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Colin sabre et tam-tam - Page 15

  • éloge du téléfax

    Ce matin, on a fait dans le surréalisme dans le plumard. Il était presque dix heures et ma femme voulait se lever parce qu’elle avait plein de choses à faire et qu’on avait prévu un nettoyage de printemps dans le jardin l’après-midi. J'aime pas les samedi parce qu'on  sort d’une semaine de cinq jours où on n’a pas vu le jour et ce sixième jour y’a toujours plein de choses à faire...l’administratif qui traîne, les courses, le ménage etc etc. Ce monde est d’une cruauté envers les salariés. Donc, moi, j’étais bien au lit sous la couette, on se tenait chaud, j’étais réveillé depuis longtemps, j’avais même déjà parcouru Ouest-France mais je serais bien resté la journée dans le noir à rien faire. Et j’étais d’humeur joviale et j’empêchais ma partenaire de se lever en l’encerclant et tout et je lui racontais des anecdotes de boulot, ce que je fais rarement et puis on s’est mis, je ne sais pas comment à parler de fax, ce mode de communication presque aussi ringard que les cabines téléphoniques mais qui fonctionne toujours très bien dans les entreprises. Je lui dis que je m’amuse au boulot à dire “je vais envoyer un téléfax” ce qui est le vrai nom du système tout comme on peut dire vélocipède pour vélo ou stylographe pour stylo. Si je voulais être plus pédant, je pourrais même dire fac similé. Je l’ai emmerdé dans le noir avec une histoire complètement inintéressante : dans mon job, nous avons un fournisseur qui possède un site internet sur lequel on peut passer des commandes. On remplit le formulaire, les quantités etc, on accepte les conditions mais au lieu de valider et d’envoyer  la commande comme cela se fait sur tout site internet qui se respecte (genre Amazon pour les particuliers), sur ce site, après avoir complété sa commande, il faut valider, cela créé un fichier pdf qu’il faut imprimer et envoyer par fax ensuite. C’est un truc à se prendre la tête d’autant que les concurrents de ce fournisseur fonctionnent normalement c’est à dire qu’on complète la commande, on la valide et on reçoit un mail comme quoi la commande a bien été prise en compte et quelques jours plus tard, on reçoit les produits. Mais chez ce fournisseur (marque très connue dont je taie le nom par pitié et parce que je ne citerai jamais aucun nom ou marque concernant mon énigmatique employeur), il faut envoyer la commande par téléfax. Donc je me rends dans la salle ou il y un monstre qui fait tout (photocopieur, imprimante, fax, café), je compose le numéro de fax du fournisseur, j’insère ma feuille, format A84 et j’attends tranquillement l’accusé de réception. Comme j’utilise très peu le télécopieur, je ne sais pas si on en envoie ou reçoit beaucoup dans l’entreprise mais que m’importe. Je racontais tout ça et franchement, le samedi matin après une semaine de taf, on n’avait vraiment rien d’autre à faire que de parler de boulot et de fax ?

    Et puis là, alors que je croyais la conversation close parce que, que dire d’autre à propos des fax le samedi matin quand l’un n'en a rien à foutre et l’autre veut se lever, elle me balance gentiment, l’air de rien, “ah ba, vous êtes en retard chez vous, dans ma boite, on reçoit les fax par mail”. La surprise passée, je suis resté dubitatif, nous étions encore plongés dans le noir et je ne savais pas si mon épouse faisait de l’humour ou pas...recevoir un fax par mail...pourquoi pas alors recevoir un mail par fax ou se faire livrer ses surgelés par chameau. Mais non, elle m’a dit qu’elle était sérieuse, que la secrétaire recevait les fax dans sa boite mail et qu’elle les transférait ensuite dans les boites mail des employés concernés. J’étais ahuri et en même temps mort de rire. Elle me dit que ça évitait de gaspiller du papier et que c’était plus pratique etc etc. Évidemment, évidemment mais j’ai mis du temps à comprendre. Cela ne rentrait pas dans mon cerveau endolori et en mode weekend. Elle a du me réexpliquer plusieurs fois et en fin de compte, on a bien ri.

