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mathias énard

  • CR288 : boussole - Mathias Enard

    boussole, Mathias EnardComme je me suis fixé comme règle stupide de lire tous les prix Goncourt (sauf les années se terminant par le chiffre 6), j’ai donc lu Boussole de Mathias Enard, auteur que je connaissais pour avoir lu (et approuvé) zone (qui est bien plus qu’un exercice de style avais-je dis à son propos si je me souviens bien), mais la prose de cet auteur est quand même un peu compliquée si bien que je n’étais pas tenté de relire l’une de ses productions. Mais le sort en a décidé autrement.

    Dans Boussole, le narrateur est Franz Ritter, un musicologue viennois qui agonise dans sa chambre suite à une maladie apparemment contractée lors d’un voyage en Orient, l’Orient qui, comme on dit  est le personnage principal de ce roman, un roman auquel il faut s’accrocher, trouver des branches solides pour ne pas se casser la gueule par terre. Lors d’une nuit d’insomnie, il se remémore tous ses voyages et ses rencontres dans cette partie du monde dont il constate à regret la situation actuelle.

    La théorie qui sert de fil rouge au tout est que la musique classique occidentale a été fortement influencée par la musique orientale. Je me garderais bien de le contredire ! En tout cas, c’est pour constater sur le terrain la véracité de sa théorie qu’il passe sa vie à parcourir l’Orient, de la Syrie, à l’Iran en passant par Istanbul. C’est un peu barbant quand on n’est pas amateur de Wagner ou de Liszt mais le roman qui est d’ailleurs autant un essai qu’un roman (on va dire que c’est un essai romanesque) ne s’arrête pas aux travaux de Ritter. Ces voyages  sont pour le narrateur l’occasion de rencontrer des personnages hauts en couleur et je pense notamment à ce professeur alcoolique qui lui rappelle tout le processus qui a amené l’Iran à devenir une république islamique. Lors de ce monologue, Franz Ritter est accompagnée de Sarah, l’égérie de Boussole, Sarah, une orientaliste dont Franz est amoureux et avec qui il a dormi corps contre corps sous les colonnes des ruines de Palmyre mais cet amour platonique sera finalement le grand regret de Franz. Sarah l’amour de sa vie ne sera restée en fin de compte qu’une grande amie fuyante et trop absorbée par ses voyages et sa quête spirituelle qui l’amènera au bouddhisme.

    Évidemment, cette oeuvre est dans l’air du temps et l’auteur a sans doute voulu briser des idées reçues et montrer les rapports étroits qui unissent l'Orient et l'Occident dans tous les domaines culturels surtout dans cette période tourmentée que traverse cette partie du monde mais il n’occulte rien des atrocités et du rigorisme oriental.  Dans ce roman d'une érudition qui frôle parfois le débordement, on croise les figures de Rimbaud (dont, horreur, on subodore qu’il n’est pas l’auteur des illuminations) et de femmes aventureuses ou sulfureuses comme Annemarie Schwarzenbach qui vaut un roman à elle toute seule.

    Alors oui, il faut lire Boussole (et celle que possède Franz indique désespérément l’est…) et tant pis si parfois on perd le fil du rasoir. C’est un grand Goncourt et Mathias Enard prouve une fois de plus que c'est un auteur sur qui il faut compter si tant est qu’il devait encore le prouver. Vive Lorient !

    Loïc LT, 10/12/2015

    lecture sur kindle novembre/décembre 2015, 390 pages, parution  le 19 août 2015, actes sud. note : 4/5

  • Goncourt 2015 : Mathias Enard ne perd pas la boussole.

    mathias-enard-boussole.jpgLe Goncourt 2015 ne m'est pas inconnu. J'avais lu un de ses romans en 2009. Il s'agissait de zone et je me souviens à peine de l'histoire, par contre je me rappelle du style. Le roman ne comprenait qu'une seule phrase: vieille manie française de mettre la forme au dessus du fond. Il avait fallu que je m'accroche et rester concentré, ne pas sauter une ligne au risque de perdre le fil du rasoir. Mais j'avais été fier de l'avoir terminé. Je l'avais comparé à Claude Simon. J'avais pressenti que cet auteur referait parler de lui. Je ne sais pas ce que vaut ce Boussole, prix Goncourt 2015 mais je viens de le télécharger et le lirai avant le début de l'année lithurgique. Il y est beaucoup question d'orientalismes et cela tombe bien, j'en ai un peu marre du nombrilisme des auteurs français. 

