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musique - Page 3

  • Shako, sabre et Françoiz

    Longtemps j'ai cru que la mémoire neuve était le premier album studio de Dominique A. Mais il s'agit du troisième, sorti sur le label Lithium en 1995. Il contient le premier "tube" (même s'il n'aime pas qu'on le juge comme tel). C'est un album minimaliste avec des thèmes originaux (le travail, le métier de faussaire). Avec Eleor, c'est quasiment mon album préféré sans doute parce que j'ai connu le chanteur par celui là.

    Dominique A laisse la part belle à Françoiz Breut puisqu'elle apparaît dans cinq titres : le twenty-two Bar, le travail, les hauts quartiers de peine, hear no more, dear no more et teenage kicks (paroles en commentaire).

    Il s'agit à ce jour de l'album le plus vendu de Dominique (sans doute grâce au bar de l'angle). Une fournée de 130 dates a suivi.

    Pour illustrer mon propos, je ne vais pas placer évidemment le twenty-too mais teenage kicks qui apparaît sur les douze titres bonus.

    Paroles avec traduction ci-dessous (reprise de John O'Neill)

    Shako

    Are teenage dreams so hard to beat
    Est-ce que les rêves d'adolescence sont si difficiles à effacer ?
    Everytime she walks down the street
    Chaque fois qu'elle descend la rue
    Another girl in the neighbourhood
    Une autre fille dans le voisinage
    Wish she was mine, she looks so good
    Je voudrais qu'elle soit à moi, elle a l'air tellement bien

    I wanna hold her wanna hold her tight
    Je veux la tenir, je veux la tenir fort
    Get teenage kicks right through the night
    Avoir la fièvre de l'adolescence dans la nuit

    I'm gonna call her on the telephone
    Je vais l'appeler au téléphone
    Have her over cos i'm all alone
    Lui parler car je suis tout seul
    I need excitement oh i need it bad
    J'ai besoin d'excitation, oh j'en ai salement besoin
    And its the best, i've ever had
    Et ca c'est la meilleure que j'ai jamais eu

    I wanna hold her wanna hold her tight
    Je veux la tenir, je veux la tenir fort
    Get teenage kicks right through the night
    Avoir la fièvre de l'adolescence dans la nuit

    I wanna hold her wanna hold her tight
    Je veux la tenir, je veux la tenir fort
    Get teenage kicks right through the night
    Avoir la fièvre de l'adolescence dans la nuit

  • Shako, sabre et Françoiz

    Le titre BXL BLEUETTE ouvre l'album la chirurgie des sentiments (2012) et est écrit et composé par Françoiz Breut. C'est une ode à Bruxelles, sa ville d'adoption. Françoiz, je n'ai même pas envie de te demander pourquoi t'as pris racine sur les pavés détrempés entre les rails et le tramway....ça fait vachement envie...d'autant que dixit il faut deux ou trois ans à attendre que l'été se présente ! Mais tu as de l'espoir : "les beaux jours finissent toujours par arriver". En tout cas, si t'as pris racine, j'ai des outils de jardinage et au pire je peux louer une mini-pelle pour te ramener à Nantes en voiture avec chauffeur, c'est toi qui vois.

    En attendant, savourons ce clip très cinématographique réalisé par Christophe Derouet. 

    Shako


  • Françoiz Breut, biographie déglinguée

    Françoiz Breut, nouvelle biographie.
     
