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littérature française - Page 5

  • CR307 : la dentellière - Pascal Lainé

    product_9782070367269_195x320.jpgSi dans l’esprit de l’auteur, la fille nue qu’on voit de dos sur la couverture représente Pomme (tableau la robe du soir de Magritte), l’héroïne du roman (enfin héroïne, personnage principal on va dire), je prends tout de suite ! Sauf que cette fille ne colle pas du tout avec la façon dont l'auteur nous décrit Pomme, surnom qu’on lui a donné dans l’enfance car elle avait les joues rondes comme une pomme (encore que j'ai du mal à imaginer à quoi peut ressembler Pomme, mais indice : dans l'adaptation du livre au cinéma, c'est Isabelle Huppert qui joue le rôle). Pomme est une fille du Nord, elle grandit seule avec sa mère, elle est naïve, bête et elle n'a pas conscience des choses de l’amour.

    Sa mère décide de quitter le Nord pour s’installer à Paris du côté de Nanterre ou de Suresnes, le narrateur n’a jamais trop su (oui le roman est un brin loufoque). Pendant que la mère devient crémière, Pomme travaille dans un salon de coiffure où elle exécute les tâches ingrates. Dans le salon de coiffure, elle fait la connaissance de Marylène, une fille plus expansive. Marylène ‘avait une espèce d’amitié pour Pomme’. Les deux ‘amies’ partent en vacances à Cabourg où Pomme fait la connaissance de Aimery de Béligné, un petit aristo étudiant et frêle. En quoi Pomme l’attire ? Je ne saurais le dire, je ne me rappelle plus. Je crois qu’il se sentait un peu à part, comme l’était Pomme. Ils emménagent ensemble dans un petit appart à Paris mais n’ayant pas de points communs, ils ne parlent pas. Pomme passe son temps à faire la seule chose qu’elle sait faire : les tâches ménagères. Ils finissent par faire l’amour aussi, l’occasion pour Pomme de découvrir que les hommes sont dotés d’un attribut dont elle ignorait l’existence. Puis, Aimery de Béligné finit par se rendre compte qu’il s’ennuie et Pomme retourne chez sa mère du côté de Nanterre ou Suresnes. La mère et la fille revivent ensemble, la vie est platonique, et Pomme ne mange plus rien, elle maigrit  et finit dans un hôpital psychiatrique où elle devient de plus en plus folle (car tel est le but de ces établissements, avis du blogueur)

    C’est un étrange roman dans lequel l’auteur tente de dérouter mais il le fait avec de trop gros sabots, genre lorsque, pris d’un accès de faiblesse du fait de son anorexie, Pomme tombe en pleine rue. Un conducteur ne peut plus avancer et l’auteur va nous décrire l’intérieur de l’habitacle de sa voiture de fond en comble pendant trois pages. 

    Mais Pomme avait le de droit à son roman. Il n’y a pas de raison que seuls les gens beaux et brillants soient les héros. Des milliers de Pomme peuplent cette planète, des gens transparents, inintéressants. L’auteur ne le dit pas mais ce roman (prix Goncourt 1974) leur est dédié.

    extrait (page 125, édition de poche) : Mais parfois, il (Aimery) se disait que si Pomme ne l’entendait pas, lui, par contre, la comprenait, et qu’ils formaient un couple au moins parce qu’il était le seul à pouvoir la comprendre, par-delà les mots qu’elle ne savait pas dire. De cette manière ils étaient faits l’un pour l’autre, un peu comme la statuette ensevelie, qui n’existe plus à l’intention de personne, et l’archéologue qui l’exhume. La beauté de Pomme était celle d’une existence antérieure, oubliée, différée, sous les débris de mille vies misérables, comme celle de sa mère, avant que ne se révèle dans ce corps et cette âme parfaitement simples le secret de toutes ces générations, finalement sauvées de leur nullité ; car c’est cela que signifiait le surgissement précieux de la si pure petite fille.

    lecture novembre 2016, sur poche Folio (trouvé dans une cabine téléphonique reconvertie en librairie) , 177 pages, édition originale chez Gallimard, parution 5 février 1974, note : 3.5/5

    Loïc LT

  • CR306 : au commencement du septième jour - Luc Lang

    au commencement du septième jour.jpgJe continue à faire des fiches de lecture parce qu’à la base, c’est la raison d’être de ce blog, parce que ça m’oblige à écrire et aussi parce que je ne conçois plus lire un roman sans écrire ensuite ce que j’en ai pensé. Donc, il me reste des souvenirs des romans que j’ai lus avant 2006 mais cela reste juste de bons ou de mauvais souvenirs mais je n’ai plus le ressenti précis que j’en ai eu après la lecture. Aujourd’hui, faire un compte rendu me semble indispensable à tel point que lorsque je lis, je suis déjà dans l’optique du compte rendu. Je ne dis pas que c’est la finalité de la lecture, la lecture est avant tout un plaisir et la littérature un moyen de comprendre ce monde et l’intimité de mes congénères.

