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julie schittly - Page 2

  • Françoiz Breut - silhouette minuscule

    Il y a quelques temps, j'ai fait une note à propos de ce titre et j'ai raconté un peu n'importe quoi. Où ai-je vu que c'était une chanson de Jérôme Minière et que c'était lui le chanteur ? En fait, j'ai le vinyle près de moi et ce n'est pas du tout le cas.  Il s'agit d'un disque sorti en 2015 à l'occasion des dix ans de son sans doute meilleur album "une saison volée". Donc, il y a un disque qui reprend celui sorti en 2005 et un autre avec des reprises et des inédits. Parmi les inédits, il y a "silhouette minuscule". 

    Dans les crédits, il est écrit MIELE : silhouette minuscule, Stéphane Daubersy, Voix, Catherine Debiaso, Voix, Franck Baya, mixé par Franck Baya. Point de Françoiz Breut. Le duo au chant, c'est Daubersy et Debiaso. Le seul point commun avec elle, c'est Stéphane Daubersy qui est son fidèle acolyte. J'ai fait des recherches sur Miele mais que dalle. Mais c'est qui ce type qui a écrit cette chanson exceptionnelle que je repose ici ? Julie, tu sais ?

                                                 

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  • CR359 : Comédies Françaises - Eric Reinhardt

    ERTEC.jpgJ'ai lu les critiques dithyrambiques de Télérama (dont il est un peu l'auteur-maison), du Libération d'aujourd'hui et de Lire Magazine et un autre mais je me souviens plus lequel alors, moi petit ouvrier de province, je me trouve bien mal pour apporter la contradiction. Commençons par les points positifs, les photos de l'écrivain de chaque magazine....et bien c'est celle de Lire avec son complet de chez Smalto qui me plait le plus. Dans les autres, on le voit entièrement avec sa chemise dans son pantalon et moi j'aime pas les chemises dans les pantalons, même lors de mon mariage avec Mathilde de Bouillebec, j'ai pas mis ! Je ne sais plus si Mathilde m'y a forcé...bref, on le voit sur les photos. Donc, celle là, j'aime beaucoup ce gros plan d'un type bien conservé pour ses 55 ans.

    Dans cette comédie française, le personnage principal est Dimitri, un type de 27 ans qui fait différents boulots pour finir à l'AFP. Il lui arrive quelque chose d'incroyable. En balade à Madrid, il croise une femme qui lui plait beaucoup...et il la croise à nouveau dans un théâtre à Paris et pour enfoncer le clou dans un café parisien je ne sais plus où. Pour lui, c'est impensable. Comme un coup de dé jamais n'abolira le hasard, Dimitri est persuadé que le hasard a bon dos, que ces trois rencontres ont un sens. C'est la partie du roman que j'ai le plus appréciée. 

    277138580.jpgA une moindre échelle, il m'est arrivé la même chose en Irlande dans la ville de Galway. Un matin, les rues étaient noires de monde et au loin je sélectionne une jolie fille, un peu trop fardée peut être mais avec un joli visage et une cicatrice sur le front très sensuelle. Je la prends en photo et malgré la foule, elle me voit et ça n'a pas l'air de lui plaire. Et dans l'après midi, dans une rue toute aussi noire de monde  mais assez loin de la première, je la recroise, et je la reprends en photo. J'étais bouleversé par ce hasard incroyable et pourtant c'était bien loin de celui vécu par Dimitri. Ce dernier un peu fouille merde après avoir étudié une histoire concernant deux artistes français et américains change de sujet et se décide à en savoir plus sur la naissance d'internet. Il a une longue discussion avec Louis Pouzin ( inventeur du datagramme et donc d'internet) pour savoir  pourquoi il a été bloqué dans son invention par le  puissant chef d'entreprise Antoine Roux qui met fin à ses recherches après la victoire de Valéry Giscard d'Estaing (qui est toujours vivant, je le rappelle). J'ai trouvé que cette longue discussion très technique ressemblait plutôt à un article de Wikipedia. Mais why not. Dimitri, homme de gauche (comme l'écrivain...qui n'a d'ailleurs pas encore signé l'appel de Laurent Joffrin -) et donc pas tendre avec le capitalisme à la Française où les politiques, lobbyistes, chefs d'entreprise sont de mèche pour décider si tel projet doit être abandonné ou pas, paradoxalement encense les Américains qui ne s'arrêtent pas à ces considérations et où le libéralisme est en roue libre et puis finalement s'approprient les travaux des experts Français pour s'attribuer la création d'internet.  Make America Great Again !

