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Etienne daho

  • revenir au monde (2)

    DSC02127.JPGAprès plusieurs rechutes, je crois être désormais  sur le droit chemin de Damas mais comme on dit j'ai gagné une bataille des Ardennes mais pas la guerre de cent ans. Avec toutes ces conneries, j'ai été condamné à 8 mois de prison ferme mais j'ai interjeté appel. La justice a son propre vocabulaire et elle a ses raisons que la raison ignore. Je ne sais pas quand l'audience de aura lieu...dans plusieurs semaines ou plusieurs mois, dans un an, dans un siècle, une éternité aux couleurs.... de l'été lorientais.. Je crois que j'ai de bonnes chances d'échapper au pénitencier car j'ai fait des efforts dans le mauvais sens giratoire. Car lors du premier jugement, le procureur (comment peut-on avoir envie de faire ce métier ? Il faut vraiment avoir le goût de haïr les gens)...je peux vous dire que celui là était implacable comme il doit l'être avec tous les prévenus. Il m'a démonté et j'étais prostré, je pensais à mes filles et je me disais qu'en m'attaquant, c'est elles qu'il attaquait. J'étais très mal  parce qu'il y a des périodes où je suis complètement down pendant lesquelles je n'ouvre pas les volets de la journée. Si le procès avait lieu demain, j'aurais fait tomber ce procureur de sa chaise.  Et mon avocate aux cheveux blonds qui fait le minimum syndical, je ne sais pas à quoi elle m'a servi. Je ne vous ai pas parlé de la juge. Coupe au carré de bœuf, bien sapée mais tout aussi cinglante que l'autre gentil. Elle n'a eu aucune compassion à mon égard. Mais en fait, je n'en demande pas, je veux juste qu'on me traite comme un être humain et non comme un cube bleu faisant un mètre carré (ou un  peu plus) venu d'une planète lointaine. 

    Donc, pour aller de l’avant, je fais de l'hôpital de jour, c'est à dire que deux demi journées par semaines, je me rends avec mon super vélo au centre médico psychologique (CMP) de Auray, le lundi matin et le jeudi soir à 23h30. Le lundi matin, c'est groupe de paroles et le jeudi soir, tir à la mitraillette en balles réelles contre d'éventuelles djihadistes. J'aime ces matinées et nuits... d'ailleurs je me suis déjà fait des amis islamogauchistes et de l'ultra-droite. Moi qui suis très réservé, je parle beaucoup . Sans doute que le bonbon rose du matin y est pour quelque chose. 

    Par ailleurs, j'ai un autre projet dont j'ai fait part à la dame du spip (service pénitentiaire d'insertion et de probation). Le rôle de cette structure est de "d'assurer le contrôle et le suivi des personnes placées sous main de justice en milieu ouvert ainsi qu'en milieu fermé".  Je pense que vous ne connaissiez pas ce truc avant que j'en parle. Moi non plus, je ne connaissais pas avant. Pourtant c'est une structure fondamentale d'une justice indépendante dans un pays démocratique comme la France. J'aime la France et ses institutions.

    Donc, mon autre projet, un peu fou est d'ouvrir une maison de la presse à Baud qui ferait maison de passe, librairie et un endroit où il serait agréable d'errer, de discuter et de boire un café ou un thé ou d'enfiler une bouteille de whisky cul sec. Il faut que je trouve un bocal assez grand car il me faudra de la place. Je veux un large choix de livres, c'est à dire ne pas me contenter de certains auteurs dont vous devinez le nom. Si je fais ça, c'est que Baud fait plus de 6000 habitants et qu'elle n'a plus de maison de la presse si bien que je ne sais pas comment font certains pour acheter l'humanité ou valeurs actuelles. Et si je dispose d’une librairie bien fournie, je pense pouvoir faire venir des contribuables d’autres communes.

    J'ai rencontré madame le maire de Baud, Pascale Gilet, une jolie quinquagénaire qui me suit dans mon projet. Mais cette boutique de la joie du christ n'est pas prête de s'ouvrir. Il me faut déjà faire une formation en gérance ou je sais pas comment on dit et qu'une banque me prête quelques centaines de milliards d'euros. Ensuite, donc, il faut trouver un local plutôt dans l'hypercentre. 

