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  • Dominique A (aux Arcs, Quéven, le 12 mars 2016), compte rendu

    Nous étions allé voir Dominique A au liberté à Rennes en juin 2015 ignorant qu'il passerait plus tard plus près de chez nous. Mais pas grave, on voulait le revoir et puis finalement, il n'a pas du tout fait le même concert donc, pas de regret et de toute façon, ça ne m'aurait pas dérangé qu'il refasse le même. J'étais juste un peu déçu pour une de mes filles qui nous accompagnait que ne connaît que son dernier album (faut dire qu'elle en a en a bouffé au ptit dej) alors elle était un peu perdue. Nous aussi d'ailleurs, parce que quand on découvre une chanson sur scène, la voix du chanteur est un peu étouffée par la musique (encore que là, ça allait) alors c'est difficile de savoir de quoi il parlait. Mais quand même, on a découvert de nouvelles chansons de ses précédents albums. Il a même chanté la mémoire neuve, un titre de son premier album, un album qu'il renie un peu je crois parce qu'il a failli avoir du succès avec (avec le twenty two bar surtout). Pour les connaisseurs, voici la tracklist (fautes d'orthographe incluses) :

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    En première partie, alors qu'un type des Arcs m'avait dit que ce serait Robi, et bien ce fut Baptiste Hamon, un jeune chanteur (dont voici le blog) seul avec sa guitare et son harmonica habillé façon mon beau-frère de La Rochelle. J'ai adoré et d'ailleurs le mec est très sympa. On a discuté avec lui après le concert (mais pas avec Dominique A hélas) et il m'a promis qu'il mettrait les paroles de ses chansons sur son blog. Mec très accessible, influencé par la musique country us, ses chansons sont truffées de références littéraires et musicales et en plus il est fan de Dominique A. D'ailleurs, je lui ai dit qu'il avait un timbre qui ressemblait beaucoup à celui de son mentor, c'est à dire, une voix grave et un brin aristocrate (au bon sens du terme). 

    Concernant, Dominique A, et bien, il s'est donné à fond comme à son habitude, chantant raide comme un poteau  et puis parfois sans crier gare, il se met à danser la danse de Saint Guy (comme il dit), alors on dirait un tronc d'arbre muni d'une guitare qui devient fou. 

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    J'avais déjà fait une note sur le concert à Rennes, j'ai pas envie de me répéter. Sinon, petit regret : Dominique A ne laisse aucune place à l'improvisation. Plusieurs personnes lui ont demandé de chanter tel ou tel morceau (dont moi, j'ai demandé juste quelques secondes de en surface, il m'a regardé droit dans les yeux (c'est déjà bien, il sait que j'existe) et m'a dit qu'il ne pouvait pas, qu'il ne se rappelait plus des accords et du texte, il a quand même essayé 3 secs et a laissé tomber). Donc, concert très formaté. Evidemment, personne n'est surpris que les titres des rappels sont prévus d'avance...c'est ringard les rappels, il serait temps d'en finir avec ce jeu de dupes. Que dire d'autres ? Que le bassiste a toujours les fils qui se touchent (et pas seulement ceux de son instrument). On était 1200. Moyenne d'âge (40/45 ans), du coup, je ne suis pas surpris que mes jeunes collègues ne connaissent même pas son nom. 

    Bon, un conseil, écoutez sur deezer Baptiste Hamon (les titres Hervé, comme la vie est belle, peut-être que nous serions heureux)

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    Dominique A, les Arcs, Quéven 56, 12 mars 2016, première partie Baptiste W.Hamon. 

    Loïc LT

    Une petite vidéo captée par votre serviteur. Toujours difficile les vidéos mais celle-là est potable (mais je ne vous oblige pas à la visionner, ça reste globalement médiocre) 


     

  • recensement des cabines # 48 Lanrivain (22)

    samedi 06 février 2016 (9ème bourg)

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    Trémargat m'avait laissé sur ma faim au sens propre comme au figuré et je suis arrivé à Lanrivain lessivé, au sens propre comme au figuré également. Au point où j'en étais, n'ayons pas peur de répéter la même expression dans une même phrase. Il y a seulement 6 kilomètres entre les deux bourgs mais question mentalités, un océan les sépare à ce que j'ai cru entendre lors d'une discussion de comptoir.  J'avais atterri dans un bar où j'étais un peu l'attraction terrestre et lorsque j'ai évoqué Trémargat, j'ai le souvenir d'un consensus sur le fait que ce bourg de bobos ne tenait debout que grâce à de généreuses subventions versées au détriment des bourgs alentours. Trémargat ne serait qu'une vitrine pour attirer les gogos de mon espèce. Je me passerais de tout commentaire, je n'étais pas là pour faire de la politique.

