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  • carnet d'un voyage en Eire # jour 1

    vendredi 23 octobre 2015

    Le rafiot Pont-Aven a décollé de l'aéroport de Roscoff comme prévu à 23 heures. Nous sommes dix compatriotes à nous rendre vers les terres brûlées irlandaises chantées par quelqu'un, prêts à en découdre quoi qu'il en coûte.

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    Mes neuf compatriotes ont dormi dans des cabanes aménagées sur le bateau alors que moi, noctambule notoire, jamais aussi bien dans mes Campers que lorsque tout le monde dort (sur terre ou sur mer), j'ai erré toute la nuit, arpenté  les rues, monté et descendu des étages à reculons , espérant dans cette errance nocturne où je n'ai croisé quasiment personne si ce ne sont quelques membres du personnel et des gens perdus ne voyant pas la moitié de leur misère, un peu d'inattendu. Un moment quand même la fatigue s'est fait sentir alors vers les 2 ou 3 heures du matin, j'ai rejoint une salle obscure dédiée à tous les gens n'ayant pas réservé de cabane. Dans cette semi-obscurité, je devenais des formes d'apparence humaine, surtout des jeunes trimbalant des gros sacs. Certains somnolaient sur les sièges pas confortables et beaucoup pionçaient à même le sol se servant de leur balluchon comme oreiller. Je me suis installé sur un siège mais je n'ai pas réussi à l'incliner, je pensais même que ce n'était pas possible (ce qu'on me contestera plus tard). J'ai réussi à dormir un peu en écoutant une émission de France Culture (où il il est question de la Marne) qui me sert à m'endormir.

    à suivre !

    Loïc LT 

  • notre beau pays

    Les français aiment s'auto-flageller mais ils ne voient pas leur bonheur. Voici ce que l'honorable New York Times vient d'écrire à propos de l'hexagone, moi qui ne suis pas particulièrement patriote, j'avoue que ça fait chaud au cœur :

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  • CR287 : le pornographe - John McGahern

    le pornographe2.JPGJ’ai mis du temps à lire ce roman mais l’automne a été chargé. Voyages, ramassage de feuilles mortes, cueillettes de pomme, séjour en prison, recensement des cabines etc etc. C’est dommage parce que c’est un bon roman et je n’aime pas mettre des semaines à lire un livre car on a du mal à s’y immerger et lorsqu’on reprend sa lecture, il faut retourner en arrière etc.

    C’est donc à Bécherel, le village bretillien où il est interdit de vendre autre chose que des livres que j’ai dégoté ce bouquin. Je cherchais de l’irlandais et de bouquiniste en bouquiniste bourrus et fumant la pipe, un peu comme un jeu de piste, on a fini par me trouver celui qui pourrait satisfaire mes besoins (librairie l'autre sommeil)

    L’histoire se passe à Dublin. Le narrateur (dont l’auteur ne précise jamais le prénom à moins que je l’ai loupé), originaire de la campagne aux alentours de Dublin, subvient à ses besoins primaires en publiant des romans pornographiques. On a le droit à quelques extraits de sa production, ce qui donne un peu de piment au roman, il faut en convenir !

    Il a une trentaine d’années, additionne les conquêtes et rencontre Joséphine, une fille à qui il fait un bébé parce qu’elle refusait qu'il mette un préservatif. Mais comme il n’a pas de sentiment pour cette fille, il refuse de se marier laissant la dame dans le désarroi. Mais elle ne lui en veut pas et ne cesse de lui clamer son amour. Il est quand même bien embêté avec cette histoire, il voudrait qu’elle avorte ou que le bébé se fasse adopter, ce qu’elle refuse. Il est dans un sacré merdier.

    Parallèlement à cette histoire (qui ne serait pas un problème aujourd’hui), le narrateur se rend régulièrement au chevet de sa tante qui est atteinte d’un cancer en phase terminale et qui dépérit dans un grand hôpital dublinois. A chaque fois, il lui envoie une bouteille de cognac, ce qui atténue ses douleurs. Lors d’une de ces visites, il fait la rencontre d’une jolie infirmière que sa tante déteste. Le couple se fréquente, d’autant qu’entre temps, la future maman est partie à Londres pour rejoindre une vieille connaissance qui veut l’épouser (mais toujours avec l’espoir que le futur papa la rejoigne et change d’avis).

