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  • CR74 - un soupçon d'indigo - Michèle Gazier

    IMGP6119.JPGmot de l'éditeur : Que signifie disparaître ? Un homme, Maurice Gil, disparaît sur une île des Antilles. Qui était-il ? Pour Lucie, sa petite fille, qui ne connaît de lui que ce qu’on a bien voulu lui en dire, c’est tout à la fois un héros et un déserteur. Une icône floue et ambiguë. Quand, presque à son insu, elle en retrouve soudain la trace sur l’île de Marie-Galante, toute son existence en est rétrospectivement bouleversée. Pour Isabelle, la fille de Maurice, c’est une autre affaire. Elle l’a laissé s’enfuir dans son exil tropical, et a trop longtemps fermé ses beaux yeux indigo – de ce bleu si particulier que lui a donné son père et qu’elle a légué à Lucie. Elle n’a pas voulu voir l’immensité des sentiments de cet homme, de son amour, de son dépit, de sa colère. Pour elle, c’est l’histoire d’un deuil impossible. Quand au troisième narrateur de ce roman, ami du disparu, il raconte avec une rare émotion la fin flamboyante d’un homme révolté, déchu, et enfin libre.

    mon commentaire : Après quelques minutes de lecture, je me suis dit que je perdais mon temps avec un roman mineur, comme savent en pondre à la pelle les écrivains français d'aujourd'hui. Puis petit à petit, tranquillement mais sûrement j'ai été happé par cette histoire, un brin naïve certes, peu crédible (encore le récit d'un nanti qui quitte tout du jour au lendemain) et plein de bons sentiments, mais terriblement émouvante et incroyablement bien écrite. (récit à trois voix). Je vous avouerais même que sur la fin, je n'étais pas loin de pleurer. une réussite donc.

    Le Seuil, 272 pages, 02/2008
    Note : 4/5
    lecture du 10.02 au 13.02.09
    à venir : les accommodements raisonnables, Jean-Paul Dubois

  • l'espèce de jogger, journal #1

    l'athlete.jpgJ'ai continué à copieusement m'entrainer cet hiver malgré les conditions climatiques pas toujours franchement encourageantes. 3 séances en moyenne par semaine (une séance de fractionné, une sortie longue, un chrono). Ma dernière course fut les foulées de Questembert le 21.12.08 où j'ai réalisé  10kms en 42.35, ce qui est mon meilleur chrono de la saison 08.
    Pour 2009, l'objectif sera de se rapprocher des 40mns. Et pour ce, je suis conscient qu'il va falloir que je hausse le rythme dans les séances de fractionné. En effet, jusqu'ici je me contente de faire les 1000m entre 3.50 et 4.00 (avec une récup de 2').Ce n'est pas suffisant.
    Reprise des compétitions le 08.03 avec un 15kms à Theix (où je vise 1h04). Pour le reste, voici mon calendrier :


    - 08 mars : 15kms, Tout Theix Court
    - 26 avril : 10kms, Gavres-Port-Louis
    - 29 juin : 10kms, foulées du Ter, Ploemeur
    - 09 août :13.5kms, foulées Langoustine, Locmiquélic
    - 18 octobre : 13kms, foulées du Golfe, Vannes
    - 20 décembre : 10kms, foulées de Questembert.

    Aucun trail, aucun semi. Mon but est de m'éclater au maximum sur asphalte et sur des distances pas trop longues.

    Loïc

  • l'optimisme comme art de vivre.

    26012009415.jpgJe viens de laisser un message sur un forum où je dis que j'en ai un peu marre du pessimisme ambiant, de la tendance à l'auto-flagellation de nos sociétés occidentales, du déclinisme et de tout ce doit faire regretter aux gens d'être heureux C'est pour cette raison que petit à petit, je me suis coupé des médias car les journalistes du fait de leur incompétence et de leur démagogie nous mentent et noircissent un tableau qui n'est pas tout rose, certes mais qui n'est pas tout noir non plus. Moi je ne roule pas sur l'or, je gagne 1000€ par mois mais l'argent n'est pas ma motivation première. La plupart des choses que me procurent du bonheur sont gratuites (regarder mes filles, les couchers de soleil, un bon bouquin, un footing en forêt, une soirée entre amis, écouter le requiem de Mozart, revoir un vieux film, composer des poèmes dans ma tête etc etc ).

