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  • recensement des cabines # 74 - Auray (56)

    Dans la charte du recenseur que je me permets de modifier selon mon bon vouloir, il était stipulé de ne pas s'occuper des villes mais bon, je ne vais pas être convoqué au commissariat de Guéméné-sur-Scorff pour avoir enfreint cette contrainte que je me suis fixé tout seul ? Il faudrait que dans ce pays, les pouvoirs publics arrêtent de vouloir se mêler de tout. 

    Hier soir, je me suis donc rendu à Auray, non pas pour aller à Vannes en courant, (ça j'ai déjà donné) mais pour assister à un mini-concert électro dans la chapelle du Saint-Esprit qui est le plus vieux bâtiment alréen. Cette chapelle sécularisée est aujourd'hui un lieu de culture et en l’occurrence, ce concert clôturait une exposition de Nastasja Duthois. J'ai toujours trouvé que la musique techno et une église allaient bien ensemble ( depuis une séquence de Basic Instinct peut-être) mais le concert en question n'était pas à la hauteur de ce que j'attendais (pas de jeux de lumière sur les grandes fenêtres de l'église démunis de vitraux). Mais j'ai quand même passé un bon moment. On sentait que le public n'était trop amateur d'électro et les gens allaient et venaient découvrant ou redécouvrant les fresques de Nastasja Duthois, comme celle-ci par exemple :

    Natasja Duthois

    Mais je reviendrai sur cette soirée dans quelques secondes, juste après vous avoir parlé de cette cabine, qui s'est offerte à moi telle Pamela Anderson sur le bord d'un lac et son cœur sur mon cœur qui respire et l'horizon qui soupire...). Elle se situe juste à côté de la chapelle, c'est peut-être la dernière d'Auray mais je ne peux pas le garantir. 

    cabine téléphonique, Auray

    Hors service, je ne peux même pas donner son numéro d'appel puisque quelqu'un d'intelligent s'est amusé à changer des chiffres et puis la même personne sans doute, à mettre un numéro de téléphone sur l'appareil...peut-être Nastasja (oui, avec un Jet un S devant le T) Duthois, allez savoir...ces artistes contemporains sont capables de tout -)

    cabine téléphonique, Auray

    Il y a bien un CRS pour surveiller l'édicule mais il est là depuis si longtemps qu'il n'a pas pris racine (difficile dans le bitume) mais il fait désormais corps avec le mur. Parfois, on se demande si les effectifs de police sont utilisés à bon escient, on a ici quand même une preuve flagrante que c'est pire que ce qu'on croyait (sur la première photo, on ne le voit pas, il était parti faire une ronde). 

    17 09 2016 (66).JPG

    De la cabine, on a une belle vue de la façade sud de  l'édifice. Le policier en faction m'a soufflé que cette chapelle est le dernier vestige de la commanderie d'Auray qui à partir du XIIème siècle s'était donnée comme mission de soulager les riches et les bien-portants. 

    chapelle du Saint-Esprit, Auray

    A l'intérieur, ce n'était pas véritablement la fête. Rémi Pommereuil  jouait (en première partie de Jumo) pourtant une électro assez emballante mais l'ambiance était studieuse et contemplative. 

    17 09 2016 (28).jpg

    Une chose est sûre, cet endroit est fait pour une vraie soirée électro. 

    17 09 2016 (43).jpg

    Bien que quelques fêtards ayant bu trop d'eau dansaient, le tout est quand même resté très sage. L'ennemi qui m'accompagnait s'est d'ailleurs barré très vite et je suis resté seul à errer dans cet espace tentant de comprendre le travail de Nastasja Duthois (dont la brochure précise qu'elle invite le visiteur à se perdre dans les interstices, à reconsidérer les attaches qui nous lient, nous soudent ou nous entravent)  et de la raison de construire un nouveau rond-point sur une route droite sans carrefour du côté de Pluneret. 

    Natasja Duthois

    Sur cette toile (technique du dessin au fil), on aperçoit un groupe de gens dont on ne voit que la silhouette. Certains discutent, l'un est allongé, comme mort, d'aucuns tiennent un parapluie, d'autres tendent les bras, l'un semble courir et quelques uns semblent danser. Difficile à interpréter, mais précise encore la brochure, l'artiste nous retrace  ses histoires au plus proche de l'humain, profile la solitude noyée par la foule, tisse des relations et fait naître des filiations. Ce tableau me semble aller dans ce sens. 

