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livres - Page 10

  • des jours et des livres (1) - Patrick Modiano

    Tout à l'heure, en faisant des cartons, je me suis dit qu'il fallait à tout prix que je fasse une note sur celui qui va rentrer dans ma liste d'auteurs fétiches, à savoir Patrick Modiano. J'ai été submergé par une vagues de phrases très inspirées que j'aurais dû mettre sur papier. Car comme vous l'avez remarqué, j'ai du mal à formuler ma pensée. Quand je me relis, je crois lire une disserte de collégien..Mais j'ai des moments comme ça, qui arrivent un peu n'importe quand où des idées me viennent, des tournures de phrases ou des mots tout simplement. Et étrangement à ce moment là, une force obscure m'empêche de les coucher sur papier..Je sais, c'est facile à dire.
    Je voulais dire que je lis rue des boutiques obscures et que j'adore..J'avais déjà lu un Modiano il y a quelques années (dimanche d'août) et je constate aujourd'hui qu'à cette époque je n'avais pas aimé ce roman pour les mêmes raisons qui me le font adorer aujourd'hui..L'être humain ne se rend pas compte combien sa pensée, ses idées, ses centres d'intérêts changent avec les années..Ainsi, l'année où j'avais lu dimanche d'août, j'étais un méchant gauchiste sectaire et je suis devenu aujourd'hui un gentil républicain de droite..J'étais célibataire et j'avais un bon boulot, je suis papa et j'ai un petit boulot...A partir de là, étant donné ces mutations, on peut comprendre que c'est tout mon système de pensée qui a changé et donc aussi la façon dont j'aborde les oeuvres littéraires.
    Globalement, aujourd'hui, je pense qu'un roman qui colle au plus près à la réalité de nos vies ne doit pas être un roman trépidant avec des rebondissements, des personnages caricaturaux, des meurtres, de la violence etc. En effet, si un roman n'avait pour but que de raconter des histoires extraordinaires, cela signifierait que des milliards de vies humaines, ordinaires, banales ne pourraient entrer dans le champ du roman...mes voisins d'en face par exemple : la femme est docteur, lui, je sais pas, les enfants (2 ?)  grandissent normalement et l'un d'entre eux jouent du piano très souvent et tard le soir, créant une ambiance fort sympathique dans le village. Plus bas, un couple de retraités. Lui est un ancien gendarme de Nantes, elle, a travaillé dans un bhv. Ils vieillissent sans histoire et voient leurs enfants et petits enfants régulièrement. Le matin, lorsque je pars au boulot, je le double, lui qui fait sa petite marche matinale avec son survet 'gendarmerie nationale'. Un peu plus loin dans le village, voici le producteur de cidre. Je l'ai vu l'autre jour au comice agricole faisant une démonstration de pressage de cidre à l'ancienne. Je passe tous les jours devant son verger où les pommiers sont lourds de fatigués de porter leurs pommes rouges et jaunes. Comment va-t-il se prendre pour les cueillir ? à la main, avec une machine ? Le bas du village demeure mystérieux. Je sais juste que le couple de bijoutiers de Baud y vit. Mais quelle maison ? je ne sais pas. Ce sont d'ailleurs toutes des longères assez bretonnes dans leur genre.
    Tant de vies banales, sans histoires ..qui n'inspireront jamais les romanciers.
    Certains s'y sont essayés...Je dirais Georges Pérec avec la vie, mode d'emploi ? C'est une sorte d'inventaire méticuleux, matériel et humain de tout un immeuble parisien. Et les romans de Modiano ? Je crois que ce ne sont pas des romans de la banalité puisque les héros sont tous des gens un peu tourmentés en quête d'un passé et le cerveau plein de souvenirs diffus et lointains. Mais il semble quand même y avoir dans ses romans une petite musique banale, de la rue parrallèle et des vies anodines.
    A lire les critiques, son dernier roman est une forme d'aboutissement. Je me laisserai bien tenter.
    Et puis évidemment, on attend avec impatience les interventions médiatiques du bonhomme, à chaque fois exquises car à contre-courant du rythme télévisuel. Du Houllebecq en mieux. Dans ce domaine aussi, l'original vaut mieux que la copie.
    signé Loïc, 23h50 

  • les librairies

    J'adore flaner dans les librairies. Toucher les livres, lire une page au hasard, lire le résumé, les sentir (souvent l'odeur de l'encre des livres me procure des sensations inouies). Il est très rare que je sorte d'un librairie avec un livre. J'achète la plupart des bouquins sur le net. 1 - c'est moins cher et 2  - il y a plus de choix.