    C’est pas très intéressant ce que je raconte ? Et bien, pourquoi êtes-vous resté jusque là ? Je ne vous oblige pas à lire mes notes. Bon, je ne traîne pas, j’aimerais vraiment que celle-ci, même si elle ne vaut pas un coup de cidre,  soit publiée avant minuit alors je vais imprimer ce texte et voir si je trouve quelqu’un dans le village qui possède un télécopieur et l’envoyer à mon éditeur de blog (si tant est que je trouve leur numéro de téléfax) en leur précisant que j’aimerais que le tout soit publié avant minuit. C’est pas gagné cette affaire. Mais si vous arrivez à lire cette note et qu'elle a été publiée le 27/02/16 avant minuit, c'est que j'ai réussi. On n'arrête pas le progrès !


    Loïc LT

  • Un lundi matin à Guilligomarc'h

    Si vous voulez, je vous expliquerai comment s'est passé le tournage mais là, il se fait tard et je n'ai lu que 14% de naissance de Moix. Qu'il est long de naître pour certains !


  • recensement des cabines # 44 Perret (Côtes-du-Nord 22)

    samedi 6 février, suite.

    Je reprends ma course vers le grand nord et passe la frontière Morbihan-Côtes-du Nord sans encombre. Elle n'est même pas matérialisée et je n'ai vu aucun mirador. De toute façon, je n'avais rien à cacher si ce ne sont des documents compromettants concernant Beauchamp mais comme il n'est recherché par personne et qu'il n'a rien à se reprocher, je ne vois pas ce qu'on aurait trouvé à me dire. 

    Seules 4 minutes séparent Silfiac de Perret, à peine le temps d'écouter Central Otago. J'arrive à Perret à 13:22. 

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    Je suis tellement décalé et en dehors de l'humanité qu'il ne me vient même pas l'idée de déjeuner. Lorsque je suis seul comme ça, dans un projet et que je n'ai aucune contrainte, je ne ressens pas la faim. Je bois par contre beaucoup d'eau et bois des cafés et des bières lorsque je tombe sur des cafés improbables. 

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    Perret est un petit bourg de 170 habitants dans lequel seuls 13 abrutis ont voté FN aux dernières élections, soit quand même 16% des inscrits (j'essaie de meubler, j'ai bu des whiskys et dormi depuis et ma mémoire me joue des tours). 170 perretois mais quand même une cabine et quelle cabine, toute de béton composée, haute de 5 mètres avec des fils qui partent dans tout les sens et pour y rentrer une porte métallique fermée à clé dont seul le curé possède une clé mais il ne sait plus où il l'a mis. 

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    J'ai les fils qui se touchent, l'air des Côtes-du-Nord qui certains esprits pédants appellent Côtes-d'Armor ne me réussit pas. C'est stylé, trop pas. vite fait. Je tourne la tête et réalise ma méprise. La vraie cabine est un peu plus loin :

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    C'est une surprise de trouver une cabine dans un village de 170 habitants.  Située au bord d'un joli mur en pierre, fière et bien droite au milieu d'une petite pelouse parsemée de jonquilles, elle dispose d'un mobiphone répondant au numéro 02 96 24 83 22. Ils se croient malins par ici à faire suivre le 02 d'un 96 et non d'un 97. Je vous jure. Quand je vous dis que j'avais passé une frontière, c'était pas une connerie, même les numéros ne commencent pas pareils. Je n'ai trouvé personne pour me prendre en photo mais ce n'est pas une obligation, en tout cas puisque se faire prendre en photo ne fait pas partie du cahier des charges inexistant de l'unique recenseur de cabines français. 

    J'aurais bien pris un café froid chez Soize mais c'était fermé. Comment peut survivre un commerce dans un bourg de 170 habitants ? J'aurais quand même bien aimé y entrer voir ce qu'on y trouvait au rayon alimentation, s'il y avait le choix entre différentes marques d'eau.  Allez savoir, sans doute que c'est le seul magasin pour quelques anciens du coin. Jolie terrasse ornée de bambous plantés dans des tonneaux. Le tout, m'informe Map, a fière allure en été. 

