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  • novembre au féminin

    nov.jpgPour commencer ce mois de novembre, j'ai emprunté à la bibliothèque trois femmes puissantes (lecture en cours) de Marie Ndiaye (probable lauréat du prix Goncourt 09) et les heures souterraines de Delphine de Vigan et comme j'avais pour la suite plus ou moins l'intention de lire hors-champ de Sylvie Germain (que je vais emprunter également ayant dépassé mon budget d'achat de livres 2009 - les temps sont durs -,) je me suis dis tiens, 3 romans féminins, continuons sur notre lancée..ça tombe bien, la peine du menuisier de Marie LeGall me tente bien.
    Et s'il reste du temps (mais on pourra toujours empiéter sur décembre, il faut que j'arrête avec cette manie qui consiste à ne pas avoir de lecture en cours d'un mois sur l'autre), je lirai enfin les années de Annie Ernaux, cadeau du père-noël 2007.
    Ce n'est quand même pas normal que dans la liste des livres lus depuis l'ouverture de ce blog, seuls 8% sont écrits par des femmes.

    Et par ailleurs, je peux déjà vous dire, après en avoir lu une centaine de pages, que le Marie Ndiaye est très bon.*

    * bien que j'ai une petite contrariété d'ordre technique avec ce roman...une phrase dont je ne comprends ni le sens ni la forme. Si certains d'entre mes lecteurs (il en reste) ont lu ce livre et voudraient m'aider, je veux bien qu'on en parle. Ça m'enlèverait un poids...

     

  • CR125 : fictions - Jorge Luis Borges

    fictions.jpgle mot de l'éditeur : "Des nombreux problèmes qui exercèrent la téméraire perspicacité de Lönnrot, aucun ne fut aussi étrange - aussi rigoureusement étrange, dirons-nous - que la série périodique de meurtres qui culminèrent dans la propriété de Triste-Le-Roy, parmi l'interminable odeur des eucalyptus. Il est vrai qu'Eric Lönnrot ne réussit pas à empêcher le dernier crime, mais il est indiscutable qu'il l'avait prévu..."

    mon avis : Pour parler franchement, je n'ai pas compris grand chose à ce livre mais le peu que j'ai compris valait le détour. Il s'agit d'une recueil de 17 nouvelles avec comme tronc commun une mise en abime de la littérature à travers de récits fantastiques où il est question de création, d'histoire et de mémoire littéraire. Me fais-je comprendre ? Bon mais si j'avais un conseil à vous donner, ce serait de n'en lire que deux :


    - Pierre Ménard, auteur de Quichotte : il s'agit d'un type qui décide de réécrire Don Quichotte de Cervantes à l'identique. extrait :
    Il ne voulait pas composer un autre Quichotte - ce qui est facile - mais le Quichotte. Inutile d'ajouter qu'il n'envisagea jamais une transcription mécanique de l'original ; il ne se proposait pas de le copier. Son admirable ambition était de reproduire quelques pages qui coïncideraient - mot à mot et ligne à ligne - avec celle de Miguel de Cervantès. (p45)
    et ce passage à se pouffer de rire :
    Comparer le Don Quichotte de Ménard à celui de Cervantès est une révélation. Celui-ci, par exemple, écrivit (Don Quichotte, première partie, chapitre IX) :
    "...La vérité, dont la mère est l'histoire, émule du temps, dépôt des actions, témoin du passé, exemple et connaissance du présent, avertissement de l'avenir."
    Rédigée au XVIIe siècle, rédigée par le "génie ignorant" Cervantès, cette énumération est un pur éloge rhétorique de l'histoire. Ménard écrit en revanche :
    "...La vérité, dont la mère est l'histoire, émule du temps, dépôt des actions, témoin du passé, exemple et connaissance du présent, avertissement de l'avenir."
    L'histoire, mère de la vérité, l'idée est stupéfiante. Ménard, contemporain de William James, de définit pas l'histoire comme une recherche de la réalité mais comme son origine. La vérité historique, pour lui, n'est pas ce qui s'est passé ; c'est ce que nous pensons qui s'est passé.
    (p51)

    - la bibliothèque de Babel où il est question d'une bibliothèque géante qui contient tous les livres. Et pour gagner du temps (puisque c'est bientôt l'heure de l'apéro), voici le résumé qu'en fait wikipedia :

    "Il s'agit d'une bibliothèque de taille gigantesque contenant tous les livres de 410 pages possibles dont toutes les salles hexagonales sont disposées d'une même manière. Les livres sont placés dans des étagères comprenant toutes le même nombre d'étages et recevant toutes le même nombre de livres. Chaque livre a le même nombre de pages et de signes écrits au hasard ; l'alphabet utilisé comprend toujours vingt-cinq caractères.

