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  • recensement des cabines # 38 Saint-Nicolas, Languidic (Morbihan 56)

    Saint-Nicolas est un petit village qui se situe sur la commune de Languidic, la commune où j'ai grandi. J'habitais à 2 kms de ce village ( à Berloch )et je m'y rendais assez régulièrement pour diverses raisons. Il y avait le pardon déjà (il y a 14 chapelles à Languidic), et puis j'avais mon tonton Alphonse qui y habitait (mais je n'allais pas le voir très souvent). C'est un village pittoresque, tout en pierre et les habitants font beaucoup d'effort pour faire en sorte que l'endroit reste agréable. Je reproche juste qu'on ait laissé des toits en tôles remplacer des toits en ardoises. Pour se rendre à Saint-Nicolas, si vous venez de Rennes ou de Paris, il faut quitter la RN24 au niveau de sortie "gare de Baud". Au stop, vous prenez à droite, vous traversez le village de kergonan puis celui de Lann Menhir et un kilomètre après, il faut prendre à droite au niveau de l'abribus et là, vous empruntez une petite route sinueuse mais bitumée et au bout de 1.5 kms, vous arrivez sur zone. Si vous arrivez à Berloch, c'est que vous êtes allés trop loin. 

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    Le village a la particularité de disposer d'une cabine au milieu d'une route, un petite route qui mène vers la chapelle. Des habitants ont fait toutes les démarches pour qu'elle soit déplacée voire même expulsée mais les PTT n'ont jamais répondu. C'est finalement devenu une attraction, et puis les voitures peuvent soit prendre une autre route soit serrer à gauche ou à droite pour éviter l'édicule. 

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    Jadis, le village était essentiellement peuplé d'agriculteurs mais aujourd'hui, je ne suis pas certain qu'il reste une seule ferme. Je connais quelques uns des habitants dont une voisine de Berloch avec qui j'ai beaucoup joué étant gamin. Et puis j'en connais d'autres aussi mais moins. Je ne m'y arrête plus souvent par contre, je passe souvent devant lorsque je vais voir mon père à Berloch. Une fois, je me suis arrêté chez mon ancienne voisine qui, avec son mari,  a rénové une magnifique longère (que je n'ai pas pris en photo) mais je n'avais pas eu le temps de finir ma bière car il fallait que je trouve un poste d'essence. 

    Voici le centre du village. C'est l'endroit où on monte les tréteaux le jour du pardon. Après la cérémonie, les gens boivent de l'eau et mangent du far breton que des volontaires ont confectionnés pieusement. Perso, j'adore le far mais sans pruneaux. Tant que les gens n'auront pas compris ça, je ne pourrai rien pour eux. 

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    Le village bénéficie d'un climat tempéré et les bambous y sont très à l'aise. Il fait partie de la république française (et à ce titre est sous le coup de l'état d'urgence) et ses habitants doivent se rendre à Languidic pour remplir leur devoir civique.

    Je distingue du pseudosasa japonica et en pot taillés au cordeau (je ne fais pas ça, moi), il doit s'agir de fargesia mais j'y mettrais pas une cabine à détruire. 

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    J'aurais dû prendre plus de photos mais on avait des cuisses de grenouilles au four et il fallait qu'on rentre. On s'est juste arrêté 5 minutes. J'en ai quand même pris quelques unes mais en tout cas, vous imaginez qu'en été, l'endroit a plus fière allure. 

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    Cette maison détonne un peu à côté des chaumières du village. Je crois que le jardin est beau et a été primé plusieurs fois.

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    En 2007, nous étions allé faire un tour au pardon et je me souviens que mes deux filles avaient fait sonner la cloche. Saint-Nicolas est le patron des enfants et il doit être fier de là où il est, de voir ses protégés faire sonner ses cloches. Ensuite, elles avaient joué à cache-cache et certains enfants de dieu s'étaient évidemment planqués dans la cabine. 

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    La chapelle est entourée d'hortensias qui avaient déjà perdu leur couleur. C'était une belle journée et les catholiques venus nombreux discutaient encore de la problématique de la cabine. Certains étaient pour qu'elle reste à sa place et d'autres pour qu'elle soit déplacée. Les anti-cabines mettaient l'accent sur le fait qu'il n'y avait plus de téléphone à l'intérieur. Les pros affirmaient qu'elle était bien pratique pour se mettre à l'abri de la pluie en rentrant du lavoir et quand on avait encore un peu à marcher. Le curé y avait mis son grain de sel affirmant qu'il ne fallait pas détruire ce que le seigneur avait laissé faire. Une minorité réclamait même qu'une seconde cabine soit installée dans la partie est du village.

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    village de Saint-Nicolas, commune de Languidic (56440), Morbihan, nombre d'habitants inconnu,  , reportage réalisé le 31 janvier 2016. temps doux et maussade. humeur : blagueur 

    Loïc LT 

  • CR293 : Sara - Joyce Cary

    Avant toute chose, une petite vidéo de présentation de l'ouvrage (vaguement ironique) :


    compte rendu de lecture,irlande,littérature,littérature irlandaise,joyce cary,romanVoilà encore un auteur que je ne suis pas peu fier d'avoir déniché derrière les fagots bien secs qui sont au fond de la grange où plus personne n'a mis les pieds depuis pépé. Imaginez, cet auteur n'a pas de fiche wikipedia et quand on tape Joyce Cary Sara sur Google, il n'y a pour ainsi dire pas de réponses et pourtant comme je le stipule dans l'intéressante vidéo, la quatrième couverture écrite par un certain Jean-Claude Zylberstein (éditeur et donc pas forcément objectif) décrit Sara comme un chef-d'oeuvre. 

