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  • recensement des cabines # 31 Quibou (Manche 50)

    Ce matin frais comme un gardon, je me décide à faire un petit circuit 'cabine-express' dans le Cotentin (c'est le nom que je donne quand je ne reste pas une heure à traîner dans les bourgs) où je passe quelques jours. Cela ne signifie pas que ce sont des sous-reportages mais je suis obligé d'accélérer le mouvement. Un exemple : ce soir, quand on est rentrés de Normandie, on est passé par le bourg de Baud (dont j'avais fait un reportage), qui se situe près de chez moi et j'ai constaté sans amertume (car tel est le destin des cabines) que les deux cabines du bourg avaient été enlevées par des extraterrestres ou alors des employés communaux, je ne sais pas encore.

    Donc, ce matin voici le circuit que je m'étais concocté. Je dois dire que je l'ai choisi un peu au hasard, un peu aussi pour le nom si charmant de certains villages...mais en tout cas pas pour faire du tourisme puisqu'on m'avait averti que je n'allais pas visiter les plus beaux villages de France. 

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    Je vais commencer par le village de Quibou, peuplé de 929 quibois, qui fut en fin de compte le dernier village visité. A 500 mètres du village, une pancarte m'informe que je suis sur la bonne voie et qu'on a l'intention d'augmenter le nombre de quibois, au moins de 4 foyers fiscaux dont l'un aura le bonheur de profiter d'un jardin de 1117 m2. 

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    Bonjour Quibou

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    Avec l'expérience que j'ai acquis, je ne mets pas longtemps à trouver la cabine (en plus, là, y'avait un peu de stress, je n'avais pas regardé sur google map street si le village en était pourvu) mais j'ai le flaire pour ça. Je trouverais même une cabine enterrée dans un champ. Donc Quibou dispose d'une cabine standard, située près de ce qui doit être une salle de fêtes. L'écran digital informe que le téléphone est hors service. Je communique quand même le numéro : 02 33 56 04 53.

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    Je ne suis donc pas resté faire la danse de Saint-Guy devant cet édicule promis à un démantèlement imminent dans l'indifférence des quiboises et des quibois. J'ai donc visité  le bourg qui possède une belle mairie. Qu'il doit être agréable pour un couple fraîchement enchaîné par Christelle Lebedel de descendre cet escalier court mais majestueux. 

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    Voici à quoi ressemble les rues de Quibou. Rien d'original dans le Saint-Lois. Si Quibou a été bombardé en 1944 (nous sommes à quelques kilomètres de Saint-Lô), on a vu pire en matière de reconstruction. 

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    Tous les commerces sont réunis dans un seul pâté de maison, et quand je dis 'tout', je crois pour être entré dans le bar que l'Epi-service et le bar-tabac ne font qu'un, d'ailleurs le tout s'appelle l'escale quiboise. Au comptoir, des quibois buvaient  uniquement de la bière (mais un client qui boit n'est pas forcément un quibois), ce qui m'a surpris d'ailleurs car c'était juste l'heure de l'apéro. Moi j'ai pris un café vanillé, discuté trente secondes avec la patronne et dit au revoir.

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    En sortant, je ne suis pas passé à côté de cet écriteau placé au dessus de l'enseigne du bistrot mais je ne suis pas rerentré pour demander le pourquoi de la chose.

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    Des petites ruelles sympathiques, des longères interminables, quelques maisons contemporaines ici ou là, telle est la configuration de Quibou. Je n'ai pas pris l'église qui ne présente aucun intérêt, pas même la crèche extérieure que j'ai trouvée décevante. 

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    Par ailleurs, j'ai trouvé horrible ces inscriptions autour de l'église (il y en 2 ou 3). Si encore, c'était du végétal, je dis pas, mais là, ça a l'air d'être de la mosaïque posée sur une bâche qui part en vrille, ça n'a aucun intérêt, sauf à se convaincre qu'on est bien à Quibou.

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    Quibou (50750), Manche, reportage réalisé le 27 décembre 2015. temps de saison. site internet (récent) : ici

    Loïc LT 

  • cinéma # l'homme tranquille -John Ford (1952)

    the quiet man, cinéma, congJe ne connaissais pas ce film avant que mes condisciples et moi sommes passés dans le village de Cong, petite bourgade irlandaise se situant au nord d'un grand lac du Connemara. Ce petit village un peu perdu et peuplé de 600 catholiques garde quand même une petite renommée puisqu'il a servi de décor à la plupart des scènes de the quiet man de John Ford. Le film date de 1952 et met en scène Maurenn O'Hara (qui est morte alors que nous étions en Irlande, étonnant non ? ) et surtout John Wayne, âgé alors de 45 ans et déjà mondialement connu. On imagine l'effervescence dans ce village lors du tournage du film. 

