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vie personnelle

  • I've got the power !

    IMG_20201108_161607.jpgJe m'étais dit que j'allais me forcer à écrire une note tous les jours (avant ma reprise de travail en tout cas) mais c'est difficile quand même, je ne suis pas journaliste et je n'ai pas le talent de Julie Schittly. Aujourd'hui, je suis allé déjeuner chez mon père. On a parlé de choses et d'autres et je n'étais pas pressé de partir. Alors, je suis sorti prendre l'air et suis allé voir les bâtiments de ferme qui se situent derrière la maison (une longère). C'est un spectacle un peu désolant. Tout ce qui est tôle et boiserie partent en vrille. Si un jour, il faut vendre la maison (parce que c'est la nature des choses), je pense que tout ce bazar derrière va en rebuter plus d'un. Je vois pas trop comment démolir tout ça...y'a peut-être quand même la possibilité de transformer la fosse à purin en piscine puisque ladite fosse est à ciel ouvert. Pour la reste, je ne sais pas.

    Tout ça m'a quand même rappelé des souvenirs...mon chien Snap qui me suivait partout et qui est mort quelques jours après qu'il s'est rendu compte qu'il n'y avait plus de vaches dans la ferme (1999). On l'a retrouvé mort dans un champ sans raison apparente. Il n'avait que 5/6 ans. Je suis certain qu'il a fait une déprime parce qu'il s'est senti inutile. C'était un berger allemand adorable et il me suivait partout lorsque j'allais me promener par monts et par vaux en récitant des vers de Rimbaud. J'avoue que j'ai pleuré. Je m'étais trop attaché à lui. C'est moi qui lui avais trouvé son p'tit nom par rapport à un groupe de dance music de l'époque qui chantait "I've got the power". Je n'oublierai jamais ce chien. J'espère qu'il y a un paradis pour eux aussi  (encore que pour nous je sais pas). 

    Donc, je suis allé chez mon père et chemin faisant, j'ai vraiment réalisé qu'il n'y avait personne sur les routes. C'est la misère et même mon boucher était fermé alors que j'avais promis à mon père de lui ramener de la bonne bidoche. On a suivi ensemble le départ du Vendée Globe. A noter que même en plein air, le public était interdit. On atteint le summum de la connerie. 

    En rentrant, je suis passé devant une école de campagne et j'ai remarqué qu'il y avait quatre barrières à deux mètres de l'entrée. Vous savez, c'est pour faire peur aux terroristes. Je me marre.

    Il y a une semaine, j'étais sous perfusion au service réanimation de l'hôpital de Vannes...

    Shako

  • Tenir (3)

    Ça fait 51 jours que j'ai quitté la clinique, 51 jours d’abstinence et je me félicite parce que personne ne le fera pour moi. Parfois, j'ai des envies mais je me dis que j'aurais trop à perdre. On m'a renouvelé mon arrêt de travail jusque début octobre et donc j'en profite pour suivre l'actualité, lire, faire du sport. Je me fixe des objectifs chaque jour, des choses que j'ai pas envie de faire. Aujourd'hui samedi. Je me suis réveillé vers les 8h00, je n'avais pas de crise d'angoisse mais je me sentais déprimé. Je me suis levé quand même, je suis resté traîner, j'ai pas ouvert les volets et je suis retourné au lit jusque 11h30. Là, ça va mieux, je me suis occupé du linge, de la vaisselle. J'ai bu du café et tout à l'heure, ce sera steak et riz pour faire le plein d'énergie avant d'aller à la salle de sport. Mon frigo est vide, il va falloir aussi que je fasse quelques courses. 

    Tout ça paraît dérisoire. Un peu "l'homme qui dort" de Pérec. Mais que voulez vous que je vous dise ? Voici donc une note qui ne sert à rien, qui s'enfonce sur elle même. Je cherche un livre à lire, peut-être un Kundera dont j'ai tout lu l'oeuvre il y a vingt ans ou pour me détendre un Agatha Christie. On dit que son roman policier le plus abouti et exigeant est "le vallon" alors pourquoi pas.

    Concernant, "les dix petits nègres" que j'ai évidement lu au moins deux fois, plus je réfléchis, plus je le trouve mal léché. Les dix invités ont chacun une chambre et voient chacun d'entre eux mourir les uns après les autres. La logique voudrait que ce faisant, les invités restants restent soudés ensemble dans le salon au lieu de retourner individuellement dans leur chambre. Mais non, ça leur traverse pas l'esprit. Bon mais en dehors de ça, ça reste le must du roman policier. 

    Shako. 

  • tenir (2)

    Chaque jour qui passe est une victoire et en même temps, je trouve que c'est de plus en plus facile. Lorsque je suis sorti de la clinique, il y a un mois et demi, j'avoue que j'avais une forte appréhension de me retrouver seul dans mon appart qui, depuis que je l'habite a toujours été synonyme d'alcool. Lorsque Mathilde de Bouillebec m'a déposé après ce retour glacial, je suis rentré dans mon appart, frais comme un gardon et j'ai commencé par remettre des choses dans l'ordre. Je ne sais plus quel était mon niveau d'envie de boire. Pour pallier au pire, j'ai pris un Espéral pour être tranquille pour 72h. C'est toujours difficile de prendre la décision de l'Espéral mais il faut savoir ce qu'on veut...et puis les jours ont suivi, je me suis instauré un rythme de vie, j'ai mis plusieurs jours à faire le ménage (je crois que je n'en avais jamais fait depuis un an et demi que je suis dans cet appart maudit).