    Ce projet fait sourire mon père qui en ce moment est encore plus dur avec moi que le procureur. Il ne cesse de me gueuler dessus, de me juger  or j’estime que seul le juge doit avoir ce pouvoir. Je pourrais être dur avec lui aussi mais j'ai pas envie de le démonter. On ne tire pas sur une ambulance. Mais avec la vieillesse, il devient virulent alors qu'il a toujours été un mec très cool. Il a 76 ans, il est en fauteuil roulant et dort sur un matelas Merinos. Il habite la longère de Berloch où ma  sœur et moi avons grandi. Comme il est en fauteuil roulant, il ne peut pas accéder à l'étage où il y a quatre chambres qui ne servent à rien. Depuis quelques temps, il s'est pris la manie de faire des travaux divers alors que je pense qu'il devrait trouver un logement à sa mesure dans le bourg de Languidic. Ma puinée est d'accord avec moi...mais il ne veut rien entendre. Il veut rester dans cette longère (quasiment invendable vu le corps de ferme en ruine attenant) . Quand je lui demande de l'aide, vous voyez de quelle aide je parle, sa théorie est que c'est aux enfants d'aider les parents et non le contraire. Je trouve ça complètement stupide. Je veux bien l'aider lorsque je vais le voir mais je me vois mal lui donner de l'argent alors qu'il croupit sur je ne sais pas combien d'anciens francs . J'ai l'air comme ça de ne penser qu'aux thunes alors qu'en fait à la base navale, je m'en fous mais il se trouve que je traverse une période difficile. Mais ça va, je survis. A défaut de manger, je me nourris de nourritures spirituelles. Quand on aime la littérature, lire, écrire, quand on aime Françoiz Breut ou Etienne Daho, on ne peut qu'être heureux. Mais la solitude me pèse un peu. Une fille a vécu trois jours avec moi la semaine dernière et je dois avouer que je n'en tire pas spécialement un bon souvenir. 

    Le tableau en illustration a été peint par Angélique Salenbier, une baldivienne qui fait aussi dans la psychothérapie. Je lui ai subtilisé la chose pendant qu'elle était partie faire un truc. 

    Je viens de commencer à lire (relire car je l'ai lu il y a très longtemps) le procès de Kafka. Comme si j'en vais pas assez  avec la justice !

    Oui, l'heure nouvelle est au moins très-sévère ! La vision de la justice est le plaisir de dieu seul. 

    Shako

     

  • le train Vannes-Lisbonne



    Hello again it's me !

    Il y a combien de temps, je ne sais pas, pas l'été dernier c'est sûr car l'été 2019, j'avais sombré dans les décombres de l'humanité, alors, en automne peut être. Oh, je pourrais savoir, il suffirait de remonter le fil de discussion jusqu'au jour 1 mais je vais pas le faire ce n'est pas important. Je me souviens par contre comment nous sommes entrés en contact et ça me semble bizarre, c'est comme si le destin voulait que nous nous rencontrions. Nous faisons tous les deux partie du groupe consacré à Dominique A ( depuis, j'ai été viré) et un jour j'ai annoncé que je disposais d'un cd de morceaux inédits uniquement donnés à ceux qui achetaient un vinyle. Le vinyle en question devait être toute latitude et la connaissant aujourd'hui elle ne devait aimer aucun titre de cet album pas plus que l'album d'après. Et par ailleurs, je ne suis pas certain que comme moi, elle utilise encore le support cd.

    Donc elle prend contact avec moi en privé via Messager concernant ce cd inédit mais très vite on n'en a plus parlé. Pendant des mois, on a dit tout de nous mais surtout de moi qu'elle d'elle. Elle a toujours gardé une certaine pudeur concernant sa vie personnelle et je respectais ses choix. Parfois quand même j'avais l'impression d'avoir servi d'exutoire aux déboires et pas des moindres qu'elle avait à subir. Mais c'était une fierté pour moi. Elle aussi a eu à supporter mes propos exaltants et ma joie de vivre. A la différence d'elle, je me mets beaucoup en scène, physiquement (déjà parce que je fais des vidéos) alors que je ne sais rien d'elle et je ne demande pas à le savoir.

    Il y a eu quand même un problème. Lorsqu'on a pris contact la première fois, pensant que ce serait une discussion sans lendemain, j'ai raconté pas mal de conneries et nos discussions perdurant, je me suis englué dans des mensonges et au bout d'un moment j'avais du mal à me dépêtrer alors j'ai décidé, advienne que pourra, de lui dire toute la vérité. Elle ne l'a pas mal pris et nos discussions ont continué et moi j'étais quand même délesté d'un poids.