    Voici donc un petit préambule que je tenais à écrire car dernièrement, quelques gens de “la vraie vie” m’ont dit qu’ils lisaient mon blog avec plaisir sauf les comptes rendus de lecture...Je peux comprendre. Je ne veux pas être condescendant vis à vis de ceux qui ne lisent pas, ils ont d’autres occupations tout aussi louables mais si en plus il faut lire un compte rendu d’un roman qu’on ne lira jamais...quel intérêt ?  Ça ne peut intéresser que des lecteurs qui cherchent des idées de lecture et qui font des recherches sur tel ou tel roman.

    Passons maintenant au roman proprement dit, estampillé ‘rentrée littéraire 2016’, ça sort du four donc, c’est soumis à des critiques dans la presse spécialisée, c’est bien exposé dans les librairies et tout et tout (on peut peut-être même le trouver dans la médiathèque de Pleugriffet).

    Il s’agit d’un roman d’une facture assez conventionnelle. L’auteur nous raconte l’histoire d’une famille française aisée (pas locataire donc -). Thomas, le mari travaille dans une boite informatique où l’on fabrique des logiciels ayant pour but de surveiller à la trace les employés des entreprises acheteuses. On le critique beaucoup pour ça. Camille, sa femme, travaille en Normandie dans une multinationale et occupe un poste à grosses responsabilités où il faut signer de gros contrats et tout, ce qui fait qu’elle ne rentre dans la maison familiale à Paris que le weekend. Deux enfants. Famille normale. Puis le drame. Camille est victime d’un accident de voiture en rentrant de Normandie le vendredi soir. Après une longue hospitalisation, elle décède. Thomas ne comprend pas les circonstances de l’accident. Logiquement, pour rentrer, Camille prend l’autoroute Le Havre-Paris sauf que là, l’accident a lieu sur une petite départementale ne menant nulle part et donc où elle n’avait aucune raison d’être. Thomas mène sa petite enquête en examinant l’ordinateur de bord mais ses questions restent sans réponse. A ce moment du roman, j’ai dans l’idée que l’enquête sera l’objet du récit. Camille avait-elle une double vie ? Du fait de son poste sensible, a-t-elle subi un sabotage de la part des concurrents ? Mais on n’en saura pas plus. L’auteur laisse tomber l’affaire. Fin du livre 1. 

    Livre 2, on retrouve Thomas en montagne (Pyrénées ?)  dans la maison où il a grandi. Il y vient régulièrement. Son frère Jean y tient une bergerie. Thomas fait des excursions en montagne. Les enfants, Anton et Elsa sont heureux, ils participent aux travaux de la ferme et en hiver profitent des plaisirs de la neige. Jean adore ses neveux. On parle un peu de Pauline, la petite sœur partie au Cameroun ouvrir des dispensaires et puis on apprend aussi des secrets de famille, que le père n’est pas mort accidentellement justement du fait d'un de ces secrets. Je ne vais pas tout dévoiler.

    Livre 3, Thomas a laissé ses enfants à sa mère et retrouve Pauline après moult péripéties. Il s'accommode mal de la vie au Cameroun, de la chaleur, de la mentalité etc etc mais il s’y fait. Il suit Pauline dans ses pérégrinations et tente de la convaincre de rentrer en France mais elle refuse. Quand on vit longtemps en Afrique, même dans le plus profond dénuement, on ne veut pas rentrer (c’est le syndrome Rimbaud).

    Voici globalement de quoi il en retourne. Mon avis est mitigé. J’ai trouvé que la mort de Camille était vite passée au second plan même si le changement de vie de Thomas après l’accident est lié à ce drame mais le fait est qu’à la fin du roman, on n’en sait pas plus sur sa personnalité qu’au début. On voit bien sa fuite en avant mais jamais il n’est question du manque. La psychologie de Thomas reste un mystère. Seul l’amour (naturel) qu’il porte à ses deux enfants et  la façon dont il essaie de les soutenir est évoqué mais le malaise vient de ce qu’on a le sentiment que Camille n’est qu’un élément de sa vie et qu’il est passé à autre chose. Cette fuite en avant qui  suit (qui conduira à la perte de son boulot) est-elle une façon de provoquer une rupture brutale afin de ne pas s’apitoyer et vivre dans le deuil perpétuel ? Thomas apparaît pourtant comme un homme sensible mais on ne peut guère en dire plus. Un roman de 514 pages pouvait se permettre de pousser plus loin l’introspection. Ce ne fut pas le choix de Luc Lang qui a préféré faire de son roman une sorte de  road-movie avec un petit détour par la case "retour aux sources". Pour enfoncer le clou, le roman est truffé d’anecdotes qui n’apportent rien comme par exemple les détails techniques dans la boite informatique qui est plus un terrain de combat de coqs qu’une société soucieuse d’apporter satisfaction à ses clients.

