Ma collection La Pléiade (en construction)
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recensement des cabines # 36 Saint-Caradec-Trégomel (Morbihan 56)
Lorsque j'ai écrit mon petit bouquin sur l'histoire de ma famille maternelle, j'ai appris que mon grand-père était né à Saint-Caradec-Trégomel. Personne n'a su m'expliquer pourquoi et beaucoup d'ailleurs sont sceptiques sur la chose. Cela reste le mystère d'Emile. C'est donc à lui que je pensais lorsqu'après avoir quitté Kernascléden poursuivi par une nuée de chauve-souris, je me rendais joyeusement et prudemment, donc vers le nord, à mi-chemin entre Kernascléden et Le Croisty, le terminus de ce périple fou.
Lorsque je suis arrivé sur zone, j'ai fait le tour du bourg mais je n'ai pas trouvé l'édicule motivant mon déplacement. J'étais un peu déçu parce que je voulais vraiment faire une note sur St-Ca. Et puis, tout à coup, n'y croyant plus et près à repartir avec mon désarroi, je tombe nez à nez non pas avec une cabine téléphonique mais un mobiphone public installé dans un abribus en pierre.
Bon, j'étais content et en même temps cette découverte inattendue m'obligeait à prendre quelques photos de ce bourg, copie conforme des précédents bourgs visités. Je ne suis pas sorti de ma Peugeot Talbot mais j'ai quand même réussi à choper le numéro de l'inespéré téléphone : 02 97 51 67 35.
Ensuite, j'ai fait mon petit tour à 20 à l'heure mais comme à Lignol, je n'ai croisé aucun caradocéen (nom des habitants). Saint-Ca contient son lot de commerces fermés comme on l'imagine :
Mais les pages jaunes indiquent qu'un certain Franck Hilaire tient un bar dans la commune mais ce n'est pas le bar de St-Ca puisque la rue ne correspond pas. Google ne ne donne aucune réponse concernant ce bar. Il doit être fermé. Le bar de Franck est ailleurs mais je ne l'ai pas vu et je n'ai pas insisté.
Ohé, les gens, vous êtes où ?
Et dans cette rue ? Personne non plus. J'ai peur. Allez savoir peut-être que Beauchamp que je recherche depuis tant d'années se cache dans une de ces maisons. C'est la planque idéale, me direz-vous.
Je ne me souviens plus si cette église aux belles proportions se situe au centre du bourg ou en périphérie. J'ignore son nom également. Il se pourrait que ce soit l'église Saint-Caradec datant du XVIIe. Le même site m'informe aussi qu'il exista deux Saint-Caradec dont l'un aurait rencontré le roi Arthur. D'autres chapelles sont disséminées sur le seigneurie de Saint-Caradec-Trégomel (dirigée de main de maître par la comtesse Maryannick Guiguen qui doit être très affairée à veiller à la bonne marche de l'état d'urgence. Pour le couvre-feu, c'est moins difficile, je me comprends -)
Je ne sais pas si j'ai autre chose à rajouter. Vous dire que tous les ans, a lieu sur le fief un festival qui s'appelle le festival des chevaliers de la Terre, preuve qu'il y a de la vie sur la commune.
Il est temps de partir. Je ne vois strictement rien d'autre à dire et je ne tiens pas à tomber en dépression après avoir fait trois fois le tour de ce bourg fantomatique encore marqué par le passage de Marion du faouët (deux de ses rejetons y sont même nés). Marion y commit quelques méfaits comme le pillage en 1751 des grains du grenier du château de Kermerien (un beau château d'ailleurs). Vous voyez qu'il y a toujours quelque chose à dire !
Mais quand même, adieu Saint-Caradec-Trégomel. En route pour Le Croisty !
Saint-Caradec-Trégomel (56540), Morbihan, 464 caradocéens, nombre de chauve-souris non recensé, maire : Maryannick Guiguen (étiquette UDF ? aucun chevalier ou troubadour n'a apporté la nouvelle que l'udf n'existe plus depuis 10 ans), reportage réalisé le 02 janvier 2016 en fin de journée. temps doux.