    Et quand par hasard je tombe sur un blog politique (de gauche ou de droite peu importe) où le blogger, un certain Marc Vasseur,  utilise comme sous-titre cette phrase de Bernanos : «L'optimisme est une fausse espérance à l'usage des lâches et des imbéciles», l'imbécile ou le lâche que je suis devient vert et alors n'a qu'une envie, aller se prendre un bon whisky.

    Et c'est ce que je vais faire. bye, Loïc

  • CR73 - le rivage des Syrtes - Julien Gracq

    syrtes.jpg

    mot de l'éditeur : Aldo, à la suite d'un chagrin d'amour, demande une affectation lointaine au gouvernement d'Orsenna. S'ensuit alors la marche à l'abîme des deux ennemis imaginaires et héréditaires.

    Les pays comme les civilisations sont mortels. C'est à ce fascinant spectacle que Julien Gracq nous convie ici. Cette insolite histoire de suicide collectif laisse une subtile et tenace impression de trouble.

    mon avis : Le Rivage des Syrtes est une sorte de roman blanc où circulent des vents arides, des rumeurs infondées, des propos diplomatiques et des âmes qui s'ennuient et où l'on attend en vain que quelque chose se passe. Et si ce quelque chose était la résurgence d'un conflit ancestral entre Orsenna et le Farghestan, discret ennemi dont on devine les côtes depuis le rivage des Syrtes ? Aldo , jeune homme d'une grande famille est envoyé sur les lieux en qualité d'observateur et ressent très vite comme une rumeur évanescente, des indicibles bruits de fond et même une lumière différente enveloppant la lagune qui termine le territoire d'Orsenna. Il va faire, avec Le Redoutable, une brève incursion dans les eaux ennemies, incursion qui sonne comme une provocation puisqu'on lui répond par trois coups de canon. Mais le roman se termine comme il commence : dans l'atonie des palais d'Orsenna.

    Ce roman n'est pas sans rappeler le château de Kafka où l'intrigue minimale ne semble pas justifier le roman. Mais je trouve que dans les deux cas, c'est ce qui fait leur grandeur. Car, finalement, c'est un peu facile que de retenir le lecteur par des histoires étonnantes, avec des coups d'éclat, des rebondissement etc. Ce n'est peut-être pas à la portée de tout le monde que d'écrire un roman et  ce n'est pas à la portée de tout écrivain d'écrire un roman inconsistant.
    Mais aussi ténue soit-elle, il y a quand même une histoire dans le Rivage des Syrtes. Ma lecture personnelle est qu'Orsenna est peu l'image de nos nations occidentales : au fin fond de l'histoire, la vieille Europe s'invente des maux pour ne pas sombrer dans l'ennui.
    Le style est parfait, fait de longues phrases qui tombent comme autant d'évidences. une merveille.

    extraits. sur l'espèce de guerre (p14 et 15) :


    Les années s'accumulant d'une guerre aussi accommodante, on en vint peu à peu, à Orsenna, à considérer tacitement l'idée même d'une démarche diplomatique pacifique comme un mouvement immodéré, comportant quelque chose de trop tranché et de trop vif, qui risquait de retourner malencontreusement dans sa tombe le cadavre d'une guerre malencontreusement mort de sa bonne mort. La liberté extrême que donnait cette issue indéterminée d'exalter sans démenti les grandes victoires et l'honneur intact d'Orsenna était d'ailleurs un garant de plus de la tranquillité générale ; les derniers soupirs guerriers trouvaient leur exutoire à l'aise dans les fêtes qui continuaient à célébrer l'anniversaire du bombardement. [...]

    Ranimés ainsi subtilement dans les vers des poètes, il était significatif de remarquer que même la langue morte des actes officiels, de tous les jours s'employait au mieux, de son côté, à conserver intactes les cendres de ce cadavre historique ; ainsi on n'avait jamais consenti à la Seigneurie, sous un précieux prétexte de logique, à changer un mot au vocabulaire du véritable temps de guerre : la côte des Syrtes demeurait, pour les bureau "le front des Syrtes" - "flotte des Syrtes", les misérables carcasses que j'avais fonction de surveiller - "étapes des Syrtes", les bourgades qui jalonnaient de place en place la route du Sud. [...]


    On pouvait considérer assez rêveusement, à la lueur de ces vagues indices, que l'inachèvement même de cette guerre, signe en réalité d'une chute de tension sans remède, était l'essentielle singularité qui nourrissait encore quelques imaginations baroques - comme si une conspiration latente se fût ébauchée çà et là de mains obstinées encore à tenir absolumententr'ouvertes les lèvres prêtes à se sceller d'elles-mêmes de l'événement - comme si l'on avait chéri là inexplicablement  l'anomalie bizarre d'un événement historique mal venu, qui n'avait pas libéré toutes ses énergies, n'avaient pas  épuisé tout son suc.

