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  • recensement des cabines # 78 - Le-Roc-Saint-André (Morbihan)

    Officiellement, ce samedi 29 octobre marquait la fin d'une belle histoire, originale et aventureuse, solitaire et géographique. En effet, en quittant Pleugriffet et en me rendant vers le sud-est du Morbihan, j'allais vers le seul secteur que je n'avais pas exploré. Rattrapé par la nuit, je n'ai pas pu tout faire alors peut-être qu'il y aura un dernier périple encore plus bas, à la limite entre le Morbihan et la Loire-Inférieure.

    Toujours est-il qu'en ce beau samedi d'octobre, je descendais vers le sud profitant des magnifiques couleurs de l'automne. Un moment, je me suis arrêté, mon regard ayant été happé par une touffe de fougères magnifiques d'un jaune que le soleil caché derrière un bosquet rendait étincelant. 

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    J'ai traversé des bourgs dépourvus de cabine, emprunté des départementales et des chemins de traverse tout en écoutant en boucle le dernier album de Julien Doré. Je suis arrivé au bourg Le-Roc-Saint-André, pas si au sud que ça en fait (point vert), 

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    ,bourg qui porte bien son nom puisqu'il se situe à flanc d'un rocher dominant le canal de Nantes à Brest. Les époux Straub (cf Pleugriffet) sont donc passés par là me suis-je dis. En tout cas, l'endroit est magnifique et j'étais au désespoir de ne pas trouver l'objet convoité lorsque quittant les lieux, je tombe dessus. Elle se situe 100 mètres après le panneau annonçant la fin de l'agglomération mais elle se situe aussi juste après un panneau annonçant une autre commune (La-Chapelle-Caro). Mais je voulais tellement évoquer Le-Roc-Saint-André que j'ai décidé de l'affecter au Roc. Mais l'honneur est sauf. J'apprends à l'instant que Le-Roc-Saint-André, La-Chapelle-Caro et Quily (ainsi qu'une commune du Massif Central) viennent de fusionner pour former une seule commune  : le Val d'Oust. 

    Voici donc la cabine telle qu'elle s'est présentée à moi alors que je quittais Le-Roc-Saint-André. Elle se situe dans une zone vaguement industrielle pas très loin du pont enjambant le canal sur l'avenue des Frères Rey (qui tiennent une boite de mécanique générale à Pont-Eveque) après le pont enjambant le canal. 

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    Le téléphone fonctionne en réception et porte le numéro 02 97 74 97 86. On note qu'un soin particulier a été apporté à ce que le monument ne soit pas percuté par quelque chauffard prudent. Il y a des zones comme ça qui sont tellement désespérantes que les services chargés de retirer les cabines ne voient pas l'intérêt de perdre leur temps à les enlever. Si j'avais eu le temps, je serais resté vagabonder dans ce no man's land mais il me fallait retourner au Roc pour prendre des photos du bourg qui vaut le détour. 

    Du haut de la mausolée, on a une vue imprenable (comme on dit) sur le canal encore plus imprenable en cette saison de l'année. 

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    L'église s'appelle Saint-André. Surprenant non ? Elle ne ressemble pas du tout à celle de Pleugriffet (en fait, j'essaie de placer Pleugriffet dans toutes mes notes pour monter dans les résultats Google mais pour l'instant, ça ne marche pas parce que je me suis rendu compte que les 10 premières pages de réponse sont squattées par des sites institutionnels ou des sites bidon qui paient cher leurs places). 

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    Pour une commune qui ne compte que 900 habitants, j'ai trouvé qu'il y avait un nombre de commerces conséquent. J'avais oublié qu'on n'était plus dans le nord du Morbihan. Par exemple, les 900 roxédois disposent d'une pharmacie qui fait aussi casino et palace. 

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    Je dois vous avouer quand même que j'étais agacé de retraverser ce bourg. Car souvent, quand j'ai traversé un bourg de long en large et que je n'ai rien trouvé que ce n'est qu'à la fin que je trouve la cabine, ça m'agace un peu. Obligé de tout se retaper. 

    Ce qu'il y a de bien avec l'automne, c'est que n'importe quelle photo fait son effet. Voyez comme est resplendissante la rue principale du Roc avec ses chênes aux feuilles écarlates.

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    Je ne déroge pas à mes habitudes. Voici un pâté de commerces où l'on trouve de tout et il y en a d'autres de l'autre côté de la rue. Le-Roc-Saint-André a tous les atouts pour accueillir de nouveaux habitants et des migrants aussi si les habitants le souhaitent, j'espère et puis les américains qui voudraient fuit leur pays si Trump est élu. 

