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  • CR171 : l’angoisse du gardien de but au moment du pénalty - Peter Handke

    976250.jpgUn ancien gardien de but devenu monteur dans une usine disjoncte suite à ce qu’il croit être son licenciement. Son comportement devient étrange et il erre dans la ville s’étonnant de tout. Il en arrive à tuer une caissière de cinéma et il fuit la ville pour se réfugier dans un village du sud de l’Allemagne (ou peut-être de l'Autriche) espérant y retrouver une ancienne amie. Dans le village, Bloch continue à débloquer. L’étau se resserre autour de lui mais il ne s’en inquiète pas outre mesure.  Il revient en ville et assiste à un match de foot au cours duquel le gardien arrête un pénalty. Le roman s’arrête sur ce fait de jeu.

    (Or dans la présentation du livre, il est écrit que ce pénalty libère Bloch or cela n’est pas mentionné dans le récit.)

    Ce livre m’ait littéralement tombé des mains par le comportement et les réactions incompréhensibles de Bloch et par le style hâché et déroutant (mauvaise traduction ?). Heureusement , le roman est très court et que du coup le temps perdu à le lire se limite à deux heures.

    roman (Allemagne), paru en 1982
    traduit par Anne Gaudu
    folio, 152 pages
    lecture du 13.07 au 15.07.2010
    note : 1/5

     

  • CR170 : Berlin Alexanderplatz - Alfred Döblin

    9782070372393FS.gifFranz Biberkopf est un type un peu naïf, un peu crapule et un brin alcoolique. Il sort juste d’une prison des environs de Berlin et Il s’adonne à de petits métiers plus ou moins honnêtes. Il traine souvent aux alentours de Alexanderplatz, un quartier populaire où gravitent pas mal de gens un peu louches (petits bandits, racaille, souteneurs).
    L’action se situe dans la capital allemande à la fin des années 20.
    En même temps que les pérégrinations de Franz, l’auteur donne à entendre, humer et voir ce Berlin de l’entre deux guerres. Affiches, slogans et collages divers, Berlin Alexanderplatz est un roman très illustré.
    D’aucuns écrivent ici ou là qu’il s’agit d’un roman majeur, le pendant allemand de notre voyage au bout de la nuit.
    Mais je suis resté sur ma faim. Le style est un peu brut, avec de vagues accents évangéliques dans la façon de conter les événements. Et comme de fait, j’apprends par hasard alors que j’en finissais avec cette  lecture un peu épuisante que l’oeuvre vient de subir une nouvelle traduction qui apparemment rend justice au texte (sympa d’apprendre ça quand on en finit avec les 600 pages de la chose).
    Ce sera tout pour celui-ci.

    et les carnets de sel en parlent ici (très bon blog au demeurant..avec des lectures très variées..et qui ne s'embarasse pas de challenges, de swaps et tous ces trucs futiles qui encombrent trop les blogs littéraires).

    roman (Allemagne), paru en 1929
    traduit par Zoya Motchane
    folio, 623 pages
    lecture du 09.07 au 13.07.2010
    note : 2.5/5

  • journée de transition

    C'est à chaque fois le même déchirement lorsque je quitte les bords de mer. Ne plus lire avec en arrière-fond,  le grondement sourd de l'océan, et le cri des mouettes, ne plus faire mon footing le long des plages à l'aube (avec cette impression que tout m'appartient)...revenu à l'intérieur des Terres, tout me semble triste et vain. Mon jardin est horrible et fond de l'air est fade. Mais à la différence des autres années, là, cette année, une année un peu spéciale dans le flot de ma vie, une année en suspens, une année avec quelques grosses vagues, un année où chaque jour est un combat, nous nous accordons quelques prolongations et repartons quelques jours du côté de La Rochelle (où en arrivant, peut-être déciderai-je d'aller voir Domnique A qui chante vendredi soir aux Francofolies).

    Et hier soir, pour faire plaisir aux filles, nous sommes allés voir Shrek (pas dans notre petit cinéma de quartier, hélas) et on a bien rigolé. Les filles étaient fières avec leurs lunettes 3D.

    Par contre, on a une inquiétude. Alors que nous n'avons pas vu Moumoute depuis un mois, pas de nouvelle de Minette depuis notre retour. Elle était sur le point de faire des petits avant qu'on parte. Elle a peut-être mis bas quelque part, mais où.

    38035_414069570761_809090761_4440325_1149945_n.jpg
  • CR169 : en crabe - Günter Grass

    en_cr21157.gifle 30 janvier 1945, le paquebot Wilhelm Gustloff contenant des milliers de civils allemands fuyant l’avancée de l’armée rouge est torpillé par un sous-marin de la marine soviétique. Il s’agit sans doute de la plus grande catastrophe maritime de tous les temps, une catastrophe oubliée par l’histoire du fait de sa promiscuité avec des drames comme l’holocauste et parce que dans cette période tourmentée, il est évident qu’on pose l’allemagne plutôt en agresseur qu’en victime. Et pourtant des milliers d’enfants innocents, de femmes et de jeunes hommes périrent dans ce naufrage.
    C’est cet oubli que tente de réparer Gunter Grass dans ce roman qui se présente sous la forme d’une enquête faite par un journaliste dont le petit fils, néo-nazi, dirige un site internet qui a pour sujet le naufrage de Wilhelm Gustloff. Pour se faire le narrateur raconte les destins croisés de trois figures liées au nauvrage : Wilhelm Gustloff, un leader nazi assassiné et qui donné son nom au bateau, David Frankfurter, l’étudiant juif qui assassina Gustloff et Alexandre Marinesko, le capitaine du sous-marin soviétique qui torpilla le paquebot.
    Je dois avouer que je ne suis pas un fan des histoires de guerre et en particulier celle de 39-45 (du fait d’une overdose dont je fus victime au collège et au lycée), mais ce récit est narré avec tant de virtuosité que je ne me suis pas ennuyé un seul instant. Cette façon de romancer l’histoire sans la trahir est très pertinente et la force de cette plume m’a fait penser à des romans de Philip Roth.


    Je vais sans doute ajouter le tambour (du même gazier) à ma suite allemande.

    roman (Allemagne), paru en 2002 (titre original : Im Krebsgang)
    traduit par Claude Porcell
    Points, 243 pages
    lecture du 06.07 au 08.07.2010
    note : 4.5/5