    3299260496.jpgIl y a du Michel Houellebecq et du Philippe Djian dans ce roman. J'aurais aimé que l'auteur s'arrête un peu sur le personnage de Dimitri, bisexuel passablement cinglé. Dès le début du roman se pose le faire part de son décès dans un accident de voiture en Bretagne où lui et sa compagne sont venus sur les traces de Antoine Roux, décédé et dont la fille habite la maison .Dans ce roman qui n'est pas à tiroir comme j'ai pu le lire, le romantisme s’accommode fort bien de la critique du capitalisme, un peu comme dans le système Victoria. Eric Reinhardt croit encore qu'il y  a une droite et une gauche mais ce concept est terminé.  Mais il n'est jamais aussi fort que lorsqu'il s'agit de défoncer le capitalisme. Je pense donc que Valeurs actuelles et le Figaro ont complètement zappé ce sympathique bobo de gauche. En tout cas, je le conseille fortement à mon amie Julie Schittly

    Voilà, je ne suis pas Nathalie Crom mais je suis un fidèle de cet écrivain. Je dis ce que je pense et je pense ce que je dis. Et n'oubliez pas : “On doit se ranger du côté des opprimés en toute circonstance, même quand ils ont tort, sans pourtant perdre de vue qu'ils sont pétris de la même boue que leurs oppresseurs.” (E.Cioran)

    Shako

    lecture sur kindle, août 2020

    Parution : 20 août 2020

    Gallimard
    note 3.5/5

  • joies de l'écriture inclusive

    A la limite, je ne serais pas contre, si c'était assez simple, déjà pour que ça puisse être suffisamment compréhensible pour nos enfants mais lisez ce texto que j'ai reçu hier soir d'un café littéraire de Lorient où je suis inscrit :

    Bonjour a tou.t.es ! Je vous rappelle que ce soir, c lecture de poésie au commentksé. Venez heureu.se.x, venez nombreu.se.s !

    Passons sur le rappel du port du masque obligatoire (mais ça me surprend pas de la part de ces libertaires que je connais un peu), passons encore plus sur l'absence d'accent grave sur le "a" (mais peut-être que le a grave fait partie aussi des trucs à proscrire parce que étant grave, il a une connotation forcément masculine). Sinon, sur les adjectifs "heureu.se.x" et "nombreu.se.s", ça coule vraiment de source quoi. Comment n'y a-t-on pas pensé plus tôt !? nombreu.se.s pour nombreux ! Et ce qu'il y a de bien, c'est que pour réparer des centaines d'années d'injustice, on donne une prime à l'accord au féminin. Et par ailleurs où est passé le X de nombreux au pluriel ? Y'a plus ! Disparu ! Si on suit bien le côté inclusif du truc, nombreux a pour pluriel devient nombreu.se.s ! Je sais pas pourquoi mais heureux non. Pourquoi heureux ne devient pas heureu.se.s ? Je suis certain qu'il y a une raison mais je peux pas la chercher, là, j'ai un truc à faire. 

    C'est simple, dans l'inclusif à la mode écolo (je plains les mairies qui sont maintenant dirigées par ces bouffons), le X des adjectifs en X disparaît...mais pas tout le temps. 

    Il y a quelques années, sous Jack Lang à la Culture, on voulait reformer le Français pour qu'il soit plus simple à apprendre pour nos enfants et pour les étrangers...et bien, on y est là...sans décision gouvernementale. Sorti sans doute d'un thing tang écolo réuni au "comptoir du Caviar" place Vendôme. Le Champagne et le Saint-Emilion année 1987 ont dû couler à flots avant que de ce cénacle aboutisse cette ultime étape de la grammaire Française. 