    A vouloir trop en dire, à vouloir épuiser son sujet, Luc Lang a oublié l’humain, les conséquences de la perte d’un être proche. Et je dois être plus con que la moyenne, je ne comprends pas le titre. J’ai plusieurs interprétations mais peu importe, je ne l’aime pas, il est trop long et fait mal aux oreilles.

    lecture octobre 2016, sur liseuse kindle , (544 pages en version papier), éditions Stock, parution août 2016, note : 2/5

    Loïc LT

    (correction ortho et coquilles à venir)

  • CR305 : tropique de la violence - Natacha Appanah

    tropique de la violence.jpgLe souvenir de l'étranger m'habite. A chaque fois qu'un ado désoeuvré est livré à lui-même dans un pays exotique, je repense tout le temps à Meursault et tente de trouver des points communs. En plus, ici, Moïse, le héros de ce roman polyphonique voit sa mère adoptive s'écrouler sous ses yeux (sans doute victime d'une crise cardiaque) et au lieu d'appeler les secours, il reste de marbre, fait comme si de rien n'était, dort même dans la maison puis s'en va rejoindre le bidonville de Mayotte, portant sa casquette NY. Cette mère adoptive, c'était la Française qui l'avait adopté après qu'il ait été abandonné par une réfugiée arrivée illégalement des Comores via un bateau de fortune (appelé kwassa là-bas si je me souviens bien). La mère l'élève comme un enfant blanc, il fréquente les beaux quartiers, l'école française et puis après son décès brutal, comme poussé par un instinct primitif, il rejoint les lieux de ce qu'il est au fond : un enfant du pays. Il traîne alors dans l'immense bidonville de Mayotte qu'on appelle là-bas Gaza et fait la rencontre de Bruce, le chef de gang qui va précipiter sa perte.

    Le roman polyphonique n'est pas trop ma tasse de thé. Je préfère qu'il n'y ait qu'un seul narrateur et j'ai déjà expliqué la raison plein de fois sur ce blog et je n'ai pas envie de redire pourquoi. Nonobstant ce dispositif, tropique de la violence tient la route et vaut surtout pour sa valeur documentaire. On imagine mal que la république française (dont Mayotte est le 101ème département mais politiquement l’affaire pose toujours problème) compte un territoire où règne une telle violence, à part évidemment dans des quartiers bien délimités où les français  vivent comme dans des ghettos de luxe.

    En dehors de cela, la personnalité de Moïse est attachante en même tant qu’agaçante. Le parallèle avec Meursault n'est donc pas dénué de fondement. Moïse souffle le chaud et le froid, relit sans cesse le même livre (l'enfant et la rivière de Henri Bosco) mais est attiré par le danger.

    Les services sociaux de l’Etat Français ou des ONG  en prennent pour leur grade (il ne servent à rien sauf à se faire vandaliser leurs locaux) et Mayotte non plus n'en sort pas grandi malgré des descriptions époustouflantes des plages et de la nature luxuriante (faut que je fasse gaffe à ce que je raconte parce que je connais quelqu'un - très bien même - qui connaît quelqu'un qui y est en ce moment).

    Tropique de la violence vaut le détour et Mayotte aussi paraît-il ! C’est une destination touristique peu prisée mais pour ceux qui souhaitent s’y rendre en partant de Pleugriffet via le Canal de Nantes à Brest (hein Julie Schittly), on peut débuter son voyage en partant de  l’écluse de Cadoret en navigant sur l’Oust et puis une fois arrivé à Nantes, couler son bateau d’une manière ou d’une autre (perceuse avec gros forêt, masse, dynamites…) et se rendre à l’aéroport, prendre le  premier avion pour Paris et à Paris trouver une hypothétique correspondance pour Mayotte. Il faut arrêter de voir des difficultés là où il n’y en a pas. Les choses sont souvent plus simples qu’elles en ont l’air.

    lecture octobre 2016, sur livre papier (emprunt médiathèque Quatro à Baud), 175 pages, éditions Gallimard, parution août 2016, note : 3/5. 

    Loïc LT

  • CR304 : les gens dans l'enveloppe - Isabelle Monnin

    les gens dans l'enveloppe.jpgQuelques personnes parfois me demandent d’écrire un livre (roman ou autres). Ecrire, c’est chouette, mais il faut avant tout avoir le talent pour ça et je suis le mieux placé pour savoir que je ne l’ai pas et par ailleurs il faut une idée. Et l’idée, je ne l’ai pas. Je parle de ça parce que les gens dans l’enveloppe, c’est avant tout une idée géniale ! Sur Internet, l’auteure achète sans trop savoir pourquoi une enveloppe contenant des photos défraîchies d’une famille quelconque. Ensuite, passée l’interrogation sur la raison pour laquelle une famille se débarrasse de ses photos, une idée lui vient. A partir de ces clichés (rarement légendés), elle va écrire un roman. C’est la première partie du livre. Dans ce roman, en s’appuyant évidemment sur les photos et en attribuant des prénoms aux gens (sauf ceux dont la photo donne le nom), elle imagine l’histoire de cette famille dont elle ne sait rien, pas même l’endroit où elle habite. Le personnage central est une jeune fille très belle qui s’appelle Laurence et qui attend désespérément le retour de sa maman qui a fui avec son amant en Argentine. Plus tard, elle part d'ailleurs en Argentine à sa recherche (j'espère qu'elle n'est pas tombée sur les rustres du CR303 -)...pour ceux qui suivent ce blog...

