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  • l'insoutenable noirceur du nigra

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    J'ai remarqué que le nigra ne s'apprécie vraiment qu'en gros plan. Quand on regarde le bosquet de loin, on ne distingue pas le noir...et encore moins en ce moment je ne sais quels insectes très méchants ont fait leur nid à leurs pieds. Il ne vaut mieux pas s'approcher. J'ai personnellement subi plusieurs attaques terribles et lors de la dernière, ils m'ont poursuivi jusqu'au garage à l'intérieur duquel je me suis foutu à poil tant les piqûres me faisaient mal notamment l'une sur la nuque où un dernier insecte continuait à s'agripper. J'ai eu vraiment peur. Le nid est toujours là, je vois les insectes voler autour, j'ai essayé un insecticide à longue portée mais ils n'ont pas bronché. Au dernières nouvelles, on songe à asperger le nid d'eau bouillante.

    Tout ça pour dire que les nigra sont beaux, surtout à la fin de l'été où les cannes vertes ont fini leurs mutations. 

  • désaccords majeurs

    Jusqu’en 2005, j’ai toujours voté à gauche (sauf au second tour des élections présidentielles évidemment) et puis en 2006, lors de l’affaire du cpe, j’ai eu comme une révélation. Le basculement s’est fait en quelques minutes. Je m’en souviens très bien, j’étais chez moi et je surfais sur les autoroutes de l’information et je parcourais des forums de discussion où  les débats étaient houleux entre pour et anti cpe. Et puis, j’ai eu un déclic. Je me suis dis que franchement je n’avais rien à voir avec tous ces gens qui s’opposaient violemment à un projet aussi anodin que le cpe, qui n’aurait rien changé au problème du chômage des jeunes sans doute, ou si peu mais qui valait le coût d’être tenté. Mais mon basculement brutal et inattendu était avant tout d’ordre philosophique. Je m’étais pas rendu compte toutes ces années en tant que gauchiste aveuglé qu’en fait, qu’au fond de moi j’étais plutôt favorable à une société où le risque et la précarité sont de vigueur. Parallèlement, la personnalité de Nicolas Sarkozy me fascinait. Et donc a commencé une période un peu naïve où je suis même devenu militant ump (mais juste virtuel, je n’ai participé à aucune réunion).

    Pour moi, l’économie étant le nerf de le guerre, j’acceptais le fait d’être en total désaccord avec l’ump sur les sujets sociétaux, de sécurité ou à propos de l’immigration.

    Aujourd’hui, rien n’a vraiment changé mais je suis quand même en désaccord profond avec certains des dirigeants de ce parti et surtout avec les 70% de sympathisants : entre le PS et le FN au second tour, je vote pour le candidat PS, avec enthousiasme presque. Je ne comprends pas, je suis consterné même qu’un type comme Fillon, pourtant jusque là plutôt modéré et surtout réputé pour être attaché aux valeurs de la république ait pu tenir ce genre de propos. Le PS mène une mauvaise politique certes (il ne fait quasiment rien en fait, à part communiquer) mais ce n’est pas un parti sectaire. Donc sur ce point, désaccord total et définitif. J’attends de voir concrètement ce qui va se passer lors des municipales en cas de second tour ps-fn  (ça ne risque pas d’arriver dans ma commune solidement ancrée à gauche et où le fn ne dépasse pas les 10%).

    Désaccord aussi sur le mariage gay. J’étais pour, je l’ai déjà dit ici. Je ne conçois pas qu’on puisse être contre or la plupart des dirigeants de l’ump étaient contre.

    Par ailleurs, l’ump m’a foutu la honte, incapable qu’elle est d’organiser une élection interne sans que ça se termine en batailles de chiffonniers, avec soupçons de trucage, de bourrages d’urne etc.

    Donc, voilà, ce que j’aimerais c’est un parti de droite résolument moderne sur les sujets de société et prônant un libéralisme maîtrisé, un parti de droite pour qui impôt n’est pas un gros mot...'qui paie ses dettes s’enrichit', c’est vrai mais je dirais aussi ‘qui paie ses impôts s’enrichit’. J’en ai un peu marre que lorsqu’on parle d’impôt c’est toujours sous l’angle de la contrainte et comme quoi,c’est injuste, ça coûte cher etc. L’impôt est la force d’une société, c’est ce qui permet à la collectivité d’avancer et de gommer les inégalités générées par la libéralisme (qui n’est pas un gros mot non plus, c'est la seule façon pour l’économie de fonctionner dans ce monde globalisé).