    L'autre jour, un gars a invité tous les gens de l'immeuble pour un apéro-barbeuc...sauf moi. Alors je me suis évidemment posé la question et j'ai fini par l'avoir. Comme il savait que je ne buvais plus, il n'a pas voulu m'infliger de voir les autres boire. Louable attention mais j'espère quand même que je vais pas continuer à vivre ce genre de trucs sous prétexte que je ne bois plus.

    Aujourd'hui, je suis à 42 jours sans boire (effectif à minuit !). Comme ne plus boire n'est plus ma seule préoccupation du jour, je me suis décidé à perdre du poids, ce que j'avais déjà commencé à la clinique. Régime sévère et beaucoup de sport mais c'est pas toujours payant. Il faut persévérer. Comme j'ai éliminé quasiment toute absorption de sucre, je fais de l'hypothermie c'est à dire que j'ai des étourdissements quand je me lève mais surtout je dors beaucoup comme si mon corps me disait "bon j'en ai marre de ce que tu me fais vivre, j'en ai marre, mode pause". Je suis allé voir le médecin, il m'a prescrit une prise de sang même s'il m'a dit que l'hypothermie ne se voyait pas dans le sang. Mais il y a longtemps que je n'ai pas fait de prise de sang et ça ne mange pas de pain. Et puis le médecin a pris ma tension : 11.7  ! alors qu'historiquement je tourne aux alentours de 14/15. 

    Ce matin, entre deux siestes, j'ai fait un far breton, pas spécialement adapté pour perdre du poids mais j'ai remplacé le sucre par du Stevia. Et bien, ça donne un truc tout aussi bon. C'est un conseil que je donne à tous ceux qui veulent se régaler d'un far tout en faisant un régime. 

    Demain, je fais ma première séance à la salle de sport. Un heure pour commencer, c'est bien. Comme j'ai l'habitude de faire du footing et donc de muscler le bas, je vais essayer de muscler le haut et c'est jamais facile au démarrage. Je demanderai conseil. Et puis la salle de sport, c'est cool parce que tu fais du bien à ton corps et tu fais des rencontres, ce que j'ai cruellement besoin en ce moment. 

    Shako

  • le bateau d'Emile...et puis quoi encore !

    DSC01711.JPGDepuis deux jours, il tombe un crachin continu en Bretagne. C'est une météo qui me va très bien.

    Hier (et il est tout à fait inutile que je vous dise quoi, comment et où), je suis tombé sur Mathilde de Bouillebec et ma fille Chloé. Passons sur Chloé qui nous fait un coup de calgon en ce moment  (attention, le calgon ne sert pas à déboucher un évier, je dis ça parce que je me suis fait avoir). A ce moment précis, je crois bien que j'étais la dernière personne que Mathilde de Bouillebec tenait à voir. J'ai voulu lui faire un bisou un peu par provocation mais prétexte Covid elle a refusé alors on est resté à deux mètres trente deux l'un de l'autre. L'ambiance était froide comme un frigo mal réglé. Je lui posé quelques questions d'usage et je voyais bien que ça l'emmerdait de répondre. Elle l'a fait quand même en éructant quelques mots qui sortaient de sa bouche au forceps mais j'avais de la peine tellement je ressentais toute la souffrance qu'il y avait en elle. Que des mots donc, la prochaine fois, ce sera des lettres et je devrai deviner le mot. Ensuite, on passera aux onomatopées. Elle me regardait de biais ou même pas du tout. Hors de question de croiser mon regard !  Quel supplice ce devait être pour elle de répondre aux questions incongrues de son ex mari qui devrait être en prison, là au moins, elle ne tomberait jamais dessus. 

    Dans tout cette triste histoire, j'ai appris je ne sais plus comment que Lola, mon autre fille, faisait un stage de basket à Nantes, chose quand même que j'aurais dû savoir et puis et c'est plus anecdotique que Mathilde de Bouillebec faisait construire une maison, je ne sais où, à Baud peut-être. J'ai bien vu qu'elle était gênée que je sois mis au courant comme si elle voulait me cacher cette information indéfiniment. Je crois plutôt qu'elle avait envie que je crève et que des mouches bourdonnent sur mon ventre putride. 

    Je suis rentré chez moi pas plus énervé que ça. Je me sens plutôt bien en ce moment. C'est ma sœur qui m'a ramené et elle et mes deux nièces sommes montées. Mon appart est tout petit mais tout à fait comme il faut pour une personne seule. Par contre à quatre là dedans, ça fait un peu cagibi. Rozenn et moi avons bu un café pendant que Daphné et Clélie mettaient de l'ambiance dans le vestibule, je suis désolé, c'est le mot qui me vient. 

    Et le soir, je me suis retrouvé seul autour de mes livres et des choses diverses comme les vinyles de Françoiz Breut (il fallait bien que je la place).  