    Mais ça n'empêche, j'adore les libraries. Il y règne un silence alors qu'au même moment à quelques mètres les gens sont pressés, bouffent des sandwichs à coup de lance pierre, les watures klaxonnent et les gens ont l'oreille à leur portable..Dans les librairies, le temps semble suspendu. Sans que les 'clients' se connaissent et se parlent, on dirait qu'il y règne une solidarité latente, comme si on se sentait privilégiés de ne pas succomber au rythme frénétique de la rue et des bureaux.

    3c6ecf36c1946d92b28be64f0534ac9e.jpgLa plupart du temps, j'achète les livres après en avoir lu des commentaires élogieux ou parce qu'il traite d'un thème qui m'intéresse tout particulièrement (les gares désaffectées par exemple). Mais parfois aussi, je tombe amoureux d'un livre simplement parce que sa couverture me plait...et puis je suis particulièrement sensible au charme de certaines collections  (les éditions Philippe Picquier par exemple ou l'imaginaire chez Gallimard).Une bonne odeur peut parfois aussi me pousser à l'achat. Sauf que l'odeur par le net, c'est plus dur. L'illustration sur le livre en vignette à gauche me plait. J'adore même car ça semble ne rien représenter. Alors, je vais succomber..et comme souvent avoir une bonne surprise à la lecture. 

    et les bibliothèques universitaires ? je n'y ai jamais été heureux parce qu'à la différence des librairies où l'on traine par plaisir,  dans les bu, on bosse, on cherche des trucs bien précis pas tout le temps intéressants. Moi à Rennes I, je n'y allais presque jamais. 

  • du côté de chez Proust (2)

    Il y avait un excellent dossier Marcel Proust dans le supplément littérature du Monde de février 2007...mais plus que le dossier, c'est cet extrait qui m'a botté, un passage tellement beau que je m'étonne d'être passé à côté : 

     De ce poste élevé elle participait avec entrain à la conversation des fidèles et s’égayait de leurs " fumisteries ", mais depuis l’accident qui était arrivé à sa mâchoire, elle avait renoncé à prendre la peine de pouffer effectivement et se livrait à la place à une mimique conventionnelle qui signifiait, sans fatigue ni risques pour elle, qu’elle riait aux larmes.

    Au moindre mot que lâchait un habitué contre un ennuyeux ou contre un ancien habitué rejeté au camp des ennuyeux – et pour le plus grand désespoir de M. Verdurin qui avait eu longtemps la prétention d’être aussi aimable que sa femme, mais qui, riant pour de bon, s’essoufflait vite et avait été distancé et vaincu par cette ruse d’une incessante et fictive hilarité -, elle poussait un petit cri, fermait entièrement ses yeux d’oiseau qu’une taie commençait à voiler, et brusquement, comme si elle n’eût eu que le temps de cacher un spectacle indécent ou de parer à un accès mortel, plongeant sa figure dans ses mains qui la recouvraient et n’en laissaient plus rien voir, elle avait l’air de s’efforcer de réprimer, d’anéantir un rire qui, si elle s’y fût abandonnée, l’eût conduite à l’évanouissement. Telle, étourdie par la gaîté des fidèles, ivre de camaraderie, de médisance et d’assentiment, Mme Verdurin, juchée sur son perchoir pareille à un oiseau dont on eût trempé le colifichet dans du vin chaud, sanglotait d’amabilité.

  • Milan Kundera

    medium_milan.jpgJe crois que c'est Rozenn, ma soeur qui me le conseilla pour la première fois. J'avais vingt ans et j'allais voir ce que j'allais voir : pas que Proust et Rimbaud dans la vie...et en effet, quelques romans plus tard, j'étais devenu un vrai kunderamaniaque...merci Rozenn. J'avais commencé par le meilleur (l'insoutenable légèreté de l'être puis ont suivi les autres (la plaisanterie, la vie est ailleurs, la valse aux adieux...). Lecture jubilatoire. Là où j'ai le plus de mal avec Milan, c'est dans ses essais (comme le dernier 'le rideau', j'ai rien compris ). Ses essais demandent souvent une culture du roman que je n'ai pas.

