Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

musique - Page 4

  • nouvel album - Vincent Delerm répond présent.

    album "à présent". Vincent Delerm. octobre 2016

     

    chanson française,musique,variété française,vincent delermJ’allais intituler cette note en attendant Doré mais je me suis ravisé, ça aurait rabaissé Vincent Delerm. Bien sûr qu’on attend avec impatience la livraison finale du nouvel album de Doré (mais je pense que les quatre titres qu’il a déjà sortis sont les meilleurs) mais le nouvel opus de Vincent Delerm ne mérite pas cette soumission.

    Je n’ai lu aucun papier concernant à présent (genre dans Télérama, Libé ou la Gazette du Centre Morbihan) par peur d’être influencé. J’ai juste lu un gros titre je ne sais plus où sur l’air du temps que Vincent Delerm semble avoir capté et je suis obligé de reprendre cette expression tant elle colle bien à cet album aussi prévisible venant de Delerm que déroutant.

    Prévisible parce que ce chanteur  a, depuis le virage des piqûres d’araignée,  trouvé un filon et creusé un sillon qui peut toucher certains et laisser d’autres de marbre. Je fais partie des premiers. Grand fan du cinéaste Claude Sautet, je ne peux m’empêcher de retrouver dans les chansons de Delerm une façon de raconter son époque avec une sensibilité à fleur de peau qu’on retrouve chez le réalisateur. Et comme on gagne en sagesse avec l’âge (sauf moi), et que Delerm touche d’abord le public de sa génération, chaque nouvel album semble plus abouti et surtout parle encore plus au public en question, c’est à dire aujourd’hui aux jeunes quadras (dont je suis encore -).

    Déroutant, parce que pour enrober ses textes (qui ne sont pas travaillés façon Doré, Delerm préfèrant le style “parlé’, procédé qui peut donner du fil à retordre parfois, je sais de quoi je parle), il s’est entouré d’un orchestre symphonique où se succèdent cordes et cuivres et autres instruments. On notera également que le piano est mis en avant à tel point qu’on en perçoit toute la mécanique.

    Venons-en aux chansons. L’album compte 11 titres dont l’un un été, situé au milieu de l’album est une délicieuse symphonie comme pour reposer l’auditeur et le faire réfléchir sur ce qu’il a déjà écouté et le préparer à la suite.

    L’album parle d’amour, du couple (plus que jamais enclin à la monotonie lorsqu’on dépasse 40 ans - voir titre danser sur la table sur lequel je reviendrai-), du charme féminin (je ne veux pas mourir ce soir en écho à l'actualité), du bonheur présent (à présent), de la promesse de l’avenir (la vie devant soi), la nostalgie de l’enfance (le garçon, magnifique autobiographie)...

    Vincent Delerm maîtrise parfaitement l’art de la variété française et comme il sait que sa voix est un peu plaintive, des chœurs féminins l’accompagnent pour équilibrer le tout afin de donner sur le fond comme sur la forme à cet album une note plus optimiste qu’il n’y paraît.

    Cet album me touche profondément parce qu’il montre que l’homme même filant vers le quart de siècle est plein de failles, de doutes, empreint de nostalgie (et empreint d'emprunts), autant de raisons pour lesquelles il faut profiter du présent...

     

    Nous sommes les yeux, les larmes, en retrouvant trente ans après sur notre enfant les mêmes alarmes pour les choses qui nous alarmaient. Nous sommes la vie ce soir, nous sommes la vie à cet instant et je te suis sur le trottoir et je te regarde à présent...à présent. (titre à présent)

     

    Ma préférée est danser sur la table mais j’y reviendrai ; elle vaut une note à elle toute seule, voire une thèse. 

    Loïc LT 


  • recensement des cabines # 74 - Auray (56)

    Dans la charte du recenseur que je me permets de modifier selon mon bon vouloir, il était stipulé de ne pas s'occuper des villes mais bon, je ne vais pas être convoqué au commissariat de Guéméné-sur-Scorff pour avoir enfreint cette contrainte que je me suis fixé tout seul ? Il faudrait que dans ce pays, les pouvoirs publics arrêtent de vouloir se mêler de tout. 

