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littérature américaine - Page 2

  • CR216 : la tache - Philip Roth

    philip-roth-la-tache.gifLorsque je commence à lire un roman de Philip Roth, je m’attends à m’élever très largement au dessus du niveau de la mer. Le complot contre l’Amérique et surtout pastorale américaine sont de purs chefs d’oeuvre (j’ai moins aimé Portnoy et son complexe, l’un des premiers romans de Roth).
    On retrouve dans la tache, deuxième volume du cycle mettant en scène l’écrivain Nathan Zuckerman,cette énergie romanesque et cette ingéniosité dans la construction propres à la prose de cet auteur...mais j’ai trouvé ce roman un peu plus brouillon que d’habitude. Philip Roth cherche trop à expliquer et pour ce, se répète beaucoup, comme si le sujet du racisme lui tenant particulièrement à coeur, il n’arrivait pas à prendre le recul nécessaire, comme s’il avait voulu faire de la tache un roman avant tout pédagogique.
    Le sujet est simple et en même temps un peu tordu. Coleman Silk,  doyen d’une université américaine se voit contraint de démissionner pour avoir usé d’un bon mot à caractère raciste. Dépité et déprimé, il fait appel à Nathan Zuckerman pour que ce dernier écrive l’histoire de sa vie. Une amitié nait entre les deux hommes. Coleman confie alors à Nathan le grand secret de sa vie : dès l’adolescence, il décide de se faire passer pour un homme blanc alors qu’il est noir.
    Peu après avoir fait connaissance de Nathan, Coleman qui vient de perdre sa femme, morte de chagrin, débute une relation fougueuse avec une jeune femme de ménage illettrée.
    Je n’ai pas trop compris le fait qu’on puisse être noir et se faire passer pour blanc. Roth ne l’explique pas. Logiquement, la couleur de peau ne trompe personne, si ? Or, c’est le sujet même de ce roman et ça m’a perturbé tout le long de la lecture.
    Les pages les plus exquises du roman sont celles mettant en scène la française Delphine Roux, une enseignante en lettre classique à l’université d’Athéna (et adversaire de Coleman Silk). Par l’intermédiaire de son clône, Nathan Zuckerman, Philip Roth en profite pour gentiment se moquer du microcosme littéraire parisien et des romanciers français contemporains à l’égo surdimensionné.
    Il y a donc de bonnes pages mais la tache est loin d’égaler pastorale américaine.

    lecture du 03.08 au 17.08.2011
    Gallimard,  442 pages
    année de parution : 2000
    traduction (de l’anglais) : Josée Kamoun, 2002
    note : 3.5/5

  • CR215 : Sukkwan Island - David Vann

    sukkwan-island.jpgLe roman débute par l’amerrissage d’un hydravion au large de Sukwann Island, une île déserte située au large de l’Alaska. Un père et son fils en sortent et rejoignent l’île en Zodiac munis de leurs bagages. Jim le père a acheté une cabane sur cette île et a décidé d’y vivre en compagnie de Roy, son fils. Les deux hommes s’installent et très vite on comprend que Roy a accepté cette aventure plus ou moins contraint et très vite on comprend aussi que quelque chose ne tourne pas rond dans la tête du père. Et les choses ne se passent pas comme prévues pour les deux Robinson. Seule la pêche semble leur sourire. Pour le reste, le confort est sommaire et l’environnement hostile. Un jour, alors qu’ils sont partis pêcher, un ours vient dévorer quasiment toute leur réserve. Jim est un peu maladroit et Joy le méprise chaque jour un peu plus. L’hiver pointe le bout de son nez et les relations entre les deux hommes se détériorent...jusqu’au drame aussi prévisible qu'inattendu.
    Dès les premières pages, j’ai été happé par cet huis clos au suspens insoutenable. La description du quotidien sur cette île est par ailleurs très réaliste (l’auteur est lui-même né en Alaska). Cela fait un peu penser à into the wild (cette daube pour bobos) mais ici la nature sert juste de décor. L’ambition du père est avant tout de se retrouver en face à face avec son fils et avec lui-même et son passé tourmenté. J’ai trouvé ce père vraiment détestable à tout le temps se plaindre et pleurnicher. Ce roman a quand même un petit côté surfait et too much, surtout à partir du drame un brin grand-guignolesque. Mais globalement, c’est quand même plus que positif.