    Ensuite, une idée géniale appelant une idée lumineuse, elle se décide à aller à la rencontre de cette famille, sans être trop certaine de pouvoir la retrouver. Les photos datent et elle n’a que très peu d’éléments à part que les gens habitent en Bourgogne. A partir d’un petit indice (un rectangle blanc sous l’horloge du clocher), elle parvient à trouver le lieu. Il s’agit du bourg de Clerval dans le Doubs. Elle se rend sur place et aidée par des clervalois férus d’histoire locale, elle retrouve la trace de la famille. Elle prend contact. Ceux qui étaient âgés sur les photos sont morts et les plus jeunes ont vieilli (comment parler pour ne rien dire) . La famille se prête au jeu. Et évidemment, leur histoire n’a rien à avoir avec celle inventée par l’auteure.

    Donc le livre se divise en deux parties : le roman et l’enquête. Le roman m’a laissé sur ma faim. J’ai trouvé qu’il manquait de souffle et d’ambition. Quand on a une si belle idée, on l’exploite au maximum. L’enquête par contre m’a complètement chamboulé. A force de s'immiscer dans la famille, Isabelle Monnin a fini par s’attacher à elle. Son projet est devenu une obsession. Son but était de retrouver une jeune fille qu’on voit sur la photo (Laurence) dont les parents se sont séparés  mais c’est Michel, le père de Laurence qui s’avère être le personnage central. Il est le lien entre les grands-parents décédés et sa fille Laurence qui vit dans une villa moderne de Clerval. Michel a 67 ans au moment de l’enquête, sa vie est derrière lui mais l’arrivée d’Isabelle Monnin avec son enquête aussi étrange qu’incongrue va lui donner un second souffle et il va se nouer un lien très fort entre lui et Isabelle (même si à la base, c’était mal parti car elle a voulu faire croire qu’elle voulait acheter la maison de famille ce que Michel a mal pris). J’abrège bien sûr, toute la famille est de la partie et l’enquête est l’occasion aussi d’évoquer Clerval ( à défaut de Persquen) , bourg de 1000 habitants assez industrialisé et les mutations qu’il a connues. La famille M (évidemment, l’auteure a la délicatesse de ne pas dévoiler le vrai nom), ses déboires, ses joies, ses peines, Clerval, l’histoire de France, c’est tout cela qui est convoqué dans ce récit. C'est une famille banale, tout comme Clerval et avec si peu de matière (ou avec ce trop plein de matière, tout dépend comment on conçoit la littérature) Isabelle Monnin nous livre un objet littéraire non identifié plus modianesque que les romans de Modiano. Au milieu du bouquin, entre le roman et l’enquête, le livre contient quelques photos trouvées dans l’enveloppe (j’ai mis celle de Laurence en bas de la note). 

    Il y a beaucoup d’émotion sur la fin, quand l’enquête se termine. Le compositeur et chanteur Alex Beaupain (que j’adore par ailleurs) met le tout en musique et certains membres de la famille acceptent de chanter (et Michel, lui, il parle dans le titre -Clerval, Serge - du brocanteur qui est venu vider la maison de famille en prenant entre autres les photos que l’auteure retrouvera plus tard sur le net). J’ai terminé le roman à l’aube et je me suis surpris à pleurer...pour Michel et puis je ne sais pas. Pour le temps qui passe et qui laisse quoi de nos vies à part des photos qui vieillissent mal...peut-être aussi parce qu'on a tous quelque chose de cette famille M.

    Et moi, si j’avais trouvé une enveloppe avec les photos d’une famille inconnue qu’en aurais-je fait ?

    (Sinon, avis aux célibataires, sachez qu’à Clerval sur le pavé, y’a des filles à marier, yen a des petites et des grandes, elles sont toutes à marier, mais personne ne les demande)...chansonnette écrite par un ancien curé de Clerval et qui sert de base à quatre chansons de Alex Beaupain. (Moi, à la maison, pour rigoler quand je la chante, je change les grandes en moches, c'est pas drôle hein ?)

    lecture sept/oct 2016, sur livre papier (et oui, encore !), 408 pages, éditions JC Lattès (livre de poche), parution septembre 2015, note : 4/5. Grand merci à celle qui me l'a conseillé

    Merci à Julie Schittly pour la découverte. 

