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  • démantèlement des cabines # 2 Camors (Morbihan 56)

    En cette fin d'après-midi maussade et brumeuse, je rentre de Pluvigner, "gros" bourg situé à 5 kms de Camors mais où je n'avais encore pas faire de reportage-cabine (c'est chose faite et le compte-rendu est en cours de réflexion), et pour rentrer chez moi, il me faut traverser Camors (mon fief) et mécaniquement je tourne la tête vers l'endroit où se situent les cabines téléphoniques mitoyennes et je ne les vois pas mais comme je suis sur la route principale et que lesdites cabines se trouvent à 100 mètres de la route, je ne suis pas certain alors je tourne à droite et vais voir sur place. Comme de fait, CAMORS NE DISPOSE PLUS DE CABINE TELEPHONIQUE ! 

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    Avant :

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    L'expulsion dans l'espace est assez récente car j'ai vu les cabines il y a 15 jours. Toujours est-il que coïncidence ou pas, la disparition des cabines coïncide avec la mise en place d'une borne de recharche pour voitures électriques, située à 100 mètres de là. 

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    Il m'est d'avis que si les cabines n'étaient plus guère utilisées (ne fonctionnant pas déjà), cette borne ne connaîtra pas pour ces premiers mois d'existence plus de succès, pas une voiture électrique ne circulant à Camors. Seul Beauchamp possède une Zoé mais je ne pense pas qu'il se cache si près de chez moi. Toujours est-il que ces travaux qui se sont faits dans mon dos sont symboliquement bien pensés...Peut-être que le même jour, on a expulsé les cabines et on a installé une borne de recharge. Je ne sais pas quand aura lieu l'inauguration de cette dernière, ni la cérémonie en mémoires des cabines. Le futur bulletin municipal devrait nous informer de tout ça. 

    Je ne suis pas resté traîner dans le bourg. Les deux seuls bars encore ouverts étaient fermés et les bars ayant déposé le bilan étaient encore plus fermés. Camors faisait la grimace sans doute à cause de l'expulsion inattendue voire impromptue des appareils des PTT. 

    Camors

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    Je dédie cette note triste à Appoline (une fois de plus) dont c'est aujourd'hui l'anniversaire et qui fut peut-être l'une des dernières utilisatrices desdites cabines.

    Loïc LT 

  • le chanteur

    Dans les années 80, on ne réalisait évidemment pas qu'on était dans une période qui allait marquer de façon singulière l'histoire de la pop music, on ne se demandait pas ce qui resterait de ces années 30 ans plus tard, les enfants et les ados encore moins les adultes. 30 ans plus tard, l'expression "les années 80" parle à tout le monde, surtout dans le domaine musical. Aujourd'hui comme il y a 10 ans, les jeunes s'éclatent sur les tubes de ces années, avec un peu d'ironie et de second degré. On écoute les partenaires particuliers ou Début de Soirée les soirées de fête, on connait les textes pas cœur mais on ne les aime pas au point d'en écouter chez soi le soir lorsque le chat dort près de la cheminée. 

    Comme de fait, ces années marquent un tournant, elles sont un pont entre les années 70, c'est à dire pour schématiser les années disco et les années 90 où tout part dans tous les sens que ce soit au niveau de la variété, de la pop, du rock et de l'électro avec quand même un point commun : les chansons aussi nulles soient-elles sont plus sophistiquées car l'ordinateur participe à leur création. Elles confirment ce que les années 70 avaient initié : le synthétiseur et l'ordinateur deviennent des éléments essentiels qui permettent ce qui était jusque là impossible. 

    Globalement donc, les années 80 ont vu se succéder des tubes fabriqués tous un peu de la même façon : une mélodie entêtante (seul élément où l'humain devait encore faire preuve de créativité), des synthétiseurs, une boite à rythme et accessoirement pour la caution acoustique, le saxo. Le texte passe au second plan. 

