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éric chevillard

  • le Chevillard du jour (11.10.2011)

    Comme je quittais hier matin la halte-garderie après y avoir déposé Suzie, je vis s’avancer à travers la cour d’un pas rapide, vêtu d’une sorte de treillis et armé d’un lance-flammes ou d’un bazooka, un de ces jeunes déséquilibrés qui s’introduisent dans les crèches ou les écoles pour y faire un carnage. De gros écouteurs sur ses oreilles complétaient sa panoplie de geek incapable de distinguer le bien du mal, le réel d’un jeu vidéo. Un monstre d’insensibilité et d’amoralisme, pur produit de notre société. L’horreur en marche.

     

     

    Outre ma fille, une douzaine d’enfants se trouvaient à l’intérieur du bâtiment, sous la surveillance de trois ou quatre dames. Il y avait urgence. Pour éviter la tragédie, et quitte à y laisser ma peau, je devais intervenir, maintenant. Comment pourrais-je vivre avec le remords de n’avoir rien tenté ? Je me jetai sur l’individu.

     

     

     

    Et les puéricultrices eurent toutes les peines du monde à me ceinturer tandis que j’enfonçais dans la gorge de ce malheureux cantonnier municipal le canon de son souffleur de feuilles.

     

    l'autofictif

  • Le Chevillard du dimanche

    La police vient de démanteler un réseau d’enfants gérontophiles qui s’échangeaient des fichiers dérobés à des hospices et des maisons de retraite. Certains de ces gamins, informés du vieillissement du corps clérical, s’étaient même faits enfants de chœur pour abuser de la faiblesse de prêtres cacochymes et leur mâchouiller ignominieusement les oreilles et le menton dans l’ombre propice des sacristies.

    l'autofictif


  • tant pis pour Bret

     La lecture d’American psycho, le roman le plus célèbre de Bret Easton Ellis était l’occasion pour moi de découvrir ce célèbre auteur américain..mais rien n’y fait, après trois semaines à lire à peine une page par jour, je me vois tenu d’arrêter les frais au bout d’une soixantaine de pages. Car non  seulement, je n’arrive pas du tout à m’intéresser à l’histoire de ce golden boy psychopathe mais c’est surtout l’atmosphère des années 80 qui me gonfle, ce culte de l’argent, du business et de la consommation outrancière (car comme je l’évoquais dans la note précédente, je suis contre la société de consommation -). Je devine que c’est justement pour critiquer cette société financière qu’il l’a décrit avec tant de précision..mais j’ai déjà lu ce genre de roman (Jay Mcinerney, Don de Lillo) et c’est pas le moment, c’est tout.

    Je profite de cette petite note nocturne pour retranscrire une petite chevillarde très amusante (et je rappelle que Eric Chevillard poursuit son blog autofictif..et c’est toujours le même régal tous les matins aux petit dej) :

    Les chaînes H et M, Gap, Comptoirs des cotonniers, Promod, Pimkie, Caroll, Jennifer, Etam et Princesse tam-tam manifestent une inquiétude grandissante suite aux OPA de la librairie Au plaisir de lire de la littérature pointue qui rachète une à une leurs enseignes et leurs boutiques pour s’y déployer sauvagement.

     

    loïc lt, 23:50

  • Chevillard en plein dans le mille (suite)

    "Il peut être le meilleur des hommes, un type que tout le monde apprécie, avenant, généreux, il suffit qu’il marche un peu trop lentement devant moi sur le trottoir étroit où je veux aller vite, il n’est à cet instant qu’un importun qui aurait mieux fait de ne jamais naître."

