Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

vie personnelle

  • Se retirer du monde

    Même si on n'est pas croyant, il faut bien s'adapter aux fêtes religieuses et en l'occurrence en ce moment les fêtes de Pâques. Ça a été très dur pour pour une raison assez ridicule : mes filles qui habitent à trois kilomètres de chez moi étaient ce weekend à 300 kms. En plus, si elles étaient restés là, je ne suis même pas certain que je serais aller les voir. Peut-être quand même. Aujourd'hui elles vont rentrer et elles resteront à la maison cette semaine car les cours se feront à distance. 

    J'ai eu très envie de boire et j'ai tenu et j'en suis assez fier, surtout que dans l'immeuble, c'était open bar à tous les étages. 

    Si j'ai eu cette envie de boire, c'est que vendredi j'ai reçu une lettre de la cour d'appel de Rennes et je sais maintenant la date à laquelle je saurai à quelle sauce je vais être mangé. Je savais que j'allais recevoir cette lettre mais bêtement en l'attendant, je me faisais l'idée qu'on avait clôturé mon affaire, ce qui était profondément ridicule. Il faut maintenant que je regarde la réalité en face. Le plus probable est qu'à partir de fin avril ou début mai, je serai retiré du monde pour huit mois. C'est un grand tournant dans ma vie. Je me rassure en me disant que ce sera plus court que le service militaire, que je relirai peut-être trois fois la Recherche de Proust (si on me laisse mes 6 bouquins mais y'a pas de raison). Pour le reste, évidemment, c'est l'inconnu le plus total. Je ne me sens pas capable de nouer des relations amicales....je compterai les jours sans doute. Huit mois dans une vie, je ne sais pas si c'est beaucoup ou pas...en tout cas en huit mois, les adolescentes changent beaucoup. 

    Quasiment tous les gens avec qui je discute me disent "mais non, tu les feras pas, pas toi quand même". Je suis obligé de leur montrer la notification du jugement pour les convaincre. C'est quand même incroyable et c'est vrai que je connais plein de gens qui mériteraient plus que moi d'y aller, des gens qui roulent sans permis, des gens qui battent leur femme etc...

    Je peux encore écrire au procureur de la république pour expliquer pourquoi il serait préférable que je sois mis sous bracelet électronique...Le problème est que si j'ai des projets pour l'avenir, je n'ai pas de justificatifs. 

    Faire face. Il le faut. Regarder droit devant soi et oublier le passé. Tout ce qui ne tue pas rend plus fort. Je sais, cette formule est usée mais elle est toujours valable. Je suis citoyen français et donc je dois respecter ses lois ou alors être puni. 

    Loïc

  • revenir au monde (6)

    Je mets un point d'honneur à écrire une note tous les jours pour essayer de garder un style parce que j'ai le projet d'écrire un roman qui marquera le XXIe siècle. Déjà, dans un premier temps, il faut que je fasse mieux que Philippe Djian ou  Eric Reinhardt (pas évident déjà), par contre faire mieux que Guillaume Mussot ou  Joël Dicker et pour ce dernier , ce ne sera pas  difficile (mais il a reçu pour une de ses bouses le prix de l'Académie Française, ce qui me semble complètement insensé et qui démontre sans doute que cette institution est composée de vieillards séniles qui ont perdu le sens de la raison). Il paraît que le dernier Goncourt ne vaut pas un coup de cidre non plus.

    Bon, pour l'instant, je suis lucide, je suis incapable d'écrire un roman. Trouver une histoire....faire un plan et puis ne pas se répéter....et ce dernier point pour moi est très important car avec tout ce que j'ai bouffé de psychotropes, j'ai des fusibles qui ont sauté (figurez vous qu'en quinze jours, j'ai oublié par trois fois le code de ma carte bancaire qui se faisait avaler au bout de trois essais et la troisième fois, le banquier du Crédit Agricole s'est un peu fâché) mais j'ai encore quelques facultés mentales. Il y a quatre ans, j'ai été contacté par Gallimard ( ou une de ses collections de second plan.....) pour écrire un récit sur mes pérégrinations téléphoniques bretonnes. J'y ai réfléchi un peu et j'ai pris la décision que j'en étais incapable. Ma partenaire (ou "femme" si vous préférez) m'y poussait beaucoup mais je connaissais mes limites et je les connais encore. Pourtant, en quatre ans, j'ai bouffé pas mal de romans mais je suis à peu près certain que ce n'est pas le fait de beaucoup lire qui permet d'ambitionner d'écrire un roman. On est écrivain ou on ne l'est pas. 