    J'ai hâte de voir les tracts écolos lors de la prochaine élection présidentielle, élection d'ailleurs qu'ils pensent vraiment pouvoir gagner et j'aimerais aussi avoir l'avis de Françoiz Breut et de Julie Schittly quant à cette affaire. 

    Shako

     

  • Françoiz Breut, biographie déglinguée

    Françoiz Breut, nouvelle biographie.
     
    Françoiz Breut suit plus ou moins des cours à l'École des beaux-arts de Caen. Après un weekend passé à Dunkerque (comment peut-on rester plus longtemps dans cette ville), elle installe son baluchon en Bretagne à Nantes où elle se fait draguer, au début des années 1990, par le soi disant chanteur Dominique A qui deviendra hélas pour elle son compagnon.A-286841-1582331567-4903.jpeg.jpg
    En 1993, elle bâcle le livret de Si je connais Bambie, deuxième album de Dominique A, où elle apparaît vaguement au chant. Pour son grand malheur, c'est lui qui l'a persuadée de se mettre à la chanson et de l'accompagner sur scène et sur disque alors qu’elle aurait préféré continuer à faire des coloriages. Elle continue néanmoins le dessin et son travail de couturière, et les flics aux trousses, ils s’enfuient à Bruxelles. On n’a pas idée de quitter la Bretagne pour le pays de la frite et de la bière.
    Son premier album de chanson Françoiz Breut est d'inspiration communiste. Composé et réalisé en grande partie par son partenaire, il sort en 1997 et a un certain retentissement en Bolivie et en Burkina Faso. Elle est remarquée par des groupes et chanteurs américains comme Michael Jackson et Rolling Stones ainsi que ces texans racistes de Calexico (qui armés jusqu’aux dents reprennent Ma colère). En 1999, elle met au monde un fils, prénommé Youri, avec Dominique A qui plus tard deviendra cosmonaute.
    Un nouvel album voit le jour en l'automne 2000 : Vingt à trente mille jours, auquel collaborent entre autres Dominique A, Patrick Sébastien, François Valérie et Jean-Pierre Mader. Ce disque reçoit évidemment un très mauvais accueil de la critique et du public, et semble constituer le chant du cygne de sa médiocre carrière artistique.
    Elle continue en parallèle à gribouiller pour des disques et des livres pour les moutards, et à exposer dans des boucheries ce qu’elle appelle “des créations graphiques”. En 2002 et 2003, elle effectue des tournées en s’imposant chez des particuliers qui n’avaient rien demandé en France et au Vatican. En février 2004, elle fait une tournée en Corée du Nord.
    Contre vents et marées, Elle enregistre en 2004 à Bruxelles son troisième disque, Une Saison volée, sorti en mars 2005 et vendu à 1233.8 exemplaires.
    En novembre 2008, elle a un culot de sortir encore un nouvel album intitulé À l'aveuglette, qui porte bien son nom puisque c’est forcément en fermant les yeux qu’elle semble continuer à croire encore en son destin de chanteuse.
    En juin 2011, elle enregistre son 5e album après une tournée américaine (je me marre) et un travail de plus d'un an en compagnie de Stéphane Daubersy, un pauvre type qui se prend pour un guitariste. Cet album est sorti en France le 3 octobre 2012 sur le label Caramel Beurre Salé, un peu poivré avec une pincée de sel.
    Au printemps 2015, elle part enregistrer dans un zoo, Zoo, son 6eme album à Berloch, chez Loïc Le Tortorec, cheville ouvrière de lui-même. Le disque sort en mars 2016 chez Caramel Beurre Salé, un peu poivré avec une pincée de sel, un espèce de label belge et il sera défendu sur scène par la 11eme division blindée de Nancy sur Seine. Le disque sort à 10 heures 30 de je ne sais plus quel mois de 2016 toujours sur le machin au caramel.
    La biographie de Julie Schittly est à l'avenant. 
     
    Wiki/Shako
     

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  • recensement des cabines # 87 - Saint-Jacut-les-Pins (Morbihan)

    Le souffle est largement retombé mais il faut bien que j'écoule les stocks. Reprenons pour la 51éme fois les chemins du Morbihan. J'ai visité Saint-Jacut-Les-Pins le 29 octobre 2016. Reportage photos simplement. Car je veux retrouver de la simplicité. 

