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  • paysage avec zone # 3

    79646b61e82f6922df1cf5ab517fa3f8.jpgCe matin, muni de mon Pentax optio 60 6MP3XZOOM12MBBUILT, j'ai dans l'idée de dégoter quelques terrains vagues. Direction Hennebont, ville pittoresque (communiste, hélas..), médiévale mais qui recelle dans ses alentours de zones industrielles pratiquement abandonnées. Deux lieux m'intéressent en particulier :
    - la zone industrielle du Ty-Mor (où je vécu un an dans ce qui ressemble plus à un hangar) au bord du Blavet. Des épaves y gisent dans des marais entre deux industries navales et quelques entrepôts en taule à moitié dévastés. Quelques appartements hideux ici ou là, les restes d'un ancien bar typique : le bonheur pour un 'photographe en quête de non-lieux.
    - les alentours des anciennes Forges d'Hennebont (usine ayant comptée jusque 3000 ouvriers, fermée depuis 1966) toujours au bord du Blavet. Pas mal de bâtiments en tôle rouillées, qui plus est, souvent en ruine. Cependant, quelques petites industries squattent 55606ba4d03385bb59e7d4fe0043bec7.jpgune partie des forges mais pour l'essentiel, c'est un vrai spectacle de désolation où la végétation tente tant bien que mal de rependre ses droits.

    2 soucis cependant :
    - j'emmène dans ce périple aux confins de nulle-part mes deux gamines pas forcément intéressées (et on les comprend) par ces endroits.
    - mon appareil photo est loin de m'apporter entière satisfaction et ce, depuis que nous l'avons acheté il y a deux ans. Je ne suis pas un pro mais je trouve le rendu approximatif, j'ai de gros soucis avec le zoom, avec le flash..etc

    En fin de compte, on va dire que j'ai fait du repérage. Déjà, je ne suis pas descendu de voiture (sauf pour discuter avec un type qui pêchait en face de forges). Je reviendrai un soir d'automne quand le temps et les heures seront aussi absents et destructurés que ces endroits fc60f32cf7fa7b79c0fceffe59673b6b.jpgoubliés. Donc, je vous livre juste quelques photos pour vous donner un aperçu des lieux (clic dessus pour agrandir).

     

    J'ai une idée de titre pour illustrer cette quête de lieux moches : terrains vagues à l'âme.  Je vais essayer de faire des recherches sur cette école de photographes. Pour l'instant, connaissant très peu (à part Thibaut Cuisset), je suis en train de me fixer mes propres règles à savoir :

    - aucun être humain sur la photo. Un être humain est synonyme de vie or la démarche vise l'absence de vie et de temps.

    - il y a des endroits comme les décheteries ou les poubelles qui sont hideuses par définition. Ce serait trop facile. Donc, pas de ces photos-là non plus

    - préférer des jours nuageux et venteux. C'est plus dans l'esprit. La lumière du soleil est trop synonyme de vie. Eviter aussi la végétation, synonyme de croissance et de buccolisme.

    Pour vous donner une idée de ce qui se fait de mieux dans cet esprit, admirez les photos ci-dessous (la seconde est de Wiliam Eggleston) :

     

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    97043965d6a9ea29b0869fd2a9e79b03.jpg
     
  • CR2 comment je suis devenu stupide - Martin PAGE

    0bca0d463527a5e3a5eb5c2c32be3496.jpgC'est l'histoire d'un type, Antoine, qui est malheureux car il se trouve trop intelligent et donc ne cesse de se morfondre sur l'absurdite de nos vies, sur la misère etc. Comme il en a marre de toujours chercher à comprendre tout, il décide de changer brutalement sa vie et de devenir stupide. Il essaie l'alcool mais il ne le supporte pas. Il essaie le suicide mais ça ne lui convient pas non plus. Finalement, grâce au médicament l'heurozac, il parvient à vivre pleinement. Par l'entremise d'un vieil ami, il devient courtier en bourse. Gagnant plein d'argent suite à de gros coups de bourse, il mord à pleine dent dans la société de consommation. Mais ses anciens amis rebelles le ramènent à la réalité. Avant de quitter sa boite, il provoque volontairement une crise financière mondiale et reprend sa petite vie de bohème. A la fin, il rencontre une fille qui lui ressemble..

    mon commentaire : l'idée est bonne et certains passages sont hilarants. Mais quand je lis un roman, de deux choses lune, l'autre le soleil. Soit il est encré dans la réalié, soit il ne l'est pas et celui-là je ne sais pas où il est. Alors qu'il raconte des scènes de vies banales, l'auteur se met à sortir des propos proprement surréalistes et puis reprend le cours normal de l'écriture. Exemple : Antoine se rend à la bibliothèque de Montreuil pour emprunter des bouquins sur l'alcoolisme. Le bibliothécaire trouve ça bizarre et alors voici ce qu'il devint par la suite : 'le bibliothécaire passa les jours suivants à se demander si cela était une plaisanterie, puis il mourut, mystérieusement étouffé sous un groupe de touristes allemands près de la Tour Eiffel'. Même en cherchant bien, je ne vois pas le message qu'a voulu faire passer Martin Page...et plein de passages comme ça.

