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  • la pomme rebelle

    Après la feuille rebelle (qui est tombée depuis), voici la pomme rebelle. Elle a encore plus de mérite ! Une pomme est plus lourde qu'une feuille et à ce titre est encore plus concernée par la loi de l'attraction terrestre. Nous sommes le 19 janvier, les dernières de ses congénères sont tombées mi-décembre, c'est à dire il y a un mois. Cette pomme qui fait de la résistance a en plus essuyé quelques bons coups de vent, notamment la tempête Dirk qui parait-il (je n'étais pas là) fut très violente, il a aussi plu des cordes depuis un mois ce qui aurait dû favoriser sa chute. Mais non, elle tient à sa branche toute fière, dans ce pommier dénudé, celui sous lequel nous aimons nous prélasser dans le hamac en été. 

    Je ne sais pas s'il est possible qu'avec le printemps, le pommier bourgeonne et qu'une pomme de l'autre saison y soit toujours présente. Ce serait pour le moins 'cocasse' (adjectif que je mets entre guillemets pour des raisons personnelles). 

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  • désabonnement d'un journal

    ouest france,presse,média,journalLe quotidien Ouest-France fait un peu partie de ma famille. Mon père était abonné et j’ai appris beaucoup de choses en le lisant (économie, bourse, problèmes internationaux, la position des navire dans la rubrique 'où sont nos navires?'). Ce que j’aime dans ce quotidien, c’est sa mesure (on le dit de centre-droit) et son humanisme. Quand j’étais petit, je ne lisais pas l’édito de la première page qui me semblait rébarbatif. Aujourd’hui, je le lis systématiquement (écrits par Michel Urvoy, Pierre Cavret, Laurent Marchand etc). Ce sont des éditos qui se placent un peu au dessus de la mêlée et qui apportent un éclairage dans l’esprit de la maison. C’est toujours enrichissant.

    Bon, en septembre 2013, alors que j’arrosais mes géraniums, un type est arrivé chez moi pour me proposer l’abonnement OF au portage à un tarif intéressant. Je me suis abonné et donc depuis septembre j’ai le plaisir de déjeuner tout en consultant mon quotidien préféré. Malheureusement, je n’ai que ce court laps de temps à lui consacrer, mon emploi du temps pour le reste de la journée étant très chargé.

    J’ai donc, à contre cœur décidé de me désabonner (et pour des raisons de redéploiement budgétaires également) . Envoi de recommandé. Bien reçu par OF. Suite à quoi, je reçois un appel d’une dame fort aimable qui me propose un abonnement allégé : ne recevoir le journal que le samedi et le lundi. Je décline l’offre. Mais elle insiste tout en restant fort aimable. Ce ne sont pas des marchands de tapis à Ouest-France. Elle insiste à tel point que j’avais le sentiment qu’elle y jouait sa vie. A chaque fois que je disais ‘non madame, vous faîtes très bien votre travail mais je ne souhaite pas continuer”. Et là, elle me sort des ‘noooooooon, s’il vous plait, Monsieur...’. Je lui aurais proposé de dîner en tête en tête pour qu’on en discute posément, qu’elle aurait accepté ! Je suis trop sensible, sa peine me touchait, j’étais pas loin de céder mais je ne l’ai pas fait. Ma femme m’en aurait voulu et de toute façon, pour moi, c’était clair, OF, c’est fini...mais reviendra sûrement lorsqu’on aura fini de payer quelques prêts. C’est ce que j’ai dit à la gentille dame mais évidemment, ce projet lointain ne lui convenait pas, ce qu’elle voulait, c’est un abonnement tout de suite.

    Donc, je vous le promets, chers amis de Ouest-France, je reviendrai et puis sachez que de toute façon, je l’achèterai régulièrement en maison de la presse.

    Le logo de Ouest France est l'un des plus beaux qui soit. Et dire que pendant mon enfance, je ne m'étais pas rendu compte qu'il s'agissait d'un O et d'un F imbriqués.

    Loïc LT

  • Guillevic fut un poète (1907-1997).

    On peut rêver

     

    On peut rêver

    De partir.

     

    On peut rêver

    De rester.

     

    Le mieux

    Est de partir dans le rester,

     

    Comme le soleil,

    Comme la source,

     

    Comme les racines.

     

     

    Guillevic

  • Du côté de chez Gambetti, suite...

    Supposons

    Supposons que l’arbre qui jouxte le théâtre de Pont-Audemer, un Ginkgo Biloba d’une belle élégance avec ses harpes antédiluviennes, supposons que de cet arbre qui a l’âge d’homme je prenne et j’ai pris un rameau, supposons qu’à la bonne époque, quand l’humidité grise le ciel et le froid fait devenir d’or puis tomber ses feuilles, supposons que je le plante et supposons également qu’arrosé de manière mesurée à l’abri dans mon jardin d’hiver il développe ses racines, supposons qu’il explose en vert au printemps et qu’alors il soit mis en pleine terre pour que mes enfants eux-mêmes jeunes pousses à peine écloses le regardent grandir, supposons que chaque génération orchestre ainsi le début de la suivante, supposons même que cette idée se propage, alors ces rameaux seront les relais vivants sans fin du souvenir.

    signé Gambetti (l'homme qui, décidément, voulait planter des arbres)

     

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    ginkgo biloba devant le théâtre l'éclat à Pont-Audemer. Combien de saisons encore avant que celui de Kerniel ressemble à celui-là ?

    A propos de saisons, en rentrant de l'école, dans la voiture, Lola m'a récité ce poème de Louisa Paulin. Innocence et candeur des poèmes pour enfants (souvenir qu'on a tous de Maurice Carême) !  J'aime le ton que ma fille utilise lorsqu'elle dit sa poésie. C'est mélodieux et elle y met tout son cœur et sa joie de vivre :

    Nouvelle année, année nouvelle,
    Dis-nous, qu’as-tu sous ton bonnet ?
    J’ai quatre demoiselles
    Toutes grandes et belles.
    La plus jeune est en dentelles.
    La seconde en épis.
    La cadette est en fruits,
    Et la dernière en neige.
    Voyez le beau cortège !
    Nous chantons, nous dansons
    La ronde des saisons.

    Louisa Paulin