    La mort de Joseph Ponthus m'a beaucoup marqué parce que j'avais adoré son récit, il avait même presque inventé un nouveau style et j'ai conseillé son "à la ligne" à plein de monde. J'ai pas lu son wikipedia mais je pense que c'était l'écrivain d'un seul livre, à moins que je le sous-estime mais je l'imaginais mal écrire un roman de facture classique.

    tds.JPGMa table de salon est mon bureau. Je peux vous la présenter maintenant qu'elle est débarrassée des bouteilles de whisky et d'absinthes. C'est rempli de bouquins, de cahiers (au cas où un poème germe dans mon pauvre cerveau qui est parcouru parfois de quelques fulgurances ), d'une machine à écrire, d'une tasse et plein d'autres trucs. C'est très rare qu'il n'y ait pas un Rimbaud sur cette table, ce meuble que j'ai acheté en 1997 et si comme dit De Nerval "un mystère d'amour dans le métal repose" ou "crains, dans le mur aveugle, un regard qui t'épie", cette table est plus que les hommes, la particule élémentaire qui me connait le plus au monde. 

    En ce moment, j'ai du mal avec les êtres humains. Je suis bien obligé de les côtoyer, de leur parler, accessoirement de les étrangler mais je me sens très bien dans le célibat...pour l'instant en tout cas. Mes filles font figure d'exception mais il ne faut pas que je les idolâtre trop...je ne suis évidemment pas objectif. 

    Comme j'ai décidé de passer du coq à l'âne, je voulais évoquer le télétravail. Combien de millions de travailleuses et de travailleurs le pratiquent et c'est quoi ce monde (le monde a changé de toute façon, il s'est déplacé quelques vertèbres) où l'économie tourne parce que tant de gens sont assis à califourchon devant un écran d'ordinateur ? C'est quand même fou non ? Qu'est ce que ce sera quand l'ordinateur quantique sera vulgarisé ? L'informatique est la clé de voute de l'économie mondiale et pendant ce temps quelques paysans eux, sont debout et nourrissent tous ces employés qui sont attirés par l'écran à tel point que leurs pupilles sont prêtes à se faire la malle. Non mais sérieusement, James Cameron et son Skynet était peut-être un visionnaire. 

    Je suis en train de relire "le procès" de Kafka et ça m'ennuie autant que ça me fait rire. C'est Michel Onfray qui a inventé (ou relancé) le concept de l'état profond...mais c'est clairement ce système qui se dégage des romans de Kafka. Ce sont des subalternes qui décident de tout (et de rien souvent) mais qui font tout pour ralentir la justice et qui cachent aux prévenus la cause même de leur arrestation. 

    Demain matin, je vais faire trois heures de gym dans une structure dépendant d'un établissement dont nul ne sait la fonction exacte et pour les quelques uns qui arrivent presque à la trouver, des fonctionnaires, sans trop savoir pourquoi, les foutent au placard au sens propre comme au figuré.

    Voilà, chers humains ! Mais si, je vous aime bien quand même !...mais j'ai une préférence pour les morts comme Rimbaud, Stendhal ou Proust. J'aurais bien aimé citer une femme mais honnêtement parmi les défuntes, je n'en trouve pas...ah si Catherine Demongeot.

    Ma sœur affirme que je suis pathétique et un menteur compulsif. Quelqu'un me l'a rappelé il y a deux jours alors parmi tout ce que je viens de vous dire, je vous laisse trier le bon grain de l'ivraie. 

    Loïc @Shako

  • I've got the power !

