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  • cessation d'une lecture

    290420102936.jpgDepuis déjà une dizaine de pages, j'avais perdu le fil et là, parvenu à la page 110, j'en étais au point où les phrases défilaient sans que j'arrive à comprendre ce qu'elles voulaient me dire..Alors, j'ai bu une gorgée de café, j'ai pris le livre de la main droite et je l'ai balancé par terre, côté passager là où règne un bordel indescriptible composé de journaux, de piles usagées, de paquets de biscuits vides, de trognons de pommes et autres fruits comestibles. Je l'ai balancé comme ça avec dédain. Et puis, je me suis senti beaucoup mieux après. Quand je suis rentré  dans l'usine, on me trouvait un sourire niais. Quelqu'un m'a même dit que j'avais l'air d'un catholique en extase devant la statue de la Sainte Vierge.
    Adieu, tailleur de Panama.

  • Stephen Shore (suite)

     

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    Cette photo me fait penser à une scène de Paris-texas lorsque l'amnésique sorti de nulle part, après s'être arrêté quelques heures dans une espèce de bar perdu au milieu de nulle part,  reprend son périple et qu'il se fait rejoindre par son frère (?) et ce dernier lui demande où il va, qu'il n'y a rien à faire dans cette direction.

    Et puis, alors, ces nuages, ce qu'ils sont beaux. Comment ont-ils pu arriver dans ces endroits dévolus au ciel infiniment bleu..

    Quelques poteaux électriques (puisqu'il faut bien envoyer le courant vers ces motels et fermes isolés qu'on trouve ici ou là), une chaine de montagne tout au fond (il y en a tout le temps dans ce type de photo) et il y a fort à parier que plus ou avance vers elle plus elle s'éloigne).

    En plus de Paris-Texas, un gros air de Bagdad Café également..va sans dire.

    Peut-être que par cette route, on arrive ici :

     

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    Mais pas sûr.
  • la croisée des chemins...

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    Il s'agit d'une photographie de Stephen Shore, un photographe américain qui aime photographier les endroits périphériques, péri-urbains ou que sais-je encore. Je suis attiré par ce type de photos. Celle-ci a été prise en 1976..mais j'ai envie de dire qu'importe tant il parait clair qu'en 2010, une photo prise au même endroit ne serait pas différente. A moins qu'en 2010, il y a possibilité de tourner à à droite. Que dire d'autre ?

    (c'était juste une note pour faire patienter mes trois lecteurs...)

  • CR157 : l'année de l'éveil - Charles Juliet

    9782070308347.jpegprésentation de l'éditeur : Un petit paysan qui n'avait jamais quitté son village se retrouve un jour enfant de troupe. Dans ce récit, il relate ce que fut sa seconde année de jeune militaire, une année de découvertes et de bouleversements, qui le verra mourir à son enfance et s'éveiller à des réalités et des énigmes dont il ignorait tout.
    La faim, le froid, les bagarres, son avide besoin d'affection, l'admiration qu'il voue à son chef de section, sa passion pour la boxe, les sévices que les anciens font subir aux bleus, la découverte de l'amour avec la femme de son chef, le sadisme de certains sous-officiers, la nostalgie qu'il a de son village, de sa chienne et de ses vaches, ses quinze jours de cachot, son renvoi de l'école puis sa réintégration, la hantise de mourir à dix-huit ans, là-bas, dans ces rizières où la guerre fait rage…, c'est le récit d'une entrée en adolescence, avec ses révoltes et sa détresse, ses déchirements et ses ferveurs.
    Ce livre a été porté à l'écran par Gérard Corbiau, sous le même titre.

    mon avis : Depuis que je tiens l'espèce de blog (visité quotidiennement par 5 courageux), j'ai lu quelques autobiographies parmi lesquelles l'âge d'homme de Michel Leiris dont j'avais apprécié le verbe et le haut niveau d'introspection et plus récemment un roman français de Frédéric Beigbeder que j'avais aimer sur le coup mais qui aujourd'hui avec le recul, me semble quand même assez anecdotique (surtout à côté de celle que je viens d'achever). Je connaissais Charles Juliet par quelques interview (notamment chez Laure Adler récemment sur France Culture) et je trouvais le type  intéressant, modeste (mais presque trop), posé et surtout il me donnait le sentiment d'être très exigent avec la littérature . L'année de l'éveil confirme cette exigence. Le verbe y est juste, les phrases sont belles. Mais ce qui suprend le plus dans ce récit, c'est la précision avec laquelle l'auteur arrive à restituer des événements et des impressions datant de plus de trente ans (l'action se déroule dans les années 50 et  l'année de l'éveil a été publié en 1989). Certes, tout cela doit être un peu romancé mais la performance reste quand même remarquable. Un modèle d'autobiographie.
    C'est à peu près tout ce que j'ai à dire, la présentation de l'éditeur disant à peu près tout.
    Par ailleurs, Charles Juliet publie régulièrement une sorte de journal de bord où il doit quoi, je ne sais pas trop mais je suis assez tenté également par cette lecture (et j'ai sous la main lambeaux, récit qui rend hommage à sa mère).