     

    son blog

     


  • CR139 : la nébuleuse du crabe - Eric Chevillard

    v_2707319686.jpgLa nébuleuse du crabe ne constitue  pas vraiment un roman. Le livre se compose en effet de 52 chapitres indépendants mettant tous en scène un "type" qui s'appelle Crab (je mets des guillemets parce qu'il arrive que Crab ne soit pas vraiment humain). Le monde dans lequel il évolue est plutôt surréaliste et même quand il a une assise un tant soit peu réaliste, tout peut s'effondrer à tout moment. Le lecteur doit s'attendre à tout.
    C'est drôle et ingénieux. Il y a à picorer là-dedans pour épater la tablée dans quelque réunion de famille.
    Mais (je fais mon Zemmour qui envoie d'abord des fleurs pour pouvoir mieux pilonner ensuite)...
    Mais j'ai trouvé que la nébuleuse du crabe manquait d'homogénéité. Le livre refermé, je me suis dit "et donc ?". J'aurais eu le même sentiment si j'avais lu un livre de citations d'une traite. Chaque citation vaut le détour mais le tout ne signifie rien. Heureusement l'auteur a eu l'idée de faire court (123 pages). Je n'aurais pas supporter 10 pages de plus. Mais c'est un petit livre qu'il doit être bon de ressortir de sa bibliothèque pour en lire quelques séquences prises au hasard.
    Ceci dit, comme mes huit lecteurs assidus l'ont remarqué, je suis un grand fan de Chevillard puisque le matin, après m'être soulagé et avoir allumé la cafetière, la première chose que je fais est de consulter son blog dans lequel l'auteur perpétue l'esprit de la nébuleuse du crabe.

    Extraits au hasard :

    N'ayant pas écouté le bulletin météorologique faisant état du froid intense qui règne sur le pays, et des pluies ininterrompues, Crab sort de chez lui en chemisette et profite tout l'après-midi d'un grand soleil estival, par ignorance, exactement. Il pourrait se tenir un peu au courant de l'actualité. (p36)

    Ainsi, le prix Nobel de physique a été décerné au professeur Y pour ses remarquables travaux sur la désintégration fulgurante, tandis que Crab doit se contenter cette année encore du prix Nobel de la paix, ayant dérobé puis détruit les plans de la terrible invention du professeur Y.
    (p22)

    Les avis d'Antoine et de Lutain

    roman, paru en 1993
    éditions de minuit, 123 pages
    lecture du 13/01 au 17/01/2010
    note : 4/5
    à venir : bella ciao, Eric Holder

  • Eric Chevillard - best of estival

    chevillard.jpgson blog ici

    Ce sont les voisins surpris par le silence et l'inactivité qui ont finalement – mais bien tardivement – donné l’alerte. Ô indifférence coupable de ce monde égoïste ! En forçant la porte du donjon, les gendarmes ont découvert le squelette de la princesse. Le décès remonterait au XIe ou XIIe siècle. (24.07.09)

    Il invite tout le monde à venir voir dans quelle austère et parfaite solitude il s'est retiré. (24.07.09)

    La pornographie, répétons-le, dévoie gravement la sexualité des jeunes qui s'imaginent en visionnant des films que ces pratiques et ces postures constituent les figures imposées de l'étreinte amoureuse, tout comme d'ailleurs le roman dévoie gravement leur vie sentimentale en leur faisant accroire que le romantisme est le secret de la relation amoureuse alors que celle-ci commence en réalité comme nous le savons tous par une bonne fellation et se termine par une sodomie brutale suivie d'une éjaculation faciale. (21.07.09)

    L’accident l’a complètement défiguré. C’est à peine si l’on devine encore sa laideur passée. (17.07.09)

    Il demeure convaincu que s’il n’avait pas absorbé un tranquillisant avant le départ, son avion se serait crashé. (09.07.09)

    Leurs seiches sont décongelées, leurs huîtres laiteuses, leurs soles rugueuses... voilà pour la poissonnerie Hennequin. Ils n'avaient qu'à me livrer à l'heure dite ma commande de crustacés et ne pas opposer à mes justes récriminations le front stupide de la plus revêche de leurs vendeuses. C'était oublier donc que je dispose d'une page quotidienne assez fréquentée où peut sans délai s'accomplir ma vengeance. Tremblez, abuseurs, voisins, méduses, critiques ! (31.07.09)

    Ce bon à rien se flatte effectivement d'exceller en toute chose. (31.07.09)

    Voici L’autofictif, un recueil de citations prédécoupées, obligeamment servies à l’étudiant et au critique sans le contexte romanesque mollasse, filasse et gluant duquel ils doivent ordinairement les extraire. (08.07.09)

     

    ... et tant d'autres pensées du même acabit sur le blog l'autofictif. Epoustouflant.