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    En ce bel après-midi d'arrière- saison, d'aucuns consommaient en terrasse. 

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    J'ai trouvé cette vieillesse publicité : ZH LE CHAUFFAGE D'ACIER. J'ai fait des recherches rapides mais je ne sais toujours pas en quoi consiste le chauffage d'acier. Ça ne m'empêchera pas de ne pas dormir de la nuit mais quand même quoi. On brûlerait de l'acier comme du bois ou du fuel pour chauffer une maison ? Mais à combien l'acier entre en fusion. J'en perds la critique de la raison pure de Kant. Il est vrai que je ne suis pas trop calé en plomberie.  Tout cela me plombe. 

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    Je ne pense pas qu'on se déplace au Roc-Saint-André (nouvellement Val d'Oust donc) pour commander ce genre de chaudière. Il y a plus à flâner qu'à acheter dans ce village haut perché. 

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    Comme je tirais la tronche, j'ai opté pour la fonction 'encre de chine' sur mon logiciel de retouche. 

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    visite le samedi 29 octobre 2016. Arrivé à 13:57, départ à 14:36.  Maire délégué : Thierry Huiban (le maire du Val d'Oust étant Michel Guégan). 930 rodexoises. Canton de Moréac. Prochaine étape : Saint-Abraham

    Loïc LT

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  • retour à Pleugriffet

    Il y a quelques temps est paru dans la presse un article dans lequel il était question d'un couple de suisses qui offrait deux tableaux de valeur à la commune de Pleugriffet pour la remercier de son accueil. Ce couple avait acheté un moulin (par le biais d'un bail emphytéotique...à vos dictionnaires -) il y a une trentaine d'années et ce, tout à fait par hasard. Empruntant le canal de Nantes à Brest, Kurt et Ursula Straub ont dû patienter à l'écluse 43 gérée par Bernardette  car elle prenait, comme tout salarié a le droit, sa pause-déjeuner et donc l'ouverture des vannes ne se ferait pas avant 13 heures. Pas du genre à chercher des embrouilles et surtout n'étant pas pressés, Ursula et Kurt sont descendus de leur bateau battant pavillon suisse, ont visité les environs et son tombés sur un moulin en ruine et ce fut le coup de cœur. Après des travaux conséquents, il y sont venus régulièrement et se sont bien intégrés à la commune, René Jégat le maire est devenu un grand ami. Ursula et Kurt Straub faisaient venir des artistes au moulin et par ailleurs possédaient une galerie souterraine à Genève.

    Pour l'instant, je ne me foule pas trop la cheville, je reprends des infos trouvées dans la Gazette et le Ouest-France. Les deux tableaux offerts à la commune sont des réalisations de Roland Dubuc ( décédé dans son atelier en 1998 en Normandie), artiste peintre qui venait régulièrement au moulin. Samedi dernier, je suis allé à la mairie voir de près ces deux œuvres singulières. Je tenais à préciser la gentillesse de la secrétaire de mairie (que j'avais eu dans la matinée au téléphone). 

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    Si j'aime beaucoup ces toiles représentant un Montmartre rêvé et enneigé, j'ai toujours un peu de mal avec ces encadrements un peu trop rustres et imposants. Mais l'essentiel n'est pas là. C'est l'occasion aussi d'évoquer la figure de Roland Dubuc, originaire de Normandie, peintre prolixe et connu dans le monde entier (mais pas suffisamment pour posséder sa page wkipédia. Il ne tient qu'à un passionné de s'y coller). Sur la fin de sa vie, ses toiles commençaient même à être bien côtées. Roland Dubuc n'était assurément pas un barbouilleur, le cadeau des époux Straub n'est donc pas une plaisanterie.

    Ensuite, je suis resté à Pleugriffet où il m'est arrivé des choses qui n'auraient pas du avoir lieu et que je ne raconterai que lorsqu'il y aura prescription. Par contre, sur les précisions du maire, je me suis rendu au culot voir l'ancienne éclusière qui habite désormais une grande maison dans un lotissement de la commune. Elle m'a accueilli avec gentillesse, m'a tout de suite tutoyé et je lui ai posé quelques questions prétextant l'écriture d'un livre (qui reste une possibilité). Elle m'a raconté sa vie d'éclusière, les conditions de travail et la maison de l'écluse où les conditions de vie étaient sommaires (d'autant qu'avec les 3 enfants et le mari, 5 personnes s'y serraient la ceinture). On a parlé évidemment du couple suisse avec qui elle a gardé de très bons contacts. Je voulais justement savoir si le fait de les avoir fait poiroter une heure devant l'écluse avait créé des dissensions entre eux...mais pas du tout. Vu ce qu'ils ont découvert grâce à elle, comment pourraient-ils leur en vouloir ? Après avoir quitté Bernadette, je me suis rendu sur les lieux de cette belle aventure.

