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  • recensement des cabines # 78 - Le-Roc-Saint-André (Morbihan)

    Officiellement, ce samedi 29 octobre marquait la fin d'une belle histoire, originale et aventureuse, solitaire et géographique. En effet, en quittant Pleugriffet et en me rendant vers le sud-est du Morbihan, j'allais vers le seul secteur que je n'avais pas exploré. Rattrapé par la nuit, je n'ai pas pu tout faire alors peut-être qu'il y aura un dernier périple encore plus bas, à la limite entre le Morbihan et la Loire-Inférieure.

    Toujours est-il qu'en ce beau samedi d'octobre, je descendais vers le sud profitant des magnifiques couleurs de l'automne. Un moment, je me suis arrêté, mon regard ayant été happé par une touffe de fougères magnifiques d'un jaune que le soleil caché derrière un bosquet rendait étincelant. 

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    J'ai traversé des bourgs dépourvus de cabine, emprunté des départementales et des chemins de traverse tout en écoutant en boucle le dernier album de Julien Doré. Je suis arrivé au bourg Le-Roc-Saint-André, pas si au sud que ça en fait (point vert), 

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    ,bourg qui porte bien son nom puisqu'il se situe à flanc d'un rocher dominant le canal de Nantes à Brest. Les époux Straub (cf Pleugriffet) sont donc passés par là me suis-je dis. En tout cas, l'endroit est magnifique et j'étais au désespoir de ne pas trouver l'objet convoité lorsque quittant les lieux, je tombe dessus. Elle se situe 100 mètres après le panneau annonçant la fin de l'agglomération mais elle se situe aussi juste après un panneau annonçant une autre commune (La-Chapelle-Caro). Mais je voulais tellement évoquer Le-Roc-Saint-André que j'ai décidé de l'affecter au Roc. Mais l'honneur est sauf. J'apprends à l'instant que Le-Roc-Saint-André, La-Chapelle-Caro et Quily (ainsi qu'une commune du Massif Central) viennent de fusionner pour former une seule commune  : le Val d'Oust. 

    Voici donc la cabine telle qu'elle s'est présentée à moi alors que je quittais Le-Roc-Saint-André. Elle se situe dans une zone vaguement industrielle pas très loin du pont enjambant le canal sur l'avenue des Frères Rey (qui tiennent une boite de mécanique générale à Pont-Eveque) après le pont enjambant le canal. 

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    Le téléphone fonctionne en réception et porte le numéro 02 97 74 97 86. On note qu'un soin particulier a été apporté à ce que le monument ne soit pas percuté par quelque chauffard prudent. Il y a des zones comme ça qui sont tellement désespérantes que les services chargés de retirer les cabines ne voient pas l'intérêt de perdre leur temps à les enlever. Si j'avais eu le temps, je serais resté vagabonder dans ce no man's land mais il me fallait retourner au Roc pour prendre des photos du bourg qui vaut le détour. 

    Du haut de la mausolée, on a une vue imprenable (comme on dit) sur le canal encore plus imprenable en cette saison de l'année. 

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    L'église s'appelle Saint-André. Surprenant non ? Elle ne ressemble pas du tout à celle de Pleugriffet (en fait, j'essaie de placer Pleugriffet dans toutes mes notes pour monter dans les résultats Google mais pour l'instant, ça ne marche pas parce que je me suis rendu compte que les 10 premières pages de réponse sont squattées par des sites institutionnels ou des sites bidon qui paient cher leurs places). 

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    Pour une commune qui ne compte que 900 habitants, j'ai trouvé qu'il y avait un nombre de commerces conséquent. J'avais oublié qu'on n'était plus dans le nord du Morbihan. Par exemple, les 900 roxédois disposent d'une pharmacie qui fait aussi casino et palace. 

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    Je dois vous avouer quand même que j'étais agacé de retraverser ce bourg. Car souvent, quand j'ai traversé un bourg de long en large et que je n'ai rien trouvé que ce n'est qu'à la fin que je trouve la cabine, ça m'agace un peu. Obligé de tout se retaper. 

    Ce qu'il y a de bien avec l'automne, c'est que n'importe quelle photo fait son effet. Voyez comme est resplendissante la rue principale du Roc avec ses chênes aux feuilles écarlates.

