Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

compte rendu de lecture

  • CR362 : le chat bleu - Sébastien Monod

    lechatbleu.jpgIl y a des livres qu'on ne devrait jamais lire, ceux sur lesquels on ne tombe pas dans les librairies ou chez l'épicier du coin, ceux qui ne sont pas mis en avant sur les sites de vente. Vous me direz, avec 500 livres sortis à la rentrée littéraire, difficile de faire autrement. Donc, j'ai lu celui ci parce que je connais (virtuellement) l'auteur qui est le modérateur d'un groupe Facebook consacré à Etienne Daho. J'avais déjà lu un de ses romans, "rue des deux anges", dont vous pouvez sans doute trouver le compte rendu dans les limbes de ce blog (mais évitez quand même car je n'aimais pas ma façon d'écrire il y a 15 ans - car oui, ce blog a 15 ans).

    Donc ce n'est pas parce que je connais l'auteur que je vais lui envoyer des fleurs. C'est pas le genre de la maison (et je crois qu'il doit le savoir !) Mais objectivement, ce roman est très bon. Le style est limpide, sans effet de style, les phrases sont propres et soignées. L'auteur maîtrise parfaitement l'art du roman. 

    L'action de se déroule en 2045 et comme dans tout roman d'anticipation, la dictature règne (1984, de George Orwell, 2084 de Boualem Sansal, Ravage de Barjavel - plutôt apocalyptique ce dernier - et peut être un peu aussi Soumission de Michel Houellebecq). Des robots ressemblant à des humains assurent la sécurité ou sont utilisés à des tâches subalternes. Des milices contrôlent tous les lieux de passages importants. 

    Trois histoires différentes vont finir par s'imbriquer. Celle des Franciscains d'un couvent de Saorge en Italie  (ou moins j'aurais appris que contrairement à ce qu'on croit, les couvents ne sont pas dédiés qu'aux femmes) où recherche faîte il existe bien un monastère. On y fait la connaissance de Frère Jordan et du jeune frère Émeric. Celle de Elian habitant en Italie et désireux de se rendre en France à Marseille à la recherche de son frère qu'il ne connait pas. Pour ce faire, il s'octroie les services d'un passeur intitulé Vittore. Enfin, nous suivons l'histoire de Lou Baker, une chanteuse de cabaret (le chat bleu) dont le vrai nom est Louise et qui dispose d'un fils qui s'appelle Neil. 

    Sur fond de dictature donc (mais l'auteur n'y joue pas de trop), Sébastien Monod tisse sa toile et l'on devine évidemment où il veut en venir mais sans trop savoir comment. C'est agréable à lire. L'auteur m'a dit qu'il avait dû opérer un important travail de documentation qui lui a demandé plus de temps même que l'écriture, l'écriture qui doit être récente car il est question du Covid44 ! Merde alors, on n'en a pas fini avec ce bordel. Étonnamment, il écrit sur son site : "ce roman, je l’ai commencé lors d’une résidence d’écriture au Monastère de Saorge dans l’arrière-pays mentonnais en 2016 et achevé lors d’une autre résidence d’écriture, cette fois en Camargue en octobre 2018". A-t-il opéré des modifications après ?

    Je ne comprends pas trop la couverture du livre qui représente une moto contre un mur défraîchi. Vittore et Elian se déplacent bien en moto mais en moto électrique, ce qui ne semble pas être le cas de celle sur la couverture. Mais qu'importe, je vous recommande ce roman qui vaut 16€ broché et que 4€ en numérique. Mais s'il vous plait, ne faîtes pas comme moi, achetez le en vrai. Vous pouvez le trouver directement sur son site et vous aurez une dédicace. Je vais peut être l'offrir à Louise Vanaem de Voringhem.  Je vous laisse, on frappe à ma porte, peut-être que c'est quelqu'un. 

    lecture: septembre 2020
    parution le 27 août 2020, édition des deux Anges
    note : 4/5

    Shako 

  • CR361 : Broadway - Fabrice Caro

    fabricecaro.jpgJe ne vais pas faire de résumé, ça ne sert à rien et on le trouve partout. Ce roman de Fabrice Caro paru cet été dans la collection "sYgne" de Gallimard est un véritable coup de cœur. 