    Françoiz Breut suit plus ou moins des cours à l'École des beaux-arts de Caen. Après un weekend passé à Dunkerque (comment peut-on rester plus longtemps dans cette ville), elle installe son baluchon en Bretagne à Nantes où elle se fait draguer, au début des années 1990, par le soi disant chanteur Dominique A qui deviendra hélas pour elle son compagnon.A-286841-1582331567-4903.jpeg.jpg
    En 1993, elle bâcle le livret de Si je connais Bambie, deuxième album de Dominique A, où elle apparaît vaguement au chant. Pour son grand malheur, c'est lui qui l'a persuadée de se mettre à la chanson et de l'accompagner sur scène et sur disque alors qu’elle aurait préféré continuer à faire des coloriages. Elle continue néanmoins le dessin et son travail de couturière, et les flics aux trousses, ils s’enfuient à Bruxelles. On n’a pas idée de quitter la Bretagne pour le pays de la frite et de la bière.
    Son premier album de chanson Françoiz Breut est d'inspiration communiste. Composé et réalisé en grande partie par son partenaire, il sort en 1997 et a un certain retentissement en Bolivie et en Burkina Faso. Elle est remarquée par des groupes et chanteurs américains comme Michael Jackson et Rolling Stones ainsi que ces texans racistes de Calexico (qui armés jusqu’aux dents reprennent Ma colère). En 1999, elle met au monde un fils, prénommé Youri, avec Dominique A qui plus tard deviendra cosmonaute.
    Un nouvel album voit le jour en l'automne 2000 : Vingt à trente mille jours, auquel collaborent entre autres Dominique A, Patrick Sébastien, François Valérie et Jean-Pierre Mader. Ce disque reçoit évidemment un très mauvais accueil de la critique et du public, et semble constituer le chant du cygne de sa médiocre carrière artistique.
    Elle continue en parallèle à gribouiller pour des disques et des livres pour les moutards, et à exposer dans des boucheries ce qu’elle appelle “des créations graphiques”. En 2002 et 2003, elle effectue des tournées en s’imposant chez des particuliers qui n’avaient rien demandé en France et au Vatican. En février 2004, elle fait une tournée en Corée du Nord.
    Contre vents et marées, Elle enregistre en 2004 à Bruxelles son troisième disque, Une Saison volée, sorti en mars 2005 et vendu à 1233.8 exemplaires.
    En novembre 2008, elle a un culot de sortir encore un nouvel album intitulé À l'aveuglette, qui porte bien son nom puisque c’est forcément en fermant les yeux qu’elle semble continuer à croire encore en son destin de chanteuse.
    En juin 2011, elle enregistre son 5e album après une tournée américaine (je me marre) et un travail de plus d'un an en compagnie de Stéphane Daubersy, un pauvre type qui se prend pour un guitariste. Cet album est sorti en France le 3 octobre 2012 sur le label Caramel Beurre Salé, un peu poivré avec une pincée de sel.
    Au printemps 2015, elle part enregistrer dans un zoo, Zoo, son 6eme album à Berloch, chez Loïc Le Tortorec, cheville ouvrière de lui-même. Le disque sort en mars 2016 chez Caramel Beurre Salé, un peu poivré avec une pincée de sel, un espèce de label belge et il sera défendu sur scène par la 11eme division blindée de Nancy sur Seine. Le disque sort à 10 heures 30 de je ne sais plus quel mois de 2016 toujours sur le machin au caramel.
     
    Wiki/Shako
     

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  • Françoiz Breut, la dessinatrice

    La chanteuse bruxelloise a plusieurs cordes à son arc. En plus d'utiliser ses cordes vocales pour chanter avec un timbre haut perché, elle dessine des choses surréalistes ou naïves et fait de petits coffrets comme ceux-ci. Je vais prendre contact avec elle pour savoir si elle en vend. 

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  • les flocons de l'été # Etienne Daho


     

    Le nouveau titre de daho est sorti le 1er septembre à 08h00 précise (quand on est fan, on sait ces choses-là, je me comprends) et il préfigure la sortie d'un album en novembre (Blitz). S'en suivra une tournée. J'irai le voir à Rennes, ça fait trop longtemps que je ne l'ai pas vu. Je n'ai pas entendu en live les titres de ces trois derniers albums, ce n'est pas normal quand même !

    Bon, parlons de cette neige estivale. D'abord musicalement parlant, on sait que Daho est un touche-à-tout, qu'il ne se fixe aucun interdit. Dernièrement, il avait sorti un titre très rock (avec un super clip) intitulé 'Paris sens interdit' et aujourd'hui, il nous sort quelque chose de plus électronique, plus aérien, doux comme un flocon. La mélodie est superbe, sur ce point, il n'y a rien à dire. Quelques jours avant le 1er septembre, il avait mis en ligne 10 secondes de la chanson et j'avais adoré direct...par contre, j'étais loin de m'imaginer le texte qui allait suivre. Sur ce point, je suis désolé, ça manque cruellement d'inspiration. Etienne doit le savoir, je ne sais pas, il dit qu'il a écrit le texte très vite, ba je suis désolé mais ça se voit et pour se défausser il répond aux journalistes qu'il ne donnera pas d'explications au texte, que chacun en fera son interprétation. C'est l'argument facile quand on écrit un peu n'importe quoi...encore que là, ce n'est pas n'importe quoi, le texte est tellement simple et basique qu'on le comprend tout de suite : tout ce qui est blanc en été, comme une robe blanche, les étoiles, le soleil voilé, les nuits blanches évoquent pour le chanteur les flocons. La belle affaire. Après, il y a peut-être un message caché et que je me suis levé de ma jambe blanche, alors dans ce cas, je suis le dindon de la farce. Etienne dit que ce titre a des accointances avec "les heures hindoues" et bien, question musique et ambiance, je retrouve beaucoup des "les pluies chaudes de l'été" qui figure sur l'excellent album Eden