    Loïc LT

    Voici Laurence ( née en 1975 et fille de Michel et Suzanne), avec son beau pull rayé que sa grand-mère a dû lui tricoter, son regard fugueur et la belle tapisserie derrière. A quoi ressemble-t-elle aujourd'hui, mère de deux enfants et habitant une maison moderne de Clerval ?

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  • CR303 : il reste la poussière - Sandrine Collette

    Sandrine Collette, roman noir, littérature, prix Landerneau polarJe n'aurais jamais lu ce roman si je n'avais pas rencontré son auteure lors d'une séance de dédicace à Vannes alors que j'étais venu accompagner ma femme, fan du groupe Boulevard des Airs qui se donnait en showcase à l'espace culturel du Leclerc. Il y a avait tellement de monde dans la file d'attente que je m'en suis extirpé pour aller flâner dans la librairie et je suis donc tombé par hasard sur la table de Sandrine Collette et là, pour le coup, c'était un peu le boulevard désert (non, ce n'est pas tout à fait vrai mais j'avais vraiment envie de sortir ce jeu de mots - mais quand même c'était pas la foule - ). Sandrine Collette, que je ne connaissais pas est pourtant connue dans le milieu du polar et elle a même eu l'honneur d'être l'invitée de François Busnel dans la grande librairie.
    Je n'ai pas parlé beaucoup avec elle, je lui ai juste dit que le titre du roman  était beau, elle m'a évoqué un peu le cadre de l'action (la Patagonie en Argentine) et puis je suis reparti dans la file d'attente et je suis revenu pour le prendre. Elle l'a dédicacé (pour Loïc, je pense que c'est la première fois que ce livre sera ouvert dans la file d'attente d'un concert...mais il faut une première fois à tout ! Amicalement ) et j'ai effectivement commencé à le lire dans la file  qui avançait à reculons. 
    Voici le contexte dont j'aurais pu me passer mais qui ne me vaudra pas une convocation au commissariat de Guémené-sur-Scorff. 
    Parlons maintenant du roman. J'avais pas capté que le prix qu'avait obtenu l'auteure était le Landerneau Polar et non le Landerneau tout court. C'est après coup  que je m'en suis aperçu. Va pour un polar. Hervé Le Corre dont je viens d'encenser un roman avait obtenu le même prix il y a 2 ans...alors...
    L'action se passe donc en Patagonie, dans une région hostile où il pleut tous les 33 du mois mais suffisamment quand même pour qu'on puisse élever des bœufs et des moutons qui se contentent des herbes sauvages et des maigres récoltes de foin. Une famille, la mère (une sorte de Vitalie Rimbaud en pire) et ses quatre fils. Les 2 fils aînés sont jumeaux, le troisième Steban est un demeuré, c'est "le débile" et le quatrième est Rafael, celui qui n'a pas connu son père alcoolique que sa mère a tué plus ou moins volontairement avant de le couler dans un marais lointain. Les fils bossent dur, la mère (dont on ne saura jamais le prénom) gère l'exploitation d'une main de fer et les jumeaux sont la terreur des deux plus jeunes. Les sentiments humains sont réduits à la portion congrue, il y a juste peut-être un peu d'affection entre les deux jumeaux, mise en avant quand l'un deux doit partir car "la mère" après avoir perdu une fois de plus au poker (car elle se rend parfois en ville pour affaires, pour boire et pour jouer) et n'ayant plus de thunes a dû se résoudre mais sans état d'âme à payer sa dette en donnant un de ses fils jumeaux qui doit donc partir dans une autre exploitation. (je ne parierais pas ma collection de la Pléiade sur l'exactitude grammaticale de cette dernière phrase)
    Dans ce roman noir et sec comme un coup de trique, les humains et les bêtes sont traités de la même façon, les fils sont encore plus malheureux que les bêtes car ils ne connaissent même pas le plaisir sexuel. 
    Le héros est le petit Rafael, tête de turc des jumeaux, à qui il arrive une aventure. Il doit quitte l'estancia (c'est le nom qu'on donne aux grandes exploitations en Amérique du Sud) pour récupérer deux chevaux qu'il a négligemment laissés partir et il va faire une rencontre qui va changer sa vie et celle de cette "famille" uniquement liée par les liens du sang. 
    Plus qu'un polar (pas d'enquête et police inexistante et c'est bien pour ça que c'est là-bas que se cache Xavier Dupont de Ligonnès, hein -) , j’appellerais ça plutôt un "roman noir" car il s'agit avant tout d'un drame familial dans une famille rurale rustre (comme on peut en trouver en France sauf en Bretagne)  Le tout se déroule en quasi huis clos et on se doute qu'il ne va pas se terminer à cinq. Le style est splendide et la description des paysages saisissante (pourtant m'a dit l'auteure, elle n'est jamais allée en Patagonie). 
    C'est une belle découverte. Merci Boulevard des Airs !
     
    lecture sept 2016, sur livre papier (et oui !), 302 pages, éditions Denoël/Sueurs Froides, parution janvier 2016, prix Landerneau Polar 2016, note : 4/5 ( Télérama aime beaucoup)
     
    Loïc LT 

  • dix romans sur un continent peuplé

    Un continent peuplé...au lieu d'une île déserte....qu'est-ce que je suis drôle -)

    Ça fait longtemps que je n'avais pas mis à jour le top dix de mes romans préférés. Je me souviens qu'au temps révolu des "forums" de discussion, nous nous amusions à ça. J'avais même fait une liste de cinquante romans. Donc ici, c'est une liste de dix. Je pense qu'il n'y a pas beaucoup de changements depuis la dernière à part peut-être "les gommes". Une seule règle : il ne peut pas y avoir deux romans d'un même auteur. Sinon, c'est dans le désordre. 