    Axel, le narrateur fait partie de la classe moyenne supérieure (je ne sais plus comment on appelle ça en sociologie, CSP+, non ?). Il est le "chef" d'une famille normale avec deux enfants en pleine crise d'adolescence. Le fil rouge du roman constitue la réception d'un courrier de la CPAM lui demandant de se soumettre à un dépistage cœlioscopique afin de détecter un éventuel cancer de la prostate (ou du colon, je sais plus). Mais il est surpris car il n'a que 46 ans et logiquement, c'est envoyé aux hommes de plus de 50 ans. Moi, en tout cas, j'ai 47 et j'ai rien reçu. (Je n'envisage même pas d'avoir 50 ans un jour). Axel se pose des questions existentielles à propos de ce courrier comme il s'en pose à propos de tout. Tout le gonfle dans cette vie faite de convenances où il faut toujours faire bonne figure. Il habite dans une cité pavillonnaire cossue et ses voisins sont envahissants, notamment ceux de droite qui décrètent des choses sans demander l'accord d'Axel et sa femme Anna, genre, on se fait un apéro une fois par trimestre chez l'un et chez l'autre et il va de soit qu'Axel aime le whisky alors qu'il déteste alors il doit à chaque fois en boire et même quand il invite chez lui, il doit en acheter aussi. Et ces voisins envahissants ont décrété qu'on irait cet été en vacances ensemble à Biarritz pour faire du paddle, idée qui horrifie Axel. On n'ose pas dire non. Tout est comme ça dans la vie sociale. On ne peut pas sortir des sentiers battus. 

    Je me suis retrouvé un peu dans Axel qui se demande par exemple pourquoi les caissières portent un badge avec leur prénom. Personnellement, j'en ai fait mon parti. Quand je passe en caisse, je dis "bonjour Nadine" ou "bonjour Albertine". Parfois elles sont surprises ! Mais il faut bien que ce foutu badge serve à quelque chose. Le gala de danse de sa fille qui revient tous les ans est également une corvée parce que c'est à chaque fois un peu bâclé mais il ne faut pas le dire. J'ai connu ça aussi. Et son fils qui fait des dessins érotiques dans lequel il met en scène ses professeurs. Et évidemment, ça tombe sous la main d'un prof. Axel doit s'expliquer et s'excuser au nom de son fils. Peut-être faudrait-il qu'il voit un pédiatre...évidemment...couru d'avance. 

    Roman totalement délirant, l'auteur se moque et pilonne cette vie sans aspérités. Ça m'a fait penser à une chanson en duo de Souchon et Voulzy intitulé "il roule, les fleurs du bal" (vidéo ci dessous). Surtout la fin que je vais évidemment pas vous divulguer. Partir dans la nuit, Partir comme ça, Cette envie,Tout le monde l'a....

    Perso, malgré moi, j'ai connu cette vie pendant dix huit ans...que j'ai quitté quand même à regret. Je ne suis sans doute pas aussi sévère qu'Axel parce que je réalise ce que j'ai perdu. Je mets un bémol quand même. Rien ne trouve grâce aux yeux d'Axel. Ça fait un peu too much. Mais à lire ! Fou rire garanti toutes les trois pages. 

    lecture septembre 2020, kindle

    date de sortie : août 2020, Gallimard.

    note 4.5/5

    Shako. 

      


                                                           

    Morne est son cœur
    Et sans raison
    Vers cinq heure
    Il quitte la maison
     
    Il démarre
    Sans raison
    Comme aspiré par
    L'horizon
     
    Peut être l'amour
    Peut être la vie
    La tombe du jour
    Ou simplement l'ennui

    Partir dans la nuit
    Partir comme ça
    Cette envie
    Tout le monde l'a
     
    Larmor-Baden
    Guingamp
    Dehors le noir de la plaine
    Et puis le noir dedans
     
    Il part, il part
    Comme s'il allait quelque part
    Laissant là, dans la salle
    Sur le sol éparpillées
    Les fleurs du bal
     
    Dans l'axe est son moteur
    Il décolle
    Son accélérateur
    Le console
     
    Les guitares qui jouent fort
    Dans son cockpit
    Lui sont d'un réconfort
    Amniotique
     
    Il roule, il roule
    Comme les larmes…
    Qui coulent
    Laissant là, dans la salle
    Sur le sol éparpillées
    Les fleurs du bal
  • CR360 : histoire du fils - Marie-Hélène Lafon

    mhl.jpgCe roman m'a un peu dérouté et j'étais tellement à la ramasse au bout de trois lectures (ça se lit vite, hein, une heure environ) que j'avais demandé à ma sœur Louise Vanaem de Voringhem de faire ce compte rendu à ma place. Mais ça aurait été stupide alors je m'y colle avec les moyens du bord. Marie Hélène Lafon c'est quand même pas Claude Simon. Et puis, c'est moi qui cherche midi à quatorze heures, ce roman n'est pas compliqué.