    En tout cas, le texte, à la limite, on s'en tamponne le coquillard. Globalement la chanson est belle, apaisante, onirique et je l'écoute en boucle depuis hier. Ce ne sera pas le succès de l'automne (de toute façon, ça fait longtemps que la roi de pop française se fout des hits parades, normal quand on veut faire de la qualité) mais pour les fans, c'est un joli cadeau pour cette rentrée qui s'annonce blanche et lumineuse. 

    Loïc LT

  • explication d'un texte : un nouveau printemps - Etienne Daho

    Écoutons cette chanson dans le silence de la nuit et alors que le printemps n'a que deux jours. C'est un nouveau printemps ! Je le sens bien à tous points de vue (personnel, professionnel, politique, jardin). L'année 2017 est prometteuse. Mais le printemps qu'évoque Etienne Daho est une métaphore. Ce n'est pas dans le genre du chanteur de faire dans la botanique. 


    podcast

     

    Quand la chance les lâche,
    Frangins à la dérive
    Au merveilleux perdant, se débat dans l'eau vive
     
    Si sauvagement rejeté,
    Nager vers l'autre rive
    Parvenir de l'autre côté,
    Et vivre vaille que vive
     
    Apprendre à coups de crosses,
    Et de cheveux tondus
    Vois les plaies qui scintillent,
    Aux torses des vaincus
     
    Mais si la cause est belle,
    Peu importe le but
     
    Dans la fraîcheur exquise,
     
    De ce nouveau Printemps,
    L'embarcation dérive
    Si sauvagement rejetée,
    De l'une, à l'autre rive
    Parvenir de l'autre côté,
    Ailleurs, enfin revivre
     
    Apprendre à coups de crosses,
    Et de cheveux tondus
    Vois les larmes scintillent,
    Aux paupières vaincues
    Mais si la cause est belle,
    Peu importe le but
     
    Cette chanson, 3e piste de l'album les chansons de l'innocence retrouvée me plait avant tout pour sa musique. On dirait que Daho a voulu composer une musique de film. Il y a du Philippe Sarde là-dedans, c'est indéniable. Du Sarde, version pop. La dimension cinématographique de cette musique est une évidence...et doit ouvrir des pistes quant à la compréhension du texte. 
    A première vue, pris au premier degré, je vois des gens, (des frangins par exemple) tenter de traverser une rivière ou un lac.La partie ne semble pas facile, l'embarcation dérive, on prend des coups de crosses. Il semble qu'il soit compliqué de parvenir de l'autre côté pour vivre un nouveau printemps, c'est à dire une nouvelle vie. 
    Je ne peux que penser aux migrants de Lampedusa ou d'ailleurs. D'ailleurs, si je me dis que c'est un texte sur les migrants, tout colle dans le texte. Un texte engagé donc, rare chez Daho. Certains échouent, voyez les plaies qui scintillent aux torses des vaincus, ces vaincus qui pleurent ne ne pas avoir pu rejoindre l'Eldorado. Mais si la cause est belle (fuir la guerre et la misère), peu importe le but...l'Europe, ce n'est pas le paradis mais ce n'est pas la Libye. 
    Je ne vois que ça et d'un côté, je ne suis pas surpris qu'Etienne soit sensible à ce thème lui qui est natif d'Algérie et en même temps, ça ne colle pas avec le titre de l'album. Ce texte est très dur. On tue des hommes qui veulent rejoindre la liberté. 
    Certains auront la chance de connaître ce nouveau printemps (relatif quand on sait comment on parque les migrants en Europe mais au mieux ils sont en sécurité), d'autres auront essayé et réessaieront et les plus malheureux y laisseront leurs vies. Je ne serais pas surpris que Daho ait lu Eldorado de Laurent Gaudé. Certains passages du roman me font penser exactement à des séquences de ce texte. 
     