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    Le 29.10.2016, il y avait encore deux cabines dans le bourg morbihannais de Saint-Jacut-les-Pins (je répète le nom pour google). La première abritait un téléphone dont le numéro d'appel était le 02 99 91 36 68.  La seconde presque collée à la mairie abritait un semblable téléphone répondant au numéro 02 99 91 32 53. Avoue Julie qu'on ne peut pas faire plus simple. 

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    Avec Loïc Le Tortorec devant

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    Avec Paletot et sale tronche:

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    Abribus avec logo Groupama. 

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    Cours de Qigong. Appeler le 06 22 49 06 71

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    Plan large :

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    Jeu de mots :

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    Au revoir :

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    Loïc LT 

  • CR316 : la chambre des époux - Eric Reinhardt

    la chambre des époux.jpgJ'adore Eric Reinhardt autant qu'il m'agace mais l'éblouissant Cendrillon sorti en 2007 (à propos duquel il dit qu'il ne pourra jamais rien écrire de mieux) fait que je lui excuse beaucoup de choses. Et avouons que cet écrivain secoue un peu le doux ronronnement de la littérature française d'aujourd'hui de part l'ambition de ses romans, leurs constructions et les thèmes toujours très proches de l'actualité qu'il y développe. 

    Figurez-vous la chambre des époux. Il évoque dès le début un roman qu'il aimerait écrire qui s’appellerait une seule fleur mais qu'il ne va pas écrire car il a d'autres projets. Faute de l'écrire, il nous en explique la trame...qui constitue quasiment tout le roman la chambre des époux ! Plutôt cocasse comme "dispositif" comme il dirait. ER s'amuse volontairement avec les codes romanesques et avec ses lecteurs. C'est un fait que l'écrivain n'est pas un amateur du récit banalement chronologique et qu'il profite des libertés qu'offre l'art romanesque quitte à dérouter et à provoquer des mises en abyme vertigineuses (et pardon si c'est un pléonasme). L'autre  caractéristique des romans de ER est toujours se mettre en scène (à part peut-être dans le système Victoria, j'ai un doute), faisant donc de l'autofiction dans ce qu'elle a de plus noble. Il y a donc une base de vrai et ensuite on ne sait plus trop. Ce qui est vrai dans ce récit, c'est que l'écrivain a appris le cancer du sein de sa femme Margot alors qu'il était loin d'en avoir fini avec Cendrillon, que Margot a survécu à ce cancer. Après ce ne sont que conjectures mais ce qui fait 80% de la chambre des époux, c'est à dire une période de la vie de son fils (ou pas) Nicolas (compositeur et chef d'orchestre de génie...) constitue de la pure fiction, c'est justement ce une seule fleur qu'il ne veut pas écrire. Donc, il écrit un roman qu'il n'écrira jamais !

    Le cancer est omniprésent dans ce roman mais il est narré comme un drame autant que comme une bénédiction. C'est la cancer qui donne à l'auteur la force de finir Cendrillon  et c'est le cancer de Marie qui va pousser Nicolas  à se rapprocher d'elle et lui écrire un requiem ( évidemment plus beau que celui de Fauré ou de Dvořák...mais pas celui de Mozart) au risque de briser son propre couple mais il joue franc jeu annonçant à sa femme Mathilde qu'il va la quitter provisoirement pour aller au chevet d'une mourante. 

    J'ai le sentiment que Eric Reinhardt a voulu exorciser par l'écrit ce drame qui l'a touché de près. Alors sans doute, il en fait trop, trop de superlatifs, trop de tout mais en dehors de cet aspect, on ne lui enlèvera pas cette énergie romanesque qu'il parvient à insuffler à ses romans. 