    Aujourd'hui, l'écluse de Cadoret est habitée par la belle-fille de Bernadette. L'endroit est toujours aussi bien fleuri que sur les photos que m'avaient montré l'ancienne éclusière. 

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    J'ai discuté un peu avec la belle-fille et me suis promené autour de l'écluse, la fameuse écluse 43. L'endroit n'a pas beaucoup changé depuis que le bateau du couple suisse s'y arrêta. Le saule a sans doute beaucoup pleuré et grandi depuis ainsi que les sapins qui longent le halage sur lequel jadis et j'aime bien repenser à cette idée, des chevaux tiraient sur les péniches dépourvus de moteurs. Il fut une époque où c'étaient même des êtres humains qu'on appelait des haleurs, n'est-ce pas Arthur ? 

    Comme je descendais des Fleuves impassibles,
    Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
    Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
    Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

    J'étais insoucieux de tous les équipages,
    Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
    Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
    Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais....

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    Le moulin se situe sur la droite à une centaine de mètres de l'écluse. Chemin faisant, je donnais des coups de pied dans les feuilles mortes sans rencontrer aucune résistance. Comme une feuille est faible et fragile.  Le manoir n'est plus habité mais garde un côté coquet. Sans doute est-il un peu entretenu mais on sent que la végétation a envie de reprendre ses droits. 

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    De l'autre côté de l'Oust, les couleurs de l'automne étaient de toute splendeur.

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    Sur la boite à lettre envahie par le lierre, le nom Straub apparaît toujours et cela m'a fait un pincement au cœur. J'avais la haine de ce temps qui passe sur toutes les belles choses de la vie...j'imaginais les fêtes au manoir, les artistes installant leur chevalet devant le canal où passaient des péniches chargées de sable (mais pas de blé flamand et de cotons anglais).

    " Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
    Suspendez votre cours :
    Laissez-nous savourer les rapides délices
    Des plus beaux de nos jours !..........a-t-on envie de crier à chaque fois. 

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    Je suis resté encore un peu sur le pont. Je cherchais un peu dans cette plénitude et ce calme limpide quelque inspiration. C'est essentiel de s'imprégner des lieux. Les temps sont anciens mais certains lieux gardent toujours la mémoire de leur passé glorieux. Tout ici nous parle de ces temps enchanteurs et en tendant un peu l'oreille, on pourrait presque entendre de la musique venant du moulin. Grand Meaulnes, sors de ce corps ! Mais de la musique, il ne peut même plus en venir du moulin à eau qui a pris lui aussi pris sa retraite depuis longtemps. Il est un peu le symbole de ces lieux que la littérature, entre autres, a le devoir de sauver de l'oubli. 

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    Loïc LT  

  • marathon de Vannes 2016 (façon roman)

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    Au début du roman, le narrateur nous présente une foule de gens déguisés en coureurs à pied. Ils attendent le départ d’une course sur une route qui longe les remparts de Vannes. On apprendra plus tard qu’il s’agit du marathon de Vannes, édition 2016. Il décrit une ambiance festive. Il est neuf heures du matin et un feu d’artifice illumine le ciel pourtant déjà bien lumineux de la capitale du Morbihan. Ensuite, l’auteur attire l’attention du lecteur vers un type qui s’appelle Loïc et qui discute avec deux autres types d’une drôle d’affaire qui lui est arrivée la veille dans un bus de Pleugriffet (pour faire court, il s’était accroché avec un voyageur au long cou portant sur sa tête un chapeau qui était entouré d’un ruban et cet excentrique ne cessait de le bousculer dès que l’autobus tanguait un tant soit peu et le pire c’est que le soir, il est retombé sur le même type qui buvait une bière au Bistroquet et qui agaçait un autre consommateur parce que ce dernier avait décalé les boutons de son pardessus) . Loïc a une petite quarantaine d’année, ressemble à Mr Tout le Monde et porte le dossard 1428 nous précise l’auteur. Ensuite, une centaine de pages est consacrée à la biographie de ce type natif d’Hennebont et qui recherche obstinément et contre le sens commun un type qui s’appelle Beauchamp qui apparaît furtivement dans un roman de Patrick Modiano. Comment un homme qui mène une vie normale et ne présentant aucune anomalie psychiatrique peut-il prétendre retrouver un personnage de roman ? Chaque être humain recèle bien des mystères. 