    Hier soir, je me suis donc rendu à Auray, non pas pour aller à Vannes en courant, (ça j'ai déjà donné) mais pour assister à un mini-concert électro dans la chapelle du Saint-Esprit qui est le plus vieux bâtiment alréen. Cette chapelle sécularisée est aujourd'hui un lieu de culture et en l’occurrence, ce concert clôturait une exposition de Nastasja Duthois. J'ai toujours trouvé que la musique techno et une église allaient bien ensemble ( depuis une séquence de Basic Instinct peut-être) mais le concert en question n'était pas à la hauteur de ce que j'attendais (pas de jeux de lumière sur les grandes fenêtres de l'église démunis de vitraux). Mais j'ai quand même passé un bon moment. On sentait que le public n'était trop amateur d'électro et les gens allaient et venaient découvrant ou redécouvrant les fresques de Nastasja Duthois, comme celle-ci par exemple :

    Natasja Duthois

    Mais je reviendrai sur cette soirée dans quelques secondes, juste après vous avoir parlé de cette cabine, qui s'est offerte à moi telle Pamela Anderson sur le bord d'un lac et son cœur sur mon cœur qui respire et l'horizon qui soupire...). Elle se situe juste à côté de la chapelle, c'est peut-être la dernière d'Auray mais je ne peux pas le garantir. 

    cabine téléphonique, Auray

    Hors service, je ne peux même pas donner son numéro d'appel puisque quelqu'un d'intelligent s'est amusé à changer des chiffres et puis la même personne sans doute, à mettre un numéro de téléphone sur l'appareil...peut-être Nastasja (oui, avec un Jet un S devant le T) Duthois, allez savoir...ces artistes contemporains sont capables de tout -)

    cabine téléphonique, Auray

    Il y a bien un CRS pour surveiller l'édicule mais il est là depuis si longtemps qu'il n'a pas pris racine (difficile dans le bitume) mais il fait désormais corps avec le mur. Parfois, on se demande si les effectifs de police sont utilisés à bon escient, on a ici quand même une preuve flagrante que c'est pire que ce qu'on croyait (sur la première photo, on ne le voit pas, il était parti faire une ronde). 

    17 09 2016 (66).JPG

    De la cabine, on a une belle vue de la façade sud de  l'édifice. Le policier en faction m'a soufflé que cette chapelle est le dernier vestige de la commanderie d'Auray qui à partir du XIIème siècle s'était donnée comme mission de soulager les riches et les bien-portants. 

    chapelle du Saint-Esprit, Auray

    A l'intérieur, ce n'était pas véritablement la fête. Rémi Pommereuil  jouait (en première partie de Jumo) pourtant une électro assez emballante mais l'ambiance était studieuse et contemplative. 

    17 09 2016 (28).jpg

    Une chose est sûre, cet endroit est fait pour une vraie soirée électro. 

    17 09 2016 (43).jpg

    Bien que quelques fêtards ayant bu trop d'eau dansaient, le tout est quand même resté très sage. L'ennemi qui m'accompagnait s'est d'ailleurs barré très vite et je suis resté seul à errer dans cet espace tentant de comprendre le travail de Nastasja Duthois (dont la brochure précise qu'elle invite le visiteur à se perdre dans les interstices, à reconsidérer les attaches qui nous lient, nous soudent ou nous entravent)  et de la raison de construire un nouveau rond-point sur une route droite sans carrefour du côté de Pluneret. 

    Natasja Duthois

    Sur cette toile (technique du dessin au fil), on aperçoit un groupe de gens dont on ne voit que la silhouette. Certains discutent, l'un est allongé, comme mort, d'aucuns tiennent un parapluie, d'autres tendent les bras, l'un semble courir et quelques uns semblent danser. Difficile à interpréter, mais précise encore la brochure, l'artiste nous retrace  ses histoires au plus proche de l'humain, profile la solitude noyée par la foule, tisse des relations et fait naître des filiations. Ce tableau me semble aller dans ce sens. 