    Donc, évidemment, avec un texte d'une telle gravité, serait-ce mal venu de dire que la musique et les arrangements sont superbes ? On peut considérer que c'est un hommage à tous ceux qui ont laissé leurs vies et leurs illusions de l'autre côté de la rive. Ils méritent bien une belle chanson. Et Daho, qui s'engage, c'est quand même une nouveauté.
     
    Loïc LT
  • le malentendu - Etienne Daho

    J’ai des périodes où je n’écoute plus Daho et puis d’autres où je n’écoute que lui. Et il se trouve qu’en ce moment, j’écoute et réécoute son dernier album (sorti en 2013 ) : les chansons de l’innocence retrouvée. On est tous d’accord sur une chose : le titre est mal trouvé. Trop long, pas assez accrocheur (déformation de journaliste Ouest-France, euh pardon de “simple correspondant local -) donc le titre est mal trouvé. L’innocence retrouvée aurait suffi (mais parfois le vide suffit...en tout cas il vaut mieux que la torture). La couverture est provocante et surprend venant de Daho, qui s’il s’affirme comme libertin, est toujours assez pudique dans ses albums et les médias. En surface est le seul tube sorti de cet album et comme par hasard c'est la seule chanson pas écrite par Daho (auteur : Dominique A). 

    Les chansons maintenant. Dans cet album, Daho fait du Daho, c’est à dire de l’auto-psychanalyse. Il le fait depuis cinq ou six albums. C’est assumé sans doute, il a ce besoin de se comprendre et de chercher à analyser les rapports conflictuels dans le couple. Car c’est un fait que depuis corps et armes (son meilleur album qui date de 2000), s’il sait écrire le bonheur de narrer la rencontre (titre l’ouverture...sublime), de chanter l’amour fou, l’essentiel de son propos tourne autour de la difficulté de vivre pleinement l’amour au quotidien. Des dizaines de chansons sont consacrées à ce thème. Ce n’est pas un reproche, c’est un constat (au fait, vous avez remarqué, la plupart du temps quand quelqu’un vous dit “c’est pas un reproche, c’est un constat” et bien, en fait, c’est un reproche. Hors-sujet, passons).

    Je vais ce soir m’en tenir à un titre : le malentendu qu’on trouve dans les chansons de l’innocence retrouvée.


                                 

    Ce qu’il y a de bien avec Daho, c’est qu’on n’a pas besoin de se prendre la tête comme avec une chanson de Julien Doré ou de Alain Bashung (c'est pas un reproche, c'est un constat -). Le texte semble simple et il l'est globalement. Tout est dans le titre. Un couple vit une crise car il n'existe que sur un malentendu et le narrateur décide d’en finir en s’adressant à sa campagne ou son compagnon (avec Daho, on ne sait pas trop mais qu’importe ).

    Combien de couples vivent sur un malentendu (voire même pire sur une incompatibilité d’humeur)  et s’en contentent car ils considèrent que  l’apparence sociale et le confort matériel priment sur l'amour ? Je précise que je ne m’identifie pas à ce texte. Dans tous les couples, subviennent des malentendus mais celui évoqué par Etienne dans ce texte (qui n’est pas exempt de tous reproches notamment quant au choix de certains mots qui font hiatus) est un malentendu fondamental.

    Alors, un soir, il décide d’arrêter la comédietraîner sur le port ce soir, je dormirai dehors, jouer la comédie, je n’y arrive plus.

    Quand je dis que des phrases sont mal choisies, je citerais celle-là : c’est dans les mauvais lits que naissent les mensonges. Elle veut tout et rien dire. Faut-il croire que ce ce couple a débuté sur une histoire de cul (les mauvais lits), c’est à dire de façon superficielle et que donc, le tout est parti d’un mensonge, le mensonge d’une osmose sexuelle d’un soir ou alors je me trompe totalement et la phrase ne veut rien dire ?

    Mais Daho est capable du meilleur comme du pire et autant cette strophe est belle, autant elle me questionne (comme quoi en fouillant comme je le disais tout à l'heure, ce texte n’est peut-être pas si simple qu’il en a l’air).