    Autrement, pas mal de caricatures dans ce livre sur les excès de notre société. On passe quelques bons moments mais je ne recommande pas.

    le livre, l'objet : emprunté à la bibliothèque de Camors (la bibliothécaire est décédée quelques jours plus tard après s'être étouffée en mangeant des livres de Christine Angot), le livre (éditions France Loisirs, collection piment) a juste une petite odeur si particulière qu'ont tous les livres ayant séjournés quelques mois en biblio. La couverture représente un type dont les yeux sont couverts par des billets de banque. la symbolique ? sans doute que si tu veux ne pas voir l'absurdité de ce monde, cache toi en jouant son jeu..

    Note (/5): 2.5

     

  • paysage avec zone # 2

    Telerama a enfin mis en ligne l'article dont je vous parlais avant hier. Le voici. (signé Luc Desbenoit). Par contre, ils n'ont pas mis la photo..alors je l'ai photographié. C'est pas net mais ça donne une idée. fantastique..

     

    Thibaut Cuisset, un Hérault contemporain. L’Hérault vu sans complaisance. Beau, même dans les lieux les plus ingrats.
    155d38b3978ddf7f3d19fbad75584a52.jpgCette photographie a été prise dans l’Hérault, à côté de l’étang de Thau. Au premier coup d’œil, on se dit que c’est la zone. Un garage de tôles rouillées, une caravane qui attend le retour de ses propriétaires, des cabanes et un poteau de béton planté en plein virage et relié à d’autres poteaux par une géométrie de fils dans le ciel. Emu par cette scène éclectique, Thibaut Cuisset a installé le trépied de sa chambre photographique au beau milieu de la route, à l’endroit précis où l’attendait cette image – comme il l’avait vue en un éclair, au volant de sa voiture. Une image qui révèle peu à peu sa complexité et en devient fascinante. Non seulement à cause du dialogue harmonieux noué entre le fouillis végétal et le bric-à-brac du bâti, qui a poussé au petit bonheur la chance. Mais aussi à cause des informations qu’elle délivre sur la recherche précaire du bien-être dans ce département touristique à forte fréquentation populaire.

    En une soixantaine de tableaux, ce photographe de 48 ans, réputé pour son travail sur les paysages du monde entier, dresse ici – et à la demande d’un mécène, l’entreprise Technilum – un portrait sans complaisance de l’Hérault contemporain. Sans dénoncer quoi que ce soit. Bien au contraire, le photo­graphe métamorphose le banal et la laideur tels qu’il est convenu de les stigmatiser – zone pavillonnaire en plein champ, camping-car stationné en bord d’étang, bétonnage du littoral à la Grande-Motte… – en tableaux rythmés, épurés et sereins. Thibaut Cuisset n’a pas d’autres préoccupations que de décrire son temps, de raconter l’histoire à travers la géographie. Il invite le spectateur à se débarrasser de tout préjugé, à débusquer la beauté dans les lieux les plus ingrats (1). A regarder les choses telles qu’elles sont. Ou plutôt telles que lui parvient à les voir
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  • paysage avec zone

    Je ne suis pas un grand spécialiste de la photographie d'art mais je m'intéresse depuis quelques temps à un certain type de photos représentant à peu près rien du tout, des non-lieux, des terrains vagues, en marge, près des zones industrielles, en clair des endroits totalement improbables. Je me disais (pas plus tard que hier) que fasciné par ce type de clichés, il allait falloir me lever tôt pour en dégoter. Et bien figurez-vous que le Telerama de ce jour comporte un article sur un maître du genre, Thibaut Cuisset. L'article de Luc Desbenoit trouve les mots justes pour expliquer ce qui peut toucher dans ces 'anti-clichés'. Y'a pas à dire, le métier de journaliste, ça ne s'improvise pas et nous les blogueurs, on est vraiment des charlots... Rien que le titre déjà, il fallait le trouver. D'ailleurs, je l'ai récupéré pour cette note. Les articles de Télérama sont des modèles du genre. Ceux qui les écrivent ne sont pas des tabayos. Bon mais pour illustrer cet article exquis, il y a une photo..mais je ne trouve rien de tout cela sur le site du magazine (qui ne reprend pas tout l'édition papier). Cette photo est tout simplement non-magnifique et ne pousse pas à la réflexion. C'est ça qui est bien. Mais comme je suis un mec bien, je vais quand même illustrer cette non-note par une non-photo de Mr Cuisset (tapez Thibaut Cuisset dans google-image..). L'idée, maintenant est de passer à la pratique. ça tombe bien, demain je vais à Hennebont et je connais dans cette ville de magnifiques zones de rien. Demain soir, mon premier cliché ici !!
    6e5b5239ce2882bf82fb82b7ae06500a.jpg