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    Perret compte quelques rues qui se rejoignent à des intersections, endroit où le chauffeur doit faire un choix : quitter Perret, faire demi-tour, explorer d'autres ruelles, faire le tour de l'église, rejoindre la cabine... Les toits sont en ardoise et les maisons tiennent debout grâce à des murs porteurs. Qui peut vivre ici ?  Que font-ils de leurs nuits, que font-ils de leurs jours ? Je me sentais bien seul dans ce village où j'aurais aimé discuter un peu, la solitude commençait à me peser. Mais j'aurais crié dans un porte-voix que personne n'aurait répondu.

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    Cela aurait juste effrayé les étourneaux qui grouillaient dans ce magnifique if (je dis pas de bêtise, hein Gambetti ?) au tronc énorme planté près de l'église. Que ne suis-je allé lire l'écriteau où  son espèce et son âge devait être indiqué. Combien de cordes de bois tu peux faire avec un monstre pareil ! L'if règne sur Perret et tout comme la cabine, je tiens à l'immortaliser ici (puisqu'on n'en parle nulle part ailleurs sur le net). Il m'enterrera sans doute tout comme tous les perretois. 

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    PS : après quelque recherches, il s'agit bien d'un if et j'ai trouvé son âge : 700 ans. Il a donc été planté aux alentours de l'an 1300, c'est à dire sous le royaume de Louis X "le hutin" ou peut-être sous Jean 1er "le posthume" mais à cette époque la Bretagne n'était pour ainsi dire pas gauloise mais ses ducs rendaient hommage soit aux rois de France soit à ceux d'Angleterre, n'est-il pas. C'était bien compliqué. 

    Voici l'église paroissiale Saint-Nicodème, une église aux belles proportions où la messe se déroule tous les sixième dimanche du mois si tant qu'il n'y ait point d'office à Sainte-Brigitte, le village à côté, ce jour-là. Soize doit savoir tout ça mais Soize devait faire une sieste bien méritée après une matinée tumultueuse. 

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    Perretoises, perretois, sachez que je vous envie, vous qui m’espionnez derrière les vitres de vos belles petites chaumières. Mais ne vous étonnez pas que je n'écrive guère : la principale raison serait que je ne trouve rien d'intéressant à dire, car lorsqu'on est dans un village comme le votre, on a plus à demander qu'à dire ! Mais demander à qui ? Que voulez-vous alors que je vous écrive de là ? Qu'on s'ennuie, qu'on s'embête, qu'on s'abrutit, qu'on en a assez mais qu'on ne peut pas en finir etc etc...mais je suis sûr que c'est faux. Avec un missel et la pléiade de Rimbaud, on ne s'ennuie nulle part. Voilà tout ce que je peux dire, par conséquent et comme ça n'amuse pas mes lecteurs, il vaut mieux se taire. 

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    J'ai dit adieu à Perret à 13h40.

    Perret, (22570), Côtes-d'Armor (allez, soyons cool), maire : Luc Carité, (parti : Perret Autonomie) , 174 perretois, reportage réalisé le 06 février 2016 en milieu de journée ( de 12h22 à 13h40 ) . temps suspendu. direction Gouarec, 7 kms au nord. 

    Loïc LT 

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  • les médias sur le paletot

    A moi. L'histoire d'une de mes folies...

    Tout à l'heure, j'ai rendez-vous avec une équipe de tournage de France 3 Morbihan dans le petit bourg de Guilligomarc'h. C'est le grand saut dans l'inconnu, je n'ai jamais été filmé et je ne sais pas trop comment ça va se passer. Ils ont découvert mon projet de recensement via l'article paru dans Ouest-France et donc je pense que j'aurai à une ou deux minutes de reportage à la fin des actualités régionales. 

    Je suis un peu stressé mais sans plus. Je n'ai rien à perdre, tout à gagner. Mais je suis quand même un peu dérouté par la tournure qui prennent les événements sachant que j'alimente ce blog depuis des années en toute discrétion et sans jamais avoir eu trop de retours. Quelques commentaires épars d'une poignée de fidèles, 50 visites par jour, cette faible audience me permettait (me permet) de débloquer un peu et par exemple je n'ai pas toujours été tendre envers certains bourgs....mais que leurs habitants sachent que si j'en ai fait une note, c'est que j'ai de la sympathie pour ces villages de centre Bretagne et c'est vrai que ma moquerie frise parfois la méchanceté mais il faut bien distinguer ce que j'écris et ce que je pense. Pour garder ce ton décalé, il me faut travestir un peu la réalité. Ma famille maternelle est originaire de Persquen donc je suis mal placé pour donner des leçons. 