    Je voyais, dans tes yeux

    La présence du bon dieu

    Des vols d’oiseaux sauvages

    Explosés en plein vol

    Il voit dans les yeux de la personne qu’il n’aime pas la présence du bon dieu. S’il avait dit diable, j’aurais compris mais le bon dieu, pour un croyant comme un pour un athée, le bon dieu n’est pas un reproche. Si ce soir, je dis à Prisca que je vois dans ses yeux la présence du bon dieu, elle va d’abord me prendre pour un fou car elle sait que je ne crois pas en dieu et puis ensuite, elle va presque prendre ça comme un compliment.

    Tu veux rien entendre

    Mais notre grande histoire

    N’est qu’un malentendu

    Lui seul veut en finir avec cette comédie, l’autre ne veut rien entendre et veut poursuivre le malentendu. Voilà qui est clair. En même temps, quand tu vis avec Daho, même si c'est sur un malentendu, t'as peut-être envie que ça dure !

    Et cela se termine par 

    Mais notre grande histoire

    Oui, notre grande histoire

    Née d’un malentendu.

     

    Etienne insiste sur le fait qu’il s’agit quand même d’une grande histoire. Grande histoire, ne veut pas dire “belle histoire”. Quand tu vis, genre dix ans avec une même personne, même si c’est parti d’un malentendu, il s’agit quand même d’une grande histoire, parce que déjà elle a duré dans le temps et ensuite parce qu’il y a forcément eu des moments de bonheur et de complicité. Vivre sur un malentendu ne signifie pas que le malentendu remplit tous les instants de la vie.  

    Pour finir, je vais parler de la musique...car elle est plus belle que le texte. C’est de la pop symphonique et en la matière, Daho est le meilleur. La façon dont les cordes montent en puissance donne des frissons et le tout finit par un déchaînement basses-claviers-batteries mélodiquement agressif pour bien symboliser la destruction de ce couple.

    Je ne crois pas que Daho l’ait chantée en tournée ( que je n'ai pas honoré de ma présence) donc, je pense qu’elle mérite qu’on a parle, même sur un modeste blog. J'ai écouté cette chanson toute la journée pour le plaisir de l'entendre, ces cordes, la voix veloutée de Daho etc et puis en pensant à la note que je pourrais en faire. Je ne demande aucun compliment, je ne suis pas au collège,  ni ici (sur ce blog) ni ailleurs. D'ailleurs, ce n'est pas à moi de juger si ce que j'écris mérite un compliment, en tout cas, si c'est le cas, je m'en passe. J'ai 44 ans et je sais mes forces et mes faiblesses. Daho pourrait écrire des centaines de chansons sur ce thème !

    Loïc LT

  • soirée ciné : La La Land - Damien Chazelle (2016)

    la_la_land-262021831-large.jpgCela commence par un embouteillage sur le périphérique de Los Angeles. Ce sont des bagnoles très colorées  des années 50 mais à l’intérieur des gens utilisent des smartphones. Tout est permis dans les comédies musicales ! Et puis, tout à coup, quelqu’un sort de sa voiture et se met à chanter et à danser entraînant avec lui tous les conducteurs dans une folle danse. On monte sur les capots, un orchestre jaillit d’un camion. Ça démarre fort. On devine tout de suite le clin d’oeil à Jacques Demy (lorsque le cirque débarque à Rochefort) mais c’est le seul. La suite reprend les codes de la comédie musicale mais ce sont des références plus américaines (chantons sous la pluie etc…)

    Je résume vite fait l’histoire car elle n’est qu’un prétexte. Une serveuse rêve de devenir actrice et un fan de jazz rêve d’ouvrir son propre club où l’on joue du vrai jazz et non celui trop pop-rock qu’il n’aime pas. Les deux ambitieux se rencontrent et il y a une histoire d’amour. Les scènes de ménage ne sont jamais bien méchantes. On ne vient pas voir une comédie musicale pour se farcir des scènes de ménage.

