer des bougies le soir) mais ils n'ont pas pu me les vendre car le rayon bazar est fermé. Je croyais que c'était juste les livres (en solidarité avec les libraires, why not) mais non, c'est tout le rayon des choses non essentielles...comme les bougies qui est fermé. Mais ça fait du tort à qui de vendre des bougies ? Vous connaissez des magasins où l'on ne vend que des bougies ? A côté de ça, le rayon alcool et notamment l'alcool fort est ouvert. Chacun sait que le whisky constitue une denrée essentielle. Le gouvernement est complètement à la ramasse. On ne sait plus ce qu'on peut faire ou ne pas faire. Mais je ne sais pas où est passé ma colère. Voilà donc un second paragraphe qui une fois de plus n'a rien à voir avec le sujet du jour. En cours de Français, on me foutrait 2/20. Mais, ne vous inquiétez pas, je n'ai pas perdu le nord

    l'attente.jpgJe vous explique (Carla -). Je suis l'administrateur avec Léonor d'un groupe Facebook consacré à Françoiz Breut. Il est moyennement actif au regard du nombre de membres (sachant que nous ne sommes que quatre ou cinq à intervenir). Le groupe s'intitule "Everyone kisses Françoiz Breut"). Ce nom m'est venu d'une chanson de son premier album qui s'appelle "Everyone kisses a stranger". Parmi les membres actifs, il y a JeanPaul Tarasco (qui est quasiment l'anagramme de son vrai nom). Il m'a appris aujourd'hui qu'il était artiste peintre et que je pouvais voir ses toiles sur son site : ici

    C'est essentiellement de l'acrylique et comme je suis une brêle en peinture, il a fallu que je fasse une recherche sur Wikipedia. Donc : peinture acrylique : une peinture basée sur des résines synthétiques. Prends ça et mange ton pain. J'aime sincèrement beaucoup ce qu'il fait et notamment celui tout en haut qui s'intitule "terrasse d'hiver". La scène est banale mais c'est coloré et ça me fait penser...mais de loin à ce que fait David Hockney (mais chez ce dernier, il n'y en général qu'un personnage (ah peut-être deux dans le troquet) et comme c'est le seul peintre contemporain que je connais, il fallait bien que je ramène ma science. De toute façon, un type qui est fan de Françoiz Breut (qui fait des dessins elle aussi...que Léonor adore -) ne peut foncièrement pas faire quelque chose de mauvais. T'inquiètes, Poljan, la rue ne te reprendra pas ( pour peu qu'elle t'aies déjà pris). 

    Ses tableaux sont très colorés et si j'ai bien compris, il prend des photos de scènes de rue et en fait des peintures ensuite. Il appelle ça du "figuratif très réaliste". Je n'ai rien à dire d'autres. Voyez les quelques tableaux que j'ai mis ici et si ça vous plait, allez sur son site et foutez-moi ça en fond d'écran, ce sera un bon début !

    Bien à vous,

    Shako

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  • retour à Pleugriffet

    Il y a quelques temps est paru dans la presse un article dans lequel il était question d'un couple de suisses qui offrait deux tableaux de valeur à la commune de Pleugriffet pour la remercier de son accueil. Ce couple avait acheté un moulin (par le biais d'un bail emphytéotique...à vos dictionnaires -) il y a une trentaine d'années et ce, tout à fait par hasard. Empruntant le canal de Nantes à Brest, Kurt et Ursula Straub ont dû patienter à l'écluse 43 gérée par Bernardette  car elle prenait, comme tout salarié a le droit, sa pause-déjeuner et donc l'ouverture des vannes ne se ferait pas avant 13 heures. Pas du genre à chercher des embrouilles et surtout n'étant pas pressés, Ursula et Kurt sont descendus de leur bateau battant pavillon suisse, ont visité les environs et son tombés sur un moulin en ruine et ce fut le coup de cœur. Après des travaux conséquents, il y sont venus régulièrement et se sont bien intégrés à la commune, René Jégat le maire est devenu un grand ami. Ursula et Kurt Straub faisaient venir des artistes au moulin et par ailleurs possédaient une galerie souterraine à Genève.

    Pour l'instant, je ne me foule pas trop la cheville, je reprends des infos trouvées dans la Gazette et le Ouest-France. Les deux tableaux offerts à la commune sont des réalisations de Roland Dubuc ( décédé dans son atelier en 1998 en Normandie), artiste peintre qui venait régulièrement au moulin. Samedi dernier, je suis allé à la mairie voir de près ces deux œuvres singulières. Je tenais à préciser la gentillesse de la secrétaire de mairie (que j'avais eu dans la matinée au téléphone). 

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    Si j'aime beaucoup ces toiles représentant un Montmartre rêvé et enneigé, j'ai toujours un peu de mal avec ces encadrements un peu trop rustres et imposants. Mais l'essentiel n'est pas là. C'est l'occasion aussi d'évoquer la figure de Roland Dubuc, originaire de Normandie, peintre prolixe et connu dans le monde entier (mais pas suffisamment pour posséder sa page wkipédia. Il ne tient qu'à un passionné de s'y coller). Sur la fin de sa vie, ses toiles commençaient même à être bien côtées. Roland Dubuc n'était assurément pas un barbouilleur, le cadeau des époux Straub n'est donc pas une plaisanterie.