    lecture du 01.08 au 02.08.2011
    Gallmeister,  192 pages
    année de parution : 2008
    traduction :Laura Derajinski, 2010
    note : 4/5

  • CR207 : le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates - M.A. Shaffer et Annie Barrows

    le-cercle-littéraires-des-éplucheurs-de-patates.jpgJ’ai emprunté ce bouquin à une collègue, un peu comme ça (parce que quand je vois un bouquin trainer quelque part, j’ai souvent envie de le lire). A la base pourtant, ce livre ne me tentait pas du tout.  Et puis , il est bon de lire des succès littéraires pour savoir ce qui plait aux gens.
    Donc voilà. Juliet, une écrivain anglaise fait par hasard la connaissance d’un cercle littéraire basé sur l’île de Guernesey qui s’intitule le Cercle littéraire des amateurs de tourtes aux épluchures de patates ( titre qui se veut original...alors qu’il est ridicule et pompeux). Elle noue une relation épistolaire avec plusieurs membres du cercle et très vite, tous deviennent  ses amis et elle les rejoint sur l'île. Sur place, il s’avère que tout le monde est gentil et généreux...c’est le pays des bisounours (mais il y a  quand même une méchante...elle est médisante, tellement mauvaise qu’on n’y croit pas)..en plus, pendant la guerre (l’action se situe juste après la guerre), plusieurs de ces îliens ont eu un comportement exemplaire, ils ont sauvé des vies et tout et tout. Et puis, évidemment, Juliet tombe amoureuse de l’un d’entre eux.
    J’ai trouvé ce roman épistolaire cul cul la praline, dégoulinant de bons sentiments...en plus, contrairement à ce que pourrait laisser croire le titre, il est peu question de littérature. Concernant le style, les lettres sont toutes écrites sur le même ton (mais c'est souvent le défaut des romans épistolaires). J’aurais tendance à dire que c’est avant tout un roman de filles mais ce ne serait pas gentil pour les filles (ceci étant, il fait l’unanimité parmi les blogueuses littéraires..mais sont-elles représentatives ce qu’aiment lire les femmes en général, je ne crois pas). J’ai pensé aussi que c’était du Anna Gavalda made in Great Britain..mais en moins bien (Anna Gavalda est moins pudibonte).
    Les fans de Jane Austen et de Ségolène Royal seront servis..les autres, passez votre chemin.
    Ah ah ah ! je suis le méchant de la blogosphère littéraire !


    lecture du 30.05 au 02.06.2011
    Nil editions, 391  pages, année 2008
    traduit de l’angliais  par Aline Azoulay (année 2009)
    note : 1/5
    à suivre : la délicatesse, David Foenkinos