    Par ailleurs, Il faut que je vous dise une chose incroyable. Ma grand-mère paternelle, mémé, qui a été agricultrice toute sa vie et qui n'a été que six ans à l'école pendant lesquelles elle a appris le Français, a écrit en secret, on ne sait trop quand pendant sa retraite sur un cahier d'école toute sa vie et surtout son métier d'agricultrice. Je ne sais pas qui est tombé là-dessus après sa mort en 2013. On a tous trouvé ça incroyable. C'est écrit avec pas mal de fautes mais aussi sans ponctuations, sans retour à la ligne. Brut quoi. Mais qu'importe, la nouvelle a secoué la famille. Et donc, un cousin à la retraite a décidé de publier cet ouvrage en agrémentant le tout de photos légendées si possible, d'anecdotes et aussi d'un arbre généalogique. Je savais qu'il faisait un travail à partir du cahier de mémé mais je ne m'attendais pas à une telle somme. En parcourant ce "carré d'as", c'est ainsi qu'il l'a titré, je me suis souvenu que j'avais fait la même chose quelques années avant mais en évoquant ma famille maternelle et puis évidemment sans le cahier comme mémé avait fait. J'avais publié la chose je ne sais plus comment sur le net et l'ai distribué aux personnes intéressées. J'avais appelé ça "le bateau d'Emile" puisque mon grand-père s'appelait Emile et qu'il n'a jamais fait de bateau (mais en vérité c'est aussi parce que c'est un film avec Lino Ventura) Je m'étais beaucoup renseigné auprès des enfants de mon grand-père, de mon père aussi évidemment et d'autres gens qui l'ont connus. Je crois avoir fait un bon travail mais je n'ai eu strictement aucun retour. Donc, j'en ai déduis que c'était mauvais. Je crois déjà que j'aurais dû choisir le format A4 comme le carnet d'as parce que dans mon bateau d'Emile, tout est trop resserré et donc un peu repoussant  Encore que, je suis en train de le feuilleter là, je trouve ça pas si mal. Je ne comprends pas. L'essentiel est que je suis fier de mon travail même s'il n'avait pas la même ambition que celui de Michel, coutumier de ce genre de bouquin. 

    Comme c'est mon blog et que j'y écris ce que je veux et illustre mes notes comme je veux aussi. Je vais donc mettre la couverture du bateau d'Emile où on voit ma mère sous une espèce de porche d'une ruine en pierre. J'aime beaucoup cette photo que j'ai l'impression de voir sortie d'un film d'Antonioni. Le bateau d'Emile est mon bébé, il n'a plu à personne sauf à moi. Si c'était à refaire, je le referais parce que déjà j'y ai appris beaucoup de choses. Je tiens quand même à dire que Prisca m'a beaucoup aidé pour la mise en forme du bordel.

    Six années plus tard, elle me regarde en chien de faïence devant la maison de mon enfance regrettant plus fort que mourir d'y être venue entreposer des cartons au moment même ou j'y étais avec ma sœur et mes nièces. Entre Rozenn et Mathilde de Bouillebec, ça a toujours été l'entente cordiale. 

    Voilà, je vous ai pas trop gonflé ! Mais qui vous oblige à lire !?

    Shako

  • Shako, le catho

    shakocato.jpgOn dirait que les gens veulent que je devienne catho. Il y a deux mois à peu près, je me fais prendre en stop par une ancienne collègue de boulot (en retraite) qui a bien vu que je n'allais pas bien et c'était vrai, j'avais deux bouteilles de whisky dans mon sac à dos que je m’apprêtais à enfiler cul sec. C'est alors qu'elle commence un discours étrange sur la fin du monde, sur la vengeance de Dieu et tout le prêchi prêcha de circonstance. Elle me donne un petit livret dont je n'ai pas mis longtemps à comprendre qu'il s'agissait d'un fascicule intégriste se réclamant quand même de l'Eglise Catholique mais je suppose et espère que cette dernière rejette ce type de mouvement. En tout cas, elle me propose d'accompagner un groupe de fidèles (dont elle) en Bosnie au mois de septembre et elle me payait même le voyage. J'ai réfléchi vite fait en me disant que ça me changerait les idées tout en espérant que je ne serais pas obligé de suivre ces pseudo-cathos dans leur pèlerinage d'une semaine. Je ferais mon petit touriste dans mon coin et rejoindrais le groupe ou pas le soir (à moins que je ne tombe sur un petit hôtel sympathique perdu dans les montagnes bosniaques). Je m'en faisais presqu'une joie annonçant même autour de moi que j'allais probablement en voyage en Bosnie en septembre. 

    Plusieurs semaines plus tard, elle vient chez moi et reprend son discours sur l'imminence de la vengeance et dans le flot de  stupides prédictions, j'en ai retenu une qui a failli me faire tomber de l'armoire : il ne restera plus que 48 habitants à Paris. Je ne cherchais même plus à apporter la contradiction d'autant qu'elle m'avait dit que finalement je devais payer le voyage (en plusieurs fois, s'il fallait, très gentille, merci) et qu'il n'était pas possible de quitter ce groupe d'illuminés pendant la semaine. Je lui ai clairement fait comprendre que ça n'allait pas être possible et elle m'a dit de la rappeler au cas où.

    Quelques semaines plus tard, je reçois cette carte postale de ma sœur en vacances dans la Creuse (département top cliché lorsqu'on veut quitter la société de consommation) et qui représente une vierge marie noire (permettez moi de ne pas mettre de majuscule au nom de cette dame) sur les genoux de laquelle est installé son fils, Jésus Kriss tout aussi noir que sa mère, si on peut appeler une femme qui a conçu un bébé sans père, une mère. C'est un peu caché par l'écriture de mon beau-frère mais voici la légende : "MEYMAC CORREZE, l'église abbatiale possède une vierge noire du XIIe siècle". A l'actif de ma sœur, je dirais que c'est original de ne pas envoyer de cartes représentant un paysage. Au passif, je suppose qu'elle n'a pas oublié que je suis athée donc qu'il doit s'agir d'une gentille provocation. Que la vierge marie soit noire, blanche, verte ou bleue m'importe totalement puisque je ne crois pas que cette dame ait existé. Le texte de ma sœur commence par "que la vierge marie de Meymac t'aide à prendre confiance en la vie sobre et simple....etc" signé Rozenn

    Rozenn et mon ex-collègue se sont-elles mises de mèche pour me faire basculer de l'autre côté de l'échiquier ?

