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religion

  • le poème du dimanche (1)

    cover-r4x3w1000-5aa7b7665e013-63a985349a7b69aabbcc9c4b0473b1d5be53de5e-jpg.jpgParfois je me demande si le pape n'est pas pris de doutes furtifs. Et si dieu n'existait pas ? Et si Jésus n'était qu'un pauvre type venu de tribus désertiques montagnardes et réussissant par son charisme à réunir quelques milliers de crédules adeptes  (pléonasme ?) ? Pourquoi y-a-t-il d'autres religions qui croient pas comme je crois ? Ne devrait-il pas y avoir qu'une religion sur Terre ? L'homme meurt et selon nous, les catholiques sommes sauvés ? Mais les musulmans ? Les bouddhistes ? Il n'y a qu'une vérité non ? Et pourquoi toute cette argenterie et ces dorures au Vatican alors que le seuil minimal de fidèles dans les églises a été atteint ? Mon père me disait que je ne sais plus quel cureton breton avait dix huit paroisses à gérer. Le plus gros problème de l'Eglise, c'est la crise des vocations. 

    Cela m'a inspiré un poème écrit courant 2020, publié sur Facebook mais pas ici (le blog n'était pas réactivé....et j'ai dégoté un vieux poème de 1996 aussi  ).

     

     
    les doutes du type susdit
     
     
    Après avoir harangué les chrétiens massés
    Sur la place Saint-Pierre un jour du mois de mai,
    Le pape entre éreinté et pour se soulager
    Se sert un scotch qu'il s'enfile et puis après
     
    II erre tristement dans ses appartements.
    Regardant vaguement les toiles des grands maîtres
    Et puis comme un éclair venu du firmament
    La triste vérité s'abat sur tout son être.
     
    "Que n'ai je cru à tous ces discours à la noix
    De Jésus changeant l'eau en vin ou bien marchant
    Sur les eaux du Gange là où les communs se noient
     
    Et puis de ce seigneur dictant le bien du mal.
    Laissez moi désormais quitter le Vatican
    Pour aller par le monde avec ma seule malle".
     
    Shako, 28.02.2020
     
     
    Puisque j'en suis. Jean-Paul II est venu dans le Morbihan en 1996 dans un haut lieu de pèlerinage (Saint-Anne d'Auray - vous connaissez ou c'est moi qui crois que c'est un lieu important parce que c'est près de chez moi?) et je revenais en train de Paris, je ne sais plus pourquoi et ça m'a inspiré ça :
     
    Quelques uns ont cru voir dans une robe blanche
    L'homme du Vatican inerte et  vacillant
    Et son morne discours et le saint sacrement
    Flottaient indicibles comme une vieille branche !
     
    Les pèlerins bretons debout depuis la veille
    Avalaient goulument les pieuses paroles
    Cependant que leurs corps demandant le sommeil
    Les rendaient malades comme des vaches folles.
     
    Justement, pas très loin dans un pré de Berloch
    Allongée sous un chêne, une vache meuglait
    Rivalisant de voix avec l'autre vieux schnock.
     
    Et le paysan content de sa belle laitière
    S'en allait sifflotant vers Saint-Anne d'Auray
    Narguant le dieu du ciel et son vieil émissaire.
     
     
    Loïc LT, 20.09.1996
  • CR281 : Qui est Charlie ? - Emmanuel Todd

    9782021279092.jpgJe ne sais pas comment ce livre a atterri sur ma liseuse. Je soupçonne une infiltration orchestrée par Beauchamp. Mais bon, comme il y était, je me suis dit que c'était l'occasion qui faisait le larron et bien que cette histoire de Charlie m'a gonflé dès le premier jour (les attentats m'ont bouleversé et j'ai participé à un rassemblement le 11 janvier à Baud, donc de ce côté, j'ai les cuisses propres), alors avoir le point de vue d'un sociologue me tentait un peu mais sans plus. Il me semble en effet que les rassemblements historiques du 11 janvier 2015 (quoi qu'on verra ce que l'histoire en garde)  étaient si spontanés et si portés par l'émotion suscitée par ces attentats horribles que cela ne valait peut-être pas la peine de chercher midi à quatorze heures et encore moins un djihadiste pendant la révolution française. Mais bon, l'auteur s'est quand même attelé à la tâche en bon sociologue qu'il est, ce qui signifie et je tiens à vous prévenir tout de suite que cet essai contient son lot de termes techniques propres à la discipline sociologique qui m'ont posé quelques difficultés (n'ayant suivi que quelques heures de cours de sociologie en fac de droit). 