Loïc LT
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recensement des cabines # 35 Kernascléden (Morbihan 56)
Avant toute chose, je tiens à dédier cette note à ma soeur ainsi qu'à ma défunte grand-mère, ma soeur m'ayant dit que lorsqu'elle allait chercher notre grand-mère âgée de 92 ans dans la maison médicalisée de Lignol (elle souffrait d'alzheimer) pour partir en piste dans les environs, le bourg de Kernascléden était un passage obligé. Je n'ai pas trop compris pourquoi mais je tenais à le souligner.
Donc dans ce fameux périple du 02 janvier 2016, après avoir visité le fantomatique Lignol, me voici un peu plus au sud-ouest dans le bourg de Kernascléden où je l'avoue d'emblée, je ne suis pas resté 10 minutes. D'ailleurs, tout se mélange dans mon esprit. Heureusement que le lendemain, j'ai eu la bonne idée de classer les photos par bourg sinon je me serais perdu. Tous ces villages du centre Bretagne se ressemblent tant, par leur côté désert et par leur architecture.
Bon, Kernas possède une cabine également. C'est presque tout ce qui reste à ces misérables bourgs ! Je n'ai pas pris la peine d'aller voir si elle fonctionnait. Elle se situe dans un pignon entourée de lauriers qui doivent la cacher en été. Elle sera expulsée dans l'espace comme les autres. Dans quelques années, des milliers de cabines tourneront en orbite autour de la Terre. C'est quand même un merveilleux destin pour ces téléphones où des humains se sont échangés des propos de toutes sortes, des déclarations d'amour ou des propos haineux. Si on pouvait condenser dans un livre tout ce qui s'est dit dans les combinés des téléphones des cabines, on pourrait reconstituer une histoire de l'humanité originale.
Kernascléden est surtout connu (enfin un peu connu) pour son église Notre-Dame, datant du XVe siècle et classé monument hystérique depuis 1857. La famille de Rohan n'est pas étrangère à cette construction que l'on surnomme la chapelle au mille clochetons, parait-il. A ce que j'ai pu voir vite fait, c'est une église très chargée, il n'est pas un pan de mur sans une sculpture ou une fantaisie quelconque. Stop, j'ai dépassé mon quota de propos religieux.
Sinon, au risque de vous ennuyer, voici une rue de Kernascléden, copier-coller d'une rue de Lignol (que pas une voiture n'a traversé depuis mon départ).
Voici un joli puits en pierre. Carla va être contente ! Quand il n'y aura plus de cabines, pourquoi ne pas commencer un recensement de ces puits typiquement bretons. Au moins, eux, même s'ils sont devenus inutiles (le système de poulie n'existe plus sur la plupart de ces monuments) mais ils ne seront pas expulsés dans l'espace parce qu'ils sont lourds déjà et parce que les bretons y sont attachés car ils symbolisent une histoire pas si ancienne que ça, c'est à dire avant l'arrivée de l'eau courante dans les habitats qui doit dater de la première partie du XXe ou même plus tard pour certains trous du cul.
On peut se sustenter à Kernas dans cette crêperie où je n'ai pas pu m'empêcher de noter une faute d'orthographe sur l'enseigne (gâteaux breton). Pardon monsieur le crêpier, vous qui avez la bravoure de tenir un commerce en ce lieu, vous ne méritez pas qu'on chipote sur des détails. Longue vie à la crêperie Le Fournil et ces gâteaux breton !
En plus de manger des crêpes, le kernascléen peut, à défaut d'avoir accès à l'eau du puits s'abreuver au Charly's, un bar qui doit être tenu par des anglais ( à savoir : importante communauté anglaise dans le centre Bretagne).
Une photo de la terrasse trouvée sur le site du bar montre que l'on n'a pas à faire à un bar quelconque. On ne peut qu'être impressionné par le courage de ces tenanciers ayant acheté et rénové un commerce ici.

A droite de la photo, on distingue l'enseigne du musée de la chauve-souris, musée qui doit son existence au fait que l'église compte une importante colonie de chiroptères. En tout cas, une chose est sûre, l'église abrite plus de chauve-souris que de pèlerins même le jour du grand Pardon !