    Toujours est-il que je me relèverai seul parce que je suis fort et que j'ai pour m'en sortir un grimoire et que je n'ai pas besoin du secours de Marie et de ce périple à Medjugorge. Je suppose que tout cela part d'une bonne intention mais je suis trop avancé dans les mystères de la physique quantique pour faire une improbable marche arrière. 

    Shako

  • après-midi hors du continent

    Le fleuve qui passe pas trop loin de chez moi s'appelle Le Blavet. Dans mon coin au bord de ce fleuve, il y a deux sites intéressants, Minazen et Manerven. Mais bien qu'il n'y ait pas trop de touristes, Minazen est assez bien coté parce qu'il y a un petit bar sympathique. Et à Manerven, il il n'y a qu'une petite île au milieu du Blavet (ce qui est déjà pas mal). Je ne sais pas si on peut dire qu'on quitte le continent quand on va sur ces îlots. J'ai déjà fait à cet endroit  un pique nique jeudi dernier. C'était super, pas de réseaux, presque pas de touristes, juste quelques pêcheurs. Je ne peux pas dire que c'était le silence complet puisque l'eau qui se déverse de l'écluse émet un son mais un son fort agréable. Donc, j'embarque quand même mon smartphone ( pour écouter de la musique) et ma liseuse. Jeudi dernier, j'ai dû partir assez tôt puisqu'il y avait le gala de basket de Lola, (une de mes deux filles) le soir à 18:30. Mais là, rien ni personne ne m'attend. J'essaierai de finir mon livre de Sarkozy (je n'ai rien lu depuis jeudi) et puis après je sais pas. Je fouinerai dans ma liseuse pour voir.

    Hier, j'ai fait du shopping avec mes filles à Lorient. il faisait très chaud et j'ai eu la mauvaise idée de mettre un pantalon très lourd à porter. Question dépenses, les filles s'en sont donnés à cœur joie. Lola qui n'avait presque pas dépensé a été très futée puisqu'au dernier moment alors qu'on rejoignait le bus, elle annonce qu'elle voulait voir pour acheter des lunettes de soleil. On s'est donc arrêtés chez Afflelou et comme elle n'aime que les marques, je lui ai acheté une paire de Ray-Ban dont la décence m'oblige à ne pas donner le prix.

    Chloé a été plutôt désagréable avec moi car elle était persuadée que j'avais bu la veille (parce que quand elle a appelé vers les 23:00 pour cette histoire de hacking incompréhensible, apparemment je parlais bizarrement). Peut-être cela vient-il des médocs, surtout le Baclofène que j'ai eu le malheur de prendre à 20:00 ce soir là alors que d'habitude je le fais au coucher...parce que ce machin, au demeurant très efficace fait dormir alors ce soir là,  j'ai dormi environ de 20:30 jusque 23:00 et Chloé m'a appelé alors je ne sais pas, je devais être un peu dans le coltard. Le pire, c'est que hier elle pensait que j'avais même bu aussi le matin même de notre sortie parce que j'ai butté dans une chaise à 16:00.  C'est stupide pour pas mal de raisons dont deux essentielles : pourquoi j'aurais pris le risque de boire le matin alors que je voyais les filles l'après-midi !? Et même si j'avais bu, le fait de buter dans une chaise à 16:00 pourrait prouver quoi que ce soit alors qu'à cette heure forcément, l'effet de l'alcool aurait disparu ? et les filles se seraient rendues compte de rien par ailleurs ! (Elle vient de me dire par sms que je ne marchais pas droit toute l'après-midi, je rigole des genoux !) Une troisième raison quand même : je suis abstinent et je tiens à le rester "plus fort que mourir". Mais Chloé me l'a dit, elle n'a plus confiance en moi alors je peux dire ce que je veux, ayant menti pendant des années, pourquoi ne mentirais je pas encore... 

    Il est 12:45, je vais préparer mon baluchon ( au menu, un melon et trois pommes) et retourner à mon havre de paix. Dans l'idéal, je serais allé courir ce matin mais j'ai toujours mal au mollet droit. Il se trouve qu'en matière de poids, autant je suis passé facilement de 100.5 à 93, autant j'ai beaucoup de mal à baisser encore. Il y a comme un pallier imposé par le corps. Parfois, je me fais plaisir en regardant mon poids après un footing pour voir un nombre inférieur à 90. Sinon, je dois redoubler d'efforts et pour ce, il faut que mon mollet me fiche la paix. En attendant, je peux faire du vélo en utilisant la batterie au minimum. Là, déjà d'aller à Manerven à vélo et revenir, ça me fait suer et donc ça agit sur mon poids. Et puis au niveau alimentaire, il faut que je fasse un régime plus sévère. Il faut souffrir de toute façon.

    Je retourne donc à cet endroit sans tambour ni trompette et sans réseaux ! 

    Je corrigerai les fautes et coquilles ce soir (avec l'aide de Léonor, merci à elle)

    Shako.