    llt, 19:18

  • CR206 : sur la route - Jack Kerouac

    kerouac.jpgLire sur la route faisait partie de mes résolutions pour cette année 2011. On me l’avait offert à Noel dans cette édition originale et définitive parue l’année dernière et sous-titrée le rouleau original, parce que soit-disant Jack Kerouac l’aurait écrit sur un rouleau de papier de téléscripteur, et...“d’un jet” dit la légende...
    L’auteur y narre ses années d’errance et d’aventure en compagnie de ses amis tous aussi barrés que lui (Neal Cassady en premier lieu, un fou de vitesse ainsi que Allen Ginsberg, le poète ou  William Burroughs le drogué et tant d’autres). L’essentiel du roman se situe sur la route, évidemment, celle qui mène nos aventuriers de l’est de l’Amérique vers l’Ouest ou le contraire, de toute façon, le but étant le voyage, la destination finale n’est qu’une étape où le se retape à coup d’alcool et d’orgies. Certains même parfois s’installent, se marient, font des enfants mais ça ne dure jamais trop longtemps, l’appel de la route étant le plus fort. Tout celà se passe dans les années 50, on écoute du jazz et l’essence coûte pas cher (même pas un dollar le plein). Jack Kerouac écrit ce qui lui passe par la tête, sans théoriser...ce n’est que de la vraie vie.
    Ce faisant, cette équipe de voyous (mais pas si méchants que ça), ne se doutait pas qu’elle était en train de poser les bases de la beat generation, un mouvement artistique prônant la liberté absolue, la liberté libre et dont ce roman de Kerouac peut être considéré comme l’oeuvre emblématique.
    Alors, est-ce que j’ai aimé ? Et bien, il y a de bonnes séquences mais le tout est un peu répétitif. Trajets est-ouest, ouest-est en veux-tu en voilà, “à toutes blindes”. Et puis ne connaissant pas bien la géographie des Etats-Unis, il y a des moments où je ne savais plus du tout où l’action se situait. Mais le voyage ultime à l’intérieur du Mexique est fantasmagorique. Je reste sur une bonne impression et avec le sentiment du devoir accompli.

    lecture du  27.04 au 24.05.2011
    nrf, gallimard, 378  pages
    traduit de l’américain par  Josée Kamoun
    note : 3.5/5
    à suivre : la délicatesse, David Foenkinos

  • CR205 : Dalva - Jim Harrison

    compte rendu de lecture, lecture, littérature, littérature américaine, livre, roman, cultureDalva, la narratrice est une américaine plutôt jolie et disposant dans ses veines d’un peu de sang indien. Elle est originaire du Nebraska où ses parents possèdent un ranch construit au XIXème siècle par Northridge, leur ancêtre yankee, (qui de par son union avec une indienne allait métisser toute sa descendance). Dalva raconte son enfance, les drames ayant affectées sa famille...et sa rencontre avec Duane, un indien pour qui elle a un coup de foudre...elle tombe enceinte mais trop jeune, on lui enlève son enfant. Elle n’aura de cesse de vouloir le retrouver.
    Mais tout autant que la vie, ô combien trépidante de Dalva, qui est une femme libérée et qui mort la vie à pleine dent, il est question du peuple indien et du génocide dont il faut la victime. Michael, l’amant de Dalva, universitaire et alcoolique (comme quasiment tout le monde dans ce roman dans lequel on boit du cognac et du whisky comme de l’eau..mais Michael plus que les autres) demande la permission à Dalva de fouiller dans les archives de sa famille et notamment dans le journal de Northridge afin d’écrire une thèse sur la question indienne. De multiples pages de ce journal jalonnent le roman...mais il faut s’accrocher, on n’y comprend pas grand chose...surtout que par ailleurs, si le style est limpide (surtout les pages où Dalva s’exprime), l’auteur prend un malin plaisir à nous envoyer dans le passé sans crier gare, et même, à créer des flashbacks à l’intérieur de flashbacks...et puis de nouveaux personnages à peine présentés font tout à coup leur irruption et deviennent même essentiels..
    C’est pour cette raison que j’ai mis du temps à achever Dalva. Le style fluide et très expressionniste (magnifique peinture des grands espaces) est gâchée par une construction trop complexe. Et puis, ça vient de moi aussi : tout comme dans le cinéma, je n’aime pas les flashbacks.

    lecture du  05.04 au 25.04.2011
    10/18, domaine étranger, 472  pages
    traduit de l’américain par  Brice Matthieussent
    note : 2.5/5
    à suivre : je réfléchis...

