Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • week end à se demander que lire.

    285937071_L.jpgJ'ai passé tout ce weekend pluvieux à me demander ce que j'allais lire (ayant fini le Jonathan Coe vendredi soir) et j'avais dans ma pile Solal d'Albert Cohen, deux simenon, et après de Guillaume Musso (c'est juste pour vérifier un truc) et ce dimanche soir, je décide enfin...ce sera la nausée de Jean-Paul Sartre que j'avais abandonné il y a quelques mois aux alentours de la soixantaine de pages. Et je ne veux pas m'avouer vaincu...et en plus, ce roman n'était ni difficile ni inintéressant, c'est qu'au printemps, j'ai fait une sorte de mini-déprime et je n'arrivais à rien, pas même à lire.

    Alors, je reprends la nausée..mais je me suis demandé si je le reprenais où je l'avais laissé. Et en fin de compte, non, je le recommence au départ car je n'ai plus qu'un vague souvenir du début.

    Quel week end !

     

  • Eric Chevillard - best of estival

    chevillard.jpgson blog ici

    Ce sont les voisins surpris par le silence et l'inactivité qui ont finalement – mais bien tardivement – donné l’alerte. Ô indifférence coupable de ce monde égoïste ! En forçant la porte du donjon, les gendarmes ont découvert le squelette de la princesse. Le décès remonterait au XIe ou XIIe siècle. (24.07.09)

    Il invite tout le monde à venir voir dans quelle austère et parfaite solitude il s'est retiré. (24.07.09)

    La pornographie, répétons-le, dévoie gravement la sexualité des jeunes qui s'imaginent en visionnant des films que ces pratiques et ces postures constituent les figures imposées de l'étreinte amoureuse, tout comme d'ailleurs le roman dévoie gravement leur vie sentimentale en leur faisant accroire que le romantisme est le secret de la relation amoureuse alors que celle-ci commence en réalité comme nous le savons tous par une bonne fellation et se termine par une sodomie brutale suivie d'une éjaculation faciale. (21.07.09)

    L’accident l’a complètement défiguré. C’est à peine si l’on devine encore sa laideur passée. (17.07.09)

    Il demeure convaincu que s’il n’avait pas absorbé un tranquillisant avant le départ, son avion se serait crashé. (09.07.09)

    Leurs seiches sont décongelées, leurs huîtres laiteuses, leurs soles rugueuses... voilà pour la poissonnerie Hennequin. Ils n'avaient qu'à me livrer à l'heure dite ma commande de crustacés et ne pas opposer à mes justes récriminations le front stupide de la plus revêche de leurs vendeuses. C'était oublier donc que je dispose d'une page quotidienne assez fréquentée où peut sans délai s'accomplir ma vengeance. Tremblez, abuseurs, voisins, méduses, critiques ! (31.07.09)

    Ce bon à rien se flatte effectivement d'exceller en toute chose. (31.07.09)

    Voici L’autofictif, un recueil de citations prédécoupées, obligeamment servies à l’étudiant et au critique sans le contexte romanesque mollasse, filasse et gluant duquel ils doivent ordinairement les extraire. (08.07.09)

     

    ... et tant d'autres pensées du même acabit sur le blog l'autofictif. Epoustouflant.


  • CR108 - Candide - Voltaire

    candide.jpgrésumé : Candide nous conte les mésaventures d'un voyageur philosophe qui affronte les horreurs de la guerre et les sanglants caprices de la Nature ; qui connaît les désillusions de l'amour et découvre les turpitudes de ses semblables, faisant à l'occasion l'expérience de leurs dangereuses fantaisies. Pourtant si l'homme est un bien méchant animal et si l'existence n'est qu'une cascade de catastrophes est-ce une raison pour que le héros perde sa sérénité et le récit son allégresse ? Sous la forme d'une ironique fiction, Candide propose une réflexion souriante sur l'omniprésence de la déraison qui puise sa force aux sources vives d'une expérience humaine, celle de l'auteur. Candide, on l'a dit, ce sont les Confessions de Voltaire, et c'est en cela qu'il nous émeut.