  • affaires de divorce, épisode 2

     

    Elle n'était pas obligée de venir me chercher alors que demander de plus. Mais elle a toujours été comme ça. Elle ne laisse jamais tomber les gens. Bon cœur. Taxi gratuit. Il ne fallait pas attendre les grands discours. Comme de fait. Silence à peine pesant. Presque évident. Parfois je pose une question et elle répond par oui ou par non et un peu plus s'il fallait. Trois mots grand maxi. J'avais mal mais je ne lui en voulais pas. Un mois plus tôt j'avais fait la connerie de trop alors il fallait pas que je sois surpris qu'elle ne me demande pas comment s'était passé ce séjour d'un mois à Séné. Pour que vous sachiez chers lecteurs, il s'est bien passé. Et depuis ma sortie, il y a vingt jours, je n'ai pas bu une goutte. 

    Dans sa grande bonté, elle est venue me chercher. J'ai attendu toute la journée car j'étais libéré le matin. Je n'avais aucune appréhension. Parce que je n'attendais rien. Et je n'étais pas fier.

    J'aurais voulu quand même avoir des nouvelles des filles. Mais c'était des oui et des non encore . Même pour mes filles. Pas besoin de faire des alexandrins pour dire ça. Ça suffit la poésie. Il y a des choses qui sont à dire le plus simplement.

    Parle-moi d'elles

    Parle-moi d'elles

     

    Mais non, Chloé est en Nouvelle Zélande et Lola est draftée en NBA ? Je n'en sais rien. Au moins savoir ça. Parle-moi d'elles. Bon sang mais parle-moi d'elles ! Sont-elles heureuses ? Et leurs petits copains ? Parle moi au moins d'elles, s'il te plait ! Toi et ta vie, peu m'importe. On ne se doit plus rien. Tu fais ce que tu veux. Je ne veux même pas le savoir. Mais....

    Parle-moi d'elles

    Parle-moi d'elles. 

    On est arrivés. Merci. De rien. 

  • affaires de divorce, épisode 1

    On a divorcé il y a deux ans et demi mais ce n'est pas le divorce qui m'a emmerdé puisque avec Mathilde de Bouillebec on a vécu 12 ans ensemble en union libre. On s'est marié un peu sur un coup de tête en 2013 et le but essentiel était de réunir nos deux familles qui ne se connaissaient pas ou à peine. Non, le divorce en lui même, j'en avais rien à foutre, le plus dur fut de quitter la maison, la vie de ma famille à quatre etc.  J'ai résolu de parler de tout ça avec un brin de dérision dans une série de poèmes que personne ne lira pas mais qu'importe, je mets ici ce que je veux. Je mettrai aussi d'anciennes productions où je parle de ce sujet.

    J'évoque dans celui-ci les vieux draps, housses de couette, draps housse ou autres bricoles que j'ai ramenés dans mon appart de la maison. J'ai pris le parti de m'en débarrasser. Je ne peux plus les voir, vaisselles comprises. deux rimes avec le même mot mais pas d'histoire !

    Affaires de divorce (1)

    J’ai jeté toutes les reliques de jadis
    Près d’un buisson de rien tout près de mon appart
    Et lorsque ce fut fait j'ai cru clore une vie
    Un peu comme on termine le reste d'une tarte. 

    Le tout attendait quoi, depuis deux ou trois jours
    Car de tout ceci je n’avais plus trop que faire
    Et je décidai dans la nuit qu'enfin le jour
    Vienne enfin pour finir de jeter ces affaires

    Ensuite j'ai chanté debout sur une chaise
    En écoutant Basia après les Matt Bianco
    Un peu comme ces fous qu’on voit sur les falaises

    Ceux là même hantant  les paisibles chaumières
    Lorsqu'au sein de la nuit, la lune alors éclaire
    Ce formes bizarres comme des barbotieres.

    Shako, le 02.08.2020
  • Isabelle ou le Chat de Schrödinger

    Depuis quelques mois je connais une fille qui habite Saint-Malo-de-Beignon. C'est un bourg qui me parle car lorsque j'effectuais mon service militaire à Guer, le soir, on sortait avec quatre ou cinq bidasses, on achetait de la bière et on allait les boire au bord d'un étang situé près de ce bourg. Et quand on était bien éméché, on se foutait à poil 100%, on courait vers le ponton et on se jetait à l'eau. C'est le seul souvenir que j'ai de ce bourg, c'est pour ça que lorsqu'Isabelle m'en a parlé, j'ai repensé à ces soirées au bord de cet étang dont je ne sais le nom.

    Cela fait plusieurs mois que je connais Isabelle. Quand je l'ai connue, elle n'allait pas bien et puis j'ai assisté à sa transformation. Mais on se parlait très peu. Un jour que pour une fois je lui parlais, j'ai dû lui dire que je m'intéressais à la physique quantique, elle m'a demandé alors si je connaissais le chat de Schrödinger. A part mon chat Merlin, je ne connais pas le nom des chats des autres et donc encore moins de celui du dénommé Schrödinger. Je lui ai répondu que non mais ça m'avait surpris qu'elle me sorte ça de façon si naturelle comme ci elle me disait qu'il faisait beau dehors. Lorsque je suis rentré chez moi, j'ai en effet trouvé l'endroit où il en était question et l'expérience de ce chat qui existe et n'existe pas et qui est en fait un fondement de la physique quantique mais je vais éviter les explications.