    Jacques Demy est ma seule référence en matière de comédie musicale et je crois avoir regardé les demoiselles de Rochefort des centaines de fois . Evidemment, Demy, ça date, les temps ont changé et le réalisateur nous a concocté une comédie musicale moderne, tout en gardant les codes du genre. Ceci dit et c’est ma seule réserve, cette comédie musicale manque ce qui doit en être sa raison d’être : plus de séquences chantées et dansées. Dans les films de Demy, j'adore ces danses improvisées et synchronisées lorsque les passants d'une rue ou la clientèle d'un magasin se mettent à danser. Ici, cela se limite à quelques séquences (la plus belle étant l’intro), pour le reste, ce sont les deux acteurs principaux qui s’en chargent (on saluera au passage l'entrainement que ça a dû leur demander) . Quelques chansonnettes poussées, quelques claquettes (notamment, moment magique, la nuit, sur les hauteurs de Los Angeles) et pour le reste, et bien, on croit regarder une comédie classique. C’’est assumé évidemment mais dommage. Par contre, les fans du genre retrouveront tout ce qui fait le charme de ce type de films : des décors très colorées, toujours de la musique de fond avec plus ou moins de puissance et ici, l’accent est mis sur le happy jazz avec quelques élans symphoniques et évidemment l’optimisme ambiant et l'histoire d'amour un peu mièvre. Il peut arriver des malheurs à Sebastian ou Mia mais l’univers dans lequel ils évoluent rend leurs détresses peu crédibles.

    Il me tarde de réécouter la bande originale écrite par Justin Hurwitz, notamment le titre city of stars, promenade romantique douce comme une nuit étoilée.

    On a besoin de ce genre de films. Je savais à l’avance que j’allais aimer, je savais les frissons et je savais aussi que ce serait moins dur à comprendre qu’un poème de Philippe Jaccottet -)


    La La Land, 2016. film américain réalisé par Damien Chazelle. acteurs principaux :Ryan Gosling, Emma Stone. ma note : 4.5/5. film vu au CGR de Lanester le 02 février 2017

    Loïc LT

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  • un bon morceau de viande

    A 17 ans, Rimbaud pensait qu'on pouvait changer le monde par la poésie :

    Il s'agit d'arriver à l'inconnu par le dérèglement de tous les sens. Les souffrances sont énormes, mais il faut être fort, être né poète, et je me suis reconnu poète. Ce n'est pas du tout ma faute. C'est faux de dire : Je pense : on devrait dire : On me pense. − Pardon du jeu de mots. −
                                   Je est un autre. Tant pis pour le bois qui se trouve violon, et nargue aux inconscients, qui ergotent sur ce qu'ils ignorent tout à fait !

    Moi, à 20 ans, je pensais que la techno allait changer le monde. Je ne le pense plus, je vous rassure mais j'écoute toujours autant ce qu'on appelle plus communément aujourd'hui de l'électro. Et il se trouve que les compositeurs français font partie des meilleurs du monde et que parmi eux, il y a Rone, un type qui ressemble à un étudiant et en tout cas pas à l'idée qu'on se fait d'un dj. Rone, de son vrai nom Erwan Castex est intelligent et curieux de tout (il vient d'ailleurs de faire un concert à la Philharmonie de Paris). Et hier soir, me laissant guider par le flow de deezer, je suis tombé sur un titre du bonhomme. Ce morceau s'appelle Vood(oo).  J'étais allongé et je me serais mis à danser sur le lit s'il n'y avait pas un risque que je casse une autre latte et alors j'ai voulu faire part de cette découverte à un ami des Côtes du Nord et pour une fois je ne voulais pas dire que c'était une "tuerie". Alors, j'ai cherché ce qu'il y avait comme synonyme à "tuerie" et je n'ai rien trouvé de probant. Le moins pire était "boucherie"....alors l'ami en question m'a répondu (il y a encore des gens qui répondent aux textos dans les 5 minutes...si si), qu'il n'avait pas encore "dégusté ce morceau de viande". Et j'ai été pris d'un fou rire dont j'ai fait part à ma femme quand elle est venue me rejoindre et que j'écoutais toujours Vood(oo) en boucle. 


                           

    Je l'ai écouté en voiture dans la journée et ce soir pendant que je cassais de la vaisselle, Chloé est passée par là et m'a dit que c'était pas mal. Rare qu'il y ait connivence entre elle et moi sur les questions musicales. Je me suis donc dit que ce morceau de viande n'était pas anodin...d'autant que passant dans le coin aussi (je n'ai pas le monopole de la cuisine), Prisca m'a demandé ce que c'était et je lui ai rappelé l'anecdote de la veille. Quand Prisca me demande le nom  d'un titre que j'écoute, c'est qu'elle n'y est pas indifférente, d'autant plus étonnant que ce morceau de viande (de sanglier ou de lièvre, en tout cas, une viande bien dure) est bien underground, limite agressif et en tout cas n'a rien pour plaire à quelqu'un qui est hermétique à l'électro. Ayant fini de casser la vaisselle, je me suis mis à danser comme Saint Guy et, effrayée, elle est partie. 