    IMG_20201108_161607.jpgJe m'étais dit que j'allais me forcer à écrire une note tous les jours (avant ma reprise de travail en tout cas) mais c'est difficile quand même, je ne suis pas journaliste et je n'ai pas le talent de Julie Schittly. Aujourd'hui, je suis allé déjeuner chez mon père. On a parlé de choses et d'autres et je n'étais pas pressé de partir. Alors, je suis sorti prendre l'air et suis allé voir les bâtiments de ferme qui se situent derrière la maison (une longère). C'est un spectacle un peu désolant. Tout ce qui est tôle et boiserie partent en vrille. Si un jour, il faut vendre la maison (parce que c'est la nature des choses), je pense que tout ce bazar derrière va en rebuter plus d'un. Je vois pas trop comment démolir tout ça...y'a peut-être quand même la possibilité de transformer la fosse à purin en piscine puisque ladite fosse est à ciel ouvert. Pour la reste, je ne sais pas.

    Tout ça m'a quand même rappelé des souvenirs...mon chien Snap qui me suivait partout et qui est mort quelques jours après qu'il s'est rendu compte qu'il n'y avait plus de vaches dans la ferme (1999). On l'a retrouvé mort dans un champ sans raison apparente. Il n'avait que 5/6 ans. Je suis certain qu'il a fait une déprime parce qu'il s'est senti inutile. C'était un berger allemand adorable et il me suivait partout lorsque j'allais me promener par monts et par vaux en récitant des vers de Rimbaud. J'avoue que j'ai pleuré. Je m'étais trop attaché à lui. C'est moi qui lui avais trouvé son p'tit nom par rapport à un groupe de dance music de l'époque qui chantait "I've got the power". Je n'oublierai jamais ce chien. J'espère qu'il y a un paradis pour eux aussi  (encore que pour nous je sais pas). 

    Donc, je suis allé chez mon père et chemin faisant, j'ai vraiment réalisé qu'il n'y avait personne sur les routes. C'est la misère et même mon boucher était fermé alors que j'avais promis à mon père de lui ramener de la bonne bidoche. On a suivi ensemble le départ du Vendée Globe. A noter que même en plein air, le public était interdit. On atteint le summum de la connerie. 

    En rentrant, je suis passé devant une école de campagne et j'ai remarqué qu'il y avait quatre barrières à deux mètres de l'entrée. Vous savez, c'est pour faire peur aux terroristes. Je me marre.

    Il y a une semaine, j'étais sous perfusion au service réanimation de l'hôpital de Vannes...

    Shako

  • Tenir (3)

    Ça fait 51 jours que j'ai quitté la clinique, 51 jours d’abstinence et je me félicite parce que personne ne le fera pour moi. Parfois, j'ai des envies mais je me dis que j'aurais trop à perdre. On m'a renouvelé mon arrêt de travail jusque début octobre et donc j'en profite pour suivre l'actualité, lire, faire du sport. Je me fixe des objectifs chaque jour, des choses que j'ai pas envie de faire. Aujourd'hui samedi. Je me suis réveillé vers les 8h00, je n'avais pas de crise d'angoisse mais je me sentais déprimé. Je me suis levé quand même, je suis resté traîner, j'ai pas ouvert les volets et je suis retourné au lit jusque 11h30. Là, ça va mieux, je me suis occupé du linge, de la vaisselle. J'ai bu du café et tout à l'heure, ce sera steak et riz pour faire le plein d'énergie avant d'aller à la salle de sport. Mon frigo est vide, il va falloir aussi que je fasse quelques courses. 

    Tout ça paraît dérisoire. Un peu "l'homme qui dort" de Pérec. Mais que voulez vous que je vous dise ? Voici donc une note qui ne sert à rien, qui s'enfonce sur elle même. Je cherche un livre à lire, peut-être un Kundera dont j'ai tout lu l'oeuvre il y a vingt ans ou pour me détendre un Agatha Christie. On dit que son roman policier le plus abouti et exigeant est "le vallon" alors pourquoi pas.

    Concernant, "les dix petits nègres" que j'ai évidement lu au moins deux fois, plus je réfléchis, plus je le trouve mal léché. Les dix invités ont chacun une chambre et voient chacun d'entre eux mourir les uns après les autres. La logique voudrait que ce faisant, les invités restants restent soudés ensemble dans le salon au lieu de retourner individuellement dans leur chambre. Mais non, ça leur traverse pas l'esprit. Bon mais en dehors de ça, ça reste le must du roman policier. 

    Shako. 