    Mais pour ça, il faut que je me remette un peu à lire en m'efforçant de me libérer de l'emprise d'internet et d'autres vaines distractions. 

    Loïc LT

  • le Goncourt 2010 pour Mathias Enard

    9782742793624.jpgIl reste encore huit romans en course mais je vais quand même me risquer au pronostic. L’année dernière, j’avais vu juste mais c’était trop facile..trois femmes puissantes était moyen mais vu l’auteur, vu le propos, c’était joué d’avance.

    Voici la 2ème et avant dernière sélection pour cette année :


    Olivier Adam, le coeur régulier
    Thierry Beinstingel, retour aux mots sauvages
    Virginie Despentes, apocalypse bébé
    Mathias Enard, parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants
    Michel Houellebecq, la carte et le territoire
    Maylis de Kerangal, naissance d’un pont
    Chantal Thomas, le testament d'Olympe
    Karine Tuil, six mois, six jours

    Je parie sur Mathias Enard. Je n’ai pas lu son dernier roman (qui doit être très bon) mais je pense que le jury ne va pas passer à côté de l’opportunité de primer l’auteur de zone , cette espèce d’ovni littéraire  dont nous gratifia l’auteur il y a deux ans.
    Par ailleurs, par éliminations, je ne vois pas Houllebecq primé, le roman de Despentes est trop trash, celui d’Adam trop blanc, Kerangal vient d'avoir le Médicis, je n’ai pas lu les autres mais ils me semblent un peu en retrait.

     

     

  • CR109 - zone - Mathias Enard

    zone.jpgJe n'ai lu qu'une phrase de ce roman que je viens de terminer.
    Hou là, avouez que ça commence fort.
    Et pourtant, ce n'est pas une plaisanterie, c'est la vérité puisque zone ne contient qu'une phrase (avec quelques virgules mais très peu). Alors, c'est la marque des écrivains français que de vouloir faire des effets de style, de vouloir réinventer la forme etc..et certains disent que ça en devient lassant, qu'à trop soigner la forme, ils en oublient le fond. Peut-être que "certains" ont raison mais pas concernant ce roman de Mathias Enard (car sa qualité  vient avant tout de son contenu). Et si avant d'en débuter la lecture, j'étais plus que sceptique quant à l'idée de cette phrase unique, il s'avère en fait que l'absence de points est assez logique au regard de la façon dont les pensées défilent dans l'esprit du narrateur, dans un souffle et le temps d'un voyage en train. 
    Et le contenu, c'est quoi, c'est toute l'histoire de l'Europe et du pourtour méditerranéen dans ce qu'elle a de plus tragique et de plus violent, vu par un ex agent secret français d'origine croate, un brin fasciste sur les bords et qui participa aussi directement à la guerre de Yougoslavie. Le type - qui a quitté toutes ses fonctions - voyage en train en direction de Rome où il doit remettre au Vatican une valise contenant des documents compromettants, moyennant pas mal d'euros (300.000 de mémoire et comme on dirait à M6, 300.000 c'est beaucoup d'argent). Tout le voyage durant, les images se bousculent dans sa tête, s'entrechoquent, aux guerres succèdent les génocides, aux génocides les attentats et les souvenirs défilent et en appellent d'autres, ce qui fait que pour le lecteur, chaque flash ne dure pas plus de deux ou trois pages. Parfois quand même quelques considérations sur la voyage en train et les passagers servent de transition et permettent au lecteur de reprendre son souffle avant de retourner dans les affres de l'histoire.
    Quelque part, cette façon  de présenter les faits  en suivant les cheminements chaotiques, désordonnés et donc non structurés de l'esprit m'a rappelé Claude Simon qui, dans la route des Flandres procède un peu de la sorte (en plus hermétique). Mais pas vraiment Michel Butor (dont le seul point commun consiste au fait que la narrateur effectue également le voyageParis-Rome).
    J'écrivais que Claude Simon était plus hermétique, puisque malgré les apparences, la lecture de Zone n'est pas si difficile. Malgré sa longueur, la phrase se lit assez vite.
    Le roman est incroyablement bien documenté et peuplé de personnages secondaires (et souvent historiques) effroyables de haine. Mais ce qui donne sa force du récit, c'est le cynisme et le ton implacable avec le lequel s'exprime Francis Servain Mirkovic, le narrateur.
    Et je dois avouer que j'ai quitté la zone un peu bouleversé.