    Dans le second chapitre, on revient sur la ligne de départ. 16 octobre 2016, 9h30. Un tir d'obus de mortier retentit et les 1800 coureurs entassés et joyeux dévalent la route qui mène vers le port de Vannes et Loïc court en compagnie d’un des deux camarades prénommé Auguste avec qui il discutait de cette fameuse affaire arrivée la veille. L’auteur nous apprend qu’ils ont décidé de faire le début de la course ensemble (le troisième larron étant parti devant). Au début tout se passe bien, ils courent plus vite que prévu et Auguste demande parfois à Loïc de ralentir. Après avoir quitté le port, ils se retrouvent très vite en campagne et Loïc fait part alors à Auguste que c’est impressionnant de se retrouver en pleine cambrousse alors que quelques minutes avant ils couraient au centre ville. Le duo court toujours ensemble mais Loïc mène la cadence et ses lèvres bougent alors qu’il ne parle pas, bizarre. On apprendra plus tard qu’il se récite le bateau ivre sans fin pour oublier le mouvement de ses jambes.

    Après la campagne, les coureurs longent le golfe du Morbihan et reviennent en ville et  certains commencent déjà à être dans le dur notamment Auguste, mais Loïc, solidaire jusqu'à une certaine limite l’attend. Au 23e km, Auguste donne plus ou moins l’autorisation à Loïc de partir devant. Ce dernier ne se fait pas prier et jusque la fin, il ne  cesse de doubler, doubler sans fin, il court même plus vite qu’au début. Il ramasse des coureurs comme le cantonnier les feuilles mortes et toujours récite le poème de Rimbaud qui lui donne cette force d’oublier la douleur car même s’il court sans difficulté, il sent bien qu’il n’est pas qu’une ombre qui court mais un corps humain de 75 kgs qui commence à se demander pourquoi le type qui le gère l’oblige à tous ces efforts.

    maratonvannes.jpgL’auteur nous montre bien cette dualité entre la difficulté de faire avancer un corps à une allure soutenue et l’état d’esprit qui anime ce corps. C’est l’occasion aussi de nous faire découvrir le parcours atypique de Loïc, féru de littérature, mais en même temps amateur de football et de marchés financiers et ce fameux soir où lors d’un rassemblement politique, il s’écria soudain “le capitalisme est un humanisme”.

    Dans le dernier chapitre, on retrouve le coureur qui atteint enfin son but. Il rentre sur le stade de Kercado après 42 kilomètres de course et en profite pour doubler une dizaine d’éclopés ne voyant pas la moitié de leur misère. L’auteur ne rentre pas dans les détails techniques mais sur la dernière page, on a le droit à un relevé avec le temps final (3h40 pour un objectif de 4h00 et 331e/1800).

    Ce roman laissera tout le monde sur sa faim. Les amateurs de courses à pied n’y verront que des digressions sans intérêt sur la vie et les passions d’un coureur à pied dont la vie ne présente pas beaucoup d'intérêt  et les littéraires trouveront le style quelconque. Ce livre ne devrait donc pas rencontrer son public...à part peut-être le protagoniste lui-même....et encore. 


    “le coureur ivre”, 228 pages, éditons PleugriffretEdi. parution : octobre 2016. disponible nulle part.

    Loïc LT (sur la photo du haut, suis à droite à un mètre du ballon rose)

  • CR305 : tropique de la violence - Natacha Appanah

    tropique de la violence.jpgLe souvenir de l'étranger m'habite. A chaque fois qu'un ado désoeuvré est livré à lui-même dans un pays exotique, je repense tout le temps à Meursault et tente de trouver des points communs. En plus, ici, Moïse, le héros de ce roman polyphonique voit sa mère adoptive s'écrouler sous ses yeux (sans doute victime d'une crise cardiaque) et au lieu d'appeler les secours, il reste de marbre, fait comme si de rien n'était, dort même dans la maison puis s'en va rejoindre le bidonville de Mayotte, portant sa casquette NY. Cette mère adoptive, c'était la Française qui l'avait adopté après qu'il ait été abandonné par une réfugiée arrivée illégalement des Comores via un bateau de fortune (appelé kwassa là-bas si je me souviens bien). La mère l'élève comme un enfant blanc, il fréquente les beaux quartiers, l'école française et puis après son décès brutal, comme poussé par un instinct primitif, il rejoint les lieux de ce qu'il est au fond : un enfant du pays. Il traîne alors dans l'immense bidonville de Mayotte qu'on appelle là-bas Gaza et fait la rencontre de Bruce, le chef de gang qui va précipiter sa perte.