    Désolé pour les femmes...tous les auteurs sont des hommes. J'ai pourtant failli mettre le grand jeu de Céline Minard -)

    Loïc LT

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  • CR302 : le grand jeu - Céline Minard

    le grand jeu.jpgLire des romans de la rentrée littéraire n'est pas une nécessité absolue d'autant plus lorsqu'on ne trouve rien qui nous tente. Mais bon, j'ai toujours l'espoir que comme dans la musique ou dans d'autres arts, la littérature évolue, sur la forme et sur le fond. Les auteurs français ont beaucoup donné dans l'expérimentation littéraire, il serait peut-être temps qu'ils renouent avec ce qui est le propre de la littérature : raconter une histoire (vraie ou fausse) de la façon la plus affinée possible. Mais apparemment, c'est trop demander. Evidemment, ce n'est pas une généralité mais quand même, globalement, c'est le reproche qu'on peut faire aux auteurs français : de se prendre pour des défricheurs quand on voudrait qu'ils soient des raconteurs. 

    Ce récit de Celine Minard partait d'une bonne intention : la narratrice décide, pour des raisons obscures (bien qu'elle égraine ici ou là une certaine forme de misanthropie) de s'isoler en haute montagne dans un caisson high-tech accroché à flanc de rocher et près d'un endroit où il lui est possible de cultiver un petit jardin et d'aménager un cellier. On n'a pas le droit non plus de savoir comment elle s'est prise pour faire installer tout cela mais on a, dans la première partie, le privilège de pouvoir suivre le cours de l'installation à tel point que j'avais l'impression de lire un bouquin scientifique, genre d'un géologue ou un chercheur en je ne sais quoi. Une fois installée, cette femme mystérieuse se lance dans des défis montagnards insensés, quittant son gîte quelques jours pour aller faire de l'alpinisme et accessoirement mettre sa vie en danger. Cette partie est tout aussi pénible et ne peut plaire qu'aux alpinistes amateurs. 

    Ce qui aurait pu changer la donne et mettre un peu d'émotion dans ce roman est sa rencontre avec une sorte d'ermite, qu'elle appelle "la nonne" avec qui elle parle très peu mais boit beaucoup de rhum. Je signale au passage que cette nonne est assez capée en alpinisme également. Mais cette relation qui aurait pu casser le caractère un peu trop technique de l'ensemble laisse un goût d'inachevé. Je n'ai jamais compris ce que l'une attendait de l'autre et j'ai encore moins compris les paragraphes méta-philosophiques qui closent chaque chapitre. Donc, je suis passé à côté de ce roman atypique, un brin perché (pardon pour le jeu de mots) et mal embranché. 

    Je ne fais pas une fixation sur le Goncourt mais je constate  d'ailleurs que 'le grand jeu', malgré le fait que Céline Minard soit une auteure connue,  ne figure pas dans la première sélection (pourtant très élargie) et je n'en suis pas surpris. Je ne le conseillerais même pas à Julie Schittly me faisant part de son souhait d'aller s'isoler quelques mois en haute montagne. Ce serait le desservir. 

    lecture sept 2016, sur liseuse kindle, 192 pages, éditions Rivages, parution août 2016, note : 1.5/5

    Loïc LT

  • CR299 : Poète et paysan - Jean-Louis Fournier

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    Il s'agit d'un tout petit ouvrage d'un auteur que je ne connaissais pas, un si petit roman que je n'ai pas envie d'en faire des longueurs. Pour résumer, un jeune parisien cultivé et côtoyant les milieux artistiques tombe amoureux d'une étudiante, fille de fermier du Pas-de-Calais. Il est si amoureux qu'il accepte d'aller travailler à la ferme avec comme objectif de devenir le patron quand son beau-père prendra sa retraite. Sauf qu'on se fait une idée de la campagne et le Nooord, c'est vraiment pas beau, c'est plat, c'est gris et la vie de fermier est difficile ce qui nous donne le droit à des situations cocasses. En attendant donc, le parisien est juste ouvrier agricole et voit sa future femme que lorsqu'elle rentre de Paris le week-end. Elle retrouve son futur mari qui est devenu son fiancé mais ce n'est plus le bellâtre bien sapé et qui sentait bon qu'elle avait connu à Paris. Entre temps, elle a trouvé un autre type plus fréquentable et le pauvre fermier qui n'arrive pas à se débarrasser d'une odeur de purin même après trois douches et qui accumule les bourdes sur l'exploitation se retrouve comme un con. Alors, il décide de partir. Il trouve un métier à la télévision lilloise et du coup intéresse à nouveau son ex-fiancée.
    Une fois de plus, le nord en prend pour son grade (il n’y a pas encore longtemps avec Eddy Bellegueule) et on va finir par croire que les clichés qu’on se fait des Hauts-de-France (puisque tel est le nouveau nom de cette région) sont vrais. Mais méfiance quand même. Ce petit roman est amusant et parsemé de passages poético-écologiques :