    Ça déroule sur un siècle (le XXème) et ça raconte l'histoire d'une famille du Cantal ou du Lot ( toujours chez Marie Hélène Lafon) notamment la fratrie, Paul et Armand, jumeaux et Georges qui sont élevés par leur mère apparemment jamais nommée, le père, la tante Antoinette qui partira  une fois l'amour trouvée mais il reste la tante Marguerite "qui n'a ni mari, ni maison, ni enfants", Amélie. Nous sommes en 1908. Paul et Armand ont six ans et les parents tiennent un hôtel-restaurant à Chanterelle. En 1919, Paul va faire ses études à Aurillac. Il a 15 ans. Son frère Armand est mort très jeune après avoir été ébouillanté dans un lac. Un jour, à l'école, Paul Lachalme (à priori, nom de sa famille) qui est l'internat se sent très mal. Il a la gorge en feu, il tousse et suffoque, le covid19 sans doute.  Emmené à la pharmacie, il fait la connaissance de l'infirmière Mademoiselle G.Léoty de son prénom Gabrielle et de 16 ans son aîné. Le couple secret "monte" à Paris et fonde un enfant, André, le fameux fils que Gabrielle confie à sa sœur Hélène, étant devenue parisienne. 

    Je n'irais pas plus dans la résumé mais il aidera peut-être ceux qui par le fait, d'une narration non chronologique s'y sont un peu perdus. Personnellement, n'ayant plus toutes mes neurones et ayant coincé à la première lecture, j'ai décidé de tout le relire mais de façon chronologique. D'ailleurs, me suis-je dit, quel intérêt de ne pas respecter la chronologie si ce n'est pour Marie-Hélène Lafon de faire un effet de style comme aiment bien le faire les écrivains français ?

    Ensuite, le XXe siècle se déroule, avec ses deux guerres. André "Léoty" cherche son père, devenu notaire à Paris et qui doit aller se planquer dans un trou perdu pour avoir collaboré avec l'ennemi. Est-ce bien ça, Louise Vanaem de Voringhem ? Bon, comme je disais, je ne vais pas rentrer dans les détails. André est "un secret de famille" comme on dit et MHL, auteure discrète est publiée chez la non moins discrète maison Buchet°Chastel pour être sûre de ne pas avoir le prix Goncourt. Dans l'Express, elle n'est pas dans le top20 des ventes mais elle a son public et notamment Louise Vanaem de Voringhem. Il y a quelques années, je suis allé la voir lors d'une rencontre avec ses lecteurs à Larmor-Plage et je crois lui avoir posé une ou deux questions. Mais quand est-ce que vous allez enfin quitter le Cantal bon sang de bonsoir !

    Pour le reste, j'ai trouvé le roman trop court (103 pages) surtout pour raconter l'histoire d'une famille sur un siècle. C'est pour ça d'ailleurs que l'écriture est ramassée, comme pressée d'en finir. Bah oui, pourquoi faire 400 pages quand on arrive à tout dire en 100 pages ?

    lecture,septembre 2020 sur kindle

    Buchet°Chastel, sorti le 20 août 2020

    Shako

  • CR338 - leurs enfants après eux : Nicolas Mathieu

    Quand j'ai suspendu ce blog, je mettais mes comptes rendus sur Facebook. Je vais tranquillement les rapatrier ici. Je remets en premier celui là que ma soeur qui veut connaître mon avis, vient de lire et que je vous conseille. Prix Goncourt  2018

     

    CR338 : leurs enfants après eux (2018) - Nicolas Mathieu
     
    leursenfantsaprèseux.jpgLe prix Goncourt est largement mérité pour ce roman fleuve qui raconte le quotidien de quelques protagonistes dans une petite ville de l'est de la France dont les derniers hauts fourneaux se sont arrêtés il y a peu et qui laisse des milliers de familles dans la précarité et l'obligation de se trouver un avenir. L'action se situe dans les années 90 et est rythmée en fonction des grands moments musicaux et sportifs de la décennie. On suit le quotidien d'une jeunesse plus ou moins défavorisée en manque de repères qui doit se battre par tous les moyens pour s'en sortir. Anthony est sans doute le plus souvent cité et le plus attachant lui dont le père a subi de plein fouet la fermeture de Metalor, qui sombre dans l'alcoolisme et qui divorce. Autour d'Antony qui a 14 ans au début de l'histoire, gravitent toute une jeunesse globalement dans la panade. Le cannabis, les filles, les bastons, l'alcool, les études ou pas, les petits boulots sont le quotidien de Hacine, Steph, Clem, Anthony et les autres, quotidien dont l'équilibre tient beaucoup à l'origine sociale des parents. Anthony-Stéphanie est un peu le couple charnière autour desquels gravitent tous les autres.
    C'est une splendide chronique des années 90 dans une ZUP en reconstruction. Le tout est assez sombrement banal mais la plume de l'auteur est directe, crue et ne passe pas par quatre chemins. C'est du Zola version 1990 sans les descriptions inutiles. Chez Nicolas Mathieu, tout est dit au bon moment et tombe sous le sceau de l'évidence. Ce roman social se termine avec la liesse de la coupe du monde de football 1998, comme une promesse de lendemains meilleurs. On quitte à regret tous ces personnages. Après la vie des parents, vient celle des enfants, leurs enfants après eux, enfants que l'on quitte jeunes adultes avec plein d'interrogations pour la suite…
     