    Avant Jumo, Rémi Pommereuil a illustré de son électro acide et envoûtante cette exposition intitulée  sauvage ordinaire

    Jumo a joué ensuite une techno déroutante et imprévisible. 

    Jumo

    Et je suis sorti et j'ai erré dans les rues calmes d'Auray. Derrière moi, la chapelle dominait les lieux. Ma mémoire ne devrait pas sélectionner cette soirée dans mes souvenirs à venir mais une découverte artistique, qu'elle soit musicale ou plastique n'est jamais une perte de temps. 

    Loïc LT

  • Paris sens interdits - Etienne Daho. (lecture personnelle)

    étienne daho, paris sens interditsJ’ai relu plusieurs fois le texte de cette chanson (qui est une reprise d'un titre écrit par un certain Arthur Baker en 1989 et qui n'apparaissait sur aucun album d'Etienne). La version de 1989 n’est pas désagréable mais le lifting opéré par Daho en 2015 est remarquable. Plus que le texte que j’évoquerai succinctement après, il faut s’arrêter sur les arrangements, le clip et tout l’esthétisme qui entoure cette nouvelle version. Il n’y a pas un temps mort, les musiciens s’éclatent autant que Daho et que dire de ce jeu de lumière qui subrepticement met en valeur les contours du visage et du corps du chanteur habillé de noir. Je ne vois pas ce qu’on peut reprocher à ce morceau de pop emballant...d’être trop parfait peut-être. J’espère qu’Etienne le jouera en live en vrai (parce que petit bémol, je doute que le clip ait été enregistré dans les conditions du direct, mais c'est le prix de la perfection).

    Le texte ne prête à aucune confusion et c’est assez amusant qu’Etienne ressorte ce morceau après le succès de en surface où, sous la plume de Dominique A, il feint de regretter ses plus jeunes années, la vie nocturne, les brumes de l'alcool, le paraître...or c’est justement cet univers qui est décrit sans amertume dans Paris sens interdits. Le titre dit tout. D'ailleurs,  en surface bien qu'il soit magnifique est un peu le hiatus (assumé) dans l'album de l'innocence retrouvée !

    Brève étude de quelques bribes du texte Paris sens interdits

    Si tu oublies un jour tes peines, sombres motels, moi languis, entre Bakerstreet et le pont des Soupirs....

    Tous les sites (foireux) qui proposent les lyrics parlent de Pokerstreet mais c’est bien de Bakerstreet qu’il s’agit. Il faut admettre que Etienne le prononce assez mal mais Pokerstreet n’existe pas alors que Bakerstreet est une rue de Londres et le pont des soupirs, qui ne connaît pas ?  Bien, le personnage s’ennuie dans ces endroits trop propres et trop pittoresques et préfère prendre des sens interdits à Paris. S'il n'y avait pas eu la tentation du jeu de mots, le morceau aurait pu tout aussi bien s'appeler Paris sans interdits

    Comme toi lassé, j’espère trouver un monde où me perdre, où de risibles amours éclairent mes zones d’ombre et ces revers, que j’en oublie un jour mes chaînes...d’autres hôtels où s’évanouir, si tu crois au pire en un mot sans mobile...etc etc

    Je peux me tromper (et j'en suis sûr même -)  que les risibles amours font référence au recueil de l’écrivain Milan Kundera dans lequel, si ma mémoire est bonne, il évoque la légèreté et les amours d’un soir. J’aimerais vraiment que le risibles amours de la chanson soit un clin d’oeil à Kundera qui est un écrivain que j’adore.