  • CR195 : le seigneur des porcheries - Tristan Egolf

    seigneur-des-porcheries-Tristan-Egolf.jpgSi le seigneur des porcheries se situe dans la droite lignée des grands-romans fleuves américains (dans lequels on peut lire une histoire contrairement à une grosse partie de la production française), il reste cependant un roman singulier, qui en fait d’ailleurs pour beaucoup un roman culte...singulier de par son thème et l’environnement dans lequel se situe l’action..le style, lui, traduction oblige est plutôt banal même si Tristan Egolf a glissé dans son texte quelques expressions étranges pour désigner des groupes humains (citrons, trolls, rats de rivière..)
    J’ai eu du mal à cerner la personnalité de John Kaltenbrunner., le héros de cette histoire.et d’ailleurs, au bout des  six cent pages, on se rend compte qu’on ne sait pas grand chose de sa psychologie. et puis le personnage est paradoxal : en même temps qu’il prétend vouloir s’élever au dessus de la bêtise et de la médiocrité environnante, le fait est que lui-même est quand même rustre et bouseux dans son genre. Et à aucun moment, il n’est question de sa vie sentimentale...pas plus d’ailleurs que celles des autres personnages du roman (le seigneur des porcheries porte décidément bien son titre). Et si l’on éprouve de la sympathie pour John, c’est avant tout du fait de sa haine envers cette ville de Baker, cliché du genre de bourgades conservatrices et noyées dans l’alcool que comptent l’Amérique profonde.
    Et donc, ce qui fait la force de ce roman, et qui le rend si jubilatoire (ah, non il ne faut plus dire jubilatoire, il faut dire truculent), c’est cette vengeance ruminée, annoncée dès le départ sans qu’on en connaisse la forme..John Kaltenbrunner, humilié jusque son adolescence, invente la vengeance collective..on est tous derrière lui pour ça..car celui qui n’a pas eu ce genre d’idées envers une communauté ou un groupe humain jette la première pierre (ou le premier commentaire !).

    roman , paru en 1998

    folio n°3422, 607 pages

    lecture du 03/01 au 10/01/ 2011

    note : 4/5

  • CR192 : l'attrape-coeurs - J.D. Salinger

    51FV05TVM3L.jpgLe narrateur de ce célèbre roman (dont l’action se situe dans les années quarante ou cinquante, c’est pas très important) s’appelle Holden Caulfied, un adolescent issu de la petite bourgoisie new-yorkaise. Il vient d’être viré de son collège pour manque de résultats et tout. Alors comme il n’est pas pressé de rentrer chez lui l’annoncer à ses parents, il erre dans la ville, d’hôtels en hôtels, de bars en discothèques  en passant par Central Park et cherche à renouer avec de vieilles connaissances et tout..ce faisant, il nous fait le récit de son enfance, de ses amours, de ses années d'étude
    C’est un roman très touchant car Holden n’est pas un mauvais bougre mais on sent qu’il est capable du pire à tout moment (c’est pour ça que j’ai été rassuré à la fin de savoir qu’il allait gentiment  retourner à l’école) et puis Holden est un altruiste qui a le coeur sur la main (son affection pour sa petite soeur est émouvante)..un attrape-coeurs...Somme toute, c'est est un adolescent banal, c’est à dire un être immature avec plein de certitudes mais qui en même temps se questionne sur le monde des adultes, sur la sexualité etc...ce qui nous donne quelques maximes du genre “c’est marrant, suffit de s’arranger pour que quelqu’un ne pige rien à ce qu’on lui dit et on obtient pratiquement  tout ce qu’on veut” (je connais une personne qui arrive tellement à embrouiller les gens quand elle leur demande un truc que ces derniers n’osant pas dire qu’ils n’ont pas compris acceptent la demande afin qu’on les laisse tranquille).
    On appelle ça un roman d’apprentissage...Dans le genre, ça rappelle un peu la vie devant soi..avec ce style parlé, les tournures familières et tout..
    Il n’y a pas besoin d’être un grand écrivain pour écrire un chef d’oeuvre. Il suffit d’avoir dix sept ans et d’écrire ce qui vous passe par la tête et tout ..moi à cet âge-là, je faisais des sonnets mais ils étaient moches* et puis tout le monde s’en fout des sonnets.