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    Je ne déroge pas à mes habitudes. Voici un pâté de commerces où l'on trouve de tout et il y en a d'autres de l'autre côté de la rue. Le-Roc-Saint-André a tous les atouts pour accueillir de nouveaux habitants et des migrants aussi si les habitants le souhaitent, j'espère et puis les américains qui voudraient fuit leur pays si Trump est élu. 

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    En ce bel après-midi d'arrière- saison, d'aucuns consommaient en terrasse. 

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    J'ai trouvé cette vieillesse publicité : ZH LE CHAUFFAGE D'ACIER. J'ai fait des recherches rapides mais je ne sais toujours pas en quoi consiste le chauffage d'acier. Ça ne m'empêchera pas de ne pas dormir de la nuit mais quand même quoi. On brûlerait de l'acier comme du bois ou du fuel pour chauffer une maison ? Mais à combien l'acier entre en fusion. J'en perds la critique de la raison pure de Kant. Il est vrai que je ne suis pas trop calé en plomberie.  Tout cela me plombe. 

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    Je ne pense pas qu'on se déplace au Roc-Saint-André (nouvellement Val d'Oust donc) pour commander ce genre de chaudière. Il y a plus à flâner qu'à acheter dans ce village haut perché. 

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    Comme je tirais la tronche, j'ai opté pour la fonction 'encre de chine' sur mon logiciel de retouche. 

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    visite le samedi 29 octobre 2016. Arrivé à 13:57, départ à 14:36.  Maire délégué : Thierry Huiban (le maire du Val d'Oust étant Michel Guégan). 930 rodexoises. Canton de Moréac. Prochaine étape : Saint-Abraham

    Loïc LT

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  • soirée ciné : Mal de pierres - Nicole Garcia (2016)


    cinéma, cinéma le celtic, nicole garcia, marion cotillard, cinéma français, louis garrelPrisca avait envie de se faire une petite soirée cinéma et comme un film d'auteur passait au cinéma Le Celtic de Baud ( tout petit cinéma associatif avec une unique salle mais qui ressemble à une salle d'un grand cinéma), on s'est donc décidé à aller avoir Mal de pierres réalisé par Nicole Garcia. Prisca qui n'aime pas que les grosses productions américaines sait qu'elle me fait plaisir en me proposant ce genre de film. 

    L'histoire se passe en Provence. Il y a des oliviers, de la lavande partout, des grillons et un soleil de plomb. La France est en guerre en Indochine. Dans une ferme où l'on emploie des saisonniers, on s'inquiète de Gabrielle (jouée par Marion Cotillard), la fille, que l'on prend pour une folle alors la mère décide de la marier à José, un ouvrier qu'elle trouve sérieux et qui pourra peut-être la remettre dans le droit chemin. Mais Gabrielle n'aime pas José. Elle le trouve rustre et vulgaire. Elle refuse de se donner à lui mais José ne perd pas patience. Il devient maçon à son compte et construit pour le couple une jolie maison provençale. Alors qu'elle fait des tests suite à une fausse couche, le médecin lui détecte une anomalie sur les poumons. Ce sont des calculs rénaux qu'on appelle aussi le mal de pierres. Elle doit se rendre quelques semaines en cure en haute altitude dans un établissement à l'architecture austère (qui m'a fait penser à celui de la Montagne Magique). Au début, elle est malheureuse et puis elle fait la rencontre d'André (joué par Louis Garrel) un soldat souffrant, frêle et faible. Elle tombe amoureuse de lui. 

    C'est alors que Nicole Garcia décide de dérouter le spectateur de la même façon que Martin Scorcese dans Shutter Island. Moi, grand naïf devant l'éternel dès lors que le cinéma me joue des tours, je tombe dans le piège, Prisca non. D'ailleurs, c'est dans la voiture en rentrant qu'elle me fait part du fin mot de l'histoire. Alors, comme ça, le type qui vient lui faire l'amour torridement la nuit n'est pas André mais son mari José (qui était venu la voir pour deux jours). Je ne suis pas d'accord sur le coup mais les faits mis les uns après les autres montrent que j'ai tort. D'ailleurs, ce qui se passe dans la maison de cure est une succession de faits réels et de visions rêvées de Gabrielle, qui n'a jamais été prise en photo en compagnie d'André bien qu'elle ait eu cette photo entre les mains. Mais des années plus tard lorsqu'elle ouvre la valise contenant des souvenirs de son séjour en cure, elle retrouve la photo et constate que le fauteuil sur lequel est assis André est vide. Seule, pose Gabrielle, s'appuyant sut un fauteuil vide. 

