résumé : Une colline: superbe, couverte de maisons de luxe. Un drame: Lisa est retrouvée noyée dans le lac après une soirée pas très claire. Evy, son frère, quatorze ans, mutique et énigmatique, pourrait bien être responsable. N'importe où ailleurs, les choses seraient vite réglées. Sur la colline, royaume de l'apparence, les façades cachent d'invraisemblables malentendus... Après un détour par la forme brève qui avait abouti au superbe Frictions, Philippe Djian revient au roman avec une force nouvelle, une précision et une invention plus personnelles que jamais.
Philippe Djian, c'est toujours un peu la même chose et c'est sans doute pour ça qu'on l'aime : dans un pays imaginaire mais qui fait plutôt penser auxStates, une histoire familiale abracadabrante avec des personnages cinglés, shootés aux anxyolytiques et à la sexualité libérée, des jeunes qui ne respectent rien et en tout cas pas leurs parents, des réceptions qui se finissent lamentablement, des bitures monumentales, des accidents domestiques, des suicides ou des meurtres toutes les cinquante pages. Des catastrophes climatiques et j'en passe et des meilleurs. Tout ça n'est pas crédible mais c'est divertissant à souhait. L'écrivain fait en sorte que le lecteur ne s'ennuie jamais. Le style est concis, fluide, direct et colle à l'action.
On adhère ou on n'adhère pas. Perso, j'adhère.
Et au même titre que Kundera, Zola ou Echenoz, Djian fait partie des écrivains dont j'ai envie de tout lire.
Ce roman en particulier est vraiment très réussi et son héros Evy Trendel, très attachant.
Je mets 4.75/5, ce que je n'ai jamais mis pour la crise de fou rire, cette nuit, à 2 heures du matin.
lecture du 19 au 24.05.09
Roman. Paru en 02/2005
note : 4.75/5
à venir : Moïra, Julien Green.
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lecture en cours : "impuretés", Philippe Djian
Dans impuretés, page 76, il est question de bambous :
Au retour, elle s'arrêta chez Dany Clarence. Elle gara la Subaru à l'écart, à l'abri de hauts bambous qui se balançaient dans l'air tiède.
Bon sang, mais c'est quoi cet écrivain qui parle de bambous sans préciser la variété -)) Je dis ça parce qu'à côté de ça, Djian va jusqu'à donner la marque d'un aspirateur (qui n'appartient même pas à un protagoniste de l'histoire). Ça se passe page 187 :
Il était aux environs de midi. On entendait un aspirateur qui ronflait - le Tornado HP7000 en l'occurence -, le moteur d'une tondeuse à gazon dans le lointain, d'une tronçonneuse dans les bois, le chant ricanant d'un pivert qui tambourinait dans les feuillus.
Et page 102, une pensée 100% djianesque :
Les femmes étaient ainsi : autant elle couchaient facilement pour rien, autant elles rechignaient à coucher pour quelque chose.
lecture jubilatoire s'il en est.
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Extrawelt, c'est vraiment extra !!
Ces deux mecs sont des dieux..ceci dit il y en a forcément un qui l'est plus que l'autre. Soopertrack s'écoute sans fin, comme un aboutissement à quelque chose. Métaphysique à souhait.Ça fait deux ans que j'ai découvert ce titre et ça fait deux ans qu'il est entré dans mon quotidien, qu'il est devenu la bande originale de ma life et qu'il me berce dans les moments de détente. Après, autour de moi, beaucoup me disent 'bof'. Et bien, c'est bof pour toi peut-être, mais pas pour moi. Je n'y peux rien. T'es fan de Bob Dylan alors je peux rien pour toi.
Extrawelt, c'est vraiment extra !!