    J'ai su plus tard qu'elle avait un sérieux bagage scolaire et qu'elle avait participé à une conférence sur le quantique et qu'à côté d'elle était assis un des frères Bogdanov.

    Petit à petit, on s'est mis à discuter de plus en plus de choses métaphysiques. J'étais agréablement surpris de sa transformation. D'une fille très effacée portant tout le temps un espèce de gilet rose, elle était devenue plus féminine jusque porter une jupe. Enfin, je croyais que c'était une jupe mais en fait c'était une robe. Un autre jour, elle portait une robe longue que j'aimais moins mais j'ai pas osé lui dire que ça ressemblait à un sac à patates. Physiquement de visage, je ne saurais trop dire. Je devinais qu'un mystère s'y cachait et les traces d'un passé assez lourd. Je ne posais aucune question sur sa vie qu'elle me distillait tranquillement. J'ai su qu'elle avait une fille mais je ne sais plus son âge et surtout qu'elle avait un mec qui s'appelle Cédric. Comme elle commençait à m'attirer, je lui disais en rigolant que j'allais tuer ce Cédric et donc qu'il me fallait abattre tous les Cédric de Nantes où il habitait car je ne savais pas son nom de famille. Souvent alors qu'on buvait un café ensemble avec d'autres individus, son téléphone sonnait et elle répondait "coucou chéri". J'aurais dû être indifférent car je ne savais pas ce qu'il se passait dans mon cerveau. J'étais fragile moi aussi et je n'avais pas du tout confiance en moi. J'étais en surpoids et le soir quand je me regardais dans la glace, je faisais des grimaces pour ne pas me voir en vrai. C'était une époque où on mangeait dans le même restaurant et j'étais surpris qu'elle se mette à une table avec des vieilles personnes alors que j'étais souvent seul à une autre table comme un con. Je ne le sais pas encore...mais tout ça est fini. Il y a de fortes chances qu'on ne se revoie plus. 

    Mais je n'ai pas encore dit l'essentiel. Un soir, perdu dans mes pensées forcément métaphysiques autant que discrètement sentimentales, je doutais plus que jamais de l'existence de la matière et donc de l'atome. Seule Isabelle me posait des questions là dessus. On jouait à un jeu de société à deux, trois ou quatre mais souvent la partie s'interrompait lorsqu'elle et moi discutions de choses et d'autres. Elle ne venait pas souvent et ça m'énervait et je ne savais pas trop pourquoi. Un jour que je devais quitter Vannes, je lui ai envoyé un message. Un ami que j'avais souvent au téléphone m'avait dit "arrête de réfléchir et fonce". C'est vrai, cette putain de vie est trop courte, pourquoi se fixer ces interdits ridicules ? Prendre un râteau n'est pas la fin du monde. Donc je lui ai envoyé ce texto : "heureusement que je ne suis pas resté plus longtemps à Vannes parce que j'étais en train de tomber amoureux de toi". Et à ma grande surprise, j'ai eu très vite cette réponse : " j'avoue que moi aussi. Je l'ai ressenti, ça m'a troublée puis je me suis ressaisie". Je dois dire  que je n'ai pas bien compris cette réponse. A-t-elle ressenti que je tombais amoureux d'elle et que ça la troublait ou bien elle avouait qu'elle aussi était en train de tomber amoureuse de moi ?  En tout cas, ensuite, une fois lancé, j'ai poursuivi par un "un jour, nos mains se sont touchées et j'ai eu des frissons partout. C'est très bien que tu t'es ressaisie". Je mentais, je ne voulais pas qu'elle se ressaisisse. Elle avait un mec qu'elle aimait et elle venait même de faire les présentations à ses parents dont elle m'a dit laconiquement que ça s'était bien passé.

    Il est deux heures du matin. En écrivant cette note, j'écoute Franck Sinatra. Ecouter ce chanteur me rassure, m'apaise. A propos de chanteur, Isabelle m'avait fait écouter des choses qu'elle aimait et surtout à la question "qu'est ce que tu écoutes ?", elle ne m'avait pas répondu bêtement comme la plupart des gens "un peu de tout". Je me souviens qu'elle m'avait fait écouter Damien Saez un chanteur que je ne connais que de nom. Au fond de moi, je lui pardonnais alors de ne jamais avoir entendu parler de Dominique A. Ce chanteur sans doute le plus prolifique et inspiré de France reste totalement inconnu du grand public. Il lui manque sans doute un tube. J'en ai fait un peu écouter à Isabelle et notamment "il ne faut pas souhaiter la mort des gens" et j'ai profité de l'occasion pour lui dire à nouveau que je voulais tuer Cédric. 

    Ayant quitté Vannes, j'ai fait exprès de ne pas lui envoyer de message pour voir si elle allait m'en envoyer. J'ai attendu deux jours sans trop y croire et hier soir j'ai reçu un "y'a qu'à toi que je peux raconter tout ça car on est libre d'en parler sans limite" suivi d'un autre message "on se ressemble beaucoup". Je ne vais pas dire de quoi elle parlait dans le premier message. En tout cas, je me disais qu'on avait échangé cette troublante relation que par texto. A ce dernier texto, je lui ai bêtement envoyé les paroles d'une chanson de Daho qui s'intitule "on se ressemble". Peut-être espérait-elle quelque chose de plus personnel. On ne sait jamais ce qui se passe dans la tête d'une femme.