    autobiographie, parue en 1989
    folio n°4334, 287 pages
    lecture du 10.04 au 14.04.2010
    note : 4.5/5

  • photo inédite d'Arthur Rimbaud

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    Depuis une demi heure, je regarde attentivement cette photo inédite d'Arthur Rimbaud dégotée dans une brocante par deux libraires parisiens (qui vont maintenant se disputer par avocats interposés pour savoir à qui elle appartient vraiment). Inconsciemment, sans doute, je cherche dans ce regard des clés pour comprendre les illuminations. Si un jour, je les trouve, j'en parlerai ici évidemment (en 2040 peut-être).

    Pour en savoir plus  : ici

    Promontoire

    L'aube d'or et la soirée frissonnante trouvent notre brick en large en face de cette villa et de ses dépendances, qui forment un promontoire aussi étendu que l'Épire et le Péloponnèse, ou que la grande île du Japon, ou que l'Arabie ! Des fanums qu'éclaire la rentrée des théories, d'immenses vues de la défense des côtes modernes ; des dunes illustrées de chaudes fleurs et de bacchanales ; de grands canaux de Carthage et des Embankments d'une Venise louche ; de molles éruptions d'Etnas et des crevasses de fleurs et d'eaux des glaciers ; des lavoirs entourés de peupliers d'Allemagne ; des talus de parcs singuliers pendant des têtes d'Arbres du Japon ; les façades circulaires des "Royal" ou des "Grand" de Scarbro ou de Brooklyn ; et leurs railways flanquent, creusent, surplombent les dispositions de cet Hôtel, choisies dans l'histoire des plus élégantes et des plus colossales constructions de l'Italie, de l'Amérique et de l'Asie, dont les fenêtres et les terrasses à présent pleines d'éclairages, de boissons et de brises riches, sont ouvertes à l'esprit des voyageurs et des nobles qui permettent, aux heures du jour, à toutes les tarentelles des côtes, et même aux ritournelles des vallées illustres de l'art, de décorer merveilleusement les façades du Palais-Promontoire.

     

  • Eric Chauvier : l'anthopologue qui achève la crise

    La%20Crise2.jpgDepuis que je suis en âge de raisonner, j'ai toujours plus ou moins entendu parler de la crise (dans tous les domaines possibles) et puis depuis deux ou trois ans, alors que le concept commençait juste à décliner, hop, on a rajouté une couche. Une crise, une vraie (la pire depuis l'après-guerre ) s'est greffée sur l'autre crise, ma crise, celle née dans les années 70 et qui semble éternelle.
    La crise fait partie de ma vie, de nos vies. Au quatre éléments que sont l'eau, le feu, l'air et la Terre, il faut rajouter le crise. Crise et civilisation humaine sont intimement liées.

    Il va de soi qu'au bout d'un moment, on se pose des questions. Allongé sur la chaise longue et sirotant une bière tout en terminant le dernier roman de Philippe Djian, je m'interroge : qu'est la crise dans mon quotidien ? En quoi n'ai-je pas le moral à cause de la crise ? Quelles sont les manifestations de la crise visibles dans mon quotidien ?
    Le matin, le réveil me réveille, je me lève, allume la machine à café préparée la veille, vais lever les enfants, les emmène à l'école, file au boulot, bosse, rigole avec mes collègues, vais déjeuner, retourne au taf, rentre à la maison, me promène, rêve, me cultive, aime et m'endort. Où la crise là-dedans ? Sachant que d'un point de vue social, je ne me situe pas dans les catégories les plus aisées (au contraire même, c'est galère très souvent), qu'en est-il de mes congénères, qu'en est-il de toi, chez lecteur qui me lit te demandant quelle mouche m'a piquée ? Notre moral ne dépend-il que de nos finances ou que de l'assouvissement de nos désirs matériels ? Que m'importe si mon pouvoir d'achat n'augmente cette année que de 0.03% ?