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fou de bambous (5) : le Phyllostachys nigra
J'ai planté un Phyllostachys nigra mais je ne le montre pas car il n'a aucune allure et je ne sais pas bien s'il en aura un jour. Un pépiniériste me l'a quasiment donné tellement il avait honte de vendre un truc pareil. Alors, je vais quand même le bichonner. On ne sait jamais, avec les bambous il faut s'attendre à tout. Avec le secret espoir qu'il donne quelque chose comme le spécimen sur la photo.
L'espèce de blogger souhaite un bon weekend à ses trois lecteurs.

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CR92 - treize mille jours moins un - Didier da Silva
présentation de l'éditeur : Sam vit à Marseille mais surtout avec son piano et son chat, Francisco Goya, dit Judas. Des sons subtils qu’il tire de son piano et de la présence douce et têtue de son chat. Sam raffolait des gnocchis jusqu’au jour où il ne les a plus supportés. Sam regarde le ciel comme un espace vide. Sam aime la pluie. Sam entretient des rapports ambivalents avec Marseille. Sam se sent éternellement touriste. Sam parle peu. Sam tousse quand il fume. Sam est douillet. Sam a peur de l’eau. Sam fait des cauchemars. Sam fréquente les lavomatics. Sam ne sait pas quoi faire de son poisson mort. Francisco Goya dit Judas, le chat, est intrépide. Ou maladroit. En tout cas, il tombe de la fenêtre pendant que la pédale du piano se casse.Voici la vie de Sam, racontée dans ce roman de l’infime dont la musique est l’un des personnages. D’une écriture sensible, Didier da Silva construit un anti-héros attachant et vaguement agaçant, comme peuvent agacer les miroirs. Un personnage qui habite sa vie d’une drôle de manière, toute en distance et en observations. On suit ses déambulations urbaines et ses défaites, narrées avec humour. On devient le voyeur satisfait de la douce cruauté de la vie quotidienne. Sam a peur de son ombre et nous, peur qu’il ne disparaisse une fois le livre refermé, tellement on s’habitue à sa présence, comme s’il avait toujours existé en voisin discret. Mais c’est le destin des personnages.
mon avis : petit bouquin sympa qui se lit tranquillement et qui fait découvrir, à travers le regard un peu blasé mais très lucide de Sam, un autre Marseille, un Marseille secret, un Marseille des petites et un Marseille sous la pluie aussi, puisqu'il faut arrêter avec les clichés, il pleut de temps en temps à Marseille.
87 pages, c'est court mais suffisant pour reconnaître à Didier Da Silva, un certain talent pour dire l'indicible, le néant dans lequel nos quotidiens sombrent parfois.
et page 73, le narrateur se demande : Son profond désintérêt pour la marche de la société était-il le signe de sa sagesse ou d'un manque de vigueur intellectuelle ?
Dommage qu'on n'ait pas la réponse car j'aurais aimé l'avoir. Est-ce l'écrivain qui s'interroge à travers Sam.
Et en quoi, peut-on se désintéresser de la marche de la société par sagesse ? Car cela sous-entend que plus on est sage (au sens philosophique du terme évidemment), plus on se désintéresse du monde ? Or on aurait tendance à penser le contraire.
Cette question m'interpelle parce qu'à titre perso, je me fous de plus en plus ce qui se passe dans mon pays et dans le monde. Et pourquoi ? J'ai un début de réponse. C'est que ma vie personnelle me prend tellement de temps que je n'arrive plus à m'intéresser à ce qu'il y a en dehors de mon monde. Alors qu'ado et dans ma vingtaine d'années, c'était différent. J'avais tout mon temps pour essayer de comprendre et d'analyser ce que je voyais autour de moi puisque ma vie personnelle ne concernait que l'entretien de ma petite personne. C'est juste un début de réponse, qui m'éloigne du sujet mais qu'il me tenait à coeur de préciser.
éditions Léo Sheer, 89 pages
parution :5/11/08
lecture du 17 au 19 mai 2009
note : 3.5/5
à venir : impuretés, Philippe Djian (?)