    Aujourd'hui, nous ne nous voyons plus. Est-ce une histoire impossible ? Je crois que oui mais elle ne m'a pas servi à rien. C'était pas grand chose mais ça me redonnait un peu confiance et elle, je ne sais pas. Je vous l'ai déjà dit, lisez un peu. On ne sait jamais ce qui se passe dans la tête d'une femme !

    En tout cas je me souviendrai longtemps d'elle. Que de chemin parcouru depuis le chat de Schrödinger. Cette expérience est tellement sidérante que je vous pose ici ce qu'en dit wikipedia : 

    C'est la mesure qui perturbe le système et le fait bifurquer d'un état quantique superposé (atome à la fois intact et désintégré par exemple… mais avec une probabilité de désintégration dans un intervalle de temps donné qui, elle, est parfaitement déterminée) vers un état mesuré. Cet état ne préexiste pas à la mesure : c'est la mesure qui le fait advenir. 

    Je me suis fait ma propre interprétation de cet énigmatique extrait : les choses n'existent que parce qu'on les voit. J'en parlais à Isabelle et bien qu'elle respectait mon opinion, elle n'était pas du tout d'accord. J’insistai sur le fait qu'elle n'existe que parce que je la vois donc en ce moment précis au cœur de cette nuit, elle n'existe pas. Elle m'appartient donc puisqu'elle n'existe que lorsque je la regarde. Oui, j'ai remplacé la mesure par le regard. C'est rassurant de penser ça. Je ne la reverrai sans doute jamais mais elle m'appartient. 

    Loïc LT

  • 2018 / Comment je me suis fait kidnapper pour la première fois de ma vie.

    Évoquer sa vie personnelle sur son blog...je l'ai fait par le passé mais toujours pour le bon côté des choses. Et puis, y'a un blog tenu par une personne dont je tairai le nom mais qui se reconnaîtra et qui m'a donné envie de m'y remettre. Ecrire, c'est une thérapie, façon de soulager des choses désagréables par des mots qui forment des phrases qui elles mêmes forment un tout cohérent.  Et si j'écris beaucoup (sorte d'autobiographie en cours), ce n'est pour l'instant jamais pour les autres mais pour le mien. Alors, allons-y.

    En 2018, je me suis retrouvé dans un hôpital psychiatrique du Havre. Hôpital Janet. Comment et pourquoi, je vais vous l'expliquer de la façon la plus objective possible.

    Un jour, alors que venant de Bretagne, j'avais débarqué chez ma sœur en Haute Normandie le matin et dans un sale état, dans l’après midi, elle m'a proposé gentiment de boire un café dans son salon. Je sentais bien quelque chose de louche tant elle ne savait plus que faire de moi et puis de se retrouver autour d'un café comme si de rien n'était me semblait étrange mais pas suffisant pour deviner ce qui m'attendait. Si je pouvais revenir sur le passé, je me serais douté de quelque chose et notamment qu'il y avait un véhicule de pompier garé et caché près de la maison ou je ne sais où.... pour pas que je le vois auquel cas, alors j'aurais continué mon chemin jusque très tard, les pompiers n'allaient pas rester glander toute la journée. J'ai vraiment été trop con sur cette affaire-là et je m'en voudrais toute ma vie de cette naïveté. Je pense même que je serais retourné chez moi, sans mes bagages ni ma trompette mais mais c'est une raison dérisoire bien que je tiens à mon tambour. 

    Et donc je buvais mon café tranquillement quand ont débarqué à gauche et à droite de la pièce deux pompiers tout de jaune vêtus et quelques minutes plus tard, j'étais dans le camion citerne, destination inconnue.

    Pour être complètement honnête, j'étais arrivé le matin même chez ma sœur et mon beau-frère (sans y avoir été invité) et j'étais saoul (mais pas dépendant à l'alcool car je sortais de deux mois de clinique pendant lesquels je n'avais pas bu une goutte évidemment). Mais j'ai débarqué chez elle sérieusement alcoolisé. Peu après mon arrivée, sachant que je n'étais pas trop le bienvenu, je suis allé me promener au bord de la Seine, endroit où par connaissance fraternelle, elle n'a pas tardé à me retrouver. Quand je l'ai vu arriver, je ne lui ai pas laissé le temps de sortir de son Cactus (je n'ai jamais compris comment des écolos de bazar puissent acheter un tel véhicule) et je me suis barré. Je pense alors qu'elle est rentrée chez elle et qu'elle s'est arrangée avec les pompiers pour qu'ils viennent et pour que le camion benne soit caché.

    Rentré de ma promenade et n'ayant pas eu le temps de boire son putain de café  (bio sans doute donc dégueu-), je me suis donc retrouvé dans le camion poubelle et j'ai été admis à l'hôpital Janet qui n'avait rien à envier à une prison. Confiscation du portable pendant tout le séjour (mais ça, on s'y fait), interdiction de sortie, chambres doubles voire certaines triples et puis j'ai vu des choses dans ce lieu totalement hallucinantes : "Des couples" qui faisaient l'amour dans les couloirs, des types qui se faisaient sucer...et les infirmières passaient devant tout ça sans rien dire. Vous comprenez que j'appréhendais d'aller dans les douches collectives, d'ailleurs en trois semaines, j'ai dû me laver que deux ou trois fois tellement j'avais la frousse de ce que vous savez et si ça s'était passé,  je savais que les infirmières ou les aides soignantes me rigoleraient au nez. 