    Préalablement, j'avais trouvé la cabine très facilement, elle m'était tombée dessus alors que j'avais presque oublié qu'elle était l'objet de ma venue. J'ai fait le service minimum, mes besoins primaires primant sur ces maudits habitacles métalliques. 

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    La supérette Epi était encore ouverte et j'y ai acheté de quoi me sustenter et puis donc, après avoir vaguement constaté la misère des lieux...

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    j'ai pris la direction du bar dont je parlais,  bondé de monde (un repas de la communauté britannique des environs apparemment),  avec la ferme attention de me renseigner sur la possibilité de trouver une écurie ou une grange pour allonger mon corps exténué.

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    La patronne m'a dirigé vers un autre bar plus tranquille où pensait-elle le patron pourrait peut-être me rendre service. Comme de fait, dans cet autre troquet douillet, le patron m'a proposé un gîte situé dans le bourg. Je l'ai suivi en voiture, il m'a vite fait faire le tour du propriétaire et je me suis vite couché et me suis endormi comme une masse. 

    J'ai très bien dormi et me suis levé de bonne heure, requinqué, frais comme un gardon et désireux de partir vers de nouvelles aventures. Le jour s'était levé et comme j'avais débarqué de nuit, j'ai pu voir à quoi ressemblait Lanrivain mais je ne me suis pas attardé car il me tardait de redescendre vers le sud. Après avoir discuté vers 8 heures avec le sympathique propriétaire qui m'attendait devant la porte depuis pas mal de temps apparemment (bizarre quand même), j'ai quitté le gîte entouré d'un joli petit muret et d'une petite barrière pittoresque. 

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    La Talbot a démarré au quart de tour et je suis parti, pas malheureux de quitter Lanrivain, pas que j'avais quelque chose contre ce bourg mais je n'étais pas très fier de ne pas avoir accompli comme il se doit mon devoir de recenseur. Peu après avoir quitté les lieux, je suis tombé sur ces étranges rochers empilés, qui sauvent un peu cette note triste comme un jour sans pain mais j'avais le cœur joyeux et le GPS était réglé sur Saint-Nicolas-du-Pelem situé à 7 kilomètres au sud est. 

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    Lanrivain, (22480), Côtes-d'Armor ,maire : Mathieu Geffroy ( liste : liste 'en finir avec Trémargat' ) , 525 lanrivanais 11 lanrivanaises. reportage (si on peut appeler ça un reportage) réalisé les 06 et 07 février 2016 ( arrivée à 17:36 le 06, départ à 08:30 le 07)  météo : quelconque. direction Saint-Nicolas-du-Pélem. 

    Loïc LT

  • rencontre avec Marie-Hélène Lafon (Larmor-Plage)

    Marie-Hélène Lafon ne fait partie de ces écrivains connus du grand public et elle ne fait pas partie non plus des goncourisables mais la dame, originaire du Cantal a fait son trou dans la littérature française, elle a trouvé une niche comme on dit et du coup a trouvé son public comme on dit aussi. J'ai lu deux romans d'elle : l'annonce (adapté au cinéma) et Joseph. La particularité de cette auteure est de décrire la campagne profonde, en l’occurrence ici le Cantal, ce que ne font pas beaucoup les autres écrivains français. A sa façon, elle est un peu la Annie Ernaux de la ruralité, même si, elle est romancière et non biographe. 