  • tenir (2)

    Chaque jour qui passe est une victoire et en même temps, je trouve que c'est de plus en plus facile. Lorsque je suis sorti de la clinique, il y a un mois et demi, j'avoue que j'avais une forte appréhension de me retrouver seul dans mon appart qui, depuis que je l'habite a toujours été synonyme d'alcool. Lorsque Mathilde de Bouillebec m'a déposé après ce retour glacial, je suis rentré dans mon appart, frais comme un gardon et j'ai commencé par remettre des choses dans l'ordre. Je ne sais plus quel était mon niveau d'envie de boire. Pour pallier au pire, j'ai pris un Espéral pour être tranquille pour 72h. C'est toujours difficile de prendre la décision de l'Espéral mais il faut savoir ce qu'on veut...et puis les jours ont suivi, je me suis instauré un rythme de vie, j'ai mis plusieurs jours à faire le ménage (je crois que je n'en avais jamais fait depuis un an et demi que je suis dans cet appart maudit).

    L'autre jour, un gars a invité tous les gens de l'immeuble pour un apéro-barbeuc...sauf moi. Alors je me suis évidemment posé la question et j'ai fini par l'avoir. Comme il savait que je ne buvais plus, il n'a pas voulu m'infliger de voir les autres boire. Louable attention mais j'espère quand même que je vais pas continuer à vivre ce genre de trucs sous prétexte que je ne bois plus.

    Aujourd'hui, je suis à 42 jours sans boire (effectif à minuit !). Comme ne plus boire n'est plus ma seule préoccupation du jour, je me suis décidé à perdre du poids, ce que j'avais déjà commencé à la clinique. Régime sévère et beaucoup de sport mais c'est pas toujours payant. Il faut persévérer. Comme j'ai éliminé quasiment toute absorption de sucre, je fais de l'hypothermie c'est à dire que j'ai des étourdissements quand je me lève mais surtout je dors beaucoup comme si mon corps me disait "bon j'en ai marre de ce que tu me fais vivre, j'en ai marre, mode pause". Je suis allé voir le médecin, il m'a prescrit une prise de sang même s'il m'a dit que l'hypothermie ne se voyait pas dans le sang. Mais il y a longtemps que je n'ai pas fait de prise de sang et ça ne mange pas de pain. Et puis le médecin a pris ma tension : 11.7  ! alors qu'historiquement je tourne aux alentours de 14/15. 

    Ce matin, entre deux siestes, j'ai fait un far breton, pas spécialement adapté pour perdre du poids mais j'ai remplacé le sucre par du Stevia. Et bien, ça donne un truc tout aussi bon. C'est un conseil que je donne à tous ceux qui veulent se régaler d'un far tout en faisant un régime. 

    Demain, je fais ma première séance à la salle de sport. Un heure pour commencer, c'est bien. Comme j'ai l'habitude de faire du footing et donc de muscler le bas, je vais essayer de muscler le haut et c'est jamais facile au démarrage. Je demanderai conseil. Et puis la salle de sport, c'est cool parce que tu fais du bien à ton corps et tu fais des rencontres, ce que j'ai cruellement besoin en ce moment. 

    Shako

  • le bateau d'Emile...et puis quoi encore !

    DSC01711.JPGDepuis deux jours, il tombe un crachin continu en Bretagne. C'est une météo qui me va très bien.

    Hier (et il est tout à fait inutile que je vous dise quoi, comment et où), je suis tombé sur Mathilde de Bouillebec et ma fille Chloé. Passons sur Chloé qui nous fait un coup de calgon en ce moment  (attention, le calgon ne sert pas à déboucher un évier, je dis ça parce que je me suis fait avoir). A ce moment précis, je crois bien que j'étais la dernière personne que Mathilde de Bouillebec tenait à voir. J'ai voulu lui faire un bisou un peu par provocation mais prétexte Covid elle a refusé alors on est resté à deux mètres trente deux l'un de l'autre. L'ambiance était froide comme un frigo mal réglé. Je lui posé quelques questions d'usage et je voyais bien que ça l'emmerdait de répondre. Elle l'a fait quand même en éructant quelques mots qui sortaient de sa bouche au forceps mais j'avais de la peine tellement je ressentais toute la souffrance qu'il y avait en elle. Que des mots donc, la prochaine fois, ce sera des lettres et je devrai deviner le mot. Ensuite, on passera aux onomatopées. Elle me regardait de biais ou même pas du tout. Hors de question de croiser mon regard !  Quel supplice ce devait être pour elle de répondre aux questions incongrues de son ex mari qui devrait être en prison, là au moins, elle ne tomberait jamais dessus. 

