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littérature anglaise

  • CR291 : l'agent secret - Joseph Conrad

    joseph conrad, littérature, littérature anglaise, londres, roman, roman d'espionnageJoseph Conrad est une grande pointure de la littérature mondiale, je ne sais pas combien exactement mais il devait faire au moins du 47 sur une échelle qui va jusque je ne sais pas combien mais Marcel Proust ou Philip Roth approchant les 50, on peut considérer qu'on ne peut guère aller au delà de 51/52. Moi je chausse du 44 sauf pour mes pantoufles où je prends du 45.

    L'agent secret est donc un roman de cet écrivain anglais du début du XXème siècle et raconte l'histoire de Verloc, un agent secret londonien complètement dépassé par les événements. Il vit avec sa femme Winnie et son beau-frère Stevie un peu attardé dans une rue triste de Londres où le ménage tient un magasin où l'on vend tout et n'importe quoi, surtout rien. L'essentiel tient dans les activités de Verloc, anti-héros en puissance qui pour arrondir ses débuts et ses fins de mois est agent secret pour le compte d'une ambassade quelconque. Dans un premier temps, on ne lui demande que d'infiltrer les milieux anarchistes et révolutionnaires de Londres ce qu'ils parvient à faire sans trop de mal (tout en cachant le tout à sa famille). Ça se complique pour lui lorsqu'on lui demande de passer à l'action et de perpétrer un attentat dans un observatoire scientifique de la capitale et que cela soit mis sur le compte de terroristes d'extrême-gauche. Verloc est un peu tracassé par ce projet mais il continue à vivre sa vie monotone et son amour platonique avec sa femme Winnie. Il s'absente régulièrement à l'étranger et continue à fréquenter les organisations révolutionnaires plutôt endormies. 

    Dit comme ça, ce  roman d'espionnage semble sérieux, le fait qu'un personnage mène une double vie n'est pas une nouveauté littéraire. Son intérêt tient avant tout dans le côté pathétique des protagonistes, que ce soient la famille de Verloc, Verloc lui-même surtout, les pseudo-révolutionnaires plus clownesques que dangereux et les flics que les rivalités internes rendent ridicules et inefficaces. L'ambiance m'a un peu fait penser au roman le mouchard de O'Flaherty lu récemment mais ici tout est plus léger et décalé. Il y a juste  les descriptions de Londres qui sont un peu près crédibles avec ce brouillard et cette pluie à n'en plus finir. Tiens, l'idée me vient que l'agent secret est à la littérature ce que les tontons flingueurs sont au cinéma, c'est à dire qu'on est plus dans le pastiche que dans la volonté de raconter une histoire qui tient la route. Je ne divulgue pas la fin qui est à l'image de l'ensemble : ubuesque et triste en même temps. 

    Mon sentiment général est plus que positif. L'agent secret un roman truculent et désopilant. Je ne sais pas si l'ensemble de l'oeuvre de Conrad est du même tonneau mais si c'est le cas je suis preneur.

    lecture en janvier 2016 sur kindle (en papier = 445 pages) , parution en 1907, traduction française  par Henry-D. Devray, 4.5/5

    Loïc LT

  • CR259 : la mystérieuse affaire de Styles - Agatha Christie

    8603497_1.jpgJe n'avais pas lu un Agatha Christie depuis au moins 25 ans. Je me souviens qu'abonné à la bibliothèque de Languidic, je m'y rendais régulièrement à vélocipède, j'empruntais 2 ou 3 Agatha que je dévorais dans les bois et les champs environnant Berloch, puis je les rendais et en reprenais d'autres. Cela a duré jusqu'à épuisement. Après, je ne me souviens plus ce que je me suis mis à lire ; il y a eut les Maurice Leblanc, les Gaston Leroux, puis les Stephen King je crois puis Zola aussi à cette période-là. C'était vraiment bien. C'était tout un monde qui s'ouvrait à moi. Paradoxalement, en ces temps  collégiens, je détestais le français, j'étais même un des pires éléments de la classe. En quatrième, j'avais une prof qui m'avait pris en grippe. Je ne m'explique pas trop tout cela. 

    Pendant cette période faste, j'avais donc lu la mystérieuse affaire de Styles. D'ailleurs, au bout de quelques pages de cette relecture, certains noms me sont revenus à l'esprit sauf heureusement l'identité de l'assassin. 

    L’atmosphère des romans de Christie m'est toujours aussi agréable même s'il faut mettre de côté l'agacement que peut procurer ces meurtres perpétrés dans la haute aristocratie anglaise pour des raisons d'argent la plupart du temps. Dans celui-ci, cerise sur le gâteau, les faits se déroulent pendant la première guerre mondiale. Le château de Styles Court se situe dans la campagne anglaise profonde et la guerre de tranchées n'est qu'un événement lointain dont les nobles ne se sentent pas concernés. Même si , c'est 'grâce' à la guerre qu'Hercule Poirot se situe dans les parages (de toute façon, partout où Poirot va, un meurtre est commis) puisqu'il a dû fuir la Belgique que les allemands ont annexée. 

    Est-il utile que je raconte l'histoire ? non. Est-ce un bon Christie (c'est d'ailleurs le premier et c'est amusant de voir Hastings, l'ami de Poirot de trouver qu'il est temps que ce dernier prenne sa retraite alors qu'il s'agit de la première enquête de l'Hercule) ? Je le pense. La Mystérieuse affaire de Styles préfigure tout ceux qui vont suivre, il pose les bases, on va dire : présentation de Hercule Poirot et de Arthur Hastings...et puis l'auteur met pour la première fois en oeuvre sa méthode qui consiste à tromper le lecteur jusqu'au troisième degré. Ce roman n'est peut-être pas aussi mémorable que les dix petits nègres ou le meurtre de John Biloot mais comme pilote, c'est déjà une belle  réussite. 

    lecture : avril 2014, kindle, 4/5

    Loïc LT