    Avant Jumo, Rémi Pommereuil a illustré de son électro acide et envoûtante cette exposition intitulée  sauvage ordinaire

    Jumo a joué ensuite une techno déroutante et imprévisible. 

    Jumo

    Et je suis sorti et j'ai erré dans les rues calmes d'Auray. Derrière moi, la chapelle dominait les lieux. Ma mémoire ne devrait pas sélectionner cette soirée dans mes souvenirs à venir mais une découverte artistique, qu'elle soit musicale ou plastique n'est jamais une perte de temps. 

    Loïc LT

  • dix romans sur un continent peuplé

    Un continent peuplé...au lieu d'une île déserte....qu'est-ce que je suis drôle -)

    Ça fait longtemps que je n'avais pas mis à jour le top dix de mes romans préférés. Je me souviens qu'au temps révolu des "forums" de discussion, nous nous amusions à ça. J'avais même fait une liste de cinquante romans. Donc ici, c'est une liste de dix. Je pense qu'il n'y a pas beaucoup de changements depuis la dernière à part peut-être "les gommes". Une seule règle : il ne peut pas y avoir deux romans d'un même auteur. Sinon, c'est dans le désordre. 

    Désolé pour les femmes...tous les auteurs sont des hommes. J'ai pourtant failli mettre le grand jeu de Céline Minard -)

    Loïc LT

    top10.jpg

     

  • semi-marathon Auray-Vannes 2016 # compte rendu

    C'était mon 5ème Auray-Vannes (après 2009, 2013, 2014, 2015) dont j'étais en terrain connu mais terrain connu ne veut pas dire partie facile car lors des 4 autres, je ne me souviens que de souffrances (sauf peut-être 2014 me rappelle ce cr ). J'avais donc décidé de préparer 2016 de façon optimale. J'ai mis l'accent sur 3 points :

    - entrainement intensif dès début août

    - perte de poids (5 kgs en 3 mois)

    - hygiène de vie irréprochable la semaine précédent la course (zéro alcool, sucres lents, repas protéinés, cure de magnésium)

    Le 12 septembre au matin, j'étais donc au top et pressé d'en découdre avec l'intention de faire mieux qu'en 2015 (triste édition, crampes et au final un temps pitoyable de 01h52). On entend souvent que dans un semi-marathon exigeant comme Auray-Vannes (les côtes ne sont cependant pas insurmontables à côté de celles que je me tape à côté de chez moi), il s'agit de bien gérer sa course. Je mettrais un bémol. Le jour j, soit tu as les jambes, soit tu ne les as pas et quand tu les as, tu t'en rends compte assez vite (dès le 1er km) et donc, tu peux te permettre d'aller au-delà du timing prévu, tes jambes ne te lâcheront pas.

    Dimanche, j'avais les jambes (deux en tout) donc j'ai passé le 10e km plus vite que prévu (en 48 mns), comme il faisait chaud (mais sans plus), je me suis sans cesse désaltéré et aspergé d'eau. Je passe le 15ème en 01h14 et après la côte du Vincin que je monte sans problème, je finis le semi-marathon en boulet de canon, m'octroyant même un sprint acclamé par personne sur la piste de Kercado. Au final je fais un temps de 01h45:38, mon deuxième meilleur chrono sur ce semi (mais en 2009, j'étais particulièrement bien affûté), un temps qui ne défraiera pas la chronique républicaine du pays de Fougères mais c'est quand même 8 mns de mieux qu'en 2015. Et pas de crampe, pas de souffrance, contrat rempli. 