    Je l'ai donc téléchargé et regardé devant mon pc. Le film raconte l'histoire de Sean Thornton,  boxer américain qui dégoutté d'avoir tué son adversaire lors d'un combat décide de retourner dans son Irlande natale pour y vivre une vie tranquille. Il retrouve la chaumière de ses parents en ruine et décide de la racheter mais a maille à partir avec un propriétaire terrien qui ne veut pas la lui laisser. Les enchères montent et finalement, c'est Sean qui l'emporte provoquant la colère de son concurrent. Mais non content de lui avoir piqué la chaumière, Sean tombe en plus amoureux de la fille du type, Mary Kate avec qui il se marie et tout et tout.

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    Tout cela se passe dans une Irlande très catholique et donc l'histoire d'amour entre Sean et Mary Kate est entravée par les contraintes de l'église. En plus Mary Kate Doneher est pudibonde à l'extrême mais le charme de Sean opère et tout est bien qui finit bien même si la père Doneher ne cesse de mettre des bâtons dans les roues de la charette. 

    Le film est à l'image de ce qui se faisait à l'époque, à quoi il faut rajouter donc le poids de la religion. On peut trouver le film misogyne (mais comme on dit, il faut se replacer dans le contexte), très fleur bleue mais plus que l'histoire, c'est le décor qui a retenu mon attention. J'ai reconnu clairement la rue principale de Cong (qui dans le film s'appelle Inisfree), la Main Street avec sa croix en pierre au milieu de la rue. Par contre, je n'ai pas vu la scène où Sean porte Mary Kate comme sur l'affiche du film et sur la statue du village :

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    La seule scène qui me vient à l'esprit est moins romantique : on y voit Sean traîner sur le sol sur des kilomètres Mary Kate pour je ne sais plus quelle raison (il y a quelques semaines que j'ai vu le film et les les soldats de la Force ont aspiré une partie de ma mémoire). Donc, c'est un film qui se laisse regarder, une belle histoire d'amour dans un environnement bucolique. C'est aussi une image de l'Irlande profonde de l'époque : l'alcoolisme et les traditions qu'il ne faut pas toucher. Je ne m'attendais pas à moins, pas à plus. 

    L'essentiel est que désormais Cong restera à jamais gravé dans ma mémoire. Je suis passé près de cette croix qu'on voit au milieu de la rue dans cette capture du film. On y voir une charrette remplie de tourbe, matière organique avec laquelle se chauffent les irlandais et à gauche, C'est Sean qui arrive pour la première fois au village. 

    Loïc LT

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    L'homme tranquille (titre original : the quiet man), 1952, réalisateur John Ford, film en couleur (Technicolor), durée : 129 minutes. 

  • cinéma # Starwars, le réveil de la force - J. J. Abrams

    Star WarsC’est tellement facile de dire du mal de Star Wars (SW après), tellement culturellement correct, tellement convenu que je n’ai pas envie de le faire. Alors bien sûr, je pourrais dire que c’est de la soupe amerloque à gros budget, que c’est manichéen, qu’il y a trop d’effets spéciaux, trop de technologie. Je pourrais tartiner des pages pour tailler en pièces cette série de sept films qui a débuté à la fin des années 1970. Mais sincèrement, je pense que cette série ne mérite pas qu’on la déteste à ce point (d'ailleurs, j'exagère, les gens qui ne l'aiment pas s'en désintéressent plus qu'ils ne la détestent). Car SW possède quelque chose de différent par rapport à d’autres blockbusters genre Avatar ou que sais-je encore. Ce quelque chose de différent repose sur trois  points essentiels :

    - ce n'est pas un film à la gloire des USA puisque le film se déroule dans une lointaine, très lointaine galaxie (et c’est vrai qu’on en marre que les américains s’attribuent toujours les beaux rôles dans les films où il faut sauver la planète).

    - le film n’est pas si manichéen qu’on le croit. L’histoire raconte le combat entre la République et l’Empire Galactique (qui s’appelle le Premier Ordre dans le 7 ) mais les dirigeants sont confrontés à des états d’âme, à des formes de résilience qui fait qu’ils peuvent basculer d’un côté ou de l’autre, l’exemple le plus célèbre étant celui d’Anakin Skywalker qui devient le méchant Dark Vador.