    Des citations, je pourrais vous en mettre plein mais moi qui adore le pot-au-feu, je veux juste vous restituer ce passage parce que je veux parler du pot-au-feu (que ma femme m'a promis de refaire très vite, je regarderai comment elle fait cette fois-ci et je l'aiderai) :

    La savoureuse odeur d'un pot-au-feu cuisiné par Mathilde et mijotant doucement dans sa marmite voluptueuse et argentée embaume l'appartement. C'est plat préféré de Nicolas [...] et c'est lui-même qui le matin, au marché, a fait part  à Mathilde de son envie de pot-au-feu. 

    lecture sur liseuse Kindle en septembre 2017,  Editions Gallimard , parution août 2017. note : 4 / 5

    Loïc LT

  • CR315 : sur les chemins noirs - Sylvain Tesson

    sur les chemins noirs.jpgTout le monde s'imagine seul avec son baluchon tel Rimbaud sur les routes ardennaises (Mon unique culotte avait un large trou. - Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course, Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse. - Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou... ), avec quoi dedans,en tout cas sans thunes et personne qui ne t'attend nulle part. Et bien, si c'était le cas pour moi, je ferais le trajet ouest-est en longeant la Loire et en rejoignant Paris à la confluence de la Seine et de la Marne et je rejoindrai l'est, sans forcément suivre le cours de la Marne comme JP Kauffmann mais en prenant des chemins noirs ainsi que les appelle Sylvain Tesson qui dans se récit relate sa marche initiatique des Alpes vers le Cotentin. 

    L'idée est d'éviter autant que faire ce peut la civilisation (les routes, les métropoles...), ce qui l'appelle donc les chemins noirs, qui correspondent pour moi aux routes jaunes (c'est ainsi que jadis on nommait une route non bitumée située deux cent mètres devant la maison familiale et qui  servait juste à faire passer les tracteurs et les vaches, routes qu l'administration appelle des chemins d'exploitation). Son intention est de retrouver de l'authenticité deux ans après avoir fait l'imbécile en tentant d'escalader le mur de la maison d'un ami après avoir pris un coup de pied de barrique. Dans son périple, il dort soit à la belle étoile, soit sous sa tente Quechua, rencontre des paysans d'un autre temps et des âmes égarées, s'arrête dans des cafés de campagne pour boire de l'eau. 

    Entre deux bois, je lançais mes cris d'amour aux vaches et obtenais un parfois un long "meuh" en réponse. A Saint-Sévère, je lus la presse dans un soleil huileux. Les nouvelles du monde  n'étaient pas pire que d'habitude. Après tout, quand Attila avait débarqué avec des Huns sur les rives de la Loire, la situation n'avait pas dû être plus enviable qu'aujourd'hui.

    Et à Ardentes, au bord de l'Indre, il se demande :

    Les rivières ont-elles la nostalgie des sources ? 

    Alors qu'en même temps, Julien Doré surenchérit dans mon écho  " où vont le silence des rivières ? ", question que je ne comprends pas car une rivière est rarement silencieuse.

    Sylvain Tesson, le visage déformé par l'accident, prend plaisir à passer ses nuits à la belle étoile. " Le bivouac est un luxe qui rend difficilement supportables, plus tard les nuits dans les palaces". 

    A la fin du périple :

    Toute longue marche a ses airs de salut. On se met en route, on avance en cherchant des perspectives dans les ronces, on évite un village, on trouve un abri pour la nuit, on se rembourse en rêves des tristesses du jour. On élit domicile dans la forêt, on s'endort bercé par les chevêches, on repart un matin électrisé par la folie des herbes hautes, on croises des chevaux. On rencontre des paysans muets.

    Et pour finir

    La France changeait d'aspect, la campagne de visage, les villes de forme et la marée montait autour de notre tente, demain il s'agirait de ne pas traîner. Une seule chose était acquise, on pouvait encore partir droit devant soi et battre la nature. Il y avait encore des vallons où s'engouffrer le jour sans personne pour indiquer la direction à prendre et on pouvait couronner ces heures de plein vent des nuits dans des replis grandioses. 

    Il fallait les chercher, il existait des interstices.

    Il demeurait des chemins noirs.

    De quoi se plaindre ?