    Lecture : janvier 2019
    sur papier, Actes Sud, 426 pages
    note : 4.5/5
     
    Loïc LT
  • CR316 : la chambre des époux - Eric Reinhardt

    la chambre des époux.jpgJ'adore Eric Reinhardt autant qu'il m'agace mais l'éblouissant Cendrillon sorti en 2007 (à propos duquel il dit qu'il ne pourra jamais rien écrire de mieux) fait que je lui excuse beaucoup de choses. Et avouons que cet écrivain secoue un peu le doux ronronnement de la littérature française d'aujourd'hui de part l'ambition de ses romans, leurs constructions et les thèmes toujours très proches de l'actualité qu'il y développe. 

    Figurez-vous la chambre des époux. Il évoque dès le début un roman qu'il aimerait écrire qui s’appellerait une seule fleur mais qu'il ne va pas écrire car il a d'autres projets. Faute de l'écrire, il nous en explique la trame...qui constitue quasiment tout le roman la chambre des époux ! Plutôt cocasse comme "dispositif" comme il dirait. ER s'amuse volontairement avec les codes romanesques et avec ses lecteurs. C'est un fait que l'écrivain n'est pas un amateur du récit banalement chronologique et qu'il profite des libertés qu'offre l'art romanesque quitte à dérouter et à provoquer des mises en abyme vertigineuses (et pardon si c'est un pléonasme). L'autre  caractéristique des romans de ER est toujours se mettre en scène (à part peut-être dans le système Victoria, j'ai un doute), faisant donc de l'autofiction dans ce qu'elle a de plus noble. Il y a donc une base de vrai et ensuite on ne sait plus trop. Ce qui est vrai dans ce récit, c'est que l'écrivain a appris le cancer du sein de sa femme Margot alors qu'il était loin d'en avoir fini avec Cendrillon, que Margot a survécu à ce cancer. Après ce ne sont que conjectures mais ce qui fait 80% de la chambre des époux, c'est à dire une période de la vie de son fils (ou pas) Nicolas (compositeur et chef d'orchestre de génie...) constitue de la pure fiction, c'est justement ce une seule fleur qu'il ne veut pas écrire. Donc, il écrit un roman qu'il n'écrira jamais !

    Le cancer est omniprésent dans ce roman mais il est narré comme un drame autant que comme une bénédiction. C'est la cancer qui donne à l'auteur la force de finir Cendrillon  et c'est le cancer de Marie qui va pousser Nicolas  à se rapprocher d'elle et lui écrire un requiem ( évidemment plus beau que celui de Fauré ou de Dvořák...mais pas celui de Mozart) au risque de briser son propre couple mais il joue franc jeu annonçant à sa femme Mathilde qu'il va la quitter provisoirement pour aller au chevet d'une mourante. 

    J'ai le sentiment que Eric Reinhardt a voulu exorciser par l'écrit ce drame qui l'a touché de près. Alors sans doute, il en fait trop, trop de superlatifs, trop de tout mais en dehors de cet aspect, on ne lui enlèvera pas cette énergie romanesque qu'il parvient à insuffler à ses romans. 

    Des citations, je pourrais vous en mettre plein mais moi qui adore le pot-au-feu, je veux juste vous restituer ce passage parce que je veux parler du pot-au-feu (que ma femme m'a promis de refaire très vite, je regarderai comment elle fait cette fois-ci et je l'aiderai) :

    La savoureuse odeur d'un pot-au-feu cuisiné par Mathilde et mijotant doucement dans sa marmite voluptueuse et argentée embaume l'appartement. C'est plat préféré de Nicolas [...] et c'est lui-même qui le matin, au marché, a fait part  à Mathilde de son envie de pot-au-feu. 

    lecture sur liseuse Kindle en septembre 2017,  Editions Gallimard , parution août 2017. note : 4 / 5

    Loïc LT

  • CR315 : sur les chemins noirs - Sylvain Tesson

    sur les chemins noirs.jpgTout le monde s'imagine seul avec son baluchon tel Rimbaud sur les routes ardennaises (Mon unique culotte avait un large trou. - Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course, Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse. - Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou... ), avec quoi dedans,en tout cas sans thunes et personne qui ne t'attend nulle part. Et bien, si c'était le cas pour moi, je ferais le trajet ouest-est en longeant la Loire et en rejoignant Paris à la confluence de la Seine et de la Marne et je rejoindrai l'est, sans forcément suivre le cours de la Marne comme JP Kauffmann mais en prenant des chemins noirs ainsi que les appelle Sylvain Tesson qui dans se récit relate sa marche initiatique des Alpes vers le Cotentin. 