    Le roman qui se boit comme du petit lait (boisson que ne semble pas connaître le narrateur qui boit plus de whisky que James Bond dans ses meilleurs jours) met donc en parallèle la vie à venir et le déclin de la tante, deux événements avec lesquels le  narrateur doit jongler. Égoïste, macho et nonchalant, il vit tout cela non pas avec indifférence mais en bon existentialiste qui arrive toujours à justifier ses erreurs.

    C’est un roman à l’écriture simple et limpide comme le courant du Shannon, qui derrière son côté un peu léger est plus profond qu’il n’y paraît. John McGahern, décédé en 2006 gagne à être connu sauf des pudibonds.

    lecture papier en sept/oct 2015, 410 pages, parution en 1979, traduit en français par Alain Delahaye. éditions Albin Michel. note 4/5

  • la place de l'homme

    Hier soir, nous avons entretenu une conversation intéressante avec ma partenaire qui n'est sans me rappeler une autre que j'avais eu avec Gambetti il y a quelques années. Il s'agit de la place de l'homme dans l'univers et en particulier sur Terre. Je vais essayer d'être clair et concis. Ma partenaire comme Gambetti pensent que la Terre aurait pu se passer de l'homme, cela aurait été la loi de la jungle mais qu'importe. Moi, je ne pense pas du tout ça. Je pense que c'est la conscience de l'homme, le fait qu'il pense l'univers qui fait que l'univers existe. Sans homme, c'est le néant. Je vous l'ai déjà dit, je suis athée mais j'ai reçu une éducation religieuse alors d'aucuns diront que peut-être quand même inconsciemment, les valeurs qu'on m'a inculqué ne sont pas étrangères à mon raisonnement.

    Sans homme, pas d'univers, pas de Terre, pas de vie. Rien. Ma partenaire me rétorque que l'univers existait avant l'arrivée de l'homme, je réponds que oui mais qu'il existait que dans le but d'amener l'homme. Ensuite, j'aurais pu répondre que non, que c'est l'homme qui a créé le passé et qui aujourd'hui cherche à comprendre les origines de l'univers. Et surtout, ne me traitez pas de créationniste, je ne crois pas en dieu. Je crois en l'homme. 

    S'il n'y a personne pour penser les choses, les choses n'existent pas. 

    Prisca me dit qu'une catastrophe nucléaire (par exemple) peut anéantir l'humanité. Je n'y crois pas. Il restera forcément quelques hommes et quand bien même il n'en resterait plus, la nature se chargerait de lui redonner vie. 

    Ensuite, je pourrais aller plus loin mais plutôt que de partir en live, je vous conseille de lire la secte des égoïstes d'Eric-Emmanuel Schmitt. Je serais pas loin de rejoindre la théorie dont il est question dans ce roman. Je résume vite fait : au XVIIIe, un philosophe, Gaspard Languenhaert affirme qu'il est le seul homme vivant, le monde extérieur n'existe pas, seul lui existe et que c'est sa conscience qui invente un univers qui n'a pas d'existence réelle. Personne ne parvient à lui démontrer qu'il a tort. C'est une théorie imparable.

    Loïc LT

  • bonne pensée du matin

    brûme.JPG

    La lande est toute grise

    Mais L’Orient se réveille

    Et accroît son emprise

    Quand monte le soleil

     

    C’est une sphère jaune

    Qui pendant la journée

    De son cosmique trône

    Éclaire nos contrées. 

     

    Mais pour l’instant la brume

    recouvre les vallons

    Provoquant l’amertume

    du piètre écrivaillon

     

    Du piètre écrivaillon

    Qui dans son enthousiasme

    N’a pas dans son brouillon

    Perçu le pléonasme

     

    Mais la lande se fiche

    Des vers mal embranchés

    Des rimes pauvres ou riches

    D'un type pas réveillé. 

     

    Elle attend juste indolente

    Que l'astre débarrasse

    Cette brume insolente

    Qui la nuit la terrasse. 

     

    Loïc LT (piètre écrivaillon). 11.11.2015