    Dans tout cette triste histoire, j'ai appris je ne sais plus comment que Lola, mon autre fille, faisait un stage de basket à Nantes, chose quand même que j'aurais dû savoir et puis et c'est plus anecdotique que Mathilde de Bouillebec faisait construire une maison, je ne sais où, à Baud peut-être. J'ai bien vu qu'elle était gênée que je sois mis au courant comme si elle voulait me cacher cette information indéfiniment. Je crois plutôt qu'elle avait envie que je crève et que des mouches bourdonnent sur mon ventre putride. 

    Je suis rentré chez moi pas plus énervé que ça. Je me sens plutôt bien en ce moment. C'est ma sœur qui m'a ramené et elle et mes deux nièces sommes montées. Mon appart est tout petit mais tout à fait comme il faut pour une personne seule. Par contre à quatre là dedans, ça fait un peu cagibi. Rozenn et moi avons bu un café pendant que Daphné et Clélie mettaient de l'ambiance dans le vestibule, je suis désolé, c'est le mot qui me vient. 

    Et le soir, je me suis retrouvé seul autour de mes livres et des choses diverses comme les vinyles de Françoiz Breut (il fallait bien que je la place).  

    Par ailleurs, Il faut que je vous dise une chose incroyable. Ma grand-mère paternelle, mémé, qui a été agricultrice toute sa vie et qui n'a été que six ans à l'école pendant lesquelles elle a appris le Français, a écrit en secret, on ne sait trop quand pendant sa retraite sur un cahier d'école toute sa vie et surtout son métier d'agricultrice. Je ne sais pas qui est tombé là-dessus après sa mort en 2013. On a tous trouvé ça incroyable. C'est écrit avec pas mal de fautes mais aussi sans ponctuations, sans retour à la ligne. Brut quoi. Mais qu'importe, la nouvelle a secoué la famille. Et donc, un cousin à la retraite a décidé de publier cet ouvrage en agrémentant le tout de photos légendées si possible, d'anecdotes et aussi d'un arbre généalogique. Je savais qu'il faisait un travail à partir du cahier de mémé mais je ne m'attendais pas à une telle somme. En parcourant ce "carré d'as", c'est ainsi qu'il l'a titré, je me suis souvenu que j'avais fait la même chose quelques années avant mais en évoquant ma famille maternelle et puis évidemment sans le cahier comme mémé avait fait. J'avais publié la chose je ne sais plus comment sur le net et l'ai distribué aux personnes intéressées. J'avais appelé ça "le bateau d'Emile" puisque mon grand-père s'appelait Emile et qu'il n'a jamais fait de bateau (mais en vérité c'est aussi parce que c'est un film avec Lino Ventura) Je m'étais beaucoup renseigné auprès des enfants de mon grand-père, de mon père aussi évidemment et d'autres gens qui l'ont connus. Je crois avoir fait un bon travail mais je n'ai eu strictement aucun retour. Donc, j'en ai déduis que c'était mauvais. Je crois déjà que j'aurais dû choisir le format A4 comme le carnet d'as parce que dans mon bateau d'Emile, tout est trop resserré et donc un peu repoussant  Encore que, je suis en train de le feuilleter là, je trouve ça pas si mal. Je ne comprends pas. L'essentiel est que je suis fier de mon travail même s'il n'avait pas la même ambition que celui de Michel, coutumier de ce genre de bouquin. 

    Comme c'est mon blog et que j'y écris ce que je veux et illustre mes notes comme je veux aussi. Je vais donc mettre la couverture du bateau d'Emile où on voit ma mère sous une espèce de porche d'une ruine en pierre. J'aime beaucoup cette photo que j'ai l'impression de voir sortie d'un film d'Antonioni. Le bateau d'Emile est mon bébé, il n'a plu à personne sauf à moi. Si c'était à refaire, je le referais parce que déjà j'y ai appris beaucoup de choses. Je tiens quand même à dire que Prisca m'a beaucoup aidé pour la mise en forme du bordel.