    Le roman polyphonique n'est pas trop ma tasse de thé. Je préfère qu'il n'y ait qu'un seul narrateur et j'ai déjà expliqué la raison plein de fois sur ce blog et je n'ai pas envie de redire pourquoi. Nonobstant ce dispositif, tropique de la violence tient la route et vaut surtout pour sa valeur documentaire. On imagine mal que la république française (dont Mayotte est le 101ème département mais politiquement l’affaire pose toujours problème) compte un territoire où règne une telle violence, à part évidemment dans des quartiers bien délimités où les français  vivent comme dans des ghettos de luxe.

    En dehors de cela, la personnalité de Moïse est attachante en même tant qu’agaçante. Le parallèle avec Meursault n'est donc pas dénué de fondement. Moïse souffle le chaud et le froid, relit sans cesse le même livre (l'enfant et la rivière de Henri Bosco) mais est attiré par le danger.

    Les services sociaux de l’Etat Français ou des ONG  en prennent pour leur grade (il ne servent à rien sauf à se faire vandaliser leurs locaux) et Mayotte non plus n'en sort pas grandi malgré des descriptions époustouflantes des plages et de la nature luxuriante (faut que je fasse gaffe à ce que je raconte parce que je connais quelqu'un - très bien même - qui connaît quelqu'un qui y est en ce moment).

    Tropique de la violence vaut le détour et Mayotte aussi paraît-il ! C’est une destination touristique peu prisée mais pour ceux qui souhaitent s’y rendre en partant de Pleugriffet via le Canal de Nantes à Brest, on peut débuter son voyage en partant de  l’écluse de Cadoret en navigant sur l’Oust et puis une fois arrivé à Nantes, couler son bateau d’une manière ou d’une autre (perceuse avec gros forêt, masse, dynamites…) et se rendre à l’aéroport, prendre le  premier avion pour Paris et à Paris trouver une hypothétique correspondance pour Mayotte. Il faut arrêter de voir des difficultés là où il n’y en a pas. Les choses sont souvent plus simples qu’elles en ont l’air.

    lecture octobre 2016, sur livre papier (emprunt médiathèque Quatro à Baud), 175 pages, éditions Gallimard, parution août 2016, note : 3/5. 

    Loïc LT

  • recensement des cabines # 76 - Pleugriffet (56)

    En ce samedi 26 mars 2016, alors qu'il pleuvait des hallebardes, personne à Pleugriffet ne s'attendait à voir débarquer le recenseur de cabines et pourtant, c'est bien lui qui a garé sa R11 électrique rutilante un peu n'importe comment sur un trottoir. 

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    Le recenseur a fait une visite rapide puisqu'il avait par ailleurs dans la journée déjà visité Bieuzy, Crédin, Guern, Kerfourn, Malguenac et qu'il lui restait encore à faire Réguiny et Rohan. C'est donc incognito et affublé d'un bonnet ridicule qu'il a arpenté les rues du bourg de Pleugriffet. Les habitants calfeutrés dans leur demeure ne pouvaient s'empêcher de regarder par les fenêtres cet hurluberlu prenant des photos de tout et n'importe quoi. 

    Le recenseur qui courait dans tous les sens et marchait à reculons a fait un état des lieux architectural du bourg constatant avec indifférence une certaine hétérogénéité (néo-bretonnes, chaumières, années 30..), donnant au tout un charme suranné propre à ces villages qui ne doivent leur survie qu'à l'obstination de certains à ne pas déguerpir par le premier bus Macron passant dans le coin. 

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    Mars étant les jonquilles (ou les narcisses, c'est pareil) donnaient un peu de couleur à la vie.

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    La boulangerie de Anne et Fabrice Legeai était ouverte et le recenseur a eu l'indélicatesse de noter la faute d'orthographe sur le panneau annonçant les spécialités maison. Il y a des choses qui ne se font pas surtout quand on n'est pas soi-même exemplaire en la matière. 

