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Un 28 février, 13 heures

Hier dans l'après-midi, j'avais le moral dans les chaussettes et je n'avais qu'une idée en tête : aller courir le soir pour évacuer tout ce sentiment d'injustice qu'on a quand on l'impression de se donner à fond dans tous les compartiments de sa vie et de quand même se prendre une soufflante comme je n'en ai jamais reçue. La surprise passée, j'ai accusé le coup, prostré, anéanti, je n'ai parlé à personne pendant une heure comme si j'étais devenu muet. Puis, je me suis ressaisi. Quand on a la conscience pour soi et la confiance aussi, qu'on arrive à prendre un peu de recul et qu'on est rassuré par sa femme et un vieil ami, on se ressaisit. 

J'ai bossé comme un dingue dans l'après-midi, c'était le dernier jour du mois et c'est toujours compliqué le dernier jour, j'me comprends mais avec mon collègue, on a bien assuré et surtout on a rigolé. Quand t'es submergé de boulot, que le téléphone sonne sans arrêt, que tous les services te sollicitent, il arrive un moment où la saturation est telle que l'humour l'emporte sur l'énervement. 

Mais j'avais quand même cette boule dans le ventre et à la moindre accalmie, le coup de massue de 13 heures me tapait à nouveau sur le système. Alors oui, seul un footing de la mort pouvait évacuer cette rage.

Même si je me sentais fort, presque indestructible, un excès de confiance n'est jamais salutaire. Donc, j'ai appelé à gauche et à droite pour avoir l'avis de gens en qui j'ai confiance et qui envisageaient les choses de loin. Alors, évidemment, j'ai essayé d'être le plus objectif possible, en n'occultant rien.

Le soir, j'ai tout expliqué à Prisca. Elle m'a rassuré et les filles sans rien savoir aussi...par leurs présences et leurs soucis et rires d'adolescentes. Il tombait des cordes dehors. On a dîné et vers les 10:30, on n'entendait plus la pluie par dessus les toits. Je suis sorti. Le ciel était étoilé. Ni une ni deux, je me suis mis en tenue et suis allé courir à Baud. J'ai un circuit près du collège et j'ai explosé mon record précédent de 40 secondes. La boule dans le ventre a explosé aux alentours du huitième kilomètre. Splaasch ! Les dix kilomètres terminés, j'étais bien, en paix, avec moi-même. J'ai marché longtemps. Il était presque minuit. Je n'étais pas fatigué. Mais je n'allais pas errer toute la nuit dans la ville ! Et Prisca allait s'inquiéter. Je suis rentré, j'ai pris une douche, j'ai lu du Saint-John Perse (et oui, je fais une obsession en ce moment -) et me suis endormi en écoutant le dernier album de Benjamin Biolay qu'à chaque écoute, je trouve de mieux en mieux. 

Je n'en veux pas au type à l'origine de tout ça. Je sais qu'il est au bord de la rupture, il me l'a dit. Il avait besoin d'un souffre-douleur et je suis le client idéal pour ça. Si au moins, ça a pu le servir, c'est déjà ça ! Je veux bien aider les aider en leur servant de défouloir...mais pas tous les jours hein ! Ma gentillesse a des limites -) Et ne me demandez-pas de détails en commentaires, vous n'en aurez pas, par respect pour cette personne et parce que c'est pas mon genre. Par cette note, je ne voulais pas parler de lui mais de moi et de mon ressenti. 

Car ce fut du coup un jour particulier. Si l'expression "tout ce qui ne te tue pas te rend plus fort" n'était pas utilisée à tout va, je conclurais là-dessus...encore que je me sentais bien sans avoir besoin de penser à la mort. Je suis en vie ! j'ai 44 ans et je ne me suis jamais senti aussi fort. 

Les meilleurs ennemis de l'injustice sont l'amour, la poésie, les amis, le sport et la confiance qu'on a en soi.  

Aujourd’hui, 1er mars, tout est rentré dans l'ordre. C'est comme s'il ne s'était rien passé hier, comme si en fait, ça n'avait pas existé, comme lorsqu'on se réveille d'un cauchemar et qu'on se demande quelques secondes si on est dans la réalité ou pas. 

Loïc LT

Commentaires

  • Il y a des jours comme ça en effet. On est à l'écoute! :)

  • C'est oublié. Je suis fort et pas rancunier.

  • Toi c'était lundi, moi, mardi. Une méchante planète a dû passer dans notre ciel astral ;-)
    Je connais bien ce que tu ressens. Il faut savoir prendre de la distance pour ne pas donner trop d'importance à ce genre de choses et, après tout, il y a peut être quelque chose à retenir de ce qu'ont nous dit.

  • Oui, il y a des choses à retenir ( et d'autres non) encore que dans mon cas, c'était vraiment un échange à charge où tous les arguments (que j'essayais difficilement de placer) étaient systématiquement rejetés.
    Mais on sort plus fort de ce genre d'épreuve et je ne suis pas du genre à me larmoyer.

    "Je n'aimerais pas qu'on fût équitable à mon endroit: je pourrais me passer de tout, sauf du tonique de l'injustice. " Cioran

  • Salut vieux pote

    Ton anecdote me fait penser toute proportion gardée à un film de Philippe Le Guay que j'ai vu très récemment et qui m'a beaucoup plus pour le sujet traité (le harcèlement dans la vie professionnelle) et la justesse des acteurs
    Si tu as l'occasion de le voir...

  • j'oubliais le titre c'est "Trois Huit"

  • Oui, si j'ai l’occasion....mais je regarde très peu de films (comme je ne regarde pas la télé, ça ne peut être qu'au cinéma donc compliqué -)
    Sinon, ce que j'ai enduré ne s'est pas produit dans le cadre professionnel proprement dit. Rien à voir avec la boîte qui m'emploie ( dont aucun cadre ne m'a jamais parlé de la sorte), ni dans le cadre personnel.
    Je préfère ne pas en dire plus, par respect pour la personne en question quand même (qui traverse une mauvaise passe, que j'apprécie et qui saura je l'espère retrouver l'équilibre).

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