     

    lecture du 01.02 au 09.02.09, note : 4.5/5.

  • Dominique A

    dom.jpgMon troisième chanteur français préféré (après Etienne Daho et Charles Aznavour - oui je sais, ça fait très ado cette façon de classer les artistes ! -) sort un nouvel album le 06 avril. Le titre de cet album est très recherché puisqu'il s'agit de la musique.  On peut écouter un extrait de ce nouvel opus sur son myspace. Ça s'appelle Immortels et c'est magnifique ! Symphonique, enivrant. Espérons que l'album soit de la même veine.

    Ce que j'aime chez Dominique A c'est la distance qu'il prend par rapport à son texte, son côté un peu brechtien (qu'on retrouve chez Françoiz Breut) qui pour beaucoup s'apparente à de la pédanterie. C'est ce qui fait, je pense, qu'il reste un peu à part et relativement méconnu du grand public et qu'il ne sera jamais récompensé aux victoires de la Musique où on prend peu de risques et où se croit branché parce qu'on a créé une catégorie rap et une catégorie musique électronique. La modernité n'est pas toujours là où elle se trouve, euh non, là où on pense qu'elle est, là où on dirait qu'elle est plutôt.

    Par ailleurs, il me plait de constater que malgré la crise du disque (je n'aime pas trop le mot crise qu'on utilise pour un oui ou pour un non, à tort et à travers dans l'industrie du disque, il y a vraiment une crise), les artistes ne baissent pas les bras et continuent à sortir des albums, que pour ainsi dire ils offrent au public.

    Loïc

  • comment j'ai joué dans basic instinct

    elephant.jpgTout à l'heure en regardant Ivanhoé, il m'est venu une réflexion tout conne et je me suis en ricanant que ça ne valait pas la peine de l'approfondir, encore moins d'en parler. Donc, j'en parle.

    Là voici : Je n'ai pas joué dans Ivanhoé car ce film a été réalisé avant ma naissance, alors qu'au contraire, je suis au casting de tous les films qui ont été faits après, c'est à dire après le 12 mai 1973 (au moins en tant que figurant). Évidemment, on ne me voit pas dans ces films car je ne suis pas dans le champ de la caméra. Mais peu importe j'y suis quand même. Derrière, sur le côté, à des milliers de kilomètres ou moins, j'y suis. Ce n'est que par simple contrainte technique qu'on ne me voit pas et qu'on ne voit pas tous les êtres humains. C'est parce qu'une caméra ne peut pas balayer toute la planète, parce qu'elle ne voit pas à travers les murs, à travers les montagnes. Et aussi par ce que le réalisateur n'a pas jugé utile de m'y mettre ..mais après tout, sa décision est très subjective.

    Et par exemple, dans Basic Instinct, film dans lequel j'ai joué (et qui passait ce soir aussi), pour certaines scènes, j'ai la même importance que Sharon Stone. Ces scènes, ce sont celles où ne la voit pas. Et bien, moi non plus, on ne me voit pas. Ce n'est pas parce que SS n'est pas dans telle scène qu'on se dit à ce moment-là qu'elle ne joue pas dans le film.  C'est juste parce que pour cette scène, il n'y avait pas besoin d'elle. Et bien, il n'y avait besoin de moi pour aucune scène mais ce n'est pas mon problème. Donc voilà. Et puis, j'ai joué dans Elephant de Gus Van Sant, et c'est pourquoi je l'ai regardé ce week-end. Je voulais savoir comment j'étais. Le film étant sorti en 2003, il a dû être tourné en 2002. Et certainement en automne 2002. Donc, au moment où la caméra se ballade dans les couloirs du lycée, je suis quelque part, très loin, de l'autre côté de l'Atlantique , dans un bureau du cer56 cerfrance où j'exerce consciencieusement la profession de comptable. A aucun moment, alors que je pianotais sur le clavier de mon ordinateur, je ne me suis douté que j'allais apparaître virtuellement dans ce chef d'oeuvre. Après coup, ça fait bizarre.

    Il faut se dépêcher de lire cette note car souvent après une bonne nuit réparatrice, il m'arrive de supprimer toutes les traces de mes bêtises faites ou écrites la veille.

    Loïc, 0h10