    Toujours est-il qu'Emmanuel Todd a trouvé le prétexte de cet historique 11 janvier pour nous refaire une analyse politique, religieuse et démographique de l'Hexagone depuis la révolution jusque 2015, tout ceci avec l'intention de cerner et catégoriser les gens du défilé. Il remonte donc très loin, chiffres à l'appui (études de l'IFOP essentiellement ainsi que quelques essais sociologiques). Il est beaucoup question de la famille ( le cheval de bataille de Todd en général), du catholicisme, des flux migratoires. Todd ne prend pas vraiment partie (d'où mon interrogation quant à la polémique qui suscite cet essai) mais il n'hésite pas à dire ce que le politiquement correct interdit de dire (genre : il y a une forte proportion d'immigrés dans les prisons françaises...et d'autres propos dans le genre). Après comme je le disais, il est question de famille nucléaire (dont je suis), de catholiques zombies (dont je suis aussi) et d'autres considérations typiquement sociologiques.  Le conclusion est globalement que le défilé du 11 janvier n'était composé que de gens de la classe supérieure et moyenne aisée. Todd fait une telle fixation sur le 11/01 qu'il en oublie les attentats (évoqués quand même mais succinctement). 

    Comme j'ai du mal à faire un résumé de cet essai, je retranscris ici quelques passages qui donnent une idée du propos (avec  commentaires) :

    Des millions de Français se sont précipités dans les rues pour définir comme besoin prioritaire de leur société le droit de cracher sur la religion des faibles. 

    Je ne suis pas d'accord avec l'analyse. C'est l'émotion qui a poussé les Français dans les rues, pas autre chose. 

    Le choix de la monnaie unique a donc suivi - de peu pour un historien de la longue durée - l'abandon du dieu unique. Ce n'est pas la religion qui a déterminé l'adhésion à un projet économique, c'est le reflux de la religion qui a conduit à son remplacement par une idéologie, en l'occurrence à la création d'une idole monétaire que l'on peut à ce stade de l'analyse appeler euro ou veau d'or.

    L'Euro aggrave bien entendu dans sa zone les effets du libre-échange. C'est une monnaie forte et stable, gérée avec pour seule priorité la lutte contre l'inflation.

    Je suis d'accord avec la deuxième partie, à savoir que l'Euro nous protège de l'inflation et je mets ce propos en corrélation avec l'idée populaire comme quoi l'Euro a fait grimper les prix. C'est un exemple du gouffre qui s'est creusé entre les élites et le peuple. Les gouvernants affirment à raison  que l'Euro est une monnaie forte qui empêche l'inflation pendant que les ouvriers pensent totalement le contraire. Je suis plus réservé sur le premier paragraphe. Je ne crois pas que dans l'esprit du peuple, l'Euro soit une nouvelle religion...En tout cas, la monnaie unique revient couramment dans cet essai et on se demande où est le rapport avec le 11 janvier. 

    Ici comme ailleurs, cependant, nous devons situer sociologiquement et statistiquement le phénomène : l'adhésion à l'islamophobie d'inspiration houellebecquo-zemmourienne est limitée, par nature, à ceux qui ont les moyens d'acheter des livres et le temps de les lire, des gens  d'un certain âge, donc, appartenant aux classes moyennes. Ni les milieux populaires qui votent pour le Front national, ni les jeunes diplômés dont les revenus baissent n'ont les moyens ou le temps de lire Zemmour ou Houellebecq dans le texte. 

    Je ne peux que confirmer : je connais plein de gens qui votent fn et qui ne savent même pas que Zemmour et Houellebecq existent . Par contre, je ne mettrais pas les deux hommes sur le même plan. L'un est un essayiste d'extrême droite (ou presque) et l'autre un romancier et dans un roman, on n'écrit pas forcément ce qu'on pense. Et Houellebecq n'est pas xénophobe. Sinon, pour l'anecdote, on peut aujourd'hui lire toutes les nouveautés littéraires sans dépenser un euro (comme je l'ai fait pour le livre de Todd). 

    L'analyse détaillée de la manifestation n'aboutit donc pas à la découverte d'un monde neuf, régénéré,refondé. Les déterminations de sa mise en marche sont, pour l'essentiel, les mêmes que celles du vote pour Maastricht. Les couches sociales motivées furent les classes moyennes, issues du secteur public et du secteur privé, enrichies dans les provinces d'une forte composante catholique zombie. 