    En tout cas, j'ai bien plus de plaisir à recenser la Bretagne intérieure que les bourgs côtiers. J'aime la mer mais moins les stations balnéaires où tout est trop propre, trop bling bling, trop touristique. Je préfère les vieux bourgs et comme disait Rimbaud dans une saison en enfer  'j'aimai les déserts, les vergers brûlés, les boutiques fanées, les dessus de portes...'

    En Bretagne intérieure, on n'est jamais à l'abri d'une surprise, d'une rencontre insolite.

    C'est ce que je veux faire passer.

    En attendant, deux photos de mon passage (en famille) hier au Faouët :

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    Loïc LT

  • recensement des cabines # 43 Silfiac (Morbihan 56)

    Samedi 06 février, suite. 

    A quelle heure ai-je quitté Cléguérec ? Certains suivent-ils ? Sinon, ça ne sert rien que je précise. Bon, c'est jeudi soir et je suis de bonne humeur, je rappelle :  j'ai quitté Cleg à 12h38. Sachant qu'il faut 15 minutes pour se rendre à Silfiac, la destination suivante, à quelle heure devais-je théoriquement arriver à Silfiac ? Logiquement, 12h53. Mais qu'en est-il de la réalité ? 12h44.

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    J'ai dû donc procéder à quelques excès de vitesse ce qui n'est pas mon genre. Donc un tel écart est vraiment très étrange. On m'avait bien prévenu qu'il y avait des failles spatio-temporelles en Bretagne Intérieure mais je n'ai jamais cru à ces balivernes. Mais là, il y a lieu de se poser des questions. Que faut-il faire de mes nuits ? Que faut-il faire de mes jours ?

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    Je tiens à préciser car je crois ne l'avoir jamais stipulé que je ne suis pas un grand fan des panneaux en breton. Voilà, ça c'est dit, je perds d'un trait de plume d'éventuels lecteurs bretonnants -) Expression, hein, je n'utilise évidemment plus de plume à l'heure de la machine à écrire ( j'ai entendu dire qu'une société nommée Microsoft est en train de travailler sur un nouveau concept de machine à écrire totalement révolutionnaire où t'aurais le clavier mais plus besoin de chariot et possibilité d'incruster des photos dans ton texte et puis t'aurais un écran devant...à suivre). 

    La cabine de Silfiac (numéro : 02 97 27 60 53 ) est d'une laideur à couper le souffle. Je pense que les contribuables qui s'approchent de l'endroit sont plus attirés par la carte représentant le Grand Circuit Jean Robic (un grand cycliste originaire du coin qui a gagné le tour de France en 1947 et qu'on surnommait Biquet ou Trompe-la mort (!). 

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    Avec un beau gosse devant c'est tout de suite mieux. Cela fait un beau concentré : poubelle, recenseur, cabine, panneau et carte. 

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    La cabine se situe dans la rue principale du bourg dont je n'ai pas réussi à trouver le nom. De l'autre côté, une église en pierre accueille les pèlerins le 3eme dimanche des mois comprenant 30 jours, sauf l'année bissextile où c'est inversé. Avec la crise des vocations, les choses sont devenues compliquées. Un peu plus bas, voici la mairie qui l'année de sa construction n'a pas remporté le prix national d'architecture :

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    Le pignon du bar chez Véro (où l'on trouve toutes les marques d'eau) et qui fait alimentation et d'autres choses encore a subi un bardage qui aurait pu dénaturer le bourg si celui-ci avait une cohérence granitique mais puisque ce n'est pas le cas, ça le fait et le puits typique de la Bretagne donne un côté rustique au tout. L'ensemble est sympathique surtout grâce à  la petite maison en pierre où s'est caché quelques jours un dénommé beauchamp recherché par aucune police du monde entier. (mais ça, je suis le seul à le savoir). 

