Le roman se compose de 3 récits indépendants mettant en scène 3 femmes d'origine africaine ayant en commun de ne pas baisser les bras face à toutes les injustices dont elles sont les victimes, de par leurs statuts de femmes mais aussi d'immigrantes.
Je dois dire que ce livre m'a laissé comme un goût d'inachevé et cette vague impression que l'auteur avait une idée en tête et qu'elle l'aurait abandonnée en cours de route. Ou quelque chose comme ça.
Les deux premiers récits sont quasiment laissés en suspend et on me rétorquera que le but de Marie Ndiaye n'était pas de raconter une histoire en entier mais de montrer comment ces femmes prenaient les choses en main (et que peu importe ce qu'il s'en suit). Peut-être mais n'empêche que le sentiment d'abandon prédomine.
Par ailleurs, où est la femme puissante dans le second récit ? On devine que c'est Fanta mais le récit ne met pratiquement en scène que Rudy Descas reléguant Fanta à un lointain second rôle.
Enfin, je ne sais pas pourquoi mais il me semblait évident, lecture se faisant que les trois destins allaient finir par se croiser et d'ailleurs quelques indices le laissaient supposer (et je n'ai toujours pas compris pourquoi Rudy Descas intervient dans le troisième récit en tant que passeur (ou quelque chose comme ça).
Et il y a cette touche de fantastique qui tombe du ciel ici ou là et qui n'apporte rien au récit sauf à lui faire perdre toute crédibilité.
Et puis le propos général manque quand même un peu de finesse et de nuances : les femmes victimes et courageuses d'un côté et les hommes, violents, machos et lâches de l'autre. bonjour !
Ceci dit, le second récit un brin djianesque et mettant en scène un vendeur de cuisine blasé m'a fait beaucoup rire.
Voilà, je suis désolé de ne pas me joindre au concert de louanges mais ce roman ambitieux ne tient pas ses promesses et s'avère même carrément bancal.
Et qu'il ait obtenu le prix Goncourt 2009 ne change rien à l'affaire.
roman, paru en 2009
Gallimard, 316 pages
lecture du 31/10 au 03/11/09
note : 2.5/5
à venir : le promontoire, Henri Thomas

Le 09.05.2008, lors de son émission quotidienne sur France Culture, Alain Veinstein avait demandé à son invité, Luc Autret la raison pour laquelle, malgré tout son talent, malgré son oeuvre importante, Henri Thomas restait relativement peu connu du grand public. Et à ce moment de l'émission, il devait être au delà de minuit, j'étais tranquillement en train de m'endormir. Je n'avais jamais entendu parler d'Henri Thomas (dont Luc Autret venait d'annoter une réédition de son journal relatant les années 1934-1948 de sa vie) et la plupart du temps, je m'endors en écoutant la radio. Et là, donc Veinstein pose cette question et puis, Luc Autret répond un peu gêné "je me l'explique difficilement...lui, il expliquait que c'était à cause de sa façon de s'habiller..." Et puis, il émet un petit rire. Ensuite, il donne une explication un peu plus profonde.*