    Etienne Daho fait partie des artistes qui ont commencé dans les années 80 utilisant les recettes décrites ci-dessus. Il était un parmi tant d'autres, ni mieux, ni pire. Dans ces années , le nez dans le guidon, on ne réalisait pas que la plupart des chanteurs et groupes de cette décennie n'avaient pas plus d'avenir qu'un ou deux tubes. La décennie suivante a décimé la plupart des "stars" de la précédente. Au début des années 90, il y a eu la période "dance music" et plus étouffée pour le grand public, la techno, cette musique bizarre sur laquelle dansaient des jeunes dans des champs ou des entrepôts désaffectés. Les années 80 étaient derrière nous et Etienne Daho fait partie de ces quelques chanteurs qui ont réussi à en survivre. En 1991, il sort l'album Paris Ailleurs qui engendre 5 tubes (des attractions désastre, saudade, comme un igloo, les voyages immobiles, un homme à la mer). Ensuite, il se fait plus discret et puis revient en 1996 avec Eden, un album presque concept, une sorte d'ovni nimbée d'électro, un album qui fait moins de tubes que le précédent mais qui confirme qu'il faudra continuer à compter avec lui. A cette époque, je ne suivais pas sa carrière. Il ne me dérangeait pas mais ne m'enthousiasmait pas non plus. Mais je crois quand même que c'est avec Eden que j'ai commencé à me dire qu'il fallait peut-être que je lui porte une oreille plus attentive. 

    Le premier album de Daho que j'ai acheté est un best-of, intitulé singles, sorti en 1998, avec comme couverture une photo sur laquelle on le voit courir sur une piste d'aéroport devançant un avion qui décolle (ou qui atterrit). Je ne me souviens plus de la motivation de cet achat mais je pense que cette magnifique photo n'y est pas pour rien et puis sur le fond, je commençais à vraiment apprécier ce chanteur, survivant des années 80 et qui continuait à poursuivre une carrière (loin de la dahomania des années 80) cohérente et le tout avec élégance et discrétion. Quand il a sorti Eden, j'étais persuadé qu'il allait ensuite continuer à creuser le sillon électro mais c'était mal connaitre le "rennais". Corps et Armes sorti en 2000 reste à mon avis son meilleur album mais c'est un album avant tout pop et symphonique. La plupart des fans de Daho mettent cet album au dessus de tous. Je ne vais pas rentrer dans les détails mais me concernant, cet album est sorti à un moment où ma vie a pris une sorte de virage et sa qualité mêlée à ces circonstances font que Corps et Armes reste pour moi un album à part. 

    Dans les années 2000, Daho continue son bonhomme de chemin. Ce n'est plus un faiseur de tubes (d'ailleurs Corps et Armes n'en contient pas même si un titre comme ouverture n'est pas passé inaperçu et gagne en popularité avec les années) mais il garde un public fidèle. Personnellement je suis allé le voir deux fois en concert et j'ai découvert une bête de scène, un puriste qui ne laisse rien au hasard mais qui laisse quand même place au hasard. Daho l'assume : il aime que les choses soient bien faîtes et il aime ce qui est beau. L'esthétique compte beaucoup chez lui. Les années passent et il continue à sortir des albums toujours très introspectifs, travaillés et raffinés. Le dernier date de 2013 et s'intitule les chansons de l'innocence retrouvée. Ce n'est pas mon préféré mais il contient 3 ou 4 titres que j'écoute régulièrement. 

    En 2015, des médias ( Arte par exemple qui a fait un reportage sur le chanteur) ont commencé à considérer que plus qu'un dandy pop sans voix, Daho était en fait un monument de la chanson française. Sans rien faire mais grâce à des années de travail et de rigueur, Daho est devenu l'égal des grands. Je sais que beaucoup de gens sont indifférents au personnage et à ses chansons presque trop ciselées mais à 60 ans et plus jeune que jamais et quoi qu'il fasse désormais, Etienne n'a plus rien à prouver. Le passé l'a confirmé, l'avenir est devant lui.

    Loïc LT

  • recensement des cabines # 37 Le Croisty (Morbihan 56)

    En ce 02 janvier 2016, après avoir quitté Saint-Caradec-Trégomel, je file vers le terminus de ce périple insensé qui ne restera pas dans l'histoire de l'humanité. Le bourg terminal s'intitule Le Croisty et je sais qu'il dispose d'une cabine (enfin, juste un combiné public) puisqu'un compatriote habitant les lieux m'avait envoyé il y a quelques mois la chose en MMS. J'ai profité de cette incursion dans ce village improbable pour prendre rendez-vous avec ledit compatriote. Arrivé sur zone, je l'appelle et il m'informe qu'il rentre de Pontivy où il est allé acheter un paletot en laine sans manches. 

