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  • le nouveau marque-page

    Imgp5756.jpgMon nouveau marque-page représente une toile de Jan Groenhart intitulée endless landscape. Il mesure 14 cm, ce qui signifie qu'il n'est pas trop adapté pour les livres de petit format comme les poches par exemple. On peut toujours l'utiliser pour un poche mais comme il ne dépasse pas, le lecteur ne peut pas voir de loin où il en est dans l'avancement du livre. Tout au plus, verra-t-il un écart mais ce ne sera pas aussi clair qu'un beau marque-page qui dépasse (mais pas trop). Non, perso , pour les petits livres, je vais continuer à utiliser mon ancien marque-page, plus petit, qui représente un petit torrent dans la forêt de Brocéliande. Ça ne me dérange pas de continuer à l'utiliser, vu qu'il marche encore et qu'il n'est pas trop usé.
    J'ai acheté ce nouveau marque-page dans la grande surface culturelle d'une petite ville normande abritant notamment une sous-préfecture, quelques églises, des remparts et pas mal de magasins. Enfin non, j'avais prévu l'acheter mais au moment de passer en caisse, j'ai oublié de le retirer du livre où je l'avais rangé, si bien que la caissière n'en a rien vu. Je jure sur la tête de mes filles que je ne l'ai pas fait exprès. (si cela avait été prémédité, je n'aurais pas été aussi cool et blagueur lors du passage en caisse - car à chaque fois que j'ai chapardé des petites choses en magasin, cela fut toujours au prix d'un immense stress et de sueurs très compromettantes).
    Le livre inaugurant ce nouveau marque-page est prolongations de Alain Fleischer, ce qui est, il faut le dire, un beau début, tant ce livre est beau et épais. C'est un pavé de près de 600 pages édité dans la collection l'infini de Gallimard. J'essaie toujours de donner pour la première utilisation de mes nouveaux marque-pages le meilleur et le plus beau de ce que je dispose. Pour l'instant, j'en suis à la page 54 et et le marque-page ne s'est pas encore trompé, c'est à dire que j'ai toujours réouvert le livre à la page où je l'avais refermé. Au début, il faut se méfier, car je me suis laissé dire que certains marque-pages peuvent être très blagueurs et changer de pages tous seuls à un moment où le lecteur est hors de portée de vue. C'est la raison pour laquelle, lorsque je discute avec un lecteur qui me dit ne rien comprendre à tel ou tel roman, je me demande en moi-même si cette incompréhension ne provient pas d'un déplacement fortuit du marque-page. J'émets parfois l'hypothèse à certaines personnes qui pourraient comprendre la chose mais à chaque fois elles m'ont regardé bizarrement où alors elles se sont mises à rire. Les gens ne s'imaginent vraiment pas combien certains marque-pages peuvent être farceurs.
    Mais là, donc, mon nouveau marque-page, non. Ça a l'air d'être un sérieux. On va lui souhaiter longue-vie et bonne entente avec le lecteur sympa !

  • CR59 : Meuse l'oubli - Philippe Claudel

    IMGP5681.JPGC'est en flânant cet été sur un marché de la région que je suis tombé sur ce bouquin. Je dois dire que le titre m'a tout de suite interpellé (bien plus que l'auteur que je n'avais jamais lu). Meuse l'oubli, Meuse comme le fleuve qui arrose Charleville, cette ville où j'ai passé il y a quelques années deux jours qui resteront à jamais gravé dans ma mémoire.


    Comme je descendais des Fleuves impassibles,
    Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
    Des Peaux-rouges criards les avaient pris pour cibles,
    Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.


    Dans ce petit roman, Philippe Claudel fait de petites allusions au poète mais guère plus. Il faut dire que l'action ne se situe pas dans les Ardennes mais en Belgique. Mais quand même zut, je n'y peux rien, pour moi la Meuse, cela reste le fleuve des rimbaldiens.
    Venons-en au roman proprement dit : le narrateur est inconsolable suite au décès brutal de sa compagne Paule. Il décide d'aller se réfugier dans un petit village belge, paumé de chez paumé. Il débarque, trouve une chambre et des mois duranttraîne dans le village, et notamment au bar l'Ancre où il se prend des bitures avec les habitués. Il se lie d'amitié aussi avec le fossoyeur du cimetière, avec sa logeuse Madame Outsander. Il tente de noyer sa peine dans cette atmosphère bucolique et loin de tout. Les mois passent et la lourde peine devient une petite cicatrice mais hélas pense-t-il, c'est plus la marque du temps (ce grand réparateur) que de son travail intérieur.
    Ce petit roman se lit bien et malgré le sujet, j'ai eu presque sans cesse le sourire aux lèvres. Le tout est baigné dans une poésie rieuse et chatoyante. Les anecdotes* se succèdent aux descriptions très colorées et il faut dire ce qui est : on passe un bon moment de lecture. Il s'agit du premier roman et sans doute le plus méconnu de PhilippeClaudel.