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    Elle était invitée ce soir par la médiathèque de Larmor-Plage (ma station balnéaire préférée), chose peu courante par ici et j'ai décidé d'y aller pour l'écouter évidemment mais avec la secrète intention de discuter avec elle après. On était à peu près 90 groupies dans la salle...dont 4 hommes ! On a compté. Elle est arrivée un peu en retard, plus coquette en vrai que sur les photos et n'a pas perdu de temps. J'ai moi-même posé deux questions que je retranscris à peu près ici :

    - Vous décrivez fort bien les petites fermes du Cantal qui fonctionnent à l'ancienne mais seriez-vous capable d'écrire un roman dont l'environnement serait celui d'une grosse exploitation laitière ou céréalière et par là-même décrire le malaise agricole (1 suicide tous les 2 jours) ? Elle m'a répondu que non, qu'elle ne pouvait écrire que sur ce qu'elle connaissait mais se souvenant de ma question, elle m'a interpellé quelques minutes plus tard pour lire un extrait d'un de ses essais où elle décrit avec poésie mais avec minutie le type de tracteurs-bolides qu'utilisent les cultivateurs de la Beauce. J'ai rebondi en lui répondant que si elle était capable d'écrire ça, elle était capable de faire un grand roman sur l'agriculture moderne. Elle m'a rétorqué qu'elle s'était beaucoup documentée sur les tracteurs (avait même appelé un ami je crois) mais qu'elle se voyait mal aller en immersion dans la ferme des mille vaches.

    - Votre livre l'annonce sorti en 2009 évoque le célibat des agriculteurs et le désir du fermier de trouver une femme via les petites annonces. Avez-vous même inconsciemment, été influencée par la célèbre émission de M6 ? L'assemblée a ri et elle a répondu que c'est une question qu'on lui pose souvent et que lorsqu'elle a écrit ce roman, elle ne connaissait pas cette émission (d'ailleurs, elle ne possède pas de télé).

    - Je lui ai fait une dernière petite remarque : avez-vous conscience que derrière le ton sérieux de vos romans, vous arrivez quand même à nous faire rire et presque plus qu'un auteur dont ce serait la marque de fabrique ? Je lui ai parlé des deux oncles muets qui regardent TF1 toute la journée dans l'annonce et de Joseph, qui, bourré comme un coing,  gare sa voiture au milieu du village, s'effondre sur le volant et met sans le vouloir en route le klaxon qui réveille toute la population, jusque ce qu'on vienne le sortir de cette mauvaise posture ? Elle acquiesce. 

    Elle a lu quelques passages (dont celui du tracteur qu'il faudrait que je retrouve), a répondu à d'autres questions et puis ensuite ce fut la traditionnelle séance de dédicaces. MH Lafon est plus déjantée qu'elle en a l'air. Il n'y a qu'à voir sa signature :

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    Je n'ai malheureusement pas pu discuter avec elle, parce qu'en bonne parisienne qu'elle est devenue, elle était pressée de rentrer (alors qu'elle venait juste d'arriver) et qu'il y avait trop de monde autour d'elle. C'était quand même une soirée sympathique et instructive. Excusez la médiocrité des photos, je n'avais que mon smartphone qui prend des photos pourries. 

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    On sent que ça bouillonne dans le cerveau de Marie-Hélène Lafon et qu'il faudra compter encore plus sur elle dans l'avenir ; elle a d'ailleurs laissé sous-entendre qu'elle n'allait pas forcément continuer à écrire sur la ruralité. 

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    Médiathèque de Larmor-Plage (Morbihan) , rencontre avec Marie-Hélène Lafon, 18h30/20h00, le 08 mars 2016

    Loïc LT

  • Un coin agréable dans les environs de Moscou (1972), Lucio Fanti

    A la page 425 de son roman (Naissance qui en compte 1601), Yann Moix évoque la figure d'un peintre en ces termes : 

    Pêche miraculeuse : mon père ne collectionnait pas les femmes, comme le faisaient des milliards de mâles torturés par l'instinct, mais ferait collection d'une seule, affrontant en propriétaire la monotonie, très consciencieux dans sa possessivité, polygame d'une épouse quasiment unique ( quelques "incartades" sans conséquences ni lendemain). Il venait de faire un trou dans ma mère, y passant un fil d'acier, la sanglant à son cou : il porterait cette femme, finirait par s'ennuyer avec, la poserait comme un canapé contre une fenêtre à double vitrage dans un salon aux baies blanches. Avec elle, peut-être et sans doute, il finirait par se noyer dans une grisaille à la Lucio Fanti (Un coin agréable dans les environs de Moscou, 1972, huile sur toile) : mais elle lui appartenait comme la mort appartient à l'éternité, le bruit au silence. Il pourrait faire fusiller ses propres enfants, à condition de la garder, même folle et refluante de baves, même ruine devenue, barbouillée de ses excréments - il avait soif de durée comme, dans cette métaphore indigne de moi, le vampire a soif de sang