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    fenêtre avec de beaux rideaux :

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    Volets bleus, fenêtres jaunes, beaux rideaux, j'ai pas réussi à me décider si c'est beau ou pas. Tout comme on dit que les extrêmes se rejoignent, parfois, l'écart est ténue entre la beauté et la laideur. 

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    Vu comme ça, Silfiac aurait presque un certain charme. De toute façon, j'ai un faible pour les rues aux maisons mitoyennes avec un léger dégradé de couleurs. C'est l'occasion aussi de voir le clocher de l'église Sainte-Ernestine de Louvois

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    J'ai encore un stock important de photos de Silfiac, un ou deux commerces, des puits. Il m'a manqué une chose : croiser l'homme car je n'ai pas vu âme qui vive dans ce bourg à part une espèce de cowboy qui m'a pris en photo mais il n'était que de passage.  J'ai dû faire semblant que je faisais du stop  pour qu'il s'arrête. Il ne m'en a pas voulu, il a même ri.

    Si ma fille de 11 ans avait été avec moi, elle aurait dit 'mais où sont les gens ?'. 

    J'ai taillé la zone à 13:08, ce qui fait que je suis resté 20 minutes sur place.  Le bourg n'avait pas vu un touriste resté aussi longtemps depuis la dernière victoire d'un Français à Wimbledon. A la sortie, il n'y a qu'un panneau si bien qu'on ne sait pas la traduction bretonne de Silfiac fin. dommage. 

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    Silfiac, (56480), Morbihan, maire : Serge Moelo, (parti Chasse, Brugnon, Bitume et Traduction) , 450 silfiacoins cachés, reportage réalisé le 06 février 2016 en milieu de journée ( de 12h44 à 13h08 ) . temps doux. direction le poste frontière des Côtes-du-Nord et le bourg de Perret.

    Loïc LT 

  • une belle séquence

    Il y a 15 jours à peu près, une journaliste de Ouest-France (Julie Schittly), reporter d'édition pour le secteur Hennebont-Gourin m'a envoyé un mail pour me dire qu'elle avait lu mon blog et qu'elle souhaiterait qu'on se rencontre. La trentenaire était intéressée par le sujet puisqu'elle venait de signer un article sur le devenir des cabines téléphoniques sur son secteur (que j'avais évoqué sur le blog). On s'est donc donné rdv mardi 9 février à Pont-Augan (où l'Evel se fait happer par le Blavet) et qui est l'intersection de 3 communes (Languidic, Baud et Quistinic) et surtout  où trône encore une cabine au bord des rives du Fleuve. Le patron du bar-restaurant au rendez-vous des pêcheurs avait eu la gentillesse d'accepter d'ouvrir plus tôt pour nous recevoir. L'interview a duré un peu moins de deux heures. C'était très cool et l'entretien détendu. Comment en aurait-il pu être autrement avec un tel sujet ! Ensuite, on est allé prendre la photo dans la cabine....Au final, ce mardi 16 février, j'ai le droit à un article en dernière page de OF (c'est à dire lisible dans toutes les éditions de OF), qui est conforme à ce que je voulais faire passer. 

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    Comme je l'avais dit ici, jamais je n'aurais fait la démarche auprès de OF mais puisque eux sont venus vers moi, je n'avais pas de raison de refuser. L'article évidemment ne reprend qu'une infime partie de ce que nous avons raconté mais qu'importe,  l'essentiel y est et la dernière phrase conclut en beauté un papier léger et décalé contrairement aux cabines qui sont lourdes et sobres... merci encore à Julie Schittly et à Ouest-France de m'avoir laissé une petite place dans ce qui reste quand même le quotidien le plus vendu de France.

    La belle séquence se referme mais la quête continue. Avec les jours qui rallongent, de nouveaux bourgs auront le droit à ma visite et d'autres badauds verront un "drôle d'oiseau" priés de le prendre en photo devant ces désuets édicules. 

    Loïc LT, 16/02/2016. 