    roman, paru en 08/2008
    Actes Sud, 517 pages
    lecture du 16/07 au 25/07/09
    note : 4/5
    à venir : Rimbaud le fils, Pierre Michon

  • service achat

    757f6a44e9baa1b1cc354b1352721897.jpgréception de deux bouquins ce jour. Achat à fnac.com au prix moyen pondéré de tant. Livraison gratuite, va sans dire. Profitons-en tant que ça dure (puisqu'apparemment cela a l'air de gêner certains que des lecteurs pas riches -mais pas pauvres non plus, faut dire ce qui est - puissent recevoir des livres sans payer de frais de port). Soyeux sérieux une minute : les ventes de produits culturels via le net ont sérieusement fait fondre le prix du cadis du consommateur de livres. Et comme lorsqu'il y a un gagnant, il y aussi un perdant, ayons une pensée émue pour les petites librairies des centres villes fréquentées par les gens qui habitent les centres villes..Suivez mon regard. Je ne vais pas les plaindre parce qu'elles ne sont pas trop à plaindre (Je connais une personne qui s'occupe de la compta de petites librairies). L'objectif avant toute chose est de démocratiser l'accès à la culture..et le net le permet, en même temps qu'il s'occupe d'aménager le territoire.

    Arrivée de deux bouquins disais-je. L'un zone de (Mathias Enard) fait 520 pages, ne comporte aucun alinéa et quasiment aucun signe de ponctuation. Moi qui ai l'habitude de n'interrompre mes lectures qu'aux changements de paragraphes, comment vais-je faire ? Et au fait, pourquoi avoir acheté ce livre ? parce que j'aime les défis, et que j'aime aussi le thème de celui-là, que j'aime les trains et que surtout j'aime les zones...

    L'autre, prolongations fait aussi 520 pages. Style classique. Celui-là, je l'ai acheté parce que je suis vaguement fasciné par l'enclave de Kaliningrad, ce morceau de Russie au coeur de l'Europe. On se demande comment l'histoire de l'Europe a pu laisser derrière elle une telle bizarrerie. Je n'aurais pas la réponse dans ce livre de Alain Fleischer (un troisième couteau -))..mais au moins lirai-je enfin quelque chose ayant rapport à Kaliningrad.  Alain Flescher est l'invité d'Alain Veinstein ce lundi soir.

    Avant toute chose, je dois terminer le rêve d'Emile Zola. J'apprécie mais sans plus. Cela n'a pas le souffle et le lyrisme des grands Rougon-Macquart. Mais à ce que j'ai pu lire, ce n'était pas l'intention de l'écrivain. Mon meilleur Zola reste l'oeuvre..euh non l'argent, ah non Pot-Bouille..ah zut non je voulais dire la terre...euh non je pensais à  la conquête de Plassans...ou  étais-ce à l'assomoir...ah non c'était la joie de vivre...et puis zut, un de ceux-là !

    Ensuite, je me fais un petit Philippe Djian...ce qui suis une certaine logique tant Djian apparaît comme étant le fils spirituel de Zola...un Zola des temps modernes. ou alors l'opposé ? En tout cas, les doggy bag me font mourir de rire.
    loïc lt