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le malentendu - Etienne Daho

J’ai des périodes où je n’écoute plus Daho et puis d’autres où je n’écoute que lui. Et il se trouve qu’en ce moment, j’écoute et réécoute son dernier album (sorti en 2013 ) : les chansons de l’innocence retrouvée. On est tous d’accord sur une chose : le titre est mal trouvé. Trop long, pas assez accrocheur (déformation de journaliste Ouest-France, euh pardon de “simple correspondant local -) donc le titre est mal trouvé. L’innocence retrouvée aurait suffi (mais parfois le vide suffit...en tout cas il vaut mieux que la torture). La couverture est provocante et surprend venant de Daho, qui s’il s’affirme comme libertin, est toujours assez pudique dans ses albums et les médias. En surface est le seul tube sorti de cet album et comme par hasard c'est la seule chanson pas écrite par Daho (auteur : Dominique A). 

Les chansons maintenant. Dans cet album, Daho fait du Daho, c’est à dire de l’auto-psychanalyse. Il le fait depuis cinq ou six albums. C’est assumé sans doute, il a ce besoin de se comprendre et de chercher à analyser les rapports conflictuels dans le couple. Car c’est un fait que depuis corps et armes (son meilleur album qui date de 2000), s’il sait écrire le bonheur de narrer la rencontre (titre l’ouverture...sublime), de chanter l’amour fou, l’essentiel de son propos tourne autour de la difficulté de vivre pleinement l’amour au quotidien. Des dizaines de chansons sont consacrées à ce thème. Ce n’est pas un reproche, c’est un constat (au fait, vous avez remarqué, la plupart du temps quand quelqu’un vous dit “c’est pas un reproche, c’est un constat” et bien, en fait, c’est un reproche. Hors-sujet, passons).

Je vais ce soir m’en tenir à un titre : le malentendu qu’on trouve dans les chansons de l’innocence retrouvée.


                             

Ce qu’il y a de bien avec Daho, c’est qu’on n’a pas besoin de se prendre la tête comme avec une chanson de Julien Doré ou de Alain Bashung (c'est pas un reproche, c'est un constat -). Le texte semble simple et il l'est globalement. Tout est dans le titre. Un couple vit une crise car il n'existe que sur un malentendu et le narrateur décide d’en finir en s’adressant à sa campagne ou son compagnon (avec Daho, on ne sait pas trop mais qu’importe ).

Combien de couples vivent sur un malentendu (voire même pire sur une incompatibilité d’humeur)  et s’en contentent car ils considèrent que  l’apparence sociale et le confort matériel priment sur l'amour ? Je précise que je ne m’identifie pas à ce texte. Dans tous les couples, subviennent des malentendus mais celui évoqué par Etienne dans ce texte (qui n’est pas exempt de tous reproches notamment quant au choix de certains mots qui font hiatus) est un malentendu fondamental.

Alors, un soir, il décide d’arrêter la comédietraîner sur le port ce soir, je dormirai dehors, jouer la comédie, je n’y arrive plus.

Quand je dis que des phrases sont mal choisies, je citerais celle-là : c’est dans les mauvais lits que naissent les mensonges. Elle veut tout et rien dire. Faut-il croire que ce ce couple a débuté sur une histoire de cul (les mauvais lits), c’est à dire de façon superficielle et que donc, le tout est parti d’un mensonge, le mensonge d’une osmose sexuelle d’un soir ou alors je me trompe totalement et la phrase ne veut rien dire ?

Mais Daho est capable du meilleur comme du pire et autant cette strophe est belle, autant elle me questionne (comme quoi en fouillant comme je le disais tout à l'heure, ce texte n’est peut-être pas si simple qu’il en a l’air).

Je voyais, dans tes yeux

La présence du bon dieu

Des vols d’oiseaux sauvages

Explosés en plein vol

Il voit dans les yeux de la personne qu’il n’aime pas la présence du bon dieu. S’il avait dit diable, j’aurais compris mais le bon dieu, pour un croyant comme un pour un athée, le bon dieu n’est pas un reproche. Si ce soir, je dis à Prisca que je vois dans ses yeux la présence du bon dieu, elle va d’abord me prendre pour un fou car elle sait que je ne crois pas en dieu et puis ensuite, elle va presque prendre ça comme un compliment.

Tu veux rien entendre

Mais notre grande histoire

N’est qu’un malentendu

Lui seul veut en finir avec cette comédie, l’autre ne veut rien entendre et veut poursuivre le malentendu. Voilà qui est clair. En même temps, quand tu vis avec Daho, même si c'est sur un malentendu, t'as peut-être envie que ça dure !

Et cela se termine par 

Mais notre grande histoire

Oui, notre grande histoire

Née d’un malentendu.

 

Etienne insiste sur le fait qu’il s’agit quand même d’une grande histoire. Grande histoire, ne veut pas dire “belle histoire”. Quand tu vis, genre dix ans avec une même personne, même si c’est parti d’un malentendu, il s’agit quand même d’une grande histoire, parce que déjà elle a duré dans le temps et ensuite parce qu’il y a forcément eu des moments de bonheur et de complicité. Vivre sur un malentendu ne signifie pas que le malentendu remplit tous les instants de la vie.  

Pour finir, je vais parler de la musique...car elle est plus belle que le texte. C’est de la pop symphonique et en la matière, Daho est le meilleur. La façon dont les cordes montent en puissance donne des frissons et le tout finit par un déchaînement basses-claviers-batteries mélodiquement agressif pour bien symboliser la destruction de ce couple.

Je ne crois pas que Daho l’ait chantée en tournée ( que je n'ai pas honoré de ma présence) donc, je pense qu’elle mérite qu’on a parle, même sur un modeste blog. J'ai écouté cette chanson toute la journée pour le plaisir de l'entendre, ces cordes, la voix veloutée de Daho etc et puis en pensant à la note que je pourrais en faire. Je ne demande aucun compliment, je ne suis pas au collège,  ni ici (sur ce blog) ni ailleurs. D'ailleurs, ce n'est pas à moi de juger si ce que j'écris mérite un compliment, en tout cas, si c'est le cas, je m'en passe. J'ai 44 ans et je sais mes forces et mes faiblesses. Daho pourrait écrire des centaines de chansons sur ce thème !

Loïc LT

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