    Six années plus tard, elle me regarde en chien de faïence devant la maison de mon enfance regrettant plus fort que mourir d'y être venue entreposer des cartons au moment même ou j'y étais avec ma sœur et mes nièces. Entre Rozenn et Mathilde de Bouillebec, ça a toujours été l'entente cordiale. 

    Voilà, je vous ai pas trop gonflé ! Mais qui vous oblige à lire !?

    Shako

  • Shako, le catho

    shakocato.jpgOn dirait que les gens veulent que je devienne catho. Il y a deux mois à peu près, je me fais prendre en stop par une ancienne collègue de boulot (en retraite) qui a bien vu que je n'allais pas bien et c'était vrai, j'avais deux bouteilles de whisky dans mon sac à dos que je m’apprêtais à enfiler cul sec. C'est alors qu'elle commence un discours étrange sur la fin du monde, sur la vengeance de Dieu et tout le prêchi prêcha de circonstance. Elle me donne un petit livret dont je n'ai pas mis longtemps à comprendre qu'il s'agissait d'un fascicule intégriste se réclamant quand même de l'Eglise Catholique mais je suppose et espère que cette dernière rejette ce type de mouvement. En tout cas, elle me propose d'accompagner un groupe de fidèles (dont elle) en Bosnie au mois de septembre et elle me payait même le voyage. J'ai réfléchi vite fait en me disant que ça me changerait les idées tout en espérant que je ne serais pas obligé de suivre ces pseudo-cathos dans leur pèlerinage d'une semaine. Je ferais mon petit touriste dans mon coin et rejoindrais le groupe ou pas le soir (à moins que je ne tombe sur un petit hôtel sympathique perdu dans les montagnes bosniaques). Je m'en faisais presqu'une joie annonçant même autour de moi que j'allais probablement en voyage en Bosnie en septembre. 

    Plusieurs semaines plus tard, elle vient chez moi et reprend son discours sur l'imminence de la vengeance et dans le flot de  stupides prédictions, j'en ai retenu une qui a failli me faire tomber de l'armoire : il ne restera plus que 48 habitants à Paris. Je ne cherchais même plus à apporter la contradiction d'autant qu'elle m'avait dit que finalement je devais payer le voyage (en plusieurs fois, s'il fallait, très gentille, merci) et qu'il n'était pas possible de quitter ce groupe d'illuminés pendant la semaine. Je lui ai clairement fait comprendre que ça n'allait pas être possible et elle m'a dit de la rappeler au cas où.

    Quelques semaines plus tard, je reçois cette carte postale de ma sœur en vacances dans la Creuse (département top cliché lorsqu'on veut quitter la société de consommation) et qui représente une vierge marie noire (permettez moi de ne pas mettre de majuscule au nom de cette dame) sur les genoux de laquelle est installé son fils, Jésus Kriss tout aussi noir que sa mère, si on peut appeler une femme qui a conçu un bébé sans père, une mère. C'est un peu caché par l'écriture de mon beau-frère mais voici la légende : "MEYMAC CORREZE, l'église abbatiale possède une vierge noire du XIIe siècle". A l'actif de ma sœur, je dirais que c'est original de ne pas envoyer de cartes représentant un paysage. Au passif, je suppose qu'elle n'a pas oublié que je suis athée donc qu'il doit s'agir d'une gentille provocation. Que la vierge marie soit noire, blanche, verte ou bleue m'importe totalement puisque je ne crois pas que cette dame ait existé. Le texte de ma sœur commence par "que la vierge marie de Meymac t'aide à prendre confiance en la vie sobre et simple....etc" signé Rozenn

    Rozenn et mon ex-collègue se sont-elles mises de mèche pour me faire basculer de l'autre côté de l'échiquier ?

    Toujours est-il que je me relèverai seul parce que je suis fort et que j'ai pour m'en sortir un grimoire et que je n'ai pas besoin du secours de Marie et de ce périple à Medjugorge. Je suppose que tout cela part d'une bonne intention mais je suis trop avancé dans les mystères de la physique quantique pour faire une improbable marche arrière. 