    Le texte est approximatif et boiteux, les références un peu bancales (un peu comme Paris le Flore et ses lieux communs) mais dans les années 80, on ne faisait pas dans la littérature ! Qu’importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse ! Mais le texte est avant tout un faire-valoir. La musique et le clip avant toute chose !

    Pour finir, je rappelle que cette nouvelle version fait partie des deux inédits présents sur le best-of l'homme qui marche sorti fin 2015 (à noter que sur deezer, seul ce titre n'est pas disponible...et j'ai remarqué aussi que contrairement à la version de 1989, Paris sens interdits est désormais au pluriel. Il doit y avoir une histoire de droit d'auteur). 

    Loïc LT (qui aime bien les sens interdits aussi).

  • Daho, l'homme qui chante. BD (Alfred-Chauvel)

    étienne dahoNe trouvant plus le sommeil et attiré par les lueurs matinales, je me suis levé de bonne heure et j'ai enfin lu le livre-bd écrit par Alfred (dessin) et David Chauvel (plume) qui raconte l'histoire de la création du dernier album de Daho (les chansons de l'innocence retrouvée, sorti en 2013). Avant toute chose, je dois avouer que ce n'est pas mon album préféré d'Etienne, en tout cas, je ne le mets pas dans le top 3 (je leur préfère Corps et armes - inégalable ; Eden - sensuel et électronique et l'invitation - qui n'a pas fait beaucoup de bruits mais qui contient quelques pépites).

    Donc, on apprend beaucoup de choses dans ce livre, la rigueur d'Etienne, son obsession de la perfection, ses influences, l'aura qu'il dégage autour de lui, sa sensibilité et son côté libertin. Daho est une personnage complexe qui indiffère beaucoup de gens autant qu'il en fascine d'autres. Je fais partie de ces derniers. J'aime ce chanteur réservé, qui n'aime pas les plateaux télé, j'aime sa musique (et c'est bien l'essentiel), son sex-appeal et son souci du beau (que ce soit sur sa personne, sur ses jaquettes et ses concerts). Je suis allé le voir deux fois en concert à Rennes et n'en déplaisent à certains, c'est une bête de scène. La scène le transforme, c'est en chantant devant son public qu'il est le plus heureux.

    Mais revenons à la BD. Je ne vais pas revenir sur ce qu'elle contient mais juste faire part d'un soupçon d'incohérence que j'ai relevé. C'est mon côté fouille merde (ou plutôt pointilleux). 

     

    Page 20. Jean-Louis Piérot, musicien-compositeur s'exprime :

    étienne daho, jean-louis pierrot

    Donc, je résume: en avril 2011, Etienne appelle Jean-louis  pour lui demander s'il veut travailler avec lui sur son nouvel album. Et Jean-Louis Piérot évoque deux titres sur lesquels ils ont bossé ensemble : le fameux ouverture (sorti en 2000) et l'exquis l'adorer qui figure sur l'album l'invitation sorti en 2007. Or Jean-Louis Piérot poursuit : nous n'avons pas retravaillé depuis l'album 'corps et armes' en 2000. On se croisait parfois depuis cette dernière collaboration, mais sans évoquer le fait de retravailler ensemble un jour. Alors, je ne comprends pas qu'il dise avoir co-écrit l'adorer et en même temps ne pas avoir travaillé avec Etienne depuis 2000..Et je doute qu'il y ait une erreur car Daho a dû lire et relire le livre avant de valider le tout ; il n'aurait pas laissé passer une telle incohérence. La seule possibilité que je vois est que l'adorer a été écrite en 2000 mais n'a été sortie qu'en 2007. Auquel cas je m'amuse juste à enfoncer des portes ouvertes. Mais je ne comprends pas pourquoi il n'aurait pas retenu ce titre en 2000 ou en 2003 sur réévolution

    Etienne, si tu me lis, peux-tu m'éclairer ::) ?