    Donc Vood(oo) que vous le vouliez ou non possède quelque chose de particulier, il dégage une énergie positive et oui, effectivement Olivier, tu ne le savais pas encore mais il se déguste comme une bonne entrecôte ( quand même pas du gibier, n'exagérons pas). 

    Je signale par ailleurs que Rone a travaillé avec Daho (remix raté de en surface par exemple), que je l'ai vu à Rennes aux Transmusicales où il m'a un peu déçu. Il n'a pas peur de porter des jeans informes, comme ceux qu'on trouve dans les coopératives agricoles à 20 balles pièce (il doit s'approvisionner dans le même magasin que Biolay).

    Ça ne veut pas rien dire. − RÉPONDEZ-MOI : chez M. Deverrière, pour LLT.

              Bonjour de cœur,
                                      Loïc LT

  • tentative d'explication d'un texte : de mes sombres archives (Julien Doré)

    Le titre de mes sombres archives clôt l'album & de Julien Doré de la même manière que Corbeau blanc clôturait Love. Les deux titres sont de la même veine, deux textes très forts, torturés, faussement pessimistes et puis surtout, ce sont des morceaux qui sont écrits dans l'optique de terminer un concert et je mets ma main à couper que de mes sombres archives sera le dernier titre joué par Julien lors de sa prochaine tournée. En plus de textes un peu glauques, ils ont comme points communs d'être très forts musicalement avec une montée en puissance enivrante, comme si Julien voulait remercier ses musiciens. "Lâchez-vous les gars, moi, j'ai fait mon boulot".  

    Mais moi, lorsque j'ai pris connaissance de l'album, j'ai tout de suite été saisi par ce titre...de mes sombres archives. Sans même écouter le morceau, l'expression m'a littéralement scotché. Peu importe de quoi il parle dans le texte. Comment personne avant 2016 n'avait pensé à aligner ces quatre mots : de mes sombres archives ? Il y a des évidences qui mettent des années à sortir de la tête des artistes ou des contribuables lambda.

    De mes sombres archives m'évoque tous les fardeaux , toutes les casseroles qu'on traîne, toutes les erreurs etc. Les sombres archives sont une métaphore de tout ce qu'on voudrait effacer de nos vies. J'aime cette métaphore. Au sens propre, ce qu'on archive, c'est ce dont on n'a plus besoin mais qu'il faut garder. Alors quand elles sont sombres, c'est encore pire, cela veut dire qu'il faut ranger tout ce qu'on voudrait effacer. On ne peut pas les jeter, on doit juste les classer. 

    Deuxième strophe : Pris dans les lignes/De mes sombres archives. Je modifie un peu. Je suis pris dans les lignes de mes sombres archives. Les erreurs de mon passé m'empêchent d'avancer car je suis obligé de suivre une même ligne commencée dès ma naissance. 

    Voici le texte de Julien Doré :

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    Je n'ai pas la prétention de pouvoir expliquer un texte de Julien Doré mais celui-là est quand même assez clair. Entre parenthèse, il boucle la boucle. Le titre le lac était une ode à la féminité et à la beauté de la nature mais dans le lac évoqué ici, le chanteur évoque la cruauté de l'homme, et les sombres archives dont il est question représentent les méfaits de l'homme dont les ombres du lac se souviennent. Alors, le narrateur parle au cygne et le prévient de ce dont l'homme est capable mais lui rappelle sa force, qui est celle de pouvoir voler. Dès qu'un homme te regarde, envole-toi de tes ailes lascives, de tes ailes passives....

    Le narrateur rappelle l'ambivalence de l'être humain qui se prend parfois pour un ange, parfois pour de l'acide. C'est le combat entre le bien et le mal, c'est en fait tout simplement au premier degré un poème écologique. Certains se foutent de la protection de la nature quand d'autres en font leur cheval de bataille. Mais c'est aussi un texte sur nos propres dissensions. On est tiraillé par des forces contraires et surtout on doit supporter nos sombres archives.

    Ce texte qui me laisse sans voix est en plus servi par une superbe mélodie. Je ne vous parle même pas du morceau précédent (Caresse), j'en aurais pour la nuit. 

    Loïc LT

    De mes sombres archives.