    Beaucoup de choses nous séparent, je dirais presque tout même. Musicalement, elle est plus rock que moi et l'album de Dominique A qu'elle préfère est celui que j'aime le moins (Remué), elle a un travail indépendant et moi suis salarié. Son travail lui prend beaucoup de temps et entre nos discussions, elle bosse dans ses traductions franco-portugaises jusqu'au bout de la nuit. Beaucoup d'elle reste un mystère et c'est ce qu'elle cherche inconsciemment. Par petites doses, elle me dévoile pourtant des petites choses de sa vie privée mais il faudrait que je remonte le fil pour toute noter et donner une cohérence à tout ça. Elle par contre n'a aucun problème de mémoire et elle sait me ressortir un détail que j'ai dit deux mois auparavant. Bientôt elle me servira d'agenda. En Français plutôt qu'en Portugais.

    Politiquement, bien que nous soyons tous les deux de droite, beaucoup de choses nous séparent mais je n'ai pas envie de rentrer sur ce terrain-là. A chaque fois, on se fâche.

    Évidemment aussi, la géographie nous sépare. Vivre à Lisbonne n'est pas vivre à Vannes. Les deux villes font partie de l'Union Européenne, disposent de la même monnaie...et puis c'est tout.

    Nous avons divorcé tous les deux, ça pourrait être un point commun mais la façon dont ça s'est passé de son côté et de la mienne est complètement différente. J'ai deux filles adolescentes et elle a un garçon de onze ans qui entre dans l'adolescence et c'est un peu compliqué. Là aussi, il y a un décalage.

    J'ai pas envie de m'étaler sur les points communs parce qu'ils concernent à peu près tout le reste. Quand même culturellement, nous sommes fans du cinéma de Eric Rohmer et des livres de Milan Kundera et ce n'est pas rien. Malheureusement, elle n'aime pas Daho. J'ai bien essayé pourtant mais non ! Je ne sais pas si elle est fan de Basia.

    Comment de pas parler de Françoiz Breut ? J'ai crée un groupe sur cette chanteuse dont elle est co-administratrice. Comme Dominique A, il y a plus de choses qu'elle n'aime pas que de choses qu'elle aime. En tout cas, ce qu'elle n'aime pas, c'est tout son travail artistique autre que la chanson.

    Pour le reste, prenez votre pelle et votre pioche et essayez de vous dépatouiller.

    J'avais tendance et j'ai toujours tendance à lui déballer les moindres faits et gestes de ma vie quotidienne et elle me donne des conseils. Aujourd'hui, on pourrait dire qu'elle est mon coach. Je me dis souvent que j'en dis trop...à quoi bon lui dire ceci ou cela, lui montrer un t-shirt que je suis en train d'essayer dans une cabine et c'est quelques chose qui me gêne de plus en plus mais d'un autre côté, soit ça ne l'embête pas soit elle n'a jamais eu la franchise de me le dire. Mais comme nous sommes tous les deux des solitaires assumés, avoir des détails sans importance d'un pauvre type habitant au fin fond de la France ne la désintéresse peut être pas. D'ailleurs, elle pose beaucoup de questions sur moi. C'est donc qu'elle veut savoir.

    Elle est Française et fière de l'être. Elle me parle plus de notre beau pays que du Portugal. Je ne sais même pas comment elle a atterri là bas mais tant qu'elle ne me l'aura pas dit je ne lui demanderai rien.

    Il est arrivé que nous discussions durent jusque très tard dans la nuit mais c'est moins le cas aujourd'hui. Pas qu'elle ne m'intéresse plus mais physiquement mais j'ai du mal à suivre. J'ai besoin de dormir ! Elle, je crois qu'elle se lève tard. Une nuit, nous avons discuté très tard si bien que je n'ai pas jugé utile d'aller me coucher.

    Parfois quand on discute, elle peut tout interrompre sans rien dire et revenir deux heures plus tard.

    Détail d'importance c'est la dernière personne au monde à utiliser un smarphone fonctionne sous Windows.Phone.

    Voilà, j'écoute Basia, une chanteuse dans le genre de Sade mais en mieux, qu'on a peu trop oublié mais qui s'accommode aussi bien des petits matins que des fin fonds de la nuit. Quand j'ai commencé cette note, j'ai pensé qu'il y avait beaucoup de choses à dire mais justement, il y en a tellement que j'ai dû en laisser sur le bord de la route.

    Et puis, c'est peut-être pas plus mal. Les cinq lecteurs qui liront cette note ne m'en voudront pas.

    Loïc LT

  • Etienne Daho, surf : This is it !