     

    Ce récit me fait penser un peu aux expériences de François Maspero ( les passagers de Roissy Express), aux travaux de Raymond Depardon et évidemment au périple de Jean-Paul Kauffmann le long de la Marne...et puis aussi à l'essai de Philippe Vasset cherchant à Paris des zones blanches, autant d'auteurs que j'ai évoqués sur ce blog pour le meilleur ou pour le pire (je parle de moi).

    lecture sur liseuse Kindle en septembre 2017,  Editions Gallimard , parution octobre 2016. note : 4 / 5

    Loïc LT

     

  • recensement des cabines # 84 - Marais-Vernier (Eure)

    Je ne vous oublie pas, chers amateurs de cabines téléphoniques. Et d'ailleurs pour m'excuser de vous avoir faire attendre si longtemps, petit cadeau ( spéciale dédicace à Julie Schittly).

                 

    Pour cette 84ème chronique cabine, je vous emmène au Marais-Vernier, bourg que j'ai visité le même jour que Triqueville, c'est à dire le 16 avril 2017. Pour vous aider, sachez qu'il se situe au nord de Bouquelon, à l'ouest de Saint-Aubin-Sur-Quillebeuf et à l'est de Saint-Samson-de-la-Roque. 

    Lorsque je suis arrivé, j'ai été impressionné par le nombre de carrioles garées un peu n'importe comment . Était-ce jour de pardon ? Ou bien étaient-ce les vêpres ? Mais non, les vêpres ont lieu plutôt l'après-midi. Mais point de tout cela, le cœur du village accueillait une foire aux plantes, l'une des vingt plus grandes foires aux plantes du canton de Bourg-Achard. 

    Je me suis garé tant bien que mal devant le portail d'entrée d'un particulier sur lequel il est inscrit "interdit de stationner", mais je dispose d'une dérogation en tant que recenseur de cabine. C'est ça qui est bien. 

    Ensuite, j'ai flâné dans le bourg à la recherche du Graal tout en admirant ce village typiquement normand :

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    Ah non, zut, je me suis trompé ! J'ai posté une vieille chaumière bretonne qui se trouve du côté de Saint-Jean-Brévelay. Etant breton, ce genre de maison me laisse de marbre mais je suis certain que certains lui trouvent du charme, ne serait-ce que pour son toit fait de tôles rouillées. Bon, revenons au Marais Vernier dont les chaumières ont quand même une autre allure :

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    J'ai fait le tour du bourg, je suis passé par la foire aux plantes mais je n'ai pas vu de cabines. Je partais lorsque je croise un jeune et je lui demande s'il y a une cabine téléphonique dans le village et il me répond gentiment que oui "elle est là-bas, derrière une boutique de la foire aux plantes". J'ai remercié cette racaille aimable et courtois et suis revenu sur mes pas. 

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    L'intérieur de la cabine est guère engageant mais tout fonctionne à merveille. Orange a opté pour la modernité. Pour l'utiliser, il faut sortir un appareil que certains appellent "smartphone" de sa poche et composer le numéro souhaité. Il n'y a même pas besoin de payer sur l'instant, c'est prélevé en fin de mois. T'as différents types de forfait et puis tu peux même "surfer sur le net" comme disent les jeunes. Et cerise sur le gâteau, on peut sortir de la cabine et continuer à téléphoner à l'aide de ce petit boitier. D'ailleurs, je ne suis même pas certain qu'il est utile de rentrer dans la cabine. 

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    Fier de ma découverte, je suis resté un peu sur le marché où  j'ai acheté des graines de pissenlits et de liserons. Un type vendait des taupes vivantes. Si j'en achetais deux, j'avais la troisième gratuite. Trop bien. Ça tombait bien, la terre de mon jardin avait besoin d'être aéré en sous-sol et c'est bien le rôle de ces gentilles bêtes qui en plus de creuser des galeries sous-terre nous offrent de la terre gratuite qui forment ce qu'on appelle des taupinières. Il n'y a que se servir pour rempoter ou pour boucher des trous.  

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    J'ai quitté les lieux et j'ai marché vers la périphérie et suis tombé sur le garage Marie. Dommage que ma 4L n'avait pas de soucis d'échappement car il y avait une " opération spéciale échappement". 

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    j'ai quitté Marais Vernier après ne pas avoir pris un verre ni avoir fait mon plein. 

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    visite le dimanche 16 avril 2017 en matinée.  Maire  : William Calmesnil . Canton de Bourg-Achard en Normandie. 504 Maraiquais fans de la poésie de Arun Kolatkar. Cabine téléphonique, modèle de Paris, utilisant une technologie moderne utilisable à distance. 