    Pour l'anecdote et pour ceux qui auraient eu la flemme de visionner la vidéo intéressante, j'ai dégoté ce bouquin dans la cité mondiale du livre, Bécherel que j'ai déjà évoquée ici et où je cherchais des bouquins d'auteurs irlandais. Je n'avais par contre pas demandé à ce que l'action se passe forcément en Irlande et heureusement, parce que le choix aurait été limité. 

    L'action de Sara se situe au pays de Galle au  début du XXe, c'est à dire vers la fin de l'époque victorienne. Sara, une campagnarde un peu rustre évoque la période où cuisinière dans une maison bourgeoise (employant une armada de domestiques) située près du village de Bradnall-Ville (qui n'existe pas en vrai), se fait draguer  par Matt, l'un des enfants de la maison, un type timide et pas beau mais juste et attentionné. Pas vraiment amoureuse, elle se marie et devient la patronne des lieux lorsque la mère décède. Ce sont les jours heureux. La maison de Woodview devient un lieu prisé où se succèdent les fêtes et les collations. Sara procrée et rencontre M.Hickson, un homme riche habitant Londres mais ayant une demeure dans le coin. Matt qui était excessivement timide prend de l'assurance et devient une pointure locale. A ce titre, il décide d'orner le pan de la nouvelle mairie d'une fresque murale et M.Hickson propose à un peintre inconnu M.Jimson de s'acquitter de la tâche. Il débarque donc avec sa femme Nina, on leur trouve une petite maison et il se met trop lentement à l'ouvrage.

    Sara, plein de préjugés moraux et religieux, comme on imagine l'Angleterre de cette époque-là ne peut s'empêcher de vouloir plus de libertés. Elle part en escapades en voiture avec Hickson ce qui provoque la jalousie de Matt. Les années passent (on saute vite plusieurs années dans le roman), Matt, malade, meurt et Sara accepte de vivre avec Jimson, le peintre maudit qui a également perdu sa femme. La fresque murale devient de l'histoire ancienne, le style trop contemporain du peintre déroutant tout le monde et le couple quitte la ville pour d'autres horizons. Mais Jimson qui continue à peindre cahin-caha (et même Sara nue) la largue pour une jeune et jolie fille et Sara redevenue simple cuisinière trouve un emploi dans un manoir habité par un type pervers ayant une mauvaise réputation. Sara qui ne peut s'empêcher de continuer à voir Jimson l'aide financièrement en volant des objets chez son nouveau maître. Préalablement, elle avait également fait des chèques en bois pour payer les dettes de Jimson, ce qui lui vaut finalement d'être traduite en justice et emprisonnée pour quelques mois. Elle l'annonce d'ailleurs dès le début du roman sans expliquer la raison et on croit à un méfait bien pire que ces quelques broutilles.

    Le personnage de Sara s'avère ambigue. Malgré des préjugés moraux et un attachement sans faille aux valeurs chrétiennes, une force (ou serait-ce une faiblesse, c'est chacun qui voit) la font faire des choix qui la dépassent et qui sont à l'opposé de son caractère. En même temps que femme soumise, elle apparaît aussi comme une femme libre (l'auteur Joyce Cary est reconnu comme un ardent féministe). La vie de Sara est donc une succession de choix peu réfléchis mais qui montrent une femme qui ne veut pas rester figée dans une vie monotone comme toute campagnarde qui se respecte. 

    Alors, ce monologue est-il un chef d'oeuvre ? Si c'était le cas, ça se saurait. En tout cas, ça se lit comme du lait ribot, les chapitres sont courts et on va donc donner une bonne note à un roman introuvable et oublié dans les limbes de la littérature irlandaise. 

    lecture en janvier 2016, sur papier, collection 10/18 .auteur : Joyce Cary (1888-1957). traductrice : Yvonne Davet. 316 pages. parution en 1941 (1954 en France). note : 4/5

    Loïc LT 

  • Ouest-France s'en mêle aussi.

    Dans l'édition de Ouest-France d'aujourd'hui, deux pages sont consacrées à la disparition des cabines. L'une est un article plutôt bien renseigné en page Bretagne/Morbihan écrit par Julie Schittly et l'autre est une carte dans la page Gourin et son pays qui renseigne le lecteur de ce qu'il reste de cabines dans le nord-ouest du Morbihan (mon secteur de prédilection) et leur avenir. En dehors du fait que cette carte va beaucoup m'aider pour la suite des reportages, je note quand même deux erreurs : contrairement à ce qui est écrit il reste une cabine à Guémené-sur-Scorff et à Lignol (à moins qu'elles aient été enlevées depuis mon fameux périple du 02 janvier 2016, ce qui est peu probable). Voici donc la carte :

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    Le temps presse donc. Il faut que je fasse au plus vite l'extrême nord-ouest, à savoir, Gourin, Roudouallec, Guiscriff, et puis plus à l'est, Langoëlan, Locmalo, Saint-Tugdual, Priziac. Le tout le même jour me semble difficile, ce serait bâclé et il n'y a pas de raison que toutes les cabines sont expulsées dans l'espace dès le début de l'année. Je risque quand même d'avoir des déceptions et d'ailleurs, dans l'avenir, le fait que ce sera plus compliqué d'en trouver rendra ce recensement insensé encore plus jubilatoire ! 

    Loïc LT