    J’aime beaucoup Angela Merkel (même si je ne connais pas vraiment ses opinions) mais c’est surtout la démocratie allemande qui est un exemple. Les deux gros partis se respectent et il leur arrive même de gouverner ensemble. Il me semble par ailleurs que les allemands  perdent moins leur temps avec les extrêmes qu’on entend trop en France par rapport à ce qu’ils apportent au débat. Je ne fais pas de distinction entre l’extrême gauche et l’extrême droite comme certains le font. Il m’arrive de parcourir des forums trotskistes et je peux vous dire que ces mecs sont fous.

    Je m’éloigne du sujet ? Je m’en fous. C’est le retour de la littérature !

    Rangez-vous derrière moi ! Conscrits du bon vouloir, nous aurons la philosophie féroce !

    Loïc LT

  • CR248 : les cabines de bain - Monique Lange

    les-cabines-de-bain-monique.jpgC'est le retour de la littérature !

    Une jeune contribuable parisienne sortant d’une maladie et dont le vague à l’âme flirte avec la dépression se fait prescrire par son toubib un séjour à Roscoff en Bretagne. L'auteur ne précise pas si ce séjour est remboursé par la sécu ce qui serait scandaleux, encore que peut-être pas trop dans les années 80 (mais ne paie-t-on pas aujourd’hui les dérives de jadis). Elle séjourne à l’hôtel des Arcades (qui existe en vrai, voir  ci-dessous). La dame est perturbée car plus habituée à l’Europe du Sud, la Méditerranée et le sable chaud. Elle voudrait écrire un roman dans le genre introspectif dans lequel elle évoquerait certaines choses  de sa vie chaotique. Lors de ce séjour pendant lequel elle rencontre sur la plage  un vieux monsieur décharné ressemblant à Clémenceau (qui lui prête sa cabine de bain pour qu’elle puisse se changer  avant de se baigner), elle fait le point sur sa vie, ressasse de vieux souvenirs, des escapades en Espagne et  regrette de ne plus voir sa fille. Et puis finalement, elle tombe dans les bras de Clémenceau et après l’avoir saoulé au muscadet  l’invite dans son lit...mais le vieux bonhomme ne peut pas, ne peut plus mais ce n’est pas grave ‘sa fin, c’était d’être contre quelqu’un, c’était d’être contre lui’. Et puis, elle est heureuse car avec Roscoff (dont les habitants se nomment des roscovites), ça se passe mieux aussi.

    La jeune femme a apprivoisé Roscoff ou plutôt c’est Roscoff qui l’a apprivoisée. Elle se promène dans le village qu’elle connaît par cœur aujourd’hui mais son coeur n’est plus lourd. Elle est comme envahie par une légère gaieté comme parfois on est envahi par une légère tristesse...’

    C’est un roman trop facile à lire (aujourd'hui, trop et très ont le même sens si j'ai bien compris), un roman comme les auteurs français en écrivirent beaucoup : style épuré, phrases courtes, tout dans l’introspection et le ressenti. Sur le fond, je n’ai pas été agacé par les clichés hors du commun sur la Bretagne.

    Ce roman que j’ai acheté au hasard dans une brocante à au moins le mérite d’avoir été lu ce qui me permet de remettre la littérature sur le devant de la scène dans ce blog pluridisciplinaire qui vit sa vie tranquillement au gré de l’inspiration et des humeurs de son taulier qui voit sereinement l’automne poindre le bout de son nez. Car je ne chéris jamais tant que la saison qui suit.

    L’automne. Notre barque élevée dans les brumes immobiles tourne vers le port de la misère, la cité énorme au ciel taché de feu et de boue. Ah ! les haillons pourris, le pain trempé de pluie, l’ivresse, les mille amours qui m’ont crucifié ! (A.Rimbaud)

    lecture : septembre 2013

    Gallimard, nrf, 140 pages

    note : 2/5


    Hôtel des Arcades (Roscoff)


     

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    Vendredi soir en novembre. Attablés à une table donnant sur une mer déchaînée, l'on goûte de délicieux mets. Demain, on se lèvera tard et un petit déjeuner copieux nous attendra dans la grande salle silencieuse aux lumières tamisées. Ensuite, on déambulera dans la ville, on regardera les bateaux quitter et rentrer au port. On discutera avec des indigènes. Le temps sera suspendu pour un weekend au bien nommé hôtel des Arcades.


    Loïc LT