    roman , paru en 1951
    traduit par Annie Saumont
    Pocket, 252 pages

    lecture du 01/12 au 09/12/ 2010

    note : 4/5


    *sauf cet extrait peut-être :
    toute ma vie durant, je n’aurai de compagne
    que mon âme fertile en pensées lumineuses
    et nous irons tous deux à travers la campagne
    traquer l’éternité des heures silencieuses

  • tant pis pour Bret

     La lecture d’American psycho, le roman le plus célèbre de Bret Easton Ellis était l’occasion pour moi de découvrir ce célèbre auteur américain..mais rien n’y fait, après trois semaines à lire à peine une page par jour, je me vois tenu d’arrêter les frais au bout d’une soixantaine de pages. Car non  seulement, je n’arrive pas du tout à m’intéresser à l’histoire de ce golden boy psychopathe mais c’est surtout l’atmosphère des années 80 qui me gonfle, ce culte de l’argent, du business et de la consommation outrancière (car comme je l’évoquais dans la note précédente, je suis contre la société de consommation -). Je devine que c’est justement pour critiquer cette société financière qu’il l’a décrit avec tant de précision..mais j’ai déjà lu ce genre de roman (Jay Mcinerney, Don de Lillo) et c’est pas le moment, c’est tout.

    Je profite de cette petite note nocturne pour retranscrire une petite chevillarde très amusante (et je rappelle que Eric Chevillard poursuit son blog autofictif..et c’est toujours le même régal tous les matins aux petit dej) :

    Les chaînes H et M, Gap, Comptoirs des cotonniers, Promod, Pimkie, Caroll, Jennifer, Etam et Princesse tam-tam manifestent une inquiétude grandissante suite aux OPA de la librairie Au plaisir de lire de la littérature pointue qui rachète une à une leurs enseignes et leurs boutiques pour s’y déployer sauvagement.

     

    loïc lt, 23:50

  • CR164 : Portnoy et son complexe - Philip Roth

    9782070273379.jpgprésentation de l’éditeur : Peut-être que si nous posions la question suivante à Alex Portnoy : "Si vous deviez tirer un trait sur une partie de votre anatomie, laquelle choisiriez-vous ?", il nous répondrait : "Mes organes génitaux, mon schlong en yiddish"juste avant de changer d'avis. Pourtant, la sexualité c'est bien le problème d'AlexBrillant élève puis cadre supérieur en vue, écrasé par l'autorité de ses parents si démesurément attachés à la tradition juive américaine, Alex n'en reste pas moins un obsédé. Et les terribles fantasmes qui le hantent vont s'avérer être les plus lourds fardeaux qu'un homme élevé dans le quartier israélite de Newark ait à supporter…
    Avec cet humour ravageur qui hésite à choisir son camp, la tendresse ou le cynisme, Philip Roth s'attaque à l'ignorance et à la bêtise qui nourrit les préjugés. Il le fait sans aucune retenue ni aucune pitié pour dresser comme un étendard le témoignage de Portnoy, un cri désespéré pour la tolérance.
    Avec ce plongeon osé dans la sexualité, Philip Roth s'offre un coup d'éclat littéraire et un passeport pour la renommée


    mon avis : J’ai mis beaucoup de temps à en finir avec Portnoy car ce roman m’a ennuyé quasiment du début à la fin..par pour son côté trash mais pas toutes les redondances. Au bout de quinze pages, on a compris le problème et la personnalité d’Alexander Portnoy...toute la suite est une succession d’anecdotes pour la plupart superflues.
    C’est la première fois que Roth me déçoit..et c’est aussi l’un de ses premiers romans (et celui qui a fait sa notoriété).
    Pourtant le propos  n’est pas inintéressant. On a tous du Portnoy en nous. Personnellement je ne cesse de critiquer voire de vilipender cette religion catholique dont mes parents ont voulu me rendre fidèle..or, paradoxalement, je devine qu’elle est une partie intégrante de mon caractère et qu'elle conditionne ma façon de voir le monde. Portnoy, c’est également ça : il se moque des traditions juives, de ses interdits etc..mais quand il se trouve en compagnie de goys (les non juifs), il n’a de cesse de se trouver supérieur et de s’en moquer.
    Concernant la libido un peu exhubérante de Portnoy...c’est marrant quelques pages mais à la longue, c’est lassant (pas sans me rappeler septentrion de Louis Calaferte).