    C'est en faisant tous ces constats que je suis tombé en errant dans une grande librairie de Saint-Lô, sur un tout petit bouquin écrit par un certain Eric Chauvier, anthropologue de son état, intitulé "la crise commence où finit le langage". Le titre m'a interpellé, allant directement dans la direction de mes réflexions, à savoir que la crise existe avant toute chose parce qu'on en parle. Elle n'a d'existence que par le langage.
    Cela commence de la sorte :
    les médias assènent que l'espèce humaine creuse sa tombe chaque jour et vraisemblablement depuis toujours. S'en sortir relèverait d'un presque impossible défi. Évoquant les grosses ficelles du film catastrophe, cette dramaturgie est très hollywoodienne....

    Plus d'infos sur cet essai (paru aux éditions Allia) : ici

    Bienvenue dans le club des incorrigibles optimistes.

  • CR156 : et que le vaste monde poursuive sa course folle - Colum McCann

    5928422298_Et-que-le-vaste-monde-poursuive-sa-course-folle-de-Colum-McCann-chez-Belfond.jpegprésentation de l'éditeur : Dans le New York des années 1970, un roman polyphonique aux subtiles résonances contemporaines, une oeuvre vertigineuse. 7 août 1974. Sur un câble tendu entre les Twin Towers s'élance un funambule. Un événement extraordinaire dans la vie de personnes ordinaires. Corrigan, un prêtre irlandais, cherche Dieu au milieu des prostituées, des vieux, des miséreux du Bronx ; dans un luxueux appartement de Park Avenue, des mères de soldats disparus au Vietnam se réunissent pour partager leur douleur et découvrent qu'il y a entre elles des barrières que la mort même ne peut surmonter ; dans une prison new-yorkaise, Tillie, une prostituée épuisée, crie son désespoir de n'avoir su protéger sa fille et ses petits-enfants... Une ronde de personnages dont les voix s'entremêlent pour restituer toute l'effervescence d'une époque. Porté par la grâce de l'écriture de Colum McCann, un roman vibrant, poignant, l'histoire d'un monde qui n'en finit pas de se relever.

    mon avis : Et que le vaste monde poursuive sa course folle bénéficie d'une construction ingénieuse qui consiste en la succession de narrateurs (une dizaine au total) qui ont pour point commun d'avoir  été spectateurs (ou presque) de la folle entreprise d'un funambule qui, par un jour d'été dans les années 1971, traverse l'espace entre les deux tours du Worlt Trade Center . Une centaine de mètres sous lui, vit New York. Et c'est cette ville grandiose, complexe et si vivante que se propose de nous narrer l'auteur. Et chacune des voix est liée à l'autre par des liens plus ou moins étroits.
    J'ai trouvé que le dispositif mis en place par Colum McCann, aussi brillant soit-il, ne permet pas de progression narrative suffisante pour en faire un roman passionnant. L'auteur a préféré faire se confronter plusieurs points de vue plutôt que de raconter une histoire de a à z. En d'autres termes, au temps, il a privilégié l'espace. Pourquoi pas mais perso, à quelques pages de la fin, j'avais toujours l'impression d'en être aux premières. Je n'ai pas réussi à rentrer dans la peau des personnages. Chaque récit est trop court pour y parvenir. Trop de narrateurs tuent la narration.
    Saluons quand même la prouesse technique du funambule (puisque l'événement  s'est réellement produit), de l'auteur (qui en plus parvient à nous parler de New York et des tours jumelles sans qu'il soit question des attentats du 11.09.01...juste brièvement évoqués sur la fin...mais il n'était même pas obligé).

    roman, paru en 08/2009
    éditions Belfond, 431 pages
    traduction : Jean-Luc Piningre
    lecture du 01.04 au 09.04.2010
    note : 2.5/5

  • promenade au parc de Kerbihan

    Quand j'étais petit, nous allions régulièrement nous promener dans ce parc situé à Hennebont et puis quelques années plus tard, alors que j'étudais au lycée Notre Dame du Voeu (on ne choisit pas son lycée..), le prof de sport nous y faisait courir...mais je n'avais jamais fait attention aux bambous (quand on ne s'intéresse pas à ces plantes, on passe devant sans les voir mais quand on s'y intéresse -comme c'est mon cas depuis quelques années-, on ne voit que ça partout)...

    Et aujourd'hui, lorsque je décidai d'y emmener ma petite famille, je ne me doutais pas de ce qui m'y attendais..quelques photos de cet après-midi mémorable parmi les herbes géantes..

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