  • tempête Dejoie : gros dégâts à Kerniel (Camors 56)

    Parmi les dégâts les plus remarqués provoqués par la tempête Dejoie qui a frappé la Bretagne le 13 février 2016, il faut signaler la perte de 3 chaumes de bambous géants chez le grand spécialiste de ces herbes géantes qu'est votre serviteur. Il s'agit de la variété phyllostachys vivax 'huangwenzhu', celle qui fait les plus gros chaumes sur le domaine camorien du célèbre recenseur de cabines (qui dispose d'une collection de plus de 25 variétés de bambous différentes). 

    bambou, phyllostachys vivax 'huangwenzhu'

    Les pompiers de Baud, de Languidic et de Pluvigner se sont rendus sur place équipés de camions munis d'échelles télescopiques et de nacelles. Un hélicoptère survolait les lieux pour diriger les opérations mais les 3 chaumes n'ont pu être relevés. Le commandant Duvent coordonnant les opérations n'a pu que constater les dégâts :

    Après le sauvetage des vies humaines, redresser les bambous fait partie de nos missions prioritaires et c'est donc avec un grand regret que nous quittons les lieux sans avoir pu redresser les géants. Nous adressons toutes nos condoléances à Loïc LT ainsi qu'à sa famille. 

    Parmi les autres dégâts sur le domaine, il faut signaler l'inclinaison du sapin Juniperus offert par des touristes libéraux de Corée du Nord en 2009 dont le jardinier tentera le redressement, ce qui ne devrait pas être une affaire trop délicate. 

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    Loïc LT, le 14/02/2016

  • recensement des cabines # 42 Cléguérec (Morbihan 56)

    Après Le Sourn, je poursuis ma montée vers le Grand Nord et m'approche mine de rien des Côtes du Nord. Je suis tranquille, mon passeport est en règle et le passage à la frontière devrait se faire sans problème. Cléguérec où j'arrive sans tambour ni trompette à 12h13  est donc tout au nord du Morbihan, à 14 kms du Sourn en empruntant la D15, qui est l'unique route carrossable permettant de rejoindre les deux villages. Comme d'habitude, je vais poster un googleMap du parcours mais en prenant une vue plus large montrant les deux côtes qui baignent l'Armorique. 

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    J'ai mis du temps à trouver la cabine et pourtant je suis passé plusieurs fois devant. Et pour cause, je n'ai jamais vu une cabine aussi neutre et transparente. Ce n'est pas le fait qu'elle soit mitoyenne aux PTT et qu'elle ne contienne pas de combiné mais il faut admettre qu'on ne peut pas faire plus sobre. Par ailleurs, vu son positionnement singulier, je pense qu'elle peut échapper à l'expulsion spatiale, cela risquerait d'endommager le bureau des Postes, Télégraphes et Téléphones. Par ailleurs,  il ne reste plus de son intitulé que LEPHO. 

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    Mais la commune de Cléguérec tient aux utilisateurs de cet endroit vide ( sauf de feuilles mortes et de détritus) puisque ne peuvent se garer devant le Crédit Agricole que les usagers de la cabine. 

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    Cléguérec qui m'apparaissait comme un bourg quelconque et désert n'est pas sans attrait lorsqu'on prend une photo au détour d'une rue.  On dirait que des commerces se succèdent aux commerces et pour un bourg avec un peu moins d'habitants que le mien (Camors), je trouve même qu'il s'en sort pas mal. J'ai cru dénombrer 3 banques alors que mon patelin  non seulement n'en possède pas une seule mais n'a pas pas non plus de distributeurs (sauf un mais qui ne distribue que des francs). Mais il faut regarder aussi l’environnement. Camors est proche de 'grosses' bourgades contrairement à Cléguérec. Bon, je trouve que je deviens trop sérieux

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    Comme à mon habitude, je n'évoque pas le patrimoine religieux qui concernant la Bretagne vaudrait une note à elle-même. Par contre, j'ai omis de prendre la statue de la liberté  (symbolisant l'exode des bretons vers l'Amérique au début du XXe) qui trône sur la place centrale depuis 1875 et dont une pale copie a été réalisée à New-York un peu plus tard. 

    On ne rigole pas. Je suppose que le café n'est plus à vendre et j'ai une pensée pour ses propriétaires qui ont dû tirer un trait sur la réalisation du capital durement acquis.  Personnellement, je ne crois pas être déjà rentré dans un bar doté d'une telle porte (de prison). 