    - SW réussit la prouesse de ne pas sombrer dans tout ce qui fait que le cinéma américain nous énerve (la violence gratuite, le gentil qui gagne tout le temps etc). Télérama qui n’a pourtant pas la langue dans sa poche vient même de sortir un hors-série très fourni. Ça ne prouve rien évidemment mais le fait est que ce sont des films pour cinéphiles et sans vouloir être condescendant, je pense que ceux qui aiment les comédies comme les ch’tis ou qu’est ce que j’ai fait au bon dieu ne vont pas voir ou ne pas aimer la guerre des étoiles (tout ça pour dire que c’est pas pour les cassos, mais je me méfie de ce terme).

    Je ne vais pas rentrer dans le détail de l’histoire (qui n’est pas compliquée contrairement à ce qu’on pense), il suffit d’aller sur wikipedia. Donc, l’action se situant dans une galaxie très lointaine, la Terre n’est pas citée, elle existe peut-être mais elle n’est pas dans le rayon de l’action. Et ce détail a son importance puisque, l’univers est totalement imaginaire et les scénaristes ne peuvent pas prendre appui sur l’histoire de notre planète. Il faut tout inventer et en même temps, on reprend des concepts liés à l’histoire de la planète bleue, puisqu’au fond SW n’est rien de plus qu’une lutte de pouvoir entre les tenants d’un pouvoir tyrannique (il y a dans le VII, une scène où le réalisateur s'inspire clairement des rassemblements nazis dans le stade de Nuremberg) et les tenants d’une République qui dispose de son Sénat (un Sénat folklorique d’ailleurs puisque la galaxie étant tellement immense, les êtres qui la composent ne sont pas tous forcément humains). L’humain a la rôle principal certes mais d’autres espèces intelligentes existent avec qui il faut composer et d’ailleurs on constate que la cohabitation se passe plutôt bien (scènes dans les pubs et boîtes de nuit où se côtoient des monstres hideux et des femmes sulfureuses) . Ce en quoi, SW peut être considéré comme un space-slogan vantant la tolérance et la démocratie. A bien des égards, je lui trouve des ressemblances avec la légende du Roi Arthur, les deux œuvres mettant en avant les valeurs de fraternité, de fidélité et pour les deux la difficulté de se ranger du côté du bien ou du mal, avec au final la recherche d'un idéal, le Graal pour l'un et la paix républicaine pour l'autre. D'ailleurs, je ne peux pas m'empêcher de penser que Georges Lucas a lu une version de la légende arthurienne. 

    Pour permettre aux protagonistes de se balader d’une planète à une autre, il a bien sûr fallu laisser de côté les lois de la physique. C’est un parti pris dès le départ et comme on dit dans ce cas, il faut consentir à suspendre son incrédulité. Quand le vaisseau Millenimum de Han Solo décide d’avancer à la vitesse de la lumière, et bien, consentons. Je réfute toute critique négative qui avancerait des propos du genre que ceci ou cela est impossible. SW est une oeuvre de science-fiction et à ce titre, on ne peut pas lui reprocher ce qu’autorise la science-fiction.

    Par ailleurs, SW est une oeuvre multigénérationnelle (les grands adjectifs tout de suite) si bien que les enfants comme les grands peuvent y trouver leur bonheur. Les droïdes sont là pour amuser la galerie ainsi que Chewbacca, la créature à poil qui travaille pour Han Solo. Le film n’est pas violent à moins que vous ne soyez sensible à la mort d’un robot. Le sang coule très peu à part parfois quand les humains se font de petits bobos.

    Ce dernier SW, le réveil de la force m’a plutôt plu justement parce qu’il reprend l’esprit des trois premiers où il y avait un petit côté badin qui avait été laissé un peu de côté dans les trois films sortis entre 1999 et 2005 (trop de politique, de conciliabules, de palabres…). Des grandes figures ont disparu (maître Yoda, Dark Vador, Dark Maul, mais non, je rigole pour ce dernier bande d'ignares -), d’autres apparaissent. D’autres vont sortir : Disney a racheté le machin et ne va pas tuer la poule aux œufs d’or !

    Loïc LT

    Star Wars, épisode VII, le réveil de la force, USA, science-fiction, 135 minutes,  sortie en France le 16 décembre 2015, vu le 20 au cinéma Le Celtic à Baud.