    Il y a des coquelicots dans les champs de blé.
    Il y a des bleuets dans les champs de blé.
    C’est beau
    Mais il commence à y avoir du maïs, de plus en plus de maïs. Dans le maïs, il n’y a plus de coquelicots. De toute façon, s’il y en avait, on ne les verrait pas. C’est trop grand, le maïs. Quand il y a du maïs, on ne voit plus la campagne, on ne voit plus rien. Sauf le maïs
    Les champs de maïs me font peur. J’ai l’impression que je vais en voir sortir un Vietcong avec une mitraillette et qu’il va m’abattre sans sommation.
    En plus, il paraît que ça boit beaucoup d’eau le maïs. A cause de lui, je ne peux plus prendre de bain l’été.
    Si les paysans en cultivent, ce n’est pas par amour de la plante, c’est par amour des subventions.
    Pourquoi on ne donne pas plutôt les subventions à ceux qui n’en plantent pas ?
    Il va y avoir moins de fleurs dans les champs. Heureusement, il reste les tournesols, on les voit de loin, les grands tournesols, on pense à Van Gogh.
    Les coquelicots, on commence à les tuer avec de la chimie.
    Heureusement, il y a des coquelicots qu’on ne tuera jamais. Ceux qui poussent dans les tableaux de Monet.

    Au moins, dans le Nord, ils ont des coquelicots. Il n’y en a pas en Bretagne car la terre est trop acide (sauf que hier j'en ai vu plein dans le jardin en friche de mon père mais il y a une raison particulière...et j'ai voulu en cueillir et à chaque fois que je coupais une tige, les fleurs tombaient snif ). Et je me permets de rectifier l’auteur. Les paysans sèment du maïs avant tout pour nourrir les bêtes. Ils le faisaient avant la politique agricole commune et le feront après. 
    Et bien, dans une bibliothèque, ce serait peut-être à ranger à côté des romans de Marie-Hélène Lafon. La démarche est différente. Jean-Louis Fournier prend plus de légèreté et fait plus dans la poésie alors que MH Lafon fait de la littérature haut de gamme, avec des mots compliqués et puis des situations souvent plus dramatiques. Mais c’est très bien d’écrire sur la France “profonde” comme on dit.
    Moi aussi, et je le dis sans fausse modestie, un éditeur m’a demandé de le faire mais pour l’instant, je ne m’en sens pas capable et pourtant en lisant chaque court chapitre de ce roman, je me dis que j’aurais été capable de les écrire mais de là, à les aligner....même pour n'en faire que 150 pages (en fait, je me demande s'il faut prendre la littérature au sérieux, je me pose trop de questions). 

    lecture mai 2016, sur livre papier, 155 pages, éditions Stock parution : février 2010, note : 3/5 

    Loïc LT

  • CR297 : profession du père - Sorj Chalandon

    profession du père.jpgLorsque le général de Gaulle a rendu l'Algérie aux Algériens en 1962, il ne s'est évidemment pas fait que des amis. Parmi eux, André Choulans, père du petit Emile, narrateur de ce roman déroutant qui se déroule dans une ville de province (non nommée mais il paraît qu'il s'agit de Lyon) au début des années 60.  Le père d'Émile (ancien grand sportif et tout et tout n'a pas avalé que son vieil ami De Gaulle ait signé les accords d'Evian) est membre de l'OAS (organisation secrète luttant contre l'indépendance de l'Algérie, faut-il le rappeler).  C'est un homme fou et violent, surtout envers son fils à qui il veut transmettre ses idéaux et surtout plus concrètement l'entraîner afin qu'il tue de Gaulle - rien que ça -, ce qui d'ailleurs ne semble pas déranger Emile plus que ça. N’empêche qu'Emile, plus par jeu que par couardise décide de confier la mission à un ami d'école ( Luca, un nouveau venu) un peu naïf à qui il lui fait promettre monts et merveilles s'il parvient à ses fins. Dans un premier temps, il suffit juste d'envoyer des lettres anonymes ou de taguer OAS sur les murs. Mais le père d'Emile devient encore plus fou quand il apprend que son fils s'est choisi un complice alors qu'il était hors de question que l'OAS recrute n'importe qui n'importe comment. Alors le pauvre Emile en prend encore pour son grade. 