    Shako

  • après-midi hors du continent

    Le fleuve qui passe pas trop loin de chez moi s'appelle Le Blavet. Dans mon coin au bord de ce fleuve, il y a deux sites intéressants, Minazen et Manerven. Mais bien qu'il n'y ait pas trop de touristes, Minazen est assez bien coté parce qu'il y a un petit bar sympathique. Et à Manerven, il il n'y a qu'une petite île au milieu du Blavet (ce qui est déjà pas mal). Je ne sais pas si on peut dire qu'on quitte le continent quand on va sur ces îlots. J'ai déjà fait à cet endroit  un pique nique jeudi dernier. C'était super, pas de réseaux, presque pas de touristes, juste quelques pêcheurs. Je ne peux pas dire que c'était le silence complet puisque l'eau qui se déverse de l'écluse émet un son mais un son fort agréable. Donc, j'embarque quand même mon smartphone ( pour écouter de la musique) et ma liseuse. Jeudi dernier, j'ai dû partir assez tôt puisqu'il y avait le gala de basket de Lola, (une de mes deux filles) le soir à 18:30. Mais là, rien ni personne ne m'attend. J'essaierai de finir mon livre de Sarkozy (je n'ai rien lu depuis jeudi) et puis après je sais pas. Je fouinerai dans ma liseuse pour voir.

    Hier, j'ai fait du shopping avec mes filles à Lorient. il faisait très chaud et j'ai eu la mauvaise idée de mettre un pantalon très lourd à porter. Question dépenses, les filles s'en sont donnés à cœur joie. Lola qui n'avait presque pas dépensé a été très futée puisqu'au dernier moment alors qu'on rejoignait le bus, elle annonce qu'elle voulait voir pour acheter des lunettes de soleil. On s'est donc arrêtés chez Afflelou et comme elle n'aime que les marques, je lui ai acheté une paire de Ray-Ban dont la décence m'oblige à ne pas donner le prix.

    Chloé a été plutôt désagréable avec moi car elle était persuadée que j'avais bu la veille (parce que quand elle a appelé vers les 23:00 pour cette histoire de hacking incompréhensible, apparemment je parlais bizarrement). Peut-être cela vient-il des médocs, surtout le Baclofène que j'ai eu le malheur de prendre à 20:00 ce soir là alors que d'habitude je le fais au coucher...parce que ce machin, au demeurant très efficace fait dormir alors ce soir là,  j'ai dormi environ de 20:30 jusque 23:00 et Chloé m'a appelé alors je ne sais pas, je devais être un peu dans le coltard. Le pire, c'est que hier elle pensait que j'avais même bu aussi le matin même de notre sortie parce que j'ai butté dans une chaise à 16:00.  C'est stupide pour pas mal de raisons dont deux essentielles : pourquoi j'aurais pris le risque de boire le matin alors que je voyais les filles l'après-midi !? Et même si j'avais bu, le fait de buter dans une chaise à 16:00 pourrait prouver quoi que ce soit alors qu'à cette heure forcément, l'effet de l'alcool aurait disparu ? et les filles se seraient rendues compte de rien par ailleurs ! (Elle vient de me dire par sms que je ne marchais pas droit toute l'après-midi, je rigole des genoux !) Une troisième raison quand même : je suis abstinent et je tiens à le rester "plus fort que mourir". Mais Chloé me l'a dit, elle n'a plus confiance en moi alors je peux dire ce que je veux, ayant menti pendant des années, pourquoi ne mentirais je pas encore... 

    Il est 12:45, je vais préparer mon baluchon ( au menu, un melon et trois pommes) et retourner à mon havre de paix. Dans l'idéal, je serais allé courir ce matin mais j'ai toujours mal au mollet droit. Il se trouve qu'en matière de poids, autant je suis passé facilement de 100.5 à 93, autant j'ai beaucoup de mal à baisser encore. Il y a comme un pallier imposé par le corps. Parfois, je me fais plaisir en regardant mon poids après un footing pour voir un nombre inférieur à 90. Sinon, je dois redoubler d'efforts et pour ce, il faut que mon mollet me fiche la paix. En attendant, je peux faire du vélo en utilisant la batterie au minimum. Là, déjà d'aller à Manerven à vélo et revenir, ça me fait suer et donc ça agit sur mon poids. Et puis au niveau alimentaire, il faut que je fasse un régime plus sévère. Il faut souffrir de toute façon.