    Alors, encore une petite planche pour vous montrer la qualité du graphisme (à ceci près que je ne trouve pas la silhouette du chanteur très réussie) :

    étienne daho

    Pour en finir avec ED, j'écoute beaucoup en ce moment son dernier titre Paris sens interdits (qu'il avait déjà sorti il y a longtemps sous une autre forme). C'est un morceau résolument pop et puis cerise sur le gâteau, le clip officiel est un chef d'oeuvre d'esthétisme. Tout est bien pensé, le jeu de lumière, le travail sur la voix de Daho etc etc. A voir autant qu'à écouter !

    Loïc LT


     

  • Tangerine - Christophe & Alan Vega

    Le dernier album de Christophe est très intimiste (mais plus accessible que le précédent). Le chanteur aime bien travailler les sons, perturber l'auditeur mais parmi les titres, il y en a un, qui peut potentiellement devenir un tube et je suis désolé mais je l'adore (les autres aussi mais je les écoute la nuit tranquillement). Il s'y dégage une énergie et ce son electro n'est évidemment pas pour me déplaire. Je n'arrive pas à retranscrire Alan Vega d'autant que j'ai eu du mal à le faire pour Christophe. Le son n'est pas très bon, j'ai dû bidouiller à partir de deezer, convertir etc.  Allez, allez-y les vieux, , on vous écoute !


    podcast

     

    C'est le retour de la tangerine
    Tout au creux de ta main il fait soleil
    Si tu la lances dans le ciel
    Tu sais que tu la suivras
    Jusqu'à lundi ce jour si mauvais
    Mais le temps ne passera plus jamais
    Ni pour toi ni pour personne
    Ce sera un retour en guerre encore

    005266494_500.jpg

     

  • Dominique A ( à Lorient, le 12 mars 2016) : nouvelles vagues

    Ce soir, j'ai la flemme d'écrire. Je vais juste balancer une autre vidéo que j'ai prise lors du concert de Dominique A à Lorient. C'était bien. Et les paroles avec, les vraies, pas les ersatz de paroles qu'on trouve sur le net. Ce sont celles qu'il y a sur le livret (il y a juste un putain d'espace que je n'arrive pas à enlever après les signaux de fumée....BlogSpirit est agaçant parfois. 


     

    Je ne t'apporterai que des nouvelles vagues
    Comme d'un autre pays, d'une autre saison
    Sans que tu le demandes, j'annulerai certains noms
    Comme on vide le poison contenu dans la dague
    Et tu pourras bientôt sortir de la maison


    Pas un jour l'amour ne t'a pas relancée 
    Pas un jour où tu n'as lutté contre le sort
    Qu'un amour de malheur, malheur t'avait jeté
    Il t'envoyait encore des signaux de fumée

    Je ne t'apporterai que des nouvelles vagues
    Des histoires envahies de points de suspension 
    La bouche délestée du poids de certains noms
    Qui sont comme l'acide jeté sur un visage
    Et tu pourras enfin sortir de la maison

    Pas un jour mon amour  
    Où je ne t'ai cachée 
    T'ai mise hors de portée
    De qui ciblait ton coeur
    J'étais le paravent des signaux de fumée
     

    J'étais la sentinelle face au champ des frayeurs

    Je ne t'apporterai que des nouvelles vagues
    Comme d'un autre pays d'une autre saison
    Sans que tu le demandes j'annulerai certains noms
    Comme on vide le poison contenu dans la dague

    ....

  • le chanteur

    Dans les années 80, on ne réalisait évidemment pas qu'on était dans une période qui allait marquer de façon singulière l'histoire de la pop music, on ne se demandait pas ce qui resterait de ces années 30 ans plus tard, les enfants et les ados encore moins les adultes. 30 ans plus tard, l'expression "les années 80" parle à tout le monde, surtout dans le domaine musical. Aujourd'hui comme il y a 10 ans, les jeunes s'éclatent sur les tubes de ces années, avec un peu d'ironie et de second degré. On écoute les partenaires particuliers ou Début de Soirée les soirées de fête, on connait les textes pas cœur mais on ne les aime pas au point d'en écouter chez soi le soir lorsque le chat dort près de la cheminée. 