    José est le personnage le plus touchant du film, passant de rustre paysan à qui sa femme lui dit qu'elle ne l'aime pas à un homme qui fait tout pour la sauver, lui faisant croire qu'elle est aimée par un autre homme, faible et qui porte déjà le visage de la mort dès sa première apparition. La cure terminée, Gabrielle quitte à regret les lieux. Elle enfante et on fait un grand bon en avant. Des années plus tard, on retrouve une Gabrielle épanouie en compagnie de son mari et de son fils, pianiste prodige. Le jour où ce dernier doit passer une audition capitale à Lyon, elle s'arrête dans la maison où elle envoyait des lettres à André et le majordome lui répond que ce dernier est mort le jour où il a quitté la cure (où Gabrielle était toujours) pour un hôpital de Lyon (et pendant des mois, elle continuait à lui envoyer des lettres auxquelles évidemment il ne répondait pas). 

    Prisca va me dire que je n'ai pas tout bon, que j'ai pas tout compris au  film mais qu'importe. Elle est plus forte que moi en cinéma. Mais globalement, Il faut juste retenir que les hommes ne sont pas toujours ce qu'ils semblent être et que l'amour rend aveugle (réflexion très originale -). 

    Et puis le film dure deux heures et pas un coup de pistolet (sauf en Indochine hélas) et pas de policier à l'écran. Le pied à l'étrier ! 

    Mal de pierres, 2016. réalisation : Nicole Garcia. acteurs principaux : Marion Cotillard, Alex Brendemühl, Louis Garrel. film français. ma note : 4/5. et petit bémol, je ne suis pas un grand fan de jeu de Marion Cotillard mais elle s'en tire mieux que dans les films américains...c'est à dire qu'elle joue mieux dans dans les films européens... où il y a un bon scénario...

    Loïc LT

  • retour à Pleugriffet

    Il y a quelques temps est paru dans la presse un article dans lequel il était question d'un couple de suisses qui offrait deux tableaux de valeur à la commune de Pleugriffet pour la remercier de son accueil. Ce couple avait acheté un moulin (par le biais d'un bail emphytéotique...à vos dictionnaires -) il y a une trentaine d'années et ce, tout à fait par hasard. Empruntant le canal de Nantes à Brest, Kurt et Ursula Straub ont dû patienter à l'écluse 43 gérée par Bernardette  car elle prenait, comme tout salarié a le droit, sa pause-déjeuner et donc l'ouverture des vannes ne se ferait pas avant 13 heures. Pas du genre à chercher des embrouilles et surtout n'étant pas pressés, Ursula et Kurt sont descendus de leur bateau battant pavillon suisse, ont visité les environs et son tombés sur un moulin en ruine et ce fut le coup de cœur. Après des travaux conséquents, il y sont venus régulièrement et se sont bien intégrés à la commune, René Jégat le maire est devenu un grand ami. Ursula et Kurt Straub faisaient venir des artistes au moulin et par ailleurs possédaient une galerie souterraine à Genève.

    Pour l'instant, je ne me foule pas trop la cheville, je reprends des infos trouvées dans la Gazette et le Ouest-France. Les deux tableaux offerts à la commune sont des réalisations de Roland Dubuc ( décédé dans son atelier en 1998 en Normandie), artiste peintre qui venait régulièrement au moulin. Samedi dernier, je suis allé à la mairie voir de près ces deux œuvres singulières. Je tenais à préciser la gentillesse de la secrétaire de mairie (que j'avais eu dans la matinée au téléphone). 