    Mais ce roman d'apprentissage est aussi - et peut-être surtout - un festival merveilleusement ordonné de drôlerie et de fantaisie sarcastique, ruisselant d'un immense savoir maîtrise qui ne dédaigne jamais de porter le rire jusqu'au sublime. C'est en cela qu'il nous éblouit et qu'il nous charme.

    mon avis : Je n'ai pas grand chose à dire sur ce récit que j'ai lu entre deux trains, entre deux portes, entre deux avions qui m'emportent, entre New-York et Singapour , ma pensée fait comme un détour...euh non, alors oui, il me fallait un court roman pour une journée de transition, un court roman avant le colosse zone de Mathias Enard (dont j'aurais plaisir à vou parler dans le prochain cr). Dans ces cas-là, je choisis souvent un Modiano mais là, c'est Candide que j'avais sous la main (et puis, Raphael Enthoven n'est pas étranger non plus à cette envie de le lire (ou relire, l'ai-je déjà lu? )).
    Candide est lu. Me suis bien amusé. Et puis autrement, j'ai toujours su qu'il y avait du Pangloss en moi. Une forte dose même.

    conte philosophique, paru en 01/1759
    lecture du 14/07 au 15/07/09
    Pocket, 154 pages
    note : /
    à venir : zone, Mathias Enard

  • grippe aviaire : un décès à Brest.

    grippe aviaire : un décès à Brest.

    C'était l'un des deux gros titres présents sur les affichettes de ouest-france qu'on trouve devant les maisons de la presse. Le titre laisse peu de place au doute : la grippe aviaire vient de faire sa première victime. J'ai vu ça ce matin en allant au boulot et j'ai été étonné évidemment puisque, bien que me foutant éperdument de l'actualité, je m'étais quand même laissé dire que la grippe a n'était en fin de compte pas si dangereuse, qu'elle ne nécessitait même pas d"hospitalisation.
    Etonné donc..mais sceptique avant tout.
    Scepticisme confirmé par un collègue qui ayant écouté les infos le matin m'apprend que en fait, non, la personne qui est morte était effectivement grippée mais qu'elle est décédée d'une autre maladie plus grave. Confirmation à midi en lisant l'article même du ouest-france (j'ai du prendre sur moi mais bon).
    Donc voilà un exemple flagrant de l'état du journalisme aujourd'hui en France. On ment impunément pour entretenir la peur parce que la peur fait vendre. Combien de gens voulant en savoir plus sur ce décès ont acheté le journal ? Pas mal je pense. Et puis, ces mêmes gens ayant été rassurés après la lecture de l'article ont gentiment refermé le journal et basta.

    Tout est comme ça avec les journalistes de ce début du XXIème siècle (parce qu'à mon avis, ils sont pire qu'avant et mondialisation oblige c'est pareil dans tous les pays) : faire peur, noircir le tableau et pour ce évidemment mentir, mentir et encore mentir. Le pire c'est qu'ils sont tous pareils, pas un pour rattraper l'autre..même France Culture que j'écoute régulièrement ne fait pas différemment. Ce sont les journalistes qui sont les premiers responsables de la crise économique, du réchauffement climatique, des émeutes en banlieue...parce que comme disait ce joli proverbe (J. et J. Tharaud, la randonnée de Samba Diouf) :

    "- c'est une fable que tu nous as racontée, dit avec mépris le berger Peuhl
    - oui, répliqua le chasseur de crocodiles, mais une fable que tout le monde répète ressemble fort à la vérité"

  • CR107 - septentrion - Louis Calaferte

    Livre+-+Calaferte+-+Septentrion.jpgquatrième de couverture : ... Elle ouvre la porte. Éteint la lumière derrière elle. Elle reste sans bouger, dans l'encadrement, présentée, offerte... les cheveux noirs coulants, déployés autour de sa tête, sur les épaules découvertes dans la robe à grands ramages qui glisse le long de son corps, pelure de tissu soyeux presque de la couleur de sa peau bronze. Elle est belle... Elle attend. C'est un tel abandon, une telle offrande de sa présence que cela me trouble, me semble étrange, insensé, fascinant et pur comme la première approche du couple au seuil des noces. Je la porte, je l'encercle dans mon regard... A la vue de cette femme, quelque chose de moi se déchire...