    Loïc LT 

  • CR314 : une vie française - Jean-Paul Dubois

    une vie française, Jean-Paul DuboisJean-Paul Dubois est fan de l’auteur américain Philip Roth (qui n’a jamais obtenu le Nobel de littérature ce qui est scandale quand on sait que le chansonnier de bazar, Bob Dylan l’a obtenu) et cela se ressent dans ce roman (qui est sans doute un peu autobiographique).

    Le parti pris de l’auteur a été d’associer la vie de ses protagonistes à celle de la vie politique française. D’ailleurs, les chapitres sont découpés en ce sens. On part de Gaulle pour finir en cour de mandat de Jacques Chirac. Tout commence au lendemain de la guerre à Toulouse. Le narrateur, Paul Blick est le fils d’un garagiste concessionnaire Simca et d’une mère corrigeant des articles de presse.

    Ensuite, bien que modeste et désabusé , Paul vit mille et une vies. Un temps rockeur, un temps journaliste, un temps photographe etc etc, sa vie suit le cours de l’histoire. Pleinement acteur des événements de mai 68 et donc ultra gauchiste dans l’âme, comme beaucoup dans son cas, il se voit rattrapé par la vie réelle au point de vivre après plusieurs liaisons avec une fille patronne inflexible d’une boite vendant des piscines à l'international. Par ailleurs, en sa qualité de photographe, il publie deux livres à succès sur le thème des arbres qui le mettent à l’abri de tout souci financier.

    Mais tout ce qui brille n’est pas or. Paul a du mal à se jeter dans ce monde ultralibéral à mille lieux de ses idéaux. Il trompe sa femme, Anna, comme il apprendra sur la fin qu’elle le trompait aussi et n’avait que faire de ses piscines.

    Finalement, tout part à vau l’eau (décidément, je n’ai pas de chance avec mes romans d’été). Après la mort accidentelle de sa femme, il est au bord de la banqueroute devant payer les dette laissées par son épouse. A la fin, il finit jardinier à son compte (après avoir été un vendeur de best sellers).

    On sent bien la patte de Phillip Roth dans ce roman mêlant la grande et la petite histoire. Son seul défaut est de manquer de crédibilité. Songez par exemple que Paul, non seulement devient millionnaire après avoir photographié des arbres (ce qui enlève au héros son côté français moyen) mais en plus il reçoit un coup de fil de Mitterrand lui demandant une série de photos ce qu'il refuse par idéologie. Ça en fait trop pour en faire un roman du genre “règne animal”. A l’actif, c’est un beau panorama de notre société de l’après-guerre jusqu’aux années Chirac et surtout rappelle le sérieux retournement de veste comme beaucoup de soixante huitards, d’un mec qui finalement accepte de plonger corps et âme dans le bain du libéralisme tout en étant conscient de ce rétropédalage.

    Le drame pour le narrateur, c’est que dans cet univers économique impitoyable où la famille pourrait servir un peu de garde-fous, il n’y trouve que conflits politiques (avec ses parents dans un premier temps) et avec Anna, ouvertement de droite mais dont la fin funèbre fait semer le doute.

    Des drames, de l’adultère, de la politique, le train-train quotidien (mais tumultueux souvent)...Jean-Paul Dubois fait évidemment du Philip Roth à la française dans un style simple et chronologique. Ce roman qui a reçu plusieurs prix (Fémina et Fnac) date de 2004 et nous replonge sans nostalgie dans la deuxième partie du XXème siècle avec ses francs et ses petits garages au coin de la rue.

    lecture : juillet 2017, éditions de l’Olivier, parution 2004. note : 4 / 5 (oui j’en ai marre de mettre de 4.5/5)