    J'ai dû casser un peu ma tirelire mais je voulais à tout prix ce vinyle sorti à l’occasion du disquaire day le 20 juin dont Daho était le parrain. Donc, l'album s'appelle Surf et je l'avais déjà l'écouté grâce à un fan qui avait réussi à le foutre sur le "web" comme on disait avant. Je ne peux pas encore faire la critique. Il faut que je l'écoute plusieurs fois...mais je peux déjà dire que c'est très bon...il s'agit de reprises...de Pet Shot Boys, de Phoenix ou le fameux "moon river" chanté par Franck Sinatra, Franck Sinatra que j'adore. Make America great again ! L'ensemble est très bon, Daho maîtrise parfaitement l'anglais. A savoir aussi : tous ces titres ont été enregistrés entre l'an 2000 et 2010, ce qui explique que sur la superbe couverture, on voit un Daho beau comme un Dieu et avec les cheveux longs alors qu'aujourd'hui, il s'est sérieusement rasé le caillou.

    Pour l'anecdote, l'objet est top avec avec une couverture style années 60 tout en étant moderne. C'est la magie Daho. Quant à la galette, elle est d'un jaune orangé. Je suis vraiment très content de posséder cet album. Mon banquier le sera moins mais je m'en tamponne le coquillard. 

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  • Shako, sabre et censure

    J'avais produit une belle vidéo à propos de l'album SURF de Daho, un album uniquement sorti en vinyle à l'occasion du disquaire day dont la première journée a eu lieu le 20 juin et dont le parrain était Etienne. Evidemment, Surf est parti comme des petits pains et je doute qu'il ait même posé les pieds dans le Morbihan où il n'y a que deux ou trois disquaires indépendants (seulement 200 dans toute la France). 

    Or dans cette vidéo, je fais écouter une minute de quatre titres de l'album, c'est ce qui a provoqué le blocage. Je remercie quand même Laurent Rob d'Onofrio pour m'avoir filé ces titres..que je peux.quand même écouter. Il y a sans doute un moyen de contourner la censure mais j'ai la flemme de bidouiller. Si vous voulez les entendre, faîtes le moi savoir sur Messenger.

    Sachez que c'est un très bon album.

    Shako

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  • Avec Daho, sabre et tam-tam, on démarre bien la semaine.

    Pour la première note sur ce blog depuis le 24 juin, je voulais vous faire cadeau d'une vidéo retraçant 40 ans de carrière d'Etienne Daho avec en fond sonore, une version instrumentale sublime du titre Epaule Tatoo signé William Orbit qui est coutumier de mettre en orbite des bijoux sonores.

    J'ai eu un mal fou à la mettre ici pour différentes saisons et je remercie Laurent Rob D'Onofrio pour son aide. Par ailleurs, il m'a filé en mp3 tous les titres de l'album Surf récemment sorti mais en très peu d'exemplaires (5000 je crois), donc difficile à trouver. Mais je vais pouvoir me faire une idée de son contenu (ce sont des reprises) puisque les fans de Daho étaient tellement heureux de posséder l'objet qu'ils en ont presque oublié de l'écouter. Bon j'exagère.

    Mais en attendant voici la fameuse vidéo.

    Shako


  • les flocons de l'été # Etienne Daho


     

    Le nouveau titre de daho est sorti le 1er septembre à 08h00 précise (quand on est fan, on sait ces choses-là, je me comprends) et il préfigure la sortie d'un album en novembre (Blitz). S'en suivra une tournée. J'irai le voir à Rennes, ça fait trop longtemps que je ne l'ai pas vu. Je n'ai pas entendu en live les titres de ces trois derniers albums, ce n'est pas normal quand même !

    Bon, parlons de cette neige estivale. D'abord musicalement parlant, on sait que Daho est un touche-à-tout, qu'il ne se fixe aucun interdit. Dernièrement, il avait sorti un titre très rock (avec un super clip) intitulé 'Paris sens interdit' et aujourd'hui, il nous sort quelque chose de plus électronique, plus aérien, doux comme un flocon. La mélodie est superbe, sur ce point, il n'y a rien à dire. Quelques jours avant le 1er septembre, il avait mis en ligne 10 secondes de la chanson et j'avais adoré direct...par contre, j'étais loin de m'imaginer le texte qui allait suivre. Sur ce point, je suis désolé, ça manque cruellement d'inspiration. Etienne doit le savoir, je ne sais pas, il dit qu'il a écrit le texte très vite, ba je suis désolé mais ça se voit et pour se défausser il répond aux journalistes qu'il ne donnera pas d'explications au texte, que chacun en fera son interprétation. C'est l'argument facile quand on écrit un peu n'importe quoi...encore que là, ce n'est pas n'importe quoi, le texte est tellement simple et basique qu'on le comprend tout de suite : tout ce qui est blanc en été, comme une robe blanche, les étoiles, le soleil voilé, les nuits blanches évoquent pour le chanteur les flocons. La belle affaire. Après, il y a peut-être un message caché et que je me suis levé de ma jambe blanche, alors dans ce cas, je suis le dindon de la farce. Etienne dit que ce titre a des accointances avec "les heures hindoues" et bien, question musique et ambiance, je retrouve beaucoup des "les pluies chaudes de l'été" qui figure sur l'excellent album Eden