    On peut donc dire que la Bibliothèque contient tous les ouvrages qui ont déjà été écrits ainsi que tous les autres, parmi un nombre immense de livres sans aucun contenu lisible (puisque chaque livre peut n'être constitué que d'une succession de lettres ne formant rien de précis dans aucune langue). Celle-ci est habitée par une race d'hommes qui ne connaît que ce monde, à la recherche du livre ultime, d'une révélation ou de la Vérité."

    Et j'ajoute que le titre de cette nouvelle est aussi celui d'une célèbre collection littéraire (et ce n'est évidemment pas un hasard).


    recueil de nouvelles, paru en 1957
    traduction : essentiellement P.Verdevoye et Ibarra
    folio n° 614, 185 pages
    lecture du 26/10 au 29/10/09
    note : 2.5/5
    à venir : le promontoire, Henri Thomas

  • découverte musicale

    En rentrant du boulot et toujours aussi admiratif devant cette forêt colorée s'étendant à perte de vue devant moi, j'écoutais France inter (émission de Yves Calvi) et je suis tombé sur ça :

     

    C'est d'abord la musique qui m'a subjugué, un brin french touch et gentiment répétitive. Pas de refrains, juste une longue récitation, un texte bourré de références culturelles mais sans que ça ait l'air de vouloir étaler. La voix du monsieur (Arnaud Fleurent-Didier) est juste bien et j'ai vécu ces trois minutes intensément. Mais en fait, ce soir, à 22h18, je ne suis plus si convaincu qui cette chanson me plaise..mais il n'en reste pas moins que je me souviendrai de ces quelques minutes en apesanteur.

  • CR124 : affliction - Russell Banks

    affliction.jpgle mot de l'éditeur : Dans une petite ville du New Hampshire, Wade Whitehouse, la quarantaine passée, est un homme brisé. Abandonné par sa femme, en passe d’être quitté par sa maîtresse, alcoolique, violent à ses heures, dépressif, il rumine ses échecs et vivote en travaillant, tantôt policier municipal, tantôt puisatier. Mais un citoyen en vue est tué. Accident de chasse ou meurtre ? L’événement fait basculer le fragile équilibre mental que Wade avait réussi à préserver. Dès lors, dévoré par l’obsession de découvrir un hypothétique assassin, il s’enfonce, au propre comme au figuré, dans un désert de neige et de glace. Affliction est le récit de l’effondrement d’un homme ordinaire, pris au piège d’une vie ratée depuis l’enfance, confisquée par la tyrannie paternelle. Russell Banks dénonce là magistralement les valeurs viriles véhiculées par un certain mythe américain.

    mon avis : Russell Banks faisait partie de ces grands romanciers us qui manquaient à mon tableau de chasse et avant de commencer j'avais dans l'idée d'avoir entre les mains un bon roman, avec une bonne histoire, un environnement et un cadre bien présentés, des personnages finement décrits (autant d'éléments caractéristiques du roman américain contemporain)...et au bout du compte, il s'avère que je ne m'étais pas trompé.
    La vie et le destin de Wade m'ont beaucoup émus, sa descente aux enfers est très poignante et le final tragique est bouleversant et je l'ai senti venir en espérant qu'il n'advienne jamais. Je me suis un peu reconnu dans cette vie car on a tous ses faiblesses, ses fêlures, ses rancoeurs et finalement tout cela ne tient qu'à un fils, qu'à un rien. Nos équilibres psychologiques sont instables et la frontière entre le bien et le mal est ténue. On a tous un peu de Wade en nous.
    Mais ce qu'on n'a pas tous, ce sont ces forêts à perte de vue,cette nature enneigée de novembre à avril, des shérifs, des pick-up, du whisky Canada Club, et des feux tricolores qui se balancent sur des fils en travers des routes, tout cet environnement qui constitue le cadre de la tragédie..un goût de Fargo (frère Coen) et de Rambo quand il rentre au bercail.
    Affliction est un grand roman.

    roman, paru en 1992
    traduction : Pierre Furlan
    Actes sud (Babel), 486 pages
    lecture du 19/10 au 26/10/09
    note : 4.5/5
    à venir : fictions, Jorge Luis Borgès