    Je l'attends donc dans au bar La Source où je commande une bière. Tout en la dégustant, une inquiétude me taraude : après avoir garé ma Talbot, je me suis rendu à l'endroit où se trouvait le mobiphone sur la photo mais il n'y était plus. Une fois de plus donc, Orange me devance, l'objet ayant sans doute été expulsé dans la stratosphère en pleine nuit pour ne pas inquiéter les habitants. 

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    Je regardais par la vitrine la nuit tomber sur le bourg. Dans le bar, quelques contribuables buvaient de l'eau et un chat dormait sur des prospectus intéressants. 

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    Mon ami, camarade syndiqué anarchiste de droite dans le genre zadiste m'a rejoint et j'ai fini la soirée chez lui où il m'a confectionné une quiche pensant pouvoir m'égaler dans ce domaine. Sa quiche sans lardon était très bonne mais je me passerais de faire toute comparaison. 

    Concernant la cabine, ne retrouvant pas le MMS, j'ai dû faire appel aux services de GoogleMaps qui a le privilège d'avoir quelques années ou mois de retard. Comme de fait, le mobiphone est bien présent sur le site. On le distingue coincé entre deux panneaux d'affichage sur le pignon d'une taverne au nom breton. 

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    Avant de rentrer dans le bar, j'avais quand même un petit tour de ce village armoricain peuplé de 742 croistyates. Mais comme pour les autres, j'ai fait du fast-report mais j'étais anémié et je me suis même demandé si tout ça avait un sens. La mairie ne ressemble à rien, a dû être construite dans les années 70 et gâche un peu l'harmonie minérale du Croisty. Contrairement à beaucoup de mairies, un seul drapeau orne l'entrée, l'européen et le Gwenn Ha Du étant absents. 

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    Le maire du Croisty, Bruno Lavarec est sans étiquettes, c'est à dire qu'à chaque fois qu'il achète un vêtement, il retire toutes les étiquettes. Par ailleurs, il tient la boulangerie de la trève du Croisty, une bien belle boulangerie devant laquelle était hélas garée un 4X4 électrique. 

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    Je suis toujours attiré par ses vieux panneaux de signalisation qui sont restés en place, car comme de fait, ils indiquent toujours la bonne direction car même si le temps passe, un bourg qui se situait à l'ouest se situe toujours à l'ouest. Le temps ne change pas l'emplacement des villages.  On notera la présence de Guémené que j'ai visité, de Rostrenen (Finistère) et de Saint-Tugdual  où j'ai l'intention d'aller le 30 février (et oui 2016 est bissextile). 

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    Je me n'excuse pas du flou des photos. La nuit tombait sur le village et je n'ai que cet extrait de l'église Saint-Jean-Baptiste à vous montrer. Je ne sais pas si elle peut accueillir 742 personnes et si des chauve-souris y ont trouvé refuge. Je n'avais plus le temps de poser de questions. 

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    Ce restaurant sans nom ne paye pas de mine et je soupçonne même qu'il soit fermé. Encore un endroit où Beauchamp peut trouver refuge. Je ne comprends pas pourquoi les gens recherchés ne pensent pas à ce centre Bretagne qui compte des milliers de commerces et de maisons délabrés dans lesquels personne n'a mis les pieds depuis le dernier succès de Thierry Pastor. Ce sont  franchement des planques idéales. 

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    Je ne suis pas exhaustif, c'est même un peu désolant pour une fin de parcours. Le bouquet final se termine en queue de poisson.  Mon appareil photo était fatigué et moi aussi. Heureusement qu'ensuite j'ai passé une agréable soirée avec mes amis libéraux. Adieu Le Croisty, au revoir le 02 janvier 2016. Je repartirai en vadrouille en cette année prometteuse vers d'autres bourgs encore plus paumés...si si, ça existe. 

    Le Croisty (56540), Morbihan, 742 croistyates,,  maire : Bruno Lavarec, reportage réalisé le 02 janvier 2016. temps doux et suspendu. 

    Loïc LT