    Parlons des infirmières. Ayant passé deux mois à la clinique du Golfe près de Vannes, je m'étais habitué à des infirmières bienveillantes qui venaient souvent discuter avec les patients, parfois une heure s'il fallait ou plus. Quant au psychiatre, il venait nous voir tous les jours.  A Janet, rien de tout cela. Je n'ai pas discuté avec une infirmière une seule fois (puisqu'elles étaient tout le temps fourrées dans l’infirmerie à s'amuser et à se moquer sans doute des patients) et se foutaient pas mal de nous sauf quand l'un d'entre nous pétait les plombs, ce qui arrivait régulièrement évidemment, tant nous étions traités comme des truies dans une porcherie. Et je n'ai vu que deux fois le psychiatre en trois semaines et lors de la seconde (ma sœur présente ?), le sujet principal était de savoir comment j'allais être rapatrié dans le Morbihan quand bien même ma Polo m'attendait. (c'est vrai que ce côté pratique était du ressort d'un psychiatre, je me marre). En tout cas je ne sais pas comment j'ai fait, si j'ai joué un sale tour à ma sœur ou quoi mais je suis quand même rentré avec ma voiture encore sous le choc de ce que j'avais vécu pendant presqu'un mois.

    Ce dont je lui en veux en plus (notez que je ne dis ni son prénom, ni son nom, ni son salaire, ni si elle connaît la physique quantique, ni le bourg où elle habite, elle ne peut pas me reprocher ça), c'est qu'elle n'est venue me voir qu'une seule fois et juste pour une histoire de linge à laver...et pour rester discuter quelques minutes et basta. Je lui avais clairement fait comprendre je crois que cet hôpital était un enfer mais elle n'a pas bronché. . Elle avait l'air de s'en foutre (un mal pour un bien devait-elle penser) et elle se serait bien passée de s'occuper de mon linge, ce que j'ai obtenu par insistance ( peut-être qu'elle est venue deux fois, une pour récupérer mon linge sale et l'autre pour revenir avec le linge propre mais ces visites logistiques ne duraient que quelques minutes). 

    Voilà ce que j'ai vécu (sans doute les semaines les plus atroces de ma vie), j'aurais dû faire une psychanalyse après (comme les soldats Américains en rentrant de conflits ) et pourtant je ne suis pas de nature à être rancunier. Mais il y a des limites. D'habitude, éducation chrétienne oblige, j'ai tendance à tendre l'autre joue. Mais depuis mes trois semaines d'incarcération, chaque fois que j'entends le mot "le Havre", j'ai envie de vomir. Le pire est que quelques mois plus tard, elle a osé me faire visiter cette foutue ville (qui fait rêver tout le monde, hein -) détruite pendant la guerre par les alliés (comme beaucoup de villes normandes) et qu'un architecte nommé Auguste Perret (sans doute un disciple de Le Corbusier) avait reconstruit privilégiant le côté pratique mais clairement pas le côté esthétique. Y'a des gens qui n'ont honte de rien mais il faut se replacer dans le contexte. 

    Bref, ce dernier point n'est pas si important. Juste savoir que je suis sorti de l'hôpital plus mal que j'y suis rentré, ce qui doit être le cas pour la plupart des patients (dont la plupart ne semblaient souffrir d'aucune pathologie, à part celle de trouver l'occasion d'enculer des pov'types, excusez moi, je m’énerve mais en plus c'était ça) mais j'ai eu de la chance d'échapper préférant éviter ça et puer. 

    J'ai oublié de dire une chose ou je ne l'ai dit que trop brièvement. J'étais en état d'ébriété en arrivant chez ma sœur mais pas au point de suivre une cure. Quand on n'a pas bu depuis deux mois, boire cinq ou six bières ne crée par une dépendance. Et je ne sais plus ce qu'on a fait de moi quand je suis arrivé dans cet hôpital maudit. Le psychiatre a-t-il appelé celui qui me suivait à la clinique (dr Labouret) ? Sans doute que non car si ça avait été le cas, j'aurais été éjecté de Janet dans les 24 heures. C'est une évidence. Heureusement qu'on ne place pas en psychiatrie tous ceux qui prennent une cuite ponctuelle. 

    J'ai hésité à partager cette note sur Facebook (mais Fb donne plus de visibilité donc oui) et je vais signer par mon vrai prénom, Shako étant réservé aux choses agréables et culturelles. En tout cas, même si je pense qu'elle ne va pas m'appeler mais au cas où je préfère l'avoir elle plutôt que son mari (comme elle le fait souvent quand il s'agit de traiter de sujets délicats), non que j'aie quelque chose contre lui, bien au contraire, mais je pense que c'est une affaire entre elle et moi. 

    Du coup, chaque fois que j'entends "vers le bleu" de Dominique A, ça me ramène à tout ça mais à l'envers car il m'arrive parfois de penser que ma frangine qui a cru bien faire (j'espère) n'avait aucunement envie de me ramener vers le bleu. Elle dira "non" bien sûr en plus elle ose dire qu'elle n'ira vraiment bien que si je vais bien...après ce qu'elle m'a fait vivre au Havre, je trouve ça indécent. Mais en ce moment, expérience devant le juge étant, j'ai remarqué que j'étais gonflé à bloc. 

    Ma rancune ne durera pas longtemps car ce n'est pas ma nature. J'oublie très vite, j'évacue.  Alors, j'en profite en attendant de retrouver mon état "j'aime tout le monde". 

    Loïc LT