Je quitte Kernascléden à 16h10 et profite d'un magnifique coucher de soleil. Ce bourg ne fut pas si inintéressant que ça, dommage que je sois si pressé.
Adieu Kernascléden (ou alors, un petit restau en amoureux au Charly's envisageable ?). Direction Saint-Caradec-trégomel. On remonte vers le nord.
Kernascléden (56540), Morbihan, 460 kernascléens, 2300 chauve-souris, maire : Jean-Jacques Tromilin, reportage réalisé le 02 janvier 2016. temps doux.
Loïc LT
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recensement des cabines # 34 Lignol (Morbihan 56)
Après Guémené-sur-Scorff, je prends la direction de Lignol, soit 7 petits kilomètres qui ne me laissent pas le temps de me remettre de rien du tout. Je suis resté à Lignol tellement peu longtemps que j'en garde un souvenir diffus. En plus, c'est un bourg totalement neutre, je n'y ai pas vu âme qui vive. C'était comme un bourg fantôme. Le seul véhicule qui circulait était ma Peugeot. Malheureusement pour moi, parce que j'aurais bien aimé continué mon chemin sans m'arrêter, Lignol dispose d'une cabine. Elle ne fonctionne plus, n'a plus de combiné. L'objet est inutile et moche et devrait bientôt être expulsé dans l'espace selon un procédé dont seul Orange a le secret.
La voiture, au fond sur la gauche, c'est la mienne. S'il y a des gens qui vivent dans ce bourg, je devine que des rideaux ont du bouger afin de satisfaire une saine curiosité. C'est qui ce zigoto qui s'arrête pour prendre en photo une cabine qui ne fonctionne pas ?
Le bourg n'est pas sans charme à qui aime les vieilles pierres et les villages fantômes. De Lignol, on peut se rendre à plein d'endroits comme Guémené, Persquen, Ploerdut vers le nord, Bubry vers le sud-est. Je n'irais pas jusque dire que Lignol est en ce sens un point névralgique, ce n'est pas mon genre d'exagérer.
Cette photo aux belles proportions nous montre un ancien commerce disposant d'un balcon à côté du quel on distingue le bâtiment de ce qui était l'école des garçons comme indiqué sur le fronton.
Je ne me souviens plus s'il y a un commerce d'ouvert à Lignol. Je crois qu'il y a une sorte de boulangerie-supérette mais je l'ai pas trouvée, disons que je n'ai pas fait beaucoup d'effort non plus.
Je reviens sur ce que j'ai dit : le bistrot chez nous est ouvert (pas au moment où je suis passé) comme l'atteste son site internet qui met bien en valeur une bâtisse bien triste. Sur le site, on apprend que le restaurant est ouvert depuis janvier 2015 et que Chez Nous est un petit restaurant dans le Breton village de Lignol et que nous vous invitons de venir retrouver des amis et goûter des repas internationaux et délicieux. A priori, le restaurant est tenu par un couple d'anglais, on excusera donc le français approximatif.
La pluie qui tombait du ciel à Guémené-sur-Scorff s'était calmée à Lignol mais de gros nuages menaçants et un crépuscule naissant plongèrent le bourg dans la pénombre. Ceci dit, pas une seule seconde, je n'ai cru que c'était la fin du monde.
Si quelqu'un est intéressé par ouvrir un commerce, Lignol vous tend les bras. Celui-ci ne doit pas valoir très cher (mais doit demander quelques travaux) et n'est pas sans cachet. J'y vois bien une mercerie ou une chapellerie afin de vendre des chapeaux aux lignolais et faire de Lignol la cité du chapeau, comme Bécherel est celle du livre. D'autres chapelleries pourraient ouvrir par effet d'entrainement. La Bretagne intérieure a besoin d'initiatives originales si elle veut s'en sortir.
Au revoir Lignol, à jamais sans doute. Direction Kernascléden situé à 5 kms.
reportage réalisé le 02 janvier 2016. Lignol (56160), zéro lignolais, maire : André Jaffré. temps doux.
Loïc LT