    L'idée est d'éviter autant que faire ce peut la civilisation (les routes, les métropoles...), ce qui l'appelle donc les chemins noirs, qui correspondent pour moi aux routes jaunes (c'est ainsi que jadis on nommait une route non bitumée située deux cent mètres devant la maison familiale et qui  servait juste à faire passer les tracteurs et les vaches, routes qu l'administration appelle des chemins d'exploitation). Son intention est de retrouver de l'authenticité deux ans après avoir fait l'imbécile en tentant d'escalader le mur de la maison d'un ami après avoir pris un coup de pied de barrique. Dans son périple, il dort soit à la belle étoile, soit sous sa tente Quechua, rencontre des paysans d'un autre temps et des âmes égarées, s'arrête dans des cafés de campagne pour boire de l'eau. 

    Entre deux bois, je lançais mes cris d'amour aux vaches et obtenais un parfois un long "meuh" en réponse. A Saint-Sévère, je lus la presse dans un soleil huileux. Les nouvelles du monde  n'étaient pas pire que d'habitude. Après tout, quand Attila avait débarqué avec des Huns sur les rives de la Loire, la situation n'avait pas dû être plus enviable qu'aujourd'hui.

    Et à Ardentes, au bord de l'Indre, il se demande :

    Les rivières ont-elles la nostalgie des sources ? 

    Alors qu'en même temps, Julien Doré surenchérit dans mon écho  " où vont le silence des rivières ? ", question que je ne comprends pas car une rivière est rarement silencieuse.

    Sylvain Tesson, le visage déformé par l'accident, prend plaisir à passer ses nuits à la belle étoile. " Le bivouac est un luxe qui rend difficilement supportables, plus tard les nuits dans les palaces". 

    A la fin du périple :

    Toute longue marche a ses airs de salut. On se met en route, on avance en cherchant des perspectives dans les ronces, on évite un village, on trouve un abri pour la nuit, on se rembourse en rêves des tristesses du jour. On élit domicile dans la forêt, on s'endort bercé par les chevêches, on repart un matin électrisé par la folie des herbes hautes, on croises des chevaux. On rencontre des paysans muets.

    Et pour finir

    La France changeait d'aspect, la campagne de visage, les villes de forme et la marée montait autour de notre tente, demain il s'agirait de ne pas traîner. Une seule chose était acquise, on pouvait encore partir droit devant soi et battre la nature. Il y avait encore des vallons où s'engouffrer le jour sans personne pour indiquer la direction à prendre et on pouvait couronner ces heures de plein vent des nuits dans des replis grandioses. 

    Il fallait les chercher, il existait des interstices.

    Il demeurait des chemins noirs.

    De quoi se plaindre ?

     

    Ce récit me fait penser un peu aux expériences de François Maspero ( les passagers de Roissy Express), aux travaux de Raymond Depardon et évidemment au périple de Jean-Paul Kauffmann le long de la Marne...et puis aussi à l'essai de Philippe Vasset cherchant à Paris des zones blanches, autant d'auteurs que j'ai évoqués sur ce blog pour le meilleur ou pour le pire (je parle de moi).

    lecture sur liseuse Kindle en septembre 2017,  Editions Gallimard , parution octobre 2016. note : 4 / 5

    Loïc LT

     

  • CR314 : une vie française - Jean-Paul Dubois

    une vie française, Jean-Paul DuboisJean-Paul Dubois est fan de l’auteur américain Philip Roth (qui n’a jamais obtenu le Nobel de littérature ce qui est scandale quand on sait que le chansonnier de bazar, Bob Dylan l’a obtenu) et cela se ressent dans ce roman (qui est sans doute un peu autobiographique).

    Le parti pris de l’auteur a été d’associer la vie de ses protagonistes à celle de la vie politique française. D’ailleurs, les chapitres sont découpés en ce sens. On part de Gaulle pour finir en cour de mandat de Jacques Chirac. Tout commence au lendemain de la guerre à Toulouse. Le narrateur, Paul Blick est le fils d’un garagiste concessionnaire Simca et d’une mère corrigeant des articles de presse.

    Ensuite, bien que modeste et désabusé , Paul vit mille et une vies. Un temps rockeur, un temps journaliste, un temps photographe etc etc, sa vie suit le cours de l’histoire. Pleinement acteur des événements de mai 68 et donc ultra gauchiste dans l’âme, comme beaucoup dans son cas, il se voit rattrapé par la vie réelle au point de vivre après plusieurs liaisons avec une fille patronne inflexible d’une boite vendant des piscines à l'international. Par ailleurs, en sa qualité de photographe, il publie deux livres à succès sur le thème des arbres qui le mettent à l’abri de tout souci financier.

    Mais tout ce qui brille n’est pas or. Paul a du mal à se jeter dans ce monde ultralibéral à mille lieux de ses idéaux. Il trompe sa femme, Anna, comme il apprendra sur la fin qu’elle le trompait aussi et n’avait que faire de ses piscines.