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    Tabac, presse, hôtel, bar, restaurant...mais que ne fait pas cette enseigne ? Courant me direz-vous dans une village de 3000 habitants, le touriste ne doit pas être mécontent de trouver un tel magasin dont le patron doit faire plus qu'il ne propose. 

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    Cléguérec, (56450), Morbihan, maire : Marc Ropers, (parti udiL) , 2900 Cléguérécois, reportage réalisé le 06 février 2016 en matinée ( de 12h13 à 12h38 ) . temps doux. direction Silfiac (toujours dans le Morbihan)

    Loïc LT, 13/02/2016

  • recensement des cabines # 41 Le Sourn (Morbihan 56)

    Comme je le laissais entendre dans la note précédente, j'ai fait tellement de bourgs pendant ce weekend que je suis un peu obligé d'écrire les notes rapidement sinon, avec le temps, je vais tout oublier. Il faudrait que je prenne des notes sur place mais j'ai pas envie de me rajouter de contraintes. Cela doit rester un plaisir, pas du journalisme. Donc, après deux reportages consacrés à Saint-Nicolas, nous voici à Le Sourn. Je suis arrivé à Le Sourn à 11:12 et je suis parti à 11:46, pas de quoi vous donner des anecdotes du bourg. Donc, depuis Saint-Nicolas des Eaux, ça donne ce parcours de 25 minutes : 

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    J'ai un  souvenir attendri de ce bourg. Une maman poussant un landau (avec à l'intérieur un bébé à qui dans 15 ans on expliquera que Hollande a sauvé la planète en 2015 et que s'il peut vivre sans tempêtes, ni inondations, c'est grâce à lui) passant par là a accepté de me prendre devant la cabine (de structure classique et répondant au numéro de 02 97 79 11 92) sans poser de questions. Je lui ai juste demandé si elle était sournoise (nom des habitants du village) et elle m'a répondu fermement 'non, Central Otago'. Décidément. Qu'est-ce qu'ils ont tous avec leur Central Otago ? Au fait, ça aurait de la gueule un bar qui s’appellerait Central Otago et dans lequel on ne servirait que de l'eau du robinet et du café décaféiné et qui ouvrirait que l'après-midi entre 14h00 et 15h00. 

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    Autre vue de l'édifice qui donne une idée du caractère de Le Sourn qui est un village paisible, avec beaucoup de végétations prenant leurs racines dans le sol argileux armoricain. 

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    de rie 6 et 7 rier Expos Anester...Saurez-vous me dire l'ensemble de l'affiche ? En tout cas, c'est navrant de voir ces panneaux publicitaires en plein centre d'un bourg coquet. Il y a bien de la place pour les mettre en périphérie ou sur les routes communales qui mènent dans des petits hameaux inhabités et sur les chemins d'exploitation empruntés par des tracteurs qui ne sont pas en train de foutre le bordel devant les préfectures. 

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    Voici le bar tabac presse qui s'intitule Le Pacific et qui a la triste réputation d'être très souvent le lieu de rixes entre gens qui boivent de l'eau (trop ferrugineuse sans doute), ce qui est un comble pour un bar qui porte ce nom. Ils se battent pour des histoires de marque d'eau minérale. Bon sang mais chacun a le droit d'avoir une préférence pour une marque. Mais allez savoir si je raconte des conneries ou pas !

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    Il était midi vingt au clocher de l'église. Les sournois et les sournoises devaient être tranquillement chez eux et s'amusaient à  préparer le déjeuner pendant que les enfants bossaient sur leurs tablettes ou consoles. 

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    Bon alors, glosons encore un peu sur Le Sourn sans aller sur wikipedia (j'irai juste chercher le nom du bourgmestre qui gère l'affaire). La boucherie n'est pas de la dernière fraîcheur mais l'essentiel est que le boucher soit bon. Je pense qu'elle est affiliée à l'enseigne A&O pour sa partie alimentation. Concernant A&O je peux juste vous dire qu'à priori, c'est une enseigne d'origine italienne et qui dépend du groupe Selex. Je pense que les sournois ne savent pas tout ça. 