    Comme de fait, ces années marquent un tournant, elles sont un pont entre les années 70, c'est à dire pour schématiser les années disco et les années 90 où tout part dans tous les sens que ce soit au niveau de la variété, de la pop, du rock et de l'électro avec quand même un point commun : les chansons aussi nulles soient-elles sont plus sophistiquées car l'ordinateur participe à leur création. Elles confirment ce que les années 70 avaient initié : le synthétiseur et l'ordinateur deviennent des éléments essentiels qui permettent ce qui était jusque là impossible. 

    Globalement donc, les années 80 ont vu se succéder des tubes fabriqués tous un peu de la même façon : une mélodie entêtante (seul élément où l'humain devait encore faire preuve de créativité), des synthétiseurs, une boite à rythme et accessoirement pour la caution acoustique, le saxo. Le texte passe au second plan. 

    Etienne Daho fait partie des artistes qui ont commencé dans les années 80 utilisant les recettes décrites ci-dessus. Il était un parmi tant d'autres, ni mieux, ni pire. Dans ces années , le nez dans le guidon, on ne réalisait pas que la plupart des chanteurs et groupes de cette décennie n'avaient pas plus d'avenir qu'un ou deux tubes. La décennie suivante a décimé la plupart des "stars" de la précédente. Au début des années 90, il y a eu la période "dance music" et plus étouffée pour le grand public, la techno, cette musique bizarre sur laquelle dansaient des jeunes dans des champs ou des entrepôts désaffectés. Les années 80 étaient derrière nous et Etienne Daho fait partie de ces quelques chanteurs qui ont réussi à en survivre. En 1991, il sort l'album Paris Ailleurs qui engendre 5 tubes (des attractions désastre, saudade, comme un igloo, les voyages immobiles, un homme à la mer). Ensuite, il se fait plus discret et puis revient en 1996 avec Eden, un album presque concept, une sorte d'ovni nimbée d'électro, un album qui fait moins de tubes que le précédent mais qui confirme qu'il faudra continuer à compter avec lui. A cette époque, je ne suivais pas sa carrière. Il ne me dérangeait pas mais ne m'enthousiasmait pas non plus. Mais je crois quand même que c'est avec Eden que j'ai commencé à me dire qu'il fallait peut-être que je lui porte une oreille plus attentive. 

    Le premier album de Daho que j'ai acheté est un best-of, intitulé singles, sorti en 1998, avec comme couverture une photo sur laquelle on le voit courir sur une piste d'aéroport devançant un avion qui décolle (ou qui atterrit). Je ne me souviens plus de la motivation de cet achat mais je pense que cette magnifique photo n'y est pas pour rien et puis sur le fond, je commençais à vraiment apprécier ce chanteur, survivant des années 80 et qui continuait à poursuivre une carrière (loin de la dahomania des années 80) cohérente et le tout avec élégance et discrétion. Quand il a sorti Eden, j'étais persuadé qu'il allait ensuite continuer à creuser le sillon électro mais c'était mal connaitre le "rennais". Corps et Armes sorti en 2000 reste à mon avis son meilleur album mais c'est un album avant tout pop et symphonique. La plupart des fans de Daho mettent cet album au dessus de tous. Je ne vais pas rentrer dans les détails mais me concernant, cet album est sorti à un moment où ma vie a pris une sorte de virage et sa qualité mêlée à ces circonstances font que Corps et Armes reste pour moi un album à part. 