    Finalement, tout part à vau l’eau (décidément, je n’ai pas de chance avec mes romans d’été). Après la mort accidentelle de sa femme, il est au bord de la banqueroute devant payer les dette laissées par son épouse. A la fin, il finit jardinier à son compte (après avoir été un vendeur de best sellers).

    On sent bien la patte de Phillip Roth dans ce roman mêlant la grande et la petite histoire. Son seul défaut est de manquer de crédibilité. Songez par exemple que Paul, non seulement devient millionnaire après avoir photographié des arbres (ce qui enlève au héros son côté français moyen) mais en plus il reçoit un coup de fil de Mitterrand lui demandant une série de photos ce qu'il refuse par idéologie. Ça en fait trop pour en faire un roman du genre “règne animal”. A l’actif, c’est un beau panorama de notre société de l’après-guerre jusqu’aux années Chirac et surtout rappelle le sérieux retournement de veste comme beaucoup de soixante huitards, d’un mec qui finalement accepte de plonger corps et âme dans le bain du libéralisme tout en étant conscient de ce rétropédalage.

    Le drame pour le narrateur, c’est que dans cet univers économique impitoyable où la famille pourrait servir un peu de garde-fous, il n’y trouve que conflits politiques (avec ses parents dans un premier temps) et avec Anna, ouvertement de droite mais dont la fin funèbre fait semer le doute.

    Des drames, de l’adultère, de la politique, le train-train quotidien (mais tumultueux souvent)...Jean-Paul Dubois fait évidemment du Philip Roth à la française dans un style simple et chronologique. Ce roman qui a reçu plusieurs prix (Fémina et Fnac) date de 2004 et nous replonge sans nostalgie dans la deuxième partie du XXème siècle avec ses francs et ses petits garages au coin de la rue.

    lecture : juillet 2017, éditions de l’Olivier, parution 2004. note : 4 / 5 (oui j’en ai marre de mettre de 4.5/5)

    Loïc LT 

  • CR313 : règne animal - Jean-Baptiste Del Amo

    règne animal.jpgComme ce blog est fermé, j’ai écrit ce que je pensais de ce bouquin sur Facebook mais il existe encore des réfractaires à ce réseau social. Ceux qui sont contre Facebook savent son côté pratique mais leur opposition est avant tout idéologique. On dit qu’on n’est pas sur Facebook comme on dit qu’on n’a pas la télé. C'est trop mainstream. Comparaison ne vaut pas raison mais quand tu veux traverser la France en voiture, tu as le choix entre prendre les autoroutes ou prendre les autres routes. Si t’es pressé et que t’a pas envie d’observer le paysage, tu prends les autoroutes. Par contre, si tu as tout ton temps, c’est mieux de prendre les petites routes, de traverser les petits bourgs, d’emprunter les voies cernées par les champs de  vigne ou de tournesol. Et bien Facebook, c’est l’autoroute, aires de repos comprises.

    Voilà qui est dit, qui est hors-sujet et donc injuste à l'égard de ce  roman de Jean-Baptiste Del Amo qui est une totale réussite. Auréolé du prix livre Inter 2017 (y’a des prix de merde mais pas chez Radio France), il m’a été conseillé par une libraire de Vallon Pont d’Arc, ville située non loin de la grotte Chauvet dont ma famille a visité la réplique mais pas moi parce que je fais mon museau de cochon quand il s’agit de réplique, copie parfaite soit-elle. On en fait trop pour protéger les grottes ornées d’autant que visites humaines ou pas, elles sont promises à la disparition, comme toute chose.

    Mais je m’égare encore. “Règne animal” raconte l’histoire d’une exploitation agricole (qui deviendra exclusivement porcine, d'où le museau de cochon ah ah ah -) tout au long du XXème siècle avec cependant un grand bon en avant puisqu’on passe des années 20 au début des années 80 d’un chapitre à l’autre. Ce grand écart est cependant bien géré par l’auteur qui revient sur l’entre deux régulièrement. Ce roman est avant tout naturaliste et donc un peu une version moderne de “la Terre” de Zola. Comme le stipule le titre, l’animal règne, l’homme en est tributaire au point d’en prendre les habitudes (saleté, sexualité, instinct primitif…). Du Zola aussi parce que la famille dont il est question et qui habite près du bourg de Puy-Larroque (qui n’existe pas mais qui semble se situer plutôt vers le sud, en tout cas loin de Triqueville dans l'Eure) et dont le récit couvre 5 générations, porte en elle les gènes de la folie et accessoirement de l’alcoolisme dont certains échapperont et d’autres moins tout en devenant fous quand même lorsque l’un revient défiguré de la Grande Guerre et d’autres sont complètement dépassés par l’élevage de porcs hors-sol vus l'impératif de rentabilité et les contraintes sanitaires qu'il nécessite. Autre trait de caractère de cette famille : l'absence de sentiments. Les hommes copulent et  crèvent comme copulent et crèvent les cochons. 