    * Le fossoyeur croise par hasard le narrateur qui se promène dans le cimetière : " quand je vous ai vu la première fois, cet hiver que je vous ai vu, je me suis dit tout de suite, 230x200x110 pour la fosse, il faut toujours compter plus large, et à vue de nez, 45x60x70 pour la taille de la caisse qu'il vous faudrait, la caisse à réduction, car vous êtes tout de même assez grand...Une vraie manie de métreur, je ne peux pas m'en empêcher, dès que je vois quelqu'un, il faut que je le réduise..."

    note : 3/5
    lecture du 29.10 au 31/10
    à venir : à voir

  • CR58 : la modification - Michel Butor

    modif.jpgÇa fait un petit moment que vous  aviez programmé la lecture de ce livre. Pour de multiples raisons dont deux principales :
    - vous aviez envie de lire un roman de ce Butor dont vous ne connaissiez que l'essai consacré à Rimbaud (improvisations sur Rimbaud) ;
    - vous aimez bien vous faire un classique de temps en temps ( ce roman fait partie des  49 romans français qu'il faut avoir lu selon la bibliothèque idéale de Bernard Pivot).

    La lecture est terminée et elle fut assez fastidieuse. Vous avez eu du mal à entrer dans l'histoire de ce type marié qui prend le train Paris-Rome pour rejoindre sa maîtresse. Tout le récit se passe dans le train. Et il ne s'y passe pas grand chose, sauf dans la tête du narrateur. Le fait que le tout soit écrit à la deuxième personne du singulier ne vous a pas dérangé, non c'est plutôt un vous-ne-savez-quoi dans le style qui vous a gêné. Vous avez eu l'impression de vous heurter à chaque phrase. Et du coup parfois vous avez eu mal au ventre, comme ça vous arrive parfois quand une lecture vous fait mal. Mais à partir de quoi, du 3/4 du roman, cela a semblé aller mieux, c'est à dire en fait à partir de la modification, c'est à dire à partir du moment où le narrateur (qui est vous) se rend compte qu'il se trompe, qu'il ne doit pas prolonger l'aventure avec Cécile, sa maîtresse. Dès ce moment, le roman prend une nouvelle dimension, plus éthérée, plus aérienne. L'auteur se détache un peu du train et des voyageurs qu'il s'obstinait à décrire (et vous ne compreniez pas bien l'intérêt) pour s'attacher à expliquer pourquoi et comment est intervenue cette modification. Mais alors il vous explique :


    Vous vous dîtes : s'il n'y avait pas eu ces gens, s'il n'y avait pas eu ces objets et ces images auxquels se sont accrochés mes pensées de telle sorte qu'une machine mentale s'est constituée, (...), s'il n'y avait pas eu cet ensemble de circonstances, cette donne du jeu, peut-être cette fissure béante en ma personne ne se serait-elle pas produite cette nuit, mes illusions auraient-elles pu tenir encore quelques temps...


    La dernière partie du roman est brillante, évanescente et met en relief l'ensemble du roman. Si bien que vous terminez cette affaire mal engagée sur une bonne impression. Mais vous dîtes que c'est bien indécent de votre part de juger de la sorte des romans qui ont fait leur preuve. Trouvez à redire à des oeuvres qui font partie du patrimoine ! alors que vous êtes incapable de pondre un note ridicule sans faire de faute de grammaire ou d'orthographe.  Vous n'êtes qu'un blogueur (pardon pour l'insulte) et demain, 29 octobre est votre fête.

    note : 3/5
    lecture du 17/10 au 28/10
    à venir : Meuse l'oubli, Philippe Claudel

  • service achat : "autoroute", François Bon

    Image1.jpgVoilà une acquisition qui va faire baisser le prix moyen pondéré de mes achats de livres. Car c'est gratuit et c'est publie.net qui régale. Il suffit d'ouvrir un compte. Ensuite quand même je conseille de farfouiller dans le catalogue de cet éditeur virtuel. Il y a plein de petites choses à découvrir. Alors donc là, il s'agit d'autoroute (sous-titré road movie Dijon Nord, et croiser Cortazar) . Je l'avais rêvé, François Bon l'a fait ! J'avais adoré Paysage fer et je ne devrais pas être déçu de celui-là non plus. FB n'a pas de rival dès lors qu'il s'agit de sublimer le quotidien, le banal, le répétitif. Il le fait dans un style contemporain qui lui est propre. Certains trouvent ça anecdotique, moi je trouve ça grisant..

    comme sont grisants les voyages sur la A84 les dimanches soir d'automne. Grisaille, champs à pertes de vue, aires de repos sans âme, visages tristes, Rennes approche, périphérie, zones vagues, chantiers...Ne me parlez pas quand tout ceci défile : je suis ailleurs, dans mon ailleurs.


    Sept jours sur l'autoroute, à noter tous les événements qui s'y déroulent : c'est la tâche du narrateur, parti en repérage avec un cinéaste connu.
    Au gré des rencontres : un jardinier, un péagiste de nuit, le spécialiste de l'hydrographie des routes, un couple venu rechercher ses alliances, jetées un an plus tôt après une dispute, un homme qui ne veut plus quitter l'autoroute, arrêté depuis trois semaines sur une aire de stationnement, un photographe japonais, une conductrice russe et le collectionneur d'objets perdus.
    Et ce qui n'était qu'un travail préliminaire va conduire le cinéaste sur une piste imprévue. Le réseau de bitume est un monde à part. On peut y disparaître comme un peintre marchant dans soit propre tableau.
    L'autoroute familière devient fantastique.


    Demain, compte-rendu de lecture de la modification de Michel Butor.