    roman, paru en 1970
    Gallimard, 273 pages
    traduction : Henri Robillot
    lecture du 12.06 au 19.06.2010
    note : 2.5/5

  • CR162 : dans la brume électrique - James Lee Burke

    910173-gf.jpgprésentation de l'éditeur : Une équipe de cinéma s'est installée à New Iberia pour y tourner un film épique sur la guerre de sécession, avec la star hollywoodienne Elrod Sykes. Arrêté par Dave Robicheaux pour conduite en état d'ivresse, l'acteur affirme qu'il a vu, pendant le tournage d'une scène dans un marais, le corps momifié d'un noir enchaîné. Dave est tenté de croire à ce récit invraisemblable car, trente-cinq ans plus tôt, il a été le témoin impuissant de l'assassinat d'un homme de couleur par deux blancs. Le corps n'avait jamais été retrouvé. Le shérif se moque bien d'un crime vieux de trente-cinq ans, mais lorsque Dave est face au squelette de la victime, il comprend que le souvenir de ce meurtre n'a cessé de le hanter... En fait, il comprend que la guerre de sécession ne s'est jamais arrêtée et que la bataille de New Iberia continue. Avec une rare violence. Ce roman aux accents faulkneriens est l'un des plus beaux de James Lee Burke. Dans la brume électrique a été porté à l'écran par Bertrand Tavernier avec Tommy Lee Jones dans le rôle de Dave Robicheaux.


    mon avis : Il y a quelques jours, j'ai appris l'existence de James Lee Burke grâce à un article de télérama (magazine culturel que je déteste adorer mais que j'adore détester) dans lequel il était interrogé à propos de la Louisiane et de cette effroyable marée noire qui ne semble pas avoir de fin.

    Car la Louisiane est la région de James Lee Burke, il y vit, l'aime et la connait par coeur et elle constitue l'environnement principal de ses polars. J'ai donc choisi l'un de ses romans un peu au hasard (en tenant compte un peu des quelques critiques de lecteurs que l'on trouve sur amazon) et c'est dans la brume électrique que je me suis embarqué. . Il met en scène Dave Robicheaux (héros récurrent dans l'oeuvre de James Lee Burke), un flic un peu désabusé (comme sait en fabriquer à la pelle les auteurs et scénaristes américains), ancien alcoolique, et utilisant des méthodes très personnelles dans ses enquêtes. Il opère dans la ville de New Ibéria où il est l'adjoint du shérif.

    Il est question d'un tueur en série mais également du cadavre d'un noir assassiné 35ans plus tôt et retrouvé dans le bayou.
    Le bayou, parlons-en. Presque le personnage principal du roman (dans lequel une grande place est laissée à la description). Le bayou, c'est quoi ? Comme une immense étendue d'eau stagnante dans laquelle vivent toutes sortes d'insectes et d'animaux (dont des alligators). Le bayou est partout dans le roman...il entoure les maisons, il encercle New Ibéria mais il est également le théâtre de drames.
    Je ne me suis pas ennuyé dans un tel environnement. Car le polar en lui-même est de bonne facture (même s'il comporte quelques gros clichés). Les personnages sont complexes et l'auteur décrit merveilleusement cette Louisiane qu'il chérit tant mais où le racisme est encore très présent.
    J'ai tellement aimé que j'en redemande. A bientôt Mr Robicheaux !


    roman, paru en 1993
    rivages/noir, 472 pages
    traduction : Freddy Michalski
    lecture du 30.05 au 07.06.2010
    note : 4.5/5

    bayou.jpg