    Mais ses romans...comment les qualifier...Se passent souvent dans son pays d'origine, la Tchécoslovaquie mais en fait, c'est très cosmopolite et ça parle souvent quand même de l'oppression des pouvoir communiste mais sans manichéisme non plus. Les personnages sont des idéalistes et cherchent une réponse philosophique à leur vie quotidienne. ils sont éperdus d'amour.

    Le style d'écriture me plait beaucoup aussi : limpide et dépouillé...pas de fioritures, l'essentiel, les balzaciens, passez votre chemin (les soi-disant écrivains d'aujourd'hui en France à savoir Angot, Laurens, Ernaux font un peu dans le style Kundera mais sans le génie, ni l'élégance ). c'est un grand Kundera. Il mériterait un prix nobel...et pour vous donner une idée du bonhomme, voilà trois citations extraites de ses oeuvres :

    . Si tout homme avait la possibilité d'assassiner clandestinement et à distance, l'humanité disparaîtrait en quelques minutes.

    . Rien n'est plus humiliant que de ne pas trouver de réponse cinglante à une attaque cinglante

    . On parle volontiers de coups de foudre ; je ne suis que trop conscient de ce que l'amour tend à créer une légende de soi-même, à mythifier après coup ses commencements.

    . Il y a des idées qui sont comme un attentat.

  • Martine à Lannion

    medium_PEMARTINE21.jpg


    citation 'ouest-france'

    C'est en dévalant l'escalier de Brélévenez que Martine s'est fait ses premières frayeurs en vélo, en 1971.

    C'est une touriste de passage à Lannion qui a eu un flash. À l'office de tourisme, l'affiche représentant l'escalier de Brélévenez, l'emblème de la ville, lui a rappelé la couverture d'un album qui a bercé son enfance Martine fait de la bicyclette.
    Après avoir fouillé dans sa bibliothèque, il n'y avait plus de doute. Sur le livre en question, on y voit Martine, robe rose, socquettes blanches et sandalettes, dévaler devant trois petits chatons apeurés, le célèbre escalier, perchée sur une grande bicyclette dont elle a perdu le contrôle. Une belle carte postale de Lannion, que des milliers de jeunes filles ont eu entre les mains depuis la sortie de l'album en 1971. Une ambassadrice de marque donc pour la capitale du Trégor, qui a découvert son passage au début de l'été, soit 35 ans après la sortie de l'album...
    Pour le clin d'oeil, l'office de tourisme et la librairie Gwalarn ont passé commandes d'exemplaires pour les vendre. Quelques dizaines se sont déjà écoulées. Les jeunes lectrices lannionnaises espèrent aujourd'hui que son papa, l'illustrateur belge Marcel Marlier, refera un clin d'oeil à Lannion dans le dernier album qu'il termine actuellement, Martine fait du théâtre...
    Olivier Cléro


    Et ci-dessous la photo des marches :


    medium_bretagnestm06_jpg.3.jpg


    Le collectionneur des albums de Martine (ai dévalisé ebay et priceminister) que je suis n'est pas passé à côté de cette information. Comment le dessinateur belge a-t-il pu choisir Lannion (où je ne suis jamais allé) pour illustrer la couverture de ce célèbre album ? il faudra qu'il s'explique un jour ! en tout cas, moi, je ne vais pas tarder à aller passer une journée là-bas avec ma petite famille pour me faire photographier en bas de ces marches mythiques.
    Olivier et Charlotte, on pourra passer chez vous à cette occasion ?

    L'univers de Martine, ce monde parfait, c'est un peu la raison pour laquelle je fais de la politique (à mon humble niveau et avec ma petite cervelle). Ce monde idyllique, sans méchant, sans chômage et sans guerre dans lequel vit Martine n'est à la limite pas souhaitable mais c'est un peu quand même un idéal à atteindre.
    Longtemps, j'ai refusé à mes filles le droit de toucher à ma collection de Martine...et puis, j'ai laché du leste et puis là, elles se les sont accaparées et chaque soir, je prends un album et raconte une histoire à Chloé. Elle adore et retient sous souffle pendant que je lis. Ses yeux sont ébahis et plein d'admiration. Chloé vit aussi dans un monde plein d'innocence à tel point qu'elle ne sait pas ce que c'est qu'un méchant. Elle les appelle des 'coquins'. et oui, Gargamel est un coquin et les deux lutins dans 'Oui Oui' aussi sont des coquins.
    Viendra plus tard le tour de Lola qui est encore un peu petite pour prêter attention à ces livres...quoi que.