    C'est avant tout le roman d’un effondrement. A la fin, il ne reste rien. Je ne vais pas rentrer dans les détails (en parlant de détail, le roman est très cru, et on a l’impression de sentir le cochon en quittant le livre) mais il reste juste un enfant (et son arrière-grand-mère, fil conducteur de l'ensemble un peu comme la centenaire Adélaïde Fouque dans les Rougon-Macquart), le dernier de la lignée dont on sait ce qu’il peut devenir, seul rescapé de la fuite en avant dans laquelle s’est engouffrée sa famille. Si on rajoute les ravages du cancer, de l'illettrisme, on dispose d’une belle palette de la misère humaine.

    En tout cas, je ne sais pas qui est cet auteur mais il décrit cet élevage de porcs avec une telle précision et un tel sens du détail qu’on se demande s’il n’a pas passé 3 ans dans une porcherie avant de commencer à écrire. Ou il est du milieu mais j’en doute.

    Alors, comme je le dis (trop) souvent, âmes sensibles s’abstenir. Une chose est certaine, Jean-Baptiste Del Amo, s’il garde cette verve et cette envie de décrire l’humanité sans cacher ce qu’elle a de plus sombre (même en se cantonnant  à la France) est promis à un grand avenir.   

    lecture : juillet 2017,  édition Gallimard, 419 pages, parution : 2017, note 4.5/5

    Loïc LT

    ps : corrections à venir

  • CR312 : Balazuc, mémoires de pierres - John Merriman

    5151HPWVFQL._SX328_BO1,204,203,200_.jpgJ’ai dit que ce blog était fermé, je n’ai pas dit que je n’allais plus l’alimenter. C’est comme quelqu’un qui tient un bar. Il peut le fermer mais continuer à y errer et se boire des bières. Bon, comme c’est fermé, je peux me lâcher.

    Cette première quinzaine de juillet, nous sommes allés en famille dans un gîte niché au cœur du petit village de Balazuc, creusé à flanc de falaise au bord de l’Ardèche. A notre arrivée, les propriétaires nous ont gentiment accueilli et à tout hasard, je leur ai demandé s’ils possédaient de la documentation sur le village. Quelques jours plus tard, Franck est revenu mais je n’étais pas là, il a transmis un livre à ma fille en lui disant que ce n’était pas le livre qu’il voulait me prêter mais que celui-là ferait l’affaire.

    Et pour cause ! Je ne sais pas quel autre livre il avait en tête mais après la lecture et après des recherches, je n’ai pas repéré d’autres bouquins sur Balazuc. Il s’agit d’un essai un peu autobiographique écrit par John Merriman, un écrivain américain, amoureux de la France (de son histoire surtout) et qui est tombé sous le charme de ce village improbable au point d’y acheter une maison dans les années 80.

    J’ai littéralement dévoré ce récit très documenté dans lequel en racontant l’histoire de ce petit bourg, de la révolution à la fin du XXème siècle, l’écrivain en profite pour nous rappeler l’histoire de la France des campagnes, de ses petits villages loin de Paris, tirant parfois bénéfices, parfois pas de la Grande Histoire via l’industrialisation,  les deux grandes guerres et un point sur lequel l’auteur s’arrête beaucoup : les écoles de Balazuc tiraillées entre les fervents d’une école catholique et tenants d’une école républicaine. Les anecdotes sont nombreuses, les différents entre le curé et le maire (quand ce dernier était républicain) faisant inexorablement penser à Don Camillo ! On frise parfois le roman.

    Mais en dehors d’être devenu l'un des "100 plus beaux villages de France” et donc une attraction touristique,  Balazuc  a subi le même sort que bien d'autres villages reculés que ce soit Persquen ou Triqueville: l’exode rural a vu sa population fondre. Aujourd’hui, il reste quelques commerces ouverts qu’en été (sauf un)  mais la plupart des volets restent fermés. Quelques vrais Balazuciens y vivent encore mais l’essentiel des maisons sont des résidences secondaires.

    Je pourrais vous parler de l’élevage du ver à soie dont Balazuc a pleinement profité car les mûriers sont peu exigeants et les terres autour du village sont aussi rocheuses que les allées du bourg, de ses vignes, de sa garrigue environnante, ses arbres desséchés et le chant assourdissant des cigales, de la construction du pont enjambant l’Ardèche voulu par un député de la IIIème république afin de bien faire comprendre à ces irrésistibles Ardéchois les profits qu’ils pourraient tirer de la république au détriment de la monarchie et de l’obscurantisme catholique. Je pourrais vous dire beaucoup de choses sur Balazuc pour y avoir vécu quelques jours et pour avoir lu ce récit. Dommage que ce blog soit fermé -)

    Et cerise sur la gâteau, j’ai eu la chance de rencontrer l’écrivain qui m’a accueilli à bras ouverts et m’a invité à revenir deux jours plus tard avec ma famille. J’ai pris l’apéro le plus copieux de ma vie. Il parle très bien le Français mais comment en serait-il autrement quand on a donné des cours dans les universités françaises ?  C’était une chouette rencontre. John Merriman possède l’accent américain, fait un peu dans la démesure mais il est imprégné de culture française, ce qui en fait un personnage attachant.