    Ensuite, je suis resté à Pleugriffet où il m'est arrivé des choses qui n'auraient pas du avoir lieu et que je ne raconterai que lorsqu'il y aura prescription. Par contre, sur les précisions du maire, je me suis rendu au culot voir l'ancienne éclusière qui habite désormais une grande maison dans un lotissement de la commune. Elle m'a accueilli avec gentillesse, m'a tout de suite tutoyé et je lui ai posé quelques questions prétextant l'écriture d'un livre (qui reste une possibilité). Elle m'a raconté sa vie d'éclusière, les conditions de travail et la maison de l'écluse où les conditions de vie étaient sommaires (d'autant qu'avec les 3 enfants et le mari, 5 personnes s'y serraient la ceinture). On a parlé évidemment du couple suisse avec qui elle a gardé de très bons contacts. Je voulais justement savoir si le fait de les avoir fait poiroter une heure devant l'écluse avait créé des dissensions entre eux...mais pas du tout. Vu ce qu'ils ont découvert grâce à elle, comment pourraient-ils leur en vouloir ? Après avoir quitté Bernadette, je me suis rendu sur les lieux de cette belle aventure.

    Aujourd'hui, l'écluse de Cadoret est habitée par la belle-fille de Bernadette. L'endroit est toujours aussi bien fleuri que sur les photos que m'avaient montré l'ancienne éclusière. 

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    J'ai discuté un peu avec la belle-fille et me suis promené autour de l'écluse, la fameuse écluse 43. L'endroit n'a pas beaucoup changé depuis que le bateau du couple suisse s'y arrêta. Le saule a sans doute beaucoup pleuré et grandi depuis ainsi que les sapins qui longent le halage sur lequel jadis et j'aime bien repenser à cette idée, des chevaux tiraient sur les péniches dépourvus de moteurs. Il fut une époque où c'étaient même des êtres humains qu'on appelait des haleurs, n'est-ce pas Arthur ? 

    Comme je descendais des Fleuves impassibles,
    Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
    Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
    Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

    J'étais insoucieux de tous les équipages,
    Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
    Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
    Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais....

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    Le moulin se situe sur la droite à une centaine de mètres de l'écluse. Chemin faisant, je donnais des coups de pied dans les feuilles mortes sans rencontrer aucune résistance. Comme une feuille est faible et fragile.  Le manoir n'est plus habité mais garde un côté coquet. Sans doute est-il un peu entretenu mais on sent que la végétation a envie de reprendre ses droits. 

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    De l'autre côté de l'Oust, les couleurs de l'automne étaient de toute splendeur.

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    Sur la boite à lettre envahie par le lierre, le nom Straub apparaît toujours et cela m'a fait un pincement au cœur. J'avais la haine de ce temps qui passe sur toutes les belles choses de la vie...j'imaginais les fêtes au manoir, les artistes installant leur chevalet devant le canal où passaient des péniches chargées de sable (mais pas de blé flamand et de cotons anglais).

    " Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
    Suspendez votre cours :
    Laissez-nous savourer les rapides délices
    Des plus beaux de nos jours !..........a-t-on envie de crier à chaque fois. 

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    Je suis resté encore un peu sur le pont. Je cherchais un peu dans cette plénitude et ce calme limpide quelque inspiration. C'est essentiel de s'imprégner des lieux. Les temps sont anciens mais certains lieux gardent toujours la mémoire de leur passé glorieux. Tout ici nous parle de ces temps enchanteurs et en tendant un peu l'oreille, on pourrait presque entendre de la musique venant du moulin. Grand Meaulnes, sors de ce corps ! Mais de la musique, il ne peut même plus en venir du moulin à eau qui a pris lui aussi pris sa retraite depuis longtemps. Il est un peu le symbole de ces lieux que la littérature, entre autres, a le devoir de sauver de l'oubli. 

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    Loïc LT  

  • Un coin agréable dans les environs de Moscou (1972), Lucio Fanti

    A la page 425 de son roman (Naissance qui en compte 1601), Yann Moix évoque la figure d'un peintre en ces termes : 

    Pêche miraculeuse : mon père ne collectionnait pas les femmes, comme le faisaient des milliards de mâles torturés par l'instinct, mais ferait collection d'une seule, affrontant en propriétaire la monotonie, très consciencieux dans sa possessivité, polygame d'une épouse quasiment unique ( quelques "incartades" sans conséquences ni lendemain). Il venait de faire un trou dans ma mère, y passant un fil d'acier, la sanglant à son cou : il porterait cette femme, finirait par s'ennuyer avec, la poserait comme un canapé contre une fenêtre à double vitrage dans un salon aux baies blanches. Avec elle, peut-être et sans doute, il finirait par se noyer dans une grisaille à la Lucio Fanti (Un coin agréable dans les environs de Moscou, 1972, huile sur toile) : mais elle lui appartenait comme la mort appartient à l'éternité, le bruit au silence. Il pourrait faire fusiller ses propres enfants, à condition de la garder, même folle et refluante de baves, même ruine devenue, barbouillée de ses excréments - il avait soif de durée comme, dans cette métaphore indigne de moi, le vampire a soif de sang