    mon avis : Qui connaît Louis Calaferte ? hein, qui ? pas grand monde en fait. Et c'est vraiment triste. Encore que, je fais mon malin là mais il y a encore quelques mois, ce nom m'était totalement inconnu. Et il a fallu que l'on m'offre un de ses livres pour que je découvre le bonhomme (décédé en 1994) et sa plume. Et si pendant tant d'années, je suis passé entre les mailles du filet, j'accuse, j'accuse qui je sais pas. le système peut-être.
    Dans Septentrion, le narrateur, qui vit à Paris (dans les années 60) ne pense qu'à deux choses : baiser et bouffer. Quand il ne copule pas, il mange et quand il ne mange pas il copule. Et le lecteur a la droit aux détails les plus crus  de ces deux activités ô combien humaines. Il bosse bien dans une usine de temps en temps mais de moins en moins ; il faut dire aussi que le type, qui gribouille quelques pages à ces heures perdues projette d'écrire un livre et que ses amis l'encouragent dans cette voie. Mais en attendant, en plus de l'encourager, il leur faut aider financièrement l'artiste maudit.
    La relation avec la hollandaise Mlle Van Hoeck (qui occupe la première partie du livre) est désopilante en même temps que pathétique et les parties de jambe en l'air sont décrites avec beaucoup de réalisme..on s'y croirait ! tout comme les heures plus difficiles où le narrateur erre dans les rues de Paris, à la recherche d'un lit pour dormir et de quelque nourriture.
    Je me suis attaché à lui malgré sa moralité qui peut laisser à désirer mais au fond qui est-il si n'est un épicurien qui veut Vivre pleinement, un existentialiste athée et qui s'assume comme tel ? ..(encore que, il ne cesse d'invoquer le christ mais je n'ai pas bien compris si c'était sincère ou purement provocateur). Certains diront qu'il n'est qu'un parasite, un boulet pour la société. D'un point de vue matérialiste certes, mais uniquement de ce point de vue puisque pour le reste, voyez l'oeuvre qu'il laisse à la postérité !
    La plume de Calaferte est très vivante, étourdissante presque. Un mélange de Céline et de Sollers. Avec comme couleur personnelle chez Calaferte, un argot parisien bien maîtrisé et qui côtoie de grandes envolées lyriques...
    Ce livre plus ou moins autobiographique (?) a été écrit au début des années 60 et fut censuré pendant plus de vingt ans avant d'être enfin republié chez Denoel en 1984.
    Pour amateurs de sensations fortes.

    Louis%20calaferte.jpgextrait (p274) : Presque personne dans le compartiment. Heures creuses de la matinée. Mon regard se porte instinctivement sur une paire de jambes qui pend d'une banquette. La jupe courte s'arrête aux genoux. Fille entre les deux. Brune. Elle bouquine. Je m'installe sur le siège vide en face d'elle. La trique en l'air presque aussitôt. Ce qui démontre que j'en ai bougrement besoin. Vue de près, elle est ordinaire. Maigrelette approchant de la trentaine, mais je ne suis pas en position de chicaner sur la marchandise. N'importe quel cul fera l'affaire. Je n'arrive pas à voir ce qu'elle lit. Ça me servirait d'entrée en matière. Travaillons le sujet. J'avance une jambe, prudemment. Pas de réaction. Ni pour ni contre. Je me glisse légèrement en avant sur mon siège de façon à me retrouver encadrant ses jambes entre les deux miennes. Pression des genoux. Elle abaisse son livre, me regarde bien en face et hausse les épaules comme on a dû lui dire de faire avec les hommes entreprenants dans le métro. Elle a moins de trente ans ou alors elle ne les paraît pas. Je bande cette fois comme un vieil ours, sérieux. Quelques mots sur la lecture en guise d'amorce. Elle se garde de répondre. Prenant un nom d'écrivain qu'elle risque de connaître, du genre scribouilles qui posent leur fiente un peu partout, je brode allègrement, en termes choisis, qu'elle comprenne que je ne suis pas le premier venu. Ce mal que je me donne pour une pimbêche de second ordre, qu'en temps normal je n'aurais même pas gratifié d'un regard. La faim fait sortir le loup. Une faim d'ogre, si je puis me permettre la comparaison.

    roman, paru en 03/1990
    Folio, 436 pages
    lecture du 11/07 au 14/07/09
    note : 4/5
    à venir : Candide, Voltaire

  • Doëlan, c'est pas la zone.

    Je suis littéralement amoureux de ce petit port qui se situe dans le Finistère à 20 mns de Lorient. Pour qui, pourquoi je ne sais pas puisqu'au fond, dans son genre pittoresque, il ressemble à bien d'autres petits ports bretons (comme St-Goustan par exemple). Mais Doëlan a quelque chose de particulier, un petit truc en plus..et surtout il n'est pas envahi par les touristes. Je suis assez surpris d'ailleurs puisque beaucoup de gens connaissent Doëlan et à chaque fois que ce nom apparait dans une discussion, il s'en suit tout un tas de superlatifs, tout le monde trouve Doëlan charmant, pittoresque, magnifique etc.
    Alors, évidemment quand on y va, on peut s'attendre au pire..et ce n'est pas le cas. Pas de cohue..des visiteurs quand même bien sûr, mais des visiteurs gentiment éparpillés et qui prennent le temps de vivre et de ressentir l'endroit.
    J'y suis retourné hier soir. Aucune difficulté à se garer. Petit resto sur la rive gauche. Promenade.
    A Doëlan, le temps suspend son vol.
    J260720091913.jpg

    260720091893.jpg
    260720091905.jpg