    Loïc LT 

  • CR313 : règne animal - Jean-Baptiste Del Amo

    règne animal.jpgComme ce blog est fermé, j’ai écrit ce que je pensais de ce bouquin sur Facebook mais il existe encore des réfractaires à ce réseau social. Ceux qui sont contre Facebook savent son côté pratique mais leur opposition est avant tout idéologique. On dit qu’on n’est pas sur Facebook comme on dit qu’on n’a pas la télé. C'est trop mainstream. Comparaison ne vaut pas raison mais quand tu veux traverser la France en voiture, tu as le choix entre prendre les autoroutes ou prendre les autres routes. Si t’es pressé et que t’a pas envie d’observer le paysage, tu prends les autoroutes. Par contre, si tu as tout ton temps, c’est mieux de prendre les petites routes, de traverser les petits bourgs, d’emprunter les voies cernées par les champs de  vigne ou de tournesol. Et bien Facebook, c’est l’autoroute, aires de repos comprises.

    Voilà qui est dit, qui est hors-sujet et donc injuste à l'égard de ce  roman de Jean-Baptiste Del Amo qui est une totale réussite. Auréolé du prix livre Inter 2017 (y’a des prix de merde mais pas chez Radio France), il m’a été conseillé par une libraire de Vallon Pont d’Arc, ville située non loin de la grotte Chauvet dont ma famille a visité la réplique mais pas moi parce que je fais mon museau de cochon quand il s’agit de réplique, copie parfaite soit-elle. On en fait trop pour protéger les grottes ornées d’autant que visites humaines ou pas, elles sont promises à la disparition, comme toute chose.

    Mais je m’égare encore. “Règne animal” raconte l’histoire d’une exploitation agricole (qui deviendra exclusivement porcine, d'où le museau de cochon ah ah ah -) tout au long du XXème siècle avec cependant un grand bon en avant puisqu’on passe des années 20 au début des années 80 d’un chapitre à l’autre. Ce grand écart est cependant bien géré par l’auteur qui revient sur l’entre deux régulièrement. Ce roman est avant tout naturaliste et donc un peu une version moderne de “la Terre” de Zola. Comme le stipule le titre, l’animal règne, l’homme en est tributaire au point d’en prendre les habitudes (saleté, sexualité, instinct primitif…). Du Zola aussi parce que la famille dont il est question et qui habite près du bourg de Puy-Larroque (qui n’existe pas mais qui semble se situer plutôt vers le sud, en tout cas loin de Triqueville dans l'Eure) et dont le récit couvre 5 générations, porte en elle les gènes de la folie et accessoirement de l’alcoolisme dont certains échapperont et d’autres moins tout en devenant fous quand même lorsque l’un revient défiguré de la Grande Guerre et d’autres sont complètement dépassés par l’élevage de porcs hors-sol vus l'impératif de rentabilité et les contraintes sanitaires qu'il nécessite. Autre trait de caractère de cette famille : l'absence de sentiments. Les hommes copulent et  crèvent comme copulent et crèvent les cochons. 

    C'est avant tout le roman d’un effondrement. A la fin, il ne reste rien. Je ne vais pas rentrer dans les détails (en parlant de détail, le roman est très cru, et on a l’impression de sentir le cochon en quittant le livre) mais il reste juste un enfant (et son arrière-grand-mère, fil conducteur de l'ensemble un peu comme la centenaire Adélaïde Fouque dans les Rougon-Macquart), le dernier de la lignée dont on sait ce qu’il peut devenir, seul rescapé de la fuite en avant dans laquelle s’est engouffrée sa famille. Si on rajoute les ravages du cancer, de l'illettrisme, on dispose d’une belle palette de la misère humaine.

    En tout cas, je ne sais pas qui est cet auteur mais il décrit cet élevage de porcs avec une telle précision et un tel sens du détail qu’on se demande s’il n’a pas passé 3 ans dans une porcherie avant de commencer à écrire. Ou il est du milieu mais j’en doute.

    Alors, comme je le dis (trop) souvent, âmes sensibles s’abstenir. Une chose est certaine, Jean-Baptiste Del Amo, s’il garde cette verve et cette envie de décrire l’humanité sans cacher ce qu’elle a de plus sombre (même en se cantonnant  à la France) est promis à un grand avenir.  Je le conseille fortement à mon amie Julie Schittly.  

    lecture : juillet 2017,  édition Gallimard, 419 pages, parution : 2017, note 4.5/5

    Loïc LT

    ps : corrections à venir