    Voici la toile en question : 

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    Comme je mets du temps à lire ce roman, cette note est l'occasion de distiller un morceau de la prose de Yann Moix. Âmes sensibles s'abstenir ! C'est du brut de décoffrage mais en même temps, le narrateur (Yann Moix tout bébé) nous explique la fidélité sans faille de son père envers sa mère donc on l'excuse un peu de présenter la chose de façon un peu triviale. Et puis, il y a cette toile évoquée dans le passage.  Après une demi-heure de recherche, Lucio Fanti reste un mystère: pas de page wikipedia, très peu de réponses de google. Il dispose quand même d'un site internet mais sa biographie est très courte : Lucio Fanti, né à Bologne en 1945, vit et travaille à Paris. 

    Au début, quand je suis tombé sur cette toile, je me suis dit que le peintre était un communiste mettant son talent au service du pouvoir soviétique. On y voit une famille heureuse, la belle berline est garée derrière et l'on s'amuse dans les environs de Moscou donc. Lucio Fanti met quand même en évidence des nuages gris et menaçants mais en tout cas, prise comme ça, cette toile ressemble à une commande des autorités russes ou à une réelle envie du peintre de nous décrire la façon dont il voit le quotidien de l'URSS en 1972. On a vu plein de tableaux narratifs de ce genre ventant le bonheur de vivre en URSS et en tout cas, moi, je n'en voudrais pas dans mon salon, ni pour le fond ni pour la forme. Mais en fait, les choses sont plus compliquées car en poussant les recherches, je suis tombé sur ce site où l'on peut lire :

    Lucio Fanti naît en 1945 à Bologne. Il s’installe à Paris en 1965 et débute son activité plastique en 1967. Il expose dès 1968 au Salon de la Jeune Peinture avec les peintres de la Figuration Narrative réunis autour du critique Gérald Gassiot Talabot. Sa première manière, réalisée d’après des clichés photographiques russes, dénonce la dérive du régime communiste avec mélancolie. Comme Louis Althusser le faisait remarquer, « Lucio Fanti joue avec les clichés, non pour s’en jouer, mais pour les faire voir à nu. Il n’y a que les rois nus qui règnent ». Une mise en abyme mélancolique à l’image de Maïakovski, son double poétique, dont la figure et l’œuvre accompagne symboliquement la production du peintre.

    Je ne suis pas un grand spécialiste de peinture mais j'en conclue que par ce tableau, le peintre a voulu se moquer de l'art communiste et des artistes à la solde du pouvoir. Maintenant, il s'agit de trouver le rapport entre ce tableau et le propos de Yann Moix. Les choses sont assez claires. On peut comparer ce père russe jouant avec son enfant auprès de sa femme (belle et souriante comme la maman de Martine) au père du narrateur qui met la fidélité au dessus de tout. Mais quand même, on se demande pourquoi l'écrivain est allé chercher cette toile derrière les fagots. Comme il vit et travaille encore à Paris et que Yann Moix a des entrées un peu partout, peut-être se connaissent-ils et que l'écrivain a voulu rendre hommage à son ami italien. Mais ce ne sont que supputations. De toute façon, ce passage se noie dans cet océan romanesque mais il paraît évident que Naissance est le premier roman dans lequel Lucio Fanti est cité. 

    Je me coucherai moins bête ce soir, comme on dit et vous aussi, même si connaître cette toile ne sert à rien. Je continue à assister à la naissance du chroniqueur de Laurent Ruquier. Heureusement que l'accouchement de mes deux filles n'a pas duré aussi longtemps, d'ailleurs aucune naissance n'a connu une telle longévité. Yann, je ne sais pas si t'es un génie ou un mythomane  ( je trancherai plus tard), en tout cas, tu envoies du bois comme disent les canadiens et quand je vois tout ce qu'il me reste à ranger (les trois quarts), je me demande si j'aurai fini avant l'hiver prochain et si j'aurai de la place pour tout mettre. 

    Loïc LT

  • découvert d'un peintre

    Un seul être vous manque et tout est dépeuplé...Chloé est partie ce matin en classe de neige, emportant avec elle son incorrigible optimisme et sa bonne humeur. Lola cherche encore ses marques, Prisca erre dans la maison comme une âme en peine et moi, en regardant Arte, je découvre un peintre que j’adore : Tim Eitel...Ce qu’il fait ressemble un peu à Edward Hopper..mais en plus dépouillé encore..dans ses tableaux, des zones entières sont monochromes...les personnages sont le plus souvent seuls, captés dans un quotidien banal..ça donne des choses comme cela :

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