    En tout cas, le texte, à la limite, on s'en tamponne le coquillard. Globalement la chanson est belle, apaisante, onirique et je l'écoute en boucle depuis hier. Ce ne sera pas le succès de l'automne (de toute façon, ça fait longtemps que la roi de pop française se fout des hits parades, normal quand on veut faire de la qualité) mais pour les fans, c'est un joli cadeau pour cette rentrée qui s'annonce blanche et lumineuse. 

    Loïc LT

  • explication d'un texte : un nouveau printemps - Etienne Daho

    Écoutons cette chanson dans le silence de la nuit et alors que le printemps n'a que deux jours. C'est un nouveau printemps ! Je le sens bien à tous points de vue (personnel, professionnel, politique, jardin). L'année 2017 est prometteuse. Mais le printemps qu'évoque Etienne Daho est une métaphore. Ce n'est pas dans le genre du chanteur de faire dans la botanique. 


    podcast

     

    Quand la chance les lâche,
    Frangins à la dérive
    Au merveilleux perdant, se débat dans l'eau vive
     
    Si sauvagement rejeté,
    Nager vers l'autre rive
    Parvenir de l'autre côté,
    Et vivre vaille que vive
     
    Apprendre à coups de crosses,
    Et de cheveux tondus
    Vois les plaies qui scintillent,
    Aux torses des vaincus
     
    Mais si la cause est belle,
    Peu importe le but
     
    Dans la fraîcheur exquise,
     
    De ce nouveau Printemps,
    L'embarcation dérive
    Si sauvagement rejetée,
    De l'une, à l'autre rive
    Parvenir de l'autre côté,
    Ailleurs, enfin revivre
     
    Apprendre à coups de crosses,
    Et de cheveux tondus
    Vois les larmes scintillent,
    Aux paupières vaincues
    Mais si la cause est belle,
    Peu importe le but
     
    Cette chanson, 3e piste de l'album les chansons de l'innocence retrouvée me plait avant tout pour sa musique. On dirait que Daho a voulu composer une musique de film. Il y a du Philippe Sarde là-dedans, c'est indéniable. Du Sarde, version pop. La dimension cinématographique de cette musique est une évidence...et doit ouvrir des pistes quant à la compréhension du texte. 
    A première vue, pris au premier degré, je vois des gens, (des frangins par exemple) tenter de traverser une rivière ou un lac.La partie ne semble pas facile, l'embarcation dérive, on prend des coups de crosses. Il semble qu'il soit compliqué de parvenir de l'autre côté pour vivre un nouveau printemps, c'est à dire une nouvelle vie. 
    Je ne peux que penser aux migrants de Lampedusa ou d'ailleurs. D'ailleurs, si je me dis que c'est un texte sur les migrants, tout colle dans le texte. Un texte engagé donc, rare chez Daho. Certains échouent, voyez les plaies qui scintillent aux torses des vaincus, ces vaincus qui pleurent ne ne pas avoir pu rejoindre l'Eldorado. Mais si la cause est belle (fuir la guerre et la misère), peu importe le but...l'Europe, ce n'est pas le paradis mais ce n'est pas la Libye. 
    Je ne vois que ça et d'un côté, je ne suis pas surpris qu'Etienne soit sensible à ce thème lui qui est natif d'Algérie et en même temps, ça ne colle pas avec le titre de l'album. Ce texte est très dur. On tue des hommes qui veulent rejoindre la liberté. 
    Certains auront la chance de connaître ce nouveau printemps (relatif quand on sait comment on parque les migrants en Europe mais au mieux ils sont en sécurité), d'autres auront essayé et réessaieront et les plus malheureux y laisseront leurs vies. Je ne serais pas surpris que Daho ait lu Eldorado de Laurent Gaudé. Certains passages du roman me font penser exactement à des séquences de ce texte. 
     
    Donc, évidemment, avec un texte d'une telle gravité, serait-ce mal venu de dire que la musique et les arrangements sont superbes ? On peut considérer que c'est un hommage à tous ceux qui ont laissé leurs vies et leurs illusions de l'autre côté de la rive. Ils méritent bien une belle chanson. Et Daho, qui s'engage, c'est quand même une nouveauté.
     