    Les catholiques zombies sont des gens qui ne croient pas forcément en dieu mais dont la culture est influencée par le catholicisme. J'en fais partie et selon Todd François Hollande aussi. Why not. Ce passage se situe au premier tiers du roman et sonne un peu comme la conclusion de l'essai. Les classes populaires, les jeunes des banlieues et les musulmans étaient globalement absents de ces défilés. D'où la conclusion que ce défilé serait une imposture. On a déjà entendu ça avant le bouquin de Todd. C'est un fait. Moi je trouve que globalement, Emmanuel Todd ramène un peu trop  tous les problèmes de la société à la religion (ainsi qu'à l'Euro, nouvelle religion et à l'Union Européenne qu'il critique). 

    Cela ne nous dit pas qui est Beauchamp et encore moins où il est (en tout cas, pas à Landaul).

    Seuil, parution : mai 2015, 252 pages, lecture sur kindle en mai 2015. note : /

    Loïc LT 

  • le royaume, avant-propos.

    Dès que j'ai appris l'existence de ce livre, sa lecture s'est imposée à moi.

    Mais en avant d'en faire le compte rendu dans une prochaine note, je tenais à revenir sur ce que j'ai déjà évoqué sur ce blog à savoir, mon éducation chrétienne. Enfant, j'allais à la messe tous les dimanches, j'ai suivi toute la catéchèse...longtemps je ne me suis pas posé de questions sur la véracité de tout ce que le curé racontait. J'ai grandi avec la présence de la religion  et je vivais avec..je n'avais pas le recul et suffisamment d'esprit critique pour douter. La vie de Jésus faisait partie de ma vie comme l'école ou les loisirs. Ceci dit, je n'en n'étais nullement passionné. Je me rappelle en particulier des messes du dimanche matin à 10:30 à Languidic qui duraient 3/4 d'heures et que je trouvais si longues et ennuyeuses qu'il m'arrivait de regarder ma montre (offerte à ma première communion) 3 fois dans la même minute. Et je ne comprenais rien aux textes des actes des apôtres et tous ces trucs. J'avais honte d'aller communier etc (d'autant que la plupart de mes camarades de classe n'allaient pas à la messe) . Mes doutes sont venus avec l'adolescence. D'où ? D'un peu partout...de mes lectures profanes, de Rimbaud, des cours au lycée (pourtant privé) et puis d'une prise de conscience philosophique...un peu comme un enfant qui a 2 ans n'est pas surpris de voir disparaître un objet ou voir voler un homme mais qui a 5 ans commence à se poser des questions. Croire en la parole de l'évangile n'est pas moins grotesque que de croire au père-noël. Il n'y a pas d'échelle ni de demi-mesure dans le surnaturel : soit on y croit, soit on n'y croit pas. Mais comment un être sensé peut-il croire qu'un homme puisse changer de l'eau en vin, marcher sur les eaux, ressusciter un mort et se ressusciter lui-même ? Or des milliards de gens pensent ces choses qui outrepassent les lois de la physique ?

    Mais revenons à mon éducation. J'ai eu de la chance quand même d'avoir un père progressiste, anti-traditionaliste et très critique vis-à-vis de la richesse de l'église et de ses positions sociétales. 

    Aujourd'hui, j'ai 40 ans et plus que jamais je suis athée..mais on ne sort pas indemne d'une telle éducation (qui je le redis ne fut pas non plus si atroce). Inconsciemment, le discours catholique porte une responsabilité dans la construction de mon être. Jusque quel point, je ne saurais le dire..mais je tenais quand même à dire ici que le message catholique porte  plus de valeurs positives que négatives. C'est un message de paix, d'amour, de fraternité et de pardon. Mon père me dit souvent que le message compte plus que les faits abracadabrantesques qui se seraient passés il y a 2000 ans. Soit. Je me permets même de dire que les valeurs de catholicisme sont plus humanistes que celles de l'islam. 

    Mon idée est que Jésus a existé, qu'il fut une sorte de gourou ayant beaucoup de charisme et de bagou et qu'il a réussi à regrouper autour de lui des disciples sensibles à son discours et que ces derniers un peu fantasques ont réussi à créer une légende autour de leur mentor..jusqu'à enlever le corps de Jésus de son tombeau pour faire croire à sa résurrection. Il n'en reste pas moins que ce Jésus était  porteur d'un message vraiment novateur pour cette époque malgré qu'il fisse partie d'une secte.