    Si tous les américains étaient aussi curieux qui lui, ils n’auraient pas voté pour un charlot (que John Merriman honnit, va sans dire).

    lecture : juillet 2017,  édition Tallandier : 368 pages, parution : 2002 et en Français en 2005, note 4.5/5

    Loïc LT

  • CR310 : l'insouciance - Karine Tuil

    41zBmpIu7WL._SX339_BO1,204,203,200_.jpgFrançois Vély est un riche entrepreneur en communication  et s’apprête à fusionner avec une société américaine. Tout roule en apparence pour lui mais sa vie publique cache une vie privée chaotique. Deux fois divorcé, sa seconde épouse s’est défenestrée. Il vit actuellement avec Marion Decker, une journaliste free-lance qui couvre les zones de conflit. Et puis, surtout, il met un point d’honneur à cacher ses origines juives, ce que son père avait déjà fait en changeant le nom Lévy et Vély. Pour couronner le tout, Thibault, un des enfants de François se radicalise et reproche à son père de renier sa judéité.

    Sa vie amoureuse avec Marion est complexe mais cette dernière apprécie le luxe et l’insouciance que lui procurent la richesse de son mari. Ce qui ne l’empêche pas de tomber amoureuse de Romain Roller, un soldat qui revient d'Afghanistan et qui doit rester quelques jours dans le ‘sas de décompression” de Chypre. Romain est meurtri par la violence à laquelle il a assisté sur le terrain mais le couple est fusionnel, sexuellement avant tout.

    Parallèlement, on suit l’histoire de Osman Diboula, un black des quartiers chauds de Paris, porte-parole des insurgés lors des émeutes de 2005. Cette mise en lumière lui permet d’intégrer l’Elysée où l’on cherche à faire dans la diversité. Osman vit avec Sonia, la plume du président. Le couple est beau, noir, on les appelle les “Obama” de l’Elysée. Mais Osman ne supporte pas que ses origines soient la raison de son succès. Il est évincé par l’Elysée après que le président ait décidé de droitiser son discours et de se lancer sur le thème de l’identité nationale.

    Il est clair que les personnages de ce roman “documentaire” (je sais, je le dis souvent) et très bien renseigné sont les avatars de Nicolas Sarkozy, Patrick Buisson, Xavier Niel etc.

    Le titre l’insouciance peut surprendre. Est-ce une antiphrase tant le monde dans lequel vivent tous ces gens est violent (dans les mots et parce que la guerre ) ou bien peut-être, c’est vrai, calfeutrés l’un, dans sa cour d’ivoire et d’autres dans le palais de l’Elysée n’ont pas réalisé que le pire était à venir et que le terrorisme islamiste ne serait pas vaincu par quelques actions armées.

    Dans ce roman brutal et sans fioriture, l’auteure n’a pas oublié l’intimité des protagonistes, directement touchés par les éléments extérieurs. Les couples se déchirent emportés par la violence du monde dont ils sont à leurs façons des acteurs. Soldat, journaliste, chef d’entreprise...plus on avance dans la lecture, plus on pressent le pire, le pire que peut-être donc tous ces gens n'avaient pas pressenti...l'insouciance

    On n’apprend rien de ce qu’on sait déjà du terrorisme mais ce roman permet de voir les choses de l’intérieur et non de façons superficielles et spectaculaires tels que traitées par les journalistes de BFMTV.

    Je pourrais reprocher son manque de valeur littéraire. Mais il est évident que l’auteure ne pouvait traiter ce roman d’actualité autrement. Sinon, je lui trouve des accointances dans le style et dans les "obsessions" (sexe, étude du couple, mondialisation) avec Eric Reinhardt, l'un de mes écrivains français préféré. 

    Il faut saluer la force de ce roman qui décrit le monde d'aujourd'hui et son impact sur la vie de ceux qui en sont les acteurs. Il n’y a pas de manichéisme, les choses sont dites telles qu’elles sont. Un roman comme celui-là vaut plus que mille article de presse. Mon rêve : que Karine Tuil m'accorde un petit entretien pour l'espèce de blog ( mais très fréquenté depuis quelques semaines !)

    lecture : janvier 2017 (liseuse kindle). édition papier : 528 pages, éditeur : Gallimard. parution le  18 août 2016.

    ma note 4/5

    Loïc LT 

    (corrections ortho à venir)