    Loïc LT
  • le malentendu - Etienne Daho

    J’ai des périodes où je n’écoute plus Daho et puis d’autres où je n’écoute que lui. Et il se trouve qu’en ce moment, j’écoute et réécoute son dernier album (sorti en 2013 ) : les chansons de l’innocence retrouvée. On est tous d’accord sur une chose : le titre est mal trouvé. Trop long, pas assez accrocheur (déformation de journaliste Ouest-France, euh pardon de “simple correspondant local -) donc le titre est mal trouvé. L’innocence retrouvée aurait suffi (mais parfois le vide suffit...en tout cas il vaut mieux que la torture). La couverture est provocante et surprend venant de Daho, qui s’il s’affirme comme libertin, est toujours assez pudique dans ses albums et les médias. En surface est le seul tube sorti de cet album et comme par hasard c'est la seule chanson pas écrite par Daho (auteur : Dominique A). 

    Les chansons maintenant. Dans cet album, Daho fait du Daho, c’est à dire de l’auto-psychanalyse. Il le fait depuis cinq ou six albums. C’est assumé sans doute, il a ce besoin de se comprendre et de chercher à analyser les rapports conflictuels dans le couple. Car c’est un fait que depuis corps et armes (son meilleur album qui date de 2000), s’il sait écrire le bonheur de narrer la rencontre (titre l’ouverture...sublime), de chanter l’amour fou, l’essentiel de son propos tourne autour de la difficulté de vivre pleinement l’amour au quotidien. Des dizaines de chansons sont consacrées à ce thème. Ce n’est pas un reproche, c’est un constat (au fait, vous avez remarqué, la plupart du temps quand quelqu’un vous dit “c’est pas un reproche, c’est un constat” et bien, en fait, c’est un reproche. Hors-sujet, passons).

    Je vais ce soir m’en tenir à un titre : le malentendu qu’on trouve dans les chansons de l’innocence retrouvée.


                                 

    Ce qu’il y a de bien avec Daho, c’est qu’on n’a pas besoin de se prendre la tête comme avec une chanson de Julien Doré ou de Alain Bashung (c'est pas un reproche, c'est un constat -). Le texte semble simple et il l'est globalement. Tout est dans le titre. Un couple vit une crise car il n'existe que sur un malentendu et le narrateur décide d’en finir en s’adressant à sa campagne ou son compagnon (avec Daho, on ne sait pas trop mais qu’importe ).

    Combien de couples vivent sur un malentendu (voire même pire sur une incompatibilité d’humeur)  et s’en contentent car ils considèrent que  l’apparence sociale et le confort matériel priment sur l'amour ? Je précise que je ne m’identifie pas à ce texte. Dans tous les couples, subviennent des malentendus mais celui évoqué par Etienne dans ce texte (qui n’est pas exempt de tous reproches notamment quant au choix de certains mots qui font hiatus) est un malentendu fondamental.

    Alors, un soir, il décide d’arrêter la comédietraîner sur le port ce soir, je dormirai dehors, jouer la comédie, je n’y arrive plus.

    Quand je dis que des phrases sont mal choisies, je citerais celle-là : c’est dans les mauvais lits que naissent les mensonges. Elle veut tout et rien dire. Faut-il croire que ce ce couple a débuté sur une histoire de cul (les mauvais lits), c’est à dire de façon superficielle et que donc, le tout est parti d’un mensonge, le mensonge d’une osmose sexuelle d’un soir ou alors je me trompe totalement et la phrase ne veut rien dire ?

    Mais Daho est capable du meilleur comme du pire et autant cette strophe est belle, autant elle me questionne (comme quoi en fouillant comme je le disais tout à l'heure, ce texte n’est peut-être pas si simple qu’il en a l’air).

    Je voyais, dans tes yeux

    La présence du bon dieu

    Des vols d’oiseaux sauvages

    Explosés en plein vol

    Il voit dans les yeux de la personne qu’il n’aime pas la présence du bon dieu. S’il avait dit diable, j’aurais compris mais le bon dieu, pour un croyant comme un pour un athée, le bon dieu n’est pas un reproche. Si ce soir, je dis à Prisca que je vois dans ses yeux la présence du bon dieu, elle va d’abord me prendre pour un fou car elle sait que je ne crois pas en dieu et puis ensuite, elle va presque prendre ça comme un compliment.

    Tu veux rien entendre

    Mais notre grande histoire

    N’est qu’un malentendu

    Lui seul veut en finir avec cette comédie, l’autre ne veut rien entendre et veut poursuivre le malentendu. Voilà qui est clair. En même temps, quand tu vis avec Daho, même si c'est sur un malentendu, t'as peut-être envie que ça dure !