    Lorsqu'on met toutes les chances de son côté, on parvient à ses fins. En ce sens, le sport est l'école de la vie et en fin de compte je me dis que je devrais être aussi discipliné dans ma vie personnelle et professionnelle que je le suis lorsque je prépare une course. Mais non, mais non ! Le sport manque de fantaisie, car même si ça doit rester un plaisir, c’est un combat contre soi-même, des contraintes en plus qu’on se met dans un quotidien où il y en a déjà assez. Le running est un sport exigeant exercé essentiellement par des quadras et des quinqua (et plus)  qui n'ont plus leur place dans les sports collectifs et qui sont enclins à prendre du poids à force de barbacues et de pardons de Saint-Nicolas en Languidic trop arrosés. 

     données techniques

    . temps : 01.45.38 (2015 : 01:52:27, 2014 : 01:48:02, 2013 : 01:52:28, 2009 : 01:41:05)

                       passage au 10 kms en 48:39

                       passage au 15 kms en 01:14:41

                       vitesse moyenne : 12.1 kmh

                       km le plus rapide : 7ème en 04:37

                       km le plus lent : 15ème en 05:31 (au alentours du Moustoir, un faux plat interminable)

     

    profil de l'épreuve (exigeante mais sans grandes difficultés) :

    AURAYVANNES2016.jpg

    vidéo où j'apparais (à 3:29 le loustic un peu voûté qui lève les bras vers son fanclub)...et merci à ma femme pour la vidéo. 


     

    Loïc LT

    compte rendu 2015 ici

    compte rendu 2014 ici

     

  • CR302 : le grand jeu - Céline Minard

    le grand jeu.jpgLire des romans de la rentrée littéraire n'est pas une nécessité absolue d'autant plus lorsqu'on ne trouve rien qui nous tente. Mais bon, j'ai toujours l'espoir que comme dans la musique ou dans d'autres arts, la littérature évolue, sur la forme et sur le fond. Les auteurs français ont beaucoup donné dans l'expérimentation littéraire, il serait peut-être temps qu'ils renouent avec ce qui est le propre de la littérature : raconter une histoire (vraie ou fausse) de la façon la plus affinée possible. Mais apparemment, c'est trop demander. Evidemment, ce n'est pas une généralité mais quand même, globalement, c'est le reproche qu'on peut faire aux auteurs français : de se prendre pour des défricheurs quand on voudrait qu'ils soient des raconteurs. 

    Ce récit de Celine Minard partait d'une bonne intention : la narratrice décide, pour des raisons obscures (bien qu'elle égraine ici ou là une certaine forme de misanthropie) de s'isoler en haute montagne dans un caisson high-tech accroché à flanc de rocher et près d'un endroit où il lui est possible de cultiver un petit jardin et d'aménager un cellier. On n'a pas le droit non plus de savoir comment elle s'est prise pour faire installer tout cela mais on a, dans la première partie, le privilège de pouvoir suivre le cours de l'installation à tel point que j'avais l'impression de lire un bouquin scientifique, genre d'un géologue ou un chercheur en je ne sais quoi. Une fois installée, cette femme mystérieuse se lance dans des défis montagnards insensés, quittant son gîte quelques jours pour aller faire de l'alpinisme et accessoirement mettre sa vie en danger. Cette partie est tout aussi pénible et ne peut plaire qu'aux alpinistes amateurs. 

    Ce qui aurait pu changer la donne et mettre un peu d'émotion dans ce roman est sa rencontre avec une sorte d'ermite, qu'elle appelle "la nonne" avec qui elle parle très peu mais boit beaucoup de rhum. Je signale au passage que cette nonne est assez capée en alpinisme également. Mais cette relation qui aurait pu casser le caractère un peu trop technique de l'ensemble laisse un goût d'inachevé. Je n'ai jamais compris ce que l'une attendait de l'autre et j'ai encore moins compris les paragraphes méta-philosophiques qui closent chaque chapitre. Donc, je suis passé à côté de ce roman atypique, un brin perché (pardon pour le jeu de mots) et mal embranché. 

    Je ne fais pas une fixation sur le Goncourt mais je constate  d'ailleurs que 'le grand jeu', malgré le fait que Céline Minard soit une auteure connue,  ne figure pas dans la première sélection (pourtant très élargie) et je n'en suis pas surpris. Je ne le conseillerais même pas à Julie Schittly me faisant part de son souhait d'aller s'isoler quelques mois en haute montagne. Ce serait le desservir. 

    lecture sept 2016, sur liseuse kindle, 192 pages, éditions Rivages, parution août 2016, note : 1.5/5

    Loïc LT