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    Si j'aime beaucoup ces toiles représentant un Montmartre rêvé et enneigé, j'ai toujours un peu de mal avec ces encadrements un peu trop rustres et imposants. Mais l'essentiel n'est pas là. C'est l'occasion aussi d'évoquer la figure de Roland Dubuc, originaire de Normandie, peintre prolixe et connu dans le monde entier (mais pas suffisamment pour posséder sa page wkipédia. Il ne tient qu'à un passionné de s'y coller). Sur la fin de sa vie, ses toiles commençaient même à être bien côtées. Roland Dubuc n'était assurément pas un barbouilleur, le cadeau des époux Straub n'est donc pas une plaisanterie.

    Ensuite, je suis resté à Pleugriffet où il m'est arrivé des choses qui n'auraient pas du avoir lieu et que je ne raconterai que lorsqu'il y aura prescription. Par contre, sur les précisions du maire, je me suis rendu au culot voir l'ancienne éclusière qui habite désormais une grande maison dans un lotissement de la commune. Elle m'a accueilli avec gentillesse, m'a tout de suite tutoyé et je lui ai posé quelques questions prétextant l'écriture d'un livre (qui reste une possibilité). Elle m'a raconté sa vie d'éclusière, les conditions de travail et la maison de l'écluse où les conditions de vie étaient sommaires (d'autant qu'avec les 3 enfants et le mari, 5 personnes s'y serraient la ceinture). On a parlé évidemment du couple suisse avec qui elle a gardé de très bons contacts. Je voulais justement savoir si le fait de les avoir fait poiroter une heure devant l'écluse avait créé des dissensions entre eux...mais pas du tout. Vu ce qu'ils ont découvert grâce à elle, comment pourraient-ils leur en vouloir ? Après avoir quitté Bernadette, je me suis rendu sur les lieux de cette belle aventure.

    Aujourd'hui, l'écluse de Cadoret est habitée par la belle-fille de Bernadette. L'endroit est toujours aussi bien fleuri que sur les photos que m'avaient montré l'ancienne éclusière. 

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    J'ai discuté un peu avec la belle-fille et me suis promené autour de l'écluse, la fameuse écluse 43. L'endroit n'a pas beaucoup changé depuis que le bateau du couple suisse s'y arrêta. Le saule a sans doute beaucoup pleuré et grandi depuis ainsi que les sapins qui longent le halage sur lequel jadis et j'aime bien repenser à cette idée, des chevaux tiraient sur les péniches dépourvus de moteurs. Il fut une époque où c'étaient même des êtres humains qu'on appelait des haleurs, n'est-ce pas Arthur ? 

    Comme je descendais des Fleuves impassibles,
    Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
    Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
    Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

    J'étais insoucieux de tous les équipages,
    Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
    Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
    Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais....

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    Le moulin se situe sur la droite à une centaine de mètres de l'écluse. Chemin faisant, je donnais des coups de pied dans les feuilles mortes sans rencontrer aucune résistance. Comme une feuille est faible et fragile.  Le manoir n'est plus habité mais garde un côté coquet. Sans doute est-il un peu entretenu mais on sent que la végétation a envie de reprendre ses droits. 

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    De l'autre côté de l'Oust, les couleurs de l'automne étaient de toute splendeur.

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    Sur la boite à lettre envahie par le lierre, le nom Straub apparaît toujours et cela m'a fait un pincement au cœur. J'avais la haine de ce temps qui passe sur toutes les belles choses de la vie...j'imaginais les fêtes au manoir, les artistes installant leur chevalet devant le canal où passaient des péniches chargées de sable (mais pas de blé flamand et de cotons anglais).

    " Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
    Suspendez votre cours :
    Laissez-nous savourer les rapides délices
    Des plus beaux de nos jours !..........a-t-on envie de crier à chaque fois. 

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    Je suis resté encore un peu sur le pont. Je cherchais un peu dans cette plénitude et ce calme limpide quelque inspiration. C'est essentiel de s'imprégner des lieux. Les temps sont anciens mais certains lieux gardent toujours la mémoire de leur passé glorieux. Tout ici nous parle de ces temps enchanteurs et en tendant un peu l'oreille, on pourrait presque entendre de la musique venant du moulin. Grand Meaulnes, sors de ce corps ! Mais de la musique, il ne peut même plus en venir du moulin à eau qui a pris lui aussi pris sa retraite depuis longtemps. Il est un peu le symbole de ces lieux que la littérature, entre autres, a le devoir de sauver de l'oubli. 

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    Loïc LT