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  • CR127 : trois femmes puissantes - Marie Ndiaye

    Trois_femmes_puissantes_Marie_NDiaye_kapak_20090827.jpgLe roman se compose de 3 récits indépendants mettant en scène 3 femmes d'origine africaine ayant en commun de ne pas baisser les bras face à toutes les injustices dont elles sont les victimes, de par leurs statuts de femmes mais aussi d'immigrantes.
    Je dois dire que ce livre m'a laissé comme un goût d'inachevé et cette vague impression que l'auteur avait une idée en tête et qu'elle l'aurait abandonnée en cours de route. Ou quelque chose comme ça.
    Les deux premiers récits sont quasiment laissés en suspend et on me rétorquera que le but de Marie Ndiaye n'était pas de raconter une histoire en entier mais de montrer comment ces femmes prenaient les choses en main (et que peu importe ce qu'il s'en suit). Peut-être mais n'empêche que le sentiment d'abandon prédomine.
    Par ailleurs, où est la femme puissante dans le second récit ? On devine que c'est Fanta  mais le récit ne met pratiquement en scène que Rudy Descas reléguant Fanta à un lointain second rôle.
    Enfin, je ne sais pas pourquoi mais il me semblait évident, lecture se faisant que les trois destins allaient finir par se croiser et d'ailleurs quelques indices le laissaient supposer (et je n'ai toujours pas compris pourquoi Rudy Descas intervient dans le troisième récit en tant que passeur (ou quelque chose comme ça).
    Et il y a cette touche de fantastique qui tombe du ciel ici ou là et qui n'apporte rien au récit sauf à lui faire perdre toute crédibilité.
    Et puis le propos général manque quand même un peu de finesse et de nuances : les femmes victimes et courageuses d'un côté et les hommes, violents, machos et lâches de l'autre. bonjour !
    Ceci dit, le second récit un brin djianesque et mettant en scène un vendeur de cuisine blasé m'a fait beaucoup rire.

    Voilà, je suis désolé de ne pas me joindre au concert de louanges mais ce roman ambitieux ne tient pas ses promesses et s'avère même carrément bancal.
    Et qu'il ait obtenu le prix Goncourt 2009 ne change rien à l'affaire.

    roman, paru en 2009
    Gallimard, 316 pages
    lecture du 31/10 au 03/11/09
    note : 2.5/5
    à venir : le promontoire, Henri Thomas

     

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  • CR126 : le promontoire - Henri Thomas

    le promontoire.jpgLe 09.05.2008, lors de son émission quotidienne sur France Culture, Alain Veinstein avait demandé à son invité, Luc Autret la raison pour laquelle, malgré tout son talent, malgré son oeuvre importante, Henri Thomas restait relativement peu connu du grand public. Et à ce moment de l'émission, il devait être au delà de minuit, j'étais tranquillement en train de m'endormir. Je n'avais jamais entendu parler d'Henri Thomas (dont Luc Autret venait d'annoter une réédition de son journal relatant les années 1934-1948 de sa vie) et la plupart du temps, je m'endors en écoutant la radio. Et là, donc Veinstein pose cette question et puis, Luc Autret répond un peu gêné "je me l'explique difficilement...lui, il expliquait que c'était à cause de sa façon de s'habiller..." Et puis, il émet un petit rire. Ensuite, il donne une explication un peu plus profonde.*
    Et c'est fou mais ce moment où il dit ça m'a fait sortir de mon demi-sommeil, m'a fait sourire et j'ai écouté l'émission jusqu'au bout.
    C'est mon côté un peu barré. S'arrêter comme ça sur une boutade, un ton et en faire toute une affaire..et là, l'affaire, ce fut de découvrir de qui on parlait. Henri Thomas. Bon d'accord, soit, intéressons-nous à l'individu.
    Quelques jours plus tard, le facteur déposait dans ma boite à lettre un colis contenant le promontoire, un livre de Henri Thomas (qui reçut le prix femina en 1961).
    Alors je me suis mis à lire le bouquin sans savoir de quoi il parlait, n'en n'ayant trouvé de résumés nulle part, pas même une critique rien. Le roman étant très court, la lecture fut rapide. Il s'agit de l'histoire d'un écrivain, un petit écrivain pauvre et un peu traducteur aussi qui séjourne dans un petit village corse avec sa femme et son fils. Et là, gravite autour de lui des figures énigmatiques comme celui qu'il appelle "le pharmacien d 'Anvers" et aussi l'écrivain célèbre Gilbert Delorme . Et il y a aussi les habitants du village, la patronne du café, le curé. Petit à petit, alors que sa famille est retournée sur le continent, le récit sombre dans une sorte de monde parallèle, un peu fantastique. Le décès et l'enterrement de la patronne du café précipitent un peu plus le narrateur dans ce monde étrange, auquel il  se sent lié et il ne se sent plus capable de quitter le village et ce promontoire qui lui fait face.
    Voilà un peu près l'idée générale et je dois dire que ça fait une semaine que j'ai fermé le roman et je ne me souviens plus de beaucoup d'autre chose. Tout ça n'est pas sans rappeler Kafka (le château) voire même Patrick Modiano (pour toutes les vaines obsessions, non des lieux ici mais des gens). Ça n'est pas inintéressant, ça amène une réflexion (mais je ne sais pas trop laquelle -)) et puis il y a un univers un peu fantômatique dans lequel je me suis senti piégé.
    Aujourd'hui, le roman est retombé dans l'oubli, rangé dans les tréfonds de ma bibliothèque et il y a fort à parier que le prochain blogger qui en parlera n'est pas encore né.

    roman, paru en 1961
    Gallimard, 192 pages
    lecture du 29/10 au 30/10/09
    note : 3.5/5
    à venir : la peine du menuisier, Marie Le Gall

    * extrait en question :


    podcast

  • réforme du prix Goncourt

    L'annonce du prix Goncourt m'énerve (un peu) tous les ans tant on sait toutes les tractations qu'il y a derrière, les enjeux économiques etc. Autant de choses qui n'ont rien à voir avec la littérature..et je sais que c'est une banalité que de le dire. Tout les fins lettrés le disent et même les moins fins.
    Mais plutôt que se plaindre, cherchons des solutions.
    J'ai imaginé deux réformes possibles :
    - que le jury n'existe plus et que le  prix Goncourt soit décerné directement par le président de la république, en son âme et conscience, qu'il ait lu ou pas les livres et sans qu'il ait besoin de se justifier de quoi que ce soit.
    - que le jury (composé des membres actuels ou pas, peu importe) s'enferme pendant les trois mois précédent le Goncourt (c'est à dire pendant la période où les livres sont publiés) dans un hôtel particulier, qu'ils soient coupés du monde et qu'on leur remette tous les livres de la rentrée, sans le nom de l'auteur et sans le nom de la maison d'édition, les livres étant tous de format identique et ressemblant sauf le contenu. Et qu'ensuite, ils se coltinent les romans et qu'ils décident du meilleur.
    Et là, le prix Goncourt signifierait vraiment quelque chose.

    On en est loin...mais quand même, bravo à Marie Ndiaye.