    Dans les années 2000, Daho continue son bonhomme de chemin. Ce n'est plus un faiseur de tubes (d'ailleurs Corps et Armes n'en contient pas même si un titre comme ouverture n'est pas passé inaperçu et gagne en popularité avec les années) mais il garde un public fidèle. Personnellement je suis allé le voir deux fois en concert et j'ai découvert une bête de scène, un puriste qui ne laisse rien au hasard mais qui laisse quand même place au hasard. Daho l'assume : il aime que les choses soient bien faîtes et il aime ce qui est beau. L'esthétique compte beaucoup chez lui. Les années passent et il continue à sortir des albums toujours très introspectifs, travaillés et raffinés. Le dernier date de 2013 et s'intitule les chansons de l'innocence retrouvée. Ce n'est pas mon préféré mais il contient 3 ou 4 titres que j'écoute régulièrement. 

    En 2015, des médias ( Arte par exemple qui a fait un reportage sur le chanteur) ont commencé à considérer que plus qu'un dandy pop sans voix, Daho était en fait un monument de la chanson française. Sans rien faire mais grâce à des années de travail et de rigueur, Daho est devenu l'égal des grands. Je sais que beaucoup de gens sont indifférents au personnage et à ses chansons presque trop ciselées mais à 60 ans et plus jeune que jamais et quoi qu'il fasse désormais, Etienne n'a plus rien à prouver. Le passé l'a confirmé, l'avenir est devant lui.

    Loïc LT

  • radiocassette 2015 : bilan partiel des écoutes

    musique2015bilan.jpg

  • le mouton noir

    Hier soir, je me suis amusé à faire un petit pastiche d'une chanson de Julien Doré (Corbeau blanc). Bon, le tout vaut ce qu'il vaut, ne casse pas des briques ni trois pates à un canard (de Gratot). Si vous avez une autre idée pour le titre, faîtes-moi en part, je trouve "l'ouvrier blanc" un peu trop ampoulé (et surtout trop proche du titre de la chanson). Le mieux, c'est de  lire le texte avec la mélodie de Doré en tête (d'ailleurs, j'ai remarqué qu'aujourd'hui pour écrire un "poème", fermez les guillemets, j'ai besoin d'un rythme et en particulier celui d'une chanson. Il me faut un tempo et celui du Corbeau blanc est parfait pour ça. Alors, j'écoute la chanson au casque et j'essaie de ne pas faire attention au texte et de me concentrer sur le rythme). 

     

    le mouton noir

     

    Ce matin je vous quitte

    Je quitte la salle et le divan

    Depuis mon îlot sympathique

    Je prends la route de GrandChamp

     

    Je prends des courbes accessibles

    Moi l'ouvrier qui se rend

    Là où chacun s'acquitte

    De missions trop prévisibles

     

    Je ne sortirai pas des lignes

    Tracées par les dirigeants

    Et respecterai les consignes

    Que j'appliquerai en récitant

     

    Des vers de Rimbaud extatiques

    Car je veux rester vivant

    Autour des presses robotiques

    Qui font des bruits assourdissants

     

    Puis des collègues me feront signe

    Que c'est l'heure du dénouement

    Et je rentrerai fatigué mais digne

    De ma journée dans ce tourment.

     

    Et si le soir, je suis en ruine

    Avec ma femme et mes enfants

    On se soulage et se câline

    En écoutant le corbeau blanc.

     

    Je dédie ce poème à ma sœur Léonie Aubois d'Ashby. Baou. — l'herbe d'été bourdonnante et puante.— Pour la fièvre des mères et des enfants. 

    Loïc LT 28.08.15

  • Cap Farvel - Dominique A (tentative d'explication)