    J'ai donc décidé de lire le livre de Carrère de mon plein gré alors que j'ai subi la catéchèse. Je suis devenu maître de mes choix. On ne me l'a pas imposé. 

    A venir donc : le compte rendu du roman d'Emmanuel Carrère. 

  • une éducation chrétienne

    Jusque l'âge de dix-sept ans à peu après, je suis allé à la messe tous les dimanches. La question ne se posait même pas pour ma soeur et moi de savoir si on devait y aller ou pas, c'était comme ça un point c'est tout. De même, on a été baptisé, on a fait de la catéchèse, la profession de foi, la confirmation etc. La totale donc. Mon père pourtant n'était pas quelqu'un de très autoritaire et en plus ce n'était pas un catholique extrême. Il avait des idées très modernes sur l'église catholique (dont il dit encore souvent qu'il préfère le protestantisme) et je pense que si j'en avais eu en la volonté, je crois que dès ma petite dizaine d'années, j'aurais pu me passer de cette corvée dominicale. Mais mon père n'était pas tout seul. Ma mère étant décédée alors que j'avais 6 ans, il s'était remarié très vite avec une dame qui elle, pour le coup, était un peu barrée, surtout d'ailleurs en ce qui concerne la religion. Je pourrais écrire des pages sur ce que la belle-mère nous a fait voir, c'est affolant. En fait, la concernant, plus elle vieillissait, plus elle devenait dévote et surtout intégriste. Ainsi, elle nous avait prédit la fin du monde pour 1999, et ce dès le début des années 90. Donc, pendant cette décennie de dingue, elle n'a eu de cesse de faire des stocks de conserves et surtout d'eau dont elle remplissait des dizaines de jerricanes qu'elle stockait ensuite dans l'immense grenier de la maison familiale.
    Après coup comme ça, ça fait vraiment rigoler mais je vous assure que ce n'était pas simple à vivre au quotidien. Je me souviens que , après être rentrés du lycée (Notre Dame du Voeu va sans dire...), et alors que nous goûtions goulûment, ma soeur et moi assistions à l'entrée fracassante de la belle-mère, qui tenant un livre entre les mains, se mettait à nous lire des phrases entières de propos apocalyptiques. On se bouchait les oreilles, on fuyait mais elle nous suivait, tellement sûre d'elle et surtout toujours convaincue qu'elle allait arriver à nous convertir.
    Vous comprenez qu'en quittant la maison familiale, j'étais devenu plus athée que Nietzche. Aujourd'hui je le suis toujours mais plus pour les mêmes raisons : je ne crois pas en dieu, point barre.

    Il y a autre chose que je voulais dire à propos de la religion. En ces jeunes années où donc, je devais aller à la messe tous les dimanches (plus tous les jours de fête religieuse), j'enviais tous mes petits copains, mes voisins et mes cousins, qui eux, pour la plupart n'avaient pas à subir cette corvée. Quand j'en parlais à mon père ou à la belle-mère, ils me répondaient 'eux c'est eux, nous c'est nous". Pas de discussion ! Ceci dit,  la plupart de ces petits copains dont je parle faisaient quand même leur catéchèse, communion etc. Ils étaient baptisés et pour les parents non pratiquants, il allait de soi qu'il fallait que leurs enfants suivent le parcours religieux classique.

    Et voilà où je voulais en venir : aujourd'hui, j'ai 36 ans, je vis en union libre, ne pratique  évidemment pas et j'ai deux enfants qui ne sont pas baptisés..et je remarque que pour la plupart de mes ex-petits copains qui avaient la chance d'avoir une éducation religieuse a minima, et bien c'est tout l'inverse : ils se marient à l'église, ils baptisent leurs enfants. Ils ne vont pas à la messe certes mais ils reproduisent exactement ce qu'on leur a imposé pendant leur enfance. Je ne sais pas quelle conclusion tirer de tout ça mais je me mets à la place de mon père qui constate que ses enfants ne font rien de ce qu'il aurait souhaité qu'ils fassent alors que les enfants des autres, ces autres dont je parlais plus haut et bien il reproduisent "bêtement" ce qu'ils ont vu et vécu enfants....si bien qu'au total, la religion fait encore partie de leur vie.

    Que voilà un paradoxe qui me laisse songeur...