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    Allez, je reprends la main, j'en ai marre de la 3ème personne du singulier. Ba oui, j'assume et je l'ai déjà dit. Je tolère les fautes dans les mails ou autres mais pas sur les vitrines. Quand on installe sa vitrine, la moindre des choses est de vérifier autant que faire se peut si tout est en ordre. Bon, je ne vais pas me faire d'amis sur cette affaire-là....l'essentiel est que le pain est bon (et que le far soit sans pruneaux). 

    Cette maison avec des beaux rideaux doit être un ancien bar qui s'appelait le Nemrod qui, si mes recherches s'avèrent correctes signifie le chasseur en français. Beaucoup de troquets portent ce sobriquet en Bretagne. 

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    Voici ce qu'on pourrait appeler l'artère principale de Pleugriffet. Le bar s'intitule le Bistroquet et c'est le seul qui reste avec le café de la Place qui se situe quelque part mais où, sur la place sans doute. 

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    L'église Sainte Ernestine de Louvois est de style moderne et demanderait un ravalement de façade dans les coins. Le recteur Père Michel Gautier (qui a aussi en charge Radenac, pauvre de lui) est secondé par Raymond Pasco, diacre de son état. Cette note est trop sérieuse, presque trop grave. Est-ce la monotonie des lieux qui m'a ôté mon second degré Celsius ? On fera avec. Une note ne fait pas une autre. 

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    Venons-en désormais à l'objet de la note : la cabine téléphonique. L'autre jour, Beauchamp me l'a envoyée par texto en me laissant deviner où elle se situait et je ne l'ai pas reconnue. Lorsqu'il m'a dit qu'elle posait à Pleugriffet, je lui ai même répondu que je n'avais pas visité ce bourg, preuve en est qu'il m'a marqué !

    Pas plus que l'édicule, le ridicule ne tue pas ! J'étais accompagné de Cabino ! C'était avant son décès et j'ai une pensée émue pour lui. Il m'a accompagné dans beaucoup de  périples et s'est retrouvé dans bien des positions ! Merci pour tout Cabino et que le dieu des peluches te garde !

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    Cette cabine fonctionne parfaitement mais qu'en direction de celle de Radenac. Son numéro est le 02 97 22 40 53. Les pleugriffétoises qui trompent leur mari sont donc tranquilles quand elles veulent discuter avec les radenacois qui trompent leur femme. Je ne sais pas si c'est drôle ça. Et pourtant, je ne peux pas toujours mettre mes blagues lourdes sur le compte de la fatigue.

    J'ai plein d'autres photos mais je suis las de ce monde ancien ! J'ai rejoint ma R11 et il pleuvait tellement que j'ai eu du mal à la reconnaître. 

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    Et quand je suis parti, je ne savais même plus quel bourg je quittais. 

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    Et ce soir, en écoutant le requiem de Gabriel Fauré, j'ai écrit ça. A prendre ou à laisser. J'assume. 

    Pleugriffet, rien n'y fait
    Plus j'y pense, moins j'avance.
    Toute idée sur le champ se défait
    Et il ne reste que béance.

    À moins que...

    Enchanté de te connaître,
    Pleugriffet.
    Caresse-moi de promesses
    Avant de disparaître.

    Attends de disparaître !
    Bourg breton,
    Car je voudrais te soumettre
    Des questions

    Dis-moi ce que tu caches
    Derrière ta triste mine
    Combien d'enfants dans tes flaches
    Ont trempé leur blue-jean

    Dis-moi ces couples cachés
    Tard le soir derrière l'if
    Si vieux que le clocher
    Le pense primitif.

    Parle moi des eaux calmes
    Du canal qui refoule
    Et des elfes qui se pâment
    Quand les hommes se saoulent

    Et puis surtout, raconte
    Ta cabine mal famée
    Si moche que j'ai honte
    Sur mon blog d'en parler...

    (Juste des pensées comme ça. À trier...le canal qui refoule...euh oui. À Pleugriffet, il refoule -)

    visite le samedi 26 mars 2016. Arrivé à 17:18, départ à 17:28 (10 minutes sur zone donc, tu m'étonnes que je l'avais zappé). Maire : René Jégat. 1200 habitants. Le bourg se situe dans un champ entre Pontivy et Josselin. Puisqu'on parlait de fautes, à signaler sur le site officiel du bourg qu'on a écrit "ballade" au lieu de "balade". Faute courante mais quand même -)

    Loïc LT