    Je crois que j’associerai longtemps ce printemps 2015 au nouvel album de Dominique A. Quand l’album est sorti, j’ai mis quelques jours avant de le découvrir et puis après, il a ‘tourné en boucle’, si je puis me permettre cette expression désuète lorsqu'on n'écoute plus la musique que sur des formats numériques. Donc, j’ai écouté et réécouté, voyagé, voyagé (car Eleor est comme un carnet de voyages)….le matin au petit dej, ma fille encore à table chantonnait avec moi et puis ma femme l’a aimé très vite aussi...et il y a eu le concert à Rennes, un moment magique, un concert qui débute par le titre Cap Farvel, le plus beau de l’album, mélodieux, sombre, énigmatique. Dominique A stipule souvent dans les médias qu’il ne sait plus après coup ce qu’il a voulu dire dans telle ou telle chanson. Cap Farvel a-t-elle un sens ? Il m’a fallu combien d’écoutes pour découvrir que les amants l’un à l’autre collés se suicident ? ...alors que c’est clair comme l’eau de la baie déserte cernée par les falaises. Le Cap Farvel se situe au sud du Groenland et fait partie de la commune de Nanotarlik, qui est également le titre d’une chanson de Dominique A sur un précédent album.  Il y a des rappels comme ça chez ce chanteur, il essaie de donner un cohérence à son oeuvre et en même temps chaque titre pris indépendamment est une énigme. Cap Farvel en est une belle. Je vais tenter brièvement de la résoudre aidé de mon cerveau cartésien, baigné dans mon quotidien linéaire.

    Je voulais avant tout faire part de ma surprise, voire même d’un certain agacement quant à ce mélange des temps au début de la chanson. Ont-il vu seulement que la brume s’était levée/Alors qu’ils allaient tout deux l’un à l’autre collés...sonne mieux quand même que ce que Dominique A a écrit ? Non, il a fallu que l’auteur nous perturbe au démarrage. On passera là-dessus. Ce dérapage grammatical (assumé sans doute) est largement compensé par l’orchestration avec au départ la grosse caisse seule et puis la guitare qui se glisse subrepticement...ensuite, ce sont guitare, basse, cordes et un rythme binaire bien calé. Un bijou de pop.

    Revenons au sens. Deux amants vont le long des falaises, ils pensent que la fin du monde est arrivée car il n’ont pas vu que la brume s’est levée, ils n’ont pas vu les lumières au loin, que la Terre ne s’est pas arrêtée, non, ils ont rêvé et ils sont restés enfoncés dans leur rêve apocalyptique, ils sont restés cramponnés à ce rêve alors l’un à l’autre accrochés et d’un même rocher, un jour ils ont plongé. Par contre, je ne comprends pas pourquoi l’histoire a usé le soleil...leur histoire à eux qui a brisé tout espoir de vie ?

     

    Loïc LT, recenseur de cabines qui tente de comprendre des textes bizarres.

     

    Ont-ils vu seulement

    Que la brume se lève

    Alors qu'ils vont tous deux

    L'un à l'autre collés

    L'un à l'autre accrochés

    Comme on s'accroche aux rêves

    Dont on sait en dormant qu'il va nous échapper

     

    La longe baie déserte

    Cernée par les falaises

    S'offre à eux quelques points lumineux, isolés

    Briller dans le lointain

    Ils vont se diriger

    Les amants cramponnés aux choses qui se taisent

    Aux choses qui ne disent rien le long du Cap Farvel

    Qui ne murmurent pas que les temps ont changé

    Ni les lumières au loin

    Ni la brume levée

    Ne diront que l'histoire a usé le soleil

    Ont-ils vu seulement que la brume se lève

    Ont-ils vu que la terre ne s'est pas arrêtée

    L'un à l'autre accrochés

     

    Enfoncés dans le rêve

    Ou d'un même rocher

    Un jour ils ont plongé

     

    Et si jamais Neptune, Eole ou bien Gaïa

    Viennent à glisser deux mots

    De ce qui s'est perdu

    L'un à l'autre collés

    Ils n'écouteront pas

    Cramponnés pour toujours

    Aux choses qui sont tues

    Aux choses qui ne disent rien le long du Cap Farvel

    Qui ne murmurent pas que les temps ont changé

    Ni les lumières au loin

    Ni la brume levée

    Ne diront que l'histoire a usé le soleil

    Ont-ils vu seulement que la brume se lève

    Ont-ils vu que la terre ne s'est pas arrêtée

    L'un à l'autre accrochés

    Enfoncés dans le rêve

    Ou d'un même rocher 

    Un jour ils ont plongé