    Voici la toile en question : 

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    Comme je mets du temps à lire ce roman, cette note est l'occasion de distiller un morceau de la prose de Yann Moix. Âmes sensibles s'abstenir ! C'est du brut de décoffrage mais en même temps, le narrateur (Yann Moix tout bébé) nous explique la fidélité sans faille de son père envers sa mère donc on l'excuse un peu de présenter la chose de façon un peu triviale. Et puis, il y a cette toile évoquée dans le passage.  Après une demi-heure de recherche, Lucio Fanti reste un mystère: pas de page wikipedia, très peu de réponses de google. Il dispose quand même d'un site internet mais sa biographie est très courte : Lucio Fanti, né à Bologne en 1945, vit et travaille à Paris. 

    Au début, quand je suis tombé sur cette toile, je me suis dit que le peintre était un communiste mettant son talent au service du pouvoir soviétique. On y voit une famille heureuse, la belle berline est garée derrière et l'on s'amuse dans les environs de Moscou donc. Lucio Fanti met quand même en évidence des nuages gris et menaçants mais en tout cas, prise comme ça, cette toile ressemble à une commande des autorités russes ou à une réelle envie du peintre de nous décrire la façon dont il voit le quotidien de l'URSS en 1972. On a vu plein de tableaux narratifs de ce genre ventant le bonheur de vivre en URSS et en tout cas, moi, je n'en voudrais pas dans mon salon, ni pour le fond ni pour la forme. Mais en fait, les choses sont plus compliquées car en poussant les recherches, je suis tombé sur ce site où l'on peut lire :

    Lucio Fanti naît en 1945 à Bologne. Il s’installe à Paris en 1965 et débute son activité plastique en 1967. Il expose dès 1968 au Salon de la Jeune Peinture avec les peintres de la Figuration Narrative réunis autour du critique Gérald Gassiot Talabot. Sa première manière, réalisée d’après des clichés photographiques russes, dénonce la dérive du régime communiste avec mélancolie. Comme Louis Althusser le faisait remarquer, « Lucio Fanti joue avec les clichés, non pour s’en jouer, mais pour les faire voir à nu. Il n’y a que les rois nus qui règnent ». Une mise en abyme mélancolique à l’image de Maïakovski, son double poétique, dont la figure et l’œuvre accompagne symboliquement la production du peintre.

    Je ne suis pas un grand spécialiste de peinture mais j'en conclue que par ce tableau, le peintre a voulu se moquer de l'art communiste et des artistes à la solde du pouvoir. Maintenant, il s'agit de trouver le rapport entre ce tableau et le propos de Yann Moix. Les choses sont assez claires. On peut comparer ce père russe jouant avec son enfant auprès de sa femme (belle et souriante comme la maman de Martine) au père du narrateur qui met la fidélité au dessus de tout. Mais quand même, on se demande pourquoi l'écrivain est allé chercher cette toile derrière les fagots. Comme il vit et travaille encore à Paris et que Yann Moix a des entrées un peu partout, peut-être se connaissent-ils et que l'écrivain a voulu rendre hommage à son ami italien. Mais ce ne sont que supputations. De toute façon, ce passage se noie dans cet océan romanesque mais il paraît évident que Naissance est le premier roman dans lequel Lucio Fanti est cité. 

    Je me coucherai moins bête ce soir, comme on dit et vous aussi, même si connaître cette toile ne sert à rien. Je continue à assister à la naissance du chroniqueur de Laurent Ruquier. Heureusement que l'accouchement de mes deux filles n'a pas duré aussi longtemps, d'ailleurs aucune naissance n'a connu une telle longévité. Yann, je ne sais pas si t'es un génie ou un mythomane  ( je trancherai plus tard), en tout cas, tu envoies du bois comme disent les canadiens et quand je vois tout ce qu'il me reste à ranger (les trois quarts), je me demande si j'aurai fini avant l'hiver prochain et si j'aurai de la place pour tout mettre. 

    Loïc LT