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    Je suis certain que vous voulez en savoir plus sur Selex, la maison-mère et bien voici

    Au fil des ans, Selex a affiné son expérience multicanal. Aujourd'hui, sa présence sur le marché est à travers un réseau de vente qui embrasse formats de distribution les plus modernes et les plus ringards: les hypermarchés, les mini-hypermarchés, grandes surfaces, supermarchés, magasins discount, supérettes, des supérettes et des magasins Cash & Carry.Mini-hypermarchés, grandes surfaces et supermarchés sont le cœur battant du groupe, ce qui représente 1125 unités et correspondant à plus des trois quarts de l'espace de vente au détail global du Groupe. Grâce à chacune de ces chaînes, les sociétés associées ont atteint un degré faible de spécialisation, avec des points de vente peu avenants et un désengagement majeur de la révision de leurs formats de distribution pour aller à l'encontre des spécificités des régions et des rares clients, tout en refusant de rouler sur les derniers développements européens et mondiaux. 

    Je ne sais pas si le groupe est côté en bourse et si ça vaut le coup d'acheter quelques actions afin de diversifier son portefeuille et aussi pour être un peu propriétaire de l'enseigne de Le Sourn -)

    Rue du Talfétan, la pharmacie qui prend une place prépondérante vaut le coup d’œil. 

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    Vue générale du bourg que j'ai quitté à 11h46 ce qui ne colle pas avec l'heure inscrite sur le clocher. L'horloge du clocher est en avance sur son temps. 

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    Le Sourn,  (56300), Morbihan, maire : Jean-Jacques Videlo (udr) , 2075 sournois, reportage réalisé le 06 février 2016 en matinée ( de 11h12 à 11h46) . temps doux et air frais. direction Cléguerec. 

    Loïc LT, le 11/02/2016

  • recensement des cabines # 40 Saint-Nicolas des Eaux (Morbihan 56)

    Le weekend dernier, j'ai fait un périple qui m'a mené dans une dizaine de bourgs et dire que je voulais tout faire le même jour ! Cétait  impossible à moins de faire du reportage low-cost et donc après avoir fait quelques villages dans le Morbihan et les Côtes-d'Armor et constatant ce qu'il me restait à faire, je me suis résigné à dormir dans un gîte à Lanrivain (15€ la nuit, c'est pas la ruine). Le patron du gîte était très sympa mais j'ai peu apprécié qu'au petit matin, il m'attende près de la maison au point de me regarder dormir dans la chambre (puisque je n'avais pas fermé les volets). Mais là n'est pas la question. Je suis donc parti de Camors samedi matin de bonne heure, direction un peu plus vers l'est du Morbihan que d'habitude. Le premier endroit où j'ai atterri est Saint-Nicolas des Eaux, un petit village qui se situe au bord du Blavet et qui fait partie de la commune de Pluméliau (déjà référencé sur ce blog). 

    la carte qui va bien :

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    Je ne m'attendais pas à ce qu'il y ait une cabine dans ce village fluvial mais dans le domaine, on n'est jamais au bout de ses surprises. L'édifice trône près du pont enjambant le Blavet (numéro d'appel : 02 97 51 89 42). 

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    C'est un endroit fort charmant comme le sont souvent les villages au bord de l'eau. La rivière est source d'apaisement ou de ressourcement. L'eau repose et il n'est donc pas étonnant que la rive gauche (ou droite, je ne sais pas)  compte trois ou quatre restaurants ou auberges dont l'un n'a pas changé depuis le décès de Pompidou. J'y ai bu un café chocolaté vite fait et je suis reparti. Mais si je n'étais pas en reportage, je serais resté plus longtemps me balader le long du Fleuve le Blavet, un fleuve qui m'est cher et qui, excusez le jeu de mots, a baigné mon enfance et surtout mon adolescence pendant laquelle j'ai passé des après-midis à lire des romans d'Agatha Christie au bord de ses rives. 

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    Il était 10:51 quand j'ai taillé la zone. Direction Le Sourn. Je sais, c'est court mais c'est fait. Il arrive un moment où le côté pratique prime sur la poésie et les digressions qui ne font rire que moi et quelques-uns dont je tiens à remercier la fidélité. 

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    Saint-Nicolas des Eaux, commune de Pluméliau (56930), Morbihan, maire : Benoît Quéro (RPR) , reportage réalisé le 06 février 2016 en matinée. temps doux et air frais. note 9/10

    Loïc LT