    Et cela se termine par 

    Mais notre grande histoire

    Oui, notre grande histoire

    Née d’un malentendu.

     

    Etienne insiste sur le fait qu’il s’agit quand même d’une grande histoire. Grande histoire, ne veut pas dire “belle histoire”. Quand tu vis, genre dix ans avec une même personne, même si c’est parti d’un malentendu, il s’agit quand même d’une grande histoire, parce que déjà elle a duré dans le temps et ensuite parce qu’il y a forcément eu des moments de bonheur et de complicité. Vivre sur un malentendu ne signifie pas que le malentendu remplit tous les instants de la vie.  

    Pour finir, je vais parler de la musique...car elle est plus belle que le texte. C’est de la pop symphonique et en la matière, Daho est le meilleur. La façon dont les cordes montent en puissance donne des frissons et le tout finit par un déchaînement basses-claviers-batteries mélodiquement agressif pour bien symboliser la destruction de ce couple.

    Je ne crois pas que Daho l’ait chantée en tournée ( que je n'ai pas honoré de ma présence) donc, je pense qu’elle mérite qu’on a parle, même sur un modeste blog. J'ai écouté cette chanson toute la journée pour le plaisir de l'entendre, ces cordes, la voix veloutée de Daho etc et puis en pensant à la note que je pourrais en faire. Je ne demande aucun compliment, je ne suis pas au collège,  ni ici (sur ce blog) ni ailleurs. D'ailleurs, ce n'est pas à moi de juger si ce que j'écris mérite un compliment, en tout cas, si c'est le cas, je m'en passe. J'ai 44 ans et je sais mes forces et mes faiblesses. Daho pourrait écrire des centaines de chansons sur ce thème !

    Loïc LT

  • Paris sens interdits - Etienne Daho. (lecture personnelle)

    étienne daho, paris sens interditsJ’ai relu plusieurs fois le texte de cette chanson (qui est une reprise d'un titre écrit par un certain Arthur Baker en 1989 et qui n'apparaissait sur aucun album d'Etienne). La version de 1989 n’est pas désagréable mais le lifting opéré par Daho en 2015 est remarquable. Plus que le texte que j’évoquerai succinctement après, il faut s’arrêter sur les arrangements, le clip et tout l’esthétisme qui entoure cette nouvelle version. Il n’y a pas un temps mort, les musiciens s’éclatent autant que Daho et que dire de ce jeu de lumière qui subrepticement met en valeur les contours du visage et du corps du chanteur habillé de noir. Je ne vois pas ce qu’on peut reprocher à ce morceau de pop emballant...d’être trop parfait peut-être. J’espère qu’Etienne le jouera en live en vrai (parce que petit bémol, je doute que le clip ait été enregistré dans les conditions du direct, mais c'est le prix de la perfection).

    Le texte ne prête à aucune confusion et c’est assez amusant qu’Etienne ressorte ce morceau après le succès de en surface où, sous la plume de Dominique A, il feint de regretter ses plus jeunes années, la vie nocturne, les brumes de l'alcool, le paraître...or c’est justement cet univers qui est décrit sans amertume dans Paris sens interdits. Le titre dit tout. D'ailleurs,  en surface bien qu'il soit magnifique est un peu le hiatus (assumé) dans l'album de l'innocence retrouvée !

    Brève étude de quelques bribes du texte Paris sens interdits

    Si tu oublies un jour tes peines, sombres motels, moi languis, entre Bakerstreet et le pont des Soupirs....

    Tous les sites (foireux) qui proposent les lyrics parlent de Pokerstreet mais c’est bien de Bakerstreet qu’il s’agit. Il faut admettre que Etienne le prononce assez mal mais Pokerstreet n’existe pas alors que Bakerstreet est une rue de Londres et le pont des soupirs, qui ne connaît pas ?  Bien, le personnage s’ennuie dans ces endroits trop propres et trop pittoresques et préfère prendre des sens interdits à Paris. S'il n'y avait pas eu la tentation du jeu de mots, le morceau aurait pu tout aussi bien s'appeler Paris sans interdits

    Comme toi lassé, j’espère trouver un monde où me perdre, où de risibles amours éclairent mes zones d’ombre et ces revers, que j’en oublie un jour mes chaînes...d’autres hôtels où s’évanouir, si tu crois au pire en un mot sans mobile...etc etc

    Je peux me tromper (et j'en suis sûr même -)  que les risibles amours font référence au recueil de l’écrivain Milan Kundera dans lequel, si ma mémoire est bonne, il évoque la légèreté et les amours d’un soir. J’aimerais vraiment que le risibles amours de la chanson soit un clin d’oeil à Kundera qui est un écrivain que j’adore.