    Je retourne donc à cet endroit sans tambour ni trompette et sans réseaux ! 

    Je corrigerai les fautes et coquilles ce soir (avec l'aide de Léonor, merci à elle)

    Shako.

  • affaires de divorce, épisode 2

     

    Elle n'était pas obligée de venir me chercher alors que demander de plus. Mais elle a toujours été comme ça. Elle ne laisse jamais tomber les gens. Bon cœur. Taxi gratuit. Il ne fallait pas attendre les grands discours. Comme de fait. Silence à peine pesant. Presque évident. Parfois je pose une question et elle répond par oui ou par non et un peu plus s'il fallait. Trois mots grand maxi. J'avais mal mais je ne lui en voulais pas. Un mois plus tôt j'avais fait la connerie de trop alors il fallait pas que je sois surpris qu'elle ne me demande pas comment s'était passé ce séjour d'un mois à Séné. Pour que vous sachiez chers lecteurs, il s'est bien passé. Et depuis ma sortie, il y a vingt jours, je n'ai pas bu une goutte. 

    Dans sa grande bonté, elle est venue me chercher. J'ai attendu toute la journée car j'étais libéré le matin. Je n'avais aucune appréhension. Parce que je n'attendais rien. Et je n'étais pas fier.

    J'aurais voulu quand même avoir des nouvelles des filles. Mais c'était des oui et des non encore . Même pour mes filles. Pas besoin de faire des alexandrins pour dire ça. Ça suffit la poésie. Il y a des choses qui sont à dire le plus simplement.

    Parle-moi d'elles

    Parle-moi d'elles

     

    Mais non, Chloé est en Nouvelle Zélande et Lola est draftée en NBA ? Je n'en sais rien. Au moins savoir ça. Parle-moi d'elles. Bon sang mais parle-moi d'elles ! Sont-elles heureuses ? Et leurs petits copains ? Parle moi au moins d'elles, s'il te plait ! Toi et ta vie, peu m'importe. On ne se doit plus rien. Tu fais ce que tu veux. Je ne veux même pas le savoir. Mais....

    Parle-moi d'elles

    Parle-moi d'elles. 

    On est arrivés. Merci. De rien. 

  • affaires de divorce, épisode 1

    On a divorcé il y a deux ans et demi mais ce n'est pas le divorce qui m'a emmerdé puisque avec Mathilde de Bouillebec on a vécu 12 ans ensemble en union libre. On s'est marié un peu sur un coup de tête en 2013 et le but essentiel était de réunir nos deux familles qui ne se connaissaient pas ou à peine. Non, le divorce en lui même, j'en avais rien à foutre, le plus dur fut de quitter la maison, la vie de ma famille à quatre etc.  J'ai résolu de parler de tout ça avec un brin de dérision dans une série de poèmes que personne ne lira pas mais qu'importe, je mets ici ce que je veux. Je mettrai aussi d'anciennes productions où je parle de ce sujet.

    J'évoque dans celui-ci les vieux draps, housses de couette, draps housse ou autres bricoles que j'ai ramenés dans mon appart de la maison. J'ai pris le parti de m'en débarrasser. Je ne peux plus les voir, vaisselles comprises. deux rimes avec le même mot mais pas d'histoire !

    Affaires de divorce (1)

    J’ai jeté toutes les reliques de jadis
    Près d’un buisson de rien tout près de mon appart
    Et lorsque ce fut fait j'ai cru clore une vie
    Un peu comme on termine le reste d'une tarte. 

    Le tout attendait quoi, depuis deux ou trois jours
    Car de tout ceci je n’avais plus trop que faire
    Et je décidai dans la nuit qu'enfin le jour
    Vienne enfin pour finir de jeter ces affaires

    Ensuite j'ai chanté debout sur une chaise
    En écoutant Basia après les Matt Bianco
    Un peu comme ces fous qu’on voit sur les falaises

    Ceux là même hantant  les paisibles chaumières
    Lorsqu'au sein de la nuit, la lune alors éclaire
    Ce formes bizarres comme des barbotieres.

    Shako, le 02.08.2020