  • les albums de la vie # 1

    bonsoir les amis, Le blog prend ses quartiers d'été et donc il n'y sera question que de lectures, coups de coeur divers et de musique. J'ai envie de vous faire partager les albums qui m'ont marqué et à chaque fois d'en sélectionner un ou deux extraits. Commençons par Etienne Daho. Quand est sorti Eden en 1995, je m'intéressais vaguement à lui, pas plus, pas moins. Ce n'est qu'à la fin du vingtième siècle, après avoir acheté une compilation (daho singles) que j'ai eu un flash. Quelques jours plus tard, j'ai découvert Eden. Une sorte d'album concept sur la thématique de l'eden (au sens vaguement biblique) sur une musique électronique flirtant avec la bossa nova et la pop française classique. un petit bijou...que nous écoutions en boucle lorsque 2ans plus tard, j'habitais au bord du blavet. un été chaud..dans tous les sens du terme. les peaux moites et..la musique d'Etienne accompagnant cette atmosphère tropicale.. Ecoutez 'les passagers' et 'les pluies chaudes de l'été', deux petites merveilles....les bords du Blavet dans les longs soirs de juin..on s'y croirait..
    10f527bf9a91f51966f96d5b9bc7baf5.jpg

  • CR1 - les années douces - KAWAKAMI Hiromi

    90b24540975ffa8ae34aed045e4a6b49.jpgFormat : poche

    collection : picquier poche (n°244)

    année de publication : 2001 (traduit du japonais en 2003 par Elisabeth Suetsugu)

    titre original : Sensei no kaban

    couverture : un coin de table avec une carafe aux motifs asiatiques, une baguette, une tasse, un peu d'un plateau...

    odeur du livre : colle industrielle sans beaucoup d'intérêt. rappelle peut-être l'odeur du bois dans une menuiserie

    prix : 7.50€

    lieu d'achat : Espace culturel dans la galerie Leclerc de Vannes.

    motif de l'achat : impulsif mais quand même, depuis quelques temps, l'envie de lire un roman asiatique.

    Présentation de l'éditeur : Tsukiko croise par hasard, dans le café où elle va boire un verre tous les soirs après son travail, son ancien professeur de japonais. Et c'est insensiblement, presque à leur cœur défendant, qu'au fil des rencontres les liens se resserrent entre eux. La cueillette des champignons. Les poussins achetés au marché. La fête des fleurs. Les vingt-deux étoiles d'une nuit d'automne... Ces histoires sont tellement simples qu'il est difficile de dire pourquoi on ne peut les quitter. Peut-être est-ce l'air du bonheur qu'on y respire, celui des choses non pas ordinaires, mais si ténues qu'elles se volatilisent quand on essaie de les toucher. Ce livre agit comme un charme, il capte en plein vol la douceur de la vie avant qu'elle ne s'enfuie.

    Mon commentaire : un petit livre comme je les aime fait des petites choses de la vie. Dommage que la fin soit aussi décevante (à savoir que Tsukiko et le maître décident de vivre une relation amoureuse). Sinon, on se trimballe dans un Japon 'moyen', où l'on boit du saké tous les soirs, où tout le monde a un emploi et trouve normal de se rendre au bureau le weekend etc etc. Ceci dit la narratrice parle très peu de son boulot. La lecture se fait au rythme de saisons et du temps qu'il fait.rien de révolutionnaire mais fort sympathique

    un extrait : Tant qu'à faire, je trouve plus agréables les journées d'hiver, si brèves qu'elles semblent vous chasser. Quand on se dit que de toute façon le jour va bientôt décliner, le coeur prêt à accueillir l'obscurité légère et élégante qui fait naïtre le regret. Maintenant que les jours ont rallongé suffisamment pour faire dire, tiens, il ne fait pas encore nuit, un peu plus et il fera nuit, on perd pied. Voilà, la nuit est tombée, et l'instant d'après, un sentiment de désolation s'empare de vous et vous enveloppe d'une solitude pesante et lancinante.

    Je trouve que cet extrait a de petits accents proustiens..non ?

    loïc