    Le texte est approximatif et boiteux, les références un peu bancales (un peu comme Paris le Flore et ses lieux communs) mais dans les années 80, on ne faisait pas dans la littérature ! Qu’importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse ! Mais le texte est avant tout un faire-valoir. La musique et le clip avant toute chose !

    Pour finir, je rappelle que cette nouvelle version fait partie des deux inédits présents sur le best-of l'homme qui marche sorti fin 2015 (à noter que sur deezer, seul ce titre n'est pas disponible...et j'ai remarqué aussi que contrairement à la version de 1989, Paris sens interdits est désormais au pluriel. Il doit y avoir une histoire de droit d'auteur). 

    Loïc LT (qui aime bien les sens interdits aussi).

  • Daho, l'homme qui chante. BD (Alfred-Chauvel)

    étienne dahoNe trouvant plus le sommeil et attiré par les lueurs matinales, je me suis levé de bonne heure et j'ai enfin lu le livre-bd écrit par Alfred (dessin) et David Chauvel (plume) qui raconte l'histoire de la création du dernier album de Daho (les chansons de l'innocence retrouvée, sorti en 2013). Avant toute chose, je dois avouer que ce n'est pas mon album préféré d'Etienne, en tout cas, je ne le mets pas dans le top 3 (je leur préfère Corps et armes - inégalable ; Eden - sensuel et électronique et l'invitation - qui n'a pas fait beaucoup de bruits mais qui contient quelques pépites).

    Donc, on apprend beaucoup de choses dans ce livre, la rigueur d'Etienne, son obsession de la perfection, ses influences, l'aura qu'il dégage autour de lui, sa sensibilité et son côté libertin. Daho est une personnage complexe qui indiffère beaucoup de gens autant qu'il en fascine d'autres. Je fais partie de ces derniers. J'aime ce chanteur réservé, qui n'aime pas les plateaux télé, j'aime sa musique (et c'est bien l'essentiel), son sex-appeal et son souci du beau (que ce soit sur sa personne, sur ses jaquettes et ses concerts). Je suis allé le voir deux fois en concert à Rennes et n'en déplaisent à certains, c'est une bête de scène. La scène le transforme, c'est en chantant devant son public qu'il est le plus heureux.

    Mais revenons à la BD. Je ne vais pas revenir sur ce qu'elle contient mais juste faire part d'un soupçon d'incohérence que j'ai relevé. C'est mon côté fouille merde (ou plutôt pointilleux). 

     

    Page 20. Jean-Louis Piérot, musicien-compositeur s'exprime :

    étienne daho, jean-louis pierrot

    Donc, je résume: en avril 2011, Etienne appelle Jean-louis  pour lui demander s'il veut travailler avec lui sur son nouvel album. Et Jean-Louis Piérot évoque deux titres sur lesquels ils ont bossé ensemble : le fameux ouverture (sorti en 2000) et l'exquis l'adorer qui figure sur l'album l'invitation sorti en 2007. Or Jean-Louis Piérot poursuit : nous n'avons pas retravaillé depuis l'album 'corps et armes' en 2000. On se croisait parfois depuis cette dernière collaboration, mais sans évoquer le fait de retravailler ensemble un jour. Alors, je ne comprends pas qu'il dise avoir co-écrit l'adorer et en même temps ne pas avoir travaillé avec Etienne depuis 2000..Et je doute qu'il y ait une erreur car Daho a dû lire et relire le livre avant de valider le tout ; il n'aurait pas laissé passer une telle incohérence. La seule possibilité que je vois est que l'adorer a été écrite en 2000 mais n'a été sortie qu'en 2007. Auquel cas je m'amuse juste à enfoncer des portes ouvertes. Mais je ne comprends pas pourquoi il n'aurait pas retenu ce titre en 2000 ou en 2003 sur réévolution

    Etienne, si tu me lis, peux-tu m'éclairer ::) ?

    Alors, encore une petite planche pour vous montrer la qualité du graphisme (à ceci près que je ne trouve pas la silhouette du chanteur très réussie) :

    étienne daho

    Pour en finir avec ED, j'écoute beaucoup en ce moment son dernier titre Paris sens interdits (qu'il avait déjà sorti il y a longtemps sous une autre forme). C'est un morceau résolument pop et puis cerise sur le gâteau, le clip officiel est un chef d'oeuvre d'esthétisme. Tout est bien pensé, le jeu de lumière, le travail sur la voix de Daho etc etc. A voir autant qu'à écouter !

    Loïc LT