    Finalement, le meurtre du général n'aura évidemment pas lieu, d'ailleurs, jamais Chalandon ne nous explique comment André comptait s'y prendre, quand bien même il posséde une arme. L'auteur s'attache plus aux rapports humains (mère-fils, père-fils, Emile-Luca) qu'aux détails du projet qui est un peu la farce du roman. 

    La force de cette histoire rocambolesque dans laquelle les membres de l'OAS passent plus pour des barbouzes que pour des dangereux criminels tient dans le fait que l'auteur parvient grâce à une écriture dépouillée et truffée de dialogues à nous tenir en haleine alors qu'on n'est pas dupe que la folie du père ne peut mener nulle part. Profession du père est une sorte de huis-clos avec cinq protagonistes dont Emile est l'élément central  ; Emile dont on a du mal à savoir s'il mérite du dédain ou de l'affection tant on est troublé devant son détachement face à un projet qu'on n'aurait pas idée de confier à un enfant. La mère qui n'est qu'un second rôle n'est que d'un faible soutien pour son fils et symbolise la femme des années 60 tel qu'on l'imagine aujourd'hui. Luca prend le rôle du parfait naïf au destin pathétique. 

    Les années passent, tout ce petit monde vieillit et depuis 1970 le général mange les pissenlits par la racine. En plus d'être fou, le père devient grabataire. La fin traîne un peu en longueur si bien qu'on s'attend à un rebondissement qui ne vient pas. Mais ce roman qui mêle humour, violence et tendresse, grande et petite histoire, malice des uns et naïveté des autres, folie et lucidité nous trouble et nous interroge quant à la complexité de la nature humaine. 

    Vive la République et vivent l'Algérie et la Normandie libres !

    C'est le deuxième roman de rang que je lis dans lequel un enfant est maltraité. Il ne me reste plus qu'à relire vipère au poing et j'aurai réalisé un joli triptyque et bouclé la boucle (et cela m'a donné l'idée aussi de ressortir le fouet qui peut toujours servir -).

    lecture mai 2016, sur kindle, 320 pages, éditions Grasset, parution : août 2015, note : 3.5/5

    Loïc LT

    ps : correction des fautes d'orthographe à venir.

  • CR296 : dispersez-vous, ralliez-vous ! - Philippe Djian

    Comme Patrick Modiano, Philippe Djian fait partie de ces auteuPhilippe Djianrs qui écrivent toujours le même bouquin en changeant un peu l'histoire, le nom des personnages mais en gardant le fond et la forme. Et ce n'est pas un reproche, ce sont deux auteurs que j'adore et ce n'est pas parce que j'ai apprécié un repas avec des amis que je ne veux pas revoir ces amis. 

    Donc, la dernière livraison de Djian s'intitule "dispersez-vous, ralliez-vous!", extrait d'un poème de Rimbaud que, seul petit défaut du roman, l'auteur place pompeusement tout à la fin comme cela se fait souvent quand on veut placer le titre dans un récit.

    Le narrateur est une femme et c'est peut-être la particularité de ce roman. Elle s'appelle Myriam et vit quelque part dans une ville américaine imaginaire. Elle a un frère qui s'appelle Nathan avec qui elle entretient des relations tendues. De toute façon, toute son adolescence est un immense bordel, la mère part sans crier gare, Nathan fait n'importe quoi et le père périclite. Ensuite, elle rencontre Yann, un type bien plus âgé qu'elle avec qui elle va vivre moult péripéties. Myriam est le type même des personnages de Djian. Indifférente à tout, en même temps que lucide, on pourrait la qualifier d'existentialiste des temps modernes. Elle s'entoure de gens qui bossent plus ou moins dans le show-biz et qui finissent tous par péter un câble, elle a un enfant avec Yann mais ne ressent pas d'amour maternel. Sa vie sexuelle est débridée ainsi que celle des gens qui l'entourent, la drogue est la nourriture quotidienne et l'alcool coule à flots. Tous ces gens ne foutent pas grand chose mais mènent grand train. A l'image du titre, on ne s'étonne pas des retournements de veste et des décisions prises à l'emporte-pièce. Avec Djian, tout est toujours excessif jusque la météo qui est complètement détraquée. 

    C'est toujours plaisant à lire et on devine le plaisir que prend l'auteur à inventer des histoires aussi abracadabrantesques. Et comme d'habitude, Djian ne se soucie pas trop de la forme, même s'il a son propre style qu'on reconnaîtrait les yeux fermés (ça veut rien dire mais je suis fatigué). Lire Djian, c'est s'octroyer une folle parenthèse, c'est comme regarder un dessin animé ou un film érotique avec de grands acteurs. Une fois de plus, l'auteur remplit son contrat. Et c'est tout ce qu'on lui demande. 

    lecture avril 2016, sur kindle, 208